Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 5 – Interlude 2

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Interlude 2 : Un rendez-vous amoureux interrompu

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Interlude 2 : Un rendez-vous amoureux interrompu

Partie 1

« Approfondissons notre amour. »

« Quoi ? »

J’étais gelé devant l’exclamation soudaine de Yumina. Mais à quoi pensait-elle en disant quelque chose comme ça ? Cela sortait de nulle part. J’aurais au moins aimé prendre mon petit-déjeuner en paix pour une fois.

« L’idée m’était venue après avoir vu la cérémonie de mariage l’autre jour. Je voudrais que notre mariage soit tout aussi beau et qu’il puisse montrer notre amour débordant l’un pour l’autre. Pour cela, je crois que nous avons besoin de mieux nous connaître, d’établir des liens plus profonds sur le plan émotionnel et d’approfondir notre amour les uns pour les autres. »

Contrairement à Yumina dont les yeux brillaient d’un regard envoûtant, je ne pouvais que faire de mon mieux pour lui rendre son regard avec un sourire forcé. Je comprenais ce qu’elle disait et je croyais aussi que c’était une étape importante dans l’avancement de notre relation, mais mon embarras avait été la première émotion qui m’avait saisi à ce moment-là.

Ignorant complètement mes sentiments, une certaine personne s’était levée de sa chaise. Cette personne n’était autre que Lu.

« C’est une idée merveilleuse, Yumina ! Je pensais la même chose depuis très longtemps ! Nous devrions vraiment approfondir notre relation amoureuse avec Touya ! »

« Exactement ! »

« En effet ! »

Les deux princesses se levèrent et s’enlacèrent, car elles se comprenaient mutuellement. Cela aurait dû, de toute évidence, être une scène charmante à regarder, mais, par rapport à cette situation, quelque chose m’avait rendu très anxieux et inquiet.

« Euh… Qu’as-tu en tête exactement ? »

Linze, le visage complètement rouge, demanda cela à Yumina, tout en gardant son regard fixé sur moi. Elze et Yae avaient toutes les deux cessé de prendre leurs repas à mi-chemin et regardèrent aussi les princesses.

« Un rendez-vous amoureux, bien sûr ! »

« Un rendez-vous amoureux !? Je sais ce qu’est un rendez-vous amoureux ! C’est un moment où un homme et une femme, proches l’un de l’autre, se promènent ensemble dans de nombreux endroits à l’extérieur ! »

« C’est exact. Il s’agit principalement d’aller manger ensemble, faire du shopping ensemble, regarder des pièces de théâtre ensemble, etc. C’est un événement qui permet un approfondissement de l’intimité et les liens émotionnels de ceux qui sont ensemble lors de ce rendez-vous. »

Yumina expliqua brièvement à Lu, qui était excitée, ce qu’un rendez-vous amoureux impliquerait.

Approfondir notre intimité… ? Je voulais dire, j’étais déjà fiancé avec tout le monde, donc je ne savais pas vraiment si un rendez-vous amoureux allait faire quelque chose pour approfondir notre intimité plus qu’elle ne l’était déjà.

« En fait, Touya nous a beaucoup bien trop négligés ces derniers temps. Tu es ce genre de personne, hein ? Le genre d’homme qui attrape et garde un poisson sans jamais le nourrir ? »

« Argh… »

« Je ressens la même chose ! Comme hier par exemple, je n’ai pas pu voir Touya une seule fois après le petit-déjeuner. »

« Moi aussi, moi aussi. C’est-à-dire… Je me suis sentie plutôt… seule, dernièrement… exactement. »

Urk. C’était vrai que j’avais voyagé un peu partout pour faire ceci et cela, et je n’avais pas passé beaucoup de temps avec les filles. J’avais l’impression que je devais y réfléchir, que je devais essayer de me racheter auprès d’elles.

C’était peut-être vrai, j’avais profité de leur gentillesse pour m’enfuir pour gérer mes propres affaires. Pourtant, j’aimais ces filles. Je voulais être avec elles pour toujours, et je voulais toutes les rendre aussi heureuses que possible. Malgré cela, je n’avais pas assez fait d’efforts pour cela.

Mais quand même, un rendez-vous amoureux ? Un rendez-vous amoureux… Même si on y allait, il n’y avait pas encore beaucoup d’endroits à Brunhild où l’on pouvait sortir et s’amuser… Je pourrais les emmener à l’auberge de la Lune d’Argent ou dans un café quelque part, mais c’était à peu près tout ce à quoi je pouvais penser pour l’instant. Quant aux achats de vêtements, il y avait toujours eu le magasin de Zanac ou celui de la compagnie d’Olba.

Même si nous allions faire du shopping, nous ne pourrions vraiment visiter que trois ou quatre magasins. Est-ce qu’elles se contenteraient vraiment de cela ?

« C’est un peu plus que ça. Je veux sortir avec Touya, et avoir de précieux souvenirs ensemble pour qu’un jour, quand nous serons plus vieux, nous puissions nous remémorer ces souvenirs, des choses comme “Nous avons fait quelque chose comme ça, n’est-ce pas” ou “Quelque chose comme ça est arrivé, n’est-ce pas ?”. Je veux pouvoir me souvenir de ces choses avec Touya quand nous vieillirons et que nous aurions eu ensemble encore plus de merveilleux souvenirs ».

C’était exact… Yumina avait tout à fait raison. De plus, ma [Porte] n’était pas seulement limitée à Brunhild, elle pouvait nous emmener à peu près partout où nous le voulions maintenant, que ce soit dans d’autres pays ou ailleurs. Si je n’utilisais pas ce pouvoir maintenant, quand le ferais-je ?

« … D’accord, alors que pensez-vous de ça ? Pour aujourd’hui, on ira tous ensemble à un rendez-vous. On visitera plein d’endroits et on fera plein de choses amusantes ensemble. »

Dès que j’avais prononcé ces mots, tous les visages s’étaient éclairés avec des sourires. À ce moment précis, j’avais décidé de protéger ces sourires pour toujours.

« Maintenant que c’est décidé, nous devons faire les préparatifs appropriés ! »

L’annonce de Lu semblait avoir troublé tout le monde, elles commencèrent alors à dévorer leur petit-déjeuner à une vitesse étonnante avant de ranger leurs assiettes et de retourner directement dans leurs propres chambres. Je pouvais comprendre qu’elles étaient excitées à ce sujet, mais si vous mangiez votre petit-déjeuner aussi vite, cela pourrait être mauvais pour votre système digestif.

Quant à moi, j’étais allé voir Kousaka pour lui faire savoir que je devrais reporter le programme prévu pour un autre jour, car une question importante avait été soulevée. Heureusement, le travail que nous avions prévu ne comprenait que des choses comme le marquage des quartiers de la ville et l’inspection des terres qui pouvaient être utilisées pour l’agriculture, alors je m’étais dit que ça ne poserait aucun problème.

J’étais assis sur la terrasse, je savourais le merveilleux thé que notre majordome Laim avait préparé tout en attendant les filles, quand j’entendis soudainement une ruée de pas qui se dirigeaient droit vers moi.

« Désolée pour l’attente. »

« … »

Regardant la vue des filles devant moi, j’avais failli renverser mon thé partout.

Les tenues de chacun étaient radicalement différentes des tenues habituelles.

Yumina était vêtue d’un cardigan à col large, d’une jupe à volants et de collants noirs.

Lu portait une jupe de cavalier et une blouse avec un ruban sur le devant.

Elze avait décidé de porter un chemisier, un long cardigan en maille, une jupe-culotte et des collants noirs.

À présent, Linze était allée avec une robe classique avec un motif de fleurs brodé autour du col, un cardigan par-dessus et des bas aux genoux pour ses jambes.

Parmi tout cela, la tenue de Yae était celle qui m’avait le plus surpris. Elle avait gardé sa queue de cheval comme elle était, mais elle n’était pas dans son hakama habituel, elle ne portait aucun vêtement d’Eashen. Yae était équipée d’un blouson à capuchon et d’un pantalon jusqu’à la hauteur des genoux. Elle ne portait pas non plus son zouri habituel, mais plutôt des chaussures à la mode.

Aucune de leurs tenues ne ressemblait à la mode qui était courante dans ce monde.

« Ces vêtements… »

« Zanac nous les a fait faire pour nous, spécialement pour ce genre d’occasion. On les a commandées spécialement quand on a su que c’était toi qui avais dessiné les modèles, Touya. »

J’avais effectivement donné de tels modèles de vêtements à Zanac grâce à ma compétence [Dessin], mais honnêtement, je ne m’attendais pas à ce que mes débuts en tant que styliste se passerait comme ça.

« Alors… De quoi avons-nous l’air ? »

« Eh ? Ah, ouais. Vous êtes vraiment très belle. Ces tenues vous vont à ravir. Elles vous vont vraiment bien. »

Elze me l’avait demandé en rougissant, et j’avais juste répondu de façon réfléchie. Mais il était vrai que je les trouvais toutes très mignonnes dans ces vêtements. Je n’aurais jamais pensé qu’un simple changement de vêtements me laisserait une impression aussi profonde.

« Alors, partons à notre rendez-vous ! Oh, mais avant ça… »

Lu, pour une raison quelconque, était en train de prendre le poste de commandement. Elle s’était tournée vers les autres filles tout en serrant le poing.

Suivant son exemple, les autres filles avaient également serré l’un de leurs poings, un regard aiguisé dans les yeux.

« Pierre, papier… Ciseaux ! »

« C’était un match nul, alors… On y va ! »

Euh… Qu’est-ce que vous faites, femmes raffinées, êtes-vous en train de jouer à pierre-papier-ciseaux… ?

« J’ai gagné ! »

« J’ai aussi gagné ! »

On aurait dit que Lu et Linze avaient gagné quelque chose, mais… De quoi s’agissait-il ? Juste au moment où je me posais la question, la réponse m’était venue sans prévenir. Se précipitant vers moi, Lu et Linze s’enroulèrent chacun autour de mes bras.

« Souvenez-vous que l’on va tourner après un moment, vous deux. »

« Un tel regret, un tel regret… »

« Hé ! Est-ce que tu ne t’accroches pas un peu trop à lui !? »

Oh, maintenant je comprends. Hrmm… D’un côté, c’était une expérience très agréable, mais de l’autre, c’était plutôt embarrassant… Pendant ce temps, Laim riait en nous regardant. Ouais, c’était assez embarrassant…

J’avais réussi à convaincre les deux filles à s’accrocher à l’un de mes bras. C’était quand même embarrassant, mais c’était mieux que de les voir envelopper tout leur corps autour de moi en public. Bien que je mentirais si je disais que ce n’était pas une expérience agréable.

« Maintenant, où devrions-nous aller en premier ? »

« Allons d’abord voir Refreese ! Je n’y suis jamais allé et j’aimerais la voir au moins une fois. »

« D’accord, si c’est ce que tu veux. Refreese sera donc notre première étape. »

Tout le monde était d’accord avec la suggestion de Lu, alors j’avais préparé une [Porte], direction la capitale impériale de Refreese, Bern.

Bern était une belle ville pittoresque ayant un magnifique panorama. Elle ressemblait aux villes de Santorin avec leur vue sur la mer Egée, alors que le bleu de la mer et du ciel se fondait à l’horizon et dans un seul monde de bleu. Les murs blancs des magasins et des bâtiments de la rue qui menait vers la colline n’avaient fait que rehausser la beauté du paysage.

C’était peut-être parce que nous étions dans un endroit élevé, mais nous avions été enlacés par une brise douce et rafraîchissante.

« Quelle belle ville c’est ! »

« La brise est si rafraîchissante, n’est-ce pas ? »

Pour leur premier voyage à Bern, Lu et Yae avaient été enchantées par la beauté du paysage qui les entourait.

Yumina était apparemment venue ici plusieurs fois avec sa famille pour des affaires liées à la royauté, tandis qu’Elze et Linze étaient nées et avaient grandi à Refreese. Elles m’avaient dit qu’elles étaient déjà venues dans la Cité impériale. Après avoir admiré le paysage, nous nous étions ensuite promenés dans les boutiques d’accessoires de luxe et les magasins de marchandises générales de Bern pour profiter de notre petit tour de shopping.

Quand les cinq filles m’avaient demandé de choisir quelque chose qui leur convienne, j’avais d’abord eu du mal à penser à ce qui serait le mieux pour chacune d’elles. Après avoir longuement réfléchi, mon choix s’était porté sur une sélection de cinq broches, chacune inspirée du motif de la fleur qui convenait le mieux à chaque fille, et je les leur avais offertes en cadeau.

J’avais aussi ramassé quelques souvenirs pour le personnel du château. Ils m’avaient toujours aidé et veillé sur moi, alors je voulais les remercier d’une manière ou d’une autre. J’espérais qu’ils seraient contents de ce que j’avais pour eux.

Notre prochaine destination était un café au sommet d’une petite colline, où nous avions décidé de manger un morceau. Apparemment, l’heure du changement était arrivée puisque c’était maintenant Yumina et Elze qui me tenaient les bras.

Assaillie par leurs attaques « Fait aaah » alors qu’elles me nourrissaient à la cuillère, ma timidité avait commencé à atteindre des niveaux critiques. Yumina réalisait ce mouvement avancé comme si de rien n’était, tandis qu’Elze, de son côté, laissait échapper sa petite attaque « Fait aaahhn » tout en rougissant jusqu’aux oreilles.

Bon sang, pourquoi es-tu si mignonne, petite coquine !?

« Alors, où va-t-on ensuite ? », demanda Yae en me prenant le bras. Lu m’avait pris l’autre bras une fois de plus.

« Ah, Touya, regarde ! On dirait qu’il y a une troupe de théâtre qui joue sur la place de la ville. »

Yumina avait montré une affiche sur le mur. C’était l’affiche d’une troupe de théâtre pour une pièce intitulée « Bakram la puissante Tueuse de dragons ». Rien qu’à en lire le titre, je savais que ce n’était pas le genre de représentation que l’on regardait habituellement lors d’un rendez-vous amoureux.

« Bakram la Tueuse de dragons est une histoire d’amour centrée sur une femme. Afin d’obtenir l’approbation pour se marier avec son bien-aimé, elle accepte de combattre un dragon maléfique, mais le dragon… »

« STOP ! Si tu gâches l’histoire, ce ne sera pas aussi intéressant à regarder ! »

***

Partie 2

En tant que sœur aînée, Elze avait arrêté Linze avant que son explication n’entre dans le territoire des spoilers. C’était donc bien une histoire d’amour, hein ? Si c’était le cas, il se pourrait peut-être que tout le monde aime la voir.

« Alors, vous voulez aller la voir ? »

« Oui ! »

Juste au moment où nous étions sur le point de nous rendre sur le lieu indiqué sur l’affiche, notre chemin avait été bloqué par quatre hommes.

« Yo, mon pote. T’es populaire, hein ? Ça me rend vraiment jaloux, tu vois ce que je veux dire ? »

Un des hommes m’avait parlé avec un sourire vulgaire qui faisait tache sur le visage. Les gars étaient tous habillés comme des aventuriers, mais pas un seul d’entre eux ne semblait avoir sur lui un équipement décent. Au contraire, ils ressemblaient à un groupe de voyous. Ils n’avaient même pas l’air beaucoup plus vieux que moi, bien que dans ce monde, je sois suffisamment vieux pour que je puisse être considéré comme un adulte.

« Avez-vous des choses à me dire ? »

« Non, rien de très important. Tu vois, on n’a pas beaucoup d’argent en ce moment. Puis nous tombons sur un type qui est suivi par une bande de femmes tout enroulées autour de ses bras, et nous nous sommes dit que, vu que tu as un bon cœur, tu pourrais nous donner de l’argent. Comprends-tu ? »

Donc ils décoraient l’extorsion avec de jolis mots. C’était triste de voir de telles ordures humaines rôder dans une si belle ville. L’empereur devait déjà avoir tellement de choses à faire, et maintenant ceci…

« Écoute, mon pote, tu ne trouves pas que c’est un peu honteux d’essayer d’extorquer de l’argent, même à un type comme moi ? Tu es assez vieux pour être responsable de ton propre gagne-pain, alors dégage et trouve-toi un boulot comme tout le monde. »

« Qu’est-ce que tu dis, putain !? Écoute, morveux, comprends-tu ce qui se passe ici !? »

« Nous ne cherchons pas un prêtre, nous cherchons le profit. Maintenant donne ton portefeuille si tu sais ce qui est bon pour toi. »

« Si tu ne nous donnes pas ton portefeuille, on pourrait très bien prendre les filles que tu as avec toi. On s’assurera de prendre bien soin d’elles à ta place. »

Les voyous avaient tous commencé à rire de manière vulgaire.

L’un d’eux avait tendu sa main vers Lu, alors je m’étais dit que je devrais au moins lui donner un bon coup de poing pour le remettre à sa place et faire un pas en avant. Mais avant que je puisse faire quoi que ce soit, deux personnes avaient agi avant moi.

« Gnuogh !? »

« Ahgyaaaagh ! »

Yae avait attrapé le voyou rieur par le poignet et l’avait jeté directement par terre.

Elze avait balayé les jambes d’un autre voyou et l’avait fait voler.

« Qu, qu’est-ce que tu crois que tu fais, salope !? »

« Je ne veux pas perdre mon temps précieux à m’occuper d’ordures humaines comme toi. Veux-tu bien tout de suite dégager de ma vue ? »

« Je suis tout à fait d’accord. Je ne voudrais pas gâcher notre précieuse journée avec des gens comme vous. »

Elze et Yae avaient lancé aux voyous un regard si froid qu’il pourrait geler même l’air.

Quand je jetai un coup d’œil à mes côtés, je remarquai que Lu, Yumina et Linze leur jetaient tous le même regard glacial. L’atmosphère était si tendue que je pouvais à peine bouger. Mon instinct me disait que les filles m’envoyaient même ce message : « N’ose même pas lever la main ici. »

« Chiennes folles, ne vous foutez pas de nous ! Vous feriez mieux d’être prêts maintenant que vous nous avez fait ça ! »

Les deux voyous qui avaient été assommés s’étaient redressés et toute la bande avait sorti des couteaux de leurs poches. À en juger par les sourires dégoûtants sur leurs visages, ils avaient dû penser qu’on serait faciles à tuer.

« Je suppose qu’ils doivent sûrement croire qu’ils pourraient nous intimider s’ils nous attaquaient avec des couteaux. »

« Je suppose que j’aurais dû m’y attendre. Ce n’est véritablement qu’un groupe de petits voyous. »

« C’est l’exemple parfait de ce qu’est une crapule. »

Ces filles ne cachaient rien…

« ORAAH ! »

L’un des hommes que Linze avait appelés un voyou chargea directement sur Elze, le couteau à la main et prêt à la poignarder. Bien sûr, Elze n’était pas sur le point d’être abattue par un petit voyou comme ça. Il y avait un bruit de craquement sec quand Elze brisa la main dans laquelle l’homme tenait le couteau, et dans le même mouvement, elle ramena son talon contre l’arrière de la tête de l’homme.

« Guhhuergh !? »

« Espèce de salope… Guahberagh !? »

Un deuxième homme chargea Elze par l’arrière, avant d’être éliminé d’un seul coup par un coup de pied rotatif d’Elze.

Un autre homme avait attaqué Yae. Elle avait rapidement esquivé le couteau de l’homme, l’avait attrapé par le bras et l’avait claqué contre le mur en un seul mouvement rapide.

Le dernier homme debout avait regardé Yae et Elze comme si son cerveau ne pouvait même pas comprendre ce qui venait de se passer.

« Bande de salauds ! Je me souviendrais de tout ça ! Vous feriez mieux de vous en souvenir ! »

Abandonnant ses compagnons, l’homme s’était enfui avec une telle hâte qu’il trébucha plusieurs fois alors qu’il fuyait.

« Comme si on se serait donné la peine de se souvenir d’un voyou comme ça. »

« Tout, de la façon dont il s’est enfui jusqu’aux mots qu’il nous a laissés, prouve qu’il n’est qu’un simple voyou. »

« Il a eu… tout ce qu’il méritait. »

Elles étaient vraiment en train de se foutre de sa gueule…

« Elze, Yae, ça va ? »

« Comme si j’allais être blessée contre un adversaire de ce niveau. »

« Bonté divine… Il semblerait que des imbéciles comme eux peuvent être trouvés dans n’importe quel pays. », remarqua Yae en observant les trois hommes s’effondrer devant elle.

Il y avait cependant une part de vérité dans ses paroles. En de rares occasions, des voyous comme ça apparaissaient même parfois à Brunhild.

« Vous êtes plutôt forts, hein ? Mais vous feriez mieux d’être prudent. Ils font partie d’un groupe de canailles qui ont revendiqué ce territoire. Leur chef est une canaille tristement célèbre, presque pire que les vrais criminels d’ici. Si vous voulez mon conseil, vous devriez probablement partir d’ici dès que possible. »

Un gentil vieil homme qui avait regardé notre petit conflit nous avait donné cet avertissement. Le fait que ces voyous possédaient leur propre territoire était déjà assez mauvais. Le trouble dans l’opinion publique entraînera le trouble dans tout le pays. La prochaine fois que je verrai Son Altesse Impériale, je devrai lui en dire un mot.

« D’accord, oublions toutes ces bêtises et partons. Je ne voudrais pas rater la pièce. »

Elze m’avait attrapé par le bras et était partie en courant. J’avais eu du mal à égaler son rythme pendant un moment.

« Ne bouge plus, Elze ! C’est à mon tour de prendre le bras de Touya ! »

« C’est mon tour aussi, c’est mon tour ! »

Tout le monde avait commencé à nous pourchasser alors que nous filions en bas de la colline. Lu et Yae se plaignaient, mais elles semblaient quand même s’amuser avec tout ça.

Nous nous étions moqués de nos fausses plaintes et de nos petits arguments pour ne pas troubler l’ordre public, en entrant dans la tente où la troupe de théâtre jouait sa pièce de théâtre.

« C’était plutôt intéressant ! »

« Oui, le jeu et le scénario étaient super. »

« Bakram la Tueuse de Dragons » était une pièce intéressante. Au début, c’était une simple histoire d’amour, mais au fur et à mesure que l’histoire avançait, des intrigues politiques, des rivalités amoureuses et des Dragons firent tous leur apparition. C’était une production captivante qui s’était déroulée en quatre actes.

Mieux encore, ce n’était pas de la fiction. Apparemment, la pièce était basée sur une histoire vraie qui s’était déroulée il y a cent ans. Bien sûr, certaines parties avaient probablement été embellies pour avoir un effet dramatique.

« On devrait peut-être inviter une troupe comme ça dans notre pays. »

« Je ne vois aucune raison de m’y opposer. Je suis sûr que tout le monde serait content. »

En bavardant avec enthousiasme, nous nous étions dirigés vers le restaurant qui était récemment devenu le sujet de conversation de la ville de Bern. Selon les sources de Yumina, même la princesse solitaire s’était glissée hors du château avant d’aller y manger. J’espérais vraiment que nous ne tomberions pas sur elle…

Après quelques minutes de marche, Yae et Elze s’approchèrent de moi en me murmurant quelque chose à l’oreille.

« Nous sommes suivis. »

« Je le sais. »

Il y a un moment, j’avais remarqué qu’un groupe nous suivait.

« Il y en a six à droite, cinq à gauche et huit derrière nous… Je crois que c’est tout. »

« C’est un sacré groupe. Quel est leur objectif, d’après vous ? »

J’avais jeté un coup d’œil à ma droite. Les personnages s’étaient instantanément retirés dans l’ombre, mais avant qu’ils ne disparaissent, j’avais clairement distingué l’un des voyous que nous avions croisés plus tôt.

« Je suppose qu’il a amené ses copains pour essayer de nous donner une leçon. »

« Aaah, je vois maintenant. »

Elze poussa un soupir alors qu’elle se rendait compte de la situation. Yae s’était glissée en arrière et avait informé les trois autres de la situation.

« Comme c’est désagréable… »

« Je suppose que certaines personnes n’apprennent jamais. »

« Zut, quelle plaie. »

Je sentais la colère des filles s’enflammer. La chaleur était presque palpable. J’avais compris leur colère. Pour être honnête, j’étais moi-même plutôt frustré. Ils interrompaient mes précieux moments avec mes fiancées.

J’aurais pu tous les verrouiller et les frapper avec [Paralysie], mais ils auraient pu me poursuivre à nouveau. Il vaudrait mieux y mettre fin une fois pour toutes.

« Ce n’est pas si mal de faire de l’exercice avant le dîner, non ? »

« Je doute qu’on arrive à transpirer un peu… Il est évident que ces voyous ne se battront pas correctement. »

J’avais eu cette conversation avec Elze en attirant les voyous dans une ruelle déserte. Le soleil commençait à peine à se coucher et le ciel était d’un rouge ardent.

J’espérais régler les choses avant la tombée de la nuit.

« Ça devrait suffire. »

Nous nous étions arrêtés dans une ruelle vide. Voyant leur chance, les voyous étaient sortis de derrière la couverture des bâtiments voisins. Ils portaient des gourdins grossiers dans leurs mains. Deux, quatre, six… il y en avait plus que je ne le pensais. Il y en avait cependant moins de trente.

« C’est eux, patron ! »

« Oh, voilà de charmantes petites choses, n’est-ce pas ? Ça devrait être amusant. »

Le voyou de tout à l’heure avait ramené un gros gaillard. Il avait un couteau à la main et une longue épée attachée à la taille. Donc ce type était le grand patron de cette petite bande de voyous, hein. Eh bien, peu importe.

C’était bien le chef de ce groupe d’ordures, il avait lui-même une apparence assez malhonnête et un sourire pervers.

« Votre chance a tourné quand vous vous êtes fait de nous vos ennemis, les gars. Oy, toi là. Ouais, toi, le morveux. Si tu laisses tout l’argent que tu as sur toi et que tu nous donnes les femmes, je pourrais même envisager de te laisser partir libre. »

« Crétin. »

J’avais sorti mon fusil Brunhild et j’avais tiré une balle en caoutchouc sur le chef en plein dans la tempe. Frappé par la force de l’attaque soudaine, il était tombé en arrière et s’était effondré au sol, inconscient. Je n’allais pas attendre qu’un ennemi armé d’une arme vienne me charger dessus.

« Patron !? »

« Bande d’enfoirés, qu’est-ce que vous foutez !? Les gars, allez le chercher… »

« Soufflez, vent ! Rafale flamboyante : [Tourbillon] ! »

« Uwoooooooooaaaahhhh ! »

Un coup de vent sortit de nulle part et avait envoyé un certain nombre de voyous voler dans les airs. Comme on pouvait l’attendre de Yumina, elle était toujours aussi douée.

« Enlacez-vous, glace ! Malédiction gelée : [Liens glacés] ! »

« Nuoouh !? Mes pieds sont gelés ? »

Cette fois, Linze avait montré ses talents de magicienne en gelant les chaussures d’un des voyous au sol. Normalement, ce sort devrait geler complètement les jambes, ce qui signifiait que Linze s’était délibérément retenue.

Après le coup de Linze, Elze s’était avancée avec un coup de poing du droit d’une force considérable, envoyant le voyou dans les airs si fort qu’il avait été projeté hors de ses chaussures encore gelées au sol.

« Gnuhuhuoh !? »

« Ouhgack !? »

Apparemment, Lu avait pris l’une des armes de l’ennemi avant même que personne ne s’en aperçoive, et elle frappait les voyous les uns après les autres avec un simple bâton en bois.

« L’adresse de Lu-dono est plutôt impressionnante, c’est vrai. Je suppose que c’est à présent mon tour. »

Yae avait rapidement arraché une canne de bois à l’un des voyous et avait frappé l’un d’eux lourdement sur l’épaule. Avec son arme improvisée, elle continuait d’envoyer tous ceux qui s’approchaient d’elle au sol, face contre terre, avec un grand talent.

Au bout d’une minute, une trentaine de voyous étaient tombés et s’étaient effondrés dans l’allée.

« Eh bien, alors. » En utilisant [Augmentation de puissance], j’avais rassemblé tout le groupe de voyous en un gros tas. J’avais pris un bout de papier et j’avais écrit : « Ces hommes font partie d’un groupe de bandits et de voleurs. J’ai donc pris la liberté de les arrêter. » Et j’avais posé la note sur le chef du groupe.

Après avoir fait cela, j’avais ouvert une [Porte], nous menant au poste de patrouille des Chevaliers de Refreese que j’avais vu près de la tente du théâtre. Je les avais tous trimballés à travers elle. C’était tout ce que j’avais à faire.

« Honnêtement… Maintenant, notre précieux rendez-vous a été complètement gâché. »

Yumina avait gonflé ses joues d’insatisfaction, et j’avais fait de mon mieux pour la calmer. Elle était mignonne quand elle était en colère, mais je voulais quand même que les filles que j’aimais sourient le plus souvent possible.

« Allez Yumina, on pourra aller n’importe où et n’importe quand. Nous allons après tout être ensemble pour le restant de nos vies. On aura plein d’occasions de sortir ensemble. Dans quelques années, on se souviendra peut-être même de ce petit incident comme d’un souvenir amusant. Pour être honnête, je me suis quand même beaucoup amusé avec notre rendez-vous d’aujourd’hui. »

« Touya… »

« Hé, ne le dis pas comme si notre rendez-vous est déjà fini ! On a encore le temps de sortir et de s’amuser encore plus ! »

« Très vrai, en effet. »

« Précisément ! Maintenant, allons tous au restaurant ! »

« J’ai hâte d’y être. »

« Hé, ne me traîne pas comme ça ! Le restaurant ne va pas se lever et s’enfuir, tu sais ! »

Alors que le soleil se couchait sur notre rendez-vous amoureux et que les étoiles dans le ciel brillaient au-dessus de nous, nous avions tous couru ensemble sous le ciel étoilé.

La nourriture du restaurant était délicieuse. C’était si bon que je n’aurais pas pu être plus satisfait. Tout le monde était redevenu joyeux, comme d’habitude. Nous avions réussi à terminer notre rendez-vous sur une note très positive.

De retour au château, j’avais distribué les souvenirs que j’avais achetés pour tout le monde. J’avais pris un bain et j’étais allé dans ma chambre pour me retirer pour la nuit, mais cette pensée avait été interrompue par un certain groupe de cinq filles en pyjama qui avaient fait irruption dans ma chambre, me laissant complètement perdu.

Juste pour info, il ne s’était rien passé d’indécent entre nous. Les cinq s’étaient endormis dans mon lit, me laissant peu de place pour moi, alors je n’avais pas d’autre choix que de dormir cette nuit sur le canapé. Pourtant, tout compte fait, la journée avait été merveilleuse. Je m’étais dit que je ferais aussi de mon mieux demain.

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2 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre.

  2. Merci pour le chapitre

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