Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 4 – Interlude 2 – Partie 3

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Interlude 2 : Grand-mère et petite-fille

Partie 3

« Debout. Cette fois, je ne suis venue ici qu’en tant que figurante. Ça ne me dérange pas si vous ne m’accordez pas de traitement de faveur. »

« Je vois... alors, je ferai ce que vous dites. »

Lu avait souri alors que Mary, toujours visiblement tendue et perplexe, se leva. Elle nous avait ensuite invités à l’intérieur.

Alors que j’avais été impressionné par l’architecture de la chambre d’amis, qui n’était pas très gaie, mais tout de même apaisante, le majordome musclé nous avait apporté du thé. Dans ses mains, les tasses à thé ressemblaient à des jouets. Nous avions ensuite raconté à Mary tout ce qui s’était passé avec Renne, ainsi que sa décision. Carol lui avait déjà parlé de la mort de Stéphanie, alors elle nous écoutait sans dire un mot.

Le majordome, cependant, s’était mis à pleurer. Apparemment, il s’occupait d’elle depuis qu’elle était jeune, donc il était logique qu’il réagisse comme ça. On m’avait aussi dit que la mère de Renne avait été enterrée dans un cimetière près d’une petite église dans un village de Belfast.

« Je me demande si elle était heureuse... »

« Je ne sais pas... Mais papa disait qu’elle souriait beaucoup quand elle me regardait. Mais je ne m’en souviens pas... »

Après tout, elle venait de naître.

J’espérais que ses parents étaient heureux de vivre ensemble au ciel. Ce serait encore mieux s’ils pouvaient aussi rencontrer son grand-père et qu’ils peuvent commencer à s’entendre.

« Je suis heureuse de te voir dans la résidence des Rillettes... Mais je comprends pourquoi tu hésites à vivre avec nous dans ta famille. Sans parler du fait que ta mère s’est enfuie parce qu’elle détestait ce genre de choses. Si je t’obligeais à devenir noble, j’ai l’impression qu’au moment où je devrais partir, si je la rencontre dans l’au-delà, Stéphanie se fâcherait contre moi. »

« Je suis désolée... Cependant, je veux rester avec Touya et les autres. Tout le monde est très gentil et m’apprend beaucoup de choses. »

« En outre, bien qu’elle sera une bonne, elle travaillera dans le palais du nouveau pays. Elle sera traitée aussi bien que les servantes de la Maison Impériale. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter. »

Lu ajouta cela aux paroles de Renne.

Quelques nobles étaient déjà au courant de la création du nouveau pays. Au début, il y avait eu une certaine agitation, mais cela s’était calmé dès qu’ils s’étaient rendu compte qu’il n'était un pays que de nom.

Après tout, le pays était de petite taille. De plus, ils pensaient probablement qu’un aventurier seul ne pouvait pas faire grand-chose. Il était en fait plus petit que les plus petits territoires de Belfast et de Regulus. C’était une raison suffisante pour qu’ils croient qu’il était inoffensif.

On pouvait supposer sans risque de se tromper que les informations sur mes fiançailles avec Yumina et Lu n’avaient toujours pas été divulguées. La réaction pourrait changer lorsque cela sera annoncé.

Après avoir entendu les paroles de Lu, Mary inclina la tête devant moi.

« Prenez bien soin d’elle. »

« Certainement. Vous n’avez pas à vous inquiéter. Renne est une fille intelligente ayant beaucoup de tact. Elle apprend vite, elle aussi. Je suis sûr qu’elle deviendra une femme parfaite. »

Mes louanges avaient fait que Renne était devenue timide tout en baissant les yeux. Cependant, elle eut bientôt une idée et se tourna vers Mary.

« Puis-je emprunter ta cuisine ? »

« La cuisine ? Je m’en fiche, mais pourquoi ? »

« Créa... le chef du manoir m’apprend à cuisiner. J’aimerais que tu goûtes un peu de ma nourriture, grand-mère... »

« Oh mon Dieu ! Oh, mon Dieu, c’est merveilleux ! Steph et Carol... mes filles n’ont jamais été bonnes en cuisine. En fait, je ne me souviens pas qu’elles m'aient déjà donné quelque chose qui n’était pas trop ou pas assez cuit. Leur maniement à l’épée s’est peut-être amélioré de jour en jour, mais aucune d’entre elles ne semblait même avoir une once de féminité. »

L’attention de Carol avait été détournée par les paroles de Mary.

Était-ce pour ça qu’elle ne pouvait pas se marier... ? Le sourire aux lèvres, Mary regarda le majordome conduire Renne, qui tenait encore son sac, vers la cuisine.

« Quelle gentille fille ! Je n’en attendais pas moins de la fille de Stéphanie. Tu pourrais apprendre d’elle une chose ou deux, Carol. »

« Maman... on dirait que je suis incapable de faire quoi que ce soit. »

« Je m’inquiète pour une fille qui n’est toujours pas mariée à un tel âge. Tu devrais au moins apprendre à cuisiner. Est-ce que tu te lèves correctement le matin quand tu es à la caserne ? Ou est-ce que tu dis « juste cinq minutes de plus » comme tu le fais quand tu es à la maison ? Les hommes sont extrêmement perspicaces face à une telle négligence, tu sais ? S’il te plaît, fais tout ce que tu peux pour faire entrer un bon gendre dans la famille Rillettes. Je crois vraiment que tu ne veux pas aller là où se trouve Steph avant d’avoir vu les visages de tes enfants. »

En un instant, Mary changea de classe de « grand-mère » à « mère » et commença à abattre Carol avec ses paroles.

Pendant ce temps, Carol écoutait Mary, l’air sérieusement fatigué. On dirait qu’une mère réprimande toujours son enfant, quel que soit son âge.

« Avez-vous essayé d’organiser des réunions de mariage ? »

Apparemment intéressée, Lu s’était jointe à leur échange.

Compte tenu de la situation, Carol deviendra le prochain chef de famille des Rillettes. Cela l’empêchera de pouvoir trouver un marié selon sa propre volonté. Quelqu’un qui voudrait être le marié devrait venir la voir à sa place.

En supposant qu’il soit un noble, cela ne pourrait jamais être le fils aîné parce que c’était lui qui héritera de la maison. Cela signifiait que seuls le deuxième, le troisième ou d’autres fils pourraient être de futurs mariés.

« Il y a eu pas mal de demandes... Cependant, selon ce que Robinson a découvert, la plupart d’entre eux avaient des caractères extrêmement douteux. En fait, certains d’entre eux avaient été arrêtés pendant la rébellion. »

« Voilà ! Tu vois, maman ? Si je me dépêche, je risque de me retrouver avec la mauvaise personne. Je veux être complètement certaine de mon choix. »

« Oh, combien de fois ai-je entendu ça... ? À ce rythme, Renne se mariera avant toi. »

Franchement, il n’y avait aucune chance que... attendez, si Renne se mariait à 16 ans, il lui resterait environ 8 ans pour le faire. Ce n’était peut-être pas complètement impossible.

Il y avait des tonnes de femmes célibataires dans la trentaine dans mon monde précédent, mais elles étaient assez rares ici.

Même si elle ne pensait pas que c’était un problème, ceux qui l’entouraient commençaient à trouver ça bizarre. Cela amenait beaucoup d’entre eux à croire qu’il y avait une raison pour laquelle elle ne pouvait pas se marier. Par conséquent, la difficulté de Carol à se marier ne ferait qu’augmenter.

Était-ce moi ou était-elle vraiment désespérée ?

Alors que cette pensée grossière me traversait l’esprit, Renne et Robinson avaient ouvert la porte de la pièce et étaient revenus. Tous les deux poussaient une table avec de la nourriture dessus.

Pendant que nous nous asseyions autour de la table, nous avions tous une assiette en bois sur laquelle reposait une autre en fer. Bon sang, nous y voilà.

La plaque de fer chaud émettait un son grésillant et l’arôme de la nourriture.

« Je n’ai jamais vu ce plat... Est-ce un animal qui se tortille ? »

« Ce n’est pas un ver, n’est-ce pas ? »

Mary et Carol avaient des expressions perplexes.

Eh bien, je suppose qu’il est naturel pour la plupart des gens qui le voient pour la première fois d’être surpris. Même si cela ne s’appliquait pas aux gens d’Eashen.

« Cela se prépare avec un katsuobushi, qui est un poisson séché par chauffage, que l’on réduit en morceaux fins. Ils sont si minces, qu'en vérité, la chaleur de la nourriture les force à bouger et cela donne l’impression de danser. »

« Katsuobushi... Alors, c’est du poisson ? »

« C’est l’un des ingrédients de base de la cuisine d’Eashen. Mais ce n’est pas bien connu ici, dans les pays occidentaux. »

Une fois qu’elles avaient découvert quels étaient les objets en mouvement, les deux femmes avaient soupiré, soulagé.

Cela mis à part, j’avais été un peu surpris de voir que c’était la nourriture que Renne avait choisi de faire.

Mais ce n’était pas comme si c’était un plat difficile. On prenait de la farine, des légumes, des œufs et de la viande et c’était fini.

On pouvait supposer sans risque que le sac de Renne contenait du katsuobushi, de la sauce et de la mayonnaise.

« Comment appelles-tu ce plat ? »

« C’est « okonomiyaki ». C’est un plat populaire au manoir. »

Renne avait répondu à la question de Mary. C’était moi qui l’avais initiée en donnant la recette à Créa.

C’était à la fois savoureux et facile à préparer. Vous pouviez également utiliser les ingrédients de votre choix. Fruits de mer, nouilles... tout pouvait marcher. En raison de sa flexibilité, c’était un choix populaire chaque fois que les domestiques étaient occupés.

« Quelle bonne odeur ! Ça stimule certainement mon appétit. »

Lu, qui était assise à mes côtés, s’intéressait aussi beaucoup à l’okonomiyaki.

Oh oui, elle n’avait pas encore pu y goûter.

« C’est mieux quand on le mange chaud. Renne, je vais commencer à manger. »

J’avais pris le couteau et la fourchette dans mes mains. J’aurais préféré manger avec des baguettes, mais je n’étais pas chez moi, alors j’avais dû m’adapter.

Un instant après moi, Mary et les autres avaient pris leurs propres ustensiles.

Une fois que j’avais mis le couteau dedans, le fromage s’en était répandu en grandes quantités.

Je ne m’attendais pas à ça. Ça avait l’air vraiment bon.

Quand j'avais mis un morceau de cet okonomiyaki dans ma bouche, un goût familier et nostalgique avait submergé mes papilles. La compatibilité entre la texture moelleuse et la sauce sucrée salée était tout simplement parfaite. Le fromage aussi était épais et riche en goût.

« Oh, oh mon Dieu ! C’est délicieux ! »

« C’est vraiment... C’est tellement bon ! Je n’ai jamais rien mangé de tel ! »

« Je suis tout à fait d’accord ! Alors c’est de l'okonomiyaki... ! »

Les trois avaient l’air surpris, mais dans le bon sens du terme. Les mains qui portaient leur nourriture à leur bouche ne montraient aucun signe d’arrêt. Renne nous avait regardés, clairement satisfaite de son travail.

Le temps que tout le monde ait vidé son assiette, Renne et Robinson nous avaient apporté du thé.

Oh ? C’était du thé vert, n’est-ce pas ? Je suppose qu’elle a apporté aussi ça du manoir.

Il avait été fait à partir des feuilles de thé de haute qualité que j’avais reçues d’Ieyahsu. Je les avais remises aux servantes et leur avais donné la permission de les utiliser comme elles l’entendaient.

« Ce thé est aussi délicieux. Merci, Renne. »

« Non, merci, merci. Je ne sais pas ce que j’aurais fait si ça ne t’avait pas plu, grand-mère... »

Renne sourit timidement. En voyant Mary sourire en retour, j’avais réalisé que la distance entre elles s’était raccourcie, ce qui m’avait mis à l’aise.

J’avais sorti une paire de miroirs de mon [Stockage] et je les leur avais remis.

« Qu’est-ce que c’est ? »

En prenant son exemplaire, Mary inclina la tête dans la confusion.

« C’est un artefact que j’ai fait. Quand on met une lettre dans ce petit miroir, elle sort par l’autre. Utilisez-le pour échanger des lettres avec Renne. »

« Touya... êtes-vous sûr qu’on peut avoir ça ? »

« Oui. Les capitales étant assez éloignées l’une de l’autre, ça prendrait ainsi du temps pour que vos lettres arrivent. Des chevaux plus rapides coûteraient cher. Je t'enverrai aussi ici quand tu auras des jours de congé consécutifs, pour que tu puisses voir ta grand-mère assez souvent. »

« Merci beaucoup, frangin ! »

Avec un sourire éclatant sur son visage, Renne s’était accrochée à moi.

Quoi, maintenant ?

Une fois que je l’avais serrée dans mes bras, Lu m’avait regardé, la bouche grande ouverte.

« C’est tellement injuste ! Je veux aussi m’accrocher à Touya ! »

« Euh, Lu... »

« Hein !? »

Une fois qu’elle avait remarqué les regards étranges, Lu s’était éclairci la gorge et apporta élégamment sa tasse de thé sur ses lèvres. Ce ne sera pas suffisant pour passer inaperçu, tu sais ?

« C’est une enfant, après tout. Il n’y a pas besoin de s’énerver pour ça. »

D’accord, tu mentais. Tu t’étais sérieusement énervée tout à l’heure. Ça m’embrouillait et me rendait heureux.

Lu semblait avoir un côté compétitif. Mais cela ne servait à rien de rivaliser avec Renne.

Tout le monde essayait de contenir son rire en voyant à quel point Lu semblait charmante à l’instant. Renne, qui semblait simplement confuse, était la seule exception.

***

« Je vois. Je suis heureuse de savoir que ça s’est bien passé. »

« Ouais. Après tout, avec Renne, cette maison devient un endroit beaucoup plus joyeux. Ne pas l’avoir dans les parages serait triste, donc je suis contente que ça se passe comme ça. Continuez à prendre soin d’elle, d’accord ? »

« Certainement. »

J’avais raconté à Laim ce qui s’était passé dans la capitale de l’Empire Regulus et je lui avais encore une fois demandé de veiller sur notre petite servante. Depuis que Renne avait choisi de rester, je ne voulais rien faire qui lui aurait fait regretter cette décision.

Pendant que j’étais assis sur le balcon et que je sirotais le thé que Laim m’avait préparé, je levais les yeux vers la lune dans le ciel nocturne.

« Où est Renne, au fait ? »

« Je l’ai déjà renvoyée dans sa chambre. Elle a demandé à Cécile de lui donner du papier et des enveloppes, alors je pense qu’on peut supposer qu’elle écrit déjà une lettre à la capitale de l’empire. »

Je vois. Une partie de moi était envieux. Après tout, aucune des lettres que je pourrais écrire ne parviendra à ma famille.

Cependant, la famille que j’avais ici dans ce monde m’était tout aussi chère. Et ça aurait pu être une belle chose.

« Vous en voulez encore ? »

« Oui, s’il vous plaît. »

Laim prit la tasse de thé vide et quitta la chambre.

En levant les yeux vers la lune dans le ciel nocturne, j’avais prié Dieu pour le bonheur de la famille que j’avais laissée derrière moi.

***

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5 commentaires

  1. Le drapeau est planté pour encore de futures épouses 🙂 Avec la tante, le compte est bon.

  2. Merci pour le chapitre.

  3. Merci pour le chapitre !

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