Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 5 – Chapitre 1

Bannière de Dans un autre monde avec un Smartphone ***

Chapitre 1 : La création d’une festivité

***

Chapitre 1 : La création d’une festivité

Partie 1

Autrefois, les deux grandes puissances du secteur occidental du continent étaient l’Empire Regulus et le Royaume de Belfast. À la frontière de ces deux nations, un nouvel État souverain était né. Ce nouvel État avait été soutenu par les deux superpuissances.

Le Duché de Brunhild.

Le territoire de l’État était minime, il était composé de minuscules terres fournies par les deux grandes nations. Le grand-duc qui régnait sur ce territoire était un homme nommé Mochizuki Touya. C’était un aventurier courageux et puissant, un aventurier qui avait fait des choses jamais vues. Son ascension au rang Argent de la Guilde des Aventuriers fut la plus rapide de l’histoire du monde.

Éventuellement, cet homme... et le nom de sa petite nation, Brunhild, auront une signification beaucoup plus grande dans le contexte de l’histoire et des traditions mondiales.

Mais cela, cher auditeur, c’était une histoire à raconter...

◇ ◇ ◇

Les personnes qui étaient arrivées pour devenir les premiers agents militaires du Duché de Brunhild étaient sans aucun doute des experts dans le domaine du combat. Ce n’était pas une surprise, étant donné que Leen les avait jugés dignes de les amener.

Lain était habile avec une épée standard, Norn était porteur d’une double lame et Nikola portait une hallebarde, une arme née d’un croisement entre une lance et une hache. Je leur avais demandé de démontrer leurs compétences contre Yae, et ils s’étaient bien comportés. J’étais franchement un peu surpris.

« Milord, n’y a-t-il pas de chevaux dans l’enceinte du château ? »

« Des chevaux ? »

Nikola avait posé une bonne question, ce qui commençait à devenir habituel. Cela m’avait fait comprendre qu’il n’y avait pas de chevaux dans mon petit duché. Nous avions surtout utilisé [Porte], alors il n’y en avait pas besoin. Et chaque fois que nous étions à Belfast, je me promenais en vélo.

« Avons-nous besoin de chevaux ? »

« Je les considérerais comme un élément nécessaire de toute cavalerie militaire. Certes, je ne prévois pas de combats de si tôt, mais ce serait très utile si nous pouvions en avoir quelques-uns pour apprendre à nous battre à cheval. »

Cela avait du sens. Mes soldats étaient ici pour se battre pour moi, alors je devrais probablement passer un peu plus de temps à investir dans leur entraînement.

Regulus et Belfast se trouvaient de part et d’autre de Brunhild, donc je n’étais pas vraiment inquiet, je ne pensais pas qu’une guerre surviendrait ici... Pourtant, rien ne garantissait que des bandits ou des escrocs ne se présenteraient pas dans les montagnes voisines.

« Si nous avions des chevaux, nous pourrions commencer à patrouiller sur le territoire, et nous serions également en mesure de cartographier et de repérer certaines zones d’intérêt dans la région. »

Lain avait évoqué un autre avantage à posséder des chevaux dans le duché.

À bien y penser, sa voix était vraiment enfantine... Puis-je vraiment être blâmé de l’avoir prise pour un homme !? À part ça, les chevaux...

« J’ai une idée, je vais vous convoquer quelque chose de bien meilleur qu’un cheval. »

« Pardon ? »

J’ignorai Nikola, qui me regardait maintenant avec une expression ahurie, et je concentrai ma magie sur le sol.

« Viens, ténèbres ! Je cherche celui qui gouverne le ciel [Griffon] ! »

Une fois la fumée dissipée, le cercle magique avait disparu et un griffon se dressa à sa place.

« Ouah ! »

« Incroyable... »

« Qu’est-ce que c’est ? »

Ils avaient tous les trois réagi très différemment, mais leur désarroi était le même. Ils avaient simplement regardé le griffon devant eux.

« Bien... tu es, euh, Paul ? Non, tu es John, non ? D’accord, John ? À partir de maintenant, tu es le partenaire de Nikola. S’il vous plaît entendez-vous bien l’un et l’autre. »

« CAW! »

John laissa échapper un petit bruit et se dirigea vers Nikola. Au début, Nikola semblait craintif, mais tenta timidement de caresser John sur la tête, puis sur le dos.

« Waouh, il a l’air plutôt obéissant. Peut-il comprendre ce que vous venez de dire ? »

« Oui, il ne peut pas parler, mais il peut très bien te comprendre. Je pense qu’il sera plus utile de s’entraîner et s’occuper de lui que d’un cheval ordinaire. Veux-tu essayer de le monter ? »

Même s’il n’y avait pas de harnais attaché au dos de John, Nikola le chevaucha hardiment. En réponse, la créature avait commencé à marcher.

Aux ordres de Nikola, John accéléra. La promenade s’était lentement développée en un petit trot, puis en une course à part entière. Peu de temps après, John avait battu des ailes et se propulsa dans les airs. Après avoir volé un petit peu, pas trop haut, John avait atterri sur le sol avec un Nikola étonné.

« Eh bien, comment était-ce ? »

« C’était... c’était incroyable. La hauteur est certainement une chose à laquelle je vais devoir m’habituer, mais je suis certain de pouvoir vaincre cet obstacle avec le temps. »

Au moment où il parlait, il fit à nouveau voler John. Nikola avait l’air extrêmement fier de lui. Je n’avais pas de corde pour les attacher, donc j’étais un peu inquiet de leur fuite...

« Milord ! Et moi !? J’en aimerais un aussi ! »

Norn se rapprocha soudainement de moi. J’étais surpris qu’une fille indisciplinée comme elle puisse commencer à m’appeler d’une manière si polie, mais il me semblait que c’était comme ça dans ce monde. Lain, bien qu’un peu plus discrète, affichait également un air d’excitation similaire.

Et bien, j’allais invoquer quelque chose même sans que vous soyez toutes les deux excitées. Hmph... ça serait ennuyeux si je venais à appeler un autre griffon... cependant, ces deux-là sont des filles, alors je sais exactement ce qu’elles aimeraient !

« Sorts, ténèbres ! Je cherche un cheval du ciel [Pégase] ! »

Après que le brouillard se soit dissipé et que le cercle magique ait disparu, deux chevaux d’un blanc pur avec de magnifiques ailes étaient apparus de nulle part.

« Ouah ! Incroyable ! Ils sont si jolis ! »

Norn avait couru jusqu’à l’un d’eux et avait commencé à lui brosser le dos. Lain, toujours réservée, toucha timidement une de leurs ailes.

« Ah, ces deux-là s’appellent Anne et Diana. Anne, tu t’associes avec Norn, et Diana peut aller avec Lain. »

Les pégases secouèrent la tête en signe d’affirmation. Anne baissa immédiatement la tête et poussa Norn à monter sur son dos. Tout comme Nikola, Norn avait chevauché le cheval et s’était lentement échauffé en trottinant. Peu de temps après, elles avaient sauté haut dans les airs.

Après quelques instants d’appréhension, Lain monta sur Diana et s’envola vers le ciel.

Les trois soldats avaient finalement atterri après avoir fait plusieurs fois le tour du château. J’avais ignoré leurs actions surexcitées et j’avais pris une partie du cuir de monstre présent dans mon [Stockage]. Je m’en étais servi pour faire des selles, des étriers, des rênes, etc. Puis, je les avais remis à eux trois.

Je leur avais dit de passer du temps à survoler et à contrôler l’intégralité du territoire. Ils seraient capables de s’exercer à contrôler leurs montures en même temps, donc tout se passerait bien. Je leur avais dit de ne pas s’inquiéter si des problèmes se produisaient, car les bêtes invoquées pourraient se connecter par télépathie avec moi, m’avertissant ainsi de tout danger.

J’avais dit qu’ils avaient quartier libre cet après-midi, mais Nikola avait semblé accepter facilement son travail et voulait passer toute la journée à explorer la région. Ce gars était stoïque et extrêmement dévoué.

Quant à moi, je devais faire certaines choses qui n’impliquaient pas mes soldats. Au premier étage de mon château, j’avais redessiné l’intérieur d’une petite pièce. Il y avait maintenant un énorme miroir sur le mur, assez grand pour être traversé par une personne. J’avais aussi installé une plaque de métal à proximité.

« Touya, frérot. Qu’est-ce que c’est que ça ? »

« Si tu touches la plaque de métal, une [Porte] devrait s’ouvrir et cela enregistrera qui a été la dernière personne à traverser. Seul le personnel autorisé peut également l’utiliser. C’est une façon de vérifier ton identité. »

Renne regardait le miroir, les yeux écarquillés par l’émerveillement, alors je lui avais donné une petite explication.

Il n’existait pas de capteurs tactiles dans ce monde, et cela ne fonctionnerait pas vraiment si je l’enchantais avec [Recherche] ou quelque chose de similaire. Si quelqu’un décidait d’utiliser la magie de transformation pour se déguiser, il était alors possible qu’il puisse passer sans problème. Finalement, j’avais décidé d’appliquer un [Programme] sur une plaque de fer qui scannait les empreintes digitales et les longueurs d’onde magiques des personnes qui le touchaient.

« En plus de cela, tu peux définir la destination. Mais pour l’instant, nous ne pouvons nous rendre qu’à Belfast. »

J’avais installé des miroirs similaires chez moi à Belfast.

Devrais-je acheter de petites propriétés à Mismede et Regulus, peut-être ? Nah, mieux vaut attendre que les rois m’y aient accordé des ambassades officielles ou quelque chose comme ça... Hm... Je pense que cela ne posera pas de problème pour l’empereur de Regulus, mais le Roi de Mismede ne connaît pas vraiment mon sort [Porte]... Bien, je devrais régler ça plus tard.

« Alors, Renne. Veux-tu m’aider à le tester ? Touche cette plaque de métal. »

« Comme ça ? »

Renne fit ce qu’on lui avait dit et leva la main vers la plaque. Je pensais que je l’avais peut-être placée un peu trop haut. Au moment où Renne avait touché la plaque de métal, un miroitement était apparu et son nom était écrit dessus.

À son tour, le miroir avait commencé à scintiller et à briller lorsque la [Porte] s’était activée.

« D’accord, et où veux-tu aller ? »

« Hein ? Euh... le manoir de Belfast ! »

Le miroir laissa échapper un éclat encore plus éblouissant en réponse aux paroles de Renne. Renne était ensuite entrée et avait disparu de la pièce. Génial, je supposais que cela marchait.

J’avais touché la plaque de métal et l’avais suivie rapidement. Je l’avais réglé de manière à ce que seule la dernière personne à toucher la plaque de métal puisse passer à travers le portail, ce qui signifiait que les personnes devaient toucher la plaque une par une au fur et à mesure de leur passage. C’était juste une mesure de sécurité. De cette façon, les méchants ne pourraient pas passer après nous.

Après avoir traversé le miroir, j’étais arrivé dans le manoir de Belfast. La première chose que j’avais remarquée, c’était que Renne n’était pas là.

J’avais ouvert la porte et étais sorti dans le couloir, puis j’entendis faiblement la voix de Renne venant de l’entrée principale de la maison. Je me demandais si nous avions un invité ou quelque chose du genre.

« Quoi de neuf, Renne ? »

« Oh, euh, frang — euh, monsieur... Une lettre est arrivée du palais royal. »

Tom, notre portier, était à l’entrée. Il m’avait remis la lettre. Tom et les autres personnes travaillant à cet endroit vivaient actuellement dans le vieux quartier où vivaient Julio et Créa avant de s’installer au château.

J’avais jeté un coup d’œil à la lettre, elle disait que l’on avait besoin de moi immédiatement à la cour royale de Belfast. Je me demandais ce qu’ils voulaient.

« Oh, bonté gracieuse... Vous devez être le jeune homme dont tout le monde parle, Mochizuki Touya ! Ou, euh, je suppose que je dois vous appeler grand-duc ! »

« Oui... »

Sa Majesté le roi de Belfast m’avait présenté à un homme chauve. Il ressemblait en quelque sorte à cet acteur hollywoodien qui avait joué le détective le plus malchanceux du monde. Plus important encore, il s’agissait en réalité de Rig Reek Refreese, l’empereur de l’Imperium Refreese. Bien sûr, cela en avait également fait le père de cet auteur agaçant. Vous savez, celle qui avait écrit ces choses.

« Le roi de Belfast m’a raconté vos exploits. Je ne peux pas croire que vous ayez réprimé seul un coup d’État. »

« Ah, eh bien, je veux dire, ce n’est pas comme si je... »

Je ne savais pas pourquoi, mais je m’étais soudainement retrouvé sur la défensive et désolé. En réponse à cela, l’empereur de Refreese se contenta de sourire.

« ... Je vois, alors. C’est comme le dit le bon roi ! Vous ne semblez pas avoir de motif impur. »

« Désolé, mais, euh... je ne comprends pas trop ce que vous voulez dire. »

« Vous êtes un homme qui, à lui seul, a abattu une armée entraînée et une légion de monstres, et vous êtes également fiancé avec des princesses de Regulus et de Belfast. Du point de vue de mon pays, vous êtes une menace considérable. »

Ah... Je supposais que je n’avais pas réfléchi à la manière dont un étranger pourrait voir la chose. C’était probablement inévitable malgré mes intentions.

« Je ne connais pas la situation des autres pays, mais ils sont probablement en train de garder la tête basse pour le moment. Ils finiront peut-être par craindre que, s’ils vous en veulent, vous puissiez venir effondrer leurs gouvernements. »

« Je n’envisage cependant pas de faire de la politique de cette façon. »

Bien, ce n’était vrai que dans une certaine mesure. Si un pays envoyait un assassin et tuait Yumina pour des raisons politiques, je n’étais pas sûr de pouvoir pardonner cela... Je ferais traîner l’investigateur de manière à lui faire si mal qu’il voudrait que je le tue. Mais dans la plupart des cas, je n’avais absolument aucune envie de faire quoi que ce soit pour le moment. Cependant, cela ne signifiait pas nécessairement que tout le monde y croirait.

« À l’Imperium Refreese, nous souhaiterions approfondir notre relation avec vous, grand-duc. Normalement, nous vous demanderions de prendre ma fille pour épouse... »

« Non, ce n’est pas nécessaire ! Non, vraiment, honnêtement. Non merci ! »

Je ne voulais pas de cette femme près de moi. Je ne le voulais sérieusement pas.

« Ne vous inquiétez pas, je vous l’aurais demandé, si je ne l’avais pas déjà promise à un autre royaume étranger. J’ai bien peur de ne pas pouvoir annuler cet engagement, c’est vraiment dommage. »

Je voyais cela comme un coup de chance. Je me sentais déjà mal pour son futur mari. J’espérais qu’il irait bien. En y réfléchissant bien, son activité de romancière était un secret même pour son père, non ? Je supposais qu’elle garderait cela secret également avec son mari.

« En tout cas, voici ce que j’ai à vous demander. Votre château a été récemment achevé à Brunhild, n’est-ce pas ? Si c’est le cas, je demanderais une audience avec vous là-bas. Un rassemblement amical des rois et des empereurs. Qu’est-ce que vous en dites ? Aucun programme politique, simplement une nuit de réjouissances. »

« Alors, attendez ! Vous voulez que j’invite les dirigeants des États de l’Ouest ou quelque chose du genre ? »

Alors que je réfléchissais à la proposition, le roi de Belfast se tourna vers moi avec un sourire.

« Hmhm... Belfast, Refreese, Mismede, Regulus... Je pense que les quatre dirigeants de ces nations devraient converger vers Brunhild pour une nuit de festivité. »

« ... Vous voulez faire ça ? »

Les deux hommes avaient soudainement pris la parole à l’unisson.

« Même un souverain a besoin de faire une pause de temps en temps ! »

Oh mon Dieu.

« De temps en temps, nous avons besoin de temps pour nous détendre, jouer et oublier nos positions royales. Je suis sûr que vous pouvez préparer quelque chose pour apaiser nos esprits fatigués, mon garçon. »

Eh bien, c’était vrai, je venais d’un pays spécialisé dans le divertissement, et ce monde n’avait pas vraiment beaucoup de choses en comparaison, mais... inviter chacun de ces dirigeants n’était-il pas si compliqué ? Je devrais faire de gros efforts pour la nourriture, les divertissements et la sécurité.

« Ne réfléchissez pas trop, vous comprenez ? Invitez-nous simplement comme si vous invitais un groupe de bons amis. »

L’empereur prit la parole, mais cela ne changea pas vraiment la complexité de la situation.

Quel genre d’implications cela aura-t-il, de toute façon ? Ce serait bien d’améliorer mon statut auprès des autres nations, mais quand même... je pourrais tout simplement les nier, mais pourquoi devaient-ils me regarder avec des yeux de chien-chiot !? Je supposais que vous étiez juste allé prendre des décisions sans moi, hein ?

« Très bien. Je vous inviterai tous formellement. Mais s’il vous plaît, pas de politique chez moi. Pas de conflit interne ni de rédaction d’accord. »

« Nous comprenons. Pourrions-nous aussi amener nos familles ? »

« C’est raisonnable, mais n’apportez que cinq personnes par monarque, vous inclus. Je n’ai pas beaucoup de personnel pour l’instant dans le château. »

Argh, je pouvais voir que ça allait mal se passer... J’espérais que toute leur famille ne se présenterait pas. On dirait que le château allait devenir très occupé assez rapidement...

***

Partie 2

Bien alors... Les inviter était une chose, mais travailler au divertissement en était une autre. Ils avaient dit qu’ils voulaient se détendre et jouer, alors j’avais commencé à y réfléchir et à y travailler. J’avais décidé de créer quelque chose de simple et de raisonnable.

La première chose que j’avais créée était une table de billard. Ce jeu était assez simple, on pouvait en profiter à la fois à l’intérieur et à l’extérieur.

Ensuite, j’avais installé une piste de bowling. J’avais mis en place un [Programme] de base pour faire retourner la boule de bowling et ramasser les quilles, de sorte que l’automatisation n’était pas particulièrement difficile. Après l’avoir fait, j’avais pensé que cela pourrait être un peu trop intense pour les rois. Après tout, ils commençaient à vieillir.

Ensuite, j’avais créé un jeu de mah-jong automatisé. Il leur faudrait certainement beaucoup de temps pour bien mémoriser les règles, mais j’avais l’impression qu’ils s’en amuseraient beaucoup et qu’ils s’y habitueraient.

Et puis, j’avais créé une série de jeux de divertissement classiques comme le flipper, le hockey de table et le tennis de table. J’avais également fabriqué une série de fauteuils de massage automatisés afin qu’ils puissent soulager certaines tensions.

J’avais fait ça moi-même, mais... j’avais gagné le droit d’essayer en premier, non ? A-Ahh... c’était tellement bon... je m’étais déjà calmé. Je supposais que j’étais plus épuisé que je ne le pensais...

« Touya, Touya ! »

« Hm ? »

J’avais été soudainement tiré de ma rêverie euphorique par Elze, qui était assise à la table de mah-jong. Elle pointait les carreaux devant elle.

« C’est bien ma victoire, non ? »

« Laisse-moi voir ici... Attends, quoi !? Dai suuishi, Tsuiisou, Suuankou et une seule attente... »

« Alors, c’est une victoire en tirant ? Un tsumo, n’est-ce pas ? »

« Oui, c’est un tsumo. C’est un triple, pas un quintuple yakuman. Et puisque tu es le revendeur, tu marques quatre-vingt mille points. » [1]

« QUOI !? »

Lapis, Cécilia et Linze, qui jouaient contre Elze, avaient toutes levé les bras de désespoir.

C’était terrifiant... J’avais fait une note mentale de ne jamais jouer contre Elze.

« Hé, patron... Entre une quinte flush et une quinte, qu’est-ce qui est mieux ? »

« Uhh... une quinte flush, j’en suis presque sûr. »

Sylvie et Belle étaient assises à la table de poker, apprenant les règles.

J’avais fait venir les filles du Lecteur Lunatique pour m’aider à s’occuper des invités, car le château était à court de personnel. Sylvie, Belle et Shea étaient toutes venues nous aider. Sylvie était la serveuse en chef, Belle s’occupait de la réception et Shea était une véritable magicienne en cuisine, nous avions ainsi couvert toutes nos bases.

J’avais demandé à Sylvie et aux autres de jouer aux jeux avec les domestiques de notre maison, car je m’étais dit que c’était le moyen le plus rapide pour eux de comprendre les règles.

« Seigneur s’il vous plaît, enlevez Cesca de la table de billard. Elle ne me laissera pas avoir la queue. »

« Silence ! Je calcule l’angle de réflexion, le niveau d’incidence et la force que je dois appliquer. Et vu la manière dont je m’y applique, gagner devrait être une tâche dérisoire ! »

Cécile s’était exprimée d’un ton inquiet, mais Cesca avait simplement répondu à sa question.

Je l’avais peut-être envoyée au mauvais endroit... Si elle continuait à rentrer les boules sans les rater, ça allait créer une situation de rupture, et Cécile n’aura jamais le temps d’essayer...

J’avais quitté la salle de jeu un moment pour me rendre à la salle à manger et à la cuisine. Créa et Shea travaillaient toutes les deux dur, tandis que Renne leur offrait son aide.

« Ah, monsieur. Votre choix du moment est parfait comme toujours, s’il vous plaît essayez ça. »

Créa m’avait passé un dessert chaud fraîchement cuit, alors j’avais mordu dedans. Ooh, c’était bon !

« Ah, je suis content que tu aies trouvé comment faire une bonne gaufre. C’est vraiment bon. Si tu mets de la crème fouettée dessus, tu peux la rendre encore plus savoureuse. »

« Je vois... Alors on va aussi essayer de le faire ! »

J’avais tenu la gaufre dans ma bouche, je m’étais dirigé vers le réfrigérateur, je m’étais penché et j’avais sorti quelque chose. Bien, ça s’était bien solidifié.

« Qu’est-ce que c’est, patron ? »

Shea inclina la tête et avait exprimé sa confusion en voyant ce que je sortais.

« C’est du pudding. C’est un autre produit auquel tu peux ajouter de la crème et des fruits. C’est vraiment bon. »

Cependant, ce serait plus juste de l’appeler « pudding à la mode » s’il y avait un truc dessus. J’avais pris une assiette et j’avais retourné le pudding, le laissant glisser sur la surface.

Le caramel jaune suintait lentement, me mettant un peu l’eau à la bouche. J’avais pris une cuillère et j’avais pris une cuillerée de la masse savoureuse que j’avais créée. Hm, c’était un peu épais, mais c’était quand même délicieux !

Shea avait pris une cuillère et l’avait mise dans sa bouche. Elle avait ouvert les yeux avec étonnement et sa bouche bougeait un peu comme un poisson. Je supposais qu’elle aimait ça.

« Hé frangin, j’ai coupé les pommes de terre comme tu me l’as demandé, mais qu’est-ce que je suis censé faire maintenant ? »

Il y avait une pile de bâtonnets de pommes de terre bien coupés sur la planche à découper devant Renne. Je les avais lavés un peu dans l’évier, puis j’avais ajouté de l’huile dans une poêle. Ensuite, j’avais mis un feu moyen et j’avais commencé à faire tomber les bâtonnets de pommes de terre un par un. Une fois qu’ils avaient commencé à flotter, je les avais sortis. Après cela, j’avais augmenté le feu et je les avais fait frire jusqu’à ce qu’ils soient d’un brun croustillant.

J’avais saupoudré du sel frais et je les avais posés sur le côté du ketchup fait maison. Après avoir passé si longtemps sans frites, j’avais ressenti une joie déraisonnable envers quelque chose d’aussi banal.

« Elles sont incroyables, frangin ! Je peux les avoir toutes !? »

« ... Tous ? Tu peux les prendre toutes, mais je ne te conseille pas de tout manger, car tu vas avoir mal au ventre. »

J’avais souri à Renne et je lui avais passé les frites. Elle en avait avalé une poignée avant même que je puisse réagir. Créa et Shea avaient jeté un coup d’œil par-dessus ma tête et s’étaient emparées tout d’un coup d’un tas de choses, comme si c’était une sorte d’ambroisie... Oh, mon dieu, elles vont grossir !

Avec cela, le divertissement à l’intérieur et la nourriture étaient sur la bonne voie. Il ne me restait plus qu’à vérifier le système de défense.

En me rendant sur le terrain d’entraînement, j’avais remarqué que mes trois soldats étaient affalés sur le sol, haletants. Pour une raison quelconque, Yae se moquait d’eux.

Pourtant, ce n’était pas elle qui les avait conduits dans cet état, c’était le vieil homme à la moustache grisonnante, ainsi que cet homme au caractère effrayant qui se tenait à côté d’elle.

Baba et Yamagata, c’étaient deux commandants célèbres du territoire d’Eashen contrôlé par Takeda. Ils étaient deux de l’élite des quatre de Takeda, réputés pour leurs prouesses martiales.

« Hey, gamin. Quelque chose de neuf ? »

« Rien de spécial, je viens juste pour voir comment les choses se passent. »

Comme d’habitude, ce vieil homme, Baba, avait décidé de m’appeler d’une manière que je trouvais agaçante. N’étais-je pas devenu le dirigeant d’un pays maintenant !? Bon sang...

« Hey, Touya. Ces trois montrent un grand potentiel. Ils ont besoin d’un peu de polissage, mais je suis tout à fait sûr qu’ils peuvent briller de mille feux. »

Yamagata me sourit, son épée posée sur ses épaules. Et ce mec m’appelle avec désinvolture Touya. Je vois ce que sa donne.

J’avais spécifiquement appelé ces deux-là pour entraîner mes trois chevaliers. J’avais brièvement envisagé de le demander à Neil ou au frère aîné de Yae, mais comme ils semblaient tous les deux occupés, j’avais décidé de ne pas le faire. Ces deux-là, par contre, n’avaient apparemment que du temps libre.

De ce que j’avais entendu dire, le fils de Takeda avait pris la succession du clan et avait immédiatement chassé tous les conseillers proches liés à son père. Il s’était ensuite lancé dans une campagne étrange et égoïste où il avait juste fait ce qu’il voulait. En dépit de mes conseils, ils s’étaient disputés avec Oda pour une raison quelconque.

Je me demandais si c’était son jeune âge qui le rendait imprudent ou s’il était simplement incompétent. Il était possible que la chute de Takeda soit simplement quelque chose qui s’était produit dans de nombreux mondes...

« Mais quand même, qu’un morveux comme toi puisse diriger tout un pays ? Même s’il est petit, c’est toujours quelque chose de spécial. Eh bien, je suppose que ce n’est pas trop surprenant vu la magie que tu peux créer, mais quand même... »

« Oui, je suis plutôt étonné et un peu envieux. Quand tu compares Touya à notre jeune seigneur... Hmph... »

Yamagata soupira un peu avec mélancolie et murmura en regardant le trio épuisé. Ils avaient l’air de beaucoup s’inquiéter.

« Quelle est la situation maintenant ? Oda est devenu agressif ou quoi ? »

« Non, dans ce cas, les problèmes ne viennent pas d’Oda, mais de notre seigneur lui-même. Il donne des ordres sur un coup de tête, sans tenir compte des conséquences, et quand les coffres de l’argent s’épuisent, il augmente simplement les impôts. Pour être franc, il n’est pas du tout populaire auprès des gens. Plutôt que de détruire Oda avec facilité, ce sont peut-être eux qui débarquent et nous exterminent. Avec la façon dont les choses se passent, nous sommes considérablement affaiblis. Nous, l’élite des quatre, nous avons essayé de le conseiller, mais il ignore tout ce que nous avons à lui offrir. »

J’avais l’impression que les choses étaient devenues terribles. Même si le fondateur d’une nation était un génie tactique ou un homme bienveillant, ce ne serait pas la première fois qu’un pays serait ruiné par l’attitude stupide de la génération suivante. Schingen ne pourrait probablement pas reposer en paix, après tout.

« Si vous le souhaitez, vous pouvez vous rendre dans mon pays. On vient juste de le bâtir, donc on a vraiment besoin d’un coup de main supplémentaire. »

« Hmph... J’avoue que tu me fais là une offre séduisante, gamin. Mais nous avons encore beaucoup d’obligations envers le Seigneur Takeda, alors... »

« Et bien, Baba-dono, n’es-tu pas un peu raide ? Nous avons été invités ici par bonté d’âme. Je serais très heureux de me joindre à toi, mais l’absence d’une guerre en cours est un peu triste. »

Ce que tu viens dire était une chose dangereuse ! Les fous du combat comme lui sont durs à gérer, même s’il s’entendait bien avec le Roi Bête de Mismede.

« Quels que soient nos sentiments sur la question en ce moment, nous ne pouvons pas te donner de réponse. Il faudrait qu’on rentre chez nous et qu’on en discute avec les deux autres. Même si Takeda est ruiné, je pense qu’on devrait le lui dire droit dans les yeux. »

« Je comprends, alors ne vous inquiétez pas. Je n’insisterai pas pour l’instant. »

« C’est très apprécié. »

Yamagata baissa son épée et porta son attention sur les trois qui étaient encore au sol.

« D’accord, petits acariens ! Comme la dernière fois, je vais vous attaquer tous les trois en même temps ! »

« Oui, monsieur ! »

Les trois soldats tenaient leurs armes avec une vigueur renouvelée alors qu’ils poussaient ce cri. Leur esprit combatif était assez impressionnant, mais je me demandais si c’était suffisant pour se défendre contre son assaut. Peu importe le résultat, c’était quelque chose qu’ils devaient faire seuls.

J’étais retourné au château après avoir jeté un coup d’œil sur le terrain d’entraînement, la grande double porte s’était ouverte pour moi alors que je m’approchais. Puis, alors que je pénétrais dans le hall d’entrée, elles se refermèrent. Cela n’était pas des portes automatiques. La personne qui les avait ouvertes était juste devant moi. Ou plutôt, suspendu devant moi.

C’était une photo accrochée au milieu du palier dans l’escalier juste devant moi.

« Le château est plutôt animé aujourd’hui, Maître. »

Une fille en robe blanche avait sorti le haut de son corps hors du cadre de la peinture et avait fait un commentaire informel. C’était l’artefact du cadre que j’avais récupéré lors du fiasco des fantômes. Quand elle avait réalisé que j’étais l’homme qui contrôlait Babylone, elle avait copié Cesca et avait commencé à m’appeler maître.

J’avais vendu le portait de la femme du seigneur féodal décédé il y a quelque temps, et j’avais placé une image différente dans le cadre en utilisant le produit de la vente. C’était une belle image, alors j’avais décidé de décorer mon château avec.

En conséquence, elle était devenue une fille vers la fin de son adolescence, vêtue d’une belle robe blanche et d’un ruban rose dans ses cheveux. Elle s’appelait Ripple. Apparemment, le château qu’elle habitait auparavant s’appelait Château Ripple, c’était probablement pour cette raison.

« Tout le monde se prépare à accueillir les dirigeants des autres pays. Tu vas aussi aider, Ripple ? »

« Oui ! Je continuerai à chercher tout ce qu’il y a de suspect. Mes yeux sont partout dans cet endroit, après tout. Ahaaaa, la jeune Renne vient de casser une assiette ! »

Je ne le comprenais pas très bien moi-même, mais Ripple avait réussi à reproduire son cadre en utilisant l’atelier, elle était maintenant capable de se déplacer dans les cadres comme elle le voulait. Apparemment, ils ne pouvaient pas copier son âme, il n’y avait donc qu’une seule Ripple. On pouvait la considérer comme un réseau de caméras de sécurité à ce moment-là.

J’avais mis des images de scènes et de paysages dans les nouveaux cadres et je les avais placés partout dans le château. J’avais pris cependant soin de ne pas en mettre dans les quartiers privés. Je supposais qu’on pourrait l’appeler une caméra de surveillance fantôme.

Sur ce, je pensais que tout était en ordre. Tout ce qui restait à faire était de saluer les familles royales entrantes.

Note

  • 1 Désolé je ne joue pas au Mah-jong

***

Partie 3

« Ohohoho ! Incroyable, je ne sais pas ce que c’est, mais c’est incroyable ! »

Dès qu’il entra dans la salle de jeu, le roi de Belfast se tourna vers le flipper avec un regard de joie sur son visage. En le suivant, mais en allant dans la direction complètement opposée, le Roi Bête bête s’était dirigé vers le bowling.

« Aha, il y a du poids dans tout ça, mon garçon ! Un boulet de canon, peut-être ? Non, il a trois trous... »

En entrant après ces deux-là, les deux empereurs avaient regardé l’intégralité de la pièce avec des yeux prudents.

« Tout ça, c’est pour s’amuser ? Ce n’est pas particulièrement voyant ici. »

L’empereur de Régulus murmura un peu, et après lui arrivèrent tous les membres de la famille que les monarques avaient amenés.

Au début, je leur avais dit de ne faire venir que des membres de leur famille proche, mais apparemment, les membres de leur gouvernement étaient inquiets, alors ils avaient aussi amené un petit groupe de gardes du corps.

De Belfast, il y avait Sa Majesté le roi, la reine Yuel, le duc Ortlinde, la duchesse Ellen et Sue.

De Regulus, il y avait Son Altesse l’empereur, le prince héritier Lux et la princesse Sarah.

De Refreese, il y avait Son Altesse l’empereur, l’impératrice Zelda, la princesse Reliel et le prince héritier Redis.

De Mismede, il y avait Sa Majesté le Roi-Bête, la reine Thillie, le premier prince Remza, le deuxième prince Alba et la première princesse Thea.

Il y avait dix-sept personnes au total. Ils avaient également chacun un petit groupe de gardes armés.

De Belfast, il y avait Neil et Lyon.

De Regulus, il y avait le commandant Gaspar.

De Mismede, il y avait Garm.

Et des gardes de Refreese dont je ne savais rien du tout.

Environ cinq personnes venaient de chaque pays, le nombre total était donc plus proche de vingt invités à la fin. Leurs armes avaient été confisquées au cas ou il y aurait des manigances, et j’avais appliqué le sort [Paralysie], qui prendrait effet si quelque chose d’amusant arrivait.

Les gardes, en voyant la salle et ses merveilles pour la première fois, semblèrent pris au dépourvu. Nos trois soldats étaient situés dans la salle de jeux au cas où quelque chose se passerait. Cependant, ils avaient l’air extrêmement nerveux... Pourtant, ils avaient l’air naturels. La défense du château lui-même avait été confiée à un cerbère, un griffon et deux pégases, de sorte que l’extérieur serait encore plus sur.

« Bienvenue, chers invités, dans notre salle de jeux. Les différents appareils et créations ici sont assemblés pour que vous puissiez les utiliser à votre guise. Si vous souhaitez savoir comment ils fonctionnent, il vous suffit de demander à un membre de ma maisonnée et nous nous ferons un plaisir de vous aider. »

Elze, Linze, Yae, Yumina, Lu et les femmes de ménage étaient toutes alignées pour nos invités. Lapis, Cécile, Renne, Cesca et les filles du Lecteur Lunatique étaient également présentes. Rosetta avait même changé ses habitudes, ce qui était rare, et avait retiré sa combinaison habituelle pour revêtir une tenue de bonne. Et bien sûr, mon majordome estimé et magnifique, Laim, était là pour superviser chacune d’elles.

« Les plats chauds, les desserts, les boissons, etc., sont justes là-bas. Sentez-vous libre de manger à votre propre discrétion. »

J’avais préparé diverses tables et chaises, ainsi que des fauteuils de massage luxueux, je les avais placés dans un coin de la salle de jeux. Sur les tables se trouvaient divers échantillons de nourriture raffinée.

Chacun des dirigeants se dirigea vers les jeux, les yeux pleins de curiosité et d’émerveillement. D’autre part, leurs femmes et leurs enfants semblaient plus intéressés par les divers morceaux de confiserie cachés dans un coin de la pièce.

« Haaah! »

Sans plus attendre, le Roi Bête se laissa aller directement vers la boule de bowling et lui donna un coup ferme. Malgré ses hurlements furieux, sa boule tomba dans la gouttière. Le prince Remza et le prince Alba avaient également fait la même chose. Remza semblait avoir environ neuf ans, alors qu’Alba semblait avoir environ cinq ans. C’étaient tous deux des hommes-bêtes de la race des léopards des neiges, comme leur père.

À la table de hockey sur air, le duc Ortlinde et Sa Majesté le roi étaient engagés dans une confrontation à hauts enjeux entre frères.

À la table du mah-jong, une confrontation était en cours entre Sa Majesté Impériale l’empereur et son fils, le prince héritier Redis.

Le prince héritier Redis avait douze ans, si je me souvenais bien. Il semblait extrêmement mûr, mais être le frère cadet de cette fille devait être extrêmement désagréable.

Comme je l’avais pensé lors de l’incident du coup d’État, le prince Lux n’était pas très présent. Je ne pouvais pas croire que ce gars allait se marier et succéder à son père. C’était vraiment assez surprenant.

Lapis avait répondu à toutes les questions sur le mah-jong avec une relative facilité. Les gens l’avaient compris assez facilement parce que j’avais mis une aide visuelle pour marquer des combos à côté du tableau.

On aurait dit que les gardes s’amusaient en regardant les matchs se dérouler.

À la table à manger, la nourriture était particulièrement populaire auprès des femmes. J’avais été très heureux de les voir toutes s’entendre.

Sue, Reliel, Thea et Renne étaient à la table de jeu, jouant à ce qui semblait être le pouilleux. La princesse Thea semblait avoir à peu près le même âge que Sue, une dizaine d’années.

« C’est quelque chose d’incroyable, n’est-ce pas... » Neil se tenait tout près, murmurant quelque chose. C’était Gaspar qui lui avait répondu.

« Tout à fait. Je n’aurais jamais pensé voir le jour où tous les dirigeants du continent occidental s’uniront ainsi. C’est plutôt rassurant de les voir se détendre et s’amuser. »

Tous les deux avaient souri en jouant au billard tout en regardant leurs personnes à charge.

Les dirigeants ne semblaient pas se soucier de savoir qui gagnait ou perdait les matchs, alors ils ne faisaient que s’attaquer à ceux auxquels ils pouvaient s’adapter en même temps.

« Touya, qu’est-ce donc que ce jeu-là ? »

Le Roi-Bête se tourna vers moi et me désigna un petit stand avec six trous. Il prit le marteau en mousse souple fixé sur le côté, puis jeta un coup d’œil dans l’un des trous.

Le voir m’avait rappelé que ma capacité à utiliser [Porte] avait été révélée à Mismede, il n’y a pas si longtemps. Ils en doutaient au début, apparemment, mais Leen s’était portée garante pour moi, ce qui leur avait suffi pour finalement me croire. Cela n’avait pas trop d’importance à ce moment-là, puisque l’Empire Regulus était aussi conscient de ce que je pouvais faire.

De toute façon, le Roi-Bête ne semblait pas vraiment s’en soucier. J’avais décidé de lui apprendre comment marche le jeu de la taupe.

« Donc, dans ce jeu, vous devez marquer des points en frappant les petites taupes qui sortent des trous. Ce serait mieux si vous ne frappiez pas de toute votre force, car même un faible impact devrait suffire. »

Ouais, le match était dément. Dès le début du jeu, le Roi-Bête avait immédiatement frappé les taupes avec une précision étonnante. Comme on pourrait s’y attendre d’une espèce prédisposée à la guerre... ses sens étaient aiguisés. Mais vous êtes naïf, Roi-Bête !

« C’est impossible ! »

Au milieu de la partie, les taupes avaient accéléré le rythme et sautèrent plusieurs fois de haut en bas en succession rapide. En fin de compte, le Roi-Bête avait terminé la partie avec quatre-vingt-douze points.

« Ghaugh ! Encore une fois, je te vaincrai ! »

Malgré le fait que je lui avais dit de ne pas les frapper trop fort, il s’y était mis à fond. Je m’attendais cependant à quelque chose comme ça, alors je m’étais assuré de construire un cadre extrêmement solide pour ce jeu particulier.

J’avais regardé après ça vers la table à manger et j’avais constaté que les femmes ricanaient, bavardaient et ramassaient divers desserts. C’était bien, ça. Cécile et Laim avaient la situation sous contrôle là-bas, alors j’avais tourné mon attention vers les jeux.

« Excusez-moi, Grand-Duc ? Comment joue-t-on avec ce truc, monsieur ? »

Les deux jeunes princes de Mismede s’approchèrent de moi, m’interrogeant sur une certaine chose que j’avais placée dans le coin de la pièce. Il s’agissait d’un trampoline en forme de cube à côté transparent. Par des moyens magiques, vous pourriez sauter dedans et rebondir sur les six côtés.

« Vous entrez par l’entrée et vous pouvez sauter à l’intérieur. Cela devrait supporter jusqu’à deux adultes à la fois, donc ça ira très bien avec vous deux. Essayez un peu. »

Les deux garçons léopards des neiges s’étaient dirigés vers l’entrée et avaient commencé à sauter. Il ne leur avait pas fallu longtemps pour se lâcher complètement. Au bout d’un moment, ils avaient commencé à faire des backflips et d’autres figures incroyables. Les Hommes-Bêtes étaient vraiment étonnamment talentueux...

« Oho, ça a l’air plutôt amusant, mais c’est peut-être un peu trop intense pour moi... »

L’empereur regarda les garçons qui jouaient, et il s’était mis à rire doucement.

« J’ai placé des chaises spéciales ici pour soulager la tension. Cela peut paraître étrange au début, mais je vous assure que vous vous sentirez à l’aise et rafraîchi en un rien de temps. »

« Oh ? »

J’avais guidé le vieil empereur jusqu’aux fauteuils de massage et je l’avais aidé à s’asseoir dessus. Après ça, j’avais laissé circuler la magie. Les rouleaux dans le dossier de la chaise et les pompes autour des jambes et du bas de la chaise avaient commencé à fonctionner, commençant lentement un massage du corps. L’empereur fronça un peu les sourcils au début, mais il avait doucement souri avec les yeux fermés.

« Ohooo... C’est si bon... C’est incroyable... Merci... »

« Si vous voulez que ça s’arrête, appuyez sur ce bouton. »

« Mm... d’accord... »

Qu’il m’entende ou non, je m’étais éloigné de l’empereur pour lui permettre de profiter de son temps de détente.

Un peu plus loin, l’empereur de Refreese et le Roi-Bête jouaient au mini-golf. En face d’eux, le prince Lux jouait au tennis de table avec le duc Ortlinde. Et un peu loin de ces gars, le roi de Belfast jouait au billard avec Gaspar. Attendez, était-ce bien que les gardes jouent aussi !?

« Le roi l’a invité, et l’empereur le lui a permis. Ça doit être sympa d’être Gaspar en ce moment... J’aimerais aussi pouvoir jouer. »

Lyon s’était approché de moi et m’avait envoyé cette petite complainte. Il avait un petit peu raison, mais j’imaginais que vous n’aviez probablement pas le droit de gagner si vous jouiez contre le roi d’un autre pays. Je supposais que ça pourrait compter comme du travail, aussi... divertir le roi avec le billard et tout.

« N’hésite pas à venir ici quand tu auras un jour de congé. On pourra jouer. Oh, en fait. Quand tu te marieras avec Olga, tu pourras venir fêter ça ici. »

« Sérieusement !? Ce serait incroyable ! Mes compagnons Chevaliers seraient ravis ! » Je me demandais si je devais inviter tous les chevaliers... Je m’étais dit que je le devrais, que c’était le tarif standard. Tous ceux qui les connaissaient étaient rassemblés ici pour s’amuser. Ce sera vraiment comme un dîner de mariage, juste avec une atmosphère plus détendue, dans un style festif.

Après avoir joué pendant un certain temps, les hommes avaient détourné leur attention sur la nourriture et les boissons exposées, ce qui signifiait que les femmes étaient maintenant plus que prêtes à donner leur chance aux jeux. Cela dit, elles n’avaient pas opté pour les activités physiques comme le trampoline ou le bowling. Au lieu de cela, elles avaient décidé de jouer aux cartes, au mah-jong, au flipper et à d’autres activités plus légères.

« Si vous permettez à la noblesse du Duché de Brunhild de vous faire un modeste cadeau, suivez-moi. »

Les choses se calmèrent lorsque les participants n’avaient plus de jeux à jouer, alors je les avais appelés. Les bonnes avaient alors commencé à distribuer de petites cartes à tout le monde dans la salle. Chaque carte comportait vingt-cinq nombres aléatoires inscrits sur une grille. J’avais ensuite attiré l’attention de tout le monde sur une machine de loterie et je leur avais dit de noter sur leurs cartes le numéro qui sortait. Pour être franc, on jouait au Bingo.

J’avais retiré un morceau de tissu d’une pile dans le coin de la pièce pour dévoiler les prix.

Il y avait une grande variété de produits exposés, des armes aux décorations et ornements de maison. Il y avait même des accessoires en pierre de sorts pour les dames. Des jouets en peluche étaient aussi là pour les enfants. Les armes n’étaient pas non plus de simples morceaux de matériel que j’avais fabriqué. Chacun avait un enchantement unique qui lui était appliqué. Cela étant dit, je m’étais assuré que les armes n’étaient pas particulièrement surpuissantes ou quoi que ce soit d’autre, mais unique dans leurs fonctions.

« Très bien, commençons par... le huit ! Le premier chiffre est huit ! Marquez sur vos cartes l’endroit où se trouve le chiffre huit, s’il y en a un. Après avoir obtenu un ensemble de nombres, ou un Bingo, dans une ligne horizontale, diagonale, ou verticale, vous gagnez un prix ! »

Dans ce cas-ci, j’avais en fait préparé assez de cadeaux pour que tout le monde puisse en recevoir un. Il s’agissait plutôt de savoir qui allait gagner le premier.

Après quelques tirages, il semblerait y avoir des gens qui étaient sur le point de gagner des prix.

« Deux... deux... J’ai besoin d’un deux ! »

« Allez, quatorze ! »

« Cinquante et un, s’il vous plaît. »

Tout le monde avait regardé dans l’expectative quand la machine avait tourbillonné, un nouveau numéro venait de sortir.

« Trente-deux ! C’est le trente-deux ! »

« Bingo ! »

C’était Gaspar, commandant des chevaliers de l’Empire Regulus, qui avait crié. Après avoir vérifié sa carte, je lui avais montré les prix.

« Alors, lequel allez-vous choisir ? »

« Voulez-vous dire que je peux choisir parmi tous ceux-là ? »

« C’est vrai, mais vous ne pouvez en avoir qu’un. »

Gaspar avait choisi son cadeau après mûre réflexion. Il avait opté pour la lance rouge ornée.

« J’appelle ça la lance blaster. Si vous récitez une certaine phrase, elle tirera une puissante attaque à distance depuis sa pointe. »

« Quoi, vraiment !? »

« Oui, je vous apprendrai la phrase plus tard. Ce serait mal si vous tiriez ici. »

J’avais gloussé un peu à ma propre blague et j’avais donné la lance à Gaspar. Il l’avait tenue joyeusement en main pendant un moment avant de revenir là où il était auparavant.

Il l’avait montré à l’empereur, qui semblait très intéressé par son fonctionnement. L’homme la regarda avec un mélange d’étonnement et d’admiration, aussi je ne savais pas trop à quoi il pensait.

Cela consommait beaucoup de mana, donc une personne ordinaire serait en état de s’effondrer après ne l’avoir lancée que trois fois. C’était la raison pour laquelle j’avais conçu cette arme comme un atout spécial, qui devait être utilisée correctement.

« Très bien, voyons ce que nous avons ensuite ! Numéro... quinze ! Quinze, les amis ! »

Le jeu de bingo s’était déroulé sans encombre, et tout le monde était content de leurs prix. Les épouses des souverains étaient particulièrement satisfaites des accessoires de décoration intérieure qu’elles avaient choisis. La jeune princesse Thea de Mismede avait également reçu un jouet en peluche. Je lui avais fait un [Programme] qui le faisait répéter tout ce qui lui était dit. C’était juste dommage que cette peluche s’exprime de manière robotique.

« Maintenant, il est tard et la nuit est tombée. Si vous voulez bien me suivre pour le dernier événement de la journée. »

J’avais emmené tout le monde au balcon du château. Le ciel était noir comme la braise, et la lune n’était nulle part visible. Il n’y avait rien d’autre que le château dans la région, donc le paysage était aussi sombre que possible.

Soudain, une énorme explosion s’était produite dans le ciel, projetant une fleur colorée qui s’étendait loin dans le ciel. Les gardes s’étaient mis en position défensive, mais j’avais levé la main pour les mettre à l’aise.

« Ah, ce sont des feux d’artifice. Il suffit de s’asseoir et de les apprécier, c’est vrai. Ils sont souvent lancés pendant l’été à Eashen. »

Yae m’avait confirmé que les feux d’artifice existaient à Eashen, mais il me semblait qu’ils n’avaient rien de particulièrement tape-à-l’œil, c’étaient juste des fusées de base.

Les feux d’artifice avaient éclaté dans le ciel nocturne, l’un après l’autre. Pour être honnête, je ne les avais pas vraiment tirés vers le haut. J’avais demandé à Rosetta de les déposer dans l’Atelier de Babylone, qui était caché en mode furtif. J’avais écrit un [Programme] pour m’assurer que les feux d’artifice exploseraient avant de toucher le sol. C’était beaucoup plus facile que de créer des lanceurs pyrotechniques.

Du balcon, nous avions regardé de belles fleurs s’épanouir dans l’air. Nos servantes avaient distribué du champagne à tous les adultes qui regardaient le spectacle. Les enfants étaient très excités eux aussi, ils regardaient les feux d’artifice avec de l’émerveillement dans les yeux.

La fête fondatrice du Duché de Brunhild avait ainsi pris fin. Ce fut un énorme succès.

À la fin, après avoir dit à chacun des monarques qu’ils pouvaient emporter une chose de ma salle de jeu à la maison, chacun d’entre eux avait choisi de prendre un fauteuil de massage. Après tout, diriger une nation devait être un travail fastidieux...

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Laisser un commentaire