Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 4 – Interlude 1

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Interlude 1 : Les assaillants

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Interlude 1 : Les assaillants

Partie 1

« Hé ! »

Yae avait crié avec un esprit ardent. Son épée de bois plongea vers l’avant, attaquant le vicomte Swordrick par surprise et s’arrêtant dès qu’elle atteignit son cou. La vitesse de son épée était l’image même de la foudre frappant sa cible. Le vicomte, vaincu, détendit son visage en souriant.

« ... Impressionnant. Ce round te revient. »

« Merci pour votre entraînement ! »

Yae s’inclina devant le vicomte. Même si elle avait gagné, elle n’avait pas l’air très heureuse. Ce n’était pas une surprise si l’on considérait qu’il s’agissait du septième round, et qu’elle venait à peine d’obtenir un succès sur lui. Il lui avait fallu sept tentatives pour en gagner un seul, et elle avait dû utiliser un mouvement incroyablement risqué pour à peine le gérer.

Il ne fait aucun doute qu’elle maudissait sa propre faiblesse, se reprochant son inexpérience. J’avais pensé qu’elle ne devrait pas être si dure avec elle-même, considérant que son adversaire était largement reconnu comme l’un des plus grands épéistes de tout Belfast.

Nous étions allés au dojo du vicomte Swordrick pour que Yae puisse pratiquer avec lui. Le public était composé de Yumina et de moi-même. Ces matchs d’entraînement avaient duré si longtemps que le soleil avait commencé à se coucher. Les corbeaux se mirent à brailler au loin.

« Tes compétences se sont tellement développées que je t’aurais prise pour quelqu’un d’autre. As-tu compris quelque chose, par hasard ? »

« Je ne sais pas si c’est encore à ma portée ou non, je ne le sais pas. Cependant, le jour où vous m’avez demandé ce que je cherchais dans l’épée, vos paroles commencèrent à avoir plus de sens pour moi. Maintenant, elles en ont. »

« Oho. Très bien, très bien. Alors il semblerait que tu as fait le premier pas vers la réalisation de ta propre voie de l’épée. »

Les mots de Yae avaient égayé l’expression du vicomte. Leur pratique terminée, le vicomte était arrivé dans le coin où nous l’observions et s’était prosterné devant la princesse.

« Je suis terriblement désolé de ne pas avoir pu offrir une meilleure hospitalité, Votre Altesse. »

« S’il vous plaît, n’y faites pas attention. C’est moi qui ai demandé à assister à vos séances d’entraînement. »

Yumina avait fait un pardon poli au vicomte. Une fois cette formalité accomplie, il s’était tourné vers moi.

« Je n’aurais jamais pu imaginer que le jeune garçon de ce jour-là sauverait la vie du roi, et encore moins qu’il se fiancerait à la princesse. Et j’avais entendu dire que plus récemment, vous aviez même obtenu le titre de Tueur de Dragons. »

« À ce propos, si vous pouviez garder mes fiançailles avec Yumina secrètes, ça m’éviterait bien des ennuis. Je sais qu’il y a beaucoup de nobles qui seraient très contrariés par cette idée. »

« N’ayez crainte, je ne le dirai à personne. Moi aussi, je suis bien conscient des agissements de nombreux nobles de Belfast, cupides et têtus. »

En l’état, j’étais officiellement fiancé à la princesse Yumina. Cependant, nous n’avions pas encore rendu ce fait public.

Se marier avec Yumina signifiait se marier dans la famille royale, cela procurait une grande influence politique au sein de Belfast. Naturellement, ce genre de position sociale avait attiré l’avidité de beaucoup de gens.

Pour ceux qui penseraient qu’eux-mêmes ou leurs enfants conviendraient mieux à la princesse, je serais perçu comme une nuisance plutôt importante. Cela dit, quiconque s’approcherait d’elle par de viles intentions serait immédiatement pris en flagrant délit par l’Œil Mystique de Yumina.

« Cependant, s’ils connaissent tes Yeux Mystiques, les méchants n’oseraient-ils pas t’approcher ? »

Le sujet avait été abordé lorsque Yae avait interrogé Yumina au sujet de ses Yeux Mystiques lors de notre de retour à la maison.

Il faisait déjà nuit, mais le domaine du vicomte était assez proche du quartier ouest, alors nous nous étions dit qu’il serait bon de rentrer à pied, à l’ancienne, pour changer. Les rues étaient à l’abandon et, tout au plus, nous voyions passer de temps en temps un chariot sur la route.

Les lampadaires étaient éteints, et c’était une nuit sans lune. En gros, la nuit de ce monde se passait ainsi.

Yumina réfléchit un peu à la question de Yae avant de donner une réponse.

« Eh bien, tu vois... Le simple fait d’avoir de viles intentions ne signifie pas que tu as fait quelque chose de mal jusqu’à présent. Je ne peux pas accuser quelqu’un pour un crime qu’il n’a pas encore commis. De plus, tout le monde possède au fond de soi un peu d’avidité. Certains s’approchèrent même en croyant qu’ils ont trompé mon Œil Mystique... Et ils faisaient toujours partie des types les moins gênants. »

Yumina avait parlé avec un sourire tendu. J’avais du mal à m’imaginer devoir supporter quelqu’un comme lui en adoptant une attitude trop amicale, tout en sachant qu’il ne s’agissait que d’un jeu d’acteur. Ça avait l’air d’un emmerdeur.

« Tu veux dire qu’il y avait des gens encore pires ? »

« Oui, le type de personne le plus difficile à traiter pour moi est quelqu’un qui s’est trompé en croyant que toutes ses actions sont correctes et justifiées. Ils se disaient qu’ils n’ont rien à cacher, alors ils ne s’inquiétaient pas que mes Yeux Mystiques passent sur eux. Au contraire, ils s’attendent à ce que mes Yeux Mystiques les trouvent avec un cœur pur, prouvant ainsi leur propre justice. Je ne supporte pas du tout ces types. »

Je crois que j’avais compris ce qu’elle voulait dire. Ceux qui pouvaient prétendre que leurs actions étaient toutes dans l’intérêt de Belfast, que c’était eux qui étaient les mieux placés pour diriger le pays, que ce serait aussi dans l’intérêt de Yumina... Les gens qui pensaient ainsi avaient tendance à ne pas être conscients du fait qu’ils n’étaient rien d’autre qu’une nuisance. Ils n’avaient jamais pris en compte les sentiments de Yumina à ce sujet depuis le début.

C’était plus comme essayer d’utiliser leur propre nature vertueuse comme argument de vente, bien qu’en fait, cela paraisse plus moralisateur qu’autre chose.

« Tu ne peux pas voir à travers ces types avec tes Yeux Mystiques, n’est-ce pas ? »

« Non, je peux encore voir à travers eux. Les miens sont les Yeux Mystiques de l’intuition. Ils m’ont laissé voir la corruption dans l’âme d’une personne. Les moralisateurs ont tendance à marcher tout droit sans se soucier de ce qui les entoure, causant des problèmes aux gens sans le reconnaître. »

Ceux qui agissaient selon leur propre définition de la justice avaient tendance à entrer en conflit avec les autres. Lorsque cette personne agissait comme la figure du pays, cela pourrait très facilement dégénérer en guerre.

Je le jure, celui qui avait dit que « Le monde a trop de héros, c’est pourquoi la guerre ne finit pas » avait vraiment raison. Yae et moi, on s’était arrêté net.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? »

Yumina avait commencé à paniquer un peu. J’avais pris sa main dans la mienne et j’avais parlé d’une voix douce.

« Je ne sais pas qui, mais nous sommes encerclés. »

« Quoi !? »

Yumina jeta un regard furieux sur notre environnement. L’air était épais et mal intentionné. Qu’est-ce qu’ils voulaient, ces types ?

« Sortez d’ici. On sait que vous vous cachez là. »

« Hmph. C’est un gamin difficile, n’est-ce pas ? »

Des groupes d’hommes étaient sortis des ruelles. Tous avaient l’air de voleur ou de voyou.

Ils portaient ouvertement des épées et des matraques. Ce n’était certainement pas le genre d’individus avec qui tu aimerais t’impliquer.

« Que voulez-vous de nous ? »

« Le seul qu’on cherche ici, c’est toi. Les femmes sont libres de partir. »

Hein ? Libre de partir ? Les bandits libéraient les filles ?

« Touya-dono, qu’est-ce que tu as encore fait cette fois ? »

« Je... ne peux pas vraiment penser à quoi que ce soit d’après ce que j’ai en tête. »

À vrai dire, je n’en étais pas si sûr. J’avais eu des ennuis de toutes sortes au cours de mes voyages, et j’étais même devenu moi-même un peu tristement célèbre. En y repensant, il y avait ce type dont j’avais cassé le visage quand il s’était disputé avec moi. C’étaient ses amis, alors ?

« Rien de personnel, petit... Mais je dois te tuer maintenant ! »

« Oui, un duel entre toi et moi. »

L’homme m’avait frappé avec son épée, alors je l’avais impitoyablement abattu avec mon Brunhild. Je lui avais tiré dessus avec des balles en caoutchouc parfaitement sûres et paralysantes. Le voyou s’était effondré au sol, le visage tordu, agonisant. Même s’ils n’avaient fait que paralyser une cible, il y avait toujours la force de la balle en caoutchouc elle-même à considérer. Ça faisait quand même un peu mal.

« Tu l’as maintenant fait ! »

« Quoi ? Tu t’attendais à ce que je reste immobile et que je me laisse poignarder ? »

J’avais abattu plusieurs autres bandits plus proches, mais ils n’arrêtaient pas de venir. Ils étaient courageux, à tout du moins, car pas une seule personne n’avait essayé de fuir, même après avoir vu des hordes de leurs compagnons se faire abattre. Ce genre de situation était franchement encore plus pénible à gérer.

« Mode sécurité. »

J’avais mis mon Brunhild en mode épée courte à lame émoussée, en mode paralysant. Puis, j’avais esquivé une épée qui descendait et j’avais utilisé mon élan pour enfoncer mon épée dans son torse.

En vérité, il n’y avait aucune raison réelle pour moi de balancer mon épée si fortement contre eux. Tout ce qu’il aurait fallu, c’était une légère égratignure et la paralysie s’installait, tant que la personne ne portait pas de talismans. C’était tout ce qui était vraiment nécessaire.

Quelques minutes s’étaient écoulées avant que tous les assaillants ne se soient allongés pour se détendre dans toute la rue.

« Ouf... Franchement, quelle plaie ! »

« Qu’est-ce qu’on en fait ? »

« Mmm... Ça ne me dérangerait pas de les laisser ici comme ça, mais je ne voudrais pas qu’ils s’en prennent encore à nous une fois qu’ils se seront remis debout... Je crois que je vais aller voir le poste de chevalier le plus proche... »

« Qu’est-ce que tu fais là-bas !? »

Les chevaliers à qui j’avais pensé aller me présenter étaient venus à notre place. Apparemment, ils s’étaient dirigés vers nous après avoir entendu une sorte d’agitation dans le quartier.

J’avais montré ma carte de guilde pour prouver mon identité et j’avais expliqué la situation aux chevaliers. Comme il était impossible de falsifier une carte de guilde, elles servaient de preuve d’identité dans des moments comme celui-ci.

« Ils nous ont sautés dessus de nulle part, alors on les a tabassés. »

« Je vois. Certains de ces visages sont sur quelques affiches de recherches. Je suppose qu’ils vous ont vu comme une cible facile. »

Ah oui, quiconque ne me connaissait pas me verrait naturellement de leur point de vue comme un enfant faible. J’avais rencontré beaucoup de gens comme ça, alors, honnêtement, je m’y étais habitué.

Pourtant, pensaient-ils vraiment qu’un gamin aussi faible que moi serait chargé d’argent ? J’étais, en fait, incroyablement riche, mais là n’était pas la question.

« On va s’occuper de tout ici. On va aussi dire à la guilde ce qui s’est passé. »

« D’accord. Merci beaucoup. »

Je m’étais incliné devant les chevaliers et j’avais décidé de profiter de cette occasion pour faire une pause. En partie parce que je voulais rentrer chez moi, mais aussi parce que ce serait pénible s’ils apprenaient pour Yumina. Si les gens commençaient à s’énerver à propos d’une tentative d’enlèvement de la princesse, nous n’en saurions jamais assez.

Cependant, il semblerait que ces chevaliers étaient des chevaliers de rang inférieur, puisqu’ils ne semblaient pas du tout reconnaître Yumina.

« Les méfaits se produisent même encore dans la capitale. »

« Le taux de criminalité augmente naturellement avec la taille de la population. Je suis sûre que c’est aussi difficile à gérer du côté de mon père. »

Ça avait l’air dur d’être roi.

Nous avions continué à bavarder comme ça jusqu’à ce que nous arrivions à la maison.

***

Partie 2

« ... Pardon ? »

« Comme je l’ai dit, il y a eu hier un incident impliquant un groupe d’hommes qui ont été tués par balle au milieu de la rue. Nous enquêtions sur des pistes possibles quand l’une d’elles nous a menés à vous, Touya. »

Lyon était arrivé à la première heure du matin avec des nouvelles désagréables. Dans mon état de fatigue, j’avais pris un moment pour traiter les choses.

Une attaque a été commise à coups de feu ? J’étais le principal suspect ? C’était ridicule ! Ça n’avait aucun sens !

« Tout s’est passé sur la route Fourslet, dans le quartier ouest. Plusieurs hommes ont été retrouvés morts avec des blessures par balle. On pense qu’ils sont tous morts sur le coup. Juste à côté de la scène du crime, on a trouvé ça. »

Aux paroles de Lyon, le général adjoint Neil avait placé un cylindre de caoutchouc solide sur la table. Attendez une minute, c’est... !

« C’est vraiment le mien. C’est le caoutchouc que j’utilise pour créer de nouvelles balles. »

« Plusieurs personnes du quartier ont aussi entendu le bruit distinctif de votre arme... Brunhild, c’est comme cela que vous l’avez appelé ? Ils disent qu’ils avaient entendu le bruit de coups de feu hier soir. Avouez-vous avoir été sur les lieux du crime ? »

« Attendez, attendez ! Oui, j’y étais hier soir, mais je n’ai tué personne ! N’avez-vous pas reçu un rapport à ce sujet de ces chevaliers hier !? »

« ... Nous n’avons reçu aucun rapport de ce genre de la part des chevaliers qui étaient en service. »

Ça n’avait pas de sens. Qu’est-ce qui se passait ? J’avais soigneusement raconté en détail les événements de la nuit précédente à Lyon et Neil.

« C’est vraiment étrange. Je peux confirmer que nous n’avons reçu aucun rapport de ce genre. Qu’est-ce qui se passe ici ? »

« Comment étaient-ils, ces chevaliers qui se sont précipités à votre secours ? Pouvez-vous décrire leur apparence ? »

« Puis-je les décrire... ? Voyons voir... L’un d’eux avait des yeux un peu hauts sur son visage, et l’autre avait un nez qui ressemblait à... attendez, j’ai une meilleure idée. »

J’avais lancé [Mirage] et je projetais les images des deux chevaliers que j’avais rencontrés lors de l’incident. Je ne me souvenais pas des visages des bandits qui nous avaient agressés, mais j’avais au moins bien vu les deux chevaliers. J’avais vu leurs visages, je me souvenais même de leurs voix.

Lyon et Neil avaient été surpris par la soudaine apparition d’images projetées, mais ils s’étaient calmés et les avaient examinées en détail.

« J’ai peur de ne pas les reconnaître du tout. Lyon, ces hommes sont-ils sous votre responsabilité ? »

« Pas à ma connaissance, il n’y a pas de chevalier comme lui, du moins pas dans la première division. Peu importe, je n’ai jamais vu ces hommes avant. »

Attendez une seconde, ça voudrait dire qu’ils se faisaient passer pour des chevaliers ?

Si c’était le cas, cela signifiait que c’était probablement eux qui avaient engagé les bandits pour m’attaquer. Et, dès que nous étions partis, ces faux chevaliers avaient tué les bandits et placé des preuves pour tenter de m’accuser du crime. Ils m’avaient poussé dans une position où il était presque impossible de prouver mon innocence avec ces preuves.

Bon sang, étant donné que tous mes assaillants étaient morts et que je n’avais même pas une égratignure sur moi, ça donnait l’impression que je les avais tous massacrés unilatéralement. Même plaider la légitime défense serait un défi.

« ... je suppose que prétendre que nous avions été trompés par de faux chevaliers me rendrait encore plus suspicieux dans cette affaire. »

« C’est vrai, mais vous aviez aussi la princesse Yumina comme témoin dans cette affaire. On ne peut pas vous arrêter dans ces circonstances. »

« Selon vous, quel était le but des coupables ? Faire accuser le seigneur Touya de crime et nous obliger à l’emprisonner ? »

C’était... une grosse rancune que j’avais moi-même gagnée.

« C’est étrange qu’en premier lieu il y eût même eu des bandits dans le quartier ouest. Ce n’est peut-être pas le quartier des nobles, mais c’est une zone bien gardée, donc il n’y a aucune chance qu’un tel groupe ait pu se déplacer librement sans être pris par la patrouille ou dénoncé pour activité suspecte. »

Il n’avait pas tort. Sans l’aide de quelqu’un de l’intérieur, il aurait été impossible de réaliser un tel exploit.

« La question est, que comptez-vous faire ensuite ? »

« Je suppose que je vais aller attraper le vrai coupable et me disculper. C’est le moyen le plus rapide de résoudre ça. »

« En effet, mais comment comptez-vous vous y prendre exactement ? »

« Comment ça, comment ? On connaît déjà leurs visages. »

J’avais pointé du doigt les images des faux chevaliers projetées par mon [Mirage].

« Lancement de la recherche. Trouvez les faux chevaliers que j’ai rencontrés hier. Quant au rayon de recherche... Ils devraient toujours être dans la capitale. »

« Recherche... Recherche terminée. Affichage. »

Lyon et Neil avaient été légèrement surpris quand Cesca avait soudainement commencé à parler de nulle part, mais leurs expressions avaient instantanément tourné au vinaigre quand ils avaient vu les épingles sur la carte maintenant projetée dans l’air.

Les résultats de la recherche pointaient vers... Une zone dans le quartier des nobles. Du côté intérieur, en plus. C’était une région pleine de gens de très haut statut social. C’était dans la même zone que le domaine de Sue, ou plutôt du Duc Ortlinde.

Les épingles sur la carte se déplaçaient dans le quartier des nobles avant de s’arrêter devant un endroit en particulier, où ils disparaissaient de la vue.

« Hm ? »

« Les cibles sont entrées dans une barrière empêchant la traçabilité de la magie de recherche. Je ne suis plus capable de les suivre. »

Qui que soit le coupable, il y avait mis une barrière juste au cas où. J’avais toujours pu compter sur des nobles véreux pour faire ce genre de choses.

« Dans quel domaine sont-ils entrés ? »

« ... C’était la propriété du marquis Rygel, sans aucun doute. Tout a un sens maintenant. »

« En effet, c’est vrai. »

Le marquis Rygel ? Je ne savais pas s’ils s’attendaient à ce que je reconnaisse le nom, mais il devait être un gros bonnet pour avoir le titre de marquis.

« Monsieur Touya, vous souvenez-vous de l’incident avec le vicomte Barrow ? »

« ... Ça ne me dit rien. C’était qui, déjà ? »

Les deux chevaliers avaient simplement haussé les épaules avec un visage qui disait qu’ils en attendaient autant. Quoi !? Je suis sérieux ! Je ne me souviens pas du nom de tous les méchants à deux sous dont je m’occupe !

« Le vicomte Barrow était le père d’un certain ex-stagiaire que vous veniez de réduire en bouillie. C’est la famille qui a été dissoute après que leur fils ait essayé de faire une descente dans votre manoir. »

« Oh ! Les enfants de riches gâtés ! Oui, je me souviens d’eux. »

On ne pouvait pas s’attendre à ce que je me souvienne de leurs noms. Je ne les aimais pas vraiment. J’aurais quand même compris si c’était les vestiges de cette maison qui avaient un compte à régler avec moi, mais que venait faire ce marquis dans cette histoire ?

« Un membre de la lignée du marquis Rygel avait pris une des Barrows pour épouse. C’étaient des maisons assez proches. Je suppose que c’était une maison qui avait demandé sa protection. De plus, bien que cela remonte à quelques générations, le marquis Rygel a en lui du sang royal. Le marquis essaie de marier son fils à la princesse Yumina depuis un certain temps déjà. Une grande partie de son affirmation était que sa lignée était certainement la plus appropriée. Naturellement, Sa Majesté a refusé la proposition. Le garçon lui-même a été jugé comme étant un simple morveux qui est mis sur un piédestal en raison de l’influence de sa famille. »

En résumé, cela signifiait que ce marquis Rygel avait dû découvrir mes fiançailles avec Yumina grâce à la famille Barrows, et maintenant pour leurs propres plans ainsi que pour se venger de la chute des Barrows, le marquis essayait de me mettre hors de son chemin. Il ne se serait pas plaint si les bandits m’avaient tué, et même s’ils échouaient, il m’aurait accusé de leur meurtre. Ce n’était que de sales combines...

« Bien que vous n’ayez jamais commis ouvertement de crimes auparavant, vous êtes déjà bien connu de la population en général. Le marquis a très probablement prévu de souligner ce fait comme preuve que vous n’êtes pas qualifié pour épouser la princesse, et que sans aucun doute son propre fils serait un bien meilleur choix. Selon certaines rumeurs, le marquis ne recule devant rien pour épouser un membre de la famille royale. »

Hrmph... Je commençais à m’énerver, mais ça n’avait rien à voir avec le fait qu’on me visait. Apprendre que ces gens voulaient seulement utiliser Yumina comme un outil pour renforcer leur propre influence m’avait mis en colère.

« ... Partons du principe que ces types étaient les cerveaux derrière tout ça, et qu’ils avaient essayé de me faire assassiner. Quelle serait la gravité d’un crime ? »

« Assez sérieux, j’imagine. Je doute fort que Sa Majesté soit du côté du Marquis. Depuis des années, le Marquis est un vieux grincheux du même acabit que le comte Balsa, contestant les décisions du roi à chaque fois. »

Au même niveau que le Comte Balsa... Donc, en gros, purement et simplement un gros boulet incompétent ? Plus j’en apprenais sur lui, plus je savais que j’avais deviné à peu près tout. Il y avait des rumeurs disant qu’il était impliqué dans des transactions malhonnêtes, et qu’il s’était farouchement opposé aux accords commerciaux et à l’alliance avec Mismede à cause de son mépris inhérent pour les races bestiales.

Lyon n’avait même pas essayé de cacher son aversion pour cet homme. Je ne pouvais pas lui en vouloir, vu que sa petite amie était Olga.

« Pourtant, même si nous confrontons le Marquis avec ce que nous avons maintenant, il est évident qu’il ferait l’innocent jusqu’à la fin. C’est pourquoi il a engagé des bandits non liés à sa maison pour l’agression initiale. Le fait est que sans votre magie, Touya, nous n’aurions même pas cette piste pour continuer. »

C’était vrai. Même les faux chevaliers qui m’avaient piégé pouvaient facilement être accusés de tout, laissant le marquis s’en tirer à bon compte. Vu l’état des choses, cela semblait un résultat très plausible.

« Sans preuve solide, même le roi ne pourrait pas porter une telle accusation. Comment comptez-vous trouver de telles preuves alors qu’ils ont fait tant d’efforts pour couvrir leurs traces ? »

« Oh, c’est facile. Si on ne peut pas trouver de preuves maintenant, alors on n’a qu’à en faire. »

J’avais fait un sourire impitoyable sur mon visage. J’avais déjà commencé à préparer mon prochain coup.

***

Partie 3

« Et ? Qu’est-il advenu du morveux ? »

« Le général adjoint et le commandant du Premier Bataillon ont visité sa maison ce matin. Il a été escorté au quartier général des chevaliers la dernière fois qu’on l’a vu. On peut supposer qu’ils lanceront leur enquête sur ses antécédents avant la fin de la journée. »

« Kuhahahaha ! Oui... Excellent. Ces sales rats qui se disent aventuriers devraient connaître leur place dans le monde. Tout roturier qui se met sur mon chemin mérite de finir comme ça ! »

« Tu as réussi, papa ! Prends ça dans ta gueule, roturier ! C’est moi qui vais épouser la princesse Yumina ! Moi et moi seul ! »

Debout sur la terrasse, face au jardin, un homme riait joyeusement. C’était un homme de grande taille, dans la cinquantaine, portant un costume qui semblait coûter cher. Il portait une toute petite moustache. C’était le maître de ce domaine, le marquis Rygel.

À côté du Marquis se tenait son fils unique, qui se gonflait ses joues de joie. C’était un petit spécimen d’un homme pleurnicheur qui, même s’il n’avait qu’une vingtaine d’années, avait déjà le front dégarni. Une couche de graisse semblait également recouvrir le crâne chauve de cet homme.

Devant ces deux-là, dans le jardin, se tenaient deux hommes particulièrement remarquables. Il s’agissait des faux chevaliers apparus la veille au soir sur ordre du Marquis, ainsi que les vrais assassins des bandits dans la rue. C’était aussi la garde privée du marquis.

« Ensuite, nous devrons glisser des biens volés dans ses affaires. Pour faire bonne mesure, vous comprenez. Quand cela se produira pendant l’inspection, ses crimes seront doubles ! »

« Volé... De la marchandise volée, monsieur ? »

« Vous savez, ceux que vous avez ramenés après avoir agressé cette caravane le mois dernier. On peut s’en servir ! Quand on annoncera que le fiancé de la princesse était un bandit sauvage, tout le pays sera dans le trouble ! »

« C’est vous le boss, patron... »

Le faux chevalier travaillait aussi à temps partiel à des vols sur la route en vertu d’ordres similaires. 

« Pour la touche finale, nous nous assurerons que le fiancé de la princesse soit un meurtrier, un voleur et une personne ayant des désirs pervers aux yeux du public. Avec ceci, j’approcherai le roi et j’exigerai que les fiançailles soient annulées immédiatement. Le roi n’aura pas d’autre choix que de le faire, vu les circonstances. Le peuple n’acceptera tout simplement pas qu’un homme connu comme un criminel violent soit le mari de la princesse ! Nous prouverons à tout le monde que le roi n’est tout simplement pas capable de choisir un partenaire approprié, alors nous en tirerons avantage ! Je pouvais déjà voir sur lui l’image même de la honte ! »

Le marquis sourit joyeusement à lui-même. Si convaincu de sa victoire..., il était si convaincu que même son reflet dans la vitre de la fenêtre semblait vivant d’une joie enivrante.

« ... et c’est comme ça que vous comptiez faire épouser votre fils par la princesse Yumina ? »

« Ehehehehehe ! Je ne peux pas attendre ! Une fois que la princesse m’appartiendra, je pense que je vais l’intimider un peu ! Elle m’a toujours regardé de haut avec ces yeux froids, cette gosse impudente ! Je vais devoir m’assurer et passer beaucoup de temps à lui apprendre comment me servir en tant qu’épouse ! »

« Fais-en ce que tu veux, mais ne joue pas avec elle si fort qu’elle casse. Souviens-toi, ton boulot est de l’engrosser et d’en faire sortir des enfants. Elle ne nous est utile que tant qu’elle peut encore tomber enceinte. Ne l’oublie pas, mon garçon. »

« Ehehehehehe ! Je le sais, papa ! Je vais l’engrosser gentiment, et tu seras le grand-père du nouveau roi ! »

Le rire indécent du garçon avait résonné dans la nuit. Comme s’il était contagieux, ce rire dégoûtant s’était répandu jusqu’au marquis. Toute leur conversation putride était assez forte pour que l’on entende l’écho de l’endroit où nous étions dans le jardin.

« Touya, mon garçon. Je crois que c’est plus que suffisant et j’ai peur que mes oreilles ne pourrissent. »

« Oui, je ressentais la même chose en fait. »

« Qu’est-ce que c’est que ce bordel !? »

Le marquis connaissait intimement la voix qui émergeait de la bouche de ce qui aurait dû être un membre de sa garde privée.

Sur ordre de notre ami, j’avais annulé l’illusion lancée par mon sort [Mirage].

La garde privée du marquis commença lentement à prendre sa véritable forme.

« Votre Majesté ! Mais comment !? C’est impossible ! »

Son Altesse Royale le Roi de Belfast, qui était ici depuis le tout début, était manifestement tellement furieux qu’il en avait fait tomber le marquis à terre sur le dos. À la gauche et la droite du roi se trouvaient Lyon, et le général adjoint de l’Ordre de chevalier, Neil.

« Qu, qu, qu, quoi... Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Nous avons pris la liberté d’emprunter vos gardes. À l’heure actuelle, les vrais sont dans une cellule de prison, j’imagine qu’ils avouent des choses dont nous ne les avons même pas encore accusés. Nous avons pu obtenir d’eux suffisamment d’informations pour prouver mon innocence, mais je pensais que le roi devait entendre personnellement votre version de l’histoire, alors je me suis permis de l’escorter directement dans votre jardin. »

« ... Il y a peut-être un peu de vérité dans vos accusations, Marquis. J’ai appris que j’ai laissé une canaille comme vous s’en prendre à des innocents. »

Le roi parla au marquis d’une voix profonde et intimidante, un peu comme la terreur du tonnerre lui-même. Le roi était vraiment furieux.

« Ce n’est pas possible ! J’ai dressé une barrière autour de tout le domaine, même dans le jardin ! Vous ne pouvez pas utiliser la magie ici ! »

« C’est tout ? Une barrière régulière ? Tout au plus, cela vous exclut en tant que cible de tout sort ciblant la zone sur laquelle il est lancé. C’est pourquoi la magie de téléportation ou de recherche cesse de fonctionner dès que le sort interagit avec la barrière. Cependant, si c’est sur moi que je jette un sort, alors votre barrière est impuissante pour arrêter ça. Après tout, elle ne peut pas vous protéger contre des sorts que je lancerais sur moi-même. Ainsi, mon [Mirage], un sort d’illusion que je peux jeter sur moi-même, est capable de franchir votre barrière sans problème. Peut-être que vous auriez dû passer un peu moins de temps à comploter le mal et un peu plus de temps à étudier les fondamentaux. »

« Gredin insolent ! Ne comprends-tu pas que tu es en présence d’un marquis, espèce de parasite !? Reste à ta place ! »

Peut-être que la leçon était un peu trop forte, car elle semblait avoir rendu le marquis indigné et furieux. Avait-il au moins compris sa propre position ?

« Je suis insolent, n’est-ce pas ? Dites-moi, Marquis, lequel d’entre nous est celui qui a commis le meurtre, qui a mis le crime sur le dos d’un innocent, qui a comploté contre le roi qu’il avait juré de suivre, et comme si cela ne suffisait pas, qui a utilisé des groupes de bandits pour attaquer et voler des personnes innocentes ? N’est-ce pas vous qui avez tout fait, non ? À mon avis, je ne crois même pas que vous méritiez qu’on vous parle sur un ton poli. Hé, garçon porcher, peux-tu me donner ton avis sur la question ? »

« Garçon porcher !? Comment oses-tu !? Ne crois pas que tu peux t’en tirer en me parlant comme ça, roturier ! Je vais m’assurer que tu ne le feras jamais... »

Je n’étais pas d’humeur pour jouer cette comédie, alors j’avais réduit la distance entre nous plus vite qu’ils ne pouvaient cligner des yeux, puis j’avais soulevé ce gros bâtard du sol par son col.

« ... C’est toi qui m’énerves le plus en ce moment, mon cochon. Tu t’es bien amusé quand tu pensais vouloir engrosser ma future femme... Si j’entends encore un mot comme ça sortir de ta bouche, je t’arrache ta petite bite, je te l’enfonce dans la gorge, et je te recoudrai la bouche. Tu vas te sucer jusqu’à la fin de tes jours. Compris ? Hoche la tête si tu captes le message, connard. »

« A-Argh !? »

Je lui avais jeté toute la méchanceté que j’avais pu rassembler dans la direction du garçon à travers chaque mot que j’avais prononcé, pour découvrir qu’il s’était pissé dessus et s’était évanoui de peur.

C’était absolument dégoûtant, alors j’avais jeté son corps taché de pisse contre le mur.

« A-Alexander ! »

Le marquis poussa un cri à la vue du corps de son fils qui était jeté à l’écart.

Il s’appelait Alexander ? C’est le nom le moins approprié que je puisse trouver pour ce sac à merde.

« Intrus ! Des intrus sur le terrain ! Sortez-les ! »

Sur ordre du marquis, tous les soldats de sa garde privée sortirent de leurs chambres et se précipitèrent dans le jardin.

Ils étaient apparemment exactement le genre de sous-fifres pathétiques qu’on pouvait s’attendre à trouver, puisqu’il était clair qu’ils ne reconnaissaient même pas le roi en personne. Ils avaient sorti leurs épées et les avaient pointées dans notre direction.

« Marquis Rygel, comprenez-vous la gravité de vos actes en ce moment ? »

« Silence ! Je vais juste vous soumettre par la force brute, à la place ! Gardes, abattez ces hommes ! N’en laissez pas un seul debout ! »

Le marquis était tellement fou que les paroles de Sa Majesté le Roi ne lui parvenaient même plus. C’était une cause complètement perdue à ce moment-là. En gros, il était devenu fou.

« Je suppose qu’on peut ajouter “haute trahison” à sa liste de crimes. »

« Idiots, tous des idiots. »

Lyon et Neil poussèrent chacun un grand soupir.

Il ne fallait pas être un génie pour considérer qu’il n’y avait pas moyen pour le roi de venir en personne dans un endroit comme celui-ci sans prendre la moindre précaution. Le roi m’avait regardé dans les yeux, alors j’avais sorti mon Brunhild de ma hanche, puis j’avais tiré un seul coup de feu puissant directement dans le ciel nocturne.

Ce bruit explosif était leur signal pour sortir. Les chevaliers royaux envahirent le jardin en grand nombre en un instant.

« Qui... Qu... Comment... !? »

L’armée privée du marquis n’avait pas d’autre choix que de se rendre. Le marquis lui-même devint pâle en voyant sa garde privée lâcher les armes les uns après les autres.

« Marquis Rygel, votre titre est révoqué pour haute trahison et tentative d’assassinat contre la Couronne, entre autres crimes majeurs. Votre culpabilité est claire comme de l’eau de roche. Abandonnez. »

Les paroles du roi choquèrent tellement le marquis qu’il tomba à genoux. Neil avait apporté de la corde pour lui lier les bras.

***

Partie 4

« La responsabilité de cet incident repose entièrement sur mes épaules. Il n’y a aucune excuse pour ce que tu as traversé, Touya. »

« Pas du tout. Vous avez réussi à traduire en justice un ennemi qui s’était caché pendant longtemps. Tout est bien qui finit bien, Votre Majesté. »

J’essayai d’apaiser le roi, qui s’était incliné devant moi.

Le lendemain de l’incident, j’étais allé avec Yumina au Palais Royal. J’étais curieux de savoir ce qui était arrivé au marquis et à son fils. Naturellement, ils avaient tous deux été sévèrement punis.

« Ne serait-ce pas un gros problème ? Je veux dire, techniquement, c’était quand même un marquis. »

« Pas du tout. Toute l’affaire est réglée. C’était un homme que Yumina n’avait jamais aimé au départ, alors je n’avais de toute façon jamais voulu lui déléguer des fonctions importantes. J’ai maintenant un domaine ouvert à offrir à tous les nobles les plus responsables s’ils rendent un assez grand service. Je considère que c’est une bonne chose. »

Ce qui veut dire qu’il savait depuis le début qu’on ne pouvait pas lui faire confiance depuis que Yumina l’avait observé la première fois avec ses Yeux Mystiques. En fin de compte, elle avait plus raison à son sujet que n’importe lequel d’entre nous.

« Leurs deux âmes ont été couvertes de boue depuis que je les connaissais. J’avais toujours su qu’ils avaient des pensées méprisables en eux, mais je ne pensais pas qu’ils iraient aussi loin... Je les avais pris pour ceux qui participeraient à ces luttes de pouvoir mesquines, et non à de la haute trahison. Il semblerait que je sois encore beaucoup trop naïve à propos du monde. »

Les Yeux Mystiques de Yumina étaient remarquablement aiguisés, mais ils n’étaient pas si omniscients qu’ils pouvaient exactement lui dire quels genres de mauvaises pensées les autres pouvaient avoir. En voyant Yumina avoir l’air toute déprimée, j’avais pris sa main et je lui avais tapoté la tête avant même de m’en rendre compte. Ne sois pas si dur avec toi-même, c’était ce que je voulais te dire.

Le marquis Rygel n’était plus marquis. L’incident avait servi d’exemple à tous les autres nobles et cela avait envoyé le message qu’aucun d’eux, pas même ceux qui avaient des liens de sang, aussi lointains soient-ils, avec la famille royale, ne seraient pardonnés pour leur corruption.

L’ancien marquis Rygel avait été exécuté et son fils, Alexander, avait été envoyé travaillé dans les mines pour le restant de ses jours.

Il s’était avéré que le garçon suivait les traces de son père, car sa propre liste de crimes avait été découverte après cette nuit-là. J’avais entendu dire qu’il avait même utilisé la garde privée de sa famille pour enlever des femmes dans la rue. Naturellement, son père l’avait couvert à chaque fois, laissant son fils faire ce qu’il voulait. Il avait également été prouvé que le vicomte Barrow avait également participé à ces opérations dans le passé.

« Rien qu’à l’idée de savoir que ces canailles avaient une goutte de sang royal dans les veines me donnait envie de vomir. »

« Il a trouvé une trace de sang royal en remontant son arbre généalogique il y a plus de mille ans, n’est-ce pas ? Mais à l’heure actuelle, vous n’êtes littéralement que des étrangers. »

En pensant à protéger les sentiments de Yumina de la même façon, j’avais donné mon opinion. Le fait était que si vous remontiez assez loin dans l’arbre généalogique de deux personnes, vous trouveriez forcément un lien entre les deux. Eh bien, à l’exception de moi, qui venais d’être placé dans ce monde par Dieu un beau jour.

« Dans tous les cas, je crois que cela mettra fin pour l’instant à tout harcèlement de la part d’autres nobles dissidents. Je n’ose penser que quelqu’un soit assez stupide pour suivre l’exemple du marquis. »

« On dirait presque que c’est moi qui suis personnellement responsable d’avoir amené le marquis devant la justice... »

« C’est essentiellement ce que tu as fait, n’est-ce pas ? »

J’avais plutôt cru qu’il avait creusé sa propre tombe. Tout ce que j’avais fait, après tout, c’était d’emmener le roi à sa rencontre.

J’avais pensé que la forme de preuve la plus crédible serait celle qui viendrait directement de la bouche du coupable. Tout ce que j’avais à faire, c’était de l’amener à en parler ouvertement.

Mon plan initial était d’enregistrer les aveux du marquis sur mon smartphone et de les présenter comme preuve plus tard, mais quand le roi avait eu vent de mes plans, il avait insisté pour que je l’emmène pour qu’il puisse voir de ses propres yeux la vérité. J’avais l’impression que je ne m’habituerais probablement jamais aux bouffonneries ridicules de ce roi.

« Et quand tu as frappé ce crétin d’enfant, ça m’a donné des frissons dans la colonne vertébrale. Yumina a de la chance d’avoir rencontré un homme qui prend soin d’elle aussi intensément que toi, mon garçon. »

« Qu’est-ce qu’il a dit ? »

« Pouvons-nous s’il vous plaît laisser tomber ce sujet... ? »

Rien que de penser à cette explosion de rage m’avait fait rougir jusqu’aux oreilles. J’avais complètement laissé la situation me monter à la tête quand c’était arrivé. Yumina avait essayé de me tirer les vers du nez, mais ce que j’avais dit était beaucoup plus vulgaire que tout ce que cette fille avait besoin d’entendre, alors mes lèvres étaient scellées.

« Regard Fiiiiiixe... »

Ne compte même pas essayer ces yeux sur moi cette fois. Je n’en dirai pas un mot.

« Touya, mon garçon. Si tu tiens vraiment autant à ma Yumina, alors je crois que la meilleure façon de t’en sortir serait que tu fasses un enfant avec elle ! Je suis sûr que de toute façon vous y arriverez bientôt tous les deux ! »

« Votre Majesté, s’il vous plaît, abstenez-vous ! »

« Père ! »

Yumina, au visage couleur betterave, criait à pleins poumons, assez fortement pour souffler dans les tympans et faire écho dans tout le château.

Moi aussi, j’étais sans doute rouge comme une tomate, mais là n’était pas la question.

***

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2 commentaires

  1. Le Roi doit bien s'amuser en les taquinant

    Merci pour le chapitre et bonne continuation !

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