Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 4 – Chapitre 3 – Partie 3

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Chapitre 3 : Troubles dans la capitale de l’Empire

Partie 3

« L’empereur a une maladie. Une maladie de cœur. Il a signé un traité de paix avec Belfast et Roadmare, et il hésite même quand on lui dit de piétiner de tels accords et de conquérir ces territoires ! L’empereur tel qu’il était dans la fleur de l’âge ne se serait jamais comporté de cette façon. Vraiment, l’âge est une maladie effrayante sans remède. »

« ... Et juste pour ça, tu le tuerais ? »

« Pour le bien de son peuple, un empereur doit être fort. S’il perd cette force, alors il doit s’écarter et faire de la place à un autre. Un nouvel empereur doit prendre sa place, un empereur qui a de la force et de l’énergie. »

Cela ne se passera pas comme ça, n’est-ce pas ? Ce n’était qu’une trahison ! C’était clairement un coup d’État. Le général doit avoir plus de respect de la part des militaires que l’empereur, sinon il n’aurait jamais pu déclencher une révolte comme celle-ci. Un vieil empereur mal en point, sans projets pour son peuple, et un prince héritier peu fiable... Quand vous les mettiez aux côtés d’un général déterminé qui ne reculera devant rien pour gagner... Eh bien, il était assez facile de voir lequel de ces trois-là avait la plus grande présence. Pourtant, ces types avaient-ils sérieusement l’intention de rompre le traité et de faire la guerre ?

« Belfast, Refreese et Mismede sont unis dans une alliance. Pouvez-vous au moins espérer aller à l’encontre des trois nations à la fois ? »

« Bien sûr que je peux ! Penses-tu que j’ai été assis là, à me tourner les pouces pendant ces vingt dernières années de paix ? »

Le général Bazoar leva le bras droit vers une fenêtre voisine et commença à se concentrer.

Oh, c’était un utilisateur de magie !? Attends, le plus important... quel genre de magie pourrait-elle être !? J’avais ressenti une immense pression. C’était clairement une force plus grande que celle que j’avais rencontrée chez n’importe quel utilisateur de magie auparavant. Quel était ce sentiment... ? Mon corps semblait... d’une façon ou d’une autre plus lourd.

« Sortez, ténèbres ! Je cherche un démon du plus haut niveau : [Seigneur Démon] ! »

Le général avait lancé son incantation. Et au moment où il termina sa phrase, la fenêtre s’était brisée en morceaux et la pièce avait été plongée dans une lumière blanche.

Lorsqu’elle s’était finalement atténuée, le mur sur lequel la fenêtre avait été fixée n’existait plus. Plus important encore, il y avait une énorme créature qui flottait à l’extérieur, clairement visible malgré le fait que nous étions au troisième étage. Elle avait la tête d’une chèvre, les ailes d’une chauve-souris, le haut du corps était celui d’un homme bien bâti et le bas du corps celui d’un hibou.

Qu’est-ce que c’était que ce truc !? Il avait appelé ça un Seigneur Démon ? C’était un euphémisme, on dirait le diable en personne !

« I-Impossible... ! Comment a-t-il pu passer un contrat avec une telle créature ? D’où lui vient le pouvoir magique lui permettant de le garder dans ce monde ? »

Lucia marmonnait à elle-même, stupéfaite et horrifiée. Elle n’avait pas tort. Les hommes-lézards, les loups argentés et les squelettes étaient des invocations standardes, mais cette chose se situait à un tout autre niveau. Je n’avais aucune idée d’où le général tirait cette énergie magique.

« Passer un contrat avec la bête était insignifiant. Je lui ai simplement offert des sacrifices vivants. Les criminels de notre grande ville ont été offerts en pâture à la créature. L’empereur s’y est obstinément opposé, bien sûr. Mais pensez au potentiel. Si l’on pouvait contracter un Démon Supérieur, alors on pouvait aussi contrôler les Petits Démons par procuration. Après avoir rempli les conditions du contrat et nourri la bête avec autant de vies qu’elle le souhaitait, j’ai réussi à le contrôler. Et maintenant, une armée entière de monstres est à ma disposition ! Quant à la magie... »

Le général Bazoar leva le bras droit et retira sa manche. Il l’avait soulevé pour nous montrer un beau bracelet enroulé autour de son poignet. Un bijou rouge éblouissant y était fixé, qui scintillait d’une lueur terrifiante. C’est... un artefact !?

« Ce bracelet absorbe l’énergie magique des lieux et des gens autour de moi. Petit à petit, elle a vidé la magie de tous ceux qui se trouvaient à proximité. C’est vous qui maintenez le Seigneur Démon. »

Ça drainait la magie ? Je supposais que ça expliquait le sentiment bizarre d’avant... Mais c’était une mauvaise nouvelle. Je devrais sortir d’ici ou il allait juste gagner plus de magie.

J’avais remarqué que Lucia et Carol étaient tombées à genoux. On aurait dit qu’elles s’affaiblissaient au fur et à mesure qu’elles perdaient de l’énergie.

Ma magie s’était déjà suffisamment régénérée, mais il serait inutile d’utiliser [Transfert] sur les filles. Toute la magie que je leur rendais serait à nouveau sapée.

Alors il n’y avait qu’une chose à faire... Je vais devoir l’effacer à la source !

[Apport] !

J’avais essayé d’éloigner le bijou avec de la magie. Mais au lieu de ce qui devait se produire habituellement, un son étrange avait résonné près du général, et le sort avait complètement échoué.

« Hm ? Et bien, mon petit ! Tu as encore de la magie à revendre ? C’est malheureux pour toi que de telles choses ne marchent pas du tout sur moi. Pourquoi crois-tu que j’ai choisi un démon parmi toutes les choses avec qui faire un contrat ? »

Le général fit un geste en direction de la créature monstrueuse qui planait encore dans l’air à proximité.

« Ce Seigneur Démon a une caractéristique particulière. C’est ce qu’on appelle l’annulation magique. Les attaques magiques et les effets des armes enchantées n’ont aucun effet sur elle. Et, en tant que maître et entrepreneur, la capacité s’étend maintenant à moi ! »

Annulation magique !? Comment étais-je censé faire quoi que ce soit contre ça !? Je supposais que je devais dans ce cas utiliser des attaques physiques...

J’avais sorti mon Brunhild et l’avais rechargé avec des balles paralysantes. Si la magie n’avait aucun effet, c’était probablement ma meilleure chance.

« Hm ? »

J’avais appuyé sur la détente, visant le général. L’arme avait fait écho et... la balle avait heurté un mur invisible devant le visage du général. Qu’est-ce que c’était que ça !?

« Hm ? C’était une sorte d’arme à projectile ? Tu pensais passer aux attaques physiques après avoir échoué à me frapper avec de la magie ? Comme c’est malheureux. »

Le général retroussa sa manche gauche pour dévoiler un autre bracelet serti d’une pierre précieuse rouge différente.

« C’est mon bracelet bloqueur. Il forme une barrière invisible égale au niveau de la magie déversée, annulant complètement tous les dommages physiques. Mon bracelet draineur absorbe la magie, mon Seigneur Démon m’accorde une résistance à toutes les attaques magiques, et mon bracelet bloqueur résiste à toutes les attaques physiques ! C’est ma Sainte Trinité ! Ma défense ultime ! Je ne peux pas être attaqué, quels que soient les moyens employés ! »

Il devait mentir, non !? C’était impossible ! Je voulais dire ça, mais je n’étais pas vraiment en mesure de dire quoi que ce soit à ce sujet, mais est-ce que ça ne semblait pas un peu trop simple ? Il est bien trop puissant ! Ce n’était pas juste du tout ! Et il m’utilisait aussi comme batterie magique ! Ce n’était pas juste ! Donc, même si j’utilisais [Gravité] pour faire une attaque extrêmement lourde ou puissante, il pourrait simplement utiliser ma propre magie afin de générer un bouclier pour la bloquer. Attends, cela avait-il un sens ? Comment pouvait-il tirer autant de magie de moi à la fois ? Eh bien, je supposais que d’autres lui fournissaient aussi de la magie...

Tsk... c’était mauvais. Si seulement je pouvais me débarrasser de ses satanés bracelets.

« Je ne sais pas d’où tu viens, mais on ne peut pas te laisser partir vivant. Tu deviendras de la nourriture sacrificielle pour le Seigneur Démon, un sacrifice supplémentaire parmi d’autres. »

« Alors quoi ? Tu prévois d’appeler une armée de monstres et de faire la guerre ? Combien de citoyens innocents de cette nation as-tu l’intention de sacrifier ? »

« Je ne sacrifie pas les citoyens, les seuls qui sont morts jusqu’ici étaient des criminels. Dans la vie, c’étaient des ordures, inutiles à notre glorieux empire. N’est-il pas mieux pour eux de mourir au nom de mon ambition ? Mais si c’est ton problème, ne t’inquiète pas. Nous utiliserons les soldats de Belfast comme nourriture sacrificielle bien assez tôt ! »

Le général rit de bon cœur. C’était à ce moment-là que j’avais réalisé qu’il n’était rien de plus qu’un fou avec une soif de carnage.

Je ne savais pas si le coup d’État était juste ou non, mais sa tirade m’avait amené à la conclusion suivante : C’était le méchant.

Utiliser et abuser de la vie des autres pour ses propres fins était simplement un péché impardonnable.

« Uuh... »

L’empereur, qui gisait sur le sol derrière le général, bougea très légèrement son pied. Était-il vivant !? Ni le général ni ses compagnons ne semblaient s’en rendre compte. J’avais alors décidé que ma priorité devait être de sauver l’empereur. Les deux derrière moi semblaient être elles-mêmes à la limite de leur conscience, il semblerait donc que leurs réserves magiques étaient à leur limite.

« Invoquez [Porte]. Ciblez trois individus, l’empereur, Lucia et Carol. Envoyez-les chez moi, juste à l’extérieur. »

« Bien reçu. Invocation de [Porte]. »

« Quoi !? »

Une lumière était apparue autour des trois individus, et ils avaient disparu en un éclair.

« Misérable, tu peux même utiliser la magie de transport !? »

« C’est exact. Je vais me retirer juste pour aujourd’hui, mais ne pense pas une minute que j’en ai fini avec toi. »

J’avais rechargé Brunhild avec des balles différentes. J’avais pointé mon arme sur le général.

« Enfant stupide, c’est inutile ! Tant que je porterai le bracelet bloqueur à mon poignet, tu ne pourras pas me faire une égratignure ! »

« Très bien. Il n’est peut-être pas possible de blesser ton corps, mais... Je suis sûr que je peux au moins porter un coup à ta fierté. »

« ... De quoi diable parles-tu, mon garçon ? »

Un sourire cruel s’était répandu sur mon visage. J’avais baissé le canon de mon arme, puis j’avais tiré près de ses pieds.

« [Glissade]. »

« Augh ! »

Le général était tombé de très jolie manière. Il avait posé sa main sur le sol et avait essayé de se relever, mais la balle que j’avais tirée était programmée pour créer une zone sans frottement dans une large zone. Peu importait où le général mettait ses mains, ses pieds, n’importe quoi. Il était entièrement à ma merci maintenant.

« G-Général ! Ne vous inquiétez pas ! »

Ses alliés avaient couru pour l’aider... comme des agneaux idiots allant au massacre. L’effet magique n’était après tout pas seulement concentré sur le général. C’était un sort à zone d’effet.

« Whuh ! »

« Gah ! »

Comme prévu, ils avaient été entraînés dans cet enfer glissant et avaient commencé à tomber à plusieurs reprises. Ils n’avaient pas de bracelet bloqueur comme le général, alors ils avaient certainement subi des dommages après s’être écrasés dans le sol à plusieurs reprises pendant un certain temps.

« Ohohoho... Hahahahaha !! Oui, c’est cela ! Tomber pour toujours ! Continuez à danser cette danse pathétique jusqu’à votre mort ! »

J’avais dit ces choses sarcastiques pour essayer de le provoquer, mais il n’avait pas mordu à l’appât. Il aurait pu utiliser son bracelet draineur pour absorber la magie que j’avais imprégnée dans le sol, mais il ne semblait pas s’en rendre compte. Et je n’avais aucune obligation de lui dire.

« Seigneur Démon ! »

Le monstre à tête de chèvre m’avait attrapé en réponse à l’appel de son maître. Ce n’était pas bon. Je ne pensais pas que ça marcherait dans l’air.

Cette chose pourrait être blessée par des attaques physiques. Pourtant, le général serait probablement en mesure de le rappeler si je le défais... J’avais donc décidé de faire la seule chose que je pouvais faire.

« Adieu, chers messieurs ! Mais ne croyez pas que vous avez fini de me voir ! Bientôt, le Marteau de Babylone descendra sur vous ! Le tonnerre de ma vengeance s’abattra sur vous avec la rafale de mille vents ! Vivez dans la peur jusque-là, vermine ! Fuhahahahaha !! »

Je m’étais un peu trop impliqué.

Juste avant de partir, j’avais fait apparaître un mirage pour choquer leurs sens. L’image que j’avais créée était celle de cafards, d’asticots, de mille-pattes et d’autres animaux qui se tortillaient, partout sur le sol. C’était mon cadeau d’adieu.

« Eek !! Augugh !! »

« Des i-insectes ! Ils sont partout !! »

« Fils de... ! Je te ferais payer pour ça ! »

Ils avaient poussé leurs cris d’angoisse en réponse à mes provocations. Quoi qu’il en soit, leur souffrance m’avait fait sentir beaucoup mieux.

J’avais ouvert une [Porte] sous moi et je m’étais échappé.

J’avais atterri dans mon jardin, regardant par-dessus pour voir que Lucia était à côté de son père. Il avait l’air pâle et froid.

« P-Père ! Père... ! »

La situation semblait préoccupante. J’avais besoin de le soigner immédiatement. Lucia tenait l’une de ses mains, alors je m’étais penché et j’avais attrapé l’autre.

« Viens, Lumière ! Amène le repos de la déesse : [Mega Soins] ! »

Mon sort de rétablissement avancé avait créé une belle lumière qui s’était enroulée autour du corps de l’empereur. Le coup de couteau sur le côté s’était refermé tout seul. Même ainsi, ce sort ne suffisait pas à lui seul.

« [Récupération]. »

J’avais jeté un autre sort au cas où il y aurait des effets secondaires sur lui. Je ne pouvais rien faire d’autre. C’était à l’homme lui-même qu’il appartenait de faire le reste.

J’avais fait déplacer l’empereur dans une chambre d’amis, puis je l’avais vite mis au lit. Après cela, j’avais dit à Laim de contacter le Palais Royal et d’amener le Docteur Raul, puis j’avais amené Lucia et Carol dans la chambre de l’empereur.

Pendant que j’attendais l’arrivée de Raul, j’avais rassemblé tout le monde dans le salon. Je leur avais ensuite donné un aperçu de la situation.

« Bon sang, Touya... pourquoi tu continues à fourrer ton nez dans de telles affaires ? », soupira Elze.

Ce n’était pas comme si je foutais mon nez dans les choses ! C’était plutôt les choses qui restaient collées à mon nez !

« Malgré tout, sans tenir compte des problèmes de l’empire... Où est le prince ? »

Linze marmonnait ses inquiétudes, mais tout ce que je pouvais faire, c’était prier. J’aurais préféré téléporter tout le monde en lieu sûr, mais je n’avais jamais vu le prince auparavant, alors je n’avais pas pu l’inclure dans le rappel collectif.

« Mais c’est terrible... Et si l’empire fait bientôt une attaque contre Belfast ? »

« L’armée des démons est pour l’instant la chose la plus préoccupante. On doit s’en occuper avant toute chose. »

Le moyen le plus simple serait de vaincre le général Bazoar, mais... Les attaques magiques n’avaient rien fait, et je ne pourrais pas non plus trouver un moyen de le vaincre par des attaques physiques.

Si j’utilisais [Porte] et que je le lâchais d’une grande hauteur, son bracelet bloqueur annulerait les dégâts. En plus, il était très probable qu’il aurait convoqué le Seigneur Démon avant ça. Alors il pourrait s’envoler et partir en retraite. [Gravité] n’aura probablement aucun d’effet. Mec, quel emmerdeur !

Des sorts comme [Glissade] et [Mirage] fonctionnaient bien, probablement parce qu’ils étaient indirects. Il était assez clair que je devais réfléchir à quelque chose, mais plus important encore... je devrais le signaler au roi de Belfast.

Un coup d’État militaire dans l’Empire était une affaire énorme, et le roi devrait aussi être informé de l’apparition d’une armée de démons.

Mais devrais-je lui parler de Lucia et de l’Empereur... ? Leurs états avaient signé un traité de paix provisoire, mais ils étaient aussi d’anciens ennemis...

J’avais brièvement envisagé ce qui pourrait arriver si le roi voulait qu’ils partent du pays. J’avais alors décidé de les laisser se réfugier à Babylone. Je ne voulais pas m’allier à une nation en particulier, mais je ne pouvais certainement pas abandonner une personne blessée comme ça.

Alors que je réfléchissais, Laim avait amené le docteur Raul. J’avais pensé qu’il valait mieux confier le reste à un professionnel. En attendant, j’avais des projets à faire. Je devais trouver un moyen de vaincre le Seigneur Démon, ainsi que le général qui le contrôlait.

Est-ce que je pouvais enlever les artefacts de ce général et le battre ainsi... ? En fait... attends, c’était peut-être plus facile que ce à quoi je m’attendais... J’aurai peut-être besoin d’un peu de temps de préparation, mais je pensais que je pouvais le faire... J’avais soigneusement réfléchi à mon idée et j’en étais venu à une conclusion solide. Ouais, ça devrait aller.

J’avais formulé mon plan. Harceler les gens n’était pas exactement la chose la plus classe à faire, mais j’avais soudainement imaginé le visage du général, pleurant et mendiant. C’était hilarant. En un rien de temps, un sourire sadique s’était répandu sur mon visage. Tous ceux qui m’avaient regardé avaient un peu reculé.

Quoi, avais-je l’air si bizarre ?

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3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

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