Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 4 – Chapitre 3

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Chapitre 3 : Troubles dans la capitale de l’Empire

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Chapitre 3 : Troubles dans la capitale de l’Empire

Partie 1

« L’Empire Regulus agit bizarrement ces derniers temps... »

J’avais terminé une quête de guilde avec Yae, et nous étions allés ensuite dans un café. Logan était là, et il avait fait un commentaire.

« Étrange ? Comment est-ce possible ? »

« Hm... comment dire ? Tout comme Belfast, ils avaient divisé leur force militaire en une armée permanente et un ordre de chevaliers. L’armée avait pour but d’attaquer et de se défendre contre les autres pays, tandis que leur ordre de chevalerie était utilisé pour la sécurité intérieure et la patrouille dans la capitale. Mais dernièrement, leur armée permanente a recruté beaucoup plus de monde, même si elle n’est en guerre contre personne. »

« Tu crois qu’ils se préparent à une invasion ? »

Bien que Yae avait posé la question à Logan, c’était Rebecca qui se retourna et lui répondit.

« J’en doute. On dit que l’empereur est alité et malade. Son fils, le prince héritier, n’a même pas vingt ans et n’est pas non plus en état de diriger les affaires nationales. Il n’y aurait aucune raison pour eux de commencer un conflit. »

Je ne savais pas que leur empereur était malade. Quelle que soit leur situation interne, il était bon de savoir qu’il n’était pas dans leur intérêt de déclencher une guerre.

Dans tous les cas, ils ne commenceraient rien de ce côté-ci. Belfast, le Royaume de Mismede et l’Empire Refreese étaient tous en bons termes. Cela signifiait que les territoires de l’ouest et du sud immédiatement adjacents à Belfast étaient couverts. Regulus n’avait aucun moyen de se mesurer à trois autres nations à la fois.

« Alors, une fois l’empereur décédé, l’empire aura-t-il à craindre d’être envahi par d’autres ? C’est peut-être pour ça qu’ils renforcent leur armée. »

Yae avait raison. Belfast n’avait pas de telles intentions, mais c’étaient de vieux ennemis dont leurs derniers conflits s’étaient achevés il y a vingt ans. Il était logique qu’ils soient prudents.

Il y avait l’Union Roadmare à l’est de l’empire, ainsi que la théocratie Ramissh au sud.

« Je pense que tous les pays sont conscients qu’il n’y a plus de raison de combattre l’empire de nos jours. Même s’ils ne sont plus aussi forts qu’avant, ils sont quand même assez solides. Si Refreese, Belfast, Mismede, Roadmare et Ramissh attaquaient tout en même temps... ce serait probablement une victoire facile. »

« Mais diviser le territoire après un tel effort serait une tout autre bataille en soi ! »

Logan avait gloussé en répondant. Si les étincelles s’envolaient, j’étais sûr qu’on pourrait s’en occuper. Je ne m’attendais pas à ce qu’ils me causent des ennuis.

Yae et moi avions quitté Rebecca et Logan, puis nous étions retournés au Lecteur Lunatique. Une fois de plus, j’avais reçu une nouvelle demande pour un nouveau titre à acheter. J’étais un peu méfiant, mais j’avais fait quelques recherches et j’avais trouvé que c’était une histoire d’aventure sérieuse, et non pas une histoire louche.

Il s’était avéré que le livre n’était disponible qu’à un certain endroit... L’Empire Regulus.

« Eh bien... Je suppose que je devrais aller acheter ce livre. Et toi, Yae ? »

« Linze-dono est au deuxième étage. Je l’inviterai à rentrer à la maison avec moi. De toute façon, c’est bientôt l’heure de manger. »

Récemment, Linze passait la plupart de son temps libre ici. Heureusement, elle était passée à des genres plus intéressants comme l’histoire et la fiction générale.

Mais, si elle était laissée à elle-même, elle passerait souvent des journées entières à lire, alors j’avais demandé à Yae d’aller la voir de temps en temps.

J’avais décidé de visiter leur capitale, juste pour jeter un coup d’œil.

J’avais ouvert une [Porte] vers Gallaria, le Cœur de l’Empire.

« Qu’est-ce qui se passe ici ? »

La scène qui était apparue devant moi n’était pas celle d’une ville paisible, mais une mer déchaînée de flammes et de chaos.

Pendant un moment, j’avais cru qu’un incendie s’était simplement déclaré à proximité, mais c’était clairement autre chose. Partout où je regardais, les civils fuyaient, les gens criaient, les bâtiments tombaient en ruine. J’étais complètement décontenancé. Que s’était-il passé ici ? J’avais invoqué [Gravité] pour alléger mon poids, puis j’avais encore amplifié mon corps avec [Puissance]. J’avais tout de suite sauté sur le toit d’un immeuble, réalisant qu’il me fallait un meilleur point de vue.

« Hé, hé... »

J’avais vu des civils se précipiter et tenter de fuir, tandis que des soldats vêtus d’uniformes noirs les ignoraient et marchaient vers le château. Il y avait une lignée d’hommes vêtus d’armure noire, de gardes royaux et de chevaliers, essayant d’empêcher les hommes en uniforme de progresser. Il y avait des lames qui s’entrechoquaient ici et là dans les rues. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait.

J’avais entendu un cri dans le voisinage. Je courais le long du toit pour voir d’où cela venait, puis je découvris deux soldats en uniformes militaires sombres qui avaient coincé un chevalier. Le chevalier saignait abondamment de l’épaule, ayant clairement perdu l’usage d’un de ses bras.

Certes, je ne connaissais pas les circonstances, mais je devais les empêcher de continuer. Je ne pouvais pas rester là à regarder un homme mourir, peu importe qui il était. J’avais sauté derrière eux et j’avais tiré des balles paralysantes.

« Guh ! »

« Gah ! »

Les deux soldats tombèrent instantanément. Le chevalier blessé tomba lui aussi subitement à genoux.

« Ça va, mec !? »

J’avais guéri les blessures de l’homme grâce à la magie de guérison. Mais il était à peine conscient. L’homme avait besoin de repos. Son regard était aussi plutôt flou. C’était probablement le résultat d’une perte de sang.

« Qu’est-ce qui s’est passé ici !? »

« L’armée... a trahi notre glorieux empereur... »

Le chevalier prononça ces quelques mots et perdit connaissance.

L’armée s’était rebellée... ? Attends, ça voudrait dire qu’il y a un coup d’État militaire !? Pour l’instant, j’avais placé l’homme par-dessus mon épaule et je l’avais porté dans une maison voisine. Celle-ci était déserte, j’avais alors supposé que les résidents s’étaient enfuis. Je l’avais posé sur un lit et j’avais appliqué plus de magie de guérison. J’avais arrêté quand j’étais sûr qu’il ne mourait pas.

Après ça, j’avais quitté la maison et je sautais sur le toit. J’avais besoin d’avoir une bonne idée de la situation.

« Recherche. Affichez les deux factions en deux couleurs différentes ! »

« ... Recherche terminée. Affichage. Les chevaliers royaux sont affichés en bleu, mille cent soixante-cinq unités. Les soldats de l’armée sont affichés en rouge, douze mille six cent cinquante-quatre unités. »

Presque dix fois plus. La situation qui m’attendait était absolument insensée. La carte était teinte en rouge foncé.

J’avais cherché autour de moi d’autres incendies, mais il me semblait que c’était dans ce quartier que la situation était la pire.

Mais qu’est-ce que je devrais faire ? Devrais-je juste partir ? Ce n’était pas comme si j’avais des obligations envers ce pays. Je pourrais retourner à Belfast, laisser la situation telle quelle et faire un rapport à la famille royale. Ce serait la chose la plus facile à faire, mais...

« Je suppose que je ne peux pas partir comme ça... »

Dans un premier temps, je ne savais même pas pourquoi un coup d’État s’était produit. Je pensais qu’ils en avaient après la tête de l’empereur.

« Je vais au château... Peut-être que je peux offrir un refuge à l’empereur à Belfast si je l’atteins à temps. »

L’empereur était malade, mais je pouvais aussi déplacer le lit si la pression venait à s’amplifier.

Je m’étais précipité sur les toits. Au fur et à mesure que je me rapprochais du château, d’autres conflits étaient apparus. La garde royale et l’armée s’affrontaient et se mettaient en travers de mon chemin. Je les poussais afin de pouvoir continuer ma route.

Je ne savais rien de l’Empire Regulus. Il se pourrait que l’armée se batte pour une cause juste, elle pourrait s’opposer à un empereur tyrannique. Honnêtement, je me posais quelques questions morales au sujet de mon implication dans toute cette situation, alors j’avais encore une fois brièvement envisagé de partir et de laisser les choses s’arranger.

Si l’empereur n’était plus dans le coup, le conflit serait réglé et je pourrais peut-être parler pacifiquement à celui qui avait commencé le coup d’État. Ce n’était pas comme si j’avais le choix quant à la façon de gérer la situation à ce moment-là. Si l’empereur était vraiment tyrannique, ce serait peut-être même mieux.

« H-Hm... Est-ce la porte du château ? »

La porte du château était déjà brisée, ce qui signifiait que l’armée avait envahi la zone. Je m’étais dit que je devrais me dépêcher. Comme je le pensais, une partie du château avait explosé. J’avais été choqué par cela, mais j’avais ensuite remarqué les différentes boules de feu qui volaient autour du lieu de l’impact. C’était l’artillerie magique. Je n’avais même pas pensé à quel point cela pouvait être dangereux.

J’étais passé par la porte du château. La sécurité était... définitivement laxiste. Mais ce n’était pas vraiment surprenant. Ce serait impossible de patrouiller dans un moment pareil.

J’avais couru à travers le jardin royal, puis je m’étais dirigé vers le balcon du deuxième étage. De là, j’étais entré dans le château par une fenêtre ouverte.

« Je ne sais pas où est la chambre de l’empereur... »

Je ne pouvais pas non plus utiliser la fonction de recherche pour le trouver. Je ne serais pas capable de déterminer quelle chambre appartenait à l’empereur. S’il n’était pas alité, j’aurais juste cherché quelque chose comme « trône » pour le trouver.

J’avais décidé qu’il n’y aurait plus de raison de s’inquiéter à ce sujet. J’avais pris la décision de quitter la pièce.

Comme on pouvait s’y attendre du château de l’empereur, il était extrêmement luxueux et bien décoré. J’avais ouvert une porte particulièrement grande et ornée, et quelqu’un était tombé à l’intérieur.

« Wôw ! »

La personne qui était tombée était une femme chevalière. Elle s’appuyait contre la porte avant que je la bouge. Bien qu’elle ne bougeait pas, il y avait toujours cet esprit combatif dans ses yeux. Elle m’avait interrogé de la manière suivante :

« Qui es-tu ? »

Ce qui n’était pas une surprise.

Elle avait l’air d’avoir une vingtaine d’années. Je n’avais pas remarqué de blessures claires sur elle, jusqu’à ce que j’aperçoive l’arrière de son cou. Derrière ses cheveux blonds se cachait une aiguille logée dans sa peau. Je l’avais soigneusement enlevée et l’avais mis devant mon visage. Il semblerait qu’elle contienne une substance étrange.

Je me demandais si c’était du poison, alors j’avais cherché des ennemis. Je n’avais vu qu’un seul soldat tombé au combat dans le hall intérieur, donc je n’étais pas entièrement sûr de la source. Quoi qu’il en soit, je devais la guérir.

« Je vais te guérir maintenant, d’accord ? Je ne suis pas un ennemi, alors s’il te plaît, ne m’attaque pas après que j’ai fini ! »

Je m’étais brièvement présenté pour m’assurer qu’elle ne paniquerait pas, puis j’avais invoqué ma magie de guérison.

« [Récupération]. »

Une douce lumière enveloppa la femme. Elle se leva, ouvrit et referma lentement sa main, confirmant apparemment que sa propre force était revenue. Après ça, elle avait dégainé deux épées et elle m’avait attaqué. C’était quoi ce bordel !? Ça ne faisait pas partie du marché !

« [Gravité] ! »

« Gah ! »

J’avais attrapé son bras et j’invoquais ma magie d’altération du poids. Mais j’étais paniqué, alors j’en avais utilisé un peu plus que prévu. Elle avait commencé à s’effondrer sous son propre poids jusqu’à ce qu’elle ait presque l’air de ramper sur le sol. J’avais réduit le poids jusqu’à ce qu’elle soit dans une position accroupie, puis je lui avais parlé normalement.

« Je t’ai dit que je ne suis pas un ennemi, alors pourquoi as-tu essayé de m’attaquer !? »

« Nommez-vous immédiatement ! Si vous n’êtes pas dans la garde royale, alors vous êtes dans l’armée, n’est-ce pas !? Si vous êtes dans l’armée, alors vous êtes un ennemi, n’est-ce pas !? Ça veut dire que je dois vous tuer ! »

Cette femme a-t-elle des troubles cérébraux ? On dirait qu’elle ne comprend rien.

« Tout d’abord, je ne suis pas dans l’armée. Je ne porte même pas d’uniforme militaire ! En plus de ça, si j’étais avec eux, pourquoi t’aurais-je sauvée !? »

« Eh bien, cela a du sens... »

« Je ne suis même pas de ce pays ! Je m’appelle Mochizuki Touya. Je vis à Belfast, je suis un aventurier. J’ai voyagé au cœur de l’Empire et je me suis accidentellement retrouvé dans ce pétrin ! Quant à savoir pourquoi je suis ici dans le château, je suis venu pour essayer d’aider la famille royale. Je possède la magie du transport, alors j’espérais évacuer des gens importants. »

En m’écoutant, l’expression de la chevalière avait changé. Elle était lentement passée de l’inquiétude à l’espoir.

***

Partie 2

« Possédez-vous vraiment... la magie du transport...  !? Si c’est le cas, pouvez-vous m’aider ? »

« Bien sûr, mais pourrais-tu me promettre de ne plus m’attaquer ? »

« Très bien. Je le jure, sur mes deux lames. »

J’avais annulé mon sort et elle s’était levée. Elle s’était débarrassée de sa torpeur et avait un peu bougé son corps, puis elle regarda vers moi en rengainant ses armes.

« Touya, c’est ça ? Je m’appelle Caroline Rillettes. Appelez-moi Carol, s’il vous plaît. J’appartiens au Tiers Ordre de l’Empire. Je suis un chevalier de deuxième classe. »

Je ne savais pas vraiment ce que ça voulait dire, mais j’avais quand même acquiescé.

Carol semblait s’être battue avec des soldats de l’armée, mais elle avait été terrassée par le poison dès qu’elle avait tourné le dos. Comme je m’y attendais, l’arme saisie dans la main du soldat mort était sans aucun doute une sarbacane d’un peu moins de dix centimètres de long.

« Nous devons rencontrer Sa Majesté l’empereur immédiatement ! Venez, je vais vous conduire à lui ! »

C’était alors que j’avais remarqué le symbole sur la poignée de sa lame. Un griffon, un bouclier, deux épées et des lauriers... J’avais l’impression d’avoir déjà vu ça quelque part. Carol s’était dépêchée avant que je ne puisse m’attarder trop longuement sur la question, alors je m’étais précipité vers le château à ses côtés.

Des chevaliers et d’autres soldats étaient éparpillés dans la cour. Ils étaient tous morts, saignant dans un bain de sang collectif. La zone puait le sang frais. C’était mauvais... Si l’endroit était dans cet état, il était peu probable que l’empereur soit en sécurité.

J’avais continué avec Carol, mais mon esprit était déjà rempli des pires scénarios possible.

Après avoir monté les escaliers en courant pendant un certain temps, nous avions finalement atteint un grand couloir.

Carol s’était déplacée droit devant, mais je m’étais soudainement arrêté. J’entendais un léger cri.

Je m’étais arrêté un moment et je m’étais concentré. Les explosions... les cris des guerriers... les armes qui s’entrechoquaient et... elle était là... Une femme... non, une jeune fille... J’entendais la voix d’une fille !

« Recherche ! Une jeune fille dans un rayon de 100 mètres ! Et aussi quelqu’un qui pourrait essayer de lui faire du mal ! »

« ... Recherche terminée. Affichage. »

La carte affichait une pièce au fond du couloir. Compris... Droit devant !

J’avais ouvert la porte et j’avais fait irruption dans la pièce. J’avais inspecté la pièce, j’y trouvais un homme en uniforme militaire. Il chevauchait une jeune fille aux cheveux d’argent. Sa main gauche était enroulée autour de son cou, tandis que sa main droite était sur le point de lui percer la poitrine avec un couteau.

« Hein !? Qui sont... Gyuuuuh !! »

Mon entrée surprise avait fait hésiter l’homme, alors j’avais saisi cette occasion pour lui tirer une balle paralysante. C’était vraiment proche ! Elle serait morte si j’étais arrivé une seconde plus tard ! L’homme s’était effondré sur place, tombant sur la fille.

« E-Eek !? »

La fille avait poussé l’homme loin d’elle et s’était précipitée au coin de la pièce. Elle s’était recroquevillée sur elle-même, toute tremblante. Ce n’était pas vraiment surprenant. Elle venait après tout de survivre à une tentative de meurtre.

« Ça va ? »

Je voulais qu’elle soit calme, alors j’avais essayé de parler doucement. La fille réalisa mes intentions et me regarda dans les yeux.

Ses yeux étaient d’un jade plein et profond, et sa peau était blanche comme de la porcelaine. Elle portait une belle robe blanche, mais ses cheveux argentés étaient un peu sales. Elle avait l’air d’avoir le même âge que Yumina. Le fait que cet homme ait tenté de tuer une enfant était la chose la plus méprisable.

En regardant de plus près, j’avais remarqué que ses vêtements étaient légèrement déchirés. Il y avait des coupures sur sa peau exposée. Si je ne faisais pas quelque chose rapidement, elle finirait par avoir des cicatrices.

« Viens à moi, Lumière ! Confort apaisant : [Magie curative] ! »

J’avais soudainement invoqué un sort de guérison, mais sa réaction avait été effrayante. Heureusement, lorsque la lumière apaisante s’était enroulée autour de ses bras, son expression s’était transformée en une expression d’émerveillement.

« Qui êtes-vous... ? »

« Je m’appelle Mochizuki Touya. Je ne suis rien d’autre qu’un aventurier itinérant, non affilié à votre pays ou à l’armée. »

J’avais choisi mes mots un peu plus soigneusement. Je ne voulais pas qu’elle panique ou qu’elle m’attaque comme ce qui s’était passé avec Carol.

« M-Mochizuki... Touya. »

« Pouvez-vous marcher ? »

« Je... je le peux. »

Je l’avais prise par la main et je l’avais aidée à se relever. Hm ? Je n’y avais pas pensé jusqu’à maintenant, mais... qui était cette fille, exactement ? Ses vêtements étaient de très bonne qualité... Se pourrait-il que... non, c’était impossible ?

Ses yeux étaient fixés sur les miens. Elle ne clignait même pas des yeux, elle regardait simplement... cette sensation était un peu familière.

« ... Qu’est-ce qui se passe ? »

« Quoi ? Quoi !? R-rien ! Ce n’est rien du tout ! »

Les joues de la fille rougissaient d’un rose pâle.

« D’habitude, je n’ai pas l’occasion d’interagir avec des messieurs comme vous... Alors, s’il vous plaît, pardonnez-moi si j’ai l’air plutôt tendu... »

« ... Ne vous en faites pas. »

Il semblerait que la jeune fille était quelqu’un de surprotégé, ce qui ne faisait que rendre mes soupçons plus concrets... Juste au moment où j’allais lui demander son nom, j’avais entendu quelqu’un charger à travers la porte ouverte que j’avais laissé dans mon sillage.

« Princesse ! »

« Carol ! »

Carol avait fait irruption dans la chambre et avait couru vers la fille. C’était comme je m’y attendais. Cette fille était la princesse de l’empire.

« Êtes-vous en sécurité !? Êtes-vous blessée !? Qui est-ce ? »

Carol se dirigea vers l’homme en uniforme au sol.

« Il était là pour me tuer ! Mais Touya m’a sauvé la vie... »

« Il voulait faire quoi !? Impardonnable... même poser la main sur la princesse est un crime de haute trahison ! Je vais le tuer ! »

« Hé, attends une seconde ! »

Carol avait dégainé sa lame et l’avait rapprochée du cou de l’homme inconscient. Je l’avais attrapée par le col et je l’avais ramenée. C’était une personne frustrante qui ne réfléchissait pas avant d’agir.

« Alors c’est vous la princesse ? Ça explique votre attitude générale. »

J’avais appelé la princesse en traînant Carol. J’avais le sentiment que ça finirait comme ça.

« Je suis la troisième princesse de l’empire Regulus. Lucia Leah Regulus... Mes excuses, mais vous n’avez pas l’air très surpris, Touya. Beaucoup de gens changent d’attitude en apprenant que je suis de la royauté. »

« J’ai rencontré deux autres princesses en plus de vous, je crois qu’en ce moment je m’y suis habitué. »

Ouais, l’une était ma fiancée, et l’autre était cette auteur bizarre.

« Connaître autant de membres de la royauté... qui êtes-vous ? »

Cette fois, c’était Carol qui avait été surprise. En toute honnêteté, je n’avais aucune idée de comment me définir à ce stade. J’avais l’impression que ma position sur la scène politique n’était pas vraiment bien établie. Temporairement, j’étais affilié à Belfast en raison de mes fiançailles avec Yumina, mais... Je ne voulais certainement pas en devenir le roi.

« Je vous expliquerai les détails plus tard. Pour l’instant, pouvons-nous continuer ? Je peux utiliser la magie du transport pour envoyer la princesse Lucia en lieu sûr, si vous le voulez. »

« Je pense que ce serait sage. »

Carol avait commencé à réfléchir, j’avais supposé qu’elle pensait à des endroits sûrs pour l’envoyer, mais la princesse elle-même avait refusé.

« J’irai plus tard. Je m’inquiète plus pour mon père et mon frère aîné en ce moment. Allons-y tous ensemble. »

Lucia avait parlé avec bravoure et détermination. Je pensais que c’était un peu dangereux, mais j’avais probablement besoin d’elle avec moi pour que le prince héritier et l’empereur me fassent aussi confiance. J’avais décidé qu’une fois qu’on aurait trouvé sa famille, on se téléporterait tous chez moi et on s’y réfugierait.

J’avais laissé la sécurité de Lucia à Carol et je m’étais concentré sur les environs. Nous étions retournés dans le couloir principal, là où j’avais quitté Carol, puis nous avions continué notre route.

« Nous n’avons qu’à sauver l’empereur et le prince héritier, n’est-ce pas ? »

« C’est exact. Mais j’aimerais aussi garder un œil sur le ministre d’État et les assistants. »

Carol m’avait répondu en courant. Ça m’avait rappelé que Lucia se disait la troisième princesse, mais où étaient les deux autres ? Je l’avais demandé, et apparemment sa sœur aînée s’était mariée à l’étranger, alors que son autre sœur étudiait à l’étranger. Pour l’instant, ils étaient en bons termes avec Regulus, mais... Mais selon ce qui devrait arriver à l’empire après le coup d’État, tout pourrait arriver. Les princesses à l’étranger pourraient même être forcées de rentrer chez elles et se soumettre à qui sait quoi.

On avait couru dans le couloir et on avait tourné au coin. Cinq soldats nous attendaient avec des épées dégainées.

« C’est Lucia ! Attrapez... non, massacrez cette petite salope ! »

Les soldats avaient tourné leurs lames contre nous et avaient chargé à l’unisson.

« C’est dangereux, tu sais. »

J’avais sorti mon Brunhild, je tirais une salve de balles paralysantes. Avec un ra-ta-tat-tat-tat, les hommes étaient tombés les uns après les autres. C’était assez simple.

« Vous avez tué ces cinq hommes si rapidement... »

« Ce n’est pas vraiment ça. Je les ai seulement paralysés. L’empereur est-il dans les parages ? »

Carol était un peu surprise, alors j’avais posé une question à Lucia.

« Oui, la pièce de devant est la chambre de mon père. Il est malade, donc je n’ai pas pu le voir beaucoup... »

« Est-il malade ? C’est contagieux ? »

« Non... il est juste très vieux et malade. Je pense qu’il ne veut pas que je le voie comme ça. J’ai entendu dire qu’il est devenu très fragile et faible ces derniers temps. »

C’était inquiétant... Je ne savais pas comment procéder. Le fait qu’il y avait cinq ennemis qui nous attendaient si loin n’était pas vraiment de bon augure pour nous. Il était tout à fait possible que l’armée s’y soit rendue et avait déjà tué le vieil homme. Je ne voulais pas être responsable d’exposer quelqu’un d’aussi jeune au cadavre potentiellement brutalisé de son père. Lucia remarqua mon hésitation, et me saisit rapidement par la manche.

« Je suis prête à aller jusqu’au bout, quelles qu’en soient les conséquences. Si je ne vois pas mon père de mes propres yeux, même maintenant... Je le regretterai vraiment. Par conséquent, je viendrai avec vous. »

La détermination de la jeune fille était tout simplement admirable, alors je ne pouvais pas lui dire non après cela. Tout en me préparant, j’avais ouvert la porte.

La chambre était très spacieuse, clairement construite pour un membre de la royauté. Plusieurs hommes se tenaient autour d’un grand lit près du mur du fond, mais ils s’étaient tournés vers nous lorsque nous étions entrés.

Ils portaient tous des uniformes de style militaire. Trois soldats réguliers, deux hommes qui ressemblaient à des officiers et un général. Il y avait aussi plusieurs cadavres éparpillés autour. Ils étaient vêtus d’une armure, donc probablement ils étaient de la garde royale.

Il y avait un homme âgé parmi eux tous, couché dans le lit. Il ne semblait être ni membre de l’armée ni de la garde royale. C’était probablement l’empereur de l’Empire Regulus lui-même. Si c’était le cas, il était trop tard.

« Et qui êtes-vous ? Vous n’êtes pas de la garde royale. »

L’homme qui semblait être le général avait pris la parole. Il avait des yeux aiguisés et un nez crochu, cela me faisait penser au visage d’un faucon. Il avait l’air d’avoir une quarantaine d’années.

« Général Bazoar ! Avez-vous levé vos mains contre Sa Majesté l’empereur !? »

« Père... ! »

Carol rugit furieusement contre l’homme, et j’entendis Lucia haleter d’horreur. C’était donc un général. Je me demandais s’il était le cerveau derrière le coup d’État.

« Tiens, la princesse Lucia et la stupide fille de la maison des Rillettes. Comme c’est vexant. Je suis sûr d’avoir ordonné votre mort à toutes les deux. »

Le général avait froncé les sourcils. Il semblait ennuyé par leur survie. Je me demandais si Carol avait une réputation... Je lui avais jeté un bref coup d’œil avant de regarder le général en arrière.

« C’est toi qui es derrière tout ça, alors ? Dis-moi au moins ceci. Pourquoi ? Pourquoi fais-tu ça ? »

J’avais posé ma question directement au général Bazoar. En fin de compte, j’étais totalement étranger dans cette affaire. Je devrais l’écouter pour savoir quel côté était le bon.

***

Partie 3

« L’empereur a une maladie. Une maladie de cœur. Il a signé un traité de paix avec Belfast et Roadmare, et il hésite même quand on lui dit de piétiner de tels accords et de conquérir ces territoires ! L’empereur tel qu’il était dans la fleur de l’âge ne se serait jamais comporté de cette façon. Vraiment, l’âge est une maladie effrayante sans remède. »

« ... Et juste pour ça, tu le tuerais ? »

« Pour le bien de son peuple, un empereur doit être fort. S’il perd cette force, alors il doit s’écarter et faire de la place à un autre. Un nouvel empereur doit prendre sa place, un empereur qui a de la force et de l’énergie. »

Cela ne se passera pas comme ça, n’est-ce pas ? Ce n’était qu’une trahison ! C’était clairement un coup d’État. Le général doit avoir plus de respect de la part des militaires que l’empereur, sinon il n’aurait jamais pu déclencher une révolte comme celle-ci. Un vieil empereur mal en point, sans projets pour son peuple, et un prince héritier peu fiable... Quand vous les mettiez aux côtés d’un général déterminé qui ne reculera devant rien pour gagner... Eh bien, il était assez facile de voir lequel de ces trois-là avait la plus grande présence. Pourtant, ces types avaient-ils sérieusement l’intention de rompre le traité et de faire la guerre ?

« Belfast, Refreese et Mismede sont unis dans une alliance. Pouvez-vous au moins espérer aller à l’encontre des trois nations à la fois ? »

« Bien sûr que je peux ! Penses-tu que j’ai été assis là, à me tourner les pouces pendant ces vingt dernières années de paix ? »

Le général Bazoar leva le bras droit vers une fenêtre voisine et commença à se concentrer.

Oh, c’était un utilisateur de magie !? Attends, le plus important... quel genre de magie pourrait-elle être !? J’avais ressenti une immense pression. C’était clairement une force plus grande que celle que j’avais rencontrée chez n’importe quel utilisateur de magie auparavant. Quel était ce sentiment... ? Mon corps semblait... d’une façon ou d’une autre plus lourd.

« Sortez, ténèbres ! Je cherche un démon du plus haut niveau : [Seigneur Démon] ! »

Le général avait lancé son incantation. Et au moment où il termina sa phrase, la fenêtre s’était brisée en morceaux et la pièce avait été plongée dans une lumière blanche.

Lorsqu’elle s’était finalement atténuée, le mur sur lequel la fenêtre avait été fixée n’existait plus. Plus important encore, il y avait une énorme créature qui flottait à l’extérieur, clairement visible malgré le fait que nous étions au troisième étage. Elle avait la tête d’une chèvre, les ailes d’une chauve-souris, le haut du corps était celui d’un homme bien bâti et le bas du corps celui d’un hibou.

Qu’est-ce que c’était que ce truc !? Il avait appelé ça un Seigneur Démon ? C’était un euphémisme, on dirait le diable en personne !

« I-Impossible... ! Comment a-t-il pu passer un contrat avec une telle créature ? D’où lui vient le pouvoir magique lui permettant de le garder dans ce monde ? »

Lucia marmonnait à elle-même, stupéfaite et horrifiée. Elle n’avait pas tort. Les hommes-lézards, les loups argentés et les squelettes étaient des invocations standardes, mais cette chose se situait à un tout autre niveau. Je n’avais aucune idée d’où le général tirait cette énergie magique.

« Passer un contrat avec la bête était insignifiant. Je lui ai simplement offert des sacrifices vivants. Les criminels de notre grande ville ont été offerts en pâture à la créature. L’empereur s’y est obstinément opposé, bien sûr. Mais pensez au potentiel. Si l’on pouvait contracter un Démon Supérieur, alors on pouvait aussi contrôler les Petits Démons par procuration. Après avoir rempli les conditions du contrat et nourri la bête avec autant de vies qu’elle le souhaitait, j’ai réussi à le contrôler. Et maintenant, une armée entière de monstres est à ma disposition ! Quant à la magie... »

Le général Bazoar leva le bras droit et retira sa manche. Il l’avait soulevé pour nous montrer un beau bracelet enroulé autour de son poignet. Un bijou rouge éblouissant y était fixé, qui scintillait d’une lueur terrifiante. C’est... un artefact !?

« Ce bracelet absorbe l’énergie magique des lieux et des gens autour de moi. Petit à petit, elle a vidé la magie de tous ceux qui se trouvaient à proximité. C’est vous qui maintenez le Seigneur Démon. »

Ça drainait la magie ? Je supposais que ça expliquait le sentiment bizarre d’avant... Mais c’était une mauvaise nouvelle. Je devrais sortir d’ici ou il allait juste gagner plus de magie.

J’avais remarqué que Lucia et Carol étaient tombées à genoux. On aurait dit qu’elles s’affaiblissaient au fur et à mesure qu’elles perdaient de l’énergie.

Ma magie s’était déjà suffisamment régénérée, mais il serait inutile d’utiliser [Transfert] sur les filles. Toute la magie que je leur rendais serait à nouveau sapée.

Alors il n’y avait qu’une chose à faire... Je vais devoir l’effacer à la source !

[Apport] !

J’avais essayé d’éloigner le bijou avec de la magie. Mais au lieu de ce qui devait se produire habituellement, un son étrange avait résonné près du général, et le sort avait complètement échoué.

« Hm ? Et bien, mon petit ! Tu as encore de la magie à revendre ? C’est malheureux pour toi que de telles choses ne marchent pas du tout sur moi. Pourquoi crois-tu que j’ai choisi un démon parmi toutes les choses avec qui faire un contrat ? »

Le général fit un geste en direction de la créature monstrueuse qui planait encore dans l’air à proximité.

« Ce Seigneur Démon a une caractéristique particulière. C’est ce qu’on appelle l’annulation magique. Les attaques magiques et les effets des armes enchantées n’ont aucun effet sur elle. Et, en tant que maître et entrepreneur, la capacité s’étend maintenant à moi ! »

Annulation magique !? Comment étais-je censé faire quoi que ce soit contre ça !? Je supposais que je devais dans ce cas utiliser des attaques physiques...

J’avais sorti mon Brunhild et l’avais rechargé avec des balles paralysantes. Si la magie n’avait aucun effet, c’était probablement ma meilleure chance.

« Hm ? »

J’avais appuyé sur la détente, visant le général. L’arme avait fait écho et... la balle avait heurté un mur invisible devant le visage du général. Qu’est-ce que c’était que ça !?

« Hm ? C’était une sorte d’arme à projectile ? Tu pensais passer aux attaques physiques après avoir échoué à me frapper avec de la magie ? Comme c’est malheureux. »

Le général retroussa sa manche gauche pour dévoiler un autre bracelet serti d’une pierre précieuse rouge différente.

« C’est mon bracelet bloqueur. Il forme une barrière invisible égale au niveau de la magie déversée, annulant complètement tous les dommages physiques. Mon bracelet draineur absorbe la magie, mon Seigneur Démon m’accorde une résistance à toutes les attaques magiques, et mon bracelet bloqueur résiste à toutes les attaques physiques ! C’est ma Sainte Trinité ! Ma défense ultime ! Je ne peux pas être attaqué, quels que soient les moyens employés ! »

Il devait mentir, non !? C’était impossible ! Je voulais dire ça, mais je n’étais pas vraiment en mesure de dire quoi que ce soit à ce sujet, mais est-ce que ça ne semblait pas un peu trop simple ? Il est bien trop puissant ! Ce n’était pas juste du tout ! Et il m’utilisait aussi comme batterie magique ! Ce n’était pas juste ! Donc, même si j’utilisais [Gravité] pour faire une attaque extrêmement lourde ou puissante, il pourrait simplement utiliser ma propre magie afin de générer un bouclier pour la bloquer. Attends, cela avait-il un sens ? Comment pouvait-il tirer autant de magie de moi à la fois ? Eh bien, je supposais que d’autres lui fournissaient aussi de la magie...

Tsk... c’était mauvais. Si seulement je pouvais me débarrasser de ses satanés bracelets.

« Je ne sais pas d’où tu viens, mais on ne peut pas te laisser partir vivant. Tu deviendras de la nourriture sacrificielle pour le Seigneur Démon, un sacrifice supplémentaire parmi d’autres. »

« Alors quoi ? Tu prévois d’appeler une armée de monstres et de faire la guerre ? Combien de citoyens innocents de cette nation as-tu l’intention de sacrifier ? »

« Je ne sacrifie pas les citoyens, les seuls qui sont morts jusqu’ici étaient des criminels. Dans la vie, c’étaient des ordures, inutiles à notre glorieux empire. N’est-il pas mieux pour eux de mourir au nom de mon ambition ? Mais si c’est ton problème, ne t’inquiète pas. Nous utiliserons les soldats de Belfast comme nourriture sacrificielle bien assez tôt ! »

Le général rit de bon cœur. C’était à ce moment-là que j’avais réalisé qu’il n’était rien de plus qu’un fou avec une soif de carnage.

Je ne savais pas si le coup d’État était juste ou non, mais sa tirade m’avait amené à la conclusion suivante : C’était le méchant.

Utiliser et abuser de la vie des autres pour ses propres fins était simplement un péché impardonnable.

« Uuh... »

L’empereur, qui gisait sur le sol derrière le général, bougea très légèrement son pied. Était-il vivant !? Ni le général ni ses compagnons ne semblaient s’en rendre compte. J’avais alors décidé que ma priorité devait être de sauver l’empereur. Les deux derrière moi semblaient être elles-mêmes à la limite de leur conscience, il semblerait donc que leurs réserves magiques étaient à leur limite.

« Invoquez [Porte]. Ciblez trois individus, l’empereur, Lucia et Carol. Envoyez-les chez moi, juste à l’extérieur. »

« Bien reçu. Invocation de [Porte]. »

« Quoi !? »

Une lumière était apparue autour des trois individus, et ils avaient disparu en un éclair.

« Misérable, tu peux même utiliser la magie de transport !? »

« C’est exact. Je vais me retirer juste pour aujourd’hui, mais ne pense pas une minute que j’en ai fini avec toi. »

J’avais rechargé Brunhild avec des balles différentes. J’avais pointé mon arme sur le général.

« Enfant stupide, c’est inutile ! Tant que je porterai le bracelet bloqueur à mon poignet, tu ne pourras pas me faire une égratignure ! »

« Très bien. Il n’est peut-être pas possible de blesser ton corps, mais... Je suis sûr que je peux au moins porter un coup à ta fierté. »

« ... De quoi diable parles-tu, mon garçon ? »

Un sourire cruel s’était répandu sur mon visage. J’avais baissé le canon de mon arme, puis j’avais tiré près de ses pieds.

« [Glissade]. »

« Augh ! »

Le général était tombé de très jolie manière. Il avait posé sa main sur le sol et avait essayé de se relever, mais la balle que j’avais tirée était programmée pour créer une zone sans frottement dans une large zone. Peu importait où le général mettait ses mains, ses pieds, n’importe quoi. Il était entièrement à ma merci maintenant.

« G-Général ! Ne vous inquiétez pas ! »

Ses alliés avaient couru pour l’aider... comme des agneaux idiots allant au massacre. L’effet magique n’était après tout pas seulement concentré sur le général. C’était un sort à zone d’effet.

« Whuh ! »

« Gah ! »

Comme prévu, ils avaient été entraînés dans cet enfer glissant et avaient commencé à tomber à plusieurs reprises. Ils n’avaient pas de bracelet bloqueur comme le général, alors ils avaient certainement subi des dommages après s’être écrasés dans le sol à plusieurs reprises pendant un certain temps.

« Ohohoho... Hahahahaha !! Oui, c’est cela ! Tomber pour toujours ! Continuez à danser cette danse pathétique jusqu’à votre mort ! »

J’avais dit ces choses sarcastiques pour essayer de le provoquer, mais il n’avait pas mordu à l’appât. Il aurait pu utiliser son bracelet draineur pour absorber la magie que j’avais imprégnée dans le sol, mais il ne semblait pas s’en rendre compte. Et je n’avais aucune obligation de lui dire.

« Seigneur Démon ! »

Le monstre à tête de chèvre m’avait attrapé en réponse à l’appel de son maître. Ce n’était pas bon. Je ne pensais pas que ça marcherait dans l’air.

Cette chose pourrait être blessée par des attaques physiques. Pourtant, le général serait probablement en mesure de le rappeler si je le défais... J’avais donc décidé de faire la seule chose que je pouvais faire.

« Adieu, chers messieurs ! Mais ne croyez pas que vous avez fini de me voir ! Bientôt, le Marteau de Babylone descendra sur vous ! Le tonnerre de ma vengeance s’abattra sur vous avec la rafale de mille vents ! Vivez dans la peur jusque-là, vermine ! Fuhahahahaha !! »

Je m’étais un peu trop impliqué.

Juste avant de partir, j’avais fait apparaître un mirage pour choquer leurs sens. L’image que j’avais créée était celle de cafards, d’asticots, de mille-pattes et d’autres animaux qui se tortillaient, partout sur le sol. C’était mon cadeau d’adieu.

« Eek !! Augugh !! »

« Des i-insectes ! Ils sont partout !! »

« Fils de... ! Je te ferais payer pour ça ! »

Ils avaient poussé leurs cris d’angoisse en réponse à mes provocations. Quoi qu’il en soit, leur souffrance m’avait fait sentir beaucoup mieux.

J’avais ouvert une [Porte] sous moi et je m’étais échappé.

J’avais atterri dans mon jardin, regardant par-dessus pour voir que Lucia était à côté de son père. Il avait l’air pâle et froid.

« P-Père ! Père... ! »

La situation semblait préoccupante. J’avais besoin de le soigner immédiatement. Lucia tenait l’une de ses mains, alors je m’étais penché et j’avais attrapé l’autre.

« Viens, Lumière ! Amène le repos de la déesse : [Mega Soins] ! »

Mon sort de rétablissement avancé avait créé une belle lumière qui s’était enroulée autour du corps de l’empereur. Le coup de couteau sur le côté s’était refermé tout seul. Même ainsi, ce sort ne suffisait pas à lui seul.

« [Récupération]. »

J’avais jeté un autre sort au cas où il y aurait des effets secondaires sur lui. Je ne pouvais rien faire d’autre. C’était à l’homme lui-même qu’il appartenait de faire le reste.

J’avais fait déplacer l’empereur dans une chambre d’amis, puis je l’avais vite mis au lit. Après cela, j’avais dit à Laim de contacter le Palais Royal et d’amener le Docteur Raul, puis j’avais amené Lucia et Carol dans la chambre de l’empereur.

Pendant que j’attendais l’arrivée de Raul, j’avais rassemblé tout le monde dans le salon. Je leur avais ensuite donné un aperçu de la situation.

« Bon sang, Touya... pourquoi tu continues à fourrer ton nez dans de telles affaires ? », soupira Elze.

Ce n’était pas comme si je foutais mon nez dans les choses ! C’était plutôt les choses qui restaient collées à mon nez !

« Malgré tout, sans tenir compte des problèmes de l’empire... Où est le prince ? »

Linze marmonnait ses inquiétudes, mais tout ce que je pouvais faire, c’était prier. J’aurais préféré téléporter tout le monde en lieu sûr, mais je n’avais jamais vu le prince auparavant, alors je n’avais pas pu l’inclure dans le rappel collectif.

« Mais c’est terrible... Et si l’empire fait bientôt une attaque contre Belfast ? »

« L’armée des démons est pour l’instant la chose la plus préoccupante. On doit s’en occuper avant toute chose. »

Le moyen le plus simple serait de vaincre le général Bazoar, mais... Les attaques magiques n’avaient rien fait, et je ne pourrais pas non plus trouver un moyen de le vaincre par des attaques physiques.

Si j’utilisais [Porte] et que je le lâchais d’une grande hauteur, son bracelet bloqueur annulerait les dégâts. En plus, il était très probable qu’il aurait convoqué le Seigneur Démon avant ça. Alors il pourrait s’envoler et partir en retraite. [Gravité] n’aura probablement aucun d’effet. Mec, quel emmerdeur !

Des sorts comme [Glissade] et [Mirage] fonctionnaient bien, probablement parce qu’ils étaient indirects. Il était assez clair que je devais réfléchir à quelque chose, mais plus important encore... je devrais le signaler au roi de Belfast.

Un coup d’État militaire dans l’Empire était une affaire énorme, et le roi devrait aussi être informé de l’apparition d’une armée de démons.

Mais devrais-je lui parler de Lucia et de l’Empereur... ? Leurs états avaient signé un traité de paix provisoire, mais ils étaient aussi d’anciens ennemis...

J’avais brièvement envisagé ce qui pourrait arriver si le roi voulait qu’ils partent du pays. J’avais alors décidé de les laisser se réfugier à Babylone. Je ne voulais pas m’allier à une nation en particulier, mais je ne pouvais certainement pas abandonner une personne blessée comme ça.

Alors que je réfléchissais, Laim avait amené le docteur Raul. J’avais pensé qu’il valait mieux confier le reste à un professionnel. En attendant, j’avais des projets à faire. Je devais trouver un moyen de vaincre le Seigneur Démon, ainsi que le général qui le contrôlait.

Est-ce que je pouvais enlever les artefacts de ce général et le battre ainsi... ? En fait... attends, c’était peut-être plus facile que ce à quoi je m’attendais... J’aurai peut-être besoin d’un peu de temps de préparation, mais je pensais que je pouvais le faire... J’avais soigneusement réfléchi à mon idée et j’en étais venu à une conclusion solide. Ouais, ça devrait aller.

J’avais formulé mon plan. Harceler les gens n’était pas exactement la chose la plus classe à faire, mais j’avais soudainement imaginé le visage du général, pleurant et mendiant. C’était hilarant. En un rien de temps, un sourire sadique s’était répandu sur mon visage. Tous ceux qui m’avaient regardé avaient un peu reculé.

Quoi, avais-je l’air si bizarre ?

***

Partie 4

« Son état est stable pour l’instant. Il a juste besoin de repos et de temps pour récupérer. Il sera réveillé bien assez tôt, j’en suis sûr. »

Raul avait posé son stéthoscope et nous avait donné son diagnostic. L’empereur aurait dû être atteint d’une maladie, mais apparemment il n’y avait rien de symptomatique à cela.

Je me demandais si c’était l’effet du sort [Récupération] que j’avais utilisé sur lui. Mais il n’aurait pas dû être capable de purger le corps de la maladie ou de ses infections. Une fois, j’avais essayé de l’utiliser sur Linze pour la débarrasser d’un rhume, mais cela n’avait rien fait.

[Récupération] était l’un de ces sorts où les détails étaient un peu obscurs. Cependant, je n’étais pas vraiment un médecin spécialiste, et je n’avais donc pas la moindre idée des subtilités de la classification des maladies. Les virus et les tumeurs auraient pu être traités différemment. J’avais décidé de ne pas trop m’en faire, car de toute façon le résultat final était clairement positif.

« Bonté divine... Je n’aurais jamais pensé soigner l’empereur de Régulus... Sa forme devrait rapidement devenir meilleure. »

Docteur Raul avait fait un petit sourire ironique pendant qu’il parlait. Je lui avais demandé de garder cette affaire secrète pour le reste du palais, juste pour le moment. Le plan était d’informer le roi de la situation au réveil de l’empereur.

D’un point de vue médical, il avait probablement compris que nous ne voulions pas mettre de pression inutile sur le patient. La présence de Yumina avait au moins probablement contribué à renforcer sa confiance.

Lucia était assise à côté de son père tout le temps, le soignant doucement au chevet du malade. Naturellement, Carol s’était aussi tenue aux côtés de la jeune fille durant tout ce temps.

« Princesse Lucia... tu devrais prendre le temps de te reposer. Si tu finis par mourir d’épuisement, ton père va s’inquiéter, non ? »

« Très bien, dans ce cas... Pourrais-tu m’appeler Lu ? Si c’est d’accord, je veux dire. »

La princesse me regarda avec des yeux innocents et un ton hésitant. Si c’était ce qu’elle voulait, ça ne me dérangeait pas.

« Très bien alors ! Lu, c’est ça ? C’est mignon. »

« Oui, oui, merci. C’est beaucoup mieux. »

Lu leva les yeux en souriant. J’avais remarqué que quelqu’un me regardait à travers une fissure dans la porte. Quelle était la personne qui pouvait me regarder de travers ? C’était troublant, honnêtement. Whoa, c’est effrayant ! N’était-ce pas Yumina ? Pourquoi est-ce qu’elle me regardait comme ça... ?

Sur ce, la porte s’ouvrit et Yumina entra. Elle se tenait devant Lu et s’inclina avec bienséance et grâce.

« Enchantée de vous rencontrer. Je suis Yumina Urnea Belfast, princesse du Royaume de Belfast. Fille de Tristwyn Urnes Belfast, roi du royaume de Belfast. »

Carol et Lu s’étaient toutes les deux raidies lors de cette introduction soudaine, mais elles s’en étaient vite remises. Après quelques instants, Lu se leva et s’inclina en retour.

« Enchantée et ravie de faire votre connaissance. Je suis Lucia Leah Regulus, troisième princesse de l’Empire Regulus. Fille de Zephyrus Loah Regulus, empereur de l’Empire Regulus. »

C’était donc une salutation officielle entre membres de la famille royale, n’est-ce pas ? C’était cependant plus mignonnet que sublime ou impressionnant. C’était probablement à cause de leur âge.

« J’ai entendu les nouvelles, comme c’est horrible. Je suis contente que vous soyez en sécurité. »

« Je vous remercie. Grâce à l’aide du seigneur Touya, j’ai réussi à venir ici en toute sécurité. »

Lu sourit comme une fleur en pleine floraison.

« En effet, je suis heureuse de le savoir. Ça me rend heureuse de savoir que mon fiancé est si désintéressé. Touya est un merveilleux fiancé. »

« A-Ah... Je vois... »

La fleur s’était immédiatement fanée.

Est-ce qu’elle allait bien ?

« Ma chère Lucia, voulez-vous vous joindre à moi dans mes quartiers privés un moment ? Je pense que nous devons discuter d’une certaine affaire. »

« H-Huh ? Tout de suite, bien sûr ! »

Lu suivit précipitamment Yumina. Après la fermeture de la porte, le docteur Raul murmura quelque chose sous son souffle.

« ... Querelle de femmes... »

« S’il te plaît, ne fait pas ce genre de blagues. »

Personnellement, je n’avais pas trouvé ça drôle.

« Eh bien, peu importe la façon dont tu le vois, tu as influencé cette petite princesse de Regulus. Deux princesses amoureuses du même homme... C’est la base de futurs ennuis. »

Attends, sérieusement !? Je croyais qu’elle était mal à l’aise parce que je lui avais sauvé la vie !

« ... Tu crois que Yumina l’a remarqué ? »

« Désolé gamin, mais c’est sûr. C’est une petite dame, mais je crois que sa capacité à sentir ses rivales est plutôt aiguisée. »

C’est... troublant. J’espérais que ces deux-là allaient s’en sortir. Un malaise s’était soudain emparé de moi.

Ce n’était pas comme si j’imaginais Yumina crier quelque chose comme « Bas les pattes, salope ! » Ou d’autres méchancetés de ce genre... Mais j’étais encore un peu inquiet.

« ... Je ne me sens pas très bien. »

« Besoin d’un examen médical ? »

Ce n’était pas ce que je voulais dire.

« Docteur, si tu veux retourner au château, on peut passer par une [Porte]. De toute façon, je devrais probablement me présenter devant le roi. »

« Dans ce cas, je vais accepter cette offre. »

J’avais laissé l’empereur sous la garde de Carol et je m’étais dirigé via une [Porte] vers le palais royal. Puis, je m’étais immédiatement présenté devant le roi.

« Et voici ce qui se passe dans l’empire Regulus en ce moment... »

J’avais exposé les principaux faits de la situation et proposé qu’une ligne défensive soit tracée sur la frontière la plus proche de l’empire. J’avais aussi recommandé qu’ils se concentrent sur les troupes magiques pour prévenir les pertes en première ligne. Par la suite, j’avais réalisé plusieurs Miroirs Portails pour faciliter la communication.

Les miroirs portails étaient de petites paires de miroirs que j’avais enchantées avec [Porte]. Si une lettre était envoyée par l’un, elle sortait par l’autre.

Si l’on envoyait quelqu’un dans un fort ou sur les lignes de front, cela permettrait un contact quasi instantané avec la capitale.

« Hmph... D’avoir de si bonnes et de si mauvaises nouvelles dans un si court laps de temps... Quelle journée ! », murmura Sa Majesté le roi avec un petit soupir.

Hm ? Je n’ai apporté que de mauvaises nouvelles... C’était quoi la bonne ?

« Eh bien, je vais être franc. Yumina va avoir un petit frère ou une petite sœur. »

« Whuh ? », m’exclamais-je.

Le roi m’avait fait un petit sourire. Il avait l’air un peu gêné.

« Hehehe... félicitations ! J’espère que ta femme donnera naissance à un successeur solide. »

Si c’était un garçon, la probabilité que j’aie à monter sur le trône serait bien moindre. C’était très bien pour moi.

« Hm... mes sentiments sont un peu mitigés. Si tu me succédais, Touya, j’en serais très heureux. »

« Mais si tu as un garçon, il prendra le trône, non ? »

« Hoho, donc tu dis que si on a une fille, tu prendras le trône ? »

« ... Non, ce n’est pas ce que je voulais dire ! »

L’argument du roi était un peu irritant. Il n’aurait pas dû assigner des rôles à des gens qui n’étaient même pas encore nés.

« Alors, qu’est-ce que l’empereur a l’intention de faire... ? »

« Euh... Je ne suis pas sûr de ce qui se passe là-bas. Soit il s’enfuit avec sa fille, soit il aurait été exécuté, les détails sont flous. »

J’avais donné une réponse aussi évasive que possible. Je voulais attendre que l’état de santé de l’empereur soit stabilisé et qu’il soit conscient avant de tout expliquer.

« Pour l’instant, le général a une armée et il faut faire quelque chose à ce sujet. Si je le vaincs, alors l’invasion devrait être empêchée. »

« Hoho... tu as l’air confiant, mon garçon ! J’espère alors que tu as un plan. »

« Eh bien, je ne le saurai pas avant d’avoir essayé... »

Je quittai le palais royal après avoir donné encore une fois une réponse évasive quant à mes intentions.

Le Seigneur Démon avait annulé toute magie, mais j’avais quand même senti que je pouvais l’éliminer par des attaques physiques. Je n’avais pas pu utiliser [Gravité] dessus, mais peut-être que laisser tomber quelque chose de très lourd d’en haut ferait l’affaire...

Mais même si j’avais vaincu la créature elle-même, le général aurait probablement encore cette résistance magique passive. En plus de cela, son bracelet draineur absorberait toute la magie des environs, il rappellerait ainsi immédiatement le Seigneur Démon.

Tout dans ce monde possédait de la magie, aussi minuscule soit-elle. Animaux, plantes, petits insectes... Toutes ces choses possédaient une énergie magique. À eux seuls, elle était vraiment insignifiante, mais réunie ensemble, cela devenait immense. Si son bracelet pouvait absorber passivement la magie de tout ce qui se trouvait à proximité, cela lui donnait un pouvoir redoutable. C’était la nature même de la magie qui avait fait du bracelet draineur quelque chose de vraiment formidable.

Le bracelet bloqueur était une tout autre affaire. Au début, je pensais que cela bloquait mes balles, mais c’était un peu différent. La barrière s’était générée d’elle-même en fonction de l’endroit où serait frappé le général. Si tout son corps était touché, cela se déploierait sur tout son corps.

Mais cela n’avait pas bloqué complètement tous les dégâts quand je l’avais fait glisser... Il avait continué à tomber, qu’il ait été blessé ou non. En résumé, cela restait néanmoins un bouclier automatique gênant. Je devrais faire quelque chose.

Il n’y avait rien d’autre à faire, il faudra que je m’en serve de ça.

Et bien... ce ne sera certainement pas amusant pour lui. Il n’aimera certainement pas ça du tout. Au moins, ça ne le tuera pas ! C’est au moins un point positif pour lui. Heheh... J’avais déjà hâte d’y être.

J’avais décidé de me préparer pour la bataille à venir. J’étais rentré chez moi et j’avais demandé à Linze si un certain objet existait dans ce monde. Il s’était avéré que l’objet n’existait pas ici, mais il y avait quelque chose de similaire et de beaucoup plus puissant. Ce serait mon arme ultime contre lui si la magie s’avérait impossible. J’avais décidé de partir et d’arranger ça.

J’avais parcouru le marché de Sandora, et j’avais finalement pu l’obtenir. Le vieux marchand m’avait supplié de ne pas l’ouvrir à proximité, alors je l’avais mis dans [Stockage]. Je voulais le tester avant le grand jour, mais je ne voulais pas que cela tourne mal. J’avais décidé qu’il n’y avait pas besoin de sauter les étapes.

Je m’étais rendu à l’atelier et j’avais demandé à Rosetta de créer plusieurs épaisses plaques de fer. Je les avais ensuite enchantés avec [Invisibilité], les rendant ainsi complètement transparentes. J’avais grossièrement créé du métal renforcé avec les propriétés de transparence du verre.

Je ne comprenais pas vraiment les aspects techniques du sort que Leen essayait souvent de m’expliquer, mais pour moi cela ressemblait vraiment à du verre.

J’avais été étonné de constater que, quelle que soit l’épaisseur de la feuille, elle était complètement transparente. Je pourrais probablement installer une sorte d’aquarium avec cette méthode.

Mais au lieu de me laisser distraire, je m’étais concentré sur mon objectif. J’avais mis l’objet que j’avais acheté à Sandora en plein milieu, puis j’avais fini le tout avec [Modelage].

Une fois terminé, j’avais rapidement dissimulé mon arme secrète dans mon [Stockage].

« Hmm, tu as parlé du bracelet draineur et du bracelet bloqueur... »

Rosetta inclina soudain la tête et croisa les bras.

« Hm ? Tu sais quelque chose sur eux ? »

« Je suis presque sûre que ces choses devaient se trouver à l’intérieur de l’Entrepôt de Babylone, oui, monsieur ! »

« Attends, quoi ? »

***

Partie 5

Franchement ? Ces bracelets étaient-ils tombés du ciel dans ses mains ou quoi !?

« Eh bien, monsieur ! Ça fait des milliers d’années, monsieur ! Il n’y a aucune garantie que l’entrepôt soit encore intact, monsieur ! Il se peut que divers artefacts et d’autres choses de ce genre soient tombés et qu’ils soient maintenant répandus partout, monsieur, oui, monsieur ! »

« Attends une seconde... as-tu déjà entendu parler d’un artefact qui accorde à son propriétaire l’immortalité et le contrôle sur les morts ? »

« Oui monsieur ! C’est certainement stocké dans l’entrepôt ! Le docteur Babylon l’a scellée bien fermement, monsieur ! »

Je le savais ! La crise d’Eashen avait donc aussi été causée par cela ? Attends, cela ne voulait-il pas dire que l’entrepôt s’était peut-être écrasé, ou qu’il avait explosé, ou quelque chose comme ça ? Cela signifiait aussi qu’il y avait peut-être encore une tonne d’artefacts dangereux qui étaient en train de se répandre, n’est-ce pas... ?

« S’il s’était écrasé, qu’en était-il du gynécoide qui gérait l’endroit ? »

« Nous avons des capacités de téléportation d’urgence à courte portée, il est donc possible qu’elle se soit échappée, monsieur ! Cependant... La responsable du magasin est une fille insouciante et indisciplinée, monsieur ! Il est donc possible que les artefacts soient tombés au sol par d’autres moyens... »

Il semblerait que ce soit une nouvelle fille-robot gênante... Car en y pensant, Cesca et Rosetta l’étaient toutes autant.

Pas la peine de s’en faire pour l’instant. Ce n’était pas comme si je pouvais faire n’importe quoi.

Tout cela mis à part, mon arme contre le général était prête. Le soir était tombé, j’étais alors rentré chez moi avec Rosetta, et c’était à ce moment que Carol m’avait dit que l’empereur s’était enfin réveillé.

J’étais content qu’il se soit réveillé, mais j’étais quand même un peu inquiet. Carol avait toutefois mis fin à ces craintes. Elle avait dit qu’il ne s’était jamais mieux porté avant et qu’il était même prêt à parler.

Elle m’avait suivi quand j’étais entré dans la chambre d’amis avec l’empereur à l’intérieur. Il était là, en train d’avoir une conversation décontractée avec sa fille. En fait, il avait l’air très bien.

« T-Touya, mon père s’est réveillé ! »

« Oh ? C’est le légendaire Mochizuki Touya ? »

Lu se retourna avec un immense sourire plâtré sur son visage, tandis que l’Empereur me regardait tranquillement. Il avait un visage décharné et une longue barbe blanche. Il ressemblait presque à un ermite des montagnes.

« Veuillez accepter mes remerciements les plus sincères. Vous avez sauvé ma fille, vous m’avez sauvé... Les mots seuls ne suffisent pas, mais quand même... ! »

Il avait baissé la tête devant moi. Franchement, c’était un peu embarrassant.

« N’y faites pas attention, Votre Majesté Impériale. J’étais dans votre capitale en train de faire des courses. »

Peu importe la façon dont on regardait la chose, c’était juste une coïncidence. Si j’avais été là un jour plus tôt, ça aurait été une tout autre histoire.

« Quoi qu’il en soit, je vous en suis reconnaissant. Le fait qu’une chose aussi horrible se soit produite remplit mon cœur de regrets. »

« Alors, qu’est-ce que vous voulez faire maintenant ? Je n’ai pas encore informé le gouvernement de Belfast de votre séjour ici. Si vous aviez un endroit où vous préfériez vous échapper, je peux ouvrir une [Porte] et vous y emmener. »

L’empereur s’arrêta soudain et me regarda fixement.

Y avait-il quelque chose sur mon visage ?

« Touya... n’êtes-vous pas un agent de Belfast ? »

« J’habite ici, donc je suppose qu’on pourrait dire que je suis un citoyen. Mais à part ça, je ne sers pas formellement le pays ou quelque chose du genre. Je suis lié d’amitié avec le roi, mais je n’aime pas m’impliquer dans les affaires politiques. »

J’avais pensé qu’il devrait aller chercher asile dans un endroit sûr, loin de toute question politique. Il pourrait peut-être aller voir sa deuxième fille, qui étudiait à l’étranger.

L’empereur avait mis un peu de temps à réfléchir, puis m’avait finalement donné sa conclusion. « J’aimerais rencontrer le roi de Belfast. Idéalement, j’aimerais le rencontrer en toute confidentialité... Serait-il possible que vous puissiez arranger ça ? »

« À vrai dire, je pourrais probablement arranger ça, mais... est-ce vraiment une bonne chose pour vous ? »

« Je pense que oui. Il est temps de toute façon que je lui parle, du passé et de notre avenir ensemble. »

Hm... il n’était pas trop tard, donc le roi était probablement encore disponible... J’avais décidé d’emmener Yumina et de parler à son père. J’avais quitté l’empereur et j’étais parti à sa recherche.

« Excuse-moi, peux-tu répéter ce que tu viens de dire ? »

« Euh, eh bien... J’ai accordé l’asile politique à l’empereur Régulus et à sa fille cadette. Je, euh... Je suis désolé de ne pas te l’avoir dit plus tôt. »

Le roi fut complètement surpris par ce que je lui avais dit. Il ne savait pas trop comment le prendre.

« L’empereur Regulus ? Dans ma capitale ? Aujourd’hui, ce n’est qu’une surprise après l’autre, n’est-ce pas... ? »

Je ne pouvais rien dire à ce sujet. Tout, sauf le fait que la reine soit tombée enceinte, c’était un peu de ma faute de toute façon... Enfin, pas tout à fait. Tout était entièrement de ma faute.

« Alors, l’empereur souhaite te rencontrer. Que veux-tu faire ? »

« L’empereur veut me rencontrer, n’est-ce pas ? »

Le roi se pencha légèrement, laçant ses doigts avec un soupir. Il réfléchit un moment, puis se leva comme s’il avait pris une décision.

« Il n’y a pas de raison de fuir ça. J’ouvrirai des négociations avec lui. »

« Très bien, allons chez moi. »

J’avais utilisé une [Porte] pour nous amener directement dans la chambre temporaire de l’empereur.

L’empereur, qui était couché dans son lit, fut d’abord surpris par l’apparition soudaine de mon portail. Il avait été encore plus surpris lorsque nous étions passés par là. Les deux monarques fermèrent les yeux et, peu de temps après, l’empereur détourna le regard et inclina la tête.

« Veuillez excuser mon triste état, ô, roi de Belfast. J’ai apporté des ennuis à votre nation, semble-t-il. »

« N’ayez crainte, empereur de Régulus. J’ai entendu toute l’histoire de la part de Touya, et je sais que vous n’êtes pas à blâmer. »

Le roi s’était assis sur une chaise au chevet du malade. Une discussion politique de haut niveau était clairement sur le point d’avoir lieu. J’avais quitté la pièce. Il valait mieux laisser les deux familles royales s’en occuper.

Carol montait la garde devant la porte. Elle avait d’abord été surprise quand elle m’avait vue sortir de la pièce, vu que j’y étais entré par une [Porte]. Je m’étais dit qu’elle s’y habituerait, alors ça ne me dérangeait pas trop.

« N’entrez pas, l’empereur a une discussion politique avec le roi de Belfast. »

« Vous, quoi !? Quand est-ce que c’est arrivé !? »

Carol avait soudainement pris la parole avec surprise. Elle avait l’habitude de réagir de façon excessive aux plus petites choses.

Soudain, mes yeux avaient dérivé vers son épée, et je m’étais souvenu de quelque chose. C’était l’écusson sur la garde de sa lame. Je n’arrivais pas à me débarrasser de l’impression que je l’avais déjà vu. Maintenant, où était-ce... ? Oh, c’est vrai !

« Excuse-moi, Carol ? Que signifie l’emblème sur ton épée ? »

« Hm ? Vous voulez dire les armoiries de la famille Rillettes ? Et ensuite ? »

Elle m’avait laissé regarder de près. C’était certainement le même que celui que j’avais vu avant. Celle que Renne portait sur elle.

« J’ai déjà vu ce blason ailleurs, Carol. Sur un pendentif. »

« Quoi !? C’était une pierre magique de type vent !? Dites-moi, maintenant ! Où est la propriétaire, où est-elle !? »

Ses yeux devinrent soudain aigus et concentrés, et Carol commença à avancer dans ma direction avec un ton passionné. Elle avait clairement ses raisons, mais je ne les connaissais pas encore, alors je décidais de ne pas lui parler de Renne.

« La propriétaire est morte d’une maladie. Je suis désolé, elle était malade. »

« Oh... Je vois... »

En réponse à mes paroles, Carol vacilla et la force sembla s’écouler de son corps. Cette personne devait être très importante pour elle.

« La propriétaire de ce pendentif était ma sœur aînée. Quand nous étions plus jeunes, notre père têtu et strict l’a expulsée de notre foyer. »

Sa sœur aînée, hein... ? Pas étonnant qu’elle semblait si désespérée. Ça voudrait dire que Renne était la nièce de Carol ? Elles ne se ressemblaient pas vraiment. Carol était blonde, mais Renne avait les cheveux auburn. Je me demandais si elle tenait cela du côté de son père.

« La famille Rillettes est-elle une maison noble dans l’Empire Regulus ? »

« La maison n’est pas particulièrement riche, mais nous descendons d’une des douze lames de l’Empire. »

« Hm ? Qu’est-ce que c’est ? »

« Je doute que les habitants de Belfast en sachent beaucoup à ce sujet, mais les Douze Lames étaient ceux qui avaient soutenu le premier empereur et aidé à fonder la nation au départ. Kir Rillettes était l’un de ces hommes, et c’est mon ancêtre. Mais de nos jours les descendants des Douze Lames ne sont en fait que des nobles par leurs noms... »

Carol avait laissé échapper un petit rire pendant qu’elle parlait.

Ils étaient donc nobles, mais ils étaient pour la plupart pauvres et vivaient en grande partie dans l’ombre... Même Laim ne savait même pas quel était leur blason.

« Alors ma sœur aînée est décédée... Notre père s’était confronté avec elle jusqu’au jour de sa mort, et ils n’avaient jamais réconcilié leurs sentiments... Sur son lit de mort, il avait appelé cela son plus grand regret... J’espère qu’ils se sont réconciliés de l’autre côté. »

« Ah, euh... Eh bien, à propos de ta sœur... Elle a une fille, ce qui veut dire que tu as une nièce. Sa fille vit en ce moment même ici... »

« ... Vous venez de dire quoi ? »

Carol était à court de mots. Elle m’avait juste regardé fixement. Je n’avais pas été trop surpris. Après tout, cela devait être dur à encaisser.

Juste à ce moment-là, c’était dans ce cas un bon ou un mauvais moment, Renne était arrivée en courant par le couloir.

« Oi, Frangin — Tou — Euh, Monsieur ! Le dîner est prêt ! »

« Ah, merci, Renne. Je serais là bientôt. »

Renne nous salua brièvement, Carol et moi. Carol avait suivi la fille du regard, jusqu’à ce qu’elle tourne dans le coin. Puis, elle avait recommencé à me regarder.

« C’est ta nièce. Elle s’appelle Renne. Avant que je ne l’engage, elle vivait dans les bidonvilles et vivait de pickpocket. »

« Quoi... !? »

« Elle devait faire ce qu’elle pouvait pour survivre. Son père était un aventurier qui n’est jamais revenu d’une mission particulièrement difficile. Mais même si elle était au bord de la pauvreté, elle chérissait le pendentif de sa mère par-dessus tout. »

Carol regarda l’endroit où se trouvait Renne.

« ... Est-ce que ça vous dérangerait si je parle à cette fille ? »

« Tout de suite ? Je peux l’appeler, si tu veux. »

« Non, pas tant que l’empire est dans un tel état. Je veux que tout soit réglé d’abord. Je suis contente qu’elle soit là, en fait. C’est un endroit sûr et je suis heureuse pour elle. Mais j’aimerais qu’elle rencontre ma mère. La fille... ses cheveux sont rougeâtres. Ses yeux sont différents, mais elle est vraiment le portrait craché de ma sœur. »

La mère de Carol... C’est la grand-mère de Renne, c’est ça ? J’espère qu’elles se rencontreront bientôt.

En pensant à tout cela, Yumina était apparue dans le couloir.

« Touya, mon père et l’empereur te demandent. »

« Ils me demandent ? » 

Qu’est-ce qu’ils voulaient ? J’avais délibérément quitté la pièce pour éviter d’être coincé là-dedans !

L’empereur était assis sur son lit, apparemment détendu. Le roi avait également l’air détendu sur la chaise de chevet. Ils semblaient tous les deux assez calmes, vu la situation. Je me demandais si les négociations étaient déjà terminées.

***

Partie 6

« Touya, à propos de tout à l’heure... »

« Hm ? De tout à l’heure ? »

Je ne comprenais pas où le roi voulait en venir, car beaucoup de choses s’étaient déjà passées aujourd’hui.

« Est-ce vrai ? Le roi m’a dit que vous aviez un plan, un plan pour vaincre le Général Bazoar. »

L’empereur m’avait appelé pour clarifier ce que le roi venait de dire. Oh, c’était ça.

« Eh bien, oui. Je suis presque sûr que je peux vaincre le général. Je peux aussi probablement enlever tout le pouvoir à l’armée. J’ai l’impression que je pourrais reprendre la capitale en moins d’une journée. Probablement demain, pour le dire franchement. »

« Excusez-moi !? »

Tout le monde, à part Yumina, était sous le choc. Yumina avait fièrement gonflé sa poitrine comme pour dire « C’est bien mon homme ! » Hehe... ils grossissent un peu.

« Je suis curieux. Les membres de l’armée qui ont participé au coup d’État... Avez-vous l’intention de tous les punir ? »

« Pas dans la même mesure. L’exécution du général est inévitable, car c’est lui le cerveau, mais je pense que je vais simplement bannir les soldats qui ont participé au coup d’État. »

Les congédier, ce n’était pas une mauvaise idée... C’était vraiment une bonne idée. Cela représentait près de la moitié de leur force militaire permanente, mais ce n’était pas comme si elle ne pouvait pas remplacer ces personnes avec le temps.

« Affichage de la carte : Capitale de l’Empire Regulus. »

« Compris. Affichage de la carte. »

Une carte de la capitale de l’empire était projetée au milieu de la pièce.

« Qu’est-ce que c’est... ? »

« Est-ce une carte de notre capitale... ? Cette carte détaillée est incroyable... ! »

« C’est l’un de mes sorts de Néant. Aimez-vous ça ? »

Lu et l’empereur semblaient extrêmement surpris et impressionnés. Le roi aussi avait été très choqué. C’était bizarre, j’aurais juré le lui avoir déjà montré.

« Lancez la recherche. Chevaliers royaux en bleu. Armée permanente en rouge. »

« Compris... Recherche terminée. Affichage. »

Une vague rouge s’était peinte sur la carte de la capitale. J’avais l’impression qu’il y avait plus de monde que la dernière fois que j’avais vérifié. Ils avaient probablement été appelés d’autres villes d’un bout à l’autre du pays. Dans un coin du château, il y avait un groupe concentré de points bleus.

« Qu’est-ce que c’est ? »

« C’est le donjon souterrain. Les chevaliers restants sont probablement là, mais ce n’est pas possible. Ils sont si peu nombreux... Ont-ils fui ? Ou, ont-ils été tués... ? »

L’empereur serra les poings. Il était, à juste titre, frustré. Lu s’était soudain levée et m’avait posé une question.

« Euh, Touya... ? Pourrais-tu chercher mon frère ? »

« Eh bien... ouais, je pense que je peux le faire, mais... a-t-il des traits distinctifs ? Quelque chose qui me permettrait de le remarquer tout de suite en tant que prince héritier. »

La fonction de recherche était après tout basée sur ma perception subjective. Il pouvait trouver des membres de l’armée parce que je voyais les gens en uniforme militaire comme des « membres de l’armée. »

Mais à cause de cela, je ne pouvais pas exactement chercher des gens que je n’avais jamais rencontrés ou vus auparavant. Ce serait bien qu’il ait quelque chose qui le distingue. Comme le frère de Yae qui avait une cicatrice sur la joue.

« Quelque chose de distinctif... ? Euh..., eh bien, il a les cheveux argentés, mais... »

Lu réfléchissait beaucoup. L’empereur avait un peu souri en la voyant faire des efforts. Je supposais qu’il ne s’était après tout pas trop démarqué. Il n’y avait donc rien d’autre à faire. Je devais juste entrer dans ses souvenirs.

« Lu. Puis-je avoir ta main un instant ? »

« Hm ? Oui... ah... »

J’avais saisi sa petite main dans la mienne. Le visage de Lu était soudainement devenu rouge comme une betterave, j’avais alors pris la parole tout en essayant de la calmer.

« Ferme les yeux et imagine ton frère pour moi. Le plus récent souvenir de lui que tu puisses te rappeler. »

« Oui, oui... »

J’avais appuyé mon front contre celui de Lu pendant qu’elle se concentrait. Prendre un souvenir de l’empereur aurait probablement été plus facile, mais je ne voulais pas pousser ma tête contre un autre homme. Cela m’avait fait penser à la princesse Refreese. Elle s’en donnerait à cœur joie avec un tel scénario.

« A-Ahhh !? »

« Concentre-toi, maintenant. »

« O-oui !! »

Honnêtement, Lu était plutôt mignonne quand elle était agitée, mais ce n’était pas le moment pour ça. J’avais concentré mon énergie et j’avais jeté le sort.

« [Remémoration]. »

Un visage vague commença à apparaître dans mon esprit, et l’image devint peu à peu plus claire. Ses cheveux étaient un peu argentés, mais ce n’était pas particulièrement distinct... Son visage, par contre, était extrêmement doux.

« Attends... si c’est le prince héritier... alors je l’ai déjà rencontré. »

« Quoi !? »

Tout le monde dans la salle avait crié de surprise.

Il n’y avait aucun doute là-dessus. Quand la capitale avait été attaquée... J’avais sauvé un jeune chevalier d’un groupe de soldats. Et... c’était apparemment le prince-héritier. Essayait-il de s’échapper déguiser !? Ah, merde... Je venais de le laisser dans un lit !

« Recherche. Le prince-héritier de l’empire. »

« Compris... Recherche terminée. Affichage. »

Une épingle verte était tombée sur la carte de la capitale. Il bougeait, ce qui voulait dire qu’il devait être vivant. C’était un soulagement.

« Il est vivant, alors... Où est-ce qu’il était ? »

« C’est la maison du général des troupes occidentales de notre empire, Romero. Merveilleux, il semble que mon fils soit en sécurité. »

Il était en sécurité ? Mais il était dans l’armée... Juste comme je le pensais, l’empereur avait fait un petit rire. Il s’était ensuite exprimé comme un vrai liseur d’esprits.

« Toutes les divisions de l’armée n’opéraient pas sous les ordres du général Bazoar. Le général Romero s’opposait fermement au plan proposé par Bazoar d’utiliser des démons pour renforcer nos troupes. Il a probablement pris la situation en main et a offert un refuge à mon fils. »

Je vois... Donc tous les soldats ne suivaient pas aveuglément Bazoar. Je suppose que c’était logique... Il y sera en sécurité pour l’instant, mais je ne pensais pas qu’il nous restait beaucoup de temps.

« Bien, nous irons à la capitale demain matin. »

« Attendez un instant ! Êtes-vous sûr que ça ne vous dérange pas ? L’armée adverse est massive, et elle a la capacité d’appeler des renforts démoniaques ! »

L’empereur s’était mis à paniquer et avait essayé de m’arrêter. J’avais compris ce qu’il pensait. Si j’étais une personne normale, j’aurais eu aussi des doutes. Mais je n’avais pas l’intention de perdre. C’était la même chose à Eashen.

« Je vais arranger ça, ne vous inquiétez pas. Après tout, j’ai des compagnons en qui j’ai confiance. »

J’avais jeté un coup d’œil à Yumina, et elle m’avait fait un signe de tête ferme. L’empereur semblait également soulagé par notre confiance mutuelle.

« Demain matin, alors... m’emmèneriez-vous ? »

« En êtes-vous sûr ? Ce sera dangereux. Ce serait probablement plus sûr d’attendre ici. »

« Eh bien, je dois voir ça de mes propres yeux. C’est le moins que je puisse faire en tant qu’empereur de la nation. »

Hmph, si cela devait être ainsi... alors je ne pouvais pas le laisser ici après avoir dit ça. Mais je pouvais difficilement le mettre en première ligne non plus.

« Que l’ordre des chevaliers de Belfast serve de garde à l’empereur. Je souhaite moi-même voir Touya au combat. »

Le roi fit cette offre que l’empereur accepta avec reconnaissance. Je supposais que les choses allaient peut-être s’arranger après tout.

J’avais décidé que nous irions à la capitale le lendemain matin, avec l’empereur et un groupe de chevaliers.

J’avais utilisé une [Porte] pour voir le roi retourner au palais, puis j’avais quitté la chambre de l’empereur.

J’étais allé sur la terrasse et j’avais appelé Kokuyou, Sango et Kohaku. J’avais dû leur poser quelques questions sur la magie d’invocation. Après tout, je n’allais pas me contenter d’y aller avec ces types. J’avais besoin d’appeler des renforts.

« Alors ce que vous dites, c’est que... sachant que la bête invoquée est complètement aléatoire, si vous contractez un être assez élevé d’une certaine famille de créatures, alors vous pouvez librement faire appel à toute créature de niveau inférieur dans cette même famille ? »

« C’est exact. En tant que mon seigneur contracté, tu peux invoquer presque n’importe quelle bête féroce, typiquement des bêtes avec des crocs ou des griffes. »

« Et dans notre cas, tu peux invoquer n’importe quelle bête avec des coquillages ou des écailles. »

Kokuyou et Kohaku m’avaient expliqué leurs spécialisations. En effet, comme extension de ma capacité à faire appel à eux, je pourrais faire appel à n’importe quel mammifère à quatre pattes ou à n’importe quelle créature reptilienne. Pour posséder une telle puissance... ils étaient vraiment dignes de leur statut de Bête Céleste.

« Il vaudrait mieux que tu puisses passer un contrat avec le maître de chaque famille. Ainsi, une fois que tu auras donné un nom à leur chef, la tribu entière sera à ta disposition. Après tout, cette pratique ne se limite pas aux démons. »

Kokuyou gloussa légèrement en parlant.

« Eh bien, je vais essayer... Euh... qui est-ce que je devrais alors convoquer ? »

« Si je peux t’en suggérer un... Cerbère a un excellent potentiel de combat. »

Oh, je reconnais ce nom. Cerbère est le chien gardien des enfers, non ? Il est grand, noir et a trois têtes, si je me souviens bien. Je ne vois aucun obstacle à sa convocation...

Cet après-midi-là, j’avais convoqué d’innombrables bêtes. J’en avais appelé une, je l’avais nommé, puis j’en avais appelé une autre, je l’avais nommé... Franchement, à la fin, j’avais fini par donner des noms au hasard. J’espérais qu’ils me pardonneraient, mais ce n’était pas comme si j’avais une réserve de noms prêts à l’emploi...

Après ça, je m’étais couché tôt. Je devais me préparer pour le lendemain.

Et juste comme ça, le lendemain matin était arrivé. Je me tenais au sommet d’un toit dans un coin de la capitale de l’empire.

J’avais sorti mon smartphone pour confirmer l’heure. Il était huit heures du matin. J’avais essayé d’ouvrir un portail vers le château, mais ça n’avait pas marché. Je n’avais pas été surpris. Ils savaient que je pouvais me téléporter, il était donc naturel qu’ils érigent une barrière pour le contrer.

J’étais accompagné par Elze, Linze, Yae, Yumina, Kohaku, Kokuyou, et Sango. Sa Majesté le roi de Belfast, ainsi que l’empereur de Régulus étaient également présents, accompagnés du Général Léon, du Commandant adjoint Neil, de Lyon, et de quelques autres membres de l’Ordre de Chevalier Belfastiens. Et, même si je ne voulais pas l’amener, Lu était ici avec Carol comme garde personnelle.

J’avais dit à tout le monde d’attendre ici pour le moment. J’avais aussi laissé une [Porte] ouverte près d’eux, juste au cas où nous aurions besoin de faire une retraite tactique. Elle avait été programmée pour se fermer une minute après que quelqu’un l’ait traversé, afin d’empêcher l’armée ennemie de l’envahir. Je ne pensais pas en arriver là.

« Maintenant, pour la déclaration de guerre... Euh... Lecture vidéo. Dans le ciel au-dessus de cette ville. »

« Compris. Lecture en cours. »

***

Partie 7

Un écran géant avait été projeté dans le ciel au-dessus de la capitale de l’empire. Il mesurait environ deux cents mètres de large. C’était vraiment assez grand pour être vu à distance. De toute façon, je ne pensais pas qu’il serait approprié d’avoir un si grand écran à proximité des gens.

J’avais également inclus une piste audio forte à côté de la vidéo, car je devais m’assurer que tout le monde en dessous faisait attention. La musique que j’avais choisie était « Ride of the Valkyries » de Wagner. J’avais réduit le volume de la musique de fond et j’avais atténué l’audio de la vidéo que nous avions enregistrée plus tôt ce matin-là. L’empereur était apparu sur la vidéo.

« Peuple de la Capitale de l’Empire. Je suis le souverain de l’Empire Régulus, Zephyrus Loah Regulus. La situation est la suivante. L’armée permanente a organisé un violent coup d’État militaire. Veuillez accepter mes plus sincères excuses pour le carnage causé en leur nom. J’ai l’intention de réprimer cette rébellion une fois pour toutes, alors restez en sécurité d’ici là. Soyez à l’aise et reposez-vous bien. Pendant que je parle, mes guerriers font des démarches pour reprendre la ville aux insurgés. Restez dans vos maisons. »

« Mon Dieu, c’est à ça que je ressemble ? »

L’empereur se tourna vers sa fille, il semblait assez surpris. Je n’aurais pas dû être trop surpris qu’il ait réagi de cette façon. Peu de gens dans ce monde avaient après tout entendu leur propre voix.

« Ceci est un message pour l’armée qui organise le coup d’État. J’ai mes défauts, je l’admets volontiers. Je vais donc faire entendre votre voix, mais ce n’est pas de cette façon que vous attirerez mon attention. Je vous offre une chance de vous rendre. Si vous enlevez vos uniformes maintenant, vous serez pardonné. Mais pour ceux d’entre vous qui porteront encore leur uniforme militaire à la fin de mon décompte jusqu’à dix... Je vous assure que mon jugement sera rapide. Le compte à rebours commence maintenant. Un... deux... »

Un écran plus petit était projeté devant moi, montrant les soldats en uniforme marqués en rouge sur la carte. La ville en était pleine, mais un par un, leur nombre avait chuté. Il semblerait que beaucoup d’entre eux écoutaient l’empereur et se débarrassaient de leurs uniformes.

« Les hommes qui restent en uniforme... devront nous les attaquer ? »

« Nous n’avons pas le choix. Mais je préférerais que vous vous reteniez dans vos attaques, je préférerais que vous les mutiliez plutôt que vous les tuiez. »

« Très bien. »

L’image de l’empereur, bien au-dessus de nos têtes, continuait à compter jusqu’à dix. Comme il l’avait fait, les points rouges sur ma carte avaient commencé à diminuer en nombre. Les deux tiers de la capitale étaient cependant encore rouges.

« Neuf... et dix. Votre chance de vous rendre est maintenant terminée. Nous allons reprendre la capitale par la force. »

L’écran géant montrant le visage de l’empereur avait disparu. Une trompette s’était mise à sonner. Cette fois, c’était l’ouverture de « Ride of the Valkyries » de Wagner.

Très bien, c’était l’heure de commencer.

« Verrouillez sur les soldats en uniforme. Invoquez [Paralysie]. »

« Compris... Verrouillage de la cible confirmé. Invocation de la [Paralysie]. »

Il y avait divers cris qui résonnaient à travers la capitale, mais j’avais remarqué quelque chose d’étrange. Le nombre de points rouges n’avait pas du tout diminué.

Qu’est-ce qui se passait ici ? Oh, attendez... évidemment. Les paralyser ne change pas qui ils étaient. Les soldats restaient des soldats, qu’ils puissent marcher ou non.

« Montrez-moi les soldats paralysés avec des épingles jaunes. »

« Compris. »

Environ, la moitié des épingles s’étaient transformées en jaunes. C’était moins que ce à quoi je m’attendais, en fait. Je m’étais dit qu’un nombre surprenant de soldats avaient soit des talismans magiques sur eux, soit une résistance magique anormalement élevée. Ce n’était pas prometteur.

« Touya-dono, là-bas ! »

Yae avait pointé du doigt le château. L’énorme Seigneur Démon se déchaînait là. Il était entouré d’un essaim massif de démons, tant dans le ciel que sur le sol. Il y en avait beaucoup, avec aussi beaucoup de types différents. J’en avais compté des douzaines et des douzaines sur mon écran.

« Je crois qu’il est temps d’appeler notre propre cavalerie. »

J’avais concentré ma magie, et un cercle magique était apparu sur le sol.

« Rends-toi, ténèbres. Je cherche le Gardien de l’Enfer : [Cerbère] ! »

Une brume sombre se mit à suinter et à s’accumuler dans le cercle magique, et un chien à trois têtes en sortit en rampant. Pour l’instant, il avait la taille d’un chien normal, mais une fois qu’il sera passé en mode combat, il aura la taille d’un lion.

J’avais continué d’appeler les différentes créatures avec lesquelles j’avais passé la majeure partie de l’après-midi d’hier à faire des contrats.

J’avais appelé des groupes d’hommes-lézards, une bande de Griffons, une troupe de tortues blindées, une bande de Ligers sanguinaire, un peloton d’Ours puissants, et un régiment de chevaliers lézards. Avec leurs pouvoirs combinés, ils formaient ma propre armée de monstres.

Maintenant que j’y pensais, était-ce vraiment juste d’appeler Kohaku et les autres bêtes célestes ? Nous n’avions invoqué que des monstres terrifiants ! Je supposais que je ne devrais pas trop y réfléchir. J’avais décidé de ne pas m’attarder sur la question, choisissant plutôt de donner mon prochain ordre.

« Verrouillage de la cible. Les démons. Invoquez [Javelot Brillant]. »

« Compris. Invocation de [Javelot Brillant]. » 

Plusieurs cercles magiques étaient apparus dans le ciel, et la lumière était tombée sur mes ennemis... Mais les démons étaient indemnes.

« Les attaques ont été repoussées par une barrière invisible. Aucun effet enregistré. »

Ce n’est pas surprenant. Le Seigneur Démon offrait une résistance magique à tous ceux qui étaient de son côté. Ça voulait juste dire qu’on allait devoir leur mettre une raclée avec des attaques physiques.

« Bêtes invoquées, vous suivrez les ordres de Kohaku, Kokuyou et Sango. Yae et Elze, rejoignez-les. Yumina, Linze, vous vous tiendrez sur les lignes arrière avec Cerbère et utiliserez des attaques à longue portée aussi bien physique que magique. Je vais me diriger vers le Seigneur Démon et le général. »

Kokuyou, Sango et Kohaku avaient soudainement disparu dans une bouffée de fumée. Un bruit de cliquetis retentit, et ils réapparurent sous leurs formes originales. Cela faisait longtemps qu’ils n’étaient plus sous leur forme réelle, alors je leur avais dit qu’ils pouvaient y aller à fond.

« D’accord, on y va. »

« ... Je compte sur vous. »

J’avais regardé l’empereur en arrière et je l’avais informé de mes plans. Puis, j’avais sauté sur les toits tout en me dirigeant vers les lignes de front.

Elze, Yae, Sango, Kokuyou, et les troupes terrestres chargèrent le long des rues de la ville. Pendant ce temps, Kohaku, moi-même et les griffons avions gravi les toits en direction d’un groupe de démons volants.

« N’en faites pas trop maintenant, et n’oubliez pas... visez leurs ailes. Les gars au sol devraient pouvoir les éliminer une fois qu’ils seront tombés. »

J’avais donné des ordres aux griffons. Les démons au sol étaient déjà en train d’engager les autres dans les rues, et un deuxième groupe de démons volants était déjà en route. J’avais besoin d’éliminer les troupes aéroportées dès que possible.

« Euh... John, attends, tu es John ou Paul ? Oh, George ? Très bien, euh... Vous trois, prenez le flanc gauche. Ringo ? Tu prends celui de droite ! »

Les griffons avaient poussé un cri de guerre en chargeant de deux côtés différents. Les griffons se ressemblaient tous, donc ce n’était pas vraiment ma faute ! Je m’étais dit qu’il fallait que je leur achète des colliers de couleurs différentes.

En sautant d’un toit à l’autre, j’avais tendu la main vers le [Stockage] et j’avais sorti une épée en mithril. Elle mesurait quarante centimètres de large et environ deux mètres de long. Le mithril était léger par défaut, et il était devenu encore plus léger quand j’avais réduit son poids avec [Gravité]. Cela avait transformé cette épée massive en une épée à seule main.

J’avais utilisé le [Renforcement] pour sauter très haut au-dessus d’un démon ennemi. Puis, en plongeant vers lui, j’avais invoqué [Gravité] pour augmenter massivement le poids de mon arme.

C’était si puissant que le démon avait été instantanément coupé en deux. J’avais rapidement changé le poids de nouveau et l’avais réduit à un poids gérable.

Le fait de pouvoir changer le poids de mon arme à la volée m’avait été d’une utilité exceptionnelle. Un démon m’avait chargé de la droite, alors je l’avais rapidement coupé en deux, mais c’était une frappe horizontale cette fois, plutôt qu’une verticale.

Je devais m’assurer que le moment était bien choisi, sinon je risquais de me faire mal aux bras. J’avais l’impression que je m’y habituais. Franchement, j’aurais même pu me débrouiller sans utiliser [Gravité], vu que l’épée faisait un bon travail dans la découpe des démons.

Kohaku avait sauté près de moi et avait coupé les ailes d’un démon avec une frappe de ses redoutables griffes.

« Kohaku ! Je te laisse le reste ! »

« Très bien ! Bonne chance, mon seigneur ! »

J’avais combiné [Renforcement] et [Accélération] pour me diriger rapidement vers le château. J’avais pensé que si je pouvais vaincre le général, tous les démons disparaîtraient et le combat serait gagné.

J’avais sauté d’un toit à l’autre, profitant de l’élan pour me propulser dans la cour du château. Après mon atterrissage, un groupe de soldats m’avait immédiatement encerclé.

Je sautais rapidement en l’air et sortis mon Brunhild, tirant une salve de balles paralysante sur les soldats des environs.

Si [Paralysie] ne marchais pas, ces balles seront aussi inutiles. J’allais devoir me retenir contre eux pour le moment.

J’avais attiré l’attention du Seigneur Démon. Il s’était tourné vers moi et avait tiré une sorte de rayon rouge depuis ses yeux.

Putain de merde ! Le faisceau avait touché une zone au sol proche de moi. C’était en train de brûler. Avait-il des yeux laser !?

Il continuait à me tirer des rayons lasers à distance, tandis que les petits démons me chargeaient depuis tous les angles.

J’avais réussi à les trancher assez facilement à l’aide de ma grande épée en mithril. Les démons normaux n’étaient certainement pas très forts. Ils étaient plus emmerdants que n’importe quoi d’autre, en vérité.

Le Seigneur Démon avait finalement arrêté ses rayons lasers. Ce n’était pas trop tôt.

De l’électricité avait soudainement commencé à s’accumuler autour de son corps. Les cornes du Seigneur Démon semblaient agir comme une sorte de paratonnerre. Finalement, il avait accumulé une énorme charge, et la lumière était comme sortie hors de son corps pour aller dans diverses énormes masses tourbillonnantes.

Je n’avais aucune idée de ce qu’il faisait, mais cela devait être quelque chose de dangereux... Il devait être en train de charger quelque chose, non !?

« Gruuugaaaaaaaaaaaah !! »

Il avait attaqué, déclenchant ce qui semblait être plusieurs coups de foudre serpentant. J’avais évité ses attaques, mais ils avaient frappé un immeuble derrière moi et avaient fait de terribles ravages dans ce petit quartier. Maintenant, y aura-t-il un bombardement de lasers... ?

C’était un truc de niveau supérieur. Ça devrait être l’attaque ultime du Seigneur Démon. S’il continuait comme ça, il pourrait raser toute la ville.

« Nngh. »

J’avais ressenti une sensation soudaine. Mon énergie magique était tirée hors de mon corps. Est-ce qu’il absorbait mon énergie pour compenser la charge qu’il venait de lâcher ? Le général qui était dans les parages en était-il le responsable ?

Même si mes pouvoirs magiques étaient absorbés, je pourrais les récupérer presque instantanément. En d’autres termes, le Seigneur Démon pourrait lancer autant de tir qu’il le voulait.

C’était une attaque sans fin. Il pourrait utiliser ma propre magie et l’utiliser contre moi.

***

Partie 8

J’avais utilisé [Renforcement] et [Accélération] afin de remonter le mur du château comme un ninja, puis j’avais rebondi dessus.

J’avais sauté très haut au-dessus de la tête du monstre et j’avais tourné ma lame vers lui. Puis, j’avais fait tomber l’épée mithril sur sa tête.

« C’est l’heure de dormir ! »

J’avais fait tomber la lame, et le Seigneur Démon était tombé par terre. Même si cela annulait la magie, cela ne signifiait rien. C’était quand même une épée, effet magique ou pas.

Bien qu’il semble avoir ressenti quelques douleurs, il ne semblait pas être sérieusement blessé. Au moins, l’une de ses cornes avait été tranchée. Pour survivre à un coup comme ça, il devait être très résistant. Il avait clairement un crâne épais.

Le Seigneur Démon avait essayé de se stabiliser avec son bras afin de se relever, c’est alors que j’avais utilisé mon arme ultime.

« [Glissade] ».

Son bras avait glissé, l’amenant à s’écraser au sol en exposant ses épaules et son dos. J’avais sauté dans l’action, coupant ses ailes avec ma lame.

« GyAaAAaaauuuuuuuuuuuggGghhhh !! »

Tandis que le Seigneur Démon criait, j’avais terminé le travail en tirant de nombreuses balles [glissantes] à ses pieds.

Le Seigneur Démon commença à tomber sans arrêt. Il ne pouvait pas s’envoler, car il n’avait plus d’ailes. Personne ne pourrait lui venir en aide.

Chaque fois que la bête tombait, le sol grondait et tremblait. Je devrai m’excuser plus tard auprès de toute personne vivant dans le voisinage.

Laissant le Seigneur Démon derrière moi, j’avais sauté sur le grand balcon. Le général Bazoar était là-haut, le visage pâle et horrifié.

« Prêt pour ton châtiment divin, général ? »

« Qui es-tu !? C’était un démon supérieur ! Un seul homme ne peut espérer... »

« Peu importe ce que tu dis, imbécile. Je l’ai quand même fait. »

Pendant que je parlais, j’avais fait un geste au Seigneur Démon, qui tombait encore et encore.

Il était beaucoup plus fort que ce à quoi je m’attendais... Mon épée en mithril n’était plus en bon état après cette dernière attaque ! Elle était sérieusement endommagée...

« Hmph... cependant, tu ne me feras pas la même chose ! Mon bracelet bloqueur rend les coups physiques insignifiants, et j’ai toujours la possibilité d’annuler tes sorts ! Même si cela échouait, mon bracelet draineur absorbera quand même toute magie entrante ! »

Tch... je supposais qu’il savait comment fonctionne ma [Glissade] maintenant... Je peux supposer qu’il ne danserait plus sur le même air si je l’utilisais à nouveau.

« L’empereur n’est pas mort, mais peu importe. Ce n’est plus son domaine ! Je deviendrai le nouvel empereur. Et puis, j’utiliserai le pouvoir des démons pour frapper Refreese, Belfast, Mismede, et toutes les autres nations occidentales ! Sous une seule bannière, l’Empire Regulus renaîtra ! Il renaîtra comme Empire Bazoar ! »

Le général se mit à rire comme un fou.

Comment comptait-il maintenir son armée exactement ? Il ne pouvait pas continuer à sacrifier les gens, ce n’était pas durable ! Cet homme était complètement délirant, il n’y avait pas moyen de le sauver.

Je n’avais vu aucune autre option, alors j’avais choisi de retirer ça de mon stockage. Mon arme secrète, un cube de trois mètres sur trois, était maintenant placée sur le balcon. Mis à part la base, il était entièrement fait d’un matériau transparent, semblable au verre. On pouvait clairement voir à l’intérieur.

Au milieu de cette boîte transparente se trouvait une créature visqueuse à l’air dégoûtant. Elle était décolorée et semblait presque toxique. Malgré la coloration, ce n’était pas toxique du tout. En fait, c’était inoffensif, enfin, presque.

« C’est quoi ce truc ? »

« Ceci, mon ami, est le cadavre d’un slime. C’est une merveilleuse petite créature d’un écosystème standard. Ils vivent dans l’eau et la nettoient. Mais, on dit qu’ils ont une particularité assez horrible. Environ une heure après leur mort, ils commencent à dégager l’une des odeurs les plus nauséabondes connues de l’homme. Eh bien, c’est censé disparaître au bout de deux heures, c’est ce qu’on dit... Et celui-là me direz vous ? Il est mort il y a une heure. »

Tout en l’expliquant de cette manière, j’avais souri au général et je l’avais fixé du regard latéralement.

« Tu n’oserais pas... »

« [Porte]. »

Un cercle magique était apparu sous le général et il s’y était enfoncé dedans comme dans des sables mouvants. Il n’était pas ciblé directement, donc l’annulation ne s’était pas activée. C’était un sort qui, après tout, ne faisait que relier deux endroits... Et mon plan glorieux dépendait de l’endroit où je venais de l’envoyer.

Le général était instantanément réapparu à l’intérieur de la boîte de verre. Enfin, le spectacle pouvait commencer.

« GHAGUAAAAAAAUUUGH ! »

De l’intérieur de l’épaisse paroi de fer que j’avais enchanté pour ressembler à du verre, le général se mit à crier. Il se pinçait le nez, mais c’était trop tard. Son visage était devenu plus pâle qu’avant et il avait commencé à transpirer à grosses gouttes.

« Ghaugh !! C’est quoi cette odeur !? C’est... N-Non ! S’il te plaît ! Ça fait mal ! Ça fait mal ! »

Ça devait sentir aussi mauvais que je l’imaginais. Le général commença à devenir violet.

Mon monde d’origine possédait quelque chose connu sous le nom de surströmming. C’était une sorte de hareng fermenté. On disait que l’odeur était parmi les plus atroces dans le monde. Mais il semblerait que l’odeur de ce slime était encore pire que ça. Le général semblait déjà prêt à s’évanouir. J’avais levé légèrement le front en regardant l’homme se débattre. Il avait essayé de concentrer sa magie sur l’une des parois, mais il l’avait tâtonné. Il lui était impossible de canaliser d’une seule main une vaste énergie magique, et il avait sa main droite fermement plantée autour de son nez. Finalement, il avait abandonné et avait commencé à s’asseoir dans le coin de la boîte, se balançant d’avant en arrière. Il pleurait.

Je me demandais s’il essayait d’attendre, mais je savais que ce serait futile.

Son entourage était entièrement composé de cette puanteur nauséabonde. Son visage se tordait de dégoût et d’agonie chaque fois qu’il respirait. Tout ce qu’il pouvait inhaler, c’était l’odeur fétide et nauséabonde de la défaite.

« Auugh !! Arrête ça !! »

Sa façade stoïque commença à s’effriter. Son visage était empli de larmes, de sueur et de morve. Il y avait une petite [Porte] en haut de la boîte pour permettre à l’air frais d’entrer, car je ne voulais pas qu’il suffoque. Je l’avais relié à un endroit instable en haut de la montagne, ce qui aurait tout au plus bouleversé certains animaux.

Il avait commencé à convulser. Il ne pouvait même plus se concentrer sur sa propre respiration. Il était tombé à genoux et s’était affaissé vers l’avant. Le blanc de ses yeux était visible, comme s’ils avaient roulé dans sa tête. Il était vraiment évanoui.

À l’origine, j’avais envisagé de l’envoyer au milieu de la mer quelque part, mais... Il convoquerait le Seigneur Démon pour qu’il le fasse s’envoler.

Puis, j’avais envisagé de l’enterrer dans cette boîte au fond de la mer, mais je n’y étais jamais allé, alors ce n’était pas comme si y ouvrir la [Porte] serait particulièrement facile non plus.

D’accord, je suppose qu’il s’est rendu, je vais le téléporter maintenant... J’avais ouvert une [Porte] et l’avais téléporté, mais je l’avais immédiatement regretté.

« Ghaughaguh !? »

C’était quoi cette odeur !? On dirait qu’un tas d’ordures était tombé sur un tas de produits sanitaires usagés ! QUE ÇA S’ARRÊTE, BON SANG. J’avais immédiatement fermé la [Porte], mais l’odeur ne s’était pas arrêtée. Ça venait du général ? Dégueu !

J’avais rapidement arraché les bracelets présents sur son corps et je l’avais remis dans le conteneur. On disait que les cadavres de slime cessaient d’émettre une odeur nauséabonde après deux heures de mort, mais je m’étais sérieusement posé d’autres questions sur les choses que l’odeur avait infestées. La puanteur était si forte que j’avais peur qu’elle ne disparaisse jamais.

En quelques secondes, l’armée démoniaque avait disparu. Le Seigneur Démon avait cessé de glisser et s’était lui aussi évanoui dans le néant. Les bracelets disparus, la ligne d’alimentation magique avaient été coupés.

Sur ce, les démons avaient été vaincus. Seule l’armée régulière était restée.

J’avais décidé d’ouvrir une [Porte] et d’appeler l’empereur et les autres.

« Tu l’as vraiment fait... Incroyable... »

L’empereur parla d’un ton étonné, fixant le général pendant tout ce temps.

« Ça sent vraiment mauvais. »

Lyon tenait son nez pendant qu’il parlait.

« Désolé, cette puanteur est causée par ce slime mort... Un peu de cette puanteur a fini par s’échapper. Bon sang, c’est assez puissant. »

La puanteur se dégageait des deux artefacts que le général portait autrefois.

Le bracelet draineur et le bracelet bloqueur, hein... ? C’étaient des outils utiles, cela ne faisait aucun doute, mais... Ils puaient. Ils puaient vraiment très fort. Même mes doigts puaient légèrement alors que je ne les avais qu’à peine touchés.

Étant donné l’état de puanteur des bracelets, je tremblais en pensant à la puanteur du général lui-même.

Les chevaliers belfastiens s’étaient dirigés sous terre vers le donjon pour libérer les chevaliers de Regulus. Pendant ce temps, l’empereur et moi nous nous étions installés sur le balcon pour créer une autre émission. Après tout, nous devions informer les gens de la situation.

Cette fois, l’émission avait été diffusée en direct. J’avais braqué mon smartphone et commencé à filmer l’empereur.

« Citoyens de la Capitale de l’Empire, je m’excuse pour ce qui s’est passé aujourd’hui. Le responsable du coup d’État a été arrêté et notre capitale est de nouveau entre les mains des justes. Merci de votre compréhension. »

La projection s’était déplacée pour montrer le général. Il était inconscient, les yeux roulaient sur le blanc, la morve coulait de son visage et la bave coulait de sa bouche. J’espérais que les autres membres de l’armée se rendraient après avoir vu quelque chose d’aussi horrible.

C’était peut-être un peu cruel, mais... c’était nécessaire.

« Je vous promets maintenant que je travaillerai plus dur. Cela ne nous arrivera plus jamais dans ce pays. Du fond du cœur, veuillez accepter mes sincères excuses. Je suis vraiment désolé. » L’empereur inclina légèrement la tête.

Huh, il s’excusait... Honnêtement, j’avais entendu dire qu’il était assez arrogant, mais peut-être que la maladie lui avait inculqué une certaine humilité.

Après l’émission, l’empereur regarda le général avec des yeux tristes.

« Quelque chose ne va pas ? »

« Ce n’est rien... J’ai l’impression que cet homme est pitoyable. Ses sentiments pour l’empire étaient sincères, je le sais. Il s’était enrôlé dans l’armée à un jeune âge et voulait faire une réelle différence. D’une certaine manière, il me rappelle ce que j’étais dans ma jeunesse. Si je n’étais pas tombé malade, j’aurais peut-être suivi un chemin similaire. Ça me rend triste d’y penser... »

« Même ainsi, les crimes de cet homme sont impardonnables. »

Il avait convoqué une légion de démons et de monstres. Chacun avait été convoqué au prix de plusieurs vies humaines, ce qui signifiait qu’il avait dû massacrer de nombreuses personnes dans sa folle campagne. Toutes ces personnes n’avaient pas non plus été condamnées à la prison ou à l’exécution. Et honnêtement, ça ne se serait pas vraiment bien passé même s’ils l’avaient été.

« Je le comprends bien. Un crime est un crime. Il doit expier ses péchés. Il a causé un grand émoi à notre peuple, et je ne ferai preuve d’aucune indulgence. »

L’empereur avait laissé échapper un petit rire triste. Après tout, c’était aussi une victime de ces évènements.

« Milord ! »

Un groupe de chevaliers chargea sur le balcon et se prosterna immédiatement.

Oh, c’étaient ceux qui étaient enfermés dans le donjon ? Un homme âgé, aux cheveux noirs et n’ayant plus qu’un œil, s’avança et s’inclina sur un genou.

« Milord, comment est-ce possible !? Vous avez l’air d’être de nouveau en bonne santé ! »

« Je vais plutôt bien, chevalier commandant Gaspar ! C’est grâce à cet incroyable jeune Touya ici présent. Par sa puissance, je suis rétabli. Je suis en pleine forme. C’est aussi par sa puissance que le Général Bazoar a été vaincu ! »

« Quoi !? »

Le chevalier commandant me fixa, les yeux écarquillés et choqués. L’empereur hocha simplement la tête et sourit. Je n’étais pas sûr que c’était grâce à moi, mais... J’avais pensé que c’était probablement dû au sort [Recouvrement] que j’avais lancé.

Elze et Yae s’étaient montrées sur le dos de Kohaku. Il était dans sa forme originale. Sango et Kokuyou flottaient à proximité, mais ils étaient dans leurs mini-formes.

« Tout est terminé, pour l’instant au moins. La plupart des soldats se sont effondrés ! »

Elze avait sauté de Kohaku et s’était présentée.

Bien. J’étais content qu’on se soit occupé des soldats restants. J’étais heureux de voir que ces deux-là étaient saines et sauves.

« Arrêtez les soldats inconscients. Cependant, épargnez ceux qui ont rendu les armes lors de l’appel initial. »

« Oui, Milord ! »

L’empereur donna un ordre au chevalier commandant Gaspar, qui partit immédiatement.

Je suppose que les émeutes allèrent s’apaiser... J’étais content qu’il ne se soit rien passé de majeur à la fin. Maintenant, je n’avais rien d’autre à faire que de laisser les habitants de l’empire s’en occuper.

Oh, oups... Je devrais rappeler toutes ces créatures que j’avais invoquées en premier, n’est-ce pas ?

Tous les soldats de l’Empire Regulus qui s’étaient effondrés avaient été arrêtés et placés en détention. Ils avaient été immédiatement démobilisés de l’armée permanente, puis interrogés sur leurs autres crimes potentiels.

Mis à part une bande spécifique d’instigateurs, on constata que la plupart des soldats suivaient simplement les ordres et ne participaient à aucune activité criminelle grave. Naturellement, ceux qui avaient délibérément déclenché la rébellion feront l’objet des condamnations les plus graves, mais ceux qui y avaient participé devront également être punis. Mais j’étais sûr dans tous les cas qu’ils seraient reconnaissants d’apprendre qu’ils n’allaient pas se faire tuer.

***

Partie 9

L’empereur ordonna aux troupes restantes de se rendre dans les différentes villes du pays. Le maintien de la paix semblait être la priorité numéro une pour les jours à venir.

Les officiers captifs avaient également été libérés de leurs enfermements. Le général Romero ramena aussi le prince héritier au palais. Quand le garçon m’avait vu, il avait été surpris. C’était vraiment le gamin que j’avais sauvé pendant la crise.

Il s’était déguisé en chevalier pour fuir le château, mais à cause de cette tenue, il s’était retrouvé attaqué par les soldats rebelles.

Pour être honnête, je n’avais pas été très impressionné par ce que je voyais en lui. Il n’avait pas beaucoup de charisme... Mais il avait l’air d’avoir un cœur doux, alors j’étais sûr qu’il s’en sortirait bien.

« Nous vous sommes vraiment, vraiment redevables aujourd’hui. Touya, vous êtes un homme très digne..., vous m’avez non seulement sauvé la vie, mais aussi la vie de mon fils et de ma fille unique. S’il vous plaît, donnez-moi votre prix. Comment puis-je vous récompenser pour cet exploit ? »

« Ne vous inquiètez pas. Ça s’est passé comme ça, et franchement... c’était plus une coïncidence que de l’héroïsme. »

J’avais poliment décliné l’offre grandiose de l’empereur. Je ne voulais rien du tout de lui. Mais après avoir entendu cela, le roi de Belfast s’était mis à rire.

« De telles choses n’ont pas d’importance pour mon fils Touya. En effet, nous avons essayé de lui donner un titre de noblesse à Belfast, mais il a refusé cela aussi. En fin de compte, nous avions réussi à lui faire choisir une grande maison et une somme forfaitaire... Mais je préférerais qu’il s’occupe de ma fille ! Hohohoho ! »

« Ohohoho... Alors que dites-vous de ça ? Je serais honoré si vous acceptiez ma Lucia. Si les princesses de Belfast et de Régulus étaient unies au même homme, cela créerait la plus puissante des relations entre nos deux nations ! »

« Attendez un instant. »

La discussion avait commencé à prendre une drôle de tournure, alors j’allais leur dire d’arrêter. Au lieu de cela, c’était Yumina qui avait pris la parole. Je me demandais ce qu’elle allait dire.

« Ce n’est pas un simple arrangement politique, j’ai parlé avec la Princesse Lucia. Elle ressent la même chose que moi et les autres à propos de Touya, et elle serait donc plus qu’heureuse de devenir sa fiancée. Vous avez raison, cela améliorerait les relations entre nos nations, mais ce qui est important ici, c’est que c’est aussi ce qu’elle veut. »

J’avais été abasourdi. Qu’est-ce que Yumina avait dit ?

« Je... pense aussi que c’est une bonne chose..., » déclara Elze.

« Oui, tout comme moi », s’exclama Linze.

« Je n’ai aucune objection à un tel arrangement », dit Yae.

Toutes les autres filles qui voulaient m’épouser s’étaient prononcées en faveur de ce nouvel ajout.

Tout ce à quoi je pouvais penser à ce moment-là, c’était à la simple phrase : « Toi aussi, Brutus ? » J’avais été trahi au plus profond de moi-même ! Pourquoi ne tenaient-ils pas compte de mes sentiments !?

« Attendez une minute, n’ai-je pas mon mot à dire !? »

La conversation semblait se diriger sur une voie à sens unique, du genre : « Les opinions de Touya ne sont pas recevables », alors j’avais dû dire quelque chose ! En réponse, Lyon avait simplement haussé les épaules et m’avait souri avec ironie.

« Hmph... vraiment, Seigneur Touya... c’est de votre faute, d’une certaine façon. »

« Quoi ? Comment ça pourrait être ma faute !? »

« Dès le premier moment où je vous ai rencontré, Seigneur Touya, j’avais réalisé que votre pouvoir était anormal. Si un seul pays était lié un tel surhomme, cela ne serait perçu que comme une menace à l’échelle internationale. Essayez de voir les choses de notre point de vue. Si vous êtes considéré comme dangereux, alors Belfast serait considéré comme dangereux. Mais si vous étiez aussi fiancée à la princesse de Régulus ? Eh bien, alors nous pourrions dire que votre pouvoir n’est pas simplement consolidé en un seul endroit, et que vous n’allez pas déclencher une sorte de guerre horrible. »

« L’Empire est l’Empire, et le Royaume est le Royaume. Pas d’affaires politiques louches. C’est une simple alliance politique qui utilise le corps du seigneur Touya ! »

Le Chevalier Commandant Gaspar poursuivit là où Lyon s’était arrêté. Je pouvais comprendre ce qu’ils m’expliquaient, mais mon opinion devait quand même compter pour quelque chose !

J’avais jeté un coup d’œil à Lu, qui rougissait follement et jouait avec ses cheveux. De temps en temps, elle me jetait un coup d’œil. Ah, merde.

« Ahaha ! Touya, mon garçon ! Il n’y a pas vraiment de différence entre le numéro quatre et le numéro cinq, n’est-ce pas ? Pourquoi s’inquiéter, mon garçon ? »

« Eh bien ! Quand même, je ne sais pas... »

Le général Léon s’était pavané et m’avait tapé dans le dos comme d’habitude. Il avait l’air très optimiste à propos de tout ça. Je n’arrivais pas à trouver un moyen de sortir de cette situation.

On se connaît depuis seulement deux jours, n’était-ce pas un peu soudain !? C’était un engagement énorme... ! Attendez ! Je m’étais aussi fiancé à Yumina le jour où je l’avais rencontrée, n’est-ce pas... ? Je supposais que ça voulait dire... Était-ce bon... ?

« Et toi, Lucia, mon amour ? Es-tu contre l’idée d’épouser le courageux jeune Touya ? »

« Pas même un peu, mon Père ! Je suis si heureuse que je puisse m’enflammer de fierté et m’évanouir ! Je n’ai jamais été aussi excitée de toute ma vie ! Je veux être à lui et à lui seul ! »

Ses mains étaient serrées devant sa poitrine, ses yeux étaient pratiquement scintillants... il y avait de la vapeur qui sortait de son nez... !

Oh, bon sang... Il n’y avait donc aucun moyen que je m’en sorte, hein ?

Je n’arrivais pas à comprendre comment les gens dans ce monde voyaient le mariage. Dans mon monde, c’était plus une institution sacrée entre deux personnes, mais ici... ça semblait beaucoup plus léger. Une partie de moi avait un peu peur de voir à quel point ce monde était différent du mien sur le plan social.

« Alors, qu’en dites-vous ? Accepteriez-vous ma Lucie dans vos bras et la prendrez-vous pour épouse ? »

« Pouvons-nous au moins attendre que j’aie dix-huit ans avant d’avoir la cérémonie ? »

« Ce n’est pas un problème pour moi ! Alors c’est réglé. »

Ce n’était pas comme si nous devions attendre d’avoir dix-huit ans ou quoi que ce soit d’autre, mais j’avais besoin d’opposer une certaine résistance, sinon j’aurais l’air d’une vraie bonne poire.

Gah, Lu courrait déjà pour rejoindre les autres filles !? Elles étaient devenues très vite amies, hein... C’est quoi ça, un club « marions-nous à Touya » !?

« Très bien, alors. Je voudrais naturellement vous offrir une autre récompense supplémentaire, bien sûr. Maintenant que mon Empire et le Royaume de Belfast sont sur un pied d’égalité, je suis sûr que nous aurons une alliance durable. »

Ce que l’empereur avait dit était vraiment stupéfiant. Ainsi, presque toutes les grandes puissances occidentales seraient unifiées. Belfast, Mismede, Refreese, et maintenant Regulus, tous connectés pacifiquement...

« De plus, nous annoncerons officiellement vos fiançailles avec Lucia et ma Yumina dans les deux nations. Pour cette raison, il est prudent que nous t’accordions un titre véritable et approprié. J’ai parlé avec l’empereur de Régulus, et nous avons tous les deux accepté de nous séparer de certains de nos propres territoires et de t’accorder la gestion de l’ensemble. »

« Je suis désolé, quoi ? »

J’avais dû mal comprendre ce qui venait d’être dit. Me donner une partie du territoire de chaque pays ? Ça allait être chiant s’ils voulaient que je règne sur un endroit comme un seigneur ou quelque chose du genre...

« Il s’agit moins d’un don de terre que d’un transfert de territoire. En d’autres termes, nous avons l’intention de former un petit pays entre Regulus et Belfast. Le souverain de cette nation fraîchement encerclée sera vous, Touya. S’il vous plaît, soyez juste et gentil dans votre règne. »

« Excusez-moi !? »

Fonder un pays ? Attendez ! Souverain !? Moi, quoi !? Arrêtez !

« Nous disons que c’est un pays, mais il n’y a pas encore de population à gouverner. C’est une étendue de terre inhabitée, et sous ton règne, elle ne sera liée par aucune loi de Regulus où de Belfast. Nos deux pays, comme soutien de cette jeune nation, signeront naturellement un traité de paix avec toi. Quoi qu’il arrive dans ce pays, nous jurons de ne pas intervenir. Le pays sera à toi seul, Touya. Avec cela, la question de ton statut social est complètement invalide, et tu pourras épouser les deux princesses sans aucun souci ! »

Alors quoi, serait-ce un peu comme le Vatican ? Je supposais que cela ressemblait plus à un duché souverain ou à une principauté... Je n’étais pas bien informé sur ce sujet...

« Touya, mon garçon. Peux-tu remontrer cette carte ? »

« Hein ? Euh, bien sûr. Affichez la carte. »

« Compris. Affichage de la carte. »

Je n’étais pas sûr de ce que le roi voulait exactement, mais j’avais fait ce qu’il m’a demandé et j’avais laissé la carte se projeter dans les airs.

Belfast était à gauche et Regulus à droite. Le roi pointa du doigt la frontière qui les séparait.

« Maintenant, entre nos grandes nations se trouve la Cordillère de Melicia. Elle s’étend sur une bonne distance, mais à un certain endroit, il y a une forêt et une grande plaine. Bien que la terre soit fertile, il y a beaucoup de bêtes démoniaques qui infestent la région. C’est pourquoi aucun des deux pays ne s’est beaucoup impliqué dans ce territoire. Au sud de cette région se trouve une route qui deviendra le lien commercial entre les deux pays. C’est là que se trouvera ton pays ! »

Quoi !? Ne viens-tu pas de dire que cet endroit était infesté de monstres mangeurs d’hommes ?

« Vous voulez qu’on s’installe dans un endroit aussi dangereux ? »

« Maintenant, personne n’a dit qu’il fallait vraiment y vivre. Cela dit, cette région est maintenant complètement indépendante et hors de notre contrôle. Même si quelque chose se passait là-bas, ni Regulus ni Belfast ne pourraient rien faire. Même si un groupe de brigands s’y était retranché pour s’en servir comme base d’opérations, cette région reste hors de notre juridiction. Touya, mon garçon, tu en seras le grand-duc, donc la responsabilité de nettoyer le désordre t’incombe. »

L’empereur et le roi souriaient jusqu’aux oreilles.

Bande d’escrocs... Vous m’avez chargé de sécuriser votre nouvelle route commerciale, n’est-ce pas !? Après l’annonce de l’alliance, beaucoup plus de gens commenceront à prendre la seule route entre les deux pays. Voilà donc votre plan pour sécuriser le chemin, n’est-ce pas ? Espèces... de salauds !

Attends, était-ce leur plan depuis le début ? Est-ce qu’ils venaient de m’offrir Lu pour que je tombe entre leurs mains !? Ces types étaient vraiment effrayants... J’étais tombé dans le panneau !

« J’ai l’impression qu’on me trompe, mais... »

« Non, non, non ! Pardonnez cette pensée. C’est une région riche et abondante avec de vastes frontières. Les personnes qui passeront par là y trouveront la sécurité et la sérénité, et de leur part, vous recevrez un statut, des éloges et des accolades. N’est-ce pas bon en soi ? »

Alors c’était comme ça, hein... ? J’avais l’impression que ces deux-là se servaient de moi, mais peu importe. Ils étaient un peu trop de connivence à mon goût, mais je suppose que je pouvais le comprendre. Ils avaient tous les deux eu des problèmes avec leurs voisins dans le passé, alors m’avoir là-bas serait bon pour avoir l’esprit tranquille.

Hmph... Ce n’était pas une mauvaise affaire, j’imagine... Pour épouser les deux filles, j’avais besoin d’un poste convenable. De plus, ce n’était pas non plus comme s’il y avait des citoyens dont il fallait s’inquiéter... Sans parler du fait qu’avoir une grande étendue de terre sur laquelle je pouvais faire ce que je voulais était définitivement un plus. Eh bien, pourquoi pas ? Avoir mon propre pays pourrait être utile.

« Bien, dans ce cas, c’est entendu. Vous voulez juste que j’y sois pour sécuriser l’endroit, non ? Je vais le faire. »

« Toutes nos excuses, mon garçon. Dans ce cas, nous déclarerons formellement la formation d’une nouvelle nation ! Les deux pays reconnaîtront formellement ton droit de régner ! »

Le droit de régner, hein... Je ne pouvais même pas imaginer comment je serai en tant que chef d’État. Je suppose que je n’aurais pas réellement beaucoup de responsabilités à assumer. Vais-je devoir construire un château ?

« Tu as enfin pris une position royale, tu l’as fait. Notre futur époux est vraiment magnifique... »

« Mais je n’aurais jamais pensé qu’il aille aussi loin, c’est vraiment incroyable ! »

Yae et Elze avaient commencé à bavarder entre elles. En toute honnêteté, je ne m’attendais pas non plus à ce que quelque chose comme ça arrive. Je pensais que j’étais plus choqué qu’elles.

« Que veux-tu faire en ce qui concerne le nom de la nouvelle nation ? »

Linze me regarda, me posant une question importante à laquelle je n’avais pas vraiment réfléchi.

Uhhh... un nom ? Peut-être... Mochizukukiland ? Non, c’était bien trop embarrassant ! Impossible...

Nihon ? Eh, c’était un no, vraiment peu inspiré... Le Japon ? Japang... ? Argh... Je sentais bien qu’aucun de ses noms ne conviendrait réellement ! Oh... attendez, peut-être que...

« Brunhild... Je pense. Le Duché de Brunhild. »

« Brunhild n’est-il pas le nom que tu as donné à ton arme, Touya ? »

« Oui. Mais d’où je viens, c’est un nom dérivé d’une légendaire demoiselle protectrice. »

Oui, le Duché de Brunhild... Ça avait l’air sympa, si je peux le dire. De plus, comme ce que j’allais obtenir ressemblait plus à une micro-nation qu’un vrai royaume, je pensais donc que je pouvais donner un nom fantaisiste à mes terres.

« Le Duché de Brunhild, c’est ça ? C’est un nom plutôt splendide. Très bien, le Royaume de Belfast soutiendra formellement cette nation naissante dans une alliance ! »

« En effet. Comme le fera l’Empire Regulus. »

« Maintenant, allons-nous nous mettre au travail pour sécuriser cette terre ? »

Au fait, quelle était l’étendue du territoire ? Je ferais mieux d’utiliser mon téléphone pour vérifier, juste pour en être sûr. Alors je l’avais demandé, le téléphone en avait mesuré la taille exacte.

« Taille totale : Environ quatre cent dix kilomètres carrés. »

Pour le dire franchement, je n’avais aucune idée de ce que cela signifiait... Laissez-moi comparer cela à la taille des 23 arrondissements de Tokyo... J’avais fait une recherche pour déterminer la taille de ce dernier, et le téléphone m’avait dit que cela faisait environ six cent dix-neuf kilomètres carrés.

Attendez, quoi !? Ce qui voulait dire que mon pays ferait environ les deux tiers de la taille des arrondissements de Tokyo !? N’était-ce pas un peu trop, non !?

***

Partie 10

« Il n’y a vraiment rien, hein ? »

Nous avions regardé la forêt et la plaine. Il y avait des zones vallonées, ainsi que des montagnes au loin. Il y avait aussi une rivière à proximité, c’était une bonne chose.

Nous avions décidé d’aller visiter la terre que Regulus et Belfast m’avaient si gracieusement accordée. Je l’avais trouvée plutôt déserte. Mais, pour être honnête, c’était mieux que d’avoir une zone trop bruyante.

« Très bien alors... Lancez la recherche : Les créatures monstrueuses qui pourraient faire du mal aux êtres humains. »

« Compris. Affichage. »

À l’aide de plusieurs « épingles », des marqueurs rouges s’éparpillèrent sur toute la zone environnante de la carte. Il y en avait beaucoup. Je voulais dire que je n’étais pas trop surpris par ce résultat, vu que la région était immense. Mais je n’avais même pas inclus les monstres inférieurs dans la requête de recherche ! Il ne restait plus qu’à trouver quoi faire.

« Est-ce que je devrais les anéantir tous en même temps avec de la magie ? »

« Si tu les traites tous comme ça, je ne suis pas sûr que ça se passera bien... », Yumina fronça les sourcils.

Hmph, je suppose... si je faisais ça, alors il y aurait une énorme pile de cadavres. Les animaux carnivores en mangeraient peut-être, mais je doute fort qu’ils soient capables d’éliminer toute cette viande avant que cela ne devienne un problème. L’odeur finira certainement par être un problème majeur pour tout le monde. De plus, il était assez probable que les animaux carnivores soient ceux qui seraient tués en premier lieu.

J’avais envisagé de les envoyer quelque part à travers une [Porte] ou quelque chose du genre, mais cela causerait des ennuis aux gens de l’autre côté. J’avais pensé aussi à les envoyer tous se noyer dans la mer, mais Elze avait dit ceci :

« Certains de ces monstres sont peut-être des matières premières précieuses, tu ne peux pas t’en débarrasser comme ça ! »

Sur le coup, elle avait raison. Envoyer des monstres comme ça signifierait potentiellement moins d’argent pour nous. Les téléporter dans la mer était un gaspillage inutile.

Malgré tout, comme nous regardions le territoire depuis Babylone, il était possible de faire une [Porte] n’importe où en bas, alors je ne voulais pas gâcher cette occasion...

« Et si on utilisait [Porte] pour téléporter les cadavres ? Nous pourrions les vaincre, puis les transporter ici... Ensuite, nous pouvons les démanteler manuellement pour en obtenir les matériaux... Mais euh... que fera-t-on des cadavres ? »

« Il serait bon pour l’écosystème que nous répandions leurs cadavres à travers les montagnes et la campagne. Tant qu’il n’y en a pas trop, nous pourrions nourrir les animaux et nourrir le sol et les plantes. »

Hm, faisons-le alors. Le point de vue de Yae m’avait semblé assez juste, alors j’avais fait avec.

« Allons-y, alors. Verrouillage de la cible. Invoquez [Javelot Brillant]. »

« Compris. Invocation [Javelot Brillant]. »

...

« C’est enfin fini... ? »

J’en avais enfin fini, bon sang... Récolter le matériel des monstres était trop difficile... ! Chaque monstre avait des parties différentes et des caractéristiques différentes avec des valeurs différentes. Cela faisait beaucoup trop de choses à connaître ! Des crocs, des griffes, des peaux ? Comment suis-je censé savoir ce que tout ça valait !?

En cours de route, nous nous étions vite rendu compte que nous n’étions pas les mieux équipés pour déterminer exactement ce qui en valait la peine, alors nous avions appelé Will, Logan et Rebecca de la capitale. Nous avions décidé de leur donner la moitié de la récolte, alors ils avaient gracieusement accepté le travail.

J’avais aussi appelé ma bonne, Cécile, et mon jardinier, Julio. Puis, j’avais pris Lyon pour faire bonne mesure, parce qu’il n’était pas en service aujourd’hui. Honnêtement, c’était un travail à temps partiel plutôt décent pour eux.

Lyon déchira, déchira et déchiqueta furieusement les monstres. Quelque chose m’avait fait penser qu’il avait vraiment besoin d’argent. Cela avait-il un rapport avec Olga, peut-être... Je me demandais s’il allait se fiancer. L’opposé polaire de l’enthousiasme de Lyon était Lu, qui luttait clairement pour démonter les animaux morts. J’avais décidé de lui donner un coup de main.

J’avais été surpris de voir à quel point elle s’y était bien prise une fois qu’elle s’en était occupée. Elle avait l’air plutôt douée pour ce travail préparatoire.

« Tu es une princesse, donc c’est naturel. C’est la première fois que tu fais quelque chose comme ça, non ? »

« Effectivement. Mais je veux quand même le faire au mieux de mes capacités. Je ne veux pas être un fardeau pour toi, cher Touya. Je veux être aussi utile que les autres. »

Après qu’elle ait dit ça, je lui avais donné une petite tape sur la tête. Elle avait un peu rougi. Hehe, elle est mignonne...

La troisième princesse de l’Empire Regulus, Lucia Leah Regulus, devint ma fiancée. En même temps, sur la recommandation de Yumina, elle était venue vivre avec moi à Belfast.

J’avais pensé la même chose quand j’avais rencontré Yumina, mais les princesses de ce monde avaient beaucoup d’autonomie...

Elle ne portait pas une grande robe d’apparat comme la première fois que je l’avais rencontrée. Elle portait des vêtements plus aptes pour le travail.

Elle portait une chemise à manches longues avec un grand nœud autour du cou et des collants noirs sous une jupe plissée blanche. À sa taille, derrière son dos, il y avait deux courtes épées dans une sorte d’holster.

D’après ce que j’avais compris, Lu était une manieuse d’épée double. Il semblerait qu’elle ait appris un peu du style de Carol et qu’elle y ait pris goût. Son aptitude magique était complètement déficitaire, donc pas de sort pour elle.

Apparemment, Yae avait essayé de l’entraîner un peu, mais Lu n’était pas compatible. Comme les lames jumelles étaient basées sur un mouvement rapide et trompeur, il était naturel qu’elles ne s’harmonisassent pas avec le style de samouraï de Yae.

Je me demandais si elle accepterait de combattre avec deux épées... Mais j’avais décidé qu’il valait mieux attendre et la voir en action.

« Eh bien, maintenant les choses vraiment dangereuses sont prises en charge... »

J’avais relancé mon application Carte, juste pour être sûr. Pas un seul résultat enregistré dans la zone. Mission accomplie.

Cependant, j’avais soudainement eu une idée et je m’étais décidé de partir à la recherche d’humains dans les environs. Bien sûr, il y en avait tout un tas dans la forêt...

Les gens vivaient vraiment ici ? C’était une zone dangereuse, alors je ne pensais pas que c’était un endroit où l’on pouvait se sentir chez soi...

« C’est probablement une bande de brigands. »

Lyon murmura cela tout en regardant la carte.

« Vraiment ? »

« D’après ce que j’ai entendu, il y a eu beaucoup d’attaques de bandits dans les territoires environnants récemment... Un tel rassemblement montre clairement que c’est la base centrale de leur opération. Leurs têtes sont sûrement mises à un bon prix. »

La forêt était immense et dangereuse, c’était donc évidemment un endroit idéal, un lieu où les égorgeurs pouvaient se cacher. S’ils étaient assez nombreux, et qu’ils étaient forts, ils pourraient repousser les monstres.

« ... Alors qu’est-ce qu’on fait ? »

Linze avait parlé, comme si elle ne savait pas déjà qu’on allait les évacuer. Cet endroit devait faire partie de mon territoire, après tout, alors c’était mieux d’éliminer les mauvaises personnes.

« Eh bien, je vais m’en occuper. »

« Je peux t’accompagner ? »

Étonnamment, Lyon m’avait proposé de me suivre. Je n’avais aucune raison de dire non, alors je l’avais laissé faire. Nous avions laissé le démantèlement des corps des monstres à tout le monde, et nous nous étions tous les deux dirigés vers la planque. Ce n’était qu’un voyage de trente minutes à pied, il n’était donc pas nécessaire de compliquer la méthode de voyage.

« Tu veux la prime, n’est-ce pas ? »

« H-Huh ? Aah... Hahaha, eh bien... Je suppose que vous m’avez compris, Seigneur Touya. »

Lyon gloussa un peu, se grattant l’arrière de la tête tout le temps. Je sentais ce désir de gagner de l’argent qui émanait de lui quand il dépouillait les monstres, alors c’était tout naturel.

« Tu économises pour offrir une bague de fiançailles à Olga ? »

« Ah, non... En fait, je lui en ai déjà donné une. »

« T’es sérieux !? »

J’avais été complètement décontenancé. J’étais vraiment à côté de la plaque. Il l’avait peut-être en tête depuis le début, mais n’était-il pas un peu trop rapide ? Il ne m’avait pas fallu longtemps pour réaliser que je n’étais pas en mesure de parler de cela à tout le monde.

« Wôw, mec... félicitations. Alors, pourquoi essayes-tu d’obtenir de l’argent si férocement ? »

« Eh bien, les mariages coûtent cher... et le coût de la vie après coup. Idéalement, j’aimerais acheter une maison pour nous deux. »

Lyon avait laissé échapper un rire un peu inquiet, mais il semblait tout de même heureux. Je comprenais assez bien ses sentiments, l’argent était absolument nécessaire pour maintenir une vie de couple heureuse.

« Tes parents ne peuvent pas t’aider ? »

« Ah, eh bien... mes parents croient qu’il faut se frayer un chemin dans la vie, et ses parents croient qu’il est nécessaire que l’on obtienne cet argent par nous-même... »

Oh mon dieu... La nature résolue de la tradition militaire stricte et de l’impitoyable tradition mercantile pesait sur lui.

« Nous vivons tous les deux avec nos parents respectifs en ce moment, mais... comme je suis le deuxième fils, je devrais déménager après mon mariage. »

« Olga viendra-t-elle à Belfast ? »

« Son père a besoin d’un successeur pour son empire mercantile, mais... J’espère vraiment pouvoir me permettre de la faire venir assez tôt. »

Lyon poussa un petit soupir irrité. Hmph... Je pourrais lui prêter de l’argent, mais cela mettrait probablement le général Léon en colère contre lui et moi. Alors il ne vaudrait mieux pas...

« Oh, qu’en est-il des biens volés que les brigands auront ? »

« Idéalement, nous aimerions les rendre à leurs propriétaires légitimes. Toute autre chose appartiendra de droit à ceux qui ont vaincu les bandits. Il n’y a pas vraiment de profit à éradiquer les bandits, alors ils réussissent généralement à se cacher pendant un bon moment. »

« Donc tu dis que leur chef a probablement une tonne d’argent, n’est-ce pas... ? »

« C’est ce que j’espère, en fait. Évidemment, je rendrai tout ce qui a un propriétaire connu. »

Donc s’il n’y avait personne pour réclamer la marchandise, il pourrait l’empocher. C’était logique.

La carte indiquait une hutte de construction grossière à l’orée de la forêt. J’avais supposé que c’était leur planque.

« Alors quels bandits dans cette zone ont leurs têtes mises à prix ? »

« Trois d’entre eux. Un trio de voleurs, tous frères et sœurs. »

J’avais confirmé leur présence sur la carte, trois marqueurs étaient apparus. On dirait cependant que c’était tous de grands bandits. Lyon avait sorti l’arme que j’avais faite pour lui et l’avait transformée en mode lame.

J’allais laisser ça à Lyon, je crois... Si je m’impliquais, il voudrait probablement partager la récompense avec moi, et j’étais d’accord pour qu’il ait tout.

Finalement, Lyon avait anéanti tout le camp des brigands. Eh bien, je dis qu’il les avait anéantis, mais il avait utilisé le mode paralysant pour tous les paralyser. Je pensais qu’ils seraient plus féroces, étant donné qu’ils avaient une réputation, mais il me semblait que je n’avais pas à m’en inquiéter.

Les bandits avaient accumulé une assez grosse pile de butin, que j’avais été très heureux de voir. Avec le sourire aux lèvres, Lyon avait capturé tous les brigands, tandis que j’ouvris une [Porte] vers la capitale royale.

J’avais planqué tous leurs gains mal acquis dans mon [Stockage], faisant une note mentale pour les remettre à Lyon. Après ça, j’avais écrasé leur misérable cabane avec [Gravité]. Après tout, ça m’aurait fait chier si d’autres gars avaient eu la brillante idée de squatter là.

Nous étions ensuite retournés auprès des autres, on aurait dit qu’ils en avaient fini avec la récolte de matériels. On les avait emballés et j’avais mis toutes les bonnes choses dans mon [Stockage], en prenant soin d’étiqueter deux sacs « Rebecca, » et « Cécile ». Après tout, ça aurait été mauvais pour eux de trimballer tant de choses.

Nous étions retournés à la guilde de la capitale et nous nous étions dirigés directement vers le bureau de négociation. Immédiatement, j’avais sorti une tonne de choses de mon [Stockage] et je les avais empilées sur le comptoir. La quantité de choses était si indécente que l’homme au bureau avait dû prendre quelques minutes pour tout recueillir.

Pendant qu’il faisait les comptes, j’avais emmené Lu au bureau de Prim.

« J’aimerais inscrire cette fille à la guilde. Vous devriez avoir reçu une notification de la part de l’Empire Regulus ? »

« Ah, oui ! Nous l’avons obtenu, mais... avez-vous vraiment réprimé un coup d’État militaire tout seul !? »

« Eh bien ! Je ne l’ai pas fait tout seul, mais... oui. »

« Mon Dieu... Je n’arrive presque pas à croire que c’est vrai. J’aurais dû savoir que le propriétaire du Lecteur Lunatique était un homme si extraordinaire... »

Tandis que Prim admirait mes accomplissements, un autre employé donna à Lu les explications de base, et Lu expliqua les raisons pour lesquelles elle était devenue une aventurière. Naturellement, j’avais écouté. D’après ce que j’avais compris, Lu n’avait certainement pas besoin de devenir une aventurière professionnelle, mais elle ne pouvait pas supporter l’idée de rester à la maison et d’être exclue des autres, alors elle avait pris sur elle pour devenir plus forte.

« Ah, s’il vous plaît, donnez-moi votre carte de guilde. »

J’avais remis la carte, comme Prim me l’avait demandé. Elle l’avait estampillée d’un autre sceau que d’habitude.

« C’est la preuve que vous avez abattu un Grand Démon dans l’Empire Regulus. Au nom de la guilde, veuillez accepter ce nouveau titre. Vous êtes officiellement un tueur de démons ! »

Tueur de Dragons, Destructeur de Golem, et maintenant Tueur de Démons, hein ? J’étais juste en train d’accumuler des titres à une vitesse folle.

« Avec cela, vous avez acquis trois titres en tout. Ceci, combiné à la recommandation formelle du Royaume de Belfast et de l’Empire Regulus, signifie que votre rang de guilde a augmenté d’un rang. Félicitations ! »

« Hein ? C’est comme ça que ça marche ? »

La carte de guilde qu’elle m’avait retournée était d’un argent scintillant. C’était vraiment joli. Je supposais que la guilde n’avait eu aucun problème à me promouvoir à ce niveau après avoir pris conscience de l’étendue de mon pouvoir, sans parler de mon soutien politique.

« Eh bien, c’est certainement quelque chose de spécial ! Cela fait presque deux décennies que notre pays n’a pas eu d’aventurier de rang Argent. »

J’avais été surpris que cela soit il y a si longtemps, mais il était vrai que je n’avais jamais vu de demandes de rang Argent ou Or sur les tableaux des requêtes.

« Quand vous arrivez au rang Argent et Or, vous recevrez généralement des quêtes directement de la guilde. »

C’était assez logique pour moi. Il était logique de limiter le nombre de personnes susceptibles de voir de tels emplois, car ils seraient probablement sensibles ou ne pourraient être traités que par les personnes les plus compétentes.

Lu avait fini de s’inscrire et m’avait joyeusement montré sa carte de guilde noire.

J’avais emmené Lu à la zone commerçante, et il me semblait qu’elle avait finalement compris combien tout cela valait.

Rebecca et les autres de Sandora semblaient extrêmement heureuses de cette aubaine inattendue. Cécile et Julio semblaient aussi très heureux. Il fallait s’y attendre. Ils s’en sortaient tous très bien, après tout.

Ma part personnelle ainsi que celle de Lyon avaient été mises de côté et cela nous avait été remis au moment où j’avais quitté la guilde. Les bandits avaient apparemment été appréhendés sans problème. Lyon avait dû rapporter ça comme l’ayant fait en solo en raison de la prime sur leurs têtes, mais il avait été en mesure de la recevoir sans tracas.

L’argent des matériaux, couplé à l’argent des brigands... Cela faisait un joli pécule pour Lyon, tout compte fait. Avec ça, il aurait au moins de quoi sécuriser son mariage.

J’avais soudain réalisé que je devrais offrir un cadeau de mariage à Lyon et Olga. J’avais fait une note mentale pour demander des suggestions aux filles plus tard.

***

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3 commentaires

  1. Je me demande si le general vas se faire tuer pas touya ou s il vas se faire tuer par execution

  2. Merci pour le chapitre .

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