Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 4 – Interlude 1 – Partie 2

Bannière de Dans un autre monde avec un Smartphone ***

Interlude 1 : Les assaillants

Partie 2

« ... Pardon ? »

« Comme je l’ai dit, il y a eu hier un incident impliquant un groupe d’hommes qui ont été tués par balle au milieu de la rue. Nous enquêtions sur des pistes possibles quand l’une d’elles nous a menés à vous, Touya. »

Lyon était arrivé à la première heure du matin avec des nouvelles désagréables. Dans mon état de fatigue, j’avais pris un moment pour traiter les choses.

Une attaque a été commise à coups de feu ? J’étais le principal suspect ? C’était ridicule ! Ça n’avait aucun sens !

« Tout s’est passé sur la route Fourslet, dans le quartier ouest. Plusieurs hommes ont été retrouvés morts avec des blessures par balle. On pense qu’ils sont tous morts sur le coup. Juste à côté de la scène du crime, on a trouvé ça. »

Aux paroles de Lyon, le général adjoint Neil avait placé un cylindre de caoutchouc solide sur la table. Attendez une minute, c’est... !

« C’est vraiment le mien. C’est le caoutchouc que j’utilise pour créer de nouvelles balles. »

« Plusieurs personnes du quartier ont aussi entendu le bruit distinctif de votre arme... Brunhild, c’est comme cela que vous l’avez appelé ? Ils disent qu’ils avaient entendu le bruit de coups de feu hier soir. Avouez-vous avoir été sur les lieux du crime ? »

« Attendez, attendez ! Oui, j’y étais hier soir, mais je n’ai tué personne ! N’avez-vous pas reçu un rapport à ce sujet de ces chevaliers hier !? »

« ... Nous n’avons reçu aucun rapport de ce genre de la part des chevaliers qui étaient en service. »

Ça n’avait pas de sens. Qu’est-ce qui se passait ? J’avais soigneusement raconté en détail les événements de la nuit précédente à Lyon et Neil.

« C’est vraiment étrange. Je peux confirmer que nous n’avons reçu aucun rapport de ce genre. Qu’est-ce qui se passe ici ? »

« Comment étaient-ils, ces chevaliers qui se sont précipités à votre secours ? Pouvez-vous décrire leur apparence ? »

« Puis-je les décrire... ? Voyons voir... L’un d’eux avait des yeux un peu hauts sur son visage, et l’autre avait un nez qui ressemblait à... attendez, j’ai une meilleure idée. »

J’avais lancé [Mirage] et je projetais les images des deux chevaliers que j’avais rencontrés lors de l’incident. Je ne me souvenais pas des visages des bandits qui nous avaient agressés, mais j’avais au moins bien vu les deux chevaliers. J’avais vu leurs visages, je me souvenais même de leurs voix.

Lyon et Neil avaient été surpris par la soudaine apparition d’images projetées, mais ils s’étaient calmés et les avaient examinées en détail.

« J’ai peur de ne pas les reconnaître du tout. Lyon, ces hommes sont-ils sous votre responsabilité ? »

« Pas à ma connaissance, il n’y a pas de chevalier comme lui, du moins pas dans la première division. Peu importe, je n’ai jamais vu ces hommes avant. »

Attendez une seconde, ça voudrait dire qu’ils se faisaient passer pour des chevaliers ?

Si c’était le cas, cela signifiait que c’était probablement eux qui avaient engagé les bandits pour m’attaquer. Et, dès que nous étions partis, ces faux chevaliers avaient tué les bandits et placé des preuves pour tenter de m’accuser du crime. Ils m’avaient poussé dans une position où il était presque impossible de prouver mon innocence avec ces preuves.

Bon sang, étant donné que tous mes assaillants étaient morts et que je n’avais même pas une égratignure sur moi, ça donnait l’impression que je les avais tous massacrés unilatéralement. Même plaider la légitime défense serait un défi.

« ... je suppose que prétendre que nous avions été trompés par de faux chevaliers me rendrait encore plus suspicieux dans cette affaire. »

« C’est vrai, mais vous aviez aussi la princesse Yumina comme témoin dans cette affaire. On ne peut pas vous arrêter dans ces circonstances. »

« Selon vous, quel était le but des coupables ? Faire accuser le seigneur Touya de crime et nous obliger à l’emprisonner ? »

C’était... une grosse rancune que j’avais moi-même gagnée.

« C’est étrange qu’en premier lieu il y eût même eu des bandits dans le quartier ouest. Ce n’est peut-être pas le quartier des nobles, mais c’est une zone bien gardée, donc il n’y a aucune chance qu’un tel groupe ait pu se déplacer librement sans être pris par la patrouille ou dénoncé pour activité suspecte. »

Il n’avait pas tort. Sans l’aide de quelqu’un de l’intérieur, il aurait été impossible de réaliser un tel exploit.

« La question est, que comptez-vous faire ensuite ? »

« Je suppose que je vais aller attraper le vrai coupable et me disculper. C’est le moyen le plus rapide de résoudre ça. »

« En effet, mais comment comptez-vous vous y prendre exactement ? »

« Comment ça, comment ? On connaît déjà leurs visages. »

J’avais pointé du doigt les images des faux chevaliers projetées par mon [Mirage].

« Lancement de la recherche. Trouvez les faux chevaliers que j’ai rencontrés hier. Quant au rayon de recherche... Ils devraient toujours être dans la capitale. »

« Recherche... Recherche terminée. Affichage. »

Lyon et Neil avaient été légèrement surpris quand Cesca avait soudainement commencé à parler de nulle part, mais leurs expressions avaient instantanément tourné au vinaigre quand ils avaient vu les épingles sur la carte maintenant projetée dans l’air.

Les résultats de la recherche pointaient vers... Une zone dans le quartier des nobles. Du côté intérieur, en plus. C’était une région pleine de gens de très haut statut social. C’était dans la même zone que le domaine de Sue, ou plutôt du Duc Ortlinde.

Les épingles sur la carte se déplaçaient dans le quartier des nobles avant de s’arrêter devant un endroit en particulier, où ils disparaissaient de la vue.

« Hm ? »

« Les cibles sont entrées dans une barrière empêchant la traçabilité de la magie de recherche. Je ne suis plus capable de les suivre. »

Qui que soit le coupable, il y avait mis une barrière juste au cas où. J’avais toujours pu compter sur des nobles véreux pour faire ce genre de choses.

« Dans quel domaine sont-ils entrés ? »

« ... C’était la propriété du marquis Rygel, sans aucun doute. Tout a un sens maintenant. »

« En effet, c’est vrai. »

Le marquis Rygel ? Je ne savais pas s’ils s’attendaient à ce que je reconnaisse le nom, mais il devait être un gros bonnet pour avoir le titre de marquis.

« Monsieur Touya, vous souvenez-vous de l’incident avec le vicomte Barrow ? »

« ... Ça ne me dit rien. C’était qui, déjà ? »

Les deux chevaliers avaient simplement haussé les épaules avec un visage qui disait qu’ils en attendaient autant. Quoi !? Je suis sérieux ! Je ne me souviens pas du nom de tous les méchants à deux sous dont je m’occupe !

« Le vicomte Barrow était le père d’un certain ex-stagiaire que vous veniez de réduire en bouillie. C’est la famille qui a été dissoute après que leur fils ait essayé de faire une descente dans votre manoir. »

« Oh ! Les enfants de riches gâtés ! Oui, je me souviens d’eux. »

On ne pouvait pas s’attendre à ce que je me souvienne de leurs noms. Je ne les aimais pas vraiment. J’aurais quand même compris si c’était les vestiges de cette maison qui avaient un compte à régler avec moi, mais que venait faire ce marquis dans cette histoire ?

« Un membre de la lignée du marquis Rygel avait pris une des Barrows pour épouse. C’étaient des maisons assez proches. Je suppose que c’était une maison qui avait demandé sa protection. De plus, bien que cela remonte à quelques générations, le marquis Rygel a en lui du sang royal. Le marquis essaie de marier son fils à la princesse Yumina depuis un certain temps déjà. Une grande partie de son affirmation était que sa lignée était certainement la plus appropriée. Naturellement, Sa Majesté a refusé la proposition. Le garçon lui-même a été jugé comme étant un simple morveux qui est mis sur un piédestal en raison de l’influence de sa famille. »

En résumé, cela signifiait que ce marquis Rygel avait dû découvrir mes fiançailles avec Yumina grâce à la famille Barrows, et maintenant pour leurs propres plans ainsi que pour se venger de la chute des Barrows, le marquis essayait de me mettre hors de son chemin. Il ne se serait pas plaint si les bandits m’avaient tué, et même s’ils échouaient, il m’aurait accusé de leur meurtre. Ce n’était que de sales combines...

« Bien que vous n’ayez jamais commis ouvertement de crimes auparavant, vous êtes déjà bien connu de la population en général. Le marquis a très probablement prévu de souligner ce fait comme preuve que vous n’êtes pas qualifié pour épouser la princesse, et que sans aucun doute son propre fils serait un bien meilleur choix. Selon certaines rumeurs, le marquis ne recule devant rien pour épouser un membre de la famille royale. »

Hrmph... Je commençais à m’énerver, mais ça n’avait rien à voir avec le fait qu’on me visait. Apprendre que ces gens voulaient seulement utiliser Yumina comme un outil pour renforcer leur propre influence m’avait mis en colère.

« ... Partons du principe que ces types étaient les cerveaux derrière tout ça, et qu’ils avaient essayé de me faire assassiner. Quelle serait la gravité d’un crime ? »

« Assez sérieux, j’imagine. Je doute fort que Sa Majesté soit du côté du Marquis. Depuis des années, le Marquis est un vieux grincheux du même acabit que le comte Balsa, contestant les décisions du roi à chaque fois. »

Au même niveau que le Comte Balsa... Donc, en gros, purement et simplement un gros boulet incompétent ? Plus j’en apprenais sur lui, plus je savais que j’avais deviné à peu près tout. Il y avait des rumeurs disant qu’il était impliqué dans des transactions malhonnêtes, et qu’il s’était farouchement opposé aux accords commerciaux et à l’alliance avec Mismede à cause de son mépris inhérent pour les races bestiales.

Lyon n’avait même pas essayé de cacher son aversion pour cet homme. Je ne pouvais pas lui en vouloir, vu que sa petite amie était Olga.

« Pourtant, même si nous confrontons le Marquis avec ce que nous avons maintenant, il est évident qu’il ferait l’innocent jusqu’à la fin. C’est pourquoi il a engagé des bandits non liés à sa maison pour l’agression initiale. Le fait est que sans votre magie, Touya, nous n’aurions même pas cette piste pour continuer. »

C’était vrai. Même les faux chevaliers qui m’avaient piégé pouvaient facilement être accusés de tout, laissant le marquis s’en tirer à bon compte. Vu l’état des choses, cela semblait un résultat très plausible.

« Sans preuve solide, même le roi ne pourrait pas porter une telle accusation. Comment comptez-vous trouver de telles preuves alors qu’ils ont fait tant d’efforts pour couvrir leurs traces ? »

« Oh, c’est facile. Si on ne peut pas trouver de preuves maintenant, alors on n’a qu’à en faire. »

J’avais fait un sourire impitoyable sur mon visage. J’avais déjà commencé à préparer mon prochain coup.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

Laisser un commentaire