Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 5 – Chapitre 3 – Partie 2

Bannière de Dans un autre monde avec un Smartphone ***

Chapitre 3 : Dieu veille toujours

Partie 2

La personne à côté de lui, Phyllis, était une fille tranquille, d’allure livresque, aux cheveux violets clairs et coupés au carré. Elle avait l’air aussi vieille que moi. Sa robe était aussi blanche. Mais elle n’était pas aussi voyante que celle de Nesto.

Ils ressemblaient à des prêtres de la théocratie Ramissh. Si je me souvenais bien, ils adoraient le dieu de la lumière, « Lars ». S’ils étaient prêtres, ils devaient avoir une grande influence politique.

L’un d’entre eux, Nesto, avait pris la parole.

« Le pape de notre théocratie, Elias Altra, souhaite se lier d’amitié avec le Duché de Brunhild. Nous souhaitons également propager l’Église de Lars sur vos terres en vous la faisant accepter comme religion d’État. Si vous êtes prêt à le faire, la théocratie Ramissh vous reconnaîtra comme un pays frère et vous soutiendra toujours. »

... Hein ? Une religion d’État ? C’est-à-dire, une religion qui était protégée par la loi ?

« Nous vous invitons à recevoir le baptême et à commencer à construire une église sur vos terres. Si vous suivez les enseignements de Lars, le dieu de la lumière, votre nation deviendra sûrement plus prospère que jamais. »

Nesto prononça ces mots avec beaucoup de zèle et d’enthousiasme, mais je sentais exactement le contraire, et cela ne faisait que se renforcer à chaque mot prononcé.

Qu’est-ce qu’il dit, ce type ? Pourquoi devrais-je me faire baptiser par une secte aussi bizarre ?

« Les enseignements de notre Seigneur Lars détruisent le mal et apportent lumière et justice... »

« Non, merci. »

« ... Hein ? »

Mes paroles l’avaient poussé à arrêter son discours enflammé et à se raidir.

« Que voulez-vous dire ? »

« Exactement ce que j’ai dit ! Je n’ai pas besoin d’une religion dans mon pays. »

Le discours avait traîné en longueur, mais c’était essentiellement une invitation à sa foi. Et honnêtement, j’avais trouvé ça très louche. Le dieu de la lumière ? Avait-il vraiment existé ?

« Vous dites donc que vous n’avez pas besoin des enseignements de notre Seigneur ? Vous ne croyez pas en Dieu ? »

« Je préférerais que vous ne disiez pas de telles bêtises. Il n’y a pas un homme au monde qui croit en Dieu plus que moi. Je le remercie tous les jours. »

J’avais prononcé ces mots quand Nesto m’avait regardé fixement.

Mais ce n’était pas ton dieu.

Réagissant à ce que j’avais dit, Phyllis s’était jointe à la conversation. Contrairement à Nesto, cependant, elle ne semblait pas fâchée. Elle avait l’air plus confuse qu’autre chose.

« Alors pourquoi ? Si vous croyez en Dieu, pourquoi refusez-vous de répandre sa parole ? Ça semble contradictoire, si vous voulez mon avis. »

« Ça ne l’est pas. Aussi, vous dites que votre dieu est le “dieu de la lumière”, Lars. S’il y a un “dieu de la lumière”, cela signifie-t-il qu’il y a un dieu des ténèbres ? Y a-t-il d’autres dieux ? »

J’avais répondu à sa question par une autre question. Et c’est Nesto qui y avait répondu, en se gonflant la poitrine.

« Dieu de la mer, Dieu des montagnes, Dieu de la terre, il y a certainement beaucoup de dieux différents. Cependant, celui qui se tient au-dessus d’eux est le dieu de la lumière, Lars, le plus glorieux de tous. C’est le dieu de la justice absolu, et même le dieu des ténèbres ne peut lui tenir tête. »

« Mais ça n’en a pas l’air. »

« Quoi !? »

Nesto passa devant moi en me regardant fixement. Sa voix s’était déchirée lorsqu’il s’était levé, la colère était palpable dans son expression et son comportement.

C’est ce à quoi je m’attendais.

« Êtes-vous en train de dire que notre Seigneur est impuissant !? »

« Vous l’avez traité de “dieu de la justice absolu”, n’est-ce pas ? Alors pourquoi y a-t-il encore des criminels et des bandits ? »

« C’est... C’est pour ça qu’on est là ! Nous punissons le mal à sa place ! C’est notre devoir ! Nous sommes ses membres et... ! »

« C’est juste votre puissance, n’est-ce pas ? Il n’y a rien de divin là-dedans. Ne confondez pas ça. »

Les épaules de Nesto tremblaient à ce moment-là. En avais-je trop dit ? Mais avais-je tort ?

« Alors qu’est-ce que votre Dieu nous a donné !? »

« Rien. Il est plutôt occupé. Il nous laisse prendre soin de nous. Il n’intervient que s’il y a quelque chose d’important. Aussi, ce n’est pas comme si je rejetais complètement vos enseignements. Si vous croyez en votre dieu, cela ne me dérange pas. »

Chacun avait son propre dieu dans son cœur. Laissez les gens croire en ce qu’ils veulent. C’était très bien comme ça. Cependant, je n’aimais pas que les gens puissent utiliser leurs croyances dans les relations internationales.

Nesto me regarda avec une haine pure dans les yeux.

« ... Il semblerait que vous ayez été ensorcelé par un Dieu maléfique. Il semblerait que nous devrions vous purifier. »

« Ah ? »

Qu’est-ce qu’il vient de dire ?

« Kohaku. Maintiens-le par terre. »

« Tes désirs sont des ordres. »

« Augh !? »

Kohaku avait attaqué Nesto par-derrière, il l’avait poussé par terre et l’avait maintenu là avec ses pattes avant. Naturellement, Kohaku était en mode Byakko.

Je m’étais approché de Nesto, je m’étais accroupi et je l’avais regardé dans les yeux, plein de peur de Kohaku.

« Je me fiche de ce en quoi vous croyez. Vous pouvez prier la divinité que vous voulez, qu’elle existe ou non. Cependant, je ne vous permettrai pas de traiter mon Dieu comme étant une entité diabolique. Vous ne savez rien de lui, alors je ne veux pas que vous disiez ce genre de choses. »

Je regardais Nesto, puis j’avais ouvert une [Porte] sur le sol et je l’avais téléporté... Directement au bord de la rivière à l’extérieur du château.

Quand il avait disparu, il avait laissé là ses cheveux blonds.

Je savais que c’était une perruque.

J’avais regardé sur le côté et j’avais vu Phyllis, qui ne pouvait pas dire un seul mot, elle était sous le choc.

Oh. Merde. J’en avais trop fait.

C’était un messager d’un autre pays. J’avais de meilleures méthodes pour le renvoyer. L’entendre dire du mal de Dieu m’était monté à la tête. Je voulais savoir une chose. Comment ce gentil vieil homme pouvait-il être une entité démoniaque ? Pourtant, j’étais allé trop loin... Je m’étais retourné et j’avais vu Kousaka, la main sur le front, expirer un long soupir. Merde, j’avais vraiment merdé. Et il m’avait dit de ne pas trop parler, bon sang.

« Umm... Le prêtre Nesto est... ? »

« Eh bien... Je l’ai téléporté devant le château. Ne vous inquiétez pas, il n’est pas blessé. »

Par contre, j’étais certain qu’il devait avoir des sueurs froides. Il pourrait même attraper un rhume. Mais ce n’était pas comme si je m’en souciais.

« Mes excuses. Pardonnez son impolitesse. Pour votre gouverne, sachez que cette audience avec Votre Majesté était basée principalement sur une initiative de Nesto, et que le pape n’était pas très enthousiaste à ce sujet. »

Phyllis inclina la tête.

Vraiment ?

« Après tout, voir ce pays adopter l’Église de Lars comme religion d’État serait une grande réussite. Je crois que c’était le plan de Nesto. »

Donc il voulait juste avancer dans sa carrière, hein ? Plutôt vulgaire pour un prêtre.

« De toute façon, je n’ai pas l’intention d’avoir une religion d’État. Dites ça à votre pape. »

« Oui, certainement. Au fait, euh... à propos de ce que vous avez dit... Avez-vous peut-être rencontré Dieu personnellement, Votre Altesse ? »

Oh ? Avais-je dit quelque chose qui m’avait trahi ? Franchement, comment devrais-je répondre à ça ?

« Je suis désolée. Ça doit paraître bizarre... J’ai juste... douté, est-ce que Dieu existe réellement ou pas... »

Phyllis chuchota cela et baissa la tête.

Est-ce que tu as le droit de dire cela ? Tu es une prêtresse, n’est-ce pas ?

« J’ai toujours eu cette question en tête. Les gens punissent le mal au nom de la justice. Bien qu’une partie de moi voit cela comme une chose merveilleuse, je ne peux m’empêcher de me demander s’il est juste de qualifier quelqu’un de mal simplement parce qu’il est démoniaque ou né dans les ténèbres. Aussi, ne peut-on pas pardonner à quelqu’un qui n’a fait qu’une seule erreur ? De telles questions se sont succédées et... »

Je pouvais un peu la comprendre, mais était-ce vraiment correct pour elle de continuer à être prêtresse tout en doutant autant de son Dieu ? Soudainement, le smartphone dans ma poche s’était mis à vibrer.

Hein ? Pourquoi fallait-il que ce soit maintenant ? Puisqu’il n’y avait qu’une seule personne qui pouvait m’appeler, je savais exactement qui c’était.

Je l’avais sorti et j’avais répondu à l’appel.

« Allô ? »

« Hé, ça fait un moment. Je suppose que tu sais qui c’est. »

Oui, bien sûr que je le sais. Tu devrais quand même dire qui tu es lorsque tu appelles. Ce timing, cependant...

« Tu regardais ? »

« En effet, je regardais par hasard. Je dois te dire que c’était très satisfaisant de te voir craquer comme ça. Merci de t’énerver pour moi. »

Zut, il m’avait vu, c’était vraiment embarrassant. Tandis que je me tortillais à propos de ce que j’avais dit, Phyllis m’avait crié dessus. Elle était toute tremblante.

« Euh... à qui parlez-vous ? »

« À Dieu. »

« Eh !? »

Comme Phyllis était surprise, j’avais remarqué que Kohaku, debout à côté de moi, était dans un état bizarre. Le tigre ne bougeait pas un muscle.

Attends, quoi ? Même Kousaka était complètement raide. C’était quoi ce bordel !?

« Oh, j’ai juste arrêté le temps pendant un moment. Les choses pourraient devenir ennuyeuses si quelqu’un d’autre me voyait. »

« Tu as arrêté le temps !? Attends, tu viens de dire “si quelqu’un d’autre me voyait” !? Tu veux dire que... ? »

« J’ai pensé que je devais répondre aux questions de cette jeune femme. J’arrive tout de suite. Elle ne te croira pas autrement. Très bien, alors... »

« Hé... ! »

Sérieusement ? En fait, il avait raccroché. J’avais éloigné le smartphone de mon oreille et j’avais regardé Phyllis.

« Il va venir par ici... »

« Il... ? De qui parlez-vous ? »

« Eh bien... de Dieu. »

Comme Phyllis et moi étions tous les deux dans un état d’étonnement, Dieu était descendu devant nous, entouré d’une lumière aveuglante. Son aura divine (évidemment, vu qu’il était Dieu) nous avait engloutis. Un seul regard suffisait pour voir à quel point il était céleste. Il descendit lentement et se tint sur le même sol que nous, les mortels, sur lequel nous marchions.

« Yoo-hoo, c’est moi, votre homme divin. »

« Sois plus sérieux, bon sang ! »

Tu as évidemment des choses plus majestueuses à dire ! Et arrête de sourire comme ça, la situation est déjà assez ridicule !

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

    J'ai rarement autant devant un chapitre de ce novel. Vivement mercredi XD

Laisser un commentaire