Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 5 – Interlude 1 – Partie 2

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Interlude 1 : Un mariage à Belfast

Partie 2

« J’ai pensé que c’était une bonne suggestion, pour être honnête. L’entraînement commun semble être un vrai plaisir. »

« À vrai dire, je pensais la même chose, moi aussi. »

Elze et Yae avaient exprimé leurs opinions sans ménagement, en souriant à contrecœur, tout en échangeant des regards l’une avec l’autre. Eh bien, comme l’on pouvait s’y attendre de ce genre de personne !

« Touya, ne devrais-tu pas préparer ton discours ? C’est prévu pour bientôt, n’est-ce pas ? »

Linze m’avait rappelé mon prochain rôle. Je l’avais presque complètement oublié. Comme j’étais le grand-duc d’un pays entier, aussi petit soit-il, j’étais techniquement la personne la plus importante présente. À cause de cela, on m’avait demandé de faire un discours pour le couple nouvellement marié.

Comme je ne connaissais pas encore très bien les coutumes de ce monde, j’avais demandé à Kousaka d’écrire un discours de célébration standard de mariage, mais...

Quand j’avais vérifié la poche intérieure de mon manteau, il n’y avait que mon bon vieux et fidèle smartphone.

J’avais vérifié mes autres poches en espérant y retrouver mon discours, hélas... Même après avoir vérifié la poche extérieure de mon manteau, la poche de mon pantalon et l’intérieur de mon sort [Stockage], le papier contenant le discours était introuvable...

Hein ? Hein ? Qu’est-ce que... ?

« ... Qu’est-ce qu’il y a ? »

« ... Je crois que j’ai perdu le texte contenant mon discours... »

« Quoi !? »

Les filles crièrent toutes à l’unisson.

Hein ? Hein !? L’avais-je accidentellement laissé tomber quelque part !? Attendez une minute ! Sans ce script, je suis dans la merde ! Je ne m’en souvenais que par bribes, et ça ne va pas m’aider ici !

« Touya, sœurette dit que tout le monde est en place, et ils attendent tous que tu te viennes sur l’estrade faire ton discours ! »

Arma s’était approchée de moi et m’avait salué avec un sourire aussi éclatant que le soleil. Tout ce que j’avais pu faire, c’était de répondre avec un sourire raide et forcé : « J’arrive tout de suite ».

« Touya, souviens-toi ! Tout ce que tu as à faire est de les féliciter ! Dis-leur des mots qui célèbrent l’occasion ! C’est tout ce qu’ils veulent de toi ! »

« Oui, tu as raison. »

« Tu ne peux absolument rien dire au sujet de “grandir séparément les uns des autres”, “d’un ravin grandissant entre les gens”, ou “comment tout finira-t-il par se terminer”. Ne parle pas de ce qui pourrait porter malheur ! Tu comprends ce que je dis, n’est-ce pas ? »

« Hein ? Ah, j’ai compris. Oui, tu as raison. Je garderai ce conseil à l’esprit. »

C’est mauvais, ça. Très mauvais. À ce rythme, je vais probablement bafouiller mes mots et dire des choses que je ne devrais probablement pas dire... Mais en même temps, je ne peux pas me lever et ne dire que « Félicitations aux mariés ! Lyon, Olga, je vous souhaite beaucoup de bonheur dans votre nouvelle vie de couple », parce que cela me semblait beaucoup trop impersonnel...

Et ce n’était pas comme si je ne peux rien dire non plus. Ce serait trop grossier ! Quelle est la pratique habituelle pour la célébration d’un mariage ? Devrais-je chanter comme cet oncle qui était sorti de nulle part, mais que tout le monde aimait quand même ? Non, non, non, non. Rejetée. Faire une chose pareille me gênerait beaucoup trop. Qu’y avait-il d’autre... ?

« Mais oui. »

À ce moment-là, j’avais eu un éclair de génie. Dans mon ancien monde, il y avait un petit quelque chose de spécial que l’on faisait traditionnellement lors des mariages. Normalement, je ne serais pas capable de faire ce genre de chose moi-même, mais heureusement pour moi, j’avais cette magie qui pouvait m’aider ici.

« Désolé, Arma. Peux-tu leur demander d’attendre encore dix minutes ? J’ai besoin de temps pour me préparer. »

« Eh ? Eh bien, d’accord. Je vais leur demander d’attendre encore un peu. »

Arma était partie en courant vers les autres.

Très bien, il était temps de mettre le spectacle en route.

J’avais commencé à chercher certaines personnes qui, j’en étais sûr, seraient parmi la foule en cette occasion.

« Ahem. Je m’appelle Mochizuki Touya, je suis ici aujourd’hui en tant que grand-duc de Brunhild. À Lyon et Olga, je vous souhaite en ce jour bonne chance dans votre mariage. »

J’avais fait usage de mon sort de Néant [Enceinte], et je m’étais assuré que ma voix atteindrait toutes les personnes présentes dans le jardin. Il semblerait y avoir de l’agitation parmi certains invités présents qui n’étaient pas au courant de ma position en tant que grand-duc d’un pays, mais j’avais continué mon discours en dépit de cela.

« Désormais, ces deux-là vont construire leur propre famille. En cette joyeuse occasion, je voudrais vous présenter l’image d’une famille heureuse pour que cela puisse leur arriver aussi un jour. »

Lyon et Olga se regardèrent l’un et l’autre, ils semblaient perplexes devant mes paroles.

En gardant mes yeux sur eux, j’étais descendu de la plate-forme et j’avais jeté mon sort Néant [Mirage].

L’image d’un jeune, mais grand homme apparu sur la scène. Il tenait un nouveau-né dans ses bras et poussait un cri de joie. À ses côtés, une femme souriait doucement, elle était heureuse. On voyait aussi un jeune garçon qui se tenait à côté d’eux.

Le bébé tenu en l’air par le jeune homme produisait des rires innocents et joyeux.

« ... C’est moi. »

« Hein ? »

Lyon avait laissé échapper un chuchotement silencieux qu’Olga avait entendu.

« ... Ce bébé, c’est moi quand je venais de naître. Mon frère... et ma défunte mère, ils sont tous les deux là. Celui qui me retient, c’est mon père quand il était encore jeune... »

Lyon détourna son regard vers son père, le général Léon. Léon lui-même regardait droit devant lui, enchanté par l’image qui se trouvait devant lui.

La scène affichée changea brusquement en un nouveau scénario. Cette fois-ci, il y avait un jeune homme aux oreilles de renard, mince, regardant avec amour un bébé endormi dans un berceau.

« Père... ? »

Le jeune Olba toucha doucement les joues du bébé, et un doux sourire s’éleva sur son visage. Irma, dans le lit à côté, gloussa à sa vue.

Olba et Irma avaient également été captivés par l’image qui était devant eux.

Bien que l’image elle-même soit une illusion, les événements eux-mêmes reflétaient des événements réels du passé. Un peu plus tôt, j’avais parlé au général Léon, à Shyon, à Olba, à Irma, à Arisa et à deux de leurs connaissances et je leur avais demandé de me laisser voir tout ce dont ils se souvenaient grâce à mon sort [Évocation]. J’avais ensuite utilisé ces souvenirs pour recréer l’image projetée sur la scène.

Les événements marquants de l’enfance de Lyon et d’Olga se succédèrent devant le public, accompagnés d’une musique adaptée.

Le fait que Lyon soit né avec un corps frêle. La première fois qu’il s’était entraîné à l’épée sans le vouloir. La fois où il était allé pêcher avec son frère aîné. La fois où il s’était disputé avec son père. L’époque où sa mère était décédée. La fois où il avait persuadé son père de le laisser devenir un chevalier royal au lieu de devenir un soldat dans l’armée permanente. L’entraînement extrêmement strict qu’il avait entrepris et surmonté, devenant un splendide membre de l’ordre des chevaliers...

Le fait qu’Olga fut un garçon manqué quand elle était enfant. La fois où elle était rentrée tard à la maison et avait été grondée par sa mère pour cela. La fois où elle avait été ravie quand son père lui avait rapporté des souvenirs d’un pays lointain. L’époque de la naissance de sa petite sœur. L’époque où toute leur famille était partie en voyage ensemble. Le temps qu’Olga étudia avec acharnement et fit tout ce qu’elle put, avant d’être acceptée au service du palais. La fois où sa famille avait organisé une fête de félicitations parce qu’elle avait été acceptée dans le palais...

Les souvenirs des deux familles s’estompèrent doucement, laissant derrière eux l’image de Lyon et d’Olga telles qu’ils étaient aujourd’hui. L’image de deux personnes souriant ensemble et de leurs deux familles qui les félicitaient pour l’événement.

Et ainsi, maintenant que l’histoire était terminée, l’illusion s’était évanouie doucement et lentement.

J’étais monté sur scène une fois de plus et j’avais parlé aux deux mariés par l’intermédiaire de mon [Enceinte].

« J’espère que l’attitude qu’ont eu vos deux familles, à savoir l’amour qu’ils ont mis à vous élever, vous sera transmise à tous les deux afin que vos enfants puissent grandir dans un foyer familial tout aussi merveilleux. Je crois, du fond du cœur, que vous le ferez tous les deux sans que j’aie besoin de vous le dire. J’aimerais seulement présenter à tous les deux quelques mots de célébration en cette merveilleuse occasion. Avec ceci, je termine mon discours en l’honneur de ce couple marié. Je vous souhaite bonne chance dans votre nouvelle vie à deux. »

Ayant terminé mon discours, j’avais fait un salut. Tout le monde s’était immédiatement rassemblé pour applaudir ma prestation. Ça m’avait mis mal à l’aise.

J’avais tourné mon regard vers les mariés pour constater qu’ils s’étaient tous les deux effondrés en larmes. Je me demandais si je n’en avais pas un peu trop fait... Olga embrassait sa mère, Irma, en pleurant dans ses bras.

Alors que je descendais de la scène, Olba et le général Léon s’étaient tous les deux tenus en avant et s’étaient inclinés devant moi.

« Vous avez toute ma gratitude pour nous avoir fait un si beau cadeau. »

« De même, mes remerciements, Touya. Vous nous avez donné les plus grands mots de célébration que personne n’aurait jamais pu avoir. »

J’avais des sentiments mitigés au sujet de la situation. Je ne pouvais pas vraiment leur dire que j’avais perdu le texte qui avait été préparé pour moi, et que j’avais eu cette idée sur le champ... Mais, eh bien, ils avaient tous l’air heureux, alors j’étais content qu’ils l’aient aimé.

Après tout cela, il ne restait plus que les derniers mots de la mariée et du marié.

Alors qu’ils montaient sur la scène, je leur jetais une fois de plus mon sort [Enceinte] sur eux.

« À tout le monde... Aujourd’hui, nous avons franchi la première étape de notre nouvelle vie commune. Je suis reconnaissant au-delà des mots pour toutes vos bénédictions et vos paroles de célébration. Pour être honnête, je suis toujours inexpérimenté à bien des égards, mais je serais extrêmement heureux que vous continuiez à nous soutenir alors que nous abordons ensemble une nouvelle étape de notre vie. Merci à vous tous et à vous toutes ! »

Un tonnerre d’applaudissements avait suivi lorsque la mariée et le marié s’étaient prosternés sur la scène devant toutes les personnes présentes.

« Une fois la cérémonie terminée, le grand-duc de Brunhild lui-même nous a réservé sa salle de jeux ! À toutes les personnes ici présentes qui n’ont pas de problèmes urgents à régler, je vous invite tous à vous joindre à nous là-bas si vous le souhaitez ! »

Toute la foule avait haussé la voix avec enthousiasme par anticipation. De là, j’avais créé une [Porte] et j’en avais fixé l’emplacement dans la salle de jeux de mon château à Brunhild.

Dans la salle de jeux, la femme de ménage de la famille Blitz et les employés de la famille Strand étaient venus aider les invités.

Ils avaient déjà préparé des montagnes de nourriture et de boissons sur les tables pour tous les invités, en préparation de l’après-fête.

Normalement, l’après-mariage ne comprenait que des amis proches, des parents, etc. Mais bon, j’avais déjà appris à maintes reprises qu’il était inutile de s’appuyer sur le bon sens de mon ancien monde.

« Oho. C’est la salle de jeu de Brunhild, n’est-ce pas ? »

« Il y a beaucoup de choses d’un grand intérêt autour de moi. C’est vraiment un endroit fascinant. »

Ainsi, les parents de la mariée et du marié s’étaient joints à l’après-fête.

Le général Léon semblait prêt à jouer jusqu’à épuisement, tandis que l’instinct de marchand d’Olba s’était mis à trembler à la vue de tout cela.

Il s’en était suivi une explosion de joyeuses fantaisies alors que tous les gens présents couraient dans tous les sens pour s’amuser comme des fous. Entre toutes les singeries des ivrognes et les cris des gens qui jouaient à des jeux, l’endroit était aussi animé que jamais.

Après un certain temps, plusieurs invités étaient rentrés chez eux par ma [Porte]. La plupart d’entre eux étaient de jeunes femmes. Au moment de leur départ, plusieurs hommes avaient annoncé qu’ils escorteraient les dames chez eux. L’un de ces hommes était Shyon, le frère aîné de Lyon, qui était venu escorter une jeune femme particulièrement belle. C’était un bon joueur.

Quand l’horloge sonna dix heures, la mariée et le marié décidèrent de se reposer pour la nuit. J’avais déjà préparé une chambre pour eux plus loin à l’autre bout du château. C’était leur lune de miel, alors, même moi, je savais les implications de ce qui allait suivre.

Un certain nombre d’invités souhaitaient également passer la nuit dans le château. Je les avais donc dirigés vers une autre zone de chambres. Pour des raisons évidentes, mis à part les membres de la famille et les couples mariés, je m’étais assuré que les chambres des hommes et des femmes étaient séparées les unes des autres.

Après avoir fait la fête jusqu’au petit matin, plusieurs invités s’étaient réveillés avec la gueule de bois. J’avais fait une retraite tactique au moment où je vis que j’en avais la possibilité, mais apparemment, le général Léon et Olba avaient continué à boire l’un avec l’autre pendant très longtemps, jusqu’à ce qu’ils se retirent dans leur propre chambre d’amis où ils s’étaient immédiatement effondrés sur leur lit. Ils s’endormirent en un rien de temps. Lyon et sa nouvelle épouse étaient partis tôt le matin dans leur maison. Je leur avais souhaité bonne chance.

C’était une période difficile, mais tout avait fonctionné. Après un moment, j’avais été surpris d’apprendre qu’une tendance commençait à apparaître à Belfast : les gens faisaient la fête jusque tard dans la nuit et s’amusaient après un mariage.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

  2. Répétition avant son ou ses propres mariages 🙂

  3. Merci pour le chapitre.

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