Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 5 – Bonus Premium 3

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Bonus Premium : La vie du premier ministre de Brunhild

{Comment les choses en sont-elles arrivées là ?}

Il y avait plein de raisons qui me venaient à l’esprit, mais en fin de compte, je ne pouvais que mettre tout ça sur le compte de ma propre incompétence. Je souillais le nom de Kousaka Masanohbu, en tant que membre du groupe de l’élite des quatre de Takeda.

Mon ancien seigneur, Katsuyohri-sama, le fils orphelin de Takeda Schingen, était complètement incompétent dans toutes les affaires de l’État. La chose naturelle à faire aurait été de laisser toutes ces tâches à des personnes compétentes dans ces domaines, ce qui aurait pu dans tous les cas assurer notre survie en tant que clans.

Hélas, dans son désespoir Katsuyohri-sama était aveuglé du désir de dépasser son père. Naturellement, nous ne pouvions pas nous empêcher de le comparer à Schingen-sama, et j’étais sûr qu’il avait compris ce fait.

En conséquence, il nous avait traités, nous qui avions servi les Takeda depuis l’époque de notre seigneur précédent, comme des serviteurs déloyaux, et nous avait gardés à ses côtés que pour la forme. De là, il avait mis en place une politique inutile après l’autre comme s’il était un taureau enragé.

Comme on pouvait s’y attendre, tous nos fonds avaient été épuisés en un rien de temps. La « solution » de notre Seigneur à ce problème était d’augmenter les impôts à un degré injuste pour tous les habitants de Takeda, essentiellement pour leur voler tout ce dont ils avaient besoin. Cela n’avait fait qu’accroître la pression sur les citoyens sous nos ordres. En un rien de temps, cela avait conduit à de violents soulèvements de la part des paysans et des citadins, et la nouvelle de ce chaos ne tarda pas à parvenir aux oreilles de l’empereur.

Considérant qu’il n’y avait pas si longtemps, Yamamamoto Kansukay avait tenté de se rebeller, l’empereur était arrivé à la conclusion naturelle que le clan Takeda n’avait montré aucun signe de réflexion sur ses méfaits passés. Il avait ordonné que le clan soit dissous, et que ses terres soient confisquées.

En conséquence, Katsuyohri-sama lui-même fut également exilé d’Eashen. On pourrait dire qu’il avait simplement récolté ce qu’il avait semé, mais de temps en temps je ne pouvais m’empêcher de penser que j’aurais dû essayer d’arrêter son déchaînement même au prix de ma propre vie. Depuis mon arrivée à Brunhild, de tels regrets m’avaient pesé à l’esprit. En dépit de tout cela, on m’avait accordé dans cette nouvelle patrie le rôle crucial de Premier ministre.

Pour être franc, quand ce jeune devant moi m’avait confié ce rôle pour la première fois, je m’étais presque demandé s’il n’était en fait qu’un idiot. Je n’arrivais pas à croire qu’il était effectivement prêt à céder toute autorité décisive sur les affaires politiques du royaume à un homme qui n’était guère plus qu’un parfait étranger pour lui.

En tant que tel, mon nouveau seigneur, Mochizuki Touya-sama était l’exact opposé de notre ancien seigneur Katsuyohri. Il n’avait rien fait pour intervenir directement dans la politique du pays. Tant qu’il pensait que c’était une bonne idée, il était prêt à prendre sérieusement en considération les suggestions de quiconque, peu importe qui les avait présentées. Par nature, il nous gérait selon la philosophie « vivre et laisser vivre » et nous laissait essentiellement gérer les affaires comme bon nous semblait.

J’étais heureux qu’il nous fasse autant confiance, mais cela m’avait quand même inquiété de savoir si les choses se passaient bien pour ce pays sous le règne de quelqu’un ayant une telle personnalité. Il ne m’avait toutefois pas fallu beaucoup de temps pour que j’en découvre ses raisons.

Touya-sama était très rarement au repos, toujours en mouvement, faisant je ne sais quoi. Si je le quittais des yeux, ne serait-ce que quelques instants, il disparaîtrait quelque part en ne me donnant que peu d’explications, voire pas du tout. S’il se contentait de flâner à l’intérieur des frontières de notre duché, cela n’aurait pas posé trop de problèmes, mais j’avais vite compris qu’il était le genre d’homme à partir dans un pays de l’autre côté du monde sur un simple coup de tête. Il ne m’avait pas fallu beaucoup de temps pour apprendre qu’avoir un seigneur capable d’utiliser la magie du transport serait si difficile à gérer.

Si nous devions un jour laisser toutes les décisions irrévocables à Touya-sama, nous ne ferions jamais aucun progrès. En tant que tels, ses plus proches collaborateurs n’avaient d’autre choix que de prendre nombre des décisions eux-mêmes.

Cela dit, Touya-sama était le seul à pouvoir prendre la décision irrévocable dans de nombreux domaines. En partie à cause de cela, il était devenu habituel pour moi de chercher notre grand-duc fantasque au moins une fois tous les deux trois jours.

Les documents ont vraiment commencé à s’accumuler ces jours-ci… Honnêtement, où traîne notre grand-duc à cette heure-ci ?

« Son Altesse ? Il a dit qu’il allait vérifier les rizières dans la ville du château. »

« Hmm, je vois. Je peux encore arriver à temps si je me dépêche. »

Ayant obtenu de précieuses informations de Tsubaki, l’un de nos anciens shinobis de Takeda, j’étais parti rapidement chercher notre seigneur. Si mes prières avaient été exaucées, il aurait très bien pu être encore dans le duché.

Aussi troublant que cela puisse paraître, je ne détestais pas mon travail. Notre pays était petit, mais il avait pourtant été fondé par un héros renommé. J’étais très curieux de voir jusqu’où nous pouvions aller et dans quelle mesure nous pouvions influencer l’état du monde lui-même. J’attendais avec impatience le jour où je pourrais voir de mes propres yeux une telle grandeur.

Pour l’instant, ma priorité était de prendre notre grand-duc par le bras et de lui demander de trier ses papiers. Après tout, mes espoirs personnels pour lui et nos affaires politiques internes étaient deux choses différentes.

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4 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre.

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