Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 4 – Interlude 2 – Partie 1

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Interlude 2 : Grand-mère et petite-fille

Partie 1

Même si j’avais obtenu des terres — ou plutôt un pays — de Regulus et de Belfast, je vivais toujours dans la capitale de Belfast.

Les effets du coup d’État à Régulus étaient encore en cours de traitement, nous avions donc dû reporter la déclaration quant à la création du nouveau pays et l’annonce de mon mariage, celui de Yumina et celui de Lu.

C’était à ce moment qu’une certaine personne avait visité ma demeure à Belfast.

« Ça fait un moment, Seigneur Touya. »

« Bienvenue à Belfast, Carol. »

Le visiteur s’appelait Carol. Elle était chevalière de la famille des Rillettes et l’une des « Douze lames de l’Empire », un groupe qui servait Regulus depuis que le premier empereur avait pris le trône.

En raison d’un manque de réalisations notables pendant de nombreuses années, la famille Rillettes était sur le point de s’effondrer, mais elle avait été reconnue pour sa « précieuse contribution » pendant le coup d’État et avait ainsi restauré l’honneur de sa famille.

J’avais même entendu dire qu’elle allait obtenir un rang important parmi les chevaliers. Et franchement, ça me mettait mal à l’aise.

« Alors, qu’est-ce qui t’amène ? Tu viens voir Renne, c’est évident, non ? »

« Oui. Puis-je la voir ? »

Il y avait peu de temps, il était apparu que Renne, l’ancienne voleuse qui travaillait pour nous maintenant, était en fait la fille de la sœur aînée de Carol, ce qui signifiait qu’elles étaient tante et nièce.

Mais ce n’était pas complètement confirmé, alors il était nécessaire que tout soit clair.

J’avais appelé Lapis, notre femme de chambre, pour qu’elle amène Renne au salon.

« Avez-vous besoin de quelque chose, monsieur ? »

Soit parce qu’elle était tendue à cause de la présence de l’invitée, soit simplement parce qu’elle n’avait pas l’habitude de dire ces mots, tout cela me paraissait un peu bizarre. Alors je faisais un sourire ironique, je l’avais fait venir vers moi.

« Renne. Je peux te demander quelque chose ? »

« Que voulez-vous savoir, monsieur ? »

« Oh, ce n’était pas la peine de me parler comme ça. Connais-tu le nom de ta mère ? »

« ... Maman ? »

Visiblement perplexe, elle s’était mise à réfléchir.

« Umm... Je crois que c’était “Steph”. J’ai entendu papa le dire souvent quand il était ivre. Mais je ne lui ai rien demandé de plus. »

J’avais jeté un coup d’œil à Carol, qui m’avait fait un léger signe de tête. Il n’y avait pas de malentendu, hein ?

« Renne, tu peux me montrer ton pendentif ? »

« D’accord, mais pourquoi ? »

« C’est extrêmement important, alors s’il vous plaît. »

Le fait que Carol — l’invitée — avait dit cela avait rendu Renne quelque peu confuse, mais elle n’avait pas mis longtemps à retirer le pendentif de son cou et à le poser sur la table.

Comme la dernière fois que je l’avais vu, il avait la forme d’un triangle vers le bas et contenait une grande pierre magique de type vent.

Carol l’avait prise en main, l’avait retournée et avait examiné l’écusson sur le dos.

« Il n’y a plus aucun doute possible. Ceci appartenait bien à ma sœur. C’est un héritage de la famille Rillettes. »

« Quoi !? »

Rendue perplexe par ses paroles, Renne se plaça sur la défensive face à Carol.

« P-Père m’a dit que c’était un souvenir de maman ! Je ne l’ai pas volé, je... »

« Je sais, je sais. Ceci appartenait à ma sœur. Et maintenant, il vous appartient. »

« Eh... ? »

« Ma sœur s’appelait Stéphanie. Stéphanie Rillettes. Il est plus que probable que c’était votre mère. »

Tandis que Renne se raidissait et que sa bouche s’ouvrait de surprise, je lui avais gentiment dit de s’asseoir.

« Écoute, Renne. Ta mère était une fille de la noblesse de l’Empire Regulus. Mais elle s’est enfuie de chez elle après s’être disputée avec son père. Puis, elle a rencontré ton père et t’a donné naissance. »

« Alors cette dame est... »

« Je suis la petite sœur de votre mère... Ça fait de moi votre tante. Je m’appelle Caroline Rillettes. Je suis une chevalière de l’Empire Regulus. »

« Tante... »

Quand Renne avait dit ce mot, Carol s’était agrippée à sa poitrine, car son visage était déformé.

Qu’est-ce que tu fous, bon sang ?

« Qu’est-ce qui ne va pas... ? »

« Eh bien, c’est juste que... c’est difficile à exprimer en mots, mais le fait d’être appelé ainsi pique légèrement... »

« Pourquoi ? Vous êtes une tante, n’est-ce pas, tante Carol ? »

« Arrêtez de le répéter ! Je sais que je le suis ! Vous n’avez pas tort, mais c’est juste... ! »

Les larmes aux yeux, Carol avait commencé à se tordre.

Franchement, elle est vraiment chiante. Mais c’était vrai qu’elle allait rentrer dans une zone de turbulence au vu de son âge...

« Renne. Au lieu de “tante”, veuillez utiliser “Carol”, “Lady Carol”, ou quelque chose comme ça... Je sais que c’est pénible, mais quand même. »

« Eh ? Alors pourquoi pas... Sœurette ? »

« Ah, c’est parfait ! »

Carol avait approuvé avec enthousiasme le choix de Renne.

« Sœurette », hein... ? Elle m’appelait bien « Frangin », donc je supposais que c’était approprié.

Apparemment, le pendentif que Renne avait était en fait un artefact. Il était imprégné de la magie du vent qui ne pouvait être activée que par des membres de la lignée des Rillette.

Nous étions allés dans le jardin, Carol tenait le pendentif dans la main et avait prononcé un mot-clé qui avait fait apparaître un mur défensif de vent autour d’elle.

Était-ce une sorte de [Mur Cyclonique] ? Les artefacts étaient des outils qui permettaient à ceux qui n’avaient aucune aptitude pour la magie d’utiliser des sorts, mais ceux qui ne pouvaient être activés que par une certaine lignée sanguine semblaient être une rareté.

Je me demandais si c’était programmé pour faire ça. Devrais-je supposer que c’était comme l’épée sacrée fantastique préférée des JDR, qui ne pouvait être maniée que par les descendants du héros légendaire ?

Comme confirmation finale, j’avais aussi demandé à Renne de l’activer, et cela avait fonctionné sans problème. Il était clair que le sang qui coulait dans ses veines était celui de la famille Rillettes.

Au fait, rien ne s’était produit quand c’était moi qui l’avais essayé.

« Renne. Avec ça, c’est évident que tu es un membre de la famille Rillettes. Ce qui veut dire que tu es l’une des nobles de l’Empire Regulus. »

« Je, Je vois... »

Renne avait l’air complètement embrouillée. C’était tout à fait naturel. Elle ne savait pas comment réagir à ça. Après tout, c’était une bonne à qui on venait de dire qu’elle était en vérité une fille issue de la noblesse.

« Alors... qu’en dis-tu ? Veux-tu aller dans l’Empire Regulus ? »

« ... Je... Je veux rester ici. »

Bien que le volume soit faible, sa voix était claire.

« Tu seras juste une bonne ici, tu sais ? Mais dans l’empire, tu seras une fille d’une famille noble. Cela ne te rendrait-il pas plus heureuse ? »

« Je déciderai de ce qui me rend heureuse ! J’aime vivre ici. J’aime tout le monde ici ! C’est pour ça que je veux rester ici pour toujours ! Tout le monde ici est ma famille... ! »

« Je vois... »

Tandis que Renne pleurait et s’accrochait à moi, je la retenais doucement. Si c’était ce qu’elle avait décidé, je ferais de mon mieux pour protéger son mode de vie. C’était tout ce que j’avais à dire.

« J’avais le sentiment que ça arriverait... »

Carol avait parlé avec un sourire ironique sur son visage. Elle s’était ensuite dirigée vers Renne et s’était accroupie pour mettre leurs yeux au même niveau.

« Si c’est ce que tu veux, je ne dirai rien contre. Cependant, n’oublie pas que ce n’est pas ta seule famille. »

« Tante — »

« Guh !? »

« Sœurette... Merci. »

J’avais été exposé à une scène où une nièce était en train de considérer une tante qui tenait sa poitrine, essayant de supporter une douleur mystérieuse. C’était quoi ce bordel ?

Bientôt, Carol se leva et me fit de nouveau face.

« Ça ne me dérange pas qu’elle vive ici, mais j’aimerais qu’elle rencontre ma mère au moins une fois. Cette fille est après tout sa seule petite-fille. »

« Hein ? Tu n’es pas mariée, sœurette ? »

« Ghuh !? »

Wôw ! Elle avait été poignardée dans le dos par sa nièce nouvellement découverte !

Avec une expression vraiment peinée, Carol se tourna vers Renne avec un son grinçant et força un sourire.

« Oui... Je ne suis pas encore mariée... »

« R-Renne, juste pour que tu le saches, les femmes chevalières peuvent être tellement occupées qu’elles n’ont aucune chance de rencontrer la bonne personne ! »

Je ne voulais pas que cette atmosphère sinistre puisse se répandre davantage, alors j’avais pris l’initiative d’aider Carol. Il y avait probablement de nombreuses raisons pour lesquelles elle ne pouvait pas se marier, mais je croyais réellement que cela pourrait être l’une d’elles.

« Je vois. Elle est jolie et cool, donc ça m’a paru étrange. Tu es belle, donc si tu n’étais pas chevalière, les hommes ne te laisseraient jamais seule. »

« Oh ! Quelle gentille fille ! »

Carol enlaça rapidement sa nièce.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

  2. Merci pour le chapitre !

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