Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 5 – Chapitre 3 – Partie 9

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Chapitre 3 : Dieu veille toujours

Partie 9

J’avais regardé les rues lorsque les acclamations avaient retenti dans les environs. Même dans l’obscurité de la nuit, j’entendais des gens de très loin.

« Incroyable ! Il l’a fait ! »

« Lars, merci ô Lars ! Le Dieu de la lumière a vaincu l’esprit des ténèbres ! »

« Prends ça, monstre ! Sens la colère de notre seigneur, démon ! »

Les citoyens avaient applaudi tout en se moquant avec enthousiasme, mais je m’étais senti tout simplement irrité.

Je ne savais pas si c’était juste à cause du lavage de cerveau résiduel, mais ils parlaient beaucoup de Lars. J’avais décidé de leur montrer la colère de ce Dieu qu’ils applaudissaient tant.

Il me semblait qu’un exploit n’aurait pas suffi, alors je devrais leur dire directement la vérité.

« Verrouillage de la cible. Portée effective, à l’intérieur des limites de la ville. Invocation de [Javelot brillant] à des endroits aléatoires, en t’assurant qu’il n’y ait personne à moins de dix mètres du sort. Répète-le 300 fois. »

« Compris. Cible bloquée. Invocation de [Javelot brillant]. »

Soudainement, trois cents javelots tombèrent du ciel et frappèrent la ville. Des cris et des hurlements éclatèrent, et les habitants de la ville tombèrent dans la confusion.

J’avais utilisé mon smartphone pour projeter mon image haute dans le ciel, en m’assurant qu’elle puisse être vue à distance.

« Ne parlez pas avec tant de négligence de justice, de colère et d’indignation. C’est la justice déformée de votre peuple qui a créé cette bête ! »

Puis j’avais décidé de pimenter un peu les choses. En utilisant une [Porte], j’avais amené le pape à mon emplacement. Son image, elle aussi, avait été projetée dans le ciel, et les citoyens avaient applaudi avec admiration. J’avais fait un signe de tête au pape, et elle s’était agenouillée devant moi, inclinant la tête.

« Est-ce vous, Votre Divinité ? Lars, le Dieu de la lumière ? »

« Je ne le suis pas, mon enfant. Je suis en effet le Dieu de la lumière, mais je ne porte pas le nom de Lars. Il n’y a aucun Dieu se nommant Lars. »

Les gens qui nous regardaient tombèrent une nouvelle fois dans la confusion. C’était naturel, cependant. Je venais de totalement renier leur Dieu.

« Avance, pape. J’ai un message pour vous tous. »

J’avais posé ma main sur le front du pape, et une lumière éblouissante nous avait englouti tous les deux. J’étais un peu fatigué par cette mascarade, et j’avais essayé de l’accélérer un peu. Ce n’était pas comme si j’allais vraiment imprégner un message dans son esprit, c’était juste un effet dramatique.

Après que la lumière se soit éteinte, le pape s’était complètement prosternée devant moi. Franchement, je pensais que c’était un peu exagéré de sa part.

Quoi qu’il en soit, j’étais simplement passé à l’étape suivante.

« Une dernière chose. Je dois donner le châtiment divin à ceux qui ont accumulé le péché et permis que de nombreux crimes soient commis sous le couvert frauduleux de la justice et de la lumière. »

J’avais encore une fois utilisé mon portail de la même manière pour mettre en avant les connards qui s’étaient montrés à moi plus tôt. Le cardinal Zeon, sa sœur Kyurei, les autres cardinaux et les Templiers qui m’avaient harcelé se prosternèrent devant ma puissance divine.

« Confessez-moi vos péchés. »

« Nous n’avons commis aucun crime, nous n’avons commis aucun péché ! Je suis un fervent adepte de votre lumière, la lumière de Dieu est mon berger, je vous le promets !! »

Zeon s’était mis à bavarder comme un idiot, son visage prosterné contre le sol. Je n’arrivais pas à croire qu’il essayait de se sortir de cette situation devant Dieu. Ça n’avait pas d’importance que je fasse semblant, il ne le savait pas ! Ce type était vraiment idiot s’il pensait pouvoir tromper Dieu.

« Espèce de misérable microbe. Prétendre qu’une fille innocente est une vampire, aller jusqu’à planifier sa mort... Confiner votre pape dans une cellule minable !? Vous pensiez que de telles choses échapperaient à mon regard omnipotent !? »

« C’était juste... !! »

Zeon et sa sœur pâlirent tous les deux. Les citoyens, qui regardaient encore, avaient commencé à murmurer entre eux. Les cardinaux, les Templiers et tous les autres présents ne semblaient pas pouvoir contenir leur choc et leur horreur.

« Et vous savez aussi bien que moi que ce n’était pas vos seuls crimes. Dois-je révéler vos autres transgressions ? Une par une !? »

« N-Ngh... ! »

Zeon se tut. J’avais posé la question parfaite. Je ne doutais pas qu’il avait fait toutes sortes de choses terribles sous la bannière de Dieu, mais je n’étais pas tout à fait sûr de ce que c’était. Mais maintenant, je savais que sa sœur et lui ne pouvaient plus être sauvés.

Même en sachant qu’il n’y avait pas de dieu de la lumière, ils utilisaient toujours cette divinité à leurs propres fins. Je ne pouvais pas me permettre de les laisser s’échapper.

« Repentez-vous, bâtards ! »

« Ughaah !! »

J’avais utilisé mon fidèle sort paralysant sur tout le monde devant moi, à l’exception du pape bien sûr. Je m’étais alors tourné vers Son Éminence et j’avais parlé ainsi.

« Je te confie leur punition, mon enfant. »

« Bien sûr. »

« La lumière et l’obscurité sont les deux faces d’une même pièce, indivisibles à jamais. Justice, injustice, les deux sont des créations humaines. Si vous vous engagez d’un côté, vous finirez par basculer dans l’autre. Ne permettez pas cela. »

J’avais fait face aux citoyens tout en faisant ma déclaration finale. Cela dit, je ne pensais pas avoir fait un très bon discours. J’ai décidé de m’enfuir avant de faire une autre erreur et de me faire prendre.

Les valkyries étaient venues de derrière moi et se dispersèrent à travers la ville.

« Adieu, fils de l’Homme. »

Les Valkyries brillèrent toutes à l’unisson. J’en avais profité pour me cacher à travers un portail et me mettre à l’abri des regards. Après la disparition de la lumière, j’avais créé une autre illusion avec de belles plumes tombant du ciel. J’avais l’impression d’avoir réalisé un film.

Le pape s’était alors levé.

« Dieu est parti ! Désormais, nous assumerons l’entière responsabilité de nos actes ! Nous nous repentirons comme un seul homme, pour avoir trahi la volonté de Dieu ! Pendant qu’il parlait, nous aurions tous dû recevoir ce message de responsabilités ! Nous allons travailler dur et saisir ce qui est juste de nos propres mains ! Priez-le dans la gratitude et la paix ! »

Les voix du peuple s’élevèrent toute la nuit, ils étaient ravis. C’est à peu près ce à quoi je m’attendais, mais... Elle avait certainement plus de charisme que moi, c’était certain.

J’avais pensé que ce serait suffisant pour que tout s’arrange. Alors que je regardais les citadins excités et le discours du pape, mon smartphone s’était mis à vibrer. J’avais eu un appel entrant.

« Bonjour ! Est-ce Dieu ? »

« Ça l’est, mon garçon. Hahahaha... il semble que tu aies mis fin à la situation ! Je suis soulagé, merci. »

« Ouais, on dirait qu’ils vont s’en sortir maintenant. Tous les trucs bizarres qui interféraient avec leur esprit devraient disparaître assez tôt, si ce n’est déjà fait. Maintenant, les gens devraient être capables de prendre des décisions rationnelles par eux-mêmes. »

Dans un sens, on pourrait dire que j’avais creusé un fossé dans l’esprit des gens au sujet du concept même de Dieu. L’influence de Ramissh allait probablement décroître après cela, mais... à son tour, les personnes opprimées par leur mauvaise justice disparaîtraient également.

Il y aurait sûrement encore des gens qui croiraient en Lars, Dieu de la lumière, mais cela me convenait. Croire ou non était en fin de compte leur choix, et cela signifiait simplement qu’ils étaient humains. Tout ce que j’avais fait, c’était d’empêcher les gens d’abuser de cette croyance et de l’imposer aux autres par la force ou la ruse.

« Je m’excuse de t’avoir laissé gérer cela... Excuse-moi auprès de la jeune prêtresse et de cette charmante jeune papesse pour moi, veux-tu ? »

« Ne t’inquiète pas pour ça. Rembourse-moi en regardant leur pays de temps en temps, au cas où les choses redeviennent bizarres. »

« Très bien, alors ! J’essayerais d’y faire attention. »

Je lui avais raccroché au nez, et j’étais retourné vers Phyllis et Kohaku par un de mes portails.

« Merci, Votre Majesté... Merci infiniment. »

Phyllis fut émue aux larmes au moment où elle me vit, elle inclina respectueusement la tête. Je n’avais pas vraiment fait grand-chose pour mériter ce niveau d’appréciation, cependant, si vous me l’aviez demandé, je dirais que c’était moi qui, au départ, étais responsable de tout ce bordel !

« Dieu m’a demandé de m’excuser auprès de toi et du pape de sa part. Je pense que les temps seront durs, tu crois que ça va aller ? »

« Cela devrait aller. Après tout, Dieu veille toujours. »

Phyllis hocha la tête, il n’y avait aucune hésitation dans ses yeux. Il semblerait que je n’avais pas à m’inquiéter.

Comme c’était à cause de ma propre magie que divers bâtiments et le grand temple avaient été annihilés, j’avais rapidement décidé de les reconstruire avec un autre de mes sorts de confiance. Cependant, le pape était apparu et m’avait arrêté sur place. Elle avait dit que montrer mon pouvoir de cette façon en public, surtout après tout ce qui venait de se passer, serait une idée terrible. Elle avait raison, je ne voulais pas révéler la vérité derrière ce Dieu.

J’avais veillé sur le pape qui commençait un nouveau type de sermon et j’avais souri. Il semblerait que mon travail ici soit terminé. Mais, juste au cas où, j’avais donné à Phyllis un miroir portatif pour pouvoir communiquer rapidement et facilement. Puis, après un bref au revoir, Kohaku et moi avions pris le chemin du retour vers Brunhild.

Quelques jours plus tard, des rumeurs avaient finalement commencé à circuler dans divers pays. Un Dieu était descendu dans la théocratie Ramissh, tuant ainsi un méchant Esprit noir. Les pays irréligieux avaient ri de l’histoire, ils pensaient que ce n’était que de la propagande. À part cela, la théocratie de Ramissh avait officiellement changé de direction, délaissant la parole de Lars, dieu de la lumière, pour se contenter de prêcher la parole de la « lumière de Dieu ». Leur devise : tout au nom de la lumière et de la justice avait également été effacé.

Officiellement, le fondateur de Ramissh était toujours Ramirez, et celui qui l’avait aidé était le dieu de la lumière. Cette partie de l’histoire était restée cohérente. Tout ce que moi et le pape avions fait ensemble, c’était d’enlever toute mention de Lars et de sa justice tordue.

« Je ne m’attendais pas à ce que tu fasses semblant d’être un Dieu, Touya... tu vas être puni d’en haut ! »

Elze m’avait poussé sur le côté en riant de mon histoire. J’avais, naturellement, expliqué à ma famille ce qui s’était passé dans la théocratie. J’avais juste découpé les parties sur le vrai Dieu.

Le cardinal Zeon, le cardinal Kyurei, les Templiers et les autres qui avaient activement abusé du pape avaient été dépouillés de leurs terres, de leur position et de leurs biens. Ils avaient été excommuniés de l’église et emprisonnés. Les richesses confisquées avaient fini par être immenses. Il semblerait que toutes leurs tentatives de semer la terreur et les demandes de dons avaient bien fonctionné pour eux. Le pape avait gentiment rendu cet argent au peuple, indemnisant les victimes d’années d’oppression.

Tous ceux qui étaient emprisonnés étaient aussi ceux qui connaissaient la vérité au sujet de la religion Ramissh, mais il était peu probable qu’on les croirait même s’ils parlaient. Après tout, ils avaient tous été jugés personnellement par Dieu lui-même devant une grande foule.

Et, peu de temps après, un envoyé de Ramissh était venu me saluer dans mon château. Mes couloirs avaient été honorés par la présence du plus jeune cardinal de l’histoire, Phyllis.

« Tu as l’air de te porter bien. »

« Tout comme vous, Grand-Duc. »

J’avais jeté un coup d’œil à la lettre qu’elle avait apportée. Pour être franc, la lettre disait qu’ils étaient désolés de l’attitude de l’envoyé précédent et qu’ils souhaitaient établir de bonnes relations avec Brunhild.

Il n’y avait pas d’exigences farfelues comme celle de me forcer à adopter une religion d’État ou à me baptiser moi-même. C’était simplement une lettre de bonne foi, demandant à mon duché de maintenir une amitié avec la théocratie pour aller de l’avant.

Naturellement, j’avais accepté. Pour que mon pays puisse se développer, une bonne diplomatie était nécessaire et bienvenue. Je n’avais aucun désir de me rapprocher des mauvaises nations, mais je m’étais fait de bons amis au sein de la Théocratie.

« Hm, j’étais un peu inquiet tout à l’heure, mais ça semble s’être bien terminé... Je me demande si le Dieu qui est apparu à Ramissh voulait que cela se produise... »

Après le départ de Phyllis, le vieux Kousaka avait poussé un petit soupir de soulagement et m’avait donné ce commentaire, ainsi qu’un regard en coin.

Je ne lui avais pas donné les détails exacts de ce qui s’était passé ce jour-là, mais je lui avais dit que j’étais là quand c’était arrivé. Autant qu’il sache, je visitais la théocratie, et tout d’un coup Dieu était descendu. C’était très pratique, mais c’était l’histoire à laquelle je m’étais attaché.

« Crois-tu en Dieu, Kousaka ? »

« Qui peut le dire... Il existe dans le cœur de ceux qui croient, et non dans le cœur de ceux qui ne croient pas. C’est du moins ce que je crois. »

James Barrie, un écrivain anglais, avait écrit dans « Peter Pan » que chaque fois qu’un enfant disait « Je ne crois pas aux fées », une fée mourrait quelque part.

Kousaka avait raison. Croire en quelque chose, c’était lui donner vie. Je ne pensais pas que quelqu’un puisse s’y opposer.

« Et toi, Grand-Duc ? Croyez-vous en Dieu ? »

« Oui, j’y crois réellement. »

Quelque part, dans la brise, j’avais cru entendre le petit rire du divin vieillard.

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3 commentaires

  1. Merci. Dieu qui laisse le job à une doublure, soupir.. 😇

  2. Merci pour le chapitre.

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