Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 4 – Interlude 1 – Partie 3

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Interlude 1 : Les assaillants

Partie 3

« Et ? Qu’est-il advenu du morveux ? »

« Le général adjoint et le commandant du Premier Bataillon ont visité sa maison ce matin. Il a été escorté au quartier général des chevaliers la dernière fois qu’on l’a vu. On peut supposer qu’ils lanceront leur enquête sur ses antécédents avant la fin de la journée. »

« Kuhahahaha ! Oui... Excellent. Ces sales rats qui se disent aventuriers devraient connaître leur place dans le monde. Tout roturier qui se met sur mon chemin mérite de finir comme ça ! »

« Tu as réussi, papa ! Prends ça dans ta gueule, roturier ! C’est moi qui vais épouser la princesse Yumina ! Moi et moi seul ! »

Debout sur la terrasse, face au jardin, un homme riait joyeusement. C’était un homme de grande taille, dans la cinquantaine, portant un costume qui semblait coûter cher. Il portait une toute petite moustache. C’était le maître de ce domaine, le marquis Rygel.

À côté du Marquis se tenait son fils unique, qui se gonflait ses joues de joie. C’était un petit spécimen d’un homme pleurnicheur qui, même s’il n’avait qu’une vingtaine d’années, avait déjà le front dégarni. Une couche de graisse semblait également recouvrir le crâne chauve de cet homme.

Devant ces deux-là, dans le jardin, se tenaient deux hommes particulièrement remarquables. Il s’agissait des faux chevaliers apparus la veille au soir sur ordre du Marquis, ainsi que les vrais assassins des bandits dans la rue. C’était aussi la garde privée du marquis.

« Ensuite, nous devrons glisser des biens volés dans ses affaires. Pour faire bonne mesure, vous comprenez. Quand cela se produira pendant l’inspection, ses crimes seront doubles ! »

« Volé... De la marchandise volée, monsieur ? »

« Vous savez, ceux que vous avez ramenés après avoir agressé cette caravane le mois dernier. On peut s’en servir ! Quand on annoncera que le fiancé de la princesse était un bandit sauvage, tout le pays sera dans le trouble ! »

« C’est vous le boss, patron... »

Le faux chevalier travaillait aussi à temps partiel à des vols sur la route en vertu d’ordres similaires.

« Pour la touche finale, nous nous assurerons que le fiancé de la princesse soit un meurtrier, un voleur et une personne ayant des désirs pervers aux yeux du public. Avec ceci, j’approcherai le roi et j’exigerai que les fiançailles soient annulées immédiatement. Le roi n’aura pas d’autre choix que de le faire, vu les circonstances. Le peuple n’acceptera tout simplement pas qu’un homme connu comme un criminel violent soit le mari de la princesse ! Nous prouverons à tout le monde que le roi n’est tout simplement pas capable de choisir un partenaire approprié, alors nous en tirerons avantage ! Je pouvais déjà voir sur lui l’image même de la honte ! »

Le marquis sourit joyeusement à lui-même. Si convaincu de sa victoire..., il était si convaincu que même son reflet dans la vitre de la fenêtre semblait vivant d’une joie enivrante.

« ... et c’est comme ça que vous comptiez faire épouser votre fils par la princesse Yumina ? »

« Ehehehehehe ! Je ne peux pas attendre ! Une fois que la princesse m’appartiendra, je pense que je vais l’intimider un peu ! Elle m’a toujours regardé de haut avec ces yeux froids, cette gosse impudente ! Je vais devoir m’assurer et passer beaucoup de temps à lui apprendre comment me servir en tant qu’épouse ! »

« Fais-en ce que tu veux, mais ne joue pas avec elle si fort qu’elle casse. Souviens-toi, ton boulot est de l’engrosser et d’en faire sortir des enfants. Elle ne nous est utile que tant qu’elle peut encore tomber enceinte. Ne l’oublie pas, mon garçon. »

« Ehehehehehe ! Je le sais, papa ! Je vais l’engrosser gentiment, et tu seras le grand-père du nouveau roi ! »

Le rire indécent du garçon avait résonné dans la nuit. Comme s’il était contagieux, ce rire dégoûtant s’était répandu jusqu’au marquis. Toute leur conversation putride était assez forte pour que l’on entende l’écho de l’endroit où nous étions dans le jardin.

« Touya, mon garçon. Je crois que c’est plus que suffisant et j’ai peur que mes oreilles ne pourrissent. »

« Oui, je ressentais la même chose en fait. »

« Qu’est-ce que c’est que ce bordel !? »

Le marquis connaissait intimement la voix qui émergeait de la bouche de ce qui aurait dû être un membre de sa garde privée.

Sur ordre de notre ami, j’avais annulé l’illusion lancée par mon sort [Mirage].

La garde privée du marquis commença lentement à prendre sa véritable forme.

« Votre Majesté ! Mais comment !? C’est impossible ! »

Son Altesse Royale le Roi de Belfast, qui était ici depuis le tout début, était manifestement tellement furieux qu’il en avait fait tomber le marquis à terre sur le dos. À la gauche et la droite du roi se trouvaient Lyon, et le général adjoint de l’Ordre de chevalier, Neil.

« Qu, qu, qu, quoi... Qu’est-ce que ça veut dire ? »

« Nous avons pris la liberté d’emprunter vos gardes. À l’heure actuelle, les vrais sont dans une cellule de prison, j’imagine qu’ils avouent des choses dont nous ne les avons même pas encore accusés. Nous avons pu obtenir d’eux suffisamment d’informations pour prouver mon innocence, mais je pensais que le roi devait entendre personnellement votre version de l’histoire, alors je me suis permis de l’escorter directement dans votre jardin. »

« ... Il y a peut-être un peu de vérité dans vos accusations, Marquis. J’ai appris que j’ai laissé une canaille comme vous s’en prendre à des innocents. »

Le roi parla au marquis d’une voix profonde et intimidante, un peu comme la terreur du tonnerre lui-même. Le roi était vraiment furieux.

« Ce n’est pas possible ! J’ai dressé une barrière autour de tout le domaine, même dans le jardin ! Vous ne pouvez pas utiliser la magie ici ! »

« C’est tout ? Une barrière régulière ? Tout au plus, cela vous exclut en tant que cible de tout sort ciblant la zone sur laquelle il est lancé. C’est pourquoi la magie de téléportation ou de recherche cesse de fonctionner dès que le sort interagit avec la barrière. Cependant, si c’est sur moi que je jette un sort, alors votre barrière est impuissante pour arrêter ça. Après tout, elle ne peut pas vous protéger contre des sorts que je lancerais sur moi-même. Ainsi, mon [Mirage], un sort d’illusion que je peux jeter sur moi-même, est capable de franchir votre barrière sans problème. Peut-être que vous auriez dû passer un peu moins de temps à comploter le mal et un peu plus de temps à étudier les fondamentaux. »

« Gredin insolent ! Ne comprends-tu pas que tu es en présence d’un marquis, espèce de parasite !? Reste à ta place ! »

Peut-être que la leçon était un peu trop forte, car elle semblait avoir rendu le marquis indigné et furieux. Avait-il au moins compris sa propre position ?

« Je suis insolent, n’est-ce pas ? Dites-moi, Marquis, lequel d’entre nous est celui qui a commis le meurtre, qui a mis le crime sur le dos d’un innocent, qui a comploté contre le roi qu’il avait juré de suivre, et comme si cela ne suffisait pas, qui a utilisé des groupes de bandits pour attaquer et voler des personnes innocentes ? N’est-ce pas vous qui avez tout fait, non ? À mon avis, je ne crois même pas que vous méritiez qu’on vous parle sur un ton poli. Hé, garçon porcher, peux-tu me donner ton avis sur la question ? »

« Garçon porcher !? Comment oses-tu !? Ne crois pas que tu peux t’en tirer en me parlant comme ça, roturier ! Je vais m’assurer que tu ne le feras jamais... »

Je n’étais pas d’humeur pour jouer cette comédie, alors j’avais réduit la distance entre nous plus vite qu’ils ne pouvaient cligner des yeux, puis j’avais soulevé ce gros bâtard du sol par son col.

« ... C’est toi qui m’énerves le plus en ce moment, mon cochon. Tu t’es bien amusé quand tu pensais vouloir engrosser ma future femme... Si j’entends encore un mot comme ça sortir de ta bouche, je t’arrache ta petite bite, je te l’enfonce dans la gorge, et je te recoudrai la bouche. Tu vas te sucer jusqu’à la fin de tes jours. Compris ? Hoche la tête si tu captes le message, connard. »

« A-Argh !? »

Je lui avais jeté toute la méchanceté que j’avais pu rassembler dans la direction du garçon à travers chaque mot que j’avais prononcé, pour découvrir qu’il s’était pissé dessus et s’était évanoui de peur.

C’était absolument dégoûtant, alors j’avais jeté son corps taché de pisse contre le mur.

« A-Alexander ! »

Le marquis poussa un cri à la vue du corps de son fils qui était jeté à l’écart.

Il s’appelait Alexander ? C’est le nom le moins approprié que je puisse trouver pour ce sac à merde.

« Intrus ! Des intrus sur le terrain ! Sortez-les ! »

Sur ordre du marquis, tous les soldats de sa garde privée sortirent de leurs chambres et se précipitèrent dans le jardin.

Ils étaient apparemment exactement le genre de sous-fifres pathétiques qu’on pouvait s’attendre à trouver, puisqu’il était clair qu’ils ne reconnaissaient même pas le roi en personne. Ils avaient sorti leurs épées et les avaient pointées dans notre direction.

« Marquis Rygel, comprenez-vous la gravité de vos actes en ce moment ? »

« Silence ! Je vais juste vous soumettre par la force brute, à la place ! Gardes, abattez ces hommes ! N’en laissez pas un seul debout ! »

Le marquis était tellement fou que les paroles de Sa Majesté le Roi ne lui parvenaient même plus. C’était une cause complètement perdue à ce moment-là. En gros, il était devenu fou.

« Je suppose qu’on peut ajouter “haute trahison” à sa liste de crimes. »

« Idiots, tous des idiots. »

Lyon et Neil poussèrent chacun un grand soupir.

Il ne fallait pas être un génie pour considérer qu’il n’y avait pas moyen pour le roi de venir en personne dans un endroit comme celui-ci sans prendre la moindre précaution. Le roi m’avait regardé dans les yeux, alors j’avais sorti mon Brunhild de ma hanche, puis j’avais tiré un seul coup de feu puissant directement dans le ciel nocturne.

Ce bruit explosif était leur signal pour sortir. Les chevaliers royaux envahirent le jardin en grand nombre en un instant.

« Qui... Qu... Comment... !? »

L’armée privée du marquis n’avait pas d’autre choix que de se rendre. Le marquis lui-même devint pâle en voyant sa garde privée lâcher les armes les uns après les autres.

« Marquis Rygel, votre titre est révoqué pour haute trahison et tentative d’assassinat contre la Couronne, entre autres crimes majeurs. Votre culpabilité est claire comme de l’eau de roche. Abandonnez. »

Les paroles du roi choquèrent tellement le marquis qu’il tomba à genoux. Neil avait apporté de la corde pour lui lier les bras.

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3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

  2. Merci pour le chapitre et bonne continuation !

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