Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 4 – Chapitre 1 – Partie 2

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Chapitre 1 : Rencontres dans le désert

Partie 2

Cela s’appelait un « Collier de soumission ». Apparemment, il s’agissait d’un artefact unique dans le passé, mais les grands sorciers de Sandora avaient réussi à créer une version qui pouvait être produite en masse il y a des centaines d’années.

À l’origine, cela servait à asservir des bêtes féroces qui ne pouvaient pas être apprivoisées, mais avec le temps, cela avait aussi servi à asservir des gens.

Tout avait commencé de façon plus innocente, c’était utilisé pour lier les criminels au travail et à la servitude. Mais l’esclavage était finalement devenu la norme, et il n’y avait pas que les coupables qui y avaient été contraints. Ceux qui avaient le collier autour du cou avaient tout perdu, devenant eux-mêmes de la marchandise.

Dans ce pays, l’esclavage était légal et les personnes lourdement endettées pouvaient être prises au même titre que les criminels. Mais naturellement, cela avait aussi conduit à un nouveau type de crime.

Les marchands esclavagistes s’alliaient avec les brigands, conspirant pour faire des raids pour trouver de l’argent, des marchandises et des jeunes femmes. Les brigands prenaient tout ce qu’ils voulaient et les esclavagistes se procuraient de nouvelles marchandises sur le marché noir.

Après tout, une fois que le collier de soumission était autour de votre cou, votre liberté était perdue. Vous seriez inscrit auprès de la guilde marchande et officiellement reconnu comme une marchandise. Il semblerait que les filles ici, Rebecca exclue, étaient toutes dans cette catégorie.

Les esclavagistes avaient embauché une femme épéiste, un homme avec une hache et un jeune garçon pour les aider à escorter leur marchandise. Ces recrues s’appelaient Rebecca, Logan et Will. Apparemment, ce trio ne savait pas du tout que les marchandises qu’ils escorteraient étaient des personnes. Ils avaient écouté les esclaves et entendu leur histoire tragique, alors ils avaient choisi de prendre les armes contre les marchands au nom de la justice. Cependant, au moment où ils avaient pris cette décision, les esclavagistes avaient été attaqués par des brigands et tués assez facilement.

Apparemment, ils étaient morts sans ménagement, donc c’était un peu décevant. Pourtant, pour ceux qui avaient conspiré avec des brigands pour ensuite être tués par eux... c’était facile de penser que c’était l’œuvre du karma.

Rebecca et les autres s’étaient occupés des bandits, puis ils avaient décidé d’escorter les filles esclaves hors du pays. Après tout, s’ils retournaient à la guilde, les filles seraient simplement transférées à un nouveau maître. Mais voyager à travers le désert était le seul moyen pour eux de s’évader du pays sans que ce soit connu du grand public. Ils avaient donc essayé, mais ils avaient été pris dans une tempête de sable, et le reste, c’était de l’histoire ancienne...

« C’est donc ça l’histoire, hein ? »

« Ouais, c’est à peu près tout. »

Je vois... Il semblerait qu’ils aient eu de mauvaises fréquentations... un trafic d’êtres humains, hein. Cela existe donc aussi dans ce monde.

Apparemment, le Royaume ardent de Sandora n’avait pas beaucoup d’interaction avec les autres nations et préférait préserver sa propre culture. Cela me paraissait logique. C’était au-delà même de Mismede, au-delà d’une grande mer d’arbres et d’un désert si chaud que même un rocher sur le sol pouvait vous ébouillanter.

« Bon, à propos de ce collier de soumission... »

D’après ce qu’on m’avait dit, le collier abîmerait le corps de l’esclave, entraînant une grosse douleur et lui infligerait une mort horrible s’il essayait trop souvent de l’enlever. C’était vraiment n’importe quoi. La personne désignée comme maître par le collier ne pouvait pas non plus être désobéie ou attaquée.

Tout ce que leur maître avait à faire, c’était de pensée « reviens vers moi » et l’esclave n’aurait pas d’autre choix que de revenir. S’ils ne le faisaient pas, la douleur leur transperçait le corps.

Seul le maître désigné pouvait aussi enlever le collier. Mais ces filles étaient asservies au marchand qui était mort dans l’attaque de brigand. En d’autres termes, elles ne pouvaient pas du tout se faire enlever leur collier. S’ils retournaient à la guilde des marchands, ils seraient simplement vendus à un nouveau maître. Ils ne goûteraient jamais à la liberté à moins que ce maître ne décide de les laisser partir.

Une idée m’était soudain venue à l’esprit, mais je n’étais pas sûr qu’elle puisse marcher...

J’avais pensé essayer d’utiliser [Apport], mais je n’étais pas certain de la réussite.

Les cous des femmes étaient minces, cependant... Il s’agissait juste de savoir si je pouvais ou non en mettre un dans ma main. J’avais attrapé mon propre cou avec mes deux mains pour m’en rendre compte. J’avais pensé que ça irait, puisque mon cou était dans tous les cas plus épais que celui d’une femme. De plus, si ça ne marchait pas, il ne se passerait rien, donc il n’y avait aucun mal à essayer.

« J’ai peut-être un moyen d’enlever ces colliers. »

« Quoi ? »

« Êtes-vous sérieux !? »

La réaction de Will était beaucoup plus enthousiaste que celle de Rebecca. Il m’avait regardé, les yeux grands ouverts emplis d’espoir et d’émerveillement.

« Eh bien, je ne le saurai pas avant d’avoir essayé. Et il y a de fortes chances qu’il ne se passe rien, alors... »

« Essayez, s’il vous plaît ! S’il vous plaît, libérez Wendy ! »

Wendy ? Will s’était soudain approché et avait attrapé l’une des esclaves par la main. Il l’avait amenée ici.

Elle avait environ treize ou quatorze ans... probablement l’âge de Will. Sa peau était bronzée et ses cheveux étaient blonds et sales, pendus en tresses de chaque côté de sa poitrine. Elle était clairement la plus jeune des esclaves du groupe. Elle s’était cachée derrière le dos de Will, me regardant nerveusement. Elle semblait effrayée, peut-être en état de choc. Je venais de massacrer un Sandcrawler devant elle, donc ça avait peut-être quelque chose à voir là-dedans.

Eh bien, peu importe. Essayons un peu.

« [Apport]. »

Pour l’empêcher d’avoir encore plus peur, j’avais essayé de l’appeler à moi sans plus de bravade.

Et là, dans ma main, le collier noir brillait sous le soleil. Cela avait fonctionné.

« Quoi !? Hein !? Ah !? »

Will avait regardé ma main et s’était retourné pour regarder Wendy. Naturellement, il n’y avait plus de collier autour de son cou.

« Il l’a fait, Wendy ! Il s’est détaché ! »

« Eh... ? »

Wendy se frotta légèrement le cou. Quand elle avait réalisé qu’elle ne ressentait plus le contact froid du collier, elle avait mis une main sur sa bouche et s’était mise à pleurer.

Will l’avait serrée dans ses bras. Oh, donc c’était comme ça, n’est-ce pas ? Pas étonnant qu’il était si désespéré. Quel adorable petit couple !

« ... Hé, comment avez-vous fait ça ? »

« J’ai utilisé mon sort Néant [Apport]. Il me permet d’amener des choses dans ma main quand je suis à porter. »

Ignorant l’étonnement de Logan, j’avais continué à enlever les autres colliers. Finalement, j’avais tenu sept colliers dans ma main. Je les avais aussitôt incinérés avec un sort de feu de base. Rebecca me fixa d’un regard vide alors que le petit feu faisait rage, ne pouvant murmurer que quelques mots.

« Mais qui êtes-vous au juste ? »

« Juste un simple aventurier. Voilà ma carte. »

« Vous êtes un rang Rouge !? »

Le trio avait remarqué la couleur de ma carte de guilde et avait semblé assez surpris. Je le leur avais remis, et leur surprise avait atteint de nouveaux sommets.

« Tu as aussi les titres de Tueur de Dragons et Destructeur de Golems !? »

« Pas étonnant que tu aies pu te transpercer ce Sandcrawler comme si c’était du beurre... »

« Wôw... ! Je n’ai jamais rien vu de tel ! »

Chacun des trois m’avait donné de sincères mots de gratitude, bien qu’ils soient perplexes. J’avais repris ma carte et j’avais demandé à Rebecca quelle était leur prochaine ligne de conduite.

« Même sans leurs colliers, elles sont toujours enregistrées comme propriété de Sandora. Ce serait mal de les garder ici. Je pense que les emmener dans un autre pays serait le meilleur plan. »

« Pourquoi pas Belfast ? C’est très joli là-bas. Vous pouvez rester chez moi un moment si vous voulez. »

« Eh bien, attendez un instant. Je ne suis pas sûr de la distance qui sépare Belfast d’ici... »

J’avais répondu à Logan en ouvrant une [Porte]. J’y avais glissé ma tête, puis j’avais appelé Yumina pour qu’elle vienne me rejoindre.

« Hein !? Qui êtes-vous !? »

« C’est un plaisir de vous rencontrer. Je suis Yumina Urnea Belfast, fille de Tristwyn Urnes Belfast, roi du royaume de Belfast. »

« QUOI !? »

Le trio fit aussitôt écho à leur incrédulité. Ils s’étaient aussi immédiatement raidis. Mais encore une fois, c’était tout à fait naturel.

Parfois, je l’oubliais, mais après tout Yumina était membre de la famille royale. Même sans la tenue royale, son décorum et son attitude étaient de mise. Nous étions tous pâles en comparaison de la présence qui émanait d’elle.

« J’ai entendu parler de vos malheureuses circonstances. Mon pays serait heureux de vous accueillir, mais que souhaitez-vous faire ? »

Yumina les regarda un par un, souriant tout le temps. Elle utilisait à tous les coups ses Yeux Mystiques. Si l’un d’entre eux avait des pensées impures, nous l’emmènerions quand même à Belfast, mais il serait tout simplement dans une position où ils pourraient être surveillés pendant un certain temps.

Yumina avait fini de tous les regarder, puis elle avait fait un petit sourire et s’était tournée vers moi avec un signe de tête. J’avais pensé que ça voulait dire qu’ils étaient tous purs.

Rebecca s’était soudain mise à genoux, se prosternant devant la princesse.

« Oui, Milady ! Je vous remercie... Merci beaucoup ! »

L’un après l’autre, Logan, Will, Wendy et les autres s’étaient tous inclinés dans la même position.

Bon sang, les gars. Vous pouvez faire la génuflexion à l’ancienne quand vous le voulez.

« Alors, tout le monde va à Belfast ! Après toi, Touya. »

« Pas de problèmes. »

Ce serait difficile de voir tout le monde passer la porte en même temps, alors j’avais rassemblé tout le monde et j’en avais créé une au-dessus d’eux. La sortie se trouvait à un centimètre au-dessus du sol à l’extérieur de notre maison à Belfast, et se déplaçait lentement vers le haut à mesure que le portail d’entrée descendrait.

J’avais essayé de faire la routine classique « téléportation ! » d’une certaine émission de science-fiction, mais ça ne s’était pas passé aussi bien que je l’espérais. J’avais dû m’arrêter. J’avais l’air d’un crétin.

J’avais ressenti un étrange vertige lorsque nous nous étions téléportés de cette façon, comme le sentiment que l’on ressentait quand on pensait qu’il y avait une autre marche en haut de l’escalier quand il n’y en avait pas. C’était désagréable.

Eh bien, ce sentiment ne s’appliquait probablement qu’à Yumina et moi. Tous les autres étaient tout simplement trop stupéfaits à cause du changement soudain de décor.

« Où sommes-nous... ? »

« Vous êtes arrivés au Royaume de Belfast, mes amis. La capitale royale, devant ma maison pour être exact. Vous pouvez rester ici aussi longtemps que nécessaire. Hé, Laim ! »

J’avais tout de suite appelé notre super majordome vivant ici, et il était apparu sur la terrasse. Notre équipe de domestiques, composée de Lapis, Cécile et Renne, était apparue à ses côtés.

« S’il vous plaît, occupez-vous de ce groupe jusqu’à notre retour. »

« Très bien, monsieur. »

Laim s’inclina profondément, puis jeta un coup d’œil au trio de servantes. Lapis avait commencé à conduire tout le monde dans la maison. Rebecca regarda autour d’elle un peu agitée, mais elle se déplaça dans la maison, comme les autres.

***

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2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

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