Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 4 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Rencontres dans le désert

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Chapitre 1 : Rencontres dans le désert

Partie 1

 

 

« Je l’ai trouvé ! C’est dans le désert de Rabbi, au sud-est du royaume de Sandora ! »

Nous étions tous en train de manger tranquillement notre petit-déjeuner quand soudain la porte s’était ouverte. Leen et Paula avaient fait irruption, crachant des mots à l’emporte-pièce. Leen affichait un sourire sur son visage, un sourire qui criait pratiquement : « Je l’ai fait ! »

« Sous le sable ! Des piliers en pierre ! Identique aux ruines de Nirya ! Il semblerait qu’il y ait six anciens piliers de pierre avec des gemmes magiques encastrées dans ceux-ci. C’est juste enterré sous le sable ! »

« Mmngh... c’est sympa, enfin, je suppose. »

 

J’avais répondu en mangeant mon toast pendant que Lapis me versait une tasse de jus frais. Le petit-déjeuner vous donnait votre plein d’énergie quotidien. Ce serait stupide de ne pas le manger correctement. Franchement, je n’avais pas vraiment eu le temps d’écouter ses divagations pendant ma routine matinale.

« ... sous-vêtements sexy. »

« Très bien, très bien. Parlez-moi du désert de Rabbi. »

Tsk... Elle s’en souvint, alors. Elle m’avait fait promettre, ou plutôt... me menaçait de lui promettre des sous-vêtements sexy si je refusais de chercher Babylone avec elle.

L’humeur dans la pièce avait pris un virage soudain quand elle en avait parlé, alors j’avais trouvé prudent de ne pas lui faire ce plaisir. Je n’avais pas d’autre choix que de sourire et de le supporter.

« Loin au sud de Mismede, à travers la mer des arbres, vous trouverez le royaume brûlant de Sandora. Le désert de Rabbi est juste au sud-est de cet endroit. »

« D’abord les profondeurs de la côte, et maintenant un désert en flammes... Est-ce que cette bonne femme en a après moi ? » Elle pouvait voir l’avenir, alors je me demandais si elle me regardait en ce moment même. Je lançais un regard irrité vers le ciel, juste au cas où.

Mais ça faisait des milliers d’années que ça dure... Le paysage avait probablement beaucoup changé, hein ? Je voulais dire, elle ne pouvait pas vraiment être si méchante, n’est-ce pas ? C’est du moins ce que je voulais croire. Pourtant, je n’arrivais pas à me débarrasser de l’impression qu’elle se moquerait de moi si elle regardait cela se dérouler.

« Alors, on devrait y aller ? »

« C’est exact. Nous allons découvrir d’autres reliques d’une époque révolue. J’espère qu’on trouvera la bibliothèque cette fois. »

Leen était tout à fait prête à s’y mettre. Moi, par contre, je m’en fichais un peu. J’avais jeté un coup d’œil rapide et réticent sur Cesca.

« Qu’est-ce qui ne va pas, Maître ? »

« Eh bien, je me demande juste ce qu’il se passerait si l’une d’entre vous devait se joindre à nous si on y va... »

« Un tout nouveau royaume de débauche s’ouvrira alors, Maître. »

« Ça suffit comme ça. »

C’est une vraie emmerdeuse...

Je me demande quoi faire. J’avais d’abord pensé à laisser tomber. Après tout, j’avais déjà fait tout ce chemin sans les chercher.

Mais en même temps, j’avais fait une promesse à Leen, et le professeur avait fait un discours plutôt énigmatique sur la civilisation détruite par la Phrase, alors il y avait toute cette histoire aussi.

Il était tout à fait possible que j’aie besoin du pouvoir de Babylone pour m’aider en cas de catastrophe. Je ne voulais certainement pas qu’on me prenne au dépourvu si ce moment arrivait un jour.

« D’accord, allons-y. Cesca, prépare le jardin. »

« Oui, maître. »

Leen et Paula se réjouirent, et tous les autres se levèrent en souriant. Elles étaient sorties par la porte, probablement vers leur propre chambre.

Je m’étais soudainement souvenu des maisons que j’avais téléportées de Reflet. Elles auraient dû être dans le jardin. J’avais pensé qu’elles auraient fait de belles maisons de vacances, après avoir tout arrangé, bien sûr. Elles étaient aussi assez grandes, donc il n’y avait pas de soucis d’espace.

OK, je vais commencer à aménager cet endroit pendant qu’on allait dans le désert.

Nous avions commencé notre voyage dans le jardin à Belfast, puis nous nous étions dirigés aussi vite que possible au sud de Mismede, vers le royaume brûlant de Sandora.

J’avais pensé que la vitesse du jardin était à peu près égale à celle d’un avion commercial. Eh bien, c’était surtout une supposition de ma part. Je n’avais jamais pris l’avion de ma vie. Ce n’était pas que j’avais le vertige ou quoi que ce soit du genre, je n’en avais tout simplement jamais eu l’occasion.

« Il nous faudra environ quatre heures pour atteindre notre destination. »

Je ne pouvais pas juger si c’était rapide ou non, mais c’était quand même beaucoup plus rapide que je ne l’avais prévu. Par conséquent, j’avais décidé d’aménager les maisons vacantes immédiatement.

Les maisons avaient été déplacées à l’angle du jardin. J’avais ouvert la porte de la plus grande des deux, puis j’étais entré. Hm, ce n’était pas mal du tout. Je supposais que nettoyer l’intérieur serait suffisant pour l’instant.

« Je m’occupe de tout l’étage », déclara Elze, l’air presque excité.

« Je m’occuperai de la cuisine et de la salle à manger. »

« Je m’occuperai du salon, je m’en occuperai ! »

« Bien, je m’occuperai de la salle de réception et des couloirs. Touya, s’il te plaît, occupe-toi de l’éclairage et des zones qui ont besoin d’eau courante, » décida calmement Yumina.

Attends, de l’eau... Que devais-je faire pour l’eau ? Attends, il y a un cours d’eau qui traverse le jardin, non ? Je pourrais peut-être m’en servir.

Je m’étais dirigé vers le monolithe de contrôle central et j’avais demandé à Cesca si elle savait d’où venait l’eau dans le jardin. Elle m’avait montré d’où elle provenait. L’eau avait été produite par un artefact que le professeur avait créé il y a longtemps.

Elle m’avait montré une fontaine qui produisait une quantité apparemment infinie d’eau qui coulait le long du ruisseau et s’étendait dans tout le jardin. L’eau était finalement nettoyée de toutes les impuretés qu’elle avait pu ramasser, puis elle retournait vers la fontaine.

« L’eau est-elle éternelle ? »

« Non, il y a encore de l’évaporation, de la condensation, etc. Mais même si de l’eau manquait, la source en produira toujours une quantité égale. »

Alors il ne devrait pas y avoir de problème à puiser de l’eau d’ici.

« On peut la boire ? »

« Oui, c’est propre à la consommation humaine. »

Bien, alors il n’y a pas de problème. J’avais utilisé la même méthode que celle utilisée à la Lune d’Argent, en installant un tuyau court dans le canal. J’avais décidé d’installer le tuyau de drainage au bout du canal. Après tout, c’était là que l’eau était la plus pure.

J’étais allé voir Linze, qui nettoyait la cuisine, et j’avais utilisé [Modelage] pour créer un évier pendant que j’étais là. J’avais fait l’évier en mithril, c’est ainsi pour qu’il brille d’un bel éclat. Ensuite, j’avais installé un robinet qui était relié à la source d’eau principale avec [Porte]. Après ça, j’avais réglé le tuyau d’évacuation pour qu’il retourne également dans le canal.

J’avais tourné la poignée du robinet, regardant l’eau s’écouler. Super, au final ça marchait. Linze avait d’abord été surprise, mais s’était rapidement habituée à l’idée d'ouvrir et de fermer un robinet.

Après ça, j’avais fait des toilettes. Ainsi qu’une bonne chasse d’eau. Je ne pouvais certainement pas me permettre de faire des économies sur cela. Je n’avais pas relié l’évacuation des toilettes à notre canal, cela aurait été méchant. Au lieu de cela, je l’avais branché à l’égout de la maison.

Après ça, j’avais fait une baignoire de la même façon. J’avais aussi fait une douche. Dans l’ensemble, j’étais plutôt satisfait.

Après tout ce travail, je m’étais dit que j’allais installer l’éclairage. Quelques enchantements [Orbe de Lumière] semblaient suffisants, car ils continuaient d’éclairer l’endroit pendant quelques heures tant qu’ils étaient rechargés de temps en temps par du pouvoir magique. Ce n’était pas un sort qui drainait beaucoup de magie, alors ça m’allait.

Après avoir terminé, j’avais regardé autour de moi et j’avais remarqué que je n’avais vu Leen ou Paula nulle part depuis un moment. Après avoir cherché un peu, je les avais trouvés tous les deux. Sango, Kokuyou, Kohaku et Cesca aussi. Ils étaient entassés autour du monolithe central, regardant quelque chose qu’il projetait.

« Que se passe-t-il ? »

« J’ai remarqué quelque chose de gênant. Des évadés, peut-être... Nous sommes près du royaume des flammes, mais on ressent les rigueurs du désert. Il ne devrait pas y avoir de gens qui braveraient ces conditions. »

L’écran projeté montrait la surface inférieure. Il y avait plusieurs personnes d’apparence faible qui marchaient de façon instable avec un chameau à l’arrière. Le peu qu’ils portaient était déchiré et en lambeaux, offrant peu de protection contre le soleil brûlant. Ils sembleraient être une dizaine, mais ils n’avaient certainement pas assez de provisions pour autant de personne.

« S’ils ont des ennuis, on devrait les aider, non ? »

« Tu en es sûr ? Et si tu nous compromettais en révélant l’existence de Babylone ? Ce sont peut-être des criminels ou des brigands. Ce n’est pas commun de parcourir ce désert à pied, tu sais ? Il ne faut simplement pas les aider uniquement par bonté d’âme. »

Je vois... C’était vraiment gênant. Eh bien, les Yeux Mystiques de Yumina pourraient déterminer si oui ou non c’étaient de bonnes personnes. Mais je ne savais pas ce que je ferais s’il n’y avait qu’une seule mauvaise personne parmi eux... Les laisser dans le désert, peut-être ?

« Sauvons-les. On pourra toujours utiliser une [Porte] pour les envoyer à Belfast ou à Mismede, de cette façon on ne compromettra pas le jardin. »

Pourtant, je ne savais pas trop comment établir le contact sans les effrayer. Se présenter devant eux par un portail de lumière ne serait pas vraiment une bonne chose.

« Tu devrais peut-être accélérer ton processus de délibération. »

« Pourquoi ? »

Cesca pointa du doigt l’écran, qui montrait maintenant le groupe attaqué par un gros monstre.

Qu’est-ce que c’était que ça !? Était-ce un insecte !? Un gros ver !? Son long corps se terminait par un visage presque entièrement buccal, et l’intérieur de sa bouche était garni de dents acérées.

« C’est un Sandcrawler. Une bête magique qui creuse sous le désert, mangeant ses proies avec le sable. »

Leen me murmura cette brève explication, les yeux fixés sur l’écran. Trois des survivants avaient des épées et des haches, mais leur situation ne semblait pas très bonne. Ils n’avaient pas l’air particulièrement doués, et ils n’avaient pas non plus avec eux de magicien. En quelques instants, leur chameau avait été dévoré, ainsi que leurs provisions. Ils seraient sûrement les prochains au menu.

« J’y vais ! »

Pendant que je parlais, j’évoquais un portail de lumière et j’atteignis le sol.

J’étais sorti par un portail en l’air au-dessus du Sandcrawler, lui tirant dessus avec mon Brunhild. Ce n’étaient pas non plus des balles ordinaires. C’étaient mes balles explosives, fraîchement enchantées par [Explosion]. Le Sandcrawler s’était tordu de douleur, des fluides corporels s’échappant de ses blessures.

En atterrissant sur le sable chaud, j’avais levé le bras droit et récité l’incantation que Linze m’avait apprise.

« Viens, Eau ! Meurs par ma lame, aussi bien froide que claire : [Lame Aquatique] ! »

J’avais projeté un jet d’eau sous pression vers ce que j’avais supposé être le cou du Sandcrawler. Il avait été fendu proprement à l’impact. C’était dégueulasse, j’en avais vraiment trop fait.

Des fluides blanc-vert suintaient de la plaie béante et s’accumulaient lentement sur le sable en dessous. Pourtant, il n’avait pas semblé mourir instantanément, et avait passé un peu de temps à se tordre et à se tortiller avant de finalement s’immobiliser.

C’était absolument dégoûtant. Je me souvenais avoir lu que les anguilles pouvaient survivre sans leur tête, mais l’image était beaucoup plus grotesque que je ne le pensais. Je m’étais fait une note mentale : brûler le prochain Sandcrawler que je devrais rencontrer.

J’avais jeté un regard dégoûté sur le cadavre pendant que je rangeais mon Brunhild. Peu de temps après, l’un des survivants était venu me voir. Ils portaient une longue épée et un capuchon, alors je ne pouvais pas voir son visage. Mais c’était une fille.

« ... Qui êtes-vous ? »

« Je suis Mochizuki Touya. Je ne m’attendais pas à rencontrer quelqu’un dans le désert, mais je ne pouvais pas rester sans rien faire quand je voyais que vous étiez en danger. »

« Nous vous en sommes redevables. Nous serions morts sans votre intervention. Je m’appelle Rebecca, je suis une aventurière. » Elle avait enlevé son capuchon, exposant son visage au soleil. Elle avait la peau brune bronzée et les cheveux cendrés, tombant jusqu’aux épaules.

« Franchement, c’était incroyable. Pour abattre une telle bête comme si ce n’était rien... »

Un homme brandissant une hache s’était approché par derrière Rebecca. Lui aussi avait enlevé sa capuche. C’était un homme grand et robuste avec une petite barbe. Il y avait un garçon qui semblait un peu plus jeune que moi, debout à côté de lui, haletant lourdement et essayant de porter une épée.

Même au premier coup d’œil, j’avais vu qu’une arme comme celle-là ne lui convenait pas. La lame était beaucoup trop grosse pour lui.

Pendant que j’y réfléchissais, il avait jeté l’épée sur le côté et s’était mis à genoux à mes pieds.

« Uh-Uhm, monsieur ! Vous venez d’utiliser la magie de l’eau, n’est-ce pas !? Pouvez-vous vous en servir pour faire de l’eau ? S’il vous plaît ! »

J’avais été surpris par cette demande soudaine, mais j’avais rapidement compris la situation. Ces gens étaient gravement déshydratés.

Leur chameau avait dû garder les dernières réserves d’eau. Voyager à travers le désert maintenant serait sûrement suicidaire pour eux.

« Désolé pour son comportement, mais nous avons désespérément besoin d’eau. Nous n’avons pas d’argent pour l’instant, mais nous vous serions redevables... Si vous pouviez faire cela pour moi, c’est-à-dire... »

Rebecca avait interrompu mon temps de réflexion. Je supposais que j’avais mis trop de temps à répondre.

« Non, ce ne sera pas un problème du tout. Je me demandais quel genre de contenant je devrais faire pour ça, c’est tout. »

« Hm ? »

J’avais sorti un petit morceau de fer avec [Stockage], puis j’en avais fait un grand bol avec [Modelage]. J’avais ensuite utilisé la magie de l’eau pour le remplir d’eau. Je savais que la chaleur du désert réchaufferait l’eau ou même la ferait bouillir, alors j’avais fait venir plusieurs morceaux de glace pour contrecarrer cela.

« Ooh ! »

En entendant le bruit de l’eau ruisselante, les autres étaient venus en traînant les pieds pendant que j’utilisais le reste du fer pour faire des tasses pour tout le monde.

C’était clair comme de l’eau de roche vu la façon dont ils s’efforçaient désespérément de remplir leurs gobelets, ainsi que d’après la façon dont ils l’avalaient. Ils devaient être assoiffés.

Au bout d’un moment, quelque chose d’étrange m’était venu à l’esprit. Il y avait dix survivants au total. À part le garçon et l’homme, toutes étaient des femmes.

À l’exception de Rebecca, toutes les femmes avaient quelque chose en commun. Elles portaient toutes d’épais colliers noirs étroitement liés autour du cou. Je me demandais...

Rebecca avait remarqué mon regard fixe et avait ouvert la bouche pour parler. Son ton était grave.

« C’est bien ce que vous pensez. Ces filles sont toutes des esclaves. Nous les avons tous volées à un groupe d’esclavagistes... »

Je m’étais demandé si Leen avait raison. J’avais peut-être tout simplement aidé un groupe de voleurs.

***

Partie 2

Cela s’appelait un « Collier de soumission ». Apparemment, il s’agissait d’un artefact unique dans le passé, mais les grands sorciers de Sandora avaient réussi à créer une version qui pouvait être produite en masse il y a des centaines d’années.

À l’origine, cela servait à asservir des bêtes féroces qui ne pouvaient pas être apprivoisées, mais avec le temps, cela avait aussi servi à asservir des gens.

Tout avait commencé de façon plus innocente, c’était utilisé pour lier les criminels au travail et à la servitude. Mais l’esclavage était finalement devenu la norme, et il n’y avait pas que les coupables qui y avaient été contraints. Ceux qui avaient le collier autour du cou avaient tout perdu, devenant eux-mêmes de la marchandise.

Dans ce pays, l’esclavage était légal et les personnes lourdement endettées pouvaient être prises au même titre que les criminels. Mais naturellement, cela avait aussi conduit à un nouveau type de crime.

Les marchands esclavagistes s’alliaient avec les brigands, conspirant pour faire des raids pour trouver de l’argent, des marchandises et des jeunes femmes. Les brigands prenaient tout ce qu’ils voulaient et les esclavagistes se procuraient de nouvelles marchandises sur le marché noir.

Après tout, une fois que le collier de soumission était autour de votre cou, votre liberté était perdue. Vous seriez inscrit auprès de la guilde marchande et officiellement reconnu comme une marchandise. Il semblerait que les filles ici, Rebecca exclue, étaient toutes dans cette catégorie.

Les esclavagistes avaient embauché une femme épéiste, un homme avec une hache et un jeune garçon pour les aider à escorter leur marchandise. Ces recrues s’appelaient Rebecca, Logan et Will. Apparemment, ce trio ne savait pas du tout que les marchandises qu’ils escorteraient étaient des personnes. Ils avaient écouté les esclaves et entendu leur histoire tragique, alors ils avaient choisi de prendre les armes contre les marchands au nom de la justice. Cependant, au moment où ils avaient pris cette décision, les esclavagistes avaient été attaqués par des brigands et tués assez facilement.

Apparemment, ils étaient morts sans ménagement, donc c’était un peu décevant. Pourtant, pour ceux qui avaient conspiré avec des brigands pour ensuite être tués par eux... c’était facile de penser que c’était l’œuvre du karma.

Rebecca et les autres s’étaient occupés des bandits, puis ils avaient décidé d’escorter les filles esclaves hors du pays. Après tout, s’ils retournaient à la guilde, les filles seraient simplement transférées à un nouveau maître. Mais voyager à travers le désert était le seul moyen pour eux de s’évader du pays sans que ce soit connu du grand public. Ils avaient donc essayé, mais ils avaient été pris dans une tempête de sable, et le reste, c’était de l’histoire ancienne...

« C’est donc ça l’histoire, hein ? »

« Ouais, c’est à peu près tout. »

Je vois... Il semblerait qu’ils aient eu de mauvaises fréquentations... un trafic d’êtres humains, hein. Cela existe donc aussi dans ce monde.

Apparemment, le Royaume ardent de Sandora n’avait pas beaucoup d’interaction avec les autres nations et préférait préserver sa propre culture. Cela me paraissait logique. C’était au-delà même de Mismede, au-delà d’une grande mer d’arbres et d’un désert si chaud que même un rocher sur le sol pouvait vous ébouillanter.

« Bon, à propos de ce collier de soumission... »

D’après ce qu’on m’avait dit, le collier abîmerait le corps de l’esclave, entraînant une grosse douleur et lui infligerait une mort horrible s’il essayait trop souvent de l’enlever. C’était vraiment n’importe quoi. La personne désignée comme maître par le collier ne pouvait pas non plus être désobéie ou attaquée.

Tout ce que leur maître avait à faire, c’était de pensée « reviens vers moi » et l’esclave n’aurait pas d’autre choix que de revenir. S’ils ne le faisaient pas, la douleur leur transperçait le corps.

Seul le maître désigné pouvait aussi enlever le collier. Mais ces filles étaient asservies au marchand qui était mort dans l’attaque de brigand. En d’autres termes, elles ne pouvaient pas du tout se faire enlever leur collier. S’ils retournaient à la guilde des marchands, ils seraient simplement vendus à un nouveau maître. Ils ne goûteraient jamais à la liberté à moins que ce maître ne décide de les laisser partir.

Une idée m’était soudain venue à l’esprit, mais je n’étais pas sûr qu’elle puisse marcher...

J’avais pensé essayer d’utiliser [Apport], mais je n’étais pas certain de la réussite.

Les cous des femmes étaient minces, cependant... Il s’agissait juste de savoir si je pouvais ou non en mettre un dans ma main. J’avais attrapé mon propre cou avec mes deux mains pour m’en rendre compte. J’avais pensé que ça irait, puisque mon cou était dans tous les cas plus épais que celui d’une femme. De plus, si ça ne marchait pas, il ne se passerait rien, donc il n’y avait aucun mal à essayer.

« J’ai peut-être un moyen d’enlever ces colliers. »

« Quoi ? »

« Êtes-vous sérieux !? »

La réaction de Will était beaucoup plus enthousiaste que celle de Rebecca. Il m’avait regardé, les yeux grands ouverts emplis d’espoir et d’émerveillement.

« Eh bien, je ne le saurai pas avant d’avoir essayé. Et il y a de fortes chances qu’il ne se passe rien, alors... »

« Essayez, s’il vous plaît ! S’il vous plaît, libérez Wendy ! »

Wendy ? Will s’était soudain approché et avait attrapé l’une des esclaves par la main. Il l’avait amenée ici.

Elle avait environ treize ou quatorze ans... probablement l’âge de Will. Sa peau était bronzée et ses cheveux étaient blonds et sales, pendus en tresses de chaque côté de sa poitrine. Elle était clairement la plus jeune des esclaves du groupe. Elle s’était cachée derrière le dos de Will, me regardant nerveusement. Elle semblait effrayée, peut-être en état de choc. Je venais de massacrer un Sandcrawler devant elle, donc ça avait peut-être quelque chose à voir là-dedans.

Eh bien, peu importe. Essayons un peu.

« [Apport]. »

Pour l’empêcher d’avoir encore plus peur, j’avais essayé de l’appeler à moi sans plus de bravade.

Et là, dans ma main, le collier noir brillait sous le soleil. Cela avait fonctionné.

« Quoi !? Hein !? Ah !? »

Will avait regardé ma main et s’était retourné pour regarder Wendy. Naturellement, il n’y avait plus de collier autour de son cou.

« Il l’a fait, Wendy ! Il s’est détaché ! »

« Eh... ? »

Wendy se frotta légèrement le cou. Quand elle avait réalisé qu’elle ne ressentait plus le contact froid du collier, elle avait mis une main sur sa bouche et s’était mise à pleurer.

Will l’avait serrée dans ses bras. Oh, donc c’était comme ça, n’est-ce pas ? Pas étonnant qu’il était si désespéré. Quel adorable petit couple !

« ... Hé, comment avez-vous fait ça ? »

« J’ai utilisé mon sort Néant [Apport]. Il me permet d’amener des choses dans ma main quand je suis à porter. »

Ignorant l’étonnement de Logan, j’avais continué à enlever les autres colliers. Finalement, j’avais tenu sept colliers dans ma main. Je les avais aussitôt incinérés avec un sort de feu de base. Rebecca me fixa d’un regard vide alors que le petit feu faisait rage, ne pouvant murmurer que quelques mots.

« Mais qui êtes-vous au juste ? »

« Juste un simple aventurier. Voilà ma carte. »

« Vous êtes un rang Rouge !? »

Le trio avait remarqué la couleur de ma carte de guilde et avait semblé assez surpris. Je le leur avais remis, et leur surprise avait atteint de nouveaux sommets.

« Tu as aussi les titres de Tueur de Dragons et Destructeur de Golems !? »

« Pas étonnant que tu aies pu te transpercer ce Sandcrawler comme si c’était du beurre... »

« Wôw... ! Je n’ai jamais rien vu de tel ! »

Chacun des trois m’avait donné de sincères mots de gratitude, bien qu’ils soient perplexes. J’avais repris ma carte et j’avais demandé à Rebecca quelle était leur prochaine ligne de conduite.

« Même sans leurs colliers, elles sont toujours enregistrées comme propriété de Sandora. Ce serait mal de les garder ici. Je pense que les emmener dans un autre pays serait le meilleur plan. »

« Pourquoi pas Belfast ? C’est très joli là-bas. Vous pouvez rester chez moi un moment si vous voulez. »

« Eh bien, attendez un instant. Je ne suis pas sûr de la distance qui sépare Belfast d’ici... »

J’avais répondu à Logan en ouvrant une [Porte]. J’y avais glissé ma tête, puis j’avais appelé Yumina pour qu’elle vienne me rejoindre.

« Hein !? Qui êtes-vous !? »

« C’est un plaisir de vous rencontrer. Je suis Yumina Urnea Belfast, fille de Tristwyn Urnes Belfast, roi du royaume de Belfast. »

« QUOI !? »

Le trio fit aussitôt écho à leur incrédulité. Ils s’étaient aussi immédiatement raidis. Mais encore une fois, c’était tout à fait naturel.

Parfois, je l’oubliais, mais après tout Yumina était membre de la famille royale. Même sans la tenue royale, son décorum et son attitude étaient de mise. Nous étions tous pâles en comparaison de la présence qui émanait d’elle.

« J’ai entendu parler de vos malheureuses circonstances. Mon pays serait heureux de vous accueillir, mais que souhaitez-vous faire ? »

Yumina les regarda un par un, souriant tout le temps. Elle utilisait à tous les coups ses Yeux Mystiques. Si l’un d’entre eux avait des pensées impures, nous l’emmènerions quand même à Belfast, mais il serait tout simplement dans une position où ils pourraient être surveillés pendant un certain temps.

Yumina avait fini de tous les regarder, puis elle avait fait un petit sourire et s’était tournée vers moi avec un signe de tête. J’avais pensé que ça voulait dire qu’ils étaient tous purs.

Rebecca s’était soudain mise à genoux, se prosternant devant la princesse.

« Oui, Milady ! Je vous remercie... Merci beaucoup ! »

L’un après l’autre, Logan, Will, Wendy et les autres s’étaient tous inclinés dans la même position.

Bon sang, les gars. Vous pouvez faire la génuflexion à l’ancienne quand vous le voulez.

« Alors, tout le monde va à Belfast ! Après toi, Touya. »

« Pas de problèmes. »

Ce serait difficile de voir tout le monde passer la porte en même temps, alors j’avais rassemblé tout le monde et j’en avais créé une au-dessus d’eux. La sortie se trouvait à un centimètre au-dessus du sol à l’extérieur de notre maison à Belfast, et se déplaçait lentement vers le haut à mesure que le portail d’entrée descendrait.

J’avais essayé de faire la routine classique « téléportation ! » d’une certaine émission de science-fiction, mais ça ne s’était pas passé aussi bien que je l’espérais. J’avais dû m’arrêter. J’avais l’air d’un crétin.

J’avais ressenti un étrange vertige lorsque nous nous étions téléportés de cette façon, comme le sentiment que l’on ressentait quand on pensait qu’il y avait une autre marche en haut de l’escalier quand il n’y en avait pas. C’était désagréable.

Eh bien, ce sentiment ne s’appliquait probablement qu’à Yumina et moi. Tous les autres étaient tout simplement trop stupéfaits à cause du changement soudain de décor.

« Où sommes-nous... ? »

« Vous êtes arrivés au Royaume de Belfast, mes amis. La capitale royale, devant ma maison pour être exact. Vous pouvez rester ici aussi longtemps que nécessaire. Hé, Laim ! »

J’avais tout de suite appelé notre super majordome vivant ici, et il était apparu sur la terrasse. Notre équipe de domestiques, composée de Lapis, Cécile et Renne, était apparue à ses côtés.

« S’il vous plaît, occupez-vous de ce groupe jusqu’à notre retour. »

« Très bien, monsieur. »

Laim s’inclina profondément, puis jeta un coup d’œil au trio de servantes. Lapis avait commencé à conduire tout le monde dans la maison. Rebecca regarda autour d’elle un peu agitée, mais elle se déplaça dans la maison, comme les autres.

***

Partie 3

« Pour l’instant, nous devons continuer notre route. Retournons dans le jardin. »

« Tu as raison. »

Rebecca et les deux autres étaient des aventuriers, donc ils pouvaient gagner de l’argent et trouver une maison par l’intermédiaire de la guilde sans trop d’histoires. Mais en ce qui concerne les autres... Je ne pouvais certainement pas me permettre d’embaucher sept employés de plus. J’espérais pouvoir les aider à trouver du travail.

{Maître !}

« Hein ? Kohaku ? »

J’avais été surpris par ce soudain message télépathique. Je me demandais ce qui n’allait pas.

{Kohaku ? Que se passe-t-il ?}

{Une créature inhabituelle est apparue dans le désert. Une créature de cristal, brillant d’un bel éclat...}

Celui qui avait répondu était Kokuyou, plutôt que Kohaku.

Attends, Cristal ? Ce n’est pas possible... ! J’avais ouvert une [Porte] et je m’étais précipité devant le monolithe du jardin. Tout le monde regardait l’écran. Là-dessus, un énorme être de cristal volait haut au-dessus du désert, émettant un cri aigu.

Celui que nous avions rencontré dans les ruines avait la forme d’un grillon. Celui que Leen avait rencontré était un serpent. La forme de cette créature... était celle d’une raie manta.

Il était énorme... C’était tout ce que je pouvais penser quand je l’avais vu. Le monstre en forme de grillon cité plus haut avait à peu près de la taille d’une petite voiture, mais celui-ci était facilement plus grand que quatre autobus.

À l’extrémité de son corps, il y avait deux protubérances rondes, et à l’intérieur de chacune d’elles se trouvait un noyau d’aspect orange, semblable au noyau que nous avions rencontré dans la Phrase précédente.

Mais, contrairement à la phrase du cricket, le noyau de cette bête avait à peu près de la taille d’un ballon de basket. Je supposais qu’il était à l’échelle du reste du corps.

Merde... Je ne pense pas qu’[Apport] allait marcher ici.

« Que devrions-nous faire ? »

Leen se tourna vers moi, attendant une réponse. Nous pourrions facilement nous échapper sans nous battre si nous le voulions. En vérité, nous n’avions absolument aucune obligation ou loyauté envers cette région ou le royaume voisin.

Pourtant, il était possible que cette créature puisse passer à travers la mer des arbres et attaquer Mismede. Pire encore, il pourrait attaquer Belfast après ça ! Il y aurait beaucoup de blessés, et sûrement beaucoup de victimes. Des gens pourraient être blessés, des individus à qui nous avions des dettes et des personnes que nous avions rencontrés au cours de nos voyages. Je ne pouvais pas accepter ça.

« Nous nous battrons. Je ne peux pas laisser cette créature sans surveillance. »

J’avais pris ma décision.

Heureusement, nous étions dans un désert aride. Cela signifiait que nous n’avions pas à nous soucier des dommages collatéraux.

« Mais comment peut-on blesser ce truc ? C’est énorme ! Il est probablement de la même nature que le dernier, donc non seulement il absorbe la magie, il a une couche extérieure extrêmement dure, mais il peut aussi voler dans le ciel ! »

Elze avait raison. Yae avait des armes en mithril maintenant, mais je n’étais toujours pas sûr que ça allait aider. Je ne savais même pas par où commencer avec la partie volante.

« Nous n’avons pas le choix, donc nous devrions utiliser des attaques magiques indirectes. Je crois que ça devrait marcher. »

Linze et Yumina hochèrent la tête en entendant le commentaire de Leen. Après l’avoir fait tomber au sol à l’aide de ces sorts, ça donnerait à Yae, Elze et à moi-même la chance de l’attaquer avec nos armes. Nous n’avions pas vraiment le choix quand il s’agissait de stratégie, de toute façon.

« Très bien, c’est l’heure ! »

J’avais ouvert une [Porte] et nous avions sauté dans le désert en bas.

La créature de cristal était maintenant bien au-dessus de nous, s’envolant calmement dans les airs alors que son corps brillait à la lumière du soleil. Le voir en personne n’avait fait qu’approfondir ma crainte et mon effroi. Le monstre nous regardait de haut, nous intimidant par sa présence même.

J’avais sorti mon Brunhild et j’avais fait quelques tirs. Ils avaient simplement rebondi sur le corps de la phrase de Manta avec peu ou pas d’effet.

« Je suppose que les balles ordinaires sont inutiles... »

Son corps lisse, aérodynamique et solide était clairement bien conçu pour repousser les attaques physiques.

« Venez, Glace ! Mur congelé éternel : [Mur de glace] ! »

Linze invoqua son sort, et un énorme morceau de glace apparut au-dessus de la créature de cristal.

Le morceau de glace avait heurté la créature de cristal, mais il n’avait réussi qu’à faire redescendre légèrement la créature vers le bas. La glace avait glissé le long de la surface lisse de la créature et s’était simplement écrasée dans le désert. Cela n’avait pas vraiment changé les mouvements de la créature de cristal. C’était un gaspillage total d’efforts de notre part. C’était tout ce qu’il y avait à dire.

C’était à peu près aussi futile que de lancer des pierres sur du polystyrène flottant sur l’eau. Il reviendrait toujours à sa position par défaut.

La créature de cristal nous avait finalement remarqués. Elle avait tourné dans notre direction. Soudain, la lumière commença à s’accumuler entre les deux noyaux présents sur sa tête. Il y avait quelque chose qui clochait ici !

« Tout le monde ! Séparez-vous ! »

À mon appel, tout le monde s’était dispersé dans des directions différentes.

À l’instant suivant, des tirs de lumière avaient été libérés de la créature en cristal et s’étaient dirigés vers l’endroit où nous nous trouvions. Une énorme vague de sable avait déferlé de la zone touchée. Franchement, c’était une démonstration choquante de puissance.

« C’est une blague... Si l’un d’eux frappe quelqu’un, je doute qu’il en reste quoi que ce soit ! »

On dirait cependant qu’il y avait un temps d’attente entre chaque tir. C’était un soulagement, au moins. On pourra l’esquiver tant qu’il continuera comme ça.

Comme pour se moquer de moi, la créature en cristal avait étendu sa queue en pliant l’extrémité sous son ventre. La pointe s’était mise à tourner comme une mitrailleuse Gatling, poursuivant l’assaut et tirant encore plus de projectiles.

« Oh, c’est quoi ce bordel !? »

Je m’étais écarté en courant et j’avais regardé vers le sable. Je devais voir ce qui venait d’être lancé sur nous.

On aurait dit une fine flèche de cristal, non, c’était proche de la forme d’un bo shuriken. Plusieurs projectiles minces et perçants. Peu importe ce qu’ils étaient, cette attaque était vraiment dangereuse.

J’avais regardé pour vérifier que tout le monde allait bien, et j’avais vu Linze s’agripper à sa cheville.

« Linze ! »

« Je... Je vais bien. C’était juste une égratignure... »

Linze avait lancé de la magie de guérison et avait titubé sur ses pieds. Mais j’avais remarqué que la queue en cristal Gatling était pointée directement sur elle. Oh merde !

« [Accélération] ! »

Grâce à sa bague de fiançailles, Elze avait accéléré et s’était dirigée vers sa petite sœur.

Elze leva son poing couvert du gantelet pour bloquer le flot de lames qui s’approchait. En raison de son enchantement de vent, tous les projectiles avaient été repoussés et dispersés.

« Touya-dono ! Mets-moi au-dessus d’elle avec une [Porte] ! »

« Entendu ! »

J’avais hésité une seconde à la suggestion de Yae, mais j’avais rapidement ouvert un portail sous elle, l’envoyant quelques mètres au-dessus de la créature en cristal.

« Prends ça !! »

Yae était tombée sur la Manta, la lame de mithril à la main. Mais les dommages qu’elle avait causés étaient loin d’être fatals.

Yae avait donné un coup de pied dans le dos de la créature et avait sauté. Hé, attends ! Tu tomberas lourdement si tu chutes de cette hauteur !

« Touya-dono, s’il te plaît, crée une autre [Porte] ! »

« Y-Yep ! Je m’en occupe ! »

J’avais créé un portail juste en dessous de Yae dans les airs, puis placé la sortie à environ un mètre au-dessus du sol près de moi. Elle avait disparu et était réapparue en un éclair, saine et sauve. Quel soulagement... !

« Ne fais pas ça, c’est mauvais pour mon cœur... ! »

« Je suis désolée ! »

Ça nous avait quand même aidés à comprendre l’efficacité du mithril sur ce truc. Ce n’était pas efficace du tout, en fait. Je n’avais aucune idée de la façon de le blesser. Je savais que nous devions cibler les noyaux comme avec la créature en forme de cricket, mais ils étaient de la taille d’un ballon de basket et il y en avait deux. Je ne pouvais pas utiliser [Apport] pour les attraper.

La queue Gatling s’était encore tournée vers moi. Merde, pas encore !

« Tourbillonne, Ô vent ! Rempart des tempêtes : [Mur de Cyclones] ! »

Yumina avait lancé une incantation, créant un mur de vent autour de Yae et moi-même. Les tirs perçants de la créature en cristal avaient été déviés en un instant. Dieu merci...

Mais au fur et à mesure que le sable s’affaissait, j’avais remarqué que la créature avait déplacé son attaque. Il préparait une autre salve de tirs de lumière.

« Tch, [Accélération] ! »

J’avais tenu Yae dans mes bras et je m’étais éloigné avec mon sort d’accélération. Quelques secondes plus tard, une explosion massive s’était abattue dans la zone où nous étions. C’était dangereux... C’était beaucoup plus intelligent que je ne le pensais !

« Tremble fortement, Terre ! Pulvérisation de Rocher : [Fracas de rocher] ! »

Leen évoqua un énorme rocher et frappa la créature de cristal dans la tête, mais l’effet fut le même que celui du sort précédent de Linze, pas grand-chose.

Merde... nous n’avons vraiment pas d’atout en réserve ici. Je ne savais pas quoi faire. Il y avait une chance que quelqu’un puisse être blessé, aussi... Rien que d’y penser, cela me glaçait le sang.

« Devrions-nous nous replier avec une [Porte], peut-être ? On ne peut rien faire là. »

« Euh... Touya-dono ? Sais-tu qui est cette personne ? »

« Hm ? »

Je m’étais retourné à la remarque de Yae, confus.

Même si nous étions au milieu d’un désert brûlant et chaud, il y avait un garçon. Un garçon portant une longue écharpe blanche.

« Ende... ? »

« Yo. »

Le garçon monochrome que j’avais rencontré en ville était soudain apparu. Il souriait et fit un petit signe de la main.

Que diable faisait-il ici ? Attends ! En premier lieu pourquoi était-il là ? Non, plus important... comment était-il arrivé ici !? C’était un désert stérile à des kilomètres à la ronde, on l’aurait vu.

« Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus. Je suis venu ici parce que j’ai détecté la présence d’une phrase, mais je ne m’attendais pas à te trouver, Touya. »

« Ende... tu connais la phrase ? »

« Hm ? Eh bien, je suppose qu’on peut le dire ainsi... Jusqu’à présent, je n’ai rencontré que des Constructions Intermédiaires... Je suppose cependant que la “frontière dimensionnelle” de ce monde est proche du point de rupture... »

Constructions intermédiaires ? Frontière dimensionnelle ? De quoi parlait ce type ?

« Pourrais-tu patienter un instant ? J’ai du ménage à faire. »

« Hein ? »

En riant, Ende se tourna vers la créature en cristal. La créature tourna son regard vers le garçon, mais il disparut complètement de sa place avant que les tirs perçants n’atteignent leur cible.

« Quoi !? »

J’avais regardé autour de moi, mais Ende avait complètement disparu. Avait-il utilisé la magie de l’invisibilité ? Attends, non... ça t’empêche juste d’être vu, donc les attaques l’auraient quand même touché.

« Là-bas, Touya-dono ! »

Yae avait soudain pointé du doigt la créature aéroportée. Ende était là, debout sur la bête volante. Comment avait-il... !?

« Très bien... »

Ende leva la jambe en l’air... Et l’a fit tomber par hasard sur le dos de la créature en cristal. Un bruit de claquement retentit, comme si quelqu’un avait fait tomber un verre de vin.

Une petite fissure était apparue au point d’impact, qui s’était ensuite répandu sur tout le corps colossal, le brisant en morceaux en un instant.

C’était quoi ce bordel !? Comment avait-il fait ça !? Ende descendit à la surface du désert le long d’une pluie de cristal scintillante.

Il avait trouvé les deux noyaux de la taille d’un ballon de basketball au milieu des débris, en avait pris un dans chaque main et les avait écrasés l’un contre l’autre. Ils avaient été anéantis instantanément. Son travail étant fait, Ende s’était dépoussiéré les mains.

« Qu’est-ce que c’était que ça !? »

J’avais regardé Ende, stupéfait. C’est tout ce que j’avais pu dire.

« Hm ? Je l’ai juste attaqué en accordant mes propres oscillations magiques à la longueur d’onde de la créature. »

Oscillation magique ? Comme dans le phénomène de résonance ? Attendez, c’était magique, donc c’était probablement un peu différent...

« Ende, tout à l’heure, tu as parlé d’une frontière dimensionnelle... Qu’est-ce que c’est ? »

« Je suppose qu’on pourrait considérer cela comme une sorte de filet qui empêche les entités de leurs propres mondes de passer dans d’autres mondes. Pour une raison quelconque, il y a un petit trou qui s’est ouvert récemment... Cette créature de cristal est passée, et les autres aussi. Mais heureusement, ce n’est pour l’instant que du menu fretin. »

Ende murmura cette explication en regardant les fragments brisés de l’ancienne créature cristalline.

« Ce ne sont que des crétins, des pions qui travaillent ensemble pour un but commun. Ils ne sont pas la vraie menace. »

« Alors, quel est leur but ? »

« Ils cherchent la phrase souveraine endormie, leur chef. C’est un objectif que je partage, en fait... »

C’est quoi ce bordel ?

« Oh, je dois y aller maintenant. J’ai un arrangement préalable à prendre. J’espère qu’on se reverra, Mochizuki Touya. »

« Attends ! »

Ende avait ignoré ma protestation, il m’avait fait un petit sourire, puis avait disparu en un clin d’œil. Qu’est-ce que c’était que cette magie ? De la téléportation ?

« La phrase souveraine... ? »

Je ne pouvais rien faire d’autre que de regarder fixement et en état de choc le mystère qu’Ende avait laissé derrière lui.

***

Partie 4

« C’est beaucoup trop suspect », conclut Leen, les bras croisés.

Je m’étais dit à peu près la même chose.

Après cela, j’étais retourné dans le jardin et j’avais parlé à tout le monde d’Ende.

« Il avait cette monnaie d’il y a cinq mille ans, et il a réussi à abattre en un seul coup une créature que nous ne pouvions même pas égratigner. En outre, il en savait beaucoup sur le monstre et portait une écharpe qui lui donnait un air stupidement sexy. Même l’attaque qu’il a faite était super énorme et dramatique aussi. »

Je ne pensais pas que ce dernier point était particulièrement important, mais cela ne changeait rien au fait qu’il était suspect. Qui donc pouvait bien être ce type ?

« Il a traité cette créature de cristal de Phrase. Mais c’était quoi exactement ? »

Elze avait mis en évidence le point principal. Ce n’était clairement pas un monstre ordinaire.

Ce que je savais, c’était que la Phrase était venue ravager le monde il y a 5000 ans. Mais les seuls qui le savaient étaient Cesca et moi. Et pour être honnête, je ne savais pas vraiment si le dire à tout le monde était la bonne chose à faire.

Le fait de se demander s’il fallait ou non leur dire, et donc leur causer de l’anxiété indue, ne faisait que compliquer encore plus la tâche que je leur confiais.

Fiiiiiiiixe...

Argh. Ça faisait longtemps que Yumina ne m’avait pas agressé avec ses yeux. Mes propres yeux avaient commencé à s’agiter. Merde. Je ne pouvais pas mentir à Yumina si je devais l’épouser !

« Tu sais quelque chose, n’est-ce pas, Touya ? »

« Argh... »

Yumina vit clair dans mon comportement suspect, je n’avais d’autre choix que de transmettre à tout le monde le message que j’avais reçu du docteur.

« Pourquoi garderais-tu le silence sur quelque chose d’aussi important ? »

« Eh bien, j’allais en parler tôt ou tard... »

Leen m’avait grondé, et j’avais désespérément essayé de me trouver des excuses.

« Une invasion de dizaines de milliers de phrases. C’est la raison pour laquelle l’ancienne civilisation a été détruite. Ils étaient donc si nombreux il y a 5000 ans, mais il n’y a presque plus de témoins oculaires aujourd’hui. Jusqu’à maintenant, bien sûr. Maintenant qu’ils réapparaissent. Qu’est-ce qui se passe ici... ? »

« C’était peut-être un survivant, ou un survivant qui s’est enfui ? »

Leen semblait inquiète, mais elle avait présenté ses idées à Linze. La créature en forme de cricket que nous avions rencontrée semblait à moitié morte, donc cette façon de penser avait du sens...

« J’ai réfléchi à ce que ce type, Ende, a dit sur la frontière dimensionnelle... La créature à forme de serpent semblait sortir d’une fissure dans l’espace. Cela me fait penser que peut-être les Phrases sont scellées dans une autre dimension... »

« Donc ça voudrait dire... que quelqu’un est en train de franchir la frontière ? »

« Mais je n’ai aucune preuve. »

Paula croisa les bras et hocha la tête entre les pieds de Leen. Est-ce que cet ours comprend vraiment ce qui se passe ? Ce qui me préoccupait davantage, c’est que nous n’avions aucune méthode pour lutter contre la Phrase. Ende avait appelé celui que nous avions combattu une construction intermédiaire. Cela signifie qu’il y avait aussi des constructions inférieures et des constructions supérieures.

La créature en forme de cricket et de serpent était probablement « des constructions inférieures ». Cela signifiait donc que nous ne pouvions même pas battre une Intermédiaire. Et si une construction supérieure était apparue... Je n’avais aucune idée de ce qu’on ferait.

On dirait qu’on avait vraiment besoin de chercher les autres Babylones.

« Cesca. L’humanité a-t-elle lutté contre la Phrase il y a 5000 ans ? »

Cesca s’était tournée vers moi de devant le monolithe.

« Oui, ils se sont battus. Mais ça ne s’était pas trop bien passé pour eux. Le docteur avait finalement réussi à créer une arme anti-Phrase, mais les Phrases avait complètement disparu avant qu’elle ne soit terminée. »

« Quel genre d’arme anti-Phrase ? »

« Le docteur a créé des armes qui sont contrôlées par une personne hébergée en eux. Elle les appelait “Frame Gears”. »

Quoi !? On dirait des robots géants ! Le docteur avait vraiment réussi à les créer !? Eh bien, elle avait réussi à fabriquer des robots plus petits, de la taille de Cesca, donc je supposais que faire des robots géants n’était pas trop compliqué...

« Que leur est-il arrivé ? »

« Ils étaient entreposés dans le hangar de Babylone. »

Cesca avait répondu à la question d’Elze. Ce qui voulait dire que si les ruines vers lesquelles nous nous dirigeons finissent par mener au hangar... nous pouvions nous procurer des robots géants !? Putain de merde. Ça me rendait tout excité. Je voulais dire, c’étaient des robots ? Des robots à l’intérieur desquels vous pouviez entrer et vous promener ! Tous les hommes en rêvaient ! Personne ici ne comprendrait, puisque c’étaient des filles...

« Il semblerait que nous soyons arrivés à destination. »

« Mais je ne vois rien. »

« Apparemment, il est enterré sous le sable. »

Kohaku m’en avait informé en regardant l’écran du monolithe. Les coordonnées étaient précises, mais je ne voyais rien d’autre que le désert dehors.

« Eh bien, allons jeter un coup d’œil. »

Laissant Kokuyou et Sango dans le jardin au cas où quelque chose se produirait, j’avais utilisé la [Porte] pour aller au sol. Le désert s’étendait aussi loin que je pouvais voir, avec rien d’autre en vue. J’avais de nouveau regardé les ruines sur mon smartphone, mais l’épingle était placée sur la carte exactement là où je me tenais.

« Juste en dessous de nous... »

Eh bien, que faire pour... On ne pouvait pas commencer à creuser dans le sable. Nous n’avions après tout aucune idée du temps qu’il faudrait pour creuser avec une pelle.

« J’utiliserai la magie du vent pour souffler le sable. Reculez. »

Leen avait eu cette idée avant moi, puis elle s’était avancée. J’avais fui, comme on me l’avait dit.

« Souffle fort, Ô Vent ! Qu’une tempête déchaînée balaye tout : [Ouragan] ! »

Une tornade avait aspiré tout le sable, le faisant tourbillonner dans le ciel. Cela s’était envolé sous notre vent alors qu’une sorte de bassin s’ouvrait dans le désert en contrebas.

Finalement, les ruines étaient apparues. C’était un dôme fait d’une sorte de pierre ou de béton. Il y avait une porte à un endroit qui semblait être l’entrée. Pas une double porte, mais une seule.

La tornade s’était calmée, alors nous nous étions dirigés vers le bassin, mais il n’y avait pas de poignée sur la porte.

Je me demandais si c’était automatique, mais elle n’avait pas réagi à ma présence. Il n’y avait pas non plus de détecteurs. J’avais tendu la main pour toucher la porte, mais ma main ne s’était pas arrêtée là. Je l’avais directement traversé.

« Quoi !? »

« Touya !? »

J’avais fait un pas en avant pour ne pas tomber, ce qui m’avait fait arriver dans les ruines. Six piliers se tenaient au centre, éclairés par une faible lumière.

J’avais encore touché la porte, mais cette fois-ci elle était froide et solide. J’avais essayé d’utiliser [Porte] pour sortir, mais ma magie n’avait pas fonctionné. Hein ? Étais-je piégé ici ?

{Vous allez bien, maître !?}

{Kohaku ? Ouais, je vais bien. Il ne se passe rien de spécial. Mais je vois un cercle de piliers, comme la dernière fois... Je vais continuer, alors dis à tout le monde de ne pas s’inquiéter.}

{Très bien. S’il vous plaît, soyez prudent.}

Au moins, je pouvais encore utiliser le lien télépathique...

Je m’étais dit qu’il devait y avoir un truc sur la porte, pour empêcher les gens d’entrer et de détruire le cercle. Par exemple, il ne laisserait entrer que les détenteurs de tous les attributs, ou une seule personne à la fois. Je ne savais pas pourquoi il ne me laissait pas sortir.

J’avais repensé à toutes ces choses énigmatiques que le docteur avait dites.

Je ne pouvais rien faire ici. Je ne sortirai pas tant que je n’aurai pas fait bouger ce cercle, alors il était temps de travailler.

J’avais envoyé de la magie dans chaque pilier à tour de rôle, un attribut à la fois. Quand les six étaient remplis de magie, le centre du cercle avait commencé à briller. Voyant que c’était mon signal, je m’étais dirigé vers le centre. J’avais laissé la magie Néant s’échapper de moi, et j’avais commencé à me sentir téléporté. S’il vous plaît, faites que celui-ci soit le hangar...

La lumière tourbillonnait autour de moi, rayonnante, couvrant ma vision, jusqu’à ce que je me retrouve dans un endroit qui ressemblait un peu au jardin. La seule différence était l’énorme bâtiment qui se dressait devant moi. Le bâtiment était une sorte de cube, comme un énorme dé blanc.

J’avais commencé à me diriger vers lui, quand une fille m’avait soudainement sauté dessus et m’avait bloqué le chemin.

« Arrêtez-vous là ! Affirmatif ! »

Elle avait levé la main droite, m’arrêtant sur mon chemin. Les cheveux orange de la fille étaient attachés dans un chignon de chaque côté. Ces petits pains étaient enveloppés soigneusement sous des couvertures à chignon avec des rubans qui les entouraient. Sa peau blanche et ses yeux dorés m’avaient immédiatement fait penser à Cesca.

Ses vêtements étaient similaires à ceux que Cesca portait quand je l’avais rencontrée pour la première fois, néanmoins cette rouquine avait des manches longues et des chaussettes noires. Les boutons de manchette portaient le numéro vingt-sept.

Elle devait être la gérante de cet endroit. Elle semblait plus jeune que Cesca. Surtout parce qu’elle avait l’air plus petite, cependant...

« Bienvenue à l’atelier de Babylone. Je suis High Rosetta, la Gynoïde du Terminal chargé de gérer cette installation. Je suis une personne assez gentille, donc je serai assez gentille pour vous permettre de m’appeler Rosetta, affirmatif. »

Je le savais. Attends, elle vient de dire qu’elle est gentille. C’est donc une fille ? C’est une fille, non ? Je veux dire, elle porte une jupe. C’est une fille... non !? Attends, c’est du Docteur dont on parle ! Je ne peux pas lui faire confiance ! Ça ne pourrait pas être un piège !?

« Rosetta ? Tu es... une fille... non ? »

« Hmm ? Je ne comprends pas la raison qui vous pousse à me poser cette question, mais oui, c’est ce que je suis. Affirmatif. »

Ouf, je supposais que c’était juste une erreur de sa part. Je voulais dire, Cesca avait dit que le docteur n’avait pas fait d’hommes. C’était donc l’atelier, hein... Ce n’était pas la bibliothèque que Leen espérait ou le hangar que je voulais.

« Devant nous se trouve le centre de l’atelier. Il y a actuellement une interdiction d’entrée pour tous ceux qui sont jugés incompatibles ! »

« Eh bien, Cesca a dit que j’étais compatible, donc... »

Je m’étais dit qu’elles étaient sœurs, alors j’avais essayé de mentionner Cesca par son nom.

« Cesca... comme dans Francesca ? Je vois. Vous avez donc déjà obtenu le jardin. Ça accélère les choses, oui, c’est vrai. Vous devez me permettre de vous faire passer un test pour vérifier que vous en êtes digne. »

Un test... ? J’avais un mauvais pressentiment.

« Devinez la couleur de ma culotte sans bouger de cet endroit. »

« Es-tu stupide !? »

Je savais que cela ne sentait pas bon ! Rien de fait par ce docteur ne pourra jamais être bon ! Est-ce qu’elle me demandait vraiment de relever sa jupe !? Qu’est-ce que c’était que ça !?

« Vous n’avez droit qu’à une seule réponse. Le temps imparti est de cinq minutes, affirmatif. De quelle couleur est-elle ? »

Tch ! Pourquoi était-elle de si bonne humeur ! Le temps avait commencé à s’écouler, car je m’inquiétais de ce que je devais faire. Eh bien, je vais devoir faire les choses à ma façon !

« Souffle, Vent ! Qu’un vent tourbillonnant monte vers les cieux : [Tourbillon] ! »

Le vent s’était levé autour des pieds de Rosetta, faisant flotter les rubans sur sa poitrine et sa frange dans la brise. Cependant, sa jupe n’avait pas bougé d’un pouce. Quoi !?

« Cette jupe résiste à la magie du vent. »

Rosetta sourit.

Grrrrrr... Donc ça n’allait pas être si facile, hein ? Alors je me dois me débarrasser complètement de la jupe !

« Brûle fortement, ô Feu ! Crémation totale : [Souffle de feu] ! »

J’avais invoqué la magie du feu, avec l’intention de brûler sa jupe, mais elle ne n’avait pas brûlé. Je ne savais pas pourquoi ça ne marchait pas.

« De même, cette jupe résiste à la magie du feu. »

C’était quoi, la jupe la plus forte du monde !? C’était inutilement puissant ! Tch, ne pense pas que c’est fini, Rosetta. Quand je deviens sérieux, je peux regarder la culotte que je veux ! Attends, c’est idiot. Pourquoi suis-je si désespéré de toute façon... ?

J’en avais eu assez. J’avais décidé de jeter un coup d’œil directement. Tout ce que j’avais à faire était d’envoyer mon champ de vision sous sa jupe.

Je n’avais pas d’autre choix. C’était la seule façon d’avancer... Je me cherchais des excuses, mais peu importe.

« [Détection lointaine] ! »

J’avais placé ma vue sous sa jupe, puis j’avais ouvert les yeux. Il faisait un peu sombre... Je ne voyais pas très bien... Attends, qu’est-ce que... ?

... C’est quoi ce bordel !? Je m’étais accroupi sur place, tremblant, en essayant de retenir le sang qui coulait de mon nez.

***

Partie 5

« Alors c’est ça l’atelier... c’est ça. »

« ... Ne m’énerve pas maintenant, affirmatif ! »

Un regard menaçant de Rosetta s’était immédiatement manifesté face à la déception de Leen.

« Cet endroit est bien plus utile que le jardin, oui, c’est vrai ! Cet endroit n’est bon que pour être jolie. »

« Excuse-moi ? Le jardin est un lieu de guérison, un lieu pour aider à retrouver la paix de l’esprit, un lieu de soutien moral pour notre maître ! Comment oses-tu mal comprendre son utilisation ? »

Je sentais que cela pouvait aller au-delà de la dispute, alors je me tenais entre les deux gynoïdes.

« Cela mis à part, peut-on relier le jardin et l’atelier ? »

« Ouais. Maintenant que le maître possède aussi l’atelier, ce serait une bonne idée. »

« Nous pouvons abaisser la barrière et nous relier au jardin. Nous pouvons même combiner les systèmes de contrôle des deux installations maintenant, affirmatif. »

Il y avait un monolithe terminal, un peu comme celui du jardin, situé dans le coin de l’atelier. Rosetta y avait conduit Cesca.

« Que devons-nous faire, Maître ? »

« Envoyons le jardin à Belfast. Nous pouvons aussi y déménager l’atelier. Après ça, on pourra s’amarrer pendant qu’on y est. »

« S’amarrer... ? »

Les deux gynoïdes semblaient confuses.

Quoi ? Quoi ? J’avais dit quelque chose de bizarre ? Pourquoi me regardez-vous comme ça ?

« Comme c’est indécent... »

« Faites-le, c’est tout ! »

Super, nous avons maintenant une autre personne gênante dans l’équipe... C’était l’une des raisons pour lesquelles je n’avais pas voulu faire ça en premier lieu ! Ces deux-là étaient probablement semblables à l’ancien professeur en ce qui concernait la personnalité.

En porte-t-elle !? Celles-là !?

« De quelle couleur est-elle !? »

« Aucune couleur... Elle est transparente... »

« Affirmatif ! Je te reconnais comme une personne compatible. Désormais, la Gynoïde numéro vingt-sept, désignation “High Rosetta” te sera attribué. Puissions-nous travailler ensemble pour toujours, monsieur, affirmatif ! »

Rosetta m’avait salué, mais franchement, je m’en fichais. Elles n’avaient pas été tout à fait claires, surtout au niveau du packaging du produit, mais... Elle aurait dû avoir plus honte ! Elle était transparente...

Goutte à goutte, goutte à goutte... Mon saignement de nez refusait de lâcher prise.

« Ça s’est déjà arrêté ? »

« D’une façon ou d’une autre... »

Le torrent de sang s’était finalement calmé. J’avais réussi à éviter la mort par saignement de nez. C’était un soulagement.

Rosetta s’était changée avec des sous-vêtements ordinaires. Ce n’était pas bon pour ma santé de la voir se promener comme ça. Cela dit, je n’avais pas vu la preuve qu’elle avait faite ce que je lui avais demandé. Bien que je n’avais pas non plus été capable de la regarder directement à ce moment-là.

« Alors, commençons la visite de l’atelier. Oui, monsieur, allons-y. »

Rosetta avait parlé avant de se lancer dans une marche rapide. Elle m’avait regardé en réponse.

... Qu’est-ce qu’il y avait maintenant ?

« Ne veux-tu pas voir la culotte que j’ai mise quand je me suis changée ? »

Rosetta avait gloussé, puis avait attrapé l’ourlet de sa jupe.

« Certainement pas ! Dépêche-toi de me faire la visite ! »

« Affirmatif, monsieur ! Au fait, préfères-tu les grosses ou les petites poitrines ? »

« Continue la visite ! »

« Affirmatif ! »

D’où elle sortait ça !? Si les parents se comportaient comme des adultes, les enfants ne devraient-ils pas rester des enfants ? S’il vous plaît, lâchez-moi un peu...

J’avais marché derrière Rosetta, en m’approchant du bâtiment en forme de matrice. Comme c’était un atelier, je m’étais dit que c’était un endroit où ils avaient créé des choses.

Le bâtiment blanc mesurait une cinquantaine de mètres de haut de chaque côté. C’était à peu près la même taille que l’Arc de Triomphe en France, mais ce bâtiment était cubique. Il était à peu près de la même longueur et de la même hauteur.

Pourtant, il ne semblait pas y avoir de fenêtre... En fait, il n’y avait pas de portes non plus. Nous étions arrivés au bord de la bâtisse et Rosetta avait posé doucement ses mains contre le mur.

Dans l’instant qui avait suivi, plusieurs lignes étaient apparues le long du mur blanc, puis s’étaient transformées en un petit cube. Cela s’était transformé en une entrée en un clin d’œil.

Ce bâtiment est fait de petits cubes ou quoi !? Un bâtiment composé de petits cubes qui pouvaient se réformer selon les ordres de Rosetta, peut-être ? Cet atelier était vraiment quelque chose.

Nous étions passés par l’entrée nouvellement construite, puis nous avions monté plusieurs volées d’escaliers jusqu’à ce que nous entrions dans un grand espace dégagé. Quel était cet endroit... ?

C’était un espace complètement blanc. Il n’y avait rien dans le coin. Il n’y avait littéralement rien, car c’était un espace vide et blanc. Des murs blancs, un sol blanc et un plafond blanc. C’était large et vaste. Beaucoup trop vaste, et beaucoup trop large, en fait. C’était plus grand à l’intérieur, alors... l’espace était-il réparti par des moyens magiques ?

« Quel est cet endroit ? »

« C’est l’atelier, oui, monsieur. C’est une installation équipée de tous les outils d’artisanat imaginables, d’un établi sophistiqué et de capacités de production en série. »

Pendant qu’elle parlait, Rosetta avait touché un panneau du plancher, ce qui avait fait germer une table blanche devant mes yeux. La table semblait également avoir un tas d’outils en saillie sortant d’elle.

Je vois... Ainsi, les petits blocs blancs qui composaient le bâtiment pouvaient se transformer en outils et équipements.

« Seuls toi et moi pouvons diriger l’atelier ! Tu peux construire des objets originaux ici, mais aussi produire en série des copies d’autres objets ! Tant que tu as les matières premières, affirmatif ! »

C’était logique. S’il ne s’agissait que de faire des choses, alors j’avais déjà [modélisation], mais la production en série d’articles en était une autre. Par exemple, je pourrais produire des bicyclettes en série et commencer à les vendre... je pourrais alors sérieusement commencer à faire des affaires.

Cependant, créer quelque chose de plus complexe comme un smartphone ne serait probablement pas faisable. Je n’avais aucune idée de ce qu’ils contenaient.

Je m’étais dit que je serais capable de faire la forme générale, peut-être même ce qu’il se trouvait à l’intérieur, mais si je le faisais en quelque chose comme du fer, elle ne fonctionnerait évidemment pas.

Mais vraiment... cet endroit aurait mieux valu être nommé l’usine de production de Babylone... Le nom était totalement trompeur.

J’avais décidé de faire une expérience. J’avais sorti mon Brunhild et demandé à Rosetta de le reproduire. J’avais retiré un morceau de mithril de [Stockage], puis je lui avais demandé de l’utiliser comme matériau.

Rosetta posa mon Brunhild sur la table blanche, posa sa main dessus et récita une incantation.

« Scanner. »

Une lumière vert terne clignota brièvement sur la table. Une fois la préparation terminée, Rosetta avait retiré Brunhild de la table et avait placé la masse de mithril là où il se trouvait.

« Copie. »

La table s’ouvrit légèrement, avalant la masse de mithril dedans. Le voyant vert clignota à nouveau. Puis, un trou s’était ouvert et le produit fini était sorti. C’était rapide ! L’excès de mithril était dispersé sur les côtés, mais le produit au milieu était sans conteste mon Brunhild. Sauf que celui-ci brillait d’un éclat argenté.

« Regarde un peu ça. »

Une image du Brunhild argentée avait été projetée devant Rosetta. Elle avait placé son doigt le long de l’image, changeant et ajustant les traits les plus fins.

En même temps, le Brunhild d’argent sur la table s’était tordue et s’était modelée en une forme à peu près similaire, mais certainement différente de ce qu’elle était auparavant. Il avait été modifié pour correspondre à la forme que Rosetta avait créée sur la projection à l’écran.

« Tu peux librement changer la conception de ce que tu produis par ce moyen, affirmatif. »

J’avais pris l’arme dans ma main et j’avais essayé d’activer le mode lame, mais elle ne s’était pas étendue. Cela m’avait intrigué pendant un moment. Puis j’avais réalisé qu’il n’était pas capable de copier la programmation que j’avais appliquée à l’objet de base.

J’avais appliqué toute la programmation de combat que j’avais mise sur mon Brunhild original au nouveau modèle, puis j’avais rangé l’ancienne en utilisant [Stockage]. Après tout, je me sentais plus à l’aise avec du Mithril.

« Si tu notes un nombre exact pendant la copie initiale, il continuera à les produire automatiquement après cela. Oui, monsieur. »

« C’est vraiment pratique. »

Je sentais que ce n’était pas équivalent à une production de masse, mais je savais que ce serait certainement utile plus tard. Oh, c’est vrai...

« Rosetta. Cesca a parlé d’une arme qui pourrait s’opposer à la phrase... »

« Monsieur oui, monsieur ! C’est le Frame Gear, monsieur ! Tu peux certainement les produire ici. J’avais aidé le professeur à le faire, monsieur ! »

C’était comme je l’avais pensé. Les Frame Gear avaient été construits dans l’atelier, puis stockés dans le hangar après cela. Tout ce que j’avais à faire, c’était...

« Rosetta, on peut faire un Frame Gear ? »

« Monsieur, non, monsieur ! Pour l’instant, le mieux que je puisse produire, c’est de l’équipement et des choses similaires. Les schémas des Frame Gear ne sont pas sur place. Tu auras plus de chance de les trouver dans l’entrepôt, oui, monsieur ! »

Bon sang... Donc nous devrions trouver soit le hangar, soit l’entrepôt... Je suppose que je n’avais pas le choix...

« Je vais appeler les autres ici pour le moment. Cesca sera également probablement heureuse de te voir. »

« J’ai hâte d’y être, oui, monsieur. »

J’avais complètement oublié les amis que j’avais laissés dans le désert. J’avais ouvert une [Porte] à la hâte, là où se trouvaient les autres.

{Maître ? Le jardin semble avoir bougé de manière inexplicable.}

Kokuyou m’avait envoyé un message télépathique. Oh, j’avais failli les oublier.

{Ne t’inquiète pas. On l’emmène à Belfast d’ici. Nous avons trouvé l’atelier.}

J’avais ouvert une [Porte] et tout le monde avait déménagé dans le jardin. Il semblerait que les deux établissements se dirigeaient sans problème vers Belfast, alors j’avais ouvert un autre portail, j’avais pris mes familiers et j’avais ramené tout le monde à la maison, au manoir.

Nous avions traversé la terrasse et étions entrés dans le salon. Rebecca, Logan et Will étaient là. Dès qu’ils nous avaient vus, ils s’étaient levés de leurs sièges et s’étaient agenouillés devant nous.

« Hé, ne fais pas ça ! Ça suffit ! »

« Non, non, non ! Mlle Cécile nous a tout dit ! Pardonnez notre impolitesse. Demandez au roi de nous pardonner ! »

Qu’est-ce que cette bonne leur avait dit exactement... ? J’avais regardé Cécile et elle m’avait tiré la langue. En plus, elle m’avait aussi fait un petit sourire méchant. Ne crois pas que je te pardonnerai pour ça !

« Vraiment, ne t’en fais pas tant pour ça. Les formalités ne sont pas nécessaires ici. »

« Mais... »

Le trio s’était levé avec hésitation. Je leur avais dit de s’asseoir sur leurs chaises, et ils l’avaient fait.

« Eh bien, on va prendre un bain. »

Elze et les autres filles étaient parties dans leurs chambres respectives. Leen et Paula étaient retournées au palais royal pour parler de la Phrase et d’autres sujets. Je m’assurais de lui dire que toute mention de Babylone était cependant interdite.

Cesca et Rosetta se dirigeaient vers ma chambre. Cela m’avait rappelé le fait que je ne savais pas si Rosetta allait devenir l’une de nos servantes.

« Où sont les anciennes esclaves ? »

« Elles sont très... fatiguées, oui. Alors, elles sont allées se reposer et... se rétablir. »

« Rebecca, je ne suis pas un noble. Tu n’as pas besoin de te forcer à parler formellement. »

Rebecca avait clairement l’air tendue et mal à l’aise en raison de son statut social inférieur, alors elle avait fait un sourire ironique et avait avalé l’eau que Renne avait apportée.

« C’est vrai ? Alors je ne m’inquiéterai pas pour ça. »

« H-Hey, tu es sûr que c’est bon... ? »

« Il a dit que c’était bon, n’est-ce pas ? Il n’y a pas de problème, Logan. »

Rebecca avait ignoré la remarque de Logan et m’avait fait un sourire. Ça ne me dérangeait pas tant que j’étais sûr qu’il finirait par s’en remettre.

« Alors, qu’est-ce que vous allez faire après ? Vous trois pouviez facilement travailler avec la guilde, mais qu’en est-il des filles ? »

« Eh bien, c’est le problème... ces filles sont originaires de villages pauvres. Elles n’ont pas de compétences spécialisées à proprement parler, et leur capacité de combat est minime. Nous ne les abandonnerons pas tant que nous n’aurons pas tous un travail stable, je le sais bien, mais... »

« Hm... Je comprends. »

Le travail, hein... J’avais pensé à produire des vélos en série dans l’atelier et à les faire vendre par les filles, mais ce serait un peu difficile...

J’avais préféré garder l’atelier secret de toute façon, et j’aurais préféré demander à un professionnel de la distribution et de la vente plutôt que de le faire moi-même. Ce marchand de Mismede, Olba. De mémoire, c’était le père d’Olga, le chasseur de renards.

Quand il s’agissait de travailler autrement, j’envisageais de tenir une sorte de stand de nourriture, mais il y avait le coût des ingrédients à prendre en compte. De plus, cela ne générerait pas beaucoup de revenus pour sept personnes.

Hmph, je ne pouvais pas vraiment penser à quelque chose de bien. Les affaires étaient plus difficiles que vous ne le pensiez...

Je me demandais quoi faire.

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