Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 3 – Chapitre 2

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Chapitre 2 : L’héritage de Babylone

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Chapitre 2 : L’héritage de Babylone

Partie 1

 

Trois jours s’étaient écoulés depuis l’incident avec Kansukay.

Au début, les choses avaient été assez agitées, mais la terre de Takeda avait rapidement retrouvé sa stabilité et avait trouvé un nouveau seigneur. Apparemment, Kousaka — celui de l’élite des quatre qui avait demandé notre aide avait caché pendant tout ce temps l’enfant du Seigneur Schingen de Kansukay.

Le nécromancien était pleinement conscient de l’existence du garçon, mais avec le Seigneur Schingen lui-même qui était déjà sa marionnette, il n’avait probablement pas beaucoup réfléchi à utiliser l’enfant. Au moins, c’était à première vue ce qui s’était passé. Il n’y avait aucun doute que ce chaos n’était causé que par Kansukay, mais je ne pouvais m’empêcher de me demander si le sorcier que nous avions combattu dans le jardin agissait de sa propre volonté.

J’aurais pu penser à des choses excessives, mais une partie de moi croyait que même après que l’artefact l’ait privé de sa santé mentale, Kansukay avait inconsciemment essayé d’éviter de blesser l’enfant de son défunt seigneur.

Quoi qu’il en soit, le fils en question, Takeda Khatsuyohri, devint le nouveau seigneur féodal, et les quatre élites furent de nouveau les conseillers les plus proches du Seigneur de Takeda.

Et pour m’assurer que cela continue bien, je leur avais dit d’éviter d’ouvrir un conflit avec Oda. Là encore, considérant que mon monde précédent et celui-ci n’étaient pas complètement synchronisés, mon inquiétude et l’avertissement auraient pu être inutiles. Mais j’avais pensé que je n’aurais pas été très content si dans quelques années, j’étais soudainement informé que Takeda avait été anéanti, c’est le moins qu’on puisse dire.

Après cela, nous avions décidé de tracer notre route vers notre destination d’origine, les Ruines de Nirya.

On nous avait dit qu’elles étaient au bord du territoire de Shimazu, vers la partie la plus méridionale d’Eashen. Heureusement, le vieux Baba avait visité l’endroit quand il était jeune, donc tout ce que je devais faire était de lui faire partager ses souvenirs avec moi.

En toute honnêteté, tenir la main et toucher le front d’un vieil homme costaud était quelque chose ressemblant à un gage dans un jeu bizarre.

« Père, Mère, Frère, Ayane. Je vais y aller. »

« Très bien, prends soin de toi. »

« Touya-san, s’il vous plaît, prenez soin de ma fille. »

Alors que nous faisions nos adieux à la famille de Yae dans sa maison à Oedo, Nanae baissa la tête vers moi. Ne sachant pas comment réagir, je m’étais incliné de la même manière. Jutaro et Ayane se tenaient aux côtés de Nanae, nous souriant tous.

« Nous reviendrons vous rendre visite quand nous aurons du temps libre. Vous êtes aussi invités à visiter ma maison à Belfast. »

Nous attendons ça avec impatience. J’avais donné une poignée de main à Jutaro et j’ouvris une [Porte] menant aux ruines.

Après que nous l’ayons traversé, tout en faisant encore nos adieux à la famille de Yae pendant tout ce temps, nous avions été accueillis par une belle plage de sable.

Une mer infiniment large caressait doucement le sable blanc. Je pouvais voir au loin une zone rocheuse et une petite forêt, mais c’était à peu près tout ce qu’il y avait comme diversité de paysages.

Avec un seul regard sur la carte, j’avais découvert que nous étions sur une petite île déserte. Eh bien, désert n’était peut-être pas le bon mot, étant donné que le continent n’était qu’à une distance de deux cents mètres.

La mer vert émeraude nous éblouissait à cause de la lumière étincelante qu’elle reflétait. Je m’étais rappelé avoir lu quelque chose à propos du sable blanc qui était blanc parce que beaucoup de coraux et de coquillages étaient cassés en petits morceaux et mélangés au sable.

« Wôw, c’est tellement beau... »

Yumina traversa le sable blanc, les yeux fixés sur la mer. Kohaku était juste à côté d’elle, ayant manifestement du mal à marcher, pendant que Paula, l’ours autonome, gambadait rapidement comme si c’était quelque chose de normal. Franchement ? Qu’est-ce qui se passe avec la [Programmation] de cette chose ?

Contrairement à l’ours, son maître marchait gracieusement sur le sable avec un parasol dans les mains. Attends, où as-tu eu ça ?

« Cela fait un moment que nous ayons vu la mer. »

« Tu as raison, sœur. » Les jumelles avaient respiré la brise de la mer salée et étaient allées de l’avant, laissant derrière elles des empreintes de pas dans le sable.

Yae les avait suivies, mais avant qu’elle puisse les rattraper, elle s’était arrêtée pour enlever ses sandales et ses chaussettes. Elles étaient probablement pleines de sable, et cela m’énerverait également...

« Aie ! Chaud ! Chaud chaud chaud ! »

Franchement, Yae. Avec le soleil comme ça, qu’espérais-tu ? Il n’était même pas midi, et pourtant le soleil, suspendu dans le ciel bleu et clair, nous brûlait déjà. Toute la chaleur de la lumière avait transformé la plage de sable en un petit enfer.

Yae avait choisi d’éviter la chaleur en sautillant sur une jambe puis l’autre, se précipitant vers la mer. Cela ressemblait à une danse étrange.

Et bien, cet endroit ferait vraiment un super hôtel, mais où sont ces ruines ? Attends, Jubei n’a-t-il pas dit quelque chose à propos de leur localisation au fond de la mer ? Était-ce vraiment le cas ? Je ferais mieux de m’en assurer...

J’avais lancé une recherche sur ma carte pour les « ruines ». Instantanément, une flèche était apparue.

Jubei n’avait pas menti, c’était vraiment au fond de la mer. D’après la carte, c’était à une centaine de mètres devant nous, sous les vagues. Je ne pouvais rien voir d’un simple coup d’œil. Je supposais que nous allions devoir plonger.

« Leen. Connais-tu des sorts qui permettent aux personnes de survivre sous l’eau ? »

« Je ne connais que la magie qui permet aux gens de marcher sur l’eau. Je me souviens avoir entendu parler d’un sort Néant qui permet à l’utilisateur de respirer sous l’eau, mais je n’étais pas intéressée, alors j’ai oublié son nom. »

Bon sang, Leen, c’était la partie la plus importante... Je supposais que je devais plonger et confirmer en premier l’existence des ruines. Si j’avais un maillot de bain, je me changerais déjà, mais ce monde n’en avait même pas. Entrer avec mes sous-vêtements serait également embarrassant...

J’avais marché jusqu’à l’endroit où la mer rencontrait le sable, où Elze, Linze, Yae et Yumina s’amusaient dans les vagues du rivage. De la façon dont elles se disputaient, il était évident qu’elles s’amusaient.

« L’eau froide est si bonne ! Malheureusement, nous n’avons pas apporté nos maillots de bain. Je veux aller nager. »

« ... Attends un peu. Les maillots de bain existent-ils vraiment ? »

Les mots d’Elze me firent presque geler sur place. J’avais toujours eu l’impression que ce monde n’avait pas de maillot de bain.

« Hm ? Je pense que la plupart des magasins de vêtements les vendent. J’ai même entendu dire qu’il y a différents types de maillots de bain qui sont vendus selon la région. »

Linze avait répondu à ma question. Oh, donc les maillots de bain existaient...

« Eh bien, nous sommes déjà sur la plage, alors nous pourrions aussi bien en profiter. »

Quand il s’agissait de vêtements, il n’y avait pas de meilleur endroit pour nous que la boutique de Zanac, alors j’avais ouvert une [Porte] qui nous connectait à Reflet.

Cela faisait un moment que nous n’avions pas vu Zanac, alors notre conversation a traîné en longueur, jusqu’à ce qu’il commence à parler de la façon dont il avait récemment stocké des maillots de bain pour répondre à la demande pour la saison plus chaude. Cela tombait vraiment au bon moment.

J’avais posé la question sur l’existence d’une demande de maillots de bain ici à Reflet-qui-n’avait-pas-la-mer et on m’avait dit que les gens nageaient souvent dans les rivières voisines ou dans le lac qui était à environ une demi-journée de marche de la ville. J’avais également été informé que certains des habitants les plus aisés avaient même des piscines privées.

Comme les filles allaient évidemment prendre leur temps pour choisir leurs maillots de bain, je leur avais dit que je les récupérerais plus tard. J’avais fait un rapide détour à la maison. Si nous allions nous amuser au soleil, je ferais de mon mieux pour m’assurer que personne ne soit oublié.

« La mer, c’est ça ? »

« Wooow. Ça a l’air formidable ! »

« Miss Cécile, c’est la “mer” ? »

Mes trois bonnes avaient donné leurs réactions uniques à ma suggestion. Elles n’étaient pas contre l’idée, alors j’avais ouvert une autre [Porte] et j’avais essentiellement poussé Lapis, Cécile et Renne directement dans la boutique de Zanac.

J’étais ensuite allé à la cuisine et j’avais fait la même chose à Créa. Son mari, Julio le jardinier, allait bientôt suivre.

Laisser la maison sans surveillance était une mauvaise idée, donc, Tom et Huck ne pouvaient pas venir avec nous. J’avais fait une note mentale pour les amener plus tard.

Laim avait dit qu’il n’irait pas nager, alors je l’avais emmené directement chez Duc Ortlinde. Après tout, c’était la maison de quelqu’un qui serait vraiment en colère si je négligeais de les inviter.

« Les mers d’Eashen, hein ? Super ! Allons-y ! »

« Père ! Il m’a invité, pas toi ! »

Ce pays manque-t-il sérieusement d’affaires importantes ? Pourquoi un duc de tout un peuple est-il si désireux d’aller à la mer ? Le duc et sa fille étaient de bonne humeur. Ellen, la femme d’Ortlinde, les regardait avec un large sourire sur le visage.

J’allais ouvrir une [Porte] pour déplacer la famille du duc et leur majordome, Leim, dans la boutique de Zanac, mais le duc Ortlinde déclara quelque chose d’absurde.

« Pourquoi ne pas inviter mon frère ? »

« Hohoh, les mers d’Eashen, dis-tu ? Comme c’est prévenant de la part de mon petit frère de nous inviter. »

« Ooh... ça fait un moment que je n’ai pas apprécié la brise de la mer salée. »

« ... N’avez-vous pas les affaires du gouvernement à effectuer ? »

Alors que Sa Majesté et la reine Yuel se passionnaient dans la perspective d’aller au bord de la mer, j’avais lancé une objection rabat-joie avec ma question.

« Je n’ai absolument aucun plan pour cet après-midi. En vérité, je pensais à inviter Al pour une partie de shogi. Ça fait un moment depuis notre dernière partie, tu sais ? Donc, il n’y a pas de problèmes à cet égard ! Je suis totalement libre ! Hahahaha ! »

Je ne pouvais pas dire si c’était un bon moment ou un mauvais présage. D’une manière ou d’une autre, leurs insignes se distinguaient comme un pouce endolori, je les avais donc changés en quelque chose de plus simple. J’étais à peu près sûr que la vue de la magnifique couronne de Sa Majesté ferait tomber Zanac et qu’il tomberait par terre.

Puis j’étais allé chez le Général Leon pour lui demander une escorte pour m’assurer que le roi et sa famille iraient bien. Il n’avait pas hésité à dire qu’il prendrait lui-même le rôle. Attendez, est-ce réellement pour de vrai ? Tu es le général ! Tu as des devoirs !

« Heh! Il y aurait quelque chose de terriblement mauvais si je n’allais pas avec ce bon vieux roi pendant ses vacances ! Je vais aussi m’amuser ! »

Toujours aussi ferme et intense, Léon me frappa sur le dos et brisa encore plus ma fragile colonne vertébrale. Merde, ça fait mal ! J’avais aussi essayé d’inviter Charlotte. Elle était réceptive, mais elle avait rapidement décliné quand elle avait appris que Leen serait là. Le traumatisme devait être profond.

Une fois que le roi et sa femme étaient arrivés dans des vêtements simplistes, mais toujours chers, j’avais ouvert une [Porte] dans la boutique de Zanac.

Oh, il y avait beaucoup de gens ici maintenant. Attends... j’en comptais deux de plus qu’il ne devrait y en avoir. Quand Micah et Aer sont-ils arrivés ici ?

« Hey, ça fait un moment. Tu te débrouilles bien ? »

« Elze nous a invités. Nous ne pouvions pas refuser cette chance d’aller à la mer. »

Ah, donc c’était Elze. Eh bien, ce n’était pas vraiment un gros problème. J’avais commencé à envoyer ceux qui avaient déjà acheté leurs maillots de bain directement à la plage. Ça devenait ennuyeux, alors j’avais juste figé la [Porte] et je l’avais gardé ouvert.

Une fois sur la plage, j’avais utilisé [Stockage] pour récupérer du fer et du lin, sur lesquels j’avais utilisé [Modelage] pour créer deux tentes utilisées comme vestiaires simplistes.

Les filles en avaient eu une grosse, mais nous, les hommes, étions satisfaits avec une petite. Elze entra rapidement dans la tente et me chassa. Tu n’avais pas à me traiter comme un chien, tu sais...

J’avais continué à faire des parasols et des chaises de plage, suivi d’un parasol assez grand. Après tout, la relaxation était primordiale pendant une période de repos à la plage. Les choses seraient assez aigres si quelqu’un avait un coup de soleil. Et enfin, et non des moindres, j’avais utilisé du caoutchouc pour faire quelques balles de plage et des bouées de natation.

Plus il y avait de personnes qui avaient acheté leurs maillots de bain chez Zanac, plus il y avait des personnes qui étaient venues à la plage. Il y avait beaucoup de monde au moment où tout le monde avait fini.

Moi-même, Elze, Linze, Yae, Yumina, Leen, Lapis, Cécile, Renne, Créa, Julio, Laim, le Duc Ortlinde, Ellen, Sue, Leim, Sa Majesté le roi, la Reine Yuel, le Général Leon, Micah, et Aer. Sans compter les deux petites créatures... Nous étions un groupe composé de vingt et une personnes. Près d’un tiers d’entre nous étaient aussi des membres de la royauté. Cependant, il y avait des choses à dire, car les hommes étaient en infériorité numérique.

D’accord, comme nous sommes tous équipés de maillots de bain... Laim et Leim n’étant pas inclus, je suppose qu’il est temps de fermer la [Porte]... Attends... Merde, j’ai oublié le mien !

Je m’étais précipité à travers lui et j’avais acheté un maillot de bain simpliste de taille unique. Il était noirs et n’était pas fait de nylon ou de polyester, mais d’un matériel qui n’était pas trop différent d’eux. Il était bien élastique et avait même des propriétés hydrofuges. J’avais demandé à Zanac, et il m’avait dit qu’il avait été fait à partir des fils de cocons faits par un insecte vivant au bord de l’eau appelé le « papillon d’eau. » Apparemment, il avait été souvent utilisé pour des parapluies fantaisistes.

J’avais remercié Zanac, j’étais retourné à la plage, et j’avais créé une [Porte] fixe menant au salon de ma maison à Belfast. Je n’avais pas vraiment envie de faire de toilettes alors cela devrait bien fonctionner.

Maintenant, pour la nourriture... ça doit être un barbecue au bord de la plage. Tout ce que j’ai à faire est de préparer une plaque de fer et un feu de charbon de bois. Après tout, nous avons beaucoup de viande et de légumes dans notre garde-manger. Attends, qu’en est-il des boissons... ? Ah, je peux tout simplement faire des pots de glace et refroidir de l’eau fruitée. Oh, et... attends... c’est juste moi, ou bien suis-je le seul à travailler ici ? Non, c’est clair comme le jour ! Personne n’essaye même de m’aider ici ! Bon sang, vous tous ! Je veux aussi m’amuser ! Hm... ? Attends, en premier lieu, pourquoi allons-nous à la plage ?

***

Partie 2

Je m’étais revêtu de mon maillot de bain, j’avais marché sur la plage et j’avais commencé à faire des exercices d’échauffement. Eh bien, je n’avais aucune idée du genre d’exercices que je devais faire pour me préparer à nager, alors j’avais juste fait la gymnastique de la radio à laquelle j’étais habitué. Alors que je faisais face à l’océan et faisais mes une-deux-trois, j’avais soudainement entendu quelqu’un m’appeler.

« Quel genre de danse est-ce ? »

Je me retournai pour voir Elze, qui était déjà en maillot de bain. Linze se tenait juste derrière elle.

Les coupes de leurs bikinis étaient exactement les mêmes, avec des bordures blanches. Cependant, celui Elze était rouge, alors que celui de Linze était bleu. La partie inférieure était une colonne montante qui devait être attachée sur le côté.

Linze portait également une longue parka bleu-pastel. Je m’étais dit qu’elle était timide au sujet de ses vêtements. Il allait sans dire qu’elles avaient de beaux corps, et honnêtement, j’avais du mal à trouver où fixer mon regard. Cependant, j’avais rapidement pu confirmer que la petite sœur était celle qui avait les seins les plus gros.

« Ce n’est pas une danse. Je fais des exercices d’échauffement. Je ne veux pas juste sauter dedans et avoir une crampe instantanée, tu sais ? »

« Oh, très bien alors. Est-ce ainsi que ça fonctionne ? Eh bien, je vais y aller. Je pense que je vais te croire. »

C’était un fait, bon sang ! Je n’avais pas besoin de toi pour me faire croire en ça. Je lançais un regard noir à Elze alors qu’elle tournait légèrement les poignets et les chevilles, étirait un peu les tendons de ses jambes, tournait sa taille et courait directement dans la mer.

« Oh, je vois qu’Elze-dono est déjà dans l’eau, n’est-ce pas. Alors je vais la rejoindre. »

Yae était déjà à mes côtés, souriant de ce qu’elle voyait. Je n’avais même pas remarqué son approche. Elle portait un bikini violet clair qui devait être attaché sur les côtés, et un dos nu. Une partie de moi s’attendait à ce qu’elle porte un sarashi et un bikini rouge, mais j’avais décidé de ne jamais dire un mot à ce sujet. Après tout, c’était ses sous-vêtements habituels, et c’était une situation où l’on portait des maillots de bain.

Oh, maintenant c’était ma chance de mieux les voir... Ils étaient énormes. Wouah... elle les liait toujours avec un sarashi, donc la différence entre ça et son apparence normale me décourageait vraiment.

Yae avait complètement ignoré mon regard abasourdi et avait couru dans l’eau.

« Tu ne vas pas nager, Linze ? »

« Ah, je-je ne suis pas très douée pour la nage, alors je vais juste me reposer à l’ombre... »

Linze se plaça dans une zone proche sans soleil. Linze ne semblait pas être une fille particulièrement solide. Je pourrais seulement espérer qu’elle n’avait pas eu quelque chose comme une insolation.

« Touya ! »

« Oi fiérot ! »

Tout de suite, les petites dames se ruèrent vers moi.

Toutes les deux étaient en maillot de bain une pièce. Sue était en jaune et avait des fioritures partout sur la poitrine, tandis que celui de Renne était rouge avec des points blancs partout et des volants autour de la taille.

Elles avaient l’air tout simplement adorables. Il n’y avait aucun risque que je devienne nerveux ou timide avec ces deux-là. Sue était dans une bouée de natation, tandis que Renne tenait un ballon de plage.

« Assurez-vous de ne pas aller trop loin dans la mer. Ce n’était pas comme si c’était profond ici, mais vous devriez rester proche des autres. »

« Je sais. Tout ira bien. Laisse-nous y aller, Renne ! En avant ! »

« Compris, sœurette ! »

Sue prit la main de Renne et la conduisit à l’eau. « Sœurette », hein ? Eh bien, j’étais juste content de voir qu’elles s’entendaient si bien. Comme Renne étant plus jeune, j’avais eu l’impression que Sue aimait d’être capable de jouer la « Grande Soeur » avec elle.

« Elles s’entendent si bien. »

« Wouah !? » La voix de Cécile me surprit jusqu’à me faire reculer. J’aurais aimé qu’elle n’approche pas des autres sans donner même un indice de sa présence. Là encore, cela montrait vraiment quelle était sa véritable vocation. Cécile portait un bikini vert-émeraude avec un paréo de la même couleur enroulé autour de sa taille. C’était un maillot de bain standard, sans propriétés suggestives à proprement parler.

Cela étant dit..., ses seins étaient même plus gros que ceux de Yae, et je ne pouvais pas m’empêcher d’y jeter un coup d’œil occasionnel. J’avais toujours pensé qu’ils étaient gros, mais cette poitrine pourrait même passer du territoire « gros » pour aller profondément dans celui de l’« énorme ». Je supposais que c’était le vrai pouvoir de la maturité dont j’avais tellement entendu parler. Elle était entièrement équipée...

« Lady Sueee, Renneeee ! Laissez-moi vous rejoindre ! »

Cécile se mit à courir. J’avais profondément observé ses mouvements.

... Boeing... Boeing... Boeing... Boeing... valait mieux le dire et plutôt deux fois qu’une — c’était un très beau spectacle.

« Je me demande si les plus gros flottent vraiment... »

« Gros, quoi ? »

« Hyahh !? »

Lapis se tenait derrière moi avec une expression perplexe sur son visage. Encore !? Arrête de cacher vos présences, bon sang !

« Qu’est-ce qui est supposé flotter ? »

« Hein !? Eh-Eh b-bien, la bouée de natation, bien sûr ! Je me demandais si ça flotterait bien ! »

« ... Cela semble bien flotter, monsieur. »

« C’est sûr ! »

Lapis, qui regardait Sue et les autres, était vêtue d’un maillot de bain bleu-marine qui ressemblait à un combo d’un débardeur et d’un short. Pour une raison inconnue, elle tenait un plateau d’argent.

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Eh bien, il y a du travail à faire. J’apportais juste quelques verres aux Dames et aux autres. » Lapis détourna les yeux et je suivis son regard pour voir la reine et la femme du duc allongées sur des chaises de plage sous un parasol. La table entre elles possédait une paire de boissons tropicales, apparemment apportées par Lapis.

« Lapis... tu es libre de te détendre, tu sais ? »

« Ah, ne vous inquiétez pas pour moi. Je m’amuse beaucoup ! Cécile et moi changeons de poste de travail de temps en temps. »

Avec un large sourire sur son visage, Lapis traversa la [Porte] menant à notre maison. Elle était vraiment une servante exemplaire. Je n’aurais pas dû m’attendre à moins de la part d’un membre de la guilde des servantes.

Euh... ? J’avais entendu un grand bruit, je m’étais tourné vers sa source et j’avais vu Sa Majesté le Roi plonger dans l’eau. Cela ne semblait pas sûr... Oh, il était sorti. Je devine que cet endroit devait être assez profond. Le duc Ortlinde et le général Léon allaient bientôt le suivre. Étaient-ils... Étaient-ils dans une course ? Que diable faisaient-ils maintenant... ? Ces trois hommes agissaient comme de petits enfants.

« Touya. »

Je regardais le roi et ses amis, complètement éberlués par leurs ébats, quand Yumina m’appela. Le mignon bikini blanc avec volants sur la pièce du haut et du bas semblait très bien sur elle. Elle se retourna et me regarda droit dans les yeux.

« Bien ? Qu’en penses-tu ? »

« Cela va très bien sur toi. Tu es adorable. »

« Hehehehe. Merci beaucoup... »

Huh, cet éloge était venu naturellement... Était-ce parce que je la considérais encore comme une enfant ? Je supposais que ça devait être ça. En fait, maintenant que j’y pensais, je ne devenais pas énervé ou timide en regardant son corps. Je supposais qu’elle ne pouvait tout simplement pas capturer mon cœur comme elle était maintenant.

« Touya, allons-nous nager ensemble ? »

Yumina serra ses bras. Euh... Tu pressais ta poitrine contre moi... Je ne pouvais pas dire si elle le faisait exprès ou non. Je ne l’avais pas réalisé avant... mais elle montrait des signes évidents de développement...

C’était doux... Oh non, mon visage allait devenir rouge, ack... ! Attends, j’étais excité ! « Impossible de capturer mon cœur », mon cul ! ELLE LE CAPTURAIT MAINTENANT ! AIDEZ-MOI !

« Je-je dois enquêter sur les ruines, tu sais. Je viendrais avec toi quand j’en aurai fini avec ça. »

Je me glissais hors de l’emprise de Yumina et je lui fis une rapide promesse. Elle avait semblé légèrement insatisfaite, mais n’avait pas pris trop de temps pour être d’accord.

« Assure-toi de venir jouer avec moi quand tu auras fini, d’accord ? »

Yumina courait vers Sue avec un sourire sur son visage.

Franchement, c’était proche... Mes défenses mentales s’effondrent déjà maintenant. Eh bien, peut-être que ce n’était pas si mal... en vérité, est-ce le cas ? Après tout, Yumina est mignonne. Il n’y a pas vraiment de doute sur cela... Si j’étais obligé de dire si je l’aimais ou la détestais, bien sûr, je choisirais la première. Mais je ne sais pas si je peux la regarder d’une manière romantique ou quoi que ce soit... D’accord, qu’en était-il de ça... ? Si Yumina trouvait un mec qu’elle aimait... et elle venait de me dire qu’elle allait l’épouser. Attends. Non, pourquoi voudrais-je penser à ça !? C’est nul ! Je me rends juste énervé en pensant à quelque chose de stupide ! Argh... que diable... est-ce juste de la jalousie ? Je n’en suis pas vraiment sûr. Non non. Ça ne peut pas être ça. Yumina est pour moi aussi précieuse qu’une petite sœur, donc mes instincts fraternels n’aiment tout simplement pas l’idée de l’envoyer avec un mec au hasard... non ? Ce doit être ça, sûrement. Certainement... Probablement, pensais-je.

« Pourquoi as-tu cette expression pensive ? »

« Euh... ? »

Je me retournai pour voir Leen, vêtu d’un bikini noir d’adulte avec des lacets blancs, tenant un parasol noir.

Si elle était si opposée à l’idée de se baigner dans la lumière du soleil, elle aurait pu choisir de ne pas porter de bikini, mais l’appeler comme ça serait une sorte de trouble inexplicable dans le grand schéma des choses. En outre, il y avait des choses à dire à propos d’une personne portant un maillot de bain taille basse, deux pièces, un maillot de bain bas tout en ayant une si petite carrure.

Je n’allais rien dire jusqu’à ce que je vois l’ours autonome faire des exercices d’échauffement en portant un maillot de bain à bordure rouge et noir tout droit sorti du début du XXe siècle.

« Attends. Paula, tu vas nager ? »

Elle se frappa la poitrine comme pour dire « Bien sûr que je vais nager ! » Je jetai un coup d’œil interrogateur à Leen, et la fée riait en réponse.

« Je ne lui ai pas donné ma [Protection] pour rien. Elle est complètement imperméable. »

Franchement, la [Protection] semblait être un grand sort. J’allais devoir le lancer sur mon smartphone. Au sujet de mon smartphone, je l’avais laissé dans la tente vestiaire. Je me demandais si Kohaku était toujours là.

« Eh bien, je pense qu’il est temps de nager. »

J’avais commencé à me diriger vers la mer, et Paula n’était pas loin derrière moi. Est-ce qu’elle allait vraiment bien ?

Paula arriva sur le rivage, se prépara à une course extraordinaire dans l’eau... et fut rapidement frappée au visage par une vague. Elle avait roulé de nouveau sur la plage. Paula, qui n’était pas du genre à abandonner, retourna vers la mer. Et, comme une horloge, une vague l’avait frappée et l’avait renvoyée sur la plage. Je n’avais aucun doute qu’elle serait piégée dans cette boucle toute la journée.

Je détournais mon attention d’elle et je m’aventurai dans la mer. J’avais atteint le point où mes pieds étaient incapables de toucher le sol et se déplaçait en nageant la brasse.

Cela devrait être ici... Je pris une profonde inspiration et je plongeais vers le bas.

L’eau était limpide, donc je pouvais voir tout ce qui se trouvait en dessous et autour de moi sans trop de problèmes. Voilà, les ruines que j’avais cherchées. Diverses grandes dalles étaient disposées dans un cercle de pierre, au centre duquel se trouvait un petit bâtiment qui ressemblait à un temple. Je plongeai plus bas et je regardais à l’intérieur de l’entrée pour voir un escalier qui descendait.

Il faisait sombre là-bas, donc je ne pouvais pas être sûr, mais j’avais le sentiment que ça allait vraiment loin. À ce moment-là, j’avais vraiment besoin de reprendre mon souffle, alors j’étais remonté à la surface.

Je n’avais pas perdu de temps. Après avoir pris un nouvel apport d’oxygène, j’avais plongé une fois de plus. J’étais immédiatement allé droit à l’escalier de pierre en dessous, mais encore une fois j’avais été contrarié par mes fragiles poumons humains.

Je ne pouvais pas le faire comme ça. Je pouvais seulement retenir ma respiration pendant environ une minute.

Je voulais désespérément savoir ce qu’il y avait au bas de ces escaliers. Je voulais savoir, mais il y avait une limite à ce dont j’étais capable. Je n’avais pas beaucoup accompli, mais c’était le mieux que je pouvais faire. Je n’avais pas d’autre choix que de retourner au rivage.

Une fois de retour, j’avais vu Paula faire face aux vagues et essuyer le « sang » imaginaire de sa bouche, comme pour dire « Tu es... plutôt bon. » Elle essayait toujours ?

J’avais raconté à Leen ce que j’avais vu et je m’étais assis sur la plage.

« Donc c’est au fond de la mer, n’est-ce pas... ? Que devrions-nous faire maintenant, alors... ? Je devrais peut-être essayer d’appeler Marion ? »

« Marion ? »

« La matriarche du clan des Espèces Marines de Mismede. Une vieille amie à moi. Elle n’aurait aucun problème à faire des choses sous l’eau... mais il se trouve qu’elle est tout simplement recluse. »

Leen croisa les bras et commença à réfléchir.

J’avais essayé de suggérer d’inviter d’autres membres de cette espèce, mais selon Leen, la partie « recluse » faisait référence à une politique partagée par toutes les Espèces Marines qui vivaient à Mismede. En bref, elles avaient fait tout ce qu’elles pouvaient pour ne pas se mêler des affaires des habitants de la surface, alors l’arrivée de l’un d’entre eux n’était pas une option.

« Il est surprenant qu’une race comme celle-là ait accepté de participer à la fondation de Mismede. »

« C’est le résultat de ma capacité de négociation. Ce n’est pas une mauvaise fille, et si tu connais quelqu’un pendant cent ans, tu as tendance à savoir ce qu’elle pense. » Cent ans... ? Bon sang, l’ampleur de ce dont parle Leen était toujours trop importante pour moi.

« Eh bien, laissons cela pour aujourd’hui. Va et amuse-toi maintenant. Si je te garde trop longtemps, les autres m’en voudront, j’en suis sûre. »

Avec ces derniers mots, Leen se déplaça pour aller voir Paula. Les autres ? Soudainement, mon odorat fut submergé par le parfum attirant de la viande cuite. Je m’étais levé et j’avais regardé d’où le vent venait. Là, j’avais vu Micah et Créa, toutes deux vêtues de tabliers. Elles étaient debout et se réjouissaient devant une plaque de cuisson en fer. Micah portait un bikini orange, tandis que celui de Créa était rayé de noir et blanc. Et comme ces deux-là étaient cuisinières, je n’avais pas été surpris qu’elles s’entendissent bien.

Non loin d’eux, je vis Aer, qui portait un maillot de bain à une pièce à motifs de fleurs, qui obligeait Linze à refroidir un récipient métallique. Oh, on dirait qu’elles faisaient de la crème glacée. On dirait que ce sera notre dessert.

J’avais alors remarqué que Julio apportait des ingrédients à travers la [Porte] menant à notre maison. Apparemment, le chapeau de paille que je lui avais fait faisait partie de son look. Je ne l’avais pas encore vu l’enlever.

J’avais décidé d’aider, mais en marchant là-bas, j’avais remarqué quelque chose qui avait besoin de mon attention.

« ... Qu’est-ce que tu fais ? »

Deux majordomes, ignorant la chaleur mortelle et toujours vêtus de leur costume noir habituel et de leur combinaison de gants blancs, regardaient quelque chose à travers des paires de lunettes d’opéras.

« Pour voir si elle est en sécurité, j’observe Lady Sue. »

« Pour la même raison, j’observe la princesse. »

... Ces frères semblaient un peu surprotecteurs. Attendez, le maître de Leim était le duc et Laim était mon majordome. Qu’en était-il de ma sécurité ?

Bien, je n’avais pas vu de raison de dire cela, donc je les avais juste laissés à leurs affaires et j’avais tracé ma route vers la nourriture. Cela m’avait mis en appétit.

***

Partie 3

« D’accord, maintenant... »

Un jour s’était écoulé depuis notre fête sur la plage, et j’avais décidé de faire quelques progrès pour jeter un coup d’œil à l’intérieur des ruines sous-marines. Cependant, je n’avais absolument aucune idée par où commencer.

« Si seulement j’avais un sort qui me permettrait de repousser l’eau ou de respirer dans la mer... »

« Que dirais-tu de construire un grand mur autour des ruines et de drainer toute l’eau... ? »

Et comment voulais-tu que je fasse ça, Elze ?

« Euh... je-je pensais juste à quelque chose... »

Linze leva timidement la main. Eh bien maintenant, c’était un spectacle rare. Linze n’était pas du genre à donner souvent son opinion. À cause de cela, j’avais supposé qu’elle devait avoir une sorte d’idée révolutionnaire.

« Alors c’est quoi ? Si tu as une bonne idée, entendons-la. »

« Je-je ne sais pas si tu peux l’appeler une idée, mais... pourquoi ne pas envoyer ta vision avec [Détection lointaine]... ? »

« ... Oh. »

C’était vrai. Il n’y avait rien qui m’empêchait de faire ça. Pourquoi n’y avais-je pas pensé ? Étais-je retardé ? Je donnais sans un mot à Linze un coup de pouce et je lançais [Détection lointaine].

J’avais rapidement lancé ma vision dans la mer et j’avais jeté un coup d’œil à l’intérieur des ruines. Hm... c’était...

« Bien ? Tu vois quelque chose ? »

« ... Il fait trop sombre pour voir... »

« Prends ceci dans tes bras, puis recommence ! »

La poussée verbale d’Elze m’avait fait envoyer à la hâte une [Orbe de Lumière].

Une partie de moi pensait que l’orbe de lumière disparaîtrait une fois dans la mer, mais cela ne s’était pas produit. C’était une inquiétude stupide, car ce n’était pas quelque chose comme un sort de type Feu.

Très vite, l’environnement autour de ma vision désincarnée s’était éclairci. J’avais déplacé la lumière en synchronisation avec ma vision, en descendant les escaliers.

Finalement, j’étais entré dans une grande salle. Au centre, il y avait une plate-forme avec un cercle magique inscrit, entouré de six piédestaux. Chacun avait une pierre d’enchantement intégrée dedans. Rouge, bleu, marron, vert, jaune et violet — tous les types de magie sauf la Néant étaient représentés par un joyau brillant.

En dehors de cela, il n’y avait rien de notable. Pas de coffres au trésor, pas d’inscriptions — rien du tout. Était-ce vraiment ça ? J’avais fait revenir ma vision et j’avais parlé à Leen de ce que j’avais vu. La matriarche du clan des fées croisa les bras, prit un moment pour réfléchir à quelque chose et finalement prit la parole.

« C’était probablement un cercle de téléportation. »

« Quoi ? »

« Je pense que lorsque tu actives les six éléments qui l’entourent, le cercle magique te transportera ailleurs. Ça marchera de la même manière que ton sort [Porte], enfin, je crois. »

Hmm... Un dispositif de téléportation pour se téléporter rapidement entre les lieux, hein ? Je me demandais si le niveau de la mer était autrefois plus bas... Peut-être que les gens utilisaient cet endroit comme moyen de transport normal ? Peut-être que les ruines n’étaient abandonnées que parce que le niveau de la mer était devenu plus élevé ?

« J’aimerais l’activer... Mais ce n’est pas vraiment possible si nous ne pouvons même pas y arriver. Je suppose que nous devrons chercher la magie Néant qui te permet de respirer sous l’eau et... »

« Mon maître, si je peux t’interrompre un instant. »

Kohaku, qui était niché dans les bras de Yumina, avait pris soudain la parole et empêcha Leen de poursuivre son raisonnement.

« Quoi de neuf, Kohaku ? »

« Je connais quelqu’un qui peut te tirer de ton embarras. »

Nous nous étions éloignés de la plage et on s’était rapproché de la zone rocheuse, où Leen avait créé un grand cercle magique.

« Tu sais que la magie d’invocation ne te permet pas de choisir qui tu vas invoquer, exact ? »

« Ne t’inquiète pas, nous allons mélanger la puissance magique du maître avec ma puissance spirituelle. Si nous faisons cela, celui que je désire amener ici va sûrement l’entendre et répondre à l’appel. »

Kohaku balaya les mots de Leen. Je n’avais pas la moindre idée que c’était une option. Je m’étais dit que c’était juste une sorte de solution de rechange spéciale.

« Mais même ainsi... pour invoquer le monarque noir entre toutes les choses... J’avouerais que je suis extrêmement surprise de découvrir que le tigre ici présent est le monarque blanc, mais il serait absolument impossible de faire venir un autre des monarques... »

« C’est mieux si tu arrêtes d’avoir des pensées logiques quand il s’agit de Touya-dono. »

Alors que Leen marmonnait, Yae lui faisait entendre raison et avait quitté le cercle magique.

« Les convoquer devrait être possible, mais je ne peux pas prédire ce qu’ils veulent pour que le contrat soit complet. Ils ne sont pas trop sauvages quand il s’agit de tempérament, mais ils peuvent être très, bien... bizarre... »

« Je n’arrête pas de t’entendre utiliser “ils” et “eux” en parlant du Monarque Noir... Il ne sera pas seul ? »

« Comment devrais-je dire cela... les deux forment l’entité connue sous le nom de Monarque Noir. Eh bien, tu comprendras une fois que nous les convoquerons. »

C’est vrai. Mieux valait les faire invoquer.

Je me tenais devant le cercle magique et je concentrais ma magie noire sur lui. Une brume commença à se former dans le cercle, devenant à chaque seconde qui passait toujours plus épaisse. Assez rapidement, Kohaku avait rejoint la canalisation magique, chargeant encore plus le brouillard. Apparemment, la magie de Kohaku s’appelait Pouvoir Spirituel, mais je n’étais pas du genre à me soucier de ces détails.

« Ô Bête qui gouverne l’hiver, les eaux, le nord et les montagnes. Réponds à mon appel. Réponds à ma convocation, présente ta face devant moi. »

La brume dense avait soudainement libéré une forte explosion d’énergie magique. Peut-être qu’était-ce le Pouvoir Spirituel, je ne pouvais pas le dire. Tout comme à l’époque où j’avais invoqué Kohaku, je pouvais sentir... le pouvoir envahir mon environnement.

Une fois la brume dispersée, une tortue gigantesque était apparue devant moi. Elle faisait environ quatre mètres. Ou peut-être que c’était une tortue, car elles étaient toutes deux assez similaires. Comme toute tortue, elle n’avait que quatre pattes. Cependant, elle avait des caractéristiques qui la distanciaient des tortues normales et la rendait plus proche de certains kaiju [1] des films de monstres. Plus précisément, cela m’avait rappelé ce kaiju qui pouvait voler dans le ciel en lançant des jets depuis sa coquille. Cependant, celui qui était devant moi n’avait pas les gros crocs du kaiju et son expression ne semblait pas aussi menaçante.

Un serpent noir était enroulé autour de cette tortue kaiju. Tout comme la tortue, il était aussi assez grand. C’était plus grand qu’un anaconda. Ses écailles brillaient comme des perles noires et ses yeux dorés brillaient fortement. Ces yeux étaient fixés sur Kohaku et moi-même.

« Oh mon dieu... c’est vraiment le monarque blanc. Je ne t’ai pas vu depuis une éternité. Tu vas bien, mon chéri ? »

« Ça fait longtemps, Monarque noir. »

« Oh, viens, mon chéri. Ne t’ai-je pas dit de m’appeler Blackie ? »

Franchement, cette chose semblait sûrement insouciante. Mais qu’est-ce qui se passait avec ce serpent ? Oui, il était amical... mais peut-être un peu trop. Sa voix semblait trop aiguë... Ça me rappelait une drag-queen stéréotypée...

« Et ce jeune gars est... ? »

« Mochizuki Touya. Mon maître. »

« Ton... maître ? »

La tortue me fixa soudainement. Je me sentais comme si j’étais évalué. Son apparence m’avait fait penser qu’il aurait la voix d’un vieil homme digne, mais le garçon était un être plein de surprises. La tortue avait une voix plus féminine que celle du serpent. Cependant, il avait une rudesse dans son ton.

« Pour avoir un tel homme comme ton maître... Oh, comment les puissants sont tombés bien bas, Monarque Blanc. »

« Dis ce que tu veux. Il sera bientôt aussi ton maître. »

« Ne me fais pas rire ! »

Kohaku répondit calmement à la provocation de la tortue. Le serpent et la tortue me fixaient maintenant, l’un avec curiosité, l’autre avec colère. Cette situation commençait à être un peu gênante.

« Très bien, mon garçon. Touya, c’est ça ? Nous allons tester si tu es digne de faire un contrat avec nous. »

« C’est bon pour moi. Cependant, qu’est-ce que je dois faire ? »

« Fais-nous face dans un combat mortel. Si tu restes debout et que tu es en bonne santé au coucher du soleil, nous reconnaîtrons ton pouvoir et te permettrons de conclure le contrat. Cependant, si tu quittes le cercle magique, si tu perds conscience ou si tu deviens incapable de nous attaquer, tu pourras l’oublier complètement. »

Il ne m’a rien dit sur le fait que je pouvais gagner si je les battais. Ils avaient probablement cru qu’il n’y avait aucun moyen qu’ils puissent perdre contre moi. Kohaku avait mentionné qu’ils excellaient en défense, de sorte que leur confiance était probablement justifiée.

« Je dois juste rester debout jusqu’au coucher du soleil, non ? »

« Oui. Tu peux choisir de courir, si tu veux. C’est-à-dire, si tu crois que tu peux continuer à courir aussi longtemps. »

La tortue répondit avec un petit rire moqueur. Son arrogance commençait à m’énerver à ce moment-là.

Le cercle magique faisait environ vingt mètres de diamètre. C’était vraiment assez grand pour courir dedans. Cependant, il était dans les environs de midi, ce qui signifiait que je devais courir pendant six à sept heures entières, et je savais que j’allais atteindre ma limite avant cela.

Là encore, c’était probablement le plan du monarque noir. Mais ce n’était pas quelque chose que j’allais laisser se réaliser.

« Très bien. Allons-y. »

« T-Touya, es-tu sûr de vouloir faire ça ? »

Yumina leva les yeux vers moi, l’inquiétude était apparente dans son ton et ses yeux. Quelle douce fille elle était ! Je l’avais calmée en lui caressant la tête. Après tout, elle n’avait rien à craindre.

« Ne t’inquiète pas, Yumina. Tout va s’arranger, crois-moi. »

Avec ces mots, j’étais entré dans le cercle magique. La tortue était toujours en train de se gargariser et, enfin, je m’en fichais vraiment.

« Tu es étonnamment calme. »

« Effectivement. Je loue ton courage, mon enfant. Commençons ! »

Comme pour signaler le début de la bataille, la tortue laissa échapper un rugissement assourdissant. C’était un comportement exemplaire de kaiju même si je n’en avais jamais vu.

La victoire appartenait à celui qui lançait la première pierre !

« [Glissade]. »

« Hwuh !? »

Avec un grand fracas et un fort tremblement de terre, le serpent et la tortue s’écrasèrent sur le sol. Vu leur taille, cela leur avait probablement fait très mal.

En canalisant les effets de mon sort [Glissade], j’avais ouvert ma poche de taille, j’en avais sorti une seule balle et lui avait appliqué de la magie.

« [Enchantement] : [Glissade]. »

Et ainsi, j’avais lancé un autre sort, donnant une certaine fonction à la balle.

« Début de la [Programmation]/Condition de départ : Les effets de [Glissade] disparaissent/Lancement du sort : [Glissade]/Condition de fin : Les effets du sort précédent sont annulés/Fin de la [Programmation] ».

Cela devrait le faire.

« Guh !! »

La tortue essayait de se lever, alors j’avais tiré la balle au sol juste en dessous.

« Gwaugh !? »

Elle était tombée une fois de plus, causant un autre tremblement de terre. Encore et encore, la tortue avait essayé de se lever, pour tomber de façon spectaculaire et faire trembler le sol.

« Tu... Tu es vraiment diabolique, le savais-tu ? »

Leen me fixa. Le dégoût dans ses yeux était palpable. J’avais vu Kohaku, roulant sur le sol et riant bruyamment juste à côté d’elle. Cette vue avait dû chatouiller les zygomatiques du tigre. Paula aussi roulait avec ses pattes sur le ventre. Mais combien de programmation cette chose avait-elle ? Deux cents ans de code avaient donné naissance à quelque chose de vraiment impressionnant.

« Une fois que les effets de [Glissade] se dissipent, une autre instance du sort prend sa place. Quand celui-là est fini, un autre est lancé et bien... c’est une boucle éternelle. Normalement, le lanceur de sorts manquerait de magie pour la maintenir plus que quelques secondes. »

J’allais devoir remercier Paula pour cette merveilleuse idée. J’avais été inspiré en la voyant se faire éternellement claquer par les vagues hier. Ma régénération magique étant supérieure au coût de maintien de la boucle, donc il n’y avait pas de problèmes à cet égard.

« Maintenant, je devais juste attendre jusqu’au coucher du soleil. Linze, tu as apporté un pique-nique, n’est-ce pas ? »

« Ah oui. J’en ai, mais... »

Linze, clairement incertaine sur la façon de traiter la situation, regarda le monarque noir. Hey, je ne violais aucune règle ou quoi que ce soit.

« Comment est-ce que je devrais dire ceci... je me sens plutôt mal pour eux... »

« J’ai vu Touya faire des choses comme ça trop de fois maintenant, et je ne pense pas qu’il soit utile de le dire, mais tu devrais être plus attentif à tes adversaires... Essayez de lire l’atmosphère, je veux dire. »

Wôw, mes méthodes étaient en train de nuire à ma réputation... J’avais senti que c’était honnête, réellement. Un combat était un combat, et s’il y avait un moyen sûr de gagner sans enfreindre les règles, il était logique de prendre cette option.

« Augh ! »

Un grand fracas retentit à nouveau. J’avais déballé mon panier-repas et j’apportais le sandwich spécial de Créa à mes lèvres. Bon sang, c’était un bon sandwich. Je ne pouvais pas vraiment me tromper avec du jambon et du fromage.

« Gyuh! »

Il y avait eu un autre fracas. La salade végétarienne était aussi plutôt bonne. Franchement, qu’est-ce qu’elle avait mis dans cette sauce ? C’était délicieux !

« Grruh !! »

Et un autre fracas.

« Hey les gars. Pourriez-vous arrêter ça ? J’essaye de manger là. »

« Tu es terrible ! »

Tout le monde dans le voisinage avait l’impression qu’ils devaient crier cela à l’unisson contre moi. Franchement, pourquoi ?

Notes

  • 1 Kaijū (怪獣, « bête étrange » ou « bête mystérieuse ») est un terme japonais pour désigner des créatures étranges, particulièrement des monstres géants des films japonais appelés kaijū eiga. La notion japonaise de monstre est différente de celle des occidentaux, un kaijū est plutôt vu comme une force de la nature devant laquelle l’homme est impuissant et non pas une force du mal

***

Partie 4

« Ne te fiche pas de moi, gamin impudent ! »

Le serpent noir rugit finalement quelque chose alors qu’il tombait pour la énième fois. Il parlait d’une manière complètement différente qu’avant. Si tu peux parler normalement, alors que se passait-il avec les maniérismes des drag-queens ? Pourquoi voudrais-tu avoir un peu de caractère !? Il avait libéré une boule d’eau à travers sa bouche ouverte. Cependant, comme le serpent l’avait tiré sur le sol, la boule était allée dans une direction complètement différente et avait heurté la barrière autour du cercle magique.

Huh, ça avait l’air dangereux. Ceux qui se trouvaient à l’extérieur du cercle étaient complètement en sécurité, mais il était clair que cela pourrait me blesser assez gravement si un coup me touchait.

La tortue avait vu une opportunité et, juste après une chute, avait ouvert sa grande bouche.

« Mange ça ! »

Il vomissait de l’eau sur moi, comprimé si fort qu’il me rappelait un laser. Cependant, tout comme la balle du serpent, elle avait tiré dans une zone au hasard.

Le sort ressemblait à celui de Linze, la [Lame Aquatique]. Je savais que l’on pouvait me blesser si ça tombait sur ça.

La [Glissade] avait fait tomber la victime même si elle ne bougeait pas d’un millimètre, ce qui signifiait que la toute première chute les ferait tomber encore et encore pour toujours. Viser et me frapper était difficile, mais pas complètement impossible.

« Je suppose que je n’ai pas le choix. Je vais te faire tomber encore plus. »

« Qu-Quoi !? »

Les deux bêtes qui composaient le Monarque Noir avaient crié à l’unisson. J’ouvrais ma poche, j’enlevais deux balles, les enchantais, puis les chargeais dans mon fusil. Cependant, au lieu du sol, ces deux-là étaient destinés au serpent et à la tortue.

« Nghuuaaooooh! »

« Ngyaaaaaaah! »

Les deux avaient commencé à glisser encore plus vite qu’avant, les débarrassant de toute opportunité d’attaques à distance. Ils tombaient tellement qu’il semblait qu’ils étaient à l’intérieur d’une machine à laver invisible.

« Qu’est-ce que tu leur as fait !? »

« Hm ? Je les ai simplement frappés avec un sort d’accélération. »

« Tu es méchant. »

Une fois de plus, tout le monde dans les environs avait ressenti le besoin de me le dire. C’était [Accélération], l’un de mes sorts Néant. Il était destiné à augmenter la vitesse de déplacement du lanceur, mais comme je venais de le démontrer, il n’était pas impossible de l’accorder à quelqu’un d’autre. Normalement, cela créait une barrière magique autour de la personne affectée, mais je m’assurais de l’empêcher de s’activer. Quoi ? Pourquoi tout le monde me regardait-il comme ça ? Même Kohaku avait cessé de rire. Au lieu de cela, le petit tigre restait là à moitié souriant avec maladresse.

Je pensais que j’en avais trop fait.

« Ohh... Ghohhhh... Ça tourne... L-Le monde tourne... »

« S-S’il-te-plaît... Pas plus... Je ne veux plus tomber... Je ne veux plus glisser... »

Ouais, j’en avais trop fait. Les yeux du serpent noir étaient roulés en arrière et sa tête traînait tout autour, tandis que la tortue ne cessait pas de pleurer. On dirait qu’il pondait des œufs ou quelque chose comme ça.

« Eh bien... Désolé pour ça. Je suppose que je suis allé trop loin. Franchement, je le regrette, je le promets. »

Je pouvais sentir les regards froids de tout le monde derrière moi, comme des poignards dans mon dos. Ils avaient accepté la défaite et avaient accepté de passer un contrat avec moi, alors j’avais dissipé la boucle [Glissade]. Cependant, les amener à se calmer avait pris un certain temps.

« Oh, c’était vraiment horrible... Je peux comprendre pourquoi le monarque blanc t’a accepté comme maître. »

Même maintenant, la tête du serpent flottait un peu. La tortue avait déjà cessé de pleurer et me regardait maintenant d’un air stoïque. Je lui avais tapoté la tête et je m’étais encore excusé. Il ferma les yeux et s’abaissa devant moi.

« Mochizuki Touya. Tu es digne d’être notre maître. Alors, s’il te plaît, forme un contrat avec nous. »

Avec ces mots, la tortue et le serpent inclinèrent leur tête vers moi.

« Euh... je dois te nommer, n’est-ce pas ? »

« Oui. S’il te plaît, donne-nous un nom de famille, mon chéri. »

Kohaku intervint soudainement sur le sujet.

« Simplement, “Serpent” et “Tortue” seraient plus que suffisants pour ces deux-là. »

« Ferme ton clapet, vaurien ! Veux-tu que l’on fasse une sorte de combat ? »

Les mots du tigre avaient fait jaillir ses crocs et cracher du venin verbal. Son vrai moi se manifestait à nouveau.

J’avais décidé de garder sous silence le fait que je voulais juste les nommer Serpent et Tortue. La réaction du serpent m’avait fait réaliser que ça aurait été une mauvaise idée. J’avais aussi supposé que « Snakey » et « Tortoisey » ne fonctionneraient pas non plus.

Tout comme le monarque blanc est Byakko [1], le monarque noir est clairement Genbu [2], la tortue noire ou la tortue qui représentait l’eau...

« Très bien, c’est décidé. Ce sera Kokuyou et Sango. »

« Kokuyou ? »

« Sango ? »

Quand j’avais vu ces deux-là, ce qui m’était venu à l’esprit était « noir » et « eau ». J’avais donc appelé le serpent Kokuyou, d’après l’obsidienne, et la tortue Sango, d’après le précieux corail. Cela correspondait aussi au thème de la pierre précieuse que j’avais donné à Kohaku. Après tout, le nom de ce tigre signifiait ambre.

« Les aimez-vous ? »

« Je prendrai volontiers le nom de Kokuyou. »

« C’est la même chose pour moi-même. Je vais maintenant répondre au nom Sango. Utilise-moi comme bon vous semble. »

J’étais content qu’ils soient d’accord. Avec leurs noms, les bêtes invoquées pouvaient maintenant quitter le cercle magique. Sango avait lentement rampé à travers la barrière.

« Hey, attends un moment, Monarque Noir... Non, Sango et Kokuyou. Nous pouvons rester dans ce monde à cause de la magie de notre maître. Cependant, vos formes actuelles lui causeraient des problèmes. Vous devriez changer en quelque chose de plus simple. »

« ... Vraiment ? »

« Ainsi, on devrait devenir petit, comme Kohaku, le monarque blanc, exact ? Quoi que tu veuilles, Maître ! Voilà ! »

Sango et Kokuyou avaient instantanément réduit leur taille. Il y avait même un effet sonore « pop ».

Ils étaient devenus respectivement une tortue terrestre à coquille noire d’une trentaine de centimètres de long entourée d’un serpent noir de taille normale. C’était un aspect... relativement normal, jusqu’à ce que vous remarquiez qu’ils flottaient dans l’air.

« Vous pouvez flotter ? »

« Seulement quand nous sommes aussi petits. Nous ne pouvons pas non plus bouger particulièrement vite. »

Sango commença à nager dans les airs. Certes, il n’était pas rapide dans tous les sens du terme. Il semblait avoir à peu près la même vitesse de marche qu’un humain standard. Mais franchement, voir une tortue nager dans l’air était un spectacle surréaliste...

Pourtant, avec cette taille, il n’y aurait aucun problème à les amener avec moi.

« Très bien, Sango et Kokuyou. Allons-y. »

Ils s’approchèrent de mon épaule et je leur tapotais la tête du bout des doigts.

« Moi, Sango, je ferai de mon mieux pour te soutenir. »

« Viens ici. Je vais beaucoup t’aider, maître. »

C’était bien, parce que j’avais justement du travail pour eux.

« Ainsi nous devons te permettre de respirer sous l’eau ? »

« Ouaip. Le peux-tu ? »

« Bien sûr. Personne ne peut se rapprocher de nous quand il s’agit de protection. »

La partie respiratoire était réglée, mais il y avait peut-être d’autres dangers. J’avais décidé que d’abord, je voudrais y aller seul et activer tous les sorts. Comme j’avais une affinité pour tous les éléments, ce n’était pas un problème pour moi. En utilisant le cercle magique et en voyant où cela menait, j’ouvrirais une [Porte] et laisserais tout le monde me rejoindre.

« Si quelque chose arrive, utilise une [Porte] pour revenir tout de suite, d’accord ? »

Alors qu’Elze et les autres exprimaient leur inquiétude, je leur tournai le dos et marchais dans l’eau avec Sango et Kokuyou toujours sur mon épaule. Whoa, mes pieds n’étaient pas mouillés. Il semblerait qu’il y avait une barrière magique à environ un centimètre de mon corps. Sango et Kokuyou m’impressionnaient déjà.

J’étais entré dans l’eau avec un splash. Assez rapidement, l’eau avait atteint mon cou, et un moment plus tard, j’étais complètement submergé.

Je ne m’étais retrouvé face à aucune difficulté. Je pouvais respirer sans problème. Même la pression de l’eau n’avait eu aucun effet sur moi.

« À quel point cette barrière est-elle forte ? »

« Eh bien... Quand il s’agit d’attaques physiques, ça pourrait même éloigner un dragon, mais quand la magie est impliquée, ça dépend entièrement de l’adversaire. »

Répondit Kokuyou avec un léger balancement de la tête.

« Nous pouvons être puissants, mais nous ne pouvons rien faire contre les attaques qui dépassent les limites de la barrière, ou des sorts qui dissipent complètement la barrière. »

Sango continua l’explication. Fondamentalement, peu importe à quel point c’était impressionnant, ce n’était pas la solution à tous les problèmes défensifs.

J’avais continué à marcher le long du fond marin. Il m’était venu à l’esprit que la barrière semblait également repousser les effets de la flottabilité. J’avais essayé de nager vers le haut pour tester ça, et j’avais fini par flotter un peu, donc je supposais que ce n’était pas complètement parti.

J’avais passé du temps à réfléchir sur la barrière jusqu’à ce que j’arrive finalement au cercle de pierre. J’étais passé devant, faisant mon chemin vers l’escalier au milieu des ruines. Avec une lumière magique à mes côtés, j’avais illuminé le long chemin.

Finalement, j’avais atteint la grande salle avec le cercle magique au centre. Il avait semblé que c’était la même chose que j’avais vu avec [Détection lointaine]. Il était entouré de six piédestaux de pierre magique.

Je m’approchai du piédestal en pierre rouge et remplis son joyau de magie du feu.

Quelques instants plus tard, le piédestal lui-même avait commencé à émettre une lumière rougeâtre. Il était sûr de supposer que je l’avais activé.

J’avais continué à faire de même avec tous les autres piédestaux. Après avoir rendu les cinq lumières vivantes, je me dirigeais vers la dernière pierre d’enchantement et la remplissait de magie de l’eau. Ensuite, l’intégralité du cercle magique avait commencé à briller.

« Bon, cela signifie que j’ai activé le cercle de téléportation. »

J’avais hésité à marcher dessus... Et rien ne s’était passé. Huh? Pourquoi ? Les six piédestaux brillaient et... oh...

Après tout, a-t-il aussi besoin de magie Néant ?

Ma [Porte] était après tout un sort Néant. Il était possible que le cercle de téléportation soit basé sur un principe similaire...

Je me tenais au centre du cercle magique et concentrais mon énergie Néant. Le cercle avait libéré un éclat de lumière qui était carrément explosif ! Je m’étais téléporté en un éclair.

J’avais fermé les yeux à cause de la lumière vive et soudaine. Après que je les avais lentement ouverts, j’avais réalisé que j’étais dans un jardin. Des fleurs y fleurissaient, des oiseaux chanteurs y chantaient, il y avait même un petit canal avec de l’eau qui coulait.

Tout comme dans les ruines sous-marines, il y avait un cercle magique sous mes pieds. Cependant, les six piédestaux étaient introuvables. Je supposais que c’était un voyage à sens unique.

« Maître... où sommes-nous ? »

« Aucune idée... »

J’étais sorti du cercle magique, j’avais regardé autour du jardin et j’avais remarqué quelque chose qui s’approchait de loin. Est-ce que c’était... une fille ? Bientôt, je pouvais la voir clairement. Mais, en fait, je n’avais pas d’autre choix que de regarder loin d’elle. Des cheveux soyeux, lisses, courts et de couleur jade-vert. Une peau de porcelaine et des yeux dorés. Un air épais de mystère flottait autour d’elle. Quand elle aura vieilli, elle sera aussi belle qu’Elze et les autres. C’était bien pour moi.

Elle portait une veste noire sans manches avec un grand ruban rose. Elle portait également des chaussettes blanches et des chaussures noires en émail. Cela aussi, c’était bien pour moi.

En effet, tout allait bien. Sauf qu’il y avait une chose qui ne l’était pas !

« C’est un plaisir de te rencontrer. Je suis Francesca, la gynoïde terminale chargée de gérer ce Jardin de Babylone. »

Terminal ? Ses mots me laissaient avec quelques questions, mais la plus grande question était liée à ce que je regardais !

« Euh, eh bien... »

« Oui ? Qu’est-ce que c’est ? »

« Pourquoi... ne portes-tu rien... à cet endroit ? » Je savais que c’était mal de regarder, mais je ne pouvais m’empêcher de jeter un coup d’œil occasionnel sur le bas de son corps, où je ne pouvais voir ni jupe ni pantalon.

Tout ce qu’elle portait était un petit morceau de tissu blanc. Sa culotte était complètement exposée.

Pourquoi ? Ou suis-je au juste !? Que se passe-t-il ici... !? Cependant, j’avais un petit peu aimé ça.

Notes

  • 1 Le tigre blanc de l’ouest est l’un des quatre animaux totem des orients et du zodiaque chinois. Il est associé à l’Ouest et au métal Le nom de ce tigre est généralement traduit en japonais par Byakko (白虎?, « tigre blanc »).
  • 2 La Tortue noire du nord ou Guerrier noir est l’un des quatre animaux totem des orients et du zodiaque chinois. Il est associé à Nord et à l’eau. Son nom chinois est composé de xuán, « obscur », et de wǔ, « guerrier », sa carapace évoquant une armure. Également appelée « tortue-serpent », elle est en général représentée comme une tortue autour de laquelle s’enroule un serpent

***

Partie 5

« Je ne sais pas comment répondre à ta question. Je crois que tu pourrais l’appeler un... devoir ? »

La fille qui s’était présentée comme Francesca pencha la tête d’une manière mignonne.

Attends un peu ! Veut-elle dire que porter des jupes ou des pantalons n’est pas autorisé ? Qui est le manager ici ? J’aurais quelques compliments à lui donner !

Attends, calme-toi... Cette situation est dangereuse pour ma santé mentale.

Je devais faire quelque chose à ce sujet.

« Euh... Francesca, c’est ça ? »

« C’est correct. Cependant, vous devriez m’appeler Cesca. »

Fran ne serait-il pas le surnom le plus logique ici ? Ah, peu importe.

« Peux-tu mettre quelque chose ? Je... j’ai du mal à décider où regarder. »

« Mais je porte des sous-vêtements, non ? »

C’était vrai, mais ce n’était pas ce qui compte ici ! Guh... Reste calme et reste concentré, Touya. Penses-y simplement comme si c’était un maillot de bain. C’était un maillot de bain, rien de plus, et...

Je ne pouvais pas m’empêcher d’y jeter un coup d’œil. Nan ! C’était une culotte, bon sang ! Aucun doute là dessus !

« Tu viens d’y jeter un coup d’œil, n’est-ce pas ? »

« Je suis désolé ! »

Ah merde, elle m’a vu !

« Eh bien, si tu insistes, je vais aller de l’avant et mettre quelque chose. »

Cesca avait pris une jupe noire ornée de fioritures blanches de nulle part et avait commencé à la mettre. Pourquoi n’avais-tu pas porté ça depuis le début !?

« ... Es-tu sûr de ne pas vouloir me faire quelque chose ? »

« Je suis sûr. Mets vite cela. »

« Je ne protesterai pas si tu me caresses même un peu. »

« Assez ! Dépêche-toi de la mettre ! »

Je voulais pleurer. J’avais juste besoin qu’elle mette sa jupe pour que nous puissions avoir une conversation correcte, mais la situation était épuisante mentalement.

« Donc, j’ai plusieurs questions. Peux-tu y répondre ? »

« Oui. Je pourrais certainement. »

« Quel est cet endroit ? »

« C’est le jardin suspendu de Babylone, haut dans le ciel. Certains appellent cet endroit Nirai Kanai. »

Un jardin dans le ciel ? Le ciel ? J’avais regardé autour de moi et c’était vraiment un jardin, mais il ne semblait pas différent de nos standards botaniques. Je pouvais voir le ciel à travers un dôme de verre au-dessus de nous. Cesca m’avait conduit au bord, où il y avait un mur de verre qui nous séparait de l’extérieur.

Au-delà, je pouvais voir une mer de nuages. Il n’y avait aucun doute à ce sujet. L’endroit flottait réellement dans le ciel. Il méritait bien son nom, un jardin suspendu.

« Quel est le but de cet endroit ? Pourquoi cela a-t-il été fait ? »

« La construction de ce jardin suspendu était le passe-temps du docteur Babylone. »

« Docteur Babylone... ? »

« Le Docteur Regina Babylone. Notre créateur. »

Créateur ? Quelle chose étrange à dire ! Elle parlait comme si elle était un robot et... attends.

« Mon Seigneur. Ce n’est pas une humaine. Je ne peux pas sentir le flux de ses organes vitaux. »

« Quoi — !? »

Sango m’avait dit exactement ce que j’avais en tête. Mon interprétation et mon manque de compréhension de la situation s’étaient tous deux brisés l’un sur l’autre en même temps.

« Dr Babylone m’a créé pour être le terminal de gestion de ce jardin. C’était il y avait cinq mille quatre-vingt-douze ans. »

« Cinq... Hein ? »

Leen m’avait dit qu’elle avait six cent douze ans, et j’étais supposé croire que cette fille avait presque quatre mille cinq cents ans de plus qu’elle ! Attends, je supposais que l’appeler une fille n’allait pas, n’est-ce pas ? Si elle avait été créée, alors c’était un robot... ? Attends, était-elle un androïde ? Ou bien alors une gynoïde [1] ? Je pensais qu’elle avait dit quelque chose comme ça...

« Alors, Cesca. Es-tu une machine ? »

« Pas entièrement, non. J’ai des pièces organiques fabriquées par magie et un réacteur magique, donc je suis plus une forme de vie magique mécanique combinée. »

Je supposais que ça la rapprochait plus d’un golem ou d’un homoncule [2], alors... Mais franchement, elle était tellement réaliste. Une fille normale de haut en bas...

« ... Je suis incapable d’être fécondée, mais je suis bien équipée pour participer à une relation intime, si tu le désires. »

« Je n’avais pas besoin de savoir ça ! H-Hey ! Arrête d’élever ta jupe ! »

Est-ce qu’elle n’était pas programmée pour avoir honte ? Le Dr Babylone était-il un idiot ?

« Ne t’inquiètes pas, mes pièces sont fraîches, propres, et comme neuves. »

« Je n’avais pas besoin de savoir ça non plus ! »

Cesca lâcha sa jupe, un air de déception troublant son visage. Ses manières m’avaient donné une bonne vision de l’esprit du créateur. Il était clair pour moi que Dr Babylone n’allait pas bien dans sa tête.

« Cette fille est aussi difficile à supporter. »

Kokuyou regarda Cesca, sa tête se balançant d’un côté à l’autre. Je ne pourrais pas être plus d’accords.

« À part ça... Je suis impressionné que cet endroit soit actif depuis cinq mille ans. Y a-t-il une raison pour laquelle toi ou le jardin ne s’est pas décomposé ou ne s’est pas effondré ? »

« Le jardin suspendu dans son intégralité est renforcé par la magie. Bien que cinq mille ans puissent te sembler beaucoup, j’étais en mode veille pendant la plus grande partie, en attente d’une urgence. Le jardin suspendu est en grande partie automatisé pendant que je dormais. »

... Attends une seconde. Si elle était active en ce moment, cela ne signifiait-il pas que cet endroit était en état d’urgence ? Je l’avais demandé à la fille robot, et elle avait donné un petit signe de tête.

« En urgence, effectivement. Nous n’avions pas de meilleur mot pour le décrire. Après tout, tu es notre premier invité. Puis-je te demander quel est ton nom ? »

« Ah, je suis Touya. Mochizuki Touya. »

« Très bien, administrateur Touya. Tu as été reconnu comme compatible. Moi, le gynoïde Numéro Vingt-Trois, nom de code Francesca — a été assignée pour te servir. Jusqu’à ce que la mort nous sépare. »

« Excuse-moi ? »

Compatible ? Non, attends... assignée ? Cesca désigna le cercle magique par lequel je m’étais téléporté ici et commença à m’expliquer.

« Aucune personne normale ne peut activer ce cercle magique. Il est fait pour être incapable d’accepter la magie de plusieurs personnes. Cela signifie qu’il ne peut être activé que par ceux qui ont une affinité pour tous les types de magie... Tout comme le Docteur Babylone. »

Donc, la femme qui avait fait Cesca était comme moi à cet égard, hein ? Waouh, alors quelqu’un d’autre comme ça existait réellement dans ce monde... Eh bien, c’était il y avait environ cinq mille ans, mais quand même. Donc, cet endroit ne pouvait être consulté que par des personnes ayant le même potentiel que l’ancien docteur.

« Dr Babylone a décidé de nous confier à une personne compatible qui pourrait passer le cercle de téléportation. C’était il y avait quatre mille neuf cent sept ans. »

« Donc, quand tu dis “compatible”, tu veux dire des gens qui ont une affinité pour tous les types de magie ? »

« Non. Ce n’est pas le cas. »

« Attends, avais-je tort !? »

Elle avait immédiatement refusé ma supposition. Si ce n’était pas la condition, alors qu’est-ce que... ?

« Administrateur Touya, tu as été reconnu comme compatible parce que tu m’as dit de cacher mes sous-vêtements exposés lors de notre première rencontre. »

« Tu ne peux pas être sérieuse ! Comment cela mesure-t-il la compatibilité !? Cela n’a même pas de sens ! »

« Oh, mais c’est très important. Si tu avais laissé tes instincts te dominer et que tu avais essayé de te frayer un chemin, je t’aurais laissé tomber à la surface en un instant. Si tu avais choisi d’ignorer ma tenue et de me laisser rester comme ça, tu aurais été jugé incompatible et je t’aurais poliment demandé de revenir à la surface. »

Pour de vrai... ? Sa culotte exposée était-elle si importante ? Je ne pouvais pas m’empêcher de douter de ses mots.

« Dr Babylone a décidé de cette méthode pour évaluer si une personne est assez prévenante et aimable pour être digne de moi et des jardins suspendus de Babylone. »

« Je vois... Alors le Dr Babylone était une sorte de monstre. »

« Je ne suis pas en désaccord, Administrateur. »

Sérieusement ? Le doc était vraiment une sorte de monstre absolu. Je ne pourrais pas le souligner assez.

« Bien, maintenant que cette blague est réglée, je dois révéler que c’était en fait laissé à notre discrétion individuelle. Personnellement, au lieu d’un faux monsieur qui est excessivement gentil et clairement habitué aux femmes, je préfère me contenter d’un “dégénéré secret” qui jette un coup d’œil à mes sous-vêtements, mais se contrôle et prétend qu’il s’en fout. »

Attends, était-ce comme ça qu’elle avait décidé !? J’étais confus ! Et qu’est-ce qu’elle voulait dire par « dégénéré secret » !? C’était super impoli ! Le mot « contenté » ne me convenait pas non plus.

« En tout cas, je suis ta propriété à partir de maintenant. J’espère que nous nous entendrons bien, Maître. »

« Hhaahhh... »

Un sentiment d’effondrement était venu sur moi. Je m’étais mis dans quelque chose de gênant. Je pourrais facilement imaginer le sourire tordu sur le visage du Dr Babylone.

Je m’étais dit qu’il était temps de convoquer les autres. Après tout, nous avions tous beaucoup de choses à dire. J’avais expliqué la situation à Cesca et j’avais ouvert une [Porte] à la surface.

« C’est un jardin... ? Cela pourrait être une relique laissée par la civilisation antique de Partheno. »

Leen regardait autour d’elle, clairement dépassée par ce qu’elle voyait.

L’ancienne civilisation de Partheno. C’était une culture très avancée responsable de la création de divers sorts et instruments magiques, plus précisément des artefacts.

Ce jardin suspendu de Babylone était une relique laissée par cette civilisation, et il était juste de l’appeler un artefact en soi. Selon cette logique, Cesca pourrait aussi être considérée comme un artefact.

Tout le monde se promenait et explorait l’endroit. Cesca nous avait dit que ce jardin suspendu était de la taille de quatre dômes Partheno. Cela ne signifiait rien pour moi, car je n’avais aucune idée de ce qu’était un dôme Partheno. Cependant, je n’avais aucun doute sur le fait que c’était très grand.

Il y avait des endroits comme des jardins botaniques, des fontaines, des jalons, des parterres de fleurs, des étangs — n’importe qui, ceux qui faisaient occasionnellement du jardinage, deviendrait fou de l’endroit.

En admirant la flore, je pouvais facilement dire ce qui se passait dans tous les esprits. Julio aimerait voir ça.

Leen, Cesca et moi nous nous reposions dans l’un des coins du jardin, près de la piscine, sous un kiosque.

« Alors, tu as ce que tu voulais trouver, Leen ? »

« Je suis vraiment incertaine. J’espérais seulement découvrir de la magie ancienne, mais nous avons trouvé quelque chose de bien plus grand. »

Elle n’avait pas tort. L’ensemble de ce jardin suspendu était un rassemblement géant de magie ancienne. Il y avait un jardin qui n’aurait jamais dû survivre cinq mille ans, mais d’une manière surprenante il avait réussi. Puis il y avait des fleurs qui ne se flétrissaient jamais, une barrière qui rendait l’ensemble invisible pour les étrangers, et ainsi de suite... Il nous était impossible de deviner quel genre de mystérieuse magie antique travaillait sur ce paradis flottant.

Regina Babylone, la créatrice de cet endroit, était une génie, sans aucun doute. Cependant, il était difficile d’ignorer le fait que le bon docteur soit le genre de personne à forcer les gynoïdes à se promener avec des sous-vêtements exposés.

« Cesca, y a-t-il autre chose à côté de ce jardin ? »

« Non. Rien. Contrairement aux autres, cette installation de Babylone est simplement un magnifique jardin personnel flottant dans le ciel. Il n’a pas de trésors à mentionner et aucune arme à proprement parler. Ce n’est rien de plus qu’un merveilleux jardin. »

« Franchement, cet endroit est un trésor en soi. »

« C’est très gentil de ta part. Cependant, es-tu conscient que ce Jardin Suspendu de Babylone est déjà à toi, n’est-ce pas, Maître ? »

Que disait-elle maintenant ?

« Celle qui contrôle et gère cet endroit est moi-même, pas vrai ? Et je suis ta propriété maintenant, Maître. Cela signifie que ma propriété est par procuration la tienne, compris ? »

« ... Es-tu sérieuse ? »

« Oui, je suis très sérieuse. Tu peux considérer cela comme ma dot. »

C’était une grosse dot, à ça... Attends, quoi ? Je n’avais pas l’intention de l’épouser ! J’en ai assez déjà assez à gérer avec une seule fiancée.

« Hey, Cesca. Tu as maintenant piqué ma curiosité. Tu as dit que contrairement aux autres, cet endroit n’est qu’un jardin personnel. Qu’entends-tu par là ? »

Leen regarda Cesca avec des yeux vifs et perspicaces.

En y repensant, Cesca ne parlait pas non plus de gynoïde au singulier... Son phrasé suggérait qu’il n’y a pas qu’elle.

« Babylone est divisée en plusieurs sections flottantes. Outre ce jardin suspendu, il y a aussi le laboratoire, le hangar, la bibliothèque, entre autres, tous gérés par mes sœurs. Babylone deviendra complète quand toutes sont réunies. »

Qu’est-ce que... ?

Notes

  • 1 Le mot « gynoïde » signifie littéralement « qui a la forme d’une femme ». Le mot est construit en miroir avec « androïde », qui signifie au sens propre « qui a l’apparence d’un homme », « homme » étant à prendre ici au sens de « humain mâle ».
  • 2 Un homoncule (variantes : homoncule, homoncule, du latin homonculus, « petit homme ») est une version miniature, souvent caricaturale, d’un être humain que certains alchimistes cherchaient, prétendument, à créer.

***

Partie 6

« Donc, tu dis que l’île flottante de Babylone a été créée par ton créateur, le Dr Regina Babylon, et qu’il y a cinq mille ans, elle s’est alors séparée et ses parties flottent maintenant partout dans le monde. Exact ? »

« En effet. »

Leen avait confirmé les faits avec Cesca. L’échelle de tout cela était un peu trop grande pour que je puisse le concevoir dans ma tête.

Tous ceux qui étaient dans le jardin s’étaient rassemblés dans le kiosque et avaient écouté attentivement ce que Cesca avait à dire.

« Si quelque chose comme ça flottait dans le ciel, quelqu’un ne l’aurait-il pas remarqué et n’aurait-il pas fait déjà beaucoup de bruit ? »

Elze avait soulevé un bon argument.

« Babylone est protégée par une barrière magique qui empêche les étrangers de la voir. Pour cette raison, il est presque impossible de le voir depuis la surface. »

Cela semblait à peu près juste... Le Dr Babylone, cette géniale perverse des jours perdus depuis longtemps, devait avoir utilisé une sorte de magie ancienne pour donner à Babylone cette parfaite fonction furtive. Et la seule façon de la découvrir était de passer par le cercle de téléportation. Un cercle qui ne fonctionnait que pour ceux qui avaient une affinité pour la magie, tout comme sa créatrice.

« Alors, combien y a-t-il d’îles flottantes ? »

« Outre mon jardin, il y a la bibliothèque, le laboratoire, le hangar, la tour, le rempart, l’atelier, le laboratoire d’alchimie et l’entrepôt. Neuf au total. Mais je ne sais pas si tous sont actifs. »

Neuf îles seulement !? Attends, étant donné qu’elles étaient partout dans le monde, ce nombre pourrait effectivement être petit. De plus, j’étais sûr que je me souvenais avoir entendu dire que le jardin était la plus grande des îles individuelles. Dr Babylon était tout simplement incroyable... malgré sa nature perverse.

« Je suis très intéressé par cette bibliothèque que tu as mentionnée. Cela semble être quelque chose de rempli de connaissances sur les cultures anciennes. »

Leen, assise à mes côtés, adopta un sourire audacieux, mais je n’étais pas sûr de pouvoir m’identifier à elle à cet égard.

La bibliothèque appartenait à ce Dr Babylone. Je n’aurais pas été surpris si c’était une collection porno gigantesque. C’était trop suspect.

En vérité, je pensais à des choses similaires à propos de l’entrepôt. Je ne voulais vraiment pas y aller pour y trouver un tas d’objets érotiques.

« E-Est-il possible de contacter les autres îles flottantes ? »

Linze avait posé une question, la peur et l’appréhension étaient présentes dans ses mots.

Mieux valait travailler sur cette confiance, ma fille. Tu n’es toujours pas bonne pour interagir avec de nouvelles personnes. Eh bien, je supposais que dire que Cesca était une personne ne comptait pas vraiment...

De toute façon, Linze marquait un point. Si les autres endroits étaient contrôlés et gérés par d’autres comme Cesca, alors le moyen le plus efficace de compléter Babylone était d’entrer en contact avec eux.

« Malheureusement, les liens entre moi et mes sœurs sont maintenant inactifs. Notre barrière est fixée au plus haut niveau, empêchant toute tentative de communication magique. À moins que Maître ne l’ordonne, le niveau de défense ne peut pas être abaissé. »

« Qu’est-ce que le mot “lien” signifie... ? Et également, qu’entends-tu exactement par “Maître”  ? »

Yumina pencha la tête sur le côté. Elle n’était pas familière avec le mot « lien » ? Je devine que Belfast n’avait pas suffisamment progressé dans les domaines scientifiques pour leur faire connaître ses termes techniques.

« Un “lien” est essentiellement une connexion entre plusieurs choses. Et quand je dis Maître, je veux dire “mon cher mari bien-aimé”, bien sûr. »

« Ne lui dis pas des mensonges comme ça. Yumina, dans ce cas, le Maître est plus sur en rapport avec “patron” ou “supérieur”. »

Est-ce qu’elle assimilait réellement le maître à son mari ? Comme c’était égoïste. En dépit d’être une fille artificielle — même partielle —, elle était un peu trop blagueuse. Je savais déjà, sans l’ombre d’un doute, que c’était aussi la faute de Dr Regina Babylon. Je n’y avais pas vraiment pensé avant, mais Regina était le nom d’une fille, n’est-ce pas ? Eh bien, elle n’était certainement pas le genre de femme que j’aimerais avoir...

« Et pourquoi es-tu exactement la supérieure de cette fille, Hm ? »

Linze fronça les sourcils et me pressa pour une explication. Attends, pourquoi étais-je interrogé ?

« Mon cher administrateur a regardé mes sous-vêtements, alors j’ai décidé de lui consacrer entièrement mon cœur et mon corps. C’est pourquoi il est mon maître, l’administrateur de mon cœur. »

« Hey ! Tu as omis plusieurs détails clés tout à l’heure ! »

L’atmosphère autour de nous avait changé presque immédiatement. Tout le monde à proximité, à l’exception de Leen, Kohaku, Sango et Kokuyou, me regardait avec des yeux glaciaux.

Lentement, Linze croisa les bras et se plaça devant moi. Elle ne m’avait pas laissé me lever de mon siège. Ses yeux émettaient une lumière aussi froide que de la glace. Q-Qui était cette fille ? Qu’était-il arrivé à l’habituel calme et docile Linze ?

« ... Touya. »

« O-Oui ? »

« À terre, maintenant. »

Linze était folle au-delà des mots. Sa voix avait soudainement pris un poids immense, probablement parce qu’elle était toujours si calme et tranquille la plupart du temps. Je m’étais levé de ma chaise et je m’étais assis par terre. Je ne voulais pas risquer de la rendre plus fâchée.

« Tu nous as déjà toutes vues en sous-vêtements, et pourtant tu l’as encore fait avec une autre fille ? Est-ce que les culottes d’une fille ont vraiment autant de valeur pour toi !? »

« C’était juste un accident à l’époque. Je suis juste arrivé en marchant et j’ai tout vu, et... »

« Alors tu l’as fait exprès cette fois, hein ? »

Hey, il n’y avait tout simplement aucun moyen de me défendre contre cette dénonciation ! C’était elle qui les mettait en évidence ! Pourquoi étais-je celui qui avait des ennuis !?

« Donc tu n’étais pas content de nous voir dans nos maillots de bain ? Je sais que tu nous regardais beaucoup. »

« Eh bien... C’était, euh... »

« J’ai fait de mon mieux pour choisir un bikini qui allait bien avec celui de ma sœur, et ce n’était pas suffisant ? Tu es du genre à voir une différence entre les maillots de bain et les sous-vêtements, n’est-ce pas ? »

El-Elle fait vraiment peur ! Linze ne regardait rien en particulier, marmonnant quelque chose rapidement pour elle-même. Même les autres filles étaient un peu confuses. Leen s’échappa, alors qu’un sourire malicieux se répandait sur son visage.

« Hé, je vais aussi te montrer ma culotte ? Cela semble être la chose à la mode de nos jours. »

« Désolé, mais pourrais-tu te taire s’il te plaît ? »

Le sourire de Leen ne fit que grandir. Elle appréciait clairement la scène qui se déroulait. Non, mais sérieusement... pourquoi étais-je choisi ? Je n’avais rien fait de mal !

« On dirait que tu ne sais pas pourquoi elles sont en colère contre toi. »

Leen m’avait vraiment épaté. C’était comme si elle avait lu dans mes pensées. Est-elle une esper [1] !? A-t-elle un sort Néant pour ça !? Ce serait bien de le savoir maintenant ! Donne-le-moi !

« Laisse tomber ça. Si tu veux le pousser plus loin, tu devrais clarifier ta relation avec lui. Dans tous les cas, tu devrais être au même niveau que la princesse Yumina. »

« ... Oui, d’accord. »

Les mots de Leen firent hocher la tête de Linze.

Je ne comprenais pas. Elles m’avaient complètement fait perdre le fil de la conversation. Je levais les yeux pour voir Elze qui avait un sourire ironique sur son visage. Elle tapotait doucement Linze sur l’épaule. Je ne comprenais pas, mais... était-ce fini, non ?

« Seul le maître, Touya, peut donner l’ordre qui abaissera le niveau de la barrière. À un niveau inférieur, la communication devrait être possible. Cependant, ses pouvoirs administratifs ne s’étendent pas au-delà de ce jardin. À moins que quelque chose ne pousse les autres installations à abaisser leurs propres barrières, nous serons incapables d’entrer en contact, n’est-ce pas ? »

« Exactement. »

Leen et Cesca nous avaient ramenés à l’objet du problème.

J’avais utilisé la carte de mon smartphone pour rechercher « Babylone », mais je n’avais pas eu une seule marque. Même le jardin sur lequel nous étions debout n’était pas marqué. J’avais pris cela pour signifier que les barrières empêchaient ma magie [Recherche].

« Tu flottais depuis si longtemps. N’aurais-tu pas dû rencontrer l’un des autres morceaux au moins une fois. »

« Seulement deux fois. Une fois, il y a trois mille vingt-huit ans, et il y a neuf cent quatre-vingt-cinq ans. La première fois, c’était la bibliothèque, tandis que la deuxième rencontre était avec le stock. »

Bonne supposition, Yumina. Mais même ainsi, beaucoup d’années séparaient les rencontres. Ce n’était pas comme si nous pouvions rester là à attendre que ça se reproduise...

« Donc, pour trouver les autres pièces de Babylone, nous n’avons alors pas d’autre choix que de chercher les cercles de téléportation. »

Leen poussa un long soupir. Attends, nous allons réellement le faire ? Je ne pouvais pas m’empêcher de me sentir un peu réticent...

« Est-ce que tu sais où sont les autres cercles de téléportation ? »

« Négatif. Je ne connais même pas l’emplacement de celui qui t’a amené ici. D’ailleurs, où est le cercle de téléportation du jardin ? »

« Sous la mer, juste au large des côtes du sud d’Eashen. »

« Eashen... ? Aucun emplacement n’existe dans ma base de données. »

Ça avait du sens. Eashen n’existait probablement pas il y avait environ cinq mille ans. Quoi qu’il en soit, il était troublant que Cesca ne connaisse pas l’emplacement des autres cercles de téléportation. Cela rendrait les choses considérablement difficiles. Mince, le premier cercle de téléportation était profondément sous l’eau. Ce ne serait pas inhabituel si les autres n’avaient pas survécu aux cinq mille ans pour lesquels ils avaient dû être présents. Cela étant dit, les trouver ne serait pas une tâche impossible s’ils étaient tous logés dans des ruines comme le premier.

« De toute façon, pourquoi Babylone s’est-elle séparée ? L’étaler partout dans le monde comme ça fait que le réunir semble presque impossible... »

« Je ne suis pas au courant des raisons pour lesquelles le Dr Babylone a séparé les installations. Après tout, je ne l’ai jamais demandé. »

Je me demandais si elle avait une raison particulière de le faire. Après tout, cela aurait tout aussi bien pu être quelque chose comme une blague.

Bon sang, ma foi dans le Dr Babylone diminuait à mesure que je pensais à elle. Il n’était probablement pas agréable de supposer qu’une personne disparue depuis longtemps était une sorte de pervers...

« Alors, Touya. Qu’est-ce que tu vas faire d’elle ? »

« Je ne sais pas quoi répondre à ça... »

La question d’Elze me fit réfléchir. Elle était seule depuis cinq mille ans. Cela lui donnait l’aspect d’un personnage assez tragique, mais...

« Qu’est-ce que tu veux faire, Cesca ? »

« Eh bien, je veux être avec toi, cher maître. De l’aube au crépuscule. De la salle de bain à la chambre. »

Ces mots m’avaient mis mal à l’aise. J’étais tenté de partir et de prétendre qu’aucun des événements de ce jour n’était arrivé. Oh merde, Linze marmonnait encore quelque chose !

« Eh bien... est-ce que ça te convient vraiment d’être séparé de ce jardin ? Il ne peut pas se maintenir sans ta gestion, n’est-ce pas ? »

« Pas besoin de s’inquiéter à ce sujet. Je sais instantanément si quelque chose arrive au jardin, et j’ai la possibilité de me téléporter ici à volonté. Le jardin se maintient très bien en mode auto, donc il n’y a pas de problèmes à cet égard. »

Bon sang. Mon chemin d’évasion était bel et bien fermé. Il semblerait maintenant que je n’avais pas d’autre choix que de l’emmener.

« Dans cet esprit, je souhaite t’enregistrer comme le maître du jardin. Je suis déjà à toi, mais je dois également rendre ta propriété du jardin officiellement. »

« Enregistrement ? Qu’est-ce que je dois faire ? »

« Excuse-moi un instant. »

Cesca s’approcha de moi avant que je puisse sortir de ma chaise. Elle posa ses mains sur mes joues et, comme si ce n’était pas grave, elle poussa ses lèvres contre les miennes.

« MmMpPh !? »

« AAAAAAHHH !! »

Quatre cris retentirent autour de moi. Cependant, Cesca les avait ignorés et avait continué à forcer sa langue dans ma bouche. Qui ? Elle... Hein ? Quoi ? Qu’est-ce qu’elle était — explique-toi !? Finalement, elle avait libéré mes lèvres de ses lèvres fermées, ce qui m’avait donné un moment pour traiter le fait qu’elle m’avait embrassé.

« Qu-Quoi ? »

Un bruit étrange s’était échappé de ma bouche. Mais comment pouvais-je réagir ? Elle avait nonchalamment emporté mon premier baiser. Elle me l’avait volé, en fait.

La voleuse en question lécha ses lèvres comme pour les goûter et ferma les yeux.

« Inscription complète. J’ai consommé et enregistré les informations génétiques de mon maître. La propriété du jardin sera maintenant transférée à Mochizuki Touya. »

« Hé, qu’est-ce que tu penses avoir fait !? »

Yumina se rapprocha de Cesca. Avec ses petites mains levées haut, elle rendait sa colère extrêmement claire.

« Q-Quelle personne est-elle censée e-e-e-embrasser quelqu’un comme ça !? Même moi, je n’ai pas encore eu le mien ! Je n’ai pas encore reçu le mien, tu sais ? »

A-t-elle simplement dit deux fois la même chose ? Son visage était rouge comme une betterave, et je ne pouvais même pas dire si elle était folle ou énervée. Quoi qu’il en soit, pour une raison inconnue, je l’avais trouvée plutôt adorable.

« Je crois que c’est le moyen le plus efficace de récupérer des informations génétiques. Je ne peux pas supporter en moi les enfants, mais la méthode de récupération alternative aurait tout de même pris plus de temps. »

« En-Enfants !? »

Le visage de Yumina devint encore plus rouge. Je ne savais pas si c’était juste mon imagination, mais j’avais juré que je pouvais voir de la vapeur sortir de sa tête. Soudainement, quelqu’un s’était tenu devant moi, bloquant ma vision de la scène. Je levais les yeux pour voir Linze, me jetant un regard sévère. Ses mains étaient sur ses hanches.

Oh, les choses se présentaient plutôt mal pour moi. Après tout, j’avais des sens améliorés qui m’informaient d’un danger sérieux. Je m’étais résigné à la peur et j’avais fermé les yeux.

« Touya... »

« O-Oui !? »

« Je t’aime. »

J’étais désolé, quoi ? Ses mots si soudains me firent écarquiller les yeux, et quand je levais à nouveau les yeux sur elle, je vis que le visage de Linze était aussi rouge que celui de Yumina.

Elle ferma rapidement les yeux, rassembla sa détermination et pressa précipitamment ses lèvres contre les miennes.

C’était un baiser, sans aucun doute, mais contrairement à celui de Cesca, il était maladroit et énergique.

« Hgmgh!? »

« AAAAAHHHH !! »

Trois cris retentirent dans les jardins suspendus de Babylone.

Notes

  • 1 Un humain avec certains types de pouvoirs surnaturels, le plus souvent un ou plusieurs des éléments suivants :
    – 1. Perception Extra Sensorielle (esp)
    – 2. Pouvoir sur les quatre éléments (Feu, Terre, Eau, Air)
    – 3. Voyage dans le temps
    – 4. Pouvoir de manipuler l’espace et la matière

***

Partie 7

Quelque temps s’était écoulé depuis la confession de Linze. Nous étions tous troublés au-delà des mots, alors nous avions pris Cesca avec nous et étions rentrés chez nous.

J’avais rapidement demandé à Laim de s’occuper de Cesca. Puis j’étais retourné précipitamment dans ma chambre, j’avais mis mes mains sur ma tête et je me laissais tomber sur mon lit. J’étais dans un état de panique totale.

Dans quel genre de situation suis-je entré ? Linze est-elle amoureuse de moi ? « Amour », comme dans... ce genre d’amour ? Oh franchement... Peut-être que je ne devrais pas trop y penser. Linze est mignonne, il n’y a aucun doute à ce sujet. C’est une fille gracieuse et calme, toujours en train de penser aux autres. Un peu timide, bien sûr, mais elle le compense largement par le fait qu’elle travaille dur. Elle est vraiment le genre de fille pour laquelle beaucoup de gens seraient fiers de l’appeler leur petite amie... Mais je suis toujours fiancé à Yumina. Yumina est aussi une fille adorable, et je ne peux m’empêcher d’admirer le sang-froid et la fiabilité qu’elle a à un si jeune âge. Là encore, je trouve cela plutôt attachant quand elle agit aussi selon son âge. Étais-je juste ému par le décalage entre sa personnalité normale et ses actions juvéniles ? Hm ? Attends, est-ce vraiment un écart si ses actions correspondent à son âge ? Oh franchement, comment est-ce que je dois gérer ça... ?

J’avais enfoui mon visage dans mon oreiller et j’avais soupiré quand j’avais soudainement entendu quelqu’un frapper à ma porte.

« Touya, c’est moi, Yumina... »

« H-Huh? »

J’avais ouvert ma porte pour voir Yumina, debout, là dans ses vêtements décontractés.

C’était super bizarre... Mais pourquoi ? Je n’avais rien fait de mal. Était-ce ainsi que les maris se sentaient quand leurs femmes découvraient qu’ils les trompaient ? Attends, nous n’étions même pas encore mariés, alors ce n’était clairement pas de la tromperie ou quoi que ce soit du genre ! Yumina était après ça entrée dans la pièce et puis elle s’était assise sur le canapé au milieu. Je m’étais assis nonchalamment devant elle, mais je ne pouvais pas la regarder dans les yeux. Je ne savais pas si ce que je ressentais était de la culpabilité.

Conteeempler...

Conteeeempler...

Conteeeeempler...

Conteeeeeempler...

Guh... Elle me faisait ce vieux regard hétérochromique. Pourquoi l’atmosphère était-elle si lourde ?

« Touya. »

« O-Oui ? »

« Je suis vraiment en colère, tu sais ? »

Comment étais-je censé réagir à ça... ? Il se trouvait que nous étions fiancés, alors il devrait être évident que tu n’aimerais pas voir une autre fille me déclarer son amour.

Je trouvais sa manière de froncer les sourcils et de bouder un peu adorable, mais cela ne faisait absolument rien pour enlever le poids de la situation.

« Même si je n’ai pas encore eu un baiser, et maintenant deux filles ont eu le leur avant moi !? »

« Attends, est-ce ça le problème ? »

Eh bien, c’était très bien, mais ce n’était pas moi qui les avais embrassés ! Elles m’avaient embrassé ! Je m’en foutais si cela ressemblait à une excuse bon marché, je voulais juste qu’elle comprenne déjà cela !

« Tu n’es pas fâché que Linze me confesse son amour ? »

« Pourquoi le serais-je ? Quiconque a des yeux ouverts pouvait voir que Linze t’aime, Touya. »

Eh bien, merde. Je viens d’apprendre que mes yeux étaient en panne. Je m’étais senti un peu déçu de moi-même.

« C’est une opportunité, alors laisse-moi te dire ceci. Je me fiche du nombre de maîtresses que tu as. Cela peut être dix ou même vingt, et cela ne me dérange pas tant que tu ne les rends pas malheureuses. C’est juste quelque chose de naturel pour les hommes, et ça ne me dérange pas du tout. »

Sérieusement ? Je savais que la polygamie n’était pas rare dans ce monde, mais ce genre de chiffres me semblait un peu déraisonnable. C’était un peu effrayant, en fait !

« Toutefois ! TOUTEFOIS ! Tu ne peux pas être si négligente au point de te faire embrasser quand tu n’as même pas embrassé ta première femme ! Tu as trop d’ouvertures ! Sois plus défensif ! Non, deviens imprenable ! »

« Bien, mais — »

« Pas de mais ! »

« D’accord... »

Une grande partie de moi pensait qu’elle était folle à propos d’une chose insignifiante, mais apparemment, c’était très important pour elle.

« Donc, tu dis que tu n’aurais aucun problème avec ça si je t’embrassais avant ? »

« Eh bien, j’admets que je serais un peu jalouse, mais je ne serais pas contre. Tant que de toute façon tu me chéris correctement. »

La personne qui me parlait avait-elle vraiment douze ans ? C’était un peu comme si son point de vue sur les choses était un peu trop objectif, n’est-ce pas ? Est-ce qu’elle m’aimait vraiment autant qu’elle le prétendait... ?

« ... Tu viens juste de penser à quelque chose de grossier, n’est-ce pas ? »

« Euh... »

Pourquoi étais-je entouré de filles si perspicaces ? Yumina se leva du canapé, contourna la table avec détermination et s’assit juste à côté de moi.

« Touya. Je suis prête à te prendre comme mon mari et à vivre toute ma vie comme ton épouse. C’est parce que je t’aime. Parce que je t’aime autant, sinon plus que Linze. Je ne veux pas que tu en doutes. »

« ... Désolé. »

Mes excuses ne pouvaient pas être plus sincères. Être si douteux de ses sentiments était le comble du manque de courtoisie. J’étais fautif de ne pas avoir été assez clair pour elle.

« ... Je suis vraiment désolé. »

« ... Je te pardonnerai si tu me serres dans tes bras et que tu m’embrasses. »

Whoa! Parlez d’un pic de difficulté ! La situation était déjà assez difficile, n’est-ce pas !? Là encore, il ne me semblait vraiment pas qu’elle reculerait jusqu’à ce qu’elle obtienne ce qu’elle voulait. J’atteignis timidement ses épaules et je me rapprochai d’elle de plus en plus. Je l’avais serrée dans mes bras, le haut de sa tête reposant sous mon menton. La douceur de son corps et l’odeur féminine de ses cheveux faisaient trembler mon cœur.

Bon, d’accord. Je n’avais pas d’autre choix que d’admettre ce que je ressentais pour elle. Yumina s’éloigna légèrement de moi, puis ferma lentement les yeux et inclina son visage vers le haut. C’était un signe clair qu’il n’y avait pas de retour possible ! Même moi j’étais au courant de ça ! Je m’étais endurci et j’avais embrassé Yumina sur ses petites lèvres douces. Ce n’était pas beaucoup plus qu’un léger contact.

Je reculais rapidement, tirant mon visage loin du sien. Elle m’avait donné un sourire éclatant et avait étroitement serré ses bras autour de moi.

« Eheheh. Tu m’as embrassé ! Ça fait de moi la première personne que tu as embrassée, n’est-ce pas ? »

« Euh, eh bien... Oui. Je suppose que c’est vrai... »

J’avais déjà été embrassé deux fois, mais c’était la première fois que c’était moi qui l’avais fait. Attends, était-ce son objectif depuis le début !? Une partie de moi avait commencé à croire que tout ce qui venait de se passer faisait partie de son plan global, mais cette pensée était effrayante, alors j’avais choisi de ne pas m’y attarder.

Cela mis à part, que penserait la société d’un garçon de seize ans embrassant une fille de douze ans... ? Je n’avais aucune idée de comment c’était dans ce monde, mais dans le précédent, ce serait en gros un lycéen de seconde embrassant une élève de sixième... Et cela semblerait être un énorme crime. Ce qui était un peu étrange. Je voulais dire, vu qu’il n’y avait qu’une différence de quatre ans entre nous, ce n’était pas si mal...

« Que penses-tu de Linze, Touya ? »

« Eh bien, je... je pense qu’elle est mignonne et, honnêtement, j’étais plutôt heureux quand elle m’a avoué son amour. Mais je ne peux même pas décider de ce que je ressens pour toi, et maintenant je dois aussi penser à Linze, ce qui est très éprouvant pour les nerfs. Eh oui, je sais que ça me rend pathétique. »

« Et si tu devais dire si tu l’aimes ou si tu la détestes ? »

« Bien, évidemment je l’aime. Il n’y a aucun doute à ce sujet. Elle m’est précieuse. »

Yumina sourit, toujours enroulée dans mes bras. Quoi ? Qu’y avait-il avec ce sourire rusé sur son visage... ?

« Tu as entendu ça, Linze ? »

« Quoi !? »

Yumina parla vers l’un des coins de la pièce. J’avais regardé dans cette direction, et un moment plus tard, Linze était apparue de nulle part, ses joues rouges comme des betteraves. Attend quoi !?

« Nous avons demandé à Leen de lui lancer ce sort. Sans cela, Linze n’aurait jamais pu venir ici. »

Attends, elle utilisait [Invisibilité] !? Elle était dans la pièce tout le temps ? Cela signifiait qu’elle avait entendu tout ce que j’avais dit et... bon sang, comme c’était embarrassant !

« C’est de ta faute, tu sais ? Tu viens de t’enfermer dans ta chambre sans rien dire. Linze pleurait réellement parce qu’elle pensait que tu la détestais. Elze était sur le point de venir et de te donner des coups de poing. »

« Ahh... Je suis reconnaissante qu’elle ne l’ait pas... »

Bon sang, j’étais tellement submergé par mes propres sentiments que je ne considérais personne d’autre. J’étais totalement désespéré...

« U-Uhm, je, je suis désolée pour ce que j’ai fait. Quand j’ai vu Cesca t’embrasser, je ne voulais tout simplement pas te perdre... Et c’est arrivé avant que je m’en rende compte... Je n’ai même pas considéré tes sentiments... Je suis tellement désolée... »

Je m’étais rapproché de Linze et lui avais pris la main. Elle tremblait, des larmes coulaient sur sa joue.

« Ah... »

« Comme je suis sûr que tu viens de tout entendre, je ne te déteste pas. Je pense que tu es mignonne et oui, je t’aime bien. Je ne sais pas comment je devrais m’y prendre, mais je sais que je te chéris. »

« Touya... »

Linze souriait faiblement. Oui. Un sourire lui allait mieux que n’importe quelle larme. Et j’étais celui qui avait causé ces larmes. Elze pourrait me faire sauter mes dents et ce serait justifié.

« Maintenant que tu as mis de l’ordre dans tes sentiments... que dis-tu de cela ? Veux-tu prendre Linze comme ta seconde femme ? »

« E-Excuse-moi ? »

Yumina dit nonchalamment quelque chose d’incroyable. Une autre femme ? Linze ? Je regardais la fille et la vis s’agiter. Son visage était toujours rouge comme une tomate.

« Il est assez courant pour les membres de la royauté, pour la noblesse, et pour les riches de prendre une deuxième ou une troisième épouse. Le seul problème est ta fiabilité en tant qu’homme. Si tu es en mesure de prendre soin de nous correctement, personne ne va se plaindre. Je suis sûre que tu es d’accord avec ça, n’est-ce pas, Linze ? »

« Je-je veux être ta femme, Touya. »

Sérieusement... ? Eh bien, cela me rendait heureux, bien sûr, mais il y avait beaucoup d’autres aspects à considérer ici.

« ... N-Ne veux-tu pas de moi ? »

Linze avait l’air d’être sur le point de pleurer.

Merde, je ne pouvais pas laisser ce sourire disparaître. La rendre triste n’était tout simplement pas une option. Bien ! Peu importe ! Advienne que pourra !

« Tu veux bien être ma deuxième femme ? Es-tu sûre de cela ? »

« ... Je-je pense que je peux m’entendre avec Yumina. Si nous pouvons toutes les deux trouver le bonheur en aimant la même personne, rien ne me rendra plus heureuse. »

« ... Très bien alors. Si vous êtes vraiment contente avec ça... Je vous accepterai toutes les deux. »

Soudainement, Linze avait fait un sourire éclatant et elle se serra fort contre moi. Sachant qu’elle était habituellement si docile, cette action m’avait rendu temporairement confus. Yumina se leva et bondit sur moi aussi. Ceci était vraiment embarrassant !

« Alors, à partir de maintenant, Linze est comme moi — une fiancée ! »

Yumina avait l’air vraiment heureuse. Le visage de Linze était toujours un peu rouge, mais à la façon dont elle hochait la tête, il était clair qu’elle était aussi heureuse.

Il était déjà assez tard, alors je leur avais dit de retourner dans leurs chambres. Elles avaient répondu en me demandant un baiser de bonne nuit. Je n’avais pas encore le courage de les embrasser sur les lèvres, alors je les avais amenés à faire des compromis, aussi étrange que cela puisse paraître, avec un baiser sur le front. Yumina était heureuse, tandis que Linze était embarrassée.

Après qu’elles avaient quitté ma chambre, j’avais poussé un long soupir. Beaucoup trop de choses s’étaient passées aujourd’hui. J’avais besoin de mettre de l’ordre dans mes sentiments. Comme toujours, je m’allongeais sur mon lit.

Alors, comment étais-je censé gérer ça... ? J’avais suffisamment d’argent pour prendre soin de toutes les deux, j’avais une maison convenable pour elles. Est-ce que j’avais même de réels problèmes ? Oh, c’était vrai, j’allais devoir rendre visite aux parents de Linze... Tout ce qui comptait maintenant, c’était ma détermination. Je devais être prêt à vivre le reste de ma vie avec elles. Je devais réfléchir à cela... Après tout, je voulais qu’elles soient heureuses.

Je m’étais lentement endormi, avec de nombreuses pensées qui rebondissaient doucement dans mon esprit.

*BRUIT SOURD !*

La porte de ma chambre s’était effondrée, me faisant sursauter. Euh ! Qui, quoi, pourquoi !? Était-ce le matin ? La pièce était lumineuse... Je regardais autour de moi, à moitié endormi, pour voir une personne debout près de mon lit. C’était une fille. Elle me surplombait, la lumière du matin brillait sur elle.

« On doit parler. Maintenant... »

C’était la sœur jumelle aînée de la fille qui était devenue ma deuxième fiancée la veille. La lumière du matin faisait briller légèrement les gantelets sur sa hanche.

Eh bien, ce n’était pas inquiétant. Les ennuis pourraient-ils éviter de venir si tôt le matin ? Juste une fois, s’il te plaît ?

***

Partie 8

Elze m’avait emmené au troisième terrain d’entraînement de l’armée royale. Elze et le Général Léon utilisaient souvent cet endroit pour s’entraîner. Et Elze, bien qu’étrangère, pouvait aller et venir ici à sa guise. Nous n’avions eu aucun mal à entrer grâce à ça.

Il était encore tôt, donc personne ne s’entraînait. Outre les pépiements d’un oiseau étrange, l’endroit était enveloppé dans un silence absolu. Elze m’avait conduit aux terrains d’entraînement, et j’avais vu que nous n’étions pas seuls.

« Yae ? Que fais-tu ici ? »

« ... Touya-dono. Je t’ai attendu. »

Yae était assise au milieu du terrain d’entraînement. Sa lame était devant elle et sa posture donnait l’impression qu’elle méditait pour une raison inconnue. Soudain, elle avait ouvert les yeux, avait saisi sa lame avant de se lever. Elle semblait légèrement différente de son état habituel.

« Tu as pris Linze comme épouse, non ? »

« Ah... Oui, en effet, ça s’est passé comme ça... »

Je m’étais retourné pour constater qu’Elze me fixait.

Il y avait encore cette lueur... Combien de fois et de combien de filles avais-je vu avec cette lueur dans les derniers jours ? Là encore, c’était une question qui concernait sa petite sœur, alors ce n’était pas surprenant qu’elle soit si sérieuse.

« Alors ça fait de toi mon beau-frère, n’est-ce pas ? »

« Haha... Oui... effectivement, j’espère que nous nous entendrons bien... »

Je n’y avais pas vraiment réfléchi, mais elle avait raison. Elze était ma belle-sœur... Quelque chose n’allait pas avec ça.

« Alors, que penses-tu de Linze ? Est-ce que tu l’aimes vraiment ? »

« ... Pour être vraiment honnête, je ne suis toujours pas sûr de ça. Je ne pense pas pouvoir dire que je l’aime, mais il en va de même pour Yumina. Pourtant, je l’aime vraiment en tant que personne, et elle est très importante pour moi. »

« Et était-elle d’accord avec ça ? »

« Elle l’était. »

Elze laissa échapper un soupir.

Est-elle déçue ? Choquée ? En pleine perte face à mes mots ? Je ne peux pas le dire... Elze se gratta vivement la tête à plusieurs reprises, mais légèrement, puis elle frappa le sol avec ses orteils, clairement irrité. Wôw, elle me fait peur !

« Cette fille a toujours eu ce côté-là... Bien qu’elle ressemble la plupart du temps à un chaton effrayé, elle a toujours été du genre à être audacieuse là où ça comptait. Elle était vraiment à l’opposé de moi quand il s’agit de ça... »

« Je ne suis pas trop différent à cet égard. Je suis incapable de devenir déterminé sans que quelqu’un m’y pousse... »

Que se passait-il maintenant ? Elze avait équipé les gantelets qu’elle avait sur sa taille et avait frappé ses poings ensemble. Le clang qui résonnait était assez bruyant. Yae, aussi, avait placé son épée à travers sa ceinture et avait ajusté sa position.

« Touya... je veux que tu nous combattes. »

« Hein !? »

« Si tu gagnes, nous ne dirons rien de ta relation avec Linze. Mais si nous gagnons, tu devras écouter notre demande. »

Attends, quoi !? Comment était-ce arrivé ? Étais-je puni pour quelque chose !? Yae dégaina son épée, ignorant apparemment ma confusion.

« J’ai emprunté cette épée au vicomte Swordrick. Le bord de la lame est arrondi. Elle ne devrait pas être capable de tuer ou même de te couper, mais briser tes os est bien dans le domaine des possibilités. »

Cette information ne fit rien pour me calmer !

« Touya, utilise ta [Modélisation] pour émousser également la lame de ton Brunhild. »

« Attendez ! Avant que je ne fasse quoi que ce soit, pouvez-vous me dire pourquoi je dois vous combattre ? »

« Pour être franc, Touya-dono. Nous sommes le genre de filles qui avons besoin de faire ça. C’est une question de confrontation de nos sentiments. Si tu veux appeler cela de la lâcheté qu’il en soit ainsi. »

Je n’avais aucune idée de ce dont elle parlait, mais elles n’avaient manifestement aucune intention de reculer. D’accord, tout ce que j’avais à faire était de perdre volontairement, et...

« Si tu te retiens, je ne te pardonnerai jamais. Je n’accepterai pas non plus ta relation avec Linze. Je ne permettrai jamais à ma sœur d’être avec un homme qui refuse de devenir sérieux quand c’est important. »

Merde. Elle m’avait prévenu de ne pas faire exactement ce que j’avais prévu... Je supposais qu’Elze savait exactement comment fonctionnait mon cerveau.

À contrecœur, j’avais fait ce qu’on m’avait dit et j’avais utilisé [Modélisation] pour arrondir la lame de Brunhild.

Je suppose que je n’avais pas d’autre choix, j’allais juste lancer [Glissade] au moment où le combat commencera, et puis...

« Aucune magie Néant n’est autorisée. Tu ne peux pas appeler cela un combat si tu nous laisses tomber au sol au moment où la bataille commence. Je n’utiliserais pas [Accroissement] également. »

Comment diable savait-elle exactement ce que j’avais en tête !? Putains de merde, les femmes font peur !

« Touya-dono peut utiliser la magie élémentaire, ainsi que des armes à distance et de mêlée. Nous ne pouvons utiliser que des armes de mêlée, mais nous sommes deux. Cela semble juste, n’est-ce pas ? »

Cela signifiait que les seules balles que je pouvais utiliser étaient celles en caoutchouc normal. L’impact de ces choses pouvait vraiment faire vibrer vos os, alors ce n’était pas comme si elles étaient mauvaises.

« Cependant, j’ai toujours l’impression d’être désavantagé... »

« Je suis pleinement consciente que nous attendons beaucoup de toi. Cependant, nous avons besoin de cette opportunité pour passer à l’étape suivante. »

Une fois de plus, je n’avais aucune idée de ce qu’elle disait, alors j’avais juste soupiré et je m’étais étiré. Je m’étais dit que je jouerais leur jeu aussi longtemps qu’elles en auraient besoin.

« Es-tu prêt ? »

J’avais simplement hoché la tête, trop effrayé de demander ce pour quoi je devais être prêt.

À l’instant suivant, Yae et Elze se séparèrent et arrivèrent sur moi de deux angles différents. Une attaque en tenaille ? Déjà !?

« Mode Épée ! »

J’avais étendu mon Brunhild dans la forme d’une longue épée émoussée, puis je courus vers Yae. J’aurais pu parer facilement sa lame, mais on ne pouvait pas en dire autant des poings d’Elze.

Après avoir croisé l’épée avec Yae, j’avais utilisé l’élan pour la dépasser. Je m’étais retourné, j’avais pris mon arme Nouveau Modèle dans ma main gauche et j’avais tiré les six balles sur elle.

Je débordais de confiance, certain que les six coups de feu trouveraient leur marque sur le dos de Yae, quand Elze se jeta sur leur chemin et leva sa main gauche en l’air. Le gantelet qu’elle portait brillait d’une couleur vert-émeraude.

Un moment plus tard, les balles se dispersèrent dans plusieurs directions aléatoires.

« Tant qu’elles ne sont pas magiques, les attaques à distance ne me touchent pas. »

Merde, j’avais oublié ! Son gantelet émeraude était imprégné d’un sort de barrière de type vent qui déviait toutes les attaques physiques à distance !

« Mode Pistolet ! Recharges ! » J’avais rechargé mes deux armes avec douze balles dans une tentative désespérée de les distraire afin de gagner du temps.

Mais Elze ne semblait pas s’en soucier. Elle avait chargé sur moi tout en levant son gant gauche.

« Mode Épée ! » Le poing droit d’Elze se rapprocha de moi, mais j’étais capable de l’éviter. Je changeai rapidement Brunhild en une épée longue et lui lançai une frappe horizontale. Elle l’avait évitée aussi, mais cela m’avait permis de reculer et de corriger ma position.

« Tu es un imbécile naïf ! »

Yae vint vers moi, juste derrière Elze. Je n’avais aucune chance de la distancer. Attends une seconde ! Ça allait certainement me couper, lame émoussée ou pas ! J’avais esquivé sur le côté, empêchant le bout de sa lame de couper dans mon épaule. Ensuite, je m’étais rapidement retourné et je l’avais fait trébucher avec ma jambe, en utilisant son propre élan contre elle.

« Kuhh!? »

« Recharges ! »

Quand Yae était tombée au sol, je l’avais rapidement visée avec l’arme en mode nouveau modèle.

Cependant, avant que je ne puisse appuyer sur la gâchette, Elze m’avait attaqué d’un coup de pied, ne me laissant pas d’autre choix que de reculer.

« Entrelace-les, Glace ! Malédiction glacée : [Entrelacement] ! »

Mon sort avait fait en sorte que le sol sous leurs pieds commença à geler.

« Argh ! »

Elles s’échappèrent habilement et se séparèrent, venant de nouveau à moi de deux angles. La fixation glacée n’avait même pas eu l’occasion de s’imposer.

Merde ! J’étais clairement désavantagé ici ! Après tout, ce n’était pas comme si je pouvais faire quelque chose qui pourrait les blesser gravement ou quoi que ce soit !

« Wouah ! »

J’avais évité un autre coup droit d’Elze. Yae se rapprochait également de moi. À ce moment, j’avais fermé les yeux et j’avais jeté un sort.

« Scintille, Lumière ! Éclat éblouissant : [Flash] ! »

« Kh !? » L’éclat soudain de la lumière brillante fit s’arrêter Yae dans son avancée. J’avais profité de l’occasion pour à nouveau m’éloigner d’elles. C’était mieux pour moi de garder mes distances dans une bataille avec ces deux-là. J’avais un plus grand avantage à longue distance.

Une fois qu’elles eurent récupéré de l’éclair aveuglant, Yae tendit la main vers sa hanche, sortit son épée courte et la plaça dans sa main libre. Quoi... ? Yae avait baissé sa posture et avait chargé vers moi. Juste quand j’étais sur le point de faire une feinte ou deux pour que je puisse la faire reculer, elle m’avait lancé l’épée courte.

Quoi !? Qui diable jetterait leur arme comme ça !? L’épée ne représentait-elle pas l’âme d’un samouraï !? Est-ce que les épées courtes ne comptaient pas !? Je l’avais de peu esquivée en déplaçant légèrement mon bassin sur le côté. Pouah ! Cela m’avait effleuré ! Avant qu’elle puisse se remettre en posture, je lui avais tiré les douze balles chargées. Il n’y avait aucun moyen qu’elle puisse esquiver à cette distance !

« Gah !! »

Les forts coups de caoutchouc avaient fait tomber Yae au sol. Malgré cela, elle était toujours capable de me faire une attaque. C’était quelque chose que je pouvais facilement éviter.

Mais Elze m’attendait, juste à l’endroit où j’avais sauté. Merde, elle était trop proche ! Ses poings étaient bien plus rapides que mon objectif. Elze était sortie et m’avait attaqué avec un crochet du droit. Je n’avais pas d’autre choix ! Je pliais mon corps et j’esquivais son poing, je lâchais mes canons et je saisissais sa main droite. J’avais utilisé mon élan pour la faire tourner avec son dos tourné vers moi. Ensuite, j’avais mis mon coude droit dans son aisselle et je l’avais élevée.

« Quoi — !? »

Je l’avais jetée par terre, et elle avait fait un bruit qui ressemblait à un cri. Je n’avais pas fait de jet d’épaule depuis l’école, mais mon corps semblait se souvenir des mouvements.

« Gah ... ! »

Apparemment, ma technique n’était pas assez bonne pour la frapper correctement. Elze se leva rapidement.

Mais au moment où elle se redressait, Brunhild s’était posé sur elle. Nous étions si proches qu’elle ne pouvait pas rediriger les balles même si elle le voulait.

Il s’agissait d’un retournement de situation classique.

« Recharges. J’ai gagné. »

« ... Pourquoi ne tires-tu pas ? »

« Parce que si tu acceptes la défaite, je n’aurai pas besoin de le faire. »

Faire feu sur quelqu’un qui m’était cher ne me faisait pas du bien. J’avais fait une note mentale pour m’excuser auprès de Yae après la bataille.

« Tu es bêtement gentil. Penses-tu vraiment que tu peux protéger Linze et Yumina avec cette mentalité ? »

« ... Je suis comme ça. »

« Hehe, c’est sûr. Je suppose que ça fait partie de la raison pour laquelle Yae et moi sommes tombées amoureuses de toi. »

« ... Quoi ? »

Qu’est-ce qu’elle venait juste... de dire ? Je, euh... Quoi ? Mes fonctions cérébrales avaient gelé.

Au moment où je sortais de ma transe, je réalisais que la main droite d’Elze — celle qui était vêtue du gant rouge — émettait une lumière. La capacité de ce gant était... d’augmenter le pouvoir destructeur, n’est-ce pas !? D’accord, si elle ne voulait vraiment pas abandonner, alors je supposais que je ne pouvais pas y aller doucement non plus. J’avais visé Elze et tiré sur la gâchette de Brunhild. La bataille était finie. Ou alors c’est ce que j’avais pensé.

« Quoi — !? »

J’avais appuyé sur la gâchette une deuxième fois. Il n’avait pas tiré. Comme cela était possible, il n’était même pas chargé. Quoi ? Pourquoi ? Je suis sûr que j’avais rechargé... Oh...

Les actions de Yae plus tôt avaient finalement eu un sens pour moi. L’épée courte qu’elle m’avait jetée. Elle ne l’avait pas jetée pour me faire du mal. Quand je l’avais esquivée et qu’elle m’avait effleuré, l’attache de ma poche de taille avait été tranchée.

Mes balles s’étaient dispersées au fur et à mesure que je bougeais, et elles s’étaient toutes épuisées. Mon rechargement n’avait aucun sens s’il n’y avait pas de balles dans un rayon d’un mètre... J’avais été battu à ce petit jeu.

Avec une vitesse fulgurante, Elze se mit sur le côté et lança son poing dans ma poitrine.

« Gghuh!? »

J’étais tombé à terre, alors que ma conscience s’estompait.

***

Partie 9

« N-Nous voulons que tu nous traites comme Yumina et Linze ! »

« ... Hein ? »

J’étais revenu à la raison et, comme j’avais perdu, je m’étais préparé à toutes sortes de requêtes qu’elles me demanderaient, mais aucune préparation n’aurait pu suffire à ce qu’elles m’avaient fait subir.

« E-Eh bien, tu comprends sûrement que nous... Nous faisions... Ohh... T-Tu devrais être celle qui le dit, Elze-dono ! »

« E-Euh !? M-Mais je... ! Ohh... E-Eh bien, d-d’abord, euh... Je-je-je t’aime aussi, Touya ! »

« C-C’est pareil pour moi, c’est ça ! »

Elles baissèrent les yeux, et leurs visages rougirent.

... Que se passe-t-il ? N’étions-nous pas en train de nous battre il y avait un instant ? Maintenant, on me confesse son amour ? Qui plus est, les deux filles en même temps. Qu’est-ce que c’était exactement ?

« Traitez-nous comme Yumina et Linze... ? Que voulez-vous dire ? »

« N-Nous voulons aussi devenir tes... é-épouses... »

« T-T-Tu dois être d’accord avec ça, tu sais !? T-Tu as perdu le combat de manière équitable ! »

Je m’étais pincé la joue.

Eh bien, ça faisait mal. Alors, je ne rêvais pas. Je suppose que j’ai quatre futures mariées, hein ? Attends ! Non, non, non et non ! N’est-ce pas un peu trop ? Mais attends, Tokugawa Ienari avait plus de quarante concubines et plus de cinquante enfants... Par rapport à cela, je suppose que je... Attends ! Me comparer à lui était fou ! Franchement, ce mec avait l’habitude de récolter les... vous-savez quoi... des phoques à fourrure, de les transformer en poudre, et de les boire pour sa vitalité sexuelle ! Il avait même été surnommé le « General des phoques à fourrure » à cause de cela. Je ne voulais pas être comparé avec un gars comme lui ! Bon sang, Touya, arrête. Tu pars sur un terrain glissant.

« Toutes les deux, êtes-vous... vraiment d’accord avec ça ? »

« Ça ne me dérange pas. Rien ne changera mes sentiments pour toi, et si je peux être heureuse et que d’autres peuvent être heureuses en aimant la même personne, alors tout va bien, n’est-ce pas ? »

Je me souvenais que Linze avait dit ce genre de chose la veille. Ces filles étaient vraiment des jumelles. Leurs modèles de pensée correspondaient parfois.

« Je les aime toutes autant que je t’aime, Touya-dono. Si nous pouvons toutes devenir tes femmes, alors tout va bien. »

Franchement, les filles de ce monde avaient sûrement un faible désir de monopoliser leur homme. Hmm... avaient-elles grandi pour être comme ça parce que la polygamie était la norme ? Ou attends. Peut-être que ces filles étaient bizarres ? Normalement, ce serait le cadre parfait pour un crêpage de chignons... Elles ne semblaient pas vraiment montrer beaucoup de jalousie, donc c’était un peu bizarre. Eh bien ! Ce n’était pas comme si cela n’existait pas. Il y avait une légère envie, comme en témoignait la scène d’hier. À bien y penser, Linze pourrait être la personne la plus jalouse parmi elles.

« A-Alors ? Et toi... ? »

« Huh? »

« Je-Je demande ce que tu penses de nous ! »

Oh ça. Le récent déluge d’événements romantiques m’avait fait sentir un peu engourdi, et ce n’était pas une bonne chose.

Je devais leur dire exactement comment je le ressentais.

« Si j’étais obligé de dire si je vous aime ou pas, alors je vous apprécie. Vous êtes toutes les deux mignonnes et avez de bonnes personnalités. Mais même ainsi, je ne suis pas sûr si je peux dire que j’aime l’une de vous. Comme je l’ai déjà dit, il en va de même pour Yumina et Linze. Je suis heureux que vous m’ayez confié votre amour, mais je ne suis pas sûr de pouvoir l’accepter en toute bonne conscience, mes sentiments étant si vagues. »

« Mais tu as accepté Yumina-dono et Linze-dono, n’est-ce pas ? »

« Je ne mentais pas quand je disais que je les aimais, et il n’y a aucun doute qu’elles sont importantes pour moi. Elles ont dit que pour elles aussi cela leur convenait. »

Franchement, le concept de mariage était encore assez irréel pour moi. Merde, nous n’étions même pas en couple, donc le mariage ne devrait même pas être dans nos esprits. Mon cousin avait sauté tout le processus de rencontre et s’était marié parce qu’il avait mis enceinte une fille. Maintenant, je voyais de plus près la situation de ce pauvre bâtard.

« Donc, cela signifie que Yumina et Linze sont au même niveau que nous, non ? Alors tout va bien. »

« Mais je n’ai aucune idée de ce qu’elles diront à propos de ça... »

« Il n’y a pas besoin de s’inquiéter à ce sujet, Touya-dono. Celle qui nous a invitées à devenir tes femmes était Yumina-dono. »

... Excusez-moi ?

« Juste au moment où le roi t’a donné le manoir, Yumina s’est approchée secrètement de nous. Elle nous a demandé à toutes ce que nous ressentions pour toi, nous avons ainsi confirmé nos sentiments et elle a ensuite suggéré que nous devenions toutes tes épouses. Cependant, nous n’en étions pas si certaines à l’époque. Mais, euh... petit à petit... nous avons commencé à penser que ce serait bien. Puis quand Linze a perdu son sang-froid hier, j’ai finalement décidé ! Je veux être à tes côtés, Touya. »

Elze me regarda droit dans les yeux. Il n’y avait pas d’hésitation dans ses yeux. Cependant, son visage était encore un peu rouge.

« J’ai commencé à penser que ce serait formidable si nous pouvions tous vivre en famille, avec toi au centre. En toute honnêteté, je ne suis toujours pas habituée à l’indulgence de Yumina-dono, mais je n’ai aucun doute que je veux vivre à tes côtés. Je le pense vraiment. »

C’était Yumina qui avait dit que cela ne la dérangerait pas si j’avais dix ou vingt maîtresses... Cette « clémence » n’était-elle qu’un étalage de sa confiance en tant que première épouse ?

« A-Alors ? »

« ... D’accord, je comprends ce que vous ressentez toutes les deux. Je vous aime également toutes les deux. Elze, tu es animée et gaie, quoiqu’un peu obstinée, mais je trouve ça plutôt mignon. Yae, tu es diligente, digne et très attentionnée envers ta famille. Je suis également conscient que tu es douce et bonne avec les enfants. Vous deux seriez d’excellentes épouses, j’en suis sûr. »

« Alors... »

Avant qu’elles puissent parler, j’avais levé la main pour l’arrêter.

« Cependant, j’ai besoin de temps pour réfléchir. Je vais vous donner ma réponse dans la soirée. J’ai d’abord des trucs à prendre en compte. »

« ... Bien. »

« ... Je comprends. »

Nous étions retournés à la maison. J’étais monté dans ma chambre pendant qu’Elze et Yae allèrent parler à Yumina.

Je m’asseyais sur mon lit, expirais un long soupir et pris ma pose pensive, à plat sur mon dos.

Et maintenant ? Eh bien, la réponse à cette question était déjà évidente. J’avais déjà accepté Linze, donc refuser ces deux-là était hors de question. Je les aimais toutes à peu près pareilles. Elles étaient toutes importantes pour moi. Je ne voulais pas, et je ne me croyais pas capable de faire quoi que ce soit pour les blesser. Mais c’était exactement ce qui me faisait douter si j’étais vraiment la bonne personne pour elles. J’avais peur que cette situation puisse les rendre tristes à la fin. Ou peut-être que j’avais juste peur pour moi... Le mariage était un gros problème, après tout. Ce n’était pas seulement mon propre problème. Je devais supporter la vie des autres. Être prudent était naturel, n’est-ce pas ? Non seulement cela, mais le fardeau sur moi était quatre fois plus lourd. Pourrais-je vraiment porter ce poids ?

« Hmmm... Peut-être que je devrais consulter quelqu’un. »

Leim... elle serait sûrement du côté de Yumina. Lapis, Cécile, Créa... J’étais un peu réticent à en discuter avec des femmes. Renne n’était même pas une option. Julio... était un peu peu fiable... Je supposais qu’il n’y avait qu’une seule personne sur qui je pouvais compter.

Ce que j’avais fait ensuite était quelque chose que je voulais essayer depuis un moment. Je n’avais juste pas eu l’opportunité. Je ne voulais pas simplement lui parler, je devrais aller le voir en personne.

J’étais allé à la cuisine et je pris des friandises cuites pour les lui apporter, comme un geste amical. Après avoir fini de rassembler des morceaux, j’avais tenu les affaires sous mon aisselle.

« [Porte]. »

J’avais traversé mon portail brillant et j’avais été immédiatement salué par une mer de nuages ​​qui s’étendait toujours et qui brillait. Parmi les nuages ​​se trouvait une vieille table à thé, soigneusement placée sur une petite pièce de tatamis. Ah, cela me rendait maintenant nostalgique.

Il y avait un vieil homme assis à côté de la table. Il se tourna vers moi, apparemment figé de surprise alors qu’il mordait dans un biscuit de riz.

« ... O-Oh. Oh mon dieu. Il semble que j’ai un visiteur. Hoho, si tu voulais passer, tu devrais m’informer à l’avance. Cependant, je vais être honnête avec toi. Je n’avais aucune idée que tu puisses même revenir ici de ton plein gré. »

« Ça fait longtemps, Dieu. »

J’y étais déjà allé, j’avais donc l’idée que peut-être je pourrais utiliser [Porte] pour revenir. Cependant, je ne m’attendais pas à ce que ça marche.

« Après tout, ce royaume est dense en magie. C’est probablement pourquoi tu pouvais revenir. C’est aussi la raison pour laquelle tu ne pouvais pas retourner dans ton monde précédent. La magie dans l’atmosphère sur ta Terre est très mince, je te l’ai fait savoir. »

« Oh, c’est pour toi. J’ai apporté des cookies et des gâteaux. »

« Oh, merci beaucoup. Je crois que cela mérite une bonne tasse de thé. »

Il avait commencé à remplir une tasse de thé avec de l’eau chaude. Et, bien sûr, cela s’était transformé en thé au moment où il l’avait versée du bec. Mais qu’attendais-je d’autre ? C’était Dieu.

Je buvais silencieusement le thé chaud.

Ah, délicieux. Ça faisait longtemps que je n’avais pas eu de thé vert...

« Eh bien maintenant, qu’est-ce qui t’amène dans mon humble demeure ? »

« Ah, il y a un sujet sur lequel je voulais te consulter... »

« Hmm ? Eh bien, dis-le. »

J’avais commencé à lui expliquer ma situation. Je voulais savoir ce que je devais faire au sujet de ma situation et de comment je devais interagir avec les filles qui allaient de l’avant... Je m’étais assuré de lui donner tous les détails nécessaires.

« Hmm... N’es-tu pas simplement en train de penser à trop de choses ? Elles ont dit qu’elles t’aimaient. Alors, pourquoi ne pas simplement être heureux ? »

« Eh bien, je le suis, mais je ne peux pas m’empêcher de considérer toutes les choses qui vont avec. »

Partager mes soucis avec Dieu me donnait l’impression d’être dans un confessionnal. Cependant, ce n’était pas comme si j’avais péché ou quoi que ce soit...

« Très bien alors. Laisse-moi appeler une spécialiste. »

« Hein ? »

Dieu prit le téléphone noir à ses côtés et composa un numéro.

Quelques instants plus tard, une femme apparut de la mer des nuages. On dirait qu’elle était dans la vingtaine. Ses cheveux étaient aussi roses et moelleux que la fine soie blanche qu’elle portait. Elle avait flotté dans les airs vers moi. Ses poignets et ses chevilles étaient ornés d’anneaux d’or et son cou était orné d’un collier en or massif. J’avais aussi remarqué qu’elle ne portait pas de chaussures.

« As-tu attendu, hein ? »

Elle s’était assise à la table de thé après avoir donné une salutation espiègle.

« Euh... et c’est ? »

« Cette charmante dame est la déesse de l’amour. Je pensais qu’elle serait la personne parfaite pour ton problème. »

La déesse de l’amour !? Ça !?

« Bien bien. Ravie de te rencontrer ! Je dois dire, je t’ai regardé de temps en temps ! Tu es un jeune homme très intéressant. »

Maintenant qu’elle le mentionnait, Dieu avait déjà mentionné quelque chose comme ça... Il avait parlé à propos d’une déesse de l’amour que j’avais intéressé, si je me souvenais bien. Alors, c’était cette femme elle-même ? Je ne m’attendais jamais à consulter une divinité à ce sujet. Je suppose que Dieu seul sait.

« Donc, le titre “Déesse de l’Amour” signifie exactement ce qu’indique l’emballage, exact ? »

« Oui. Mais ce n’est pas comme si je contrôlais les sentiments des gens, compris ? Je fais juste un peu de ceci, et un peu de cela... des choses qui créent l’ambiance et créent ces clichés standard, liés à l’amour. Je suppose que tu pourrais dire que je suis la productrice de situations comme la tienne ! »

« Clichés... ? »

Oh, je pense que je comprenais ce qu’elle voulait dire. Elle se référait probablement à ces cas où les filles étaient en retard à l’école, se dépêchaient en portant un toast dans la bouche, et tombaient sur un bon gars qui venait juste de se promener au coin de la rue.

« Ouais ! Les clichés ! Tous ceux qu’on aime. Si tu as besoin d’un exemple précis, je suis celle qui cherche les gars qui vont dire : “Chérie, je te le jure... quand je reviendrai du champ de bataille, nous serons enfin mariés.” Et puis je m’assure qu’ils n’iront jamais atteindre l’autel ! »

« Ce genre de chose est-il de ta faute ? »

Par « ne jamais atteindre l’autel », elle signifiait clairement qu’elle les faisait mourir, non !? Attendez, c’est un drapeau de mort, pas un drapeau d’amour !

« Alors, quoi de neuf ? »

J’avais des réserves sur le fait de la consulter, mais je n’avais vraiment pas d’autre choix. Elle s’était avérée être la déesse de l’amour, alors j’avais pensé qu’elle aurait peut-être de bons conseils. En tout cas, j’avais rapidement expliqué ma situation actuelle.

« Hmm... on dirait que les choses deviennent super intéressantes. »

La Déesse de l’Amour souriante attrapa le biscuit sur la table et le fourra dans sa bouche. Elle n’était clairement pas la déesse des mœurs.

« Mais je ne vois toujours pas ton problème. C’est bon si vous vous aimez, n’est-ce pas ? »

« Mais... quatre filles en même temps ? »

« Et ceci est ta première erreur ! Tu dois te débarrasser du bon sens du monde dans lequel tu vivais ! Si tu n’aimes que l’une d’entre elles et que tu considères les autres que comme des extras, tu ne les rendras pas seulement malheureuses, mais tu seras aussi cruel ! Mais si tu les aimes toutes et que tu as vraiment l’intention de les rendre heureuses, alors c’est juste une autre forme d’amour véritable, compris ? »

L’amour... Est-ce que je ressentais même cela pour elles ?

« Pourquoi sont-elles même tombées amoureuses de moi... ? »

« Je ne sais pas ! Parfois, tu tombes amoureux de ceux qui tombent amoureux, et d’autres fois, il y en a qui ne se rendent pas compte de leurs sentiments parce que la cible de leurs affections est trop proche d’eux. Chaque personne a sa propre vie, et il y a beaucoup de place pour la variation là-bas ! L’amour ne vole pas comme une flèche ! »

Une partie de moi avait compris son explication, mais une autre partie de moi n’avait pas compris. Cependant, je comprenais au moins qu’il n’y avait pas de véritable forme d’amour.

« Es-tu intéressé par ce que je pense ? Il me semble que tu manques de confiance. Tu es inquiet de savoir si tu es digne de répondre à leurs sentiments. Mais voici la chose, jeune homme ! Tu n’es pas celui qui décide si tu es digne. Elles le sont ! »

Bon sang... On dirait qu’elle avait frappé en plein dans le mille. Je me sentais juste bizarre parce que j’avais l’impression que les filles m’idéalisaient. Je ne croyais pas que je correspondais à l’image qu’elles avaient de moi dans leurs têtes.

« Tu dois être plus honnête avec toi-même et voir où ces sentiments mènent. Bien sûr, il est important d’être attentif à ce que les autres ressentent, mais tu ne peux pas simplement aller à l’encontre de tes propres intérêts dans le processus. Cela ne serait pas juste grossier pour toi, mais aussi pour les filles qui ont avoué leurs sentiments, compris ? »

« Je vois... Donc je suis autorisé à être un peu égoïste, alors ? »

« C’est plus comme ça ! L’amour ne concerne pas le bonheur unilatéral ! Aussi c’est inutile si tu ne deviens pas heureux. »

... C’est vrai. J’avais des choses que je ne pouvais jamais abandonner. Je devais parler et me réconcilier avec les filles. Ces réserves pourraient être avec moi pour le reste de ma vie, mais à tout le moins, je devais les amener à accepter cela.

« As-tu trouvé tes réponses ? »

Dieu parla comme s’il venait de lire dans mes pensées.

« Je ne suis pas sûr, mais je pense que c’est au moins un peu plus clair. »

« Très bien alors. C’est assez bon à savoir. »

« Eheh, contente de voir que le cliché que je t’ai accordé ne s’est pas perdu ! »

... Hm ? Elle avait dit quelque chose d’étrange tout à l’heure... Cliché ? L’une des choses qu’elle fabriquait, n’est-ce pas ?

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? Je voudrais savoir un truc. Quel est le cliché que tu m’as accordé ? »

« Oh, il y avait un petit moment, j’avais créé une situation dans laquelle tu étais entré alors qu’elles se changeaient et pendant cet instant, tu avais été vraiment surpris. Tu devrais me remercier, non ? »

« C’était toi !? »

Cette déesse de l’amour semblait être une fan des scénarios classiques.

***

Partie 10

Le soir, j’avais fait rassembler les filles dans le salon. Laim, Lapis et les autres n’étaient pas avec nous. Ce n’était que moi ainsi que les quatre filles qui m’avaient avoué leur sentiment.

Les quatre étaient assises sur le canapé devant moi et attendaient patiemment que je prenne la parole.

Je considérais toutes ces filles comme trop bonnes pour moi. C’était exactement pourquoi je ne voulais pas leur mentir et je voulais leur faire connaître mes vrais sentiments.

« D’accord ! Eh bien ! Pour commencer, laissez-moi juste vous dire... que je n’ai pas l’intention de me marier. »

« QUUOOOIIII? !! »

Toutes les quatre sautèrent du canapé en même temps. Leur surprise avait pris une forme verbale et fit écho dans tout le salon.

« Attends, quoi !? »

« A-Avons-nous fait quelque chose de mal, n’est-ce pas ? »

« ... Tu as dit que tu m’accepterais comme ta femme... »

« Touya !? »

Les quatre filles se levèrent d’un coup et se vinrent sur moi. Merde, ça s’était mal passé !

« OK, attendez ! Je voulais juste dire “maintenant”, d’accord ! Je voulais dire que je n’ai pas l’intention de me marier en ce moment ! »

Mes paroles avaient arrêté les filles dans leur course. D’accord, bien. Elles étaient au moins prêtes à m’écouter.

« Si ce n’est pas maintenant, alors, est-ce à un moment donné dans le futur ? »

« Effectivement. Si aucune d’entre vous n’est contre l’idée, je vais vous épouser toutes les quatre avec joie. »

J’avais répondu à la question d’Elze, et les filles étaient retournées à leurs sièges. Bon, elles s’étaient un peu calmées...

« Je vous aime toutes également, et je ne compte pas rompre ma promesse de vous épouser, mais je ne peux pas me marier maintenant. Je ne veux pas que nous ayons l’impression d’être ensemble seulement parce que j’ai été pris au dépourvu. »

« ... Je ne comprends pas ce que tu veux dire par là. »

Yae pencha la tête dans la confusion.

« Ce que je veux dire, c’est que je ne pense pas être prêt pour un engagement comme celui-là. Je ne suis pas assez mature pour prendre soin des autres. Ce que je veux dire, c’est que je ne suis toujours pas totalement convaincu que je peux même prendre soin de moi en ce moment. Alors, s’il vous plaît, attendez que je sois prêt à porter le poids d’une autre vie à côté de la mienne. Si je ne deviens jamais ce genre d’individus, alors vous êtes libre de quitter ma maison à tout moment. Personne ne peut vous enlever cela tout de suite, pas moi ou quelqu’un d’autre. »

C’était ma propre condition égoïste face à leur demande. Je voulais que tout le monde soit heureux, mais je ne savais pas encore si je pouvais les rendre heureuses. J’étais encore immature dans tant de domaines. Je n’avais pas la détermination, le courage, le fort sentiment d’amour ou la connaissance pour rendre les heureuses.

Je savais que je disais simplement aux filles d’attendre que je sois digne d’elles, mais je n’avais pas l’intention de les conduire indéfiniment jusqu’à ce que je décide soudainement que le jour était venu. La condition que je leur avais imposée aurait facilement pu faire que n’importe quelle fille me détestait, et j’aurais pu l’accepter si l’une d’elles décidait d’annuler le tout pour cette seule raison. C’était leur choix à faire, et j’avais l’intention de respecter leurs souhaits.

« ... Franchement, n’aurais-tu pas pu dire cela d’une meilleure manière ? Je suppose que c’est logique, mais quand même. »

Elze soupira en parlant, avec une expression qui se trouvait entre l’exaspération et le soulagement. Bon sang, le fait était que les filles me l’avaient toutes demandé, et ce que j’avais dit était aussi mauvais que si je n’avais jamais rien dit du tout. Je ne savais pas quoi faire. J’éliminerais fondamentalement leurs choix en la matière pour mon propre bénéfice. J’avais même l’impression que c’était une chose horrible à faire à quelqu’un.

« C'est un coup bas. Tu sais déjà que nous ne te mettrions jamais de côté comme ça, mais tu fais semblant d’avoir de toute façon cette option, n’est-ce pas ? »

Elze me lança un autre regard noir en parlant. Eh bien, je ne réfléchis pas vraiment bien, mais ce n’est pas comme si je m’attends à ce que vous toutes coupiez tout lien avec moi, ici et maintenant.

« Tomber amoureux n’est jamais une chose facile, n’est-ce pas... »

Yae donna une tape sur l’épaule d’Elze. Elze elle-même détourna la tête et gonfla ses joues.

« ... Même si ma sœur renonce à toi, Touya, j’attendrai aussi longtemps que je le pourrai... Parce que je veux être ta femme. »

« Hé, qui a dit quoi que ce soit à propos du fait que je l’abandonnerais !? »

Linze avait ri en regardant sa sœur s’affoler. Ou bien, elle était juste en train de la taquiner.

« Cela me convient également. Après tout, nous en avons déjà parlé entre nous. Maintenant, tout ce que nous avons à faire est de te faire tomber complètement amoureux de nous, que tu seras celui qui nous fera la demande la prochaine fois. »

« Je devine que je vais devoir faire de mon mieux pour te faire tomber amoureux de moi avant. »

Les mots de Yumina me mirent un sourire au visage. À partir de maintenant, nous n’étions plus seulement des membres d’un groupe. J’étais fiancée à ces filles. C’étaient mes amoureuses, et un jour nous ferons tous partie de la même famille. J’avais besoin de faire de mon mieux pour que ce jour arrive encore un peu plus tôt, et quand ce sera le cas, je sois le seul à leur faire ma demande correctement.

« Donc, avec cela, nous sommes toutes les quatre fiancées de Touya. Allons-nous nous aligner et lui demander de nous embrasser comme preuve ? »

« QUOI !? »

Elze, Linze, Yae et moi étions complètement pris au dépourvu par la suggestion abrupte de Yumina. Pendant ce temps, on aurait dit qu’elle voulait se féliciter d’avoir trouvé un plan aussi astucieux. Pourquoi n’es-tu jamais satisfaite des choses qui se terminaient de manière quasi normale pour tout chambouler !?

« A-Attends, ne penses-tu pas que c’est encore trop tôt pour ça !? »

« Bien que nous soyons maintenant alignées, je crois que nous devrions prendre les choses avec modération, nous devrions... »

Elze devint rouge comme une tomate et s’écria, paniquée. Yae était également rouge vif. Même si je pouvais comprendre la réaction de Yae, je n’aurais pas cru qu’Elze pouvait être peu précoce.

« Mais il m’a embrassée hier, tu sais ? »

« Hein !? »

Alors que Yumina marmonnait ces mots, Elze et Yae tournèrent la tête dans ma direction avec une telle rapidité que je craignais qu'elles ne se fassent un claquage. Je voulais dire, elle ne mentait pas, mais, euh...

« E-En fait, il m’a aussi embrassée... Sur le front, je veux dire... »

« Euh !? »

S’exclama Linze, et cette fois les deux se tournèrent vers moi avec encore plus vite qu’avant. Il est vrai qu’elle ne mentait pas non plus, mais donnez-moi un temps mort, là !

« D’accord, c'est réglé ! Tu dois n-n-n-nous embrasser aussi ! »

« Je voudrais... un baiser, moi aussi... »

D’accord, mais franchement ! N’étiez-vous pas les mêmes filles qui disaient simplement que c’était « trop tôt » ou que nous devions « prendre les choses avec modération » il y avait une seconde ? Quelle partie de ceci était « modérée » pour vous !? Elze et Yae m’avaient fusillé avec leurs regards, rougissant jusqu’à leurs oreilles.

Merde, je ne pouvais pas vraiment m’enfuir maintenant... Pas après avoir décidé que j’accepterais tout d’elles.

Je tendis la main et attirai Elze plus près de moi. Elle avait sursauté un peu à mon contact, mais elle n’avait pas résisté quand j’avais doucement tiré son corps. J’avais placé ma main sur sa joue, puis j’avais rapproché mon visage du sien, quand...

« C’est t-trop embarrassant, j’ai changé d’avis ! »

« Ghuoh !? »

Me laissant avec seulement ces mots, le poing d’Elze s’était écrasé sans avertissement directement dans mon plexus solaire. La force abrupte ne me donna pas le temps de me renforcer, alors je m’étais effondré pour la deuxième fois ce jour-là. Alors que ma conscience disparaissait, la seule pensée qui me traversait l’esprit était quelque chose du genre : Oh non, pas encore...

« ... Argh ? »

« As-tu repris connaissance ? »

Je m’étais réveillé pour me retrouver dans ma propre chambre, allongé sur mon lit. Le soleil s’était couché depuis longtemps. À travers la faible lumière de la lampe, je distinguais la silhouette de Cesca, assise sur une chaise à côté de mon lit. Elle était vêtue d’un uniforme de femme de chambre, pour une raison inconnue.

« Cesca... ? Qu’est-ce qu’il y a avec ces vêtements... ? »

« Lady Lapis m’a présenté à eux. Si je dois servir mon Maître, alors cela doit être mon uniforme, alors j’ai été instruit. »

... En y repensant, j’avais juste laissé Cesca entre les mains des servantes dès notre retour, hein ? Je ne l’avais pas oubliée ou quoi que ce soit, mais trop de décisions qui changeaient ma vie me poursuivaient l’une après l’autre, et... attends, c’était intégralement la faute de cette fille, de toute façon !

« D’accord, mais qu’est-ce qui t’amène dans ma chambre ? »

« Je suis venu te faire l’amour. »

J’avais sauté au bord de mon lit comme si j’avais juste entendu un coup de feu dans ma direction. Le brouillard dans mon esprit s’était éclairci instantanément. Ma chasteté était en danger !

« C’était une blague. Je n’ai aucun plan pour ça. Pas aujourd’hui. » Ne colles simplement pas ce : « pas aujourd’hui » sur la fin comme si tu pensais que je ne remarquerais pas ! Je ne pourrais jamais baisser ma garde auprès de toi pendant une seconde !

« La vérité est que je suis venue pour délivrer un message adressé à toi. »

« Un message pour moi... ? De qui est-ce ? »

« Il vient du docteur Regina Babylon. »

Quoi, je dois tenir le téléphone ? Un message pour moi... de cet ancien génie ? La même personne qui avait créé Cesca et les jardins suspendus de Babylone !? Mais comment ? Cesca déplaça sa main droite sur son poignet gauche comme pour prendre son pouls, pour ouvrir son poignet gauche et sortir un câble avec une sorte de connecteur au bout.

« Wouah. »

C’était dans des moments comme ceux-ci que je devais me rappeler que Cesca était en fait une machine.

Cesca avait pris le câble et m’avait présenté son extrémité.

« Hein ? Qu’est-ce que je suis censé faire avec ça ? »

« Je ne suis pas sûre. Le docteur m’a dit que si je donnais cela à mon nouveau Maître, il comprendrait. »

Les instructions n’étaient pas claires. Malheureusement, en tant qu’être humain de chair et de sang, je ne pouvais pas penser à d’autres endroits où je pourrais confortablement « connecter » une telle chose à... est-ce que je devais la mettre dans ma bouche... ? Attendez, se pourrait-il que ? La forme de ce connecteur me semblait familière, mais... non, ça ne pouvait pas être vrai !

J’étais allé là où mon manteau pendait au mur, puis j’avais sorti mon smartphone de la poche. Après cela, j’avais pris le câble que Cesca m’avait offert et j’avais essayé de le brancher.

Mon téléphone avait fait un petit bip quand il avait identifié le câble étranger, et l’écran avait affiché une barre de chargement qui s’était lentement remplie de vert. Lorsque la barre de chargement avait atteint 100 %, l’écran de mon smartphone avait soudainement brillé.

« H-Hey, qu’est-ce que c’est !? »

La lumière s’était graduellement éteinte pour révéler une personne d’environ quinze centimètres de haut, debout sur le dessus de l’écran.

La personne était semi-transparente, presque comme pour m’assurer que je voyais simplement une image projetée en 3 D... ce qui aurait été bien, sauf qu’à ma connaissance, mon téléphone n’était même pas capable de projeter des hologrammes.

La personne holographique était une dame qui semblait être dans la jeune vingtaine. Elle portait une blouse blanche et des lunettes, et avait ce qui ressemblait à une cigarette dans sa bouche. Ses longs cheveux blonds tombaient en désordre, ce que je sentis comme une honte parce que ça lui aurait parfaitement convenu autrement. Le haut et la jupe qu’elle portait sous sa blouse de laboratoire étaient également froissés, ce qui ajoutait à son apparence négligée.

« C’est le docteur Regina Babylon. »

« C’est le docteur... ? »

Le docteur, qui jusque-là était assise un peu nonchalamment, tourna son visage vers le mien alors qu’elle me souriait. Euh ?

« C’est bon. Sympa de rencontrer, gamin. Mon nom est Regina Babylon, comme tu le sais. Avant toute chose, permets-moi de te remercier d’avoir pris en charge l’administration du jardin, ainsi que Francesca. Cela signifie vraiment beaucoup pour moi, Mochizuki Touya. »

« Attends, comment as-tu... ? »

Qu’est-ce que cela signifiait ? Pourquoi quelqu’un ayant vécu près de cinq mille ans avant savait-il mon nom !? Non seulement cela, mais pourquoi ce connecteur s’intégrait-il parfaitement à mon smartphone ? C’était presque comme si c’était spécifiquement conçu pour être utilisé exactement comme ça depuis le début...

« Fais-moi confiance, je sais ce que tu ressens. Je peux te dire que c’est une très bonne question. Bien sûr, tu voudrais savoir. Après tout, tu es une personne très spéciale. »

Spécial... ? Attends, est-ce qu’elle savait que je venais d’un autre monde !? Mais de toute façon, qui pouvait bien être ce docteur !?

« Permets-moi de te répondre si longtemps. Regarde bien maintenant. »

Le docteur parla lentement, et comme elle le faisait, elle leva sa jupe devant mes yeux. Une culotte de dentelle noire avait captivé mon champ de vision.

« C’est ma paire préférée, je te le ferai savoir. »

« Je m’en fiche !? »

J’avais jeté mon smartphone sur mon lit sans réfléchir. Que voulait-elle dire par, j’étais « ce genre de personne » !? Ne crois pas que j’étais comme toi ! Ce n’était pas comme si ta culotte était la première chose que je voulais savoir ou quoi que ce soit, d’accord ?

« Hahaha ! Je plaisante, je plaisante. Ne t’inquiète pas pour ça, c’était juste ma façon de briser la glace. »

C’était ce que le bon docteur disait, essayant toujours de me faire miroiter sa culotte depuis sa nouvelle position au sommet du lit, en me souriant tout le temps. Je le savais, les manières de cette personne étaient au-delà de celle d’un excentrique ordinaire !

***

Partie 11

Le docteur holographique avait remis à ses lèvres son objet ressemblant à une cigarette, alors que ce sourire ne quittait jamais son visage.

« Je t’expliquerai tout, alors pardonne ma petite blague. Premièrement, comment suis-je en mesure de te connaître ? Eh bien ! Tu vois, j’ai un appareil qui me permet d’entrevoir l’avenir. »

Un appareil pour regarder vers l’avenir ? Était-ce une sorte d’artefact ? Je ne savais pas qu’elle était si géniale au point qu’elle pouvait même faire quelque chose comme ça... Elle restait quand même une cinglée.

« J’ai mélangé un peu de magie de l’espace-temps avec de la magie de la lumière, puis j’ai utilisé un sort Néant appelé... Eh bien, peu importe. Ce n’est pas important. Ce qui est important, c’est que j’ai fait un appareil capable de projeter l’avenir. Le problème est que l’appareil a quelques défauts fatals. Premièrement, les visions du futur que je peux observer ne sont que fragmentaires, et deuxièmement, je ne peux pas décider jusqu’où je veux aller. L’appareil cherche quelqu’un qui a le même biorythme que le porteur du futur, et procède pour refléter les événements de la vie de cette personne. Dans mon cas, avoir une affinité pour tous les éléments magiques de base s’est retourné contre moi, signifiant que le futur extrêmement lointain dans lequel tu es est le seul que j’ai pu voir. »

Moi, j’avais le même biorythme que ce docteur cinglé ? Je ne savais même pas ce que ça voulait dire, mais je ne l’aimais pas. On avait l’impression qu’elle m’entraînait avec elle comme un partenaire de crime ou quelque chose comme ça... Je n’étais pas comme ça, d’accord ? Nous pourrions être le même genre de personne, mais cela ne s’étendait qu’à nos alignements magiques, compris ?

« De toute façon, c’est comme ça que je t’ai aperçu. Au début, je ne regardais que par curiosité, mais les choses sont devenues de plus en plus amusantes au fil du temps. Au point où je m’amusais beaucoup à te regarder, toi et ton groupe, allez dans tes aventures sauvages, mais un jour, je ne pouvais plus voir ton avenir. Pourquoi a ton avis ? C’est parce que le futur a changé. Non, ce n’est pas tout à fait le bon mot pour ça. Je suppose qu’une meilleure façon de le dire serait que ton avenir devient incertain. »

Incertain... ? Qu’est-ce qu’un futur incertain ?

α (Le passé) ---------- β (Le futur)

Imaginons le temps se déplaçant en ligne droite du passé vers l’avenir, comme ceci. Si, quelque part le long de la ligne de α à β, un facteur inconnu nommé γ devait intervenir, alors le nouveau futur passerait de β à β1.

Si le futur que le docteur avait regardé jusqu’ici était le futur β, alors un événement énorme assez grand pour changer le futur, l’Événement γ, avait dû se produire, créant le futur β1 comme une nouvelle alternative... Je pense.

« Je pensais que cela aurait pu être la chute de Partheno... mais cet événement était probablement déjà gravé dans la pierre. Après tout, notre civilisation n’existe plus dans ton monde. De toute façon, la chute de Partheno a été provoquée par l’ennemi de l’humanité, la Phrase, et leur invasion implacable. C’était déjà un fait établi dans ton époque. »

La Phrase... Attends, la Phrase !? Les créatures en cristal dont Leen m’avait parlé ! Donc, la chute de la civilisation il y avait cinq mille ans avait été provoquée par cette même espèce étrange !?

« Nous nous sommes battus, bien sûr, mais la Phrase nous est venue par dizaines de milliers. Rien ne pouvait être fait pour empêcher la chute de Partheno. Après cela, la Phrase s’est dispersée aux quatre coins du monde. C’était vraiment la fin des jours. Je suis sûre que la raison pour laquelle j’ai cessé d’être capable de voir l’avenir au-delà de ce point est simplement qu’il n’y a pas d’avenir pour le monde dans ces circonstances. »

Donc, le flux d’événements entre α (le passé dans lequel le docteur a existé) et β (le futur que j’habite actuellement) s’était lentement orienté vers β1 (l’avenir où la Phrase a détruit le monde) ? Mais encore, cela n’avait pas beaucoup de sens. Le monde allait bien.

« Exact. Comme je suis sûre que tu l’as remarqué, ton avenir n’a jamais pris fin. Pour une raison quelconque, ils ont disparu du monde avant que le pire résultat possible puisse se produire. Je ne sais pas comment ni pourquoi, mais grâce à leur disparition soudaine, j’ai pu voir le futur dans lequel tu habites une fois de plus. »

Cela signifiait que β1 avait finalement été évité. C’était au moins bon à savoir. Si β1 avait été l’avenir de ce monde au lieu de β, Dieu aurait pu m’envoyer ailleurs, et je n’aurais pas pu rencontrer tout le monde ici.

Pourtant, qu’est-ce qui avait pu faire que la Phrase s’était levé et pour disparaître en un jour... ? Avaient-ils été tués par une sorte de virus de ciblage de phrases comme dans un roman de science-fiction ou quelque chose comme ça ?

« Quoi qu’il en soit, cela devrait suffire à expliquer pourquoi je sais tout sur toi. Et naturellement, j’ai laissé Babylone là comme un petit cadeau pour toi. Utilise-la comme tu veux. Je l’ai même rempli avec de jolies filles répondant à tes goûts. N’hésite pas à les utiliser comme bon te semble ! »

Le docteur holographique m’avait fait un petit sourire diabolique quand elle avait dit ça. Bon sang, c’est quoi ce sentiment !? Son visage entier disait juste « Non, non, ne t’inquiètes pas. Je comprends parfaitement. Tu es un garçon, je comprends ce que c’est », et cela m’avait rendu fou ! Cela devait être ce que l’on ressentait quand on avait une sœur plus âgée qui recevait des coups de pied avec vous !

« Juste au cas où, je diviserais Babylone en plusieurs parties pour l’empêcher de tomber entre de mauvaises mains. Que tu ailles chasser ou non le reste des pièces, cela ne me dérange pas non plus. De toute façon, tout t’appartient maintenant. D’après ce que j’ai vu, il ne semble pas que de toute façon tu auras réellement besoin de quelque chose d’aussi absurdement puissant dans ton futur. »

Alors pourquoi l’avais-tu même construit !? Je savais qu’ils disaient que la limite entre le génie et la stupidité était mince, mais cette personne avait clairement franchi cette ligne !

« Eh bien, je parle depuis un moment maintenant, alors je vais finir le message ici. Oh, et au fait, quand ce message aura fini de jouer, Francesca se déshabillera. »

« Quuoi !? »

« C’était une blague. En tout cas, à bientôt, gamin. »

J’avais jeté à nouveau mon smartphone sur le lit. Pouah ! Nom de Dieu, ce petit Docteur à petite culotte avait continué à se moquer de moi jusqu’à la fin ! Je ne la comprenais pas du tout ! A-t-elle sérieusement construit tout Babylone dans le seul but de jouer avec un enfant cinq mille ans dans le futur !?

« ... Dois-je me déshabiller ? »

« Tu ne te déshabilleras pas ! »

J’arrêtais rapidement la main de Cesca.

Ainsi, pour résumer rapidement la discussion, le Docteur Babylone nous avait regardé du passé, alors elle savait tout de nous. Mais si elle pouvait vraiment voir l’avenir, alors pourquoi le cercle de téléportation du jardin était-il situé au fond de la mer au large d’Eashen ? D’ailleurs, pourquoi prendre la peine de diviser Babylone en plusieurs morceaux si, de toute façon, elle savait que ça allait m’appartenir ? C’était très difficile de croire qu’elle voyait parfaitement l’avenir.

Non, attends. Elle avait dit qu’elle pouvait seulement avoir une vision fragmentaire du futur, alors peut-être qu’elle ne pouvait pas zoomer sur les détails les plus fins. J’espérais vraiment que c’était le cas, parce que si ce n’était pas le cas, je ne serais jamais capable de me reposer à nouveau en sachant que quelqu’un jetait un coup d’œil sur tout ce que je faisais tout le temps.

Une autre chose qui avait attiré mon attention était la Phrase. De la façon dont elle parlait, il semblerait que le Docteur n’était pas conscient que la Phrase existait encore dans notre monde actuel.

Peut-être que cette Phrase de type cricket que nous avions rencontrée dans l’ancienne capitale venait d’être scellée là pour l’éternité. Si c’était le cas, cela signifierait que la Phrase avait envahi le monde il y avait mille ans... Cela expliquerait pourquoi la vieille capitale était tombée si brusquement, et pourquoi elle avait en premier lieu dû être délocalisée. Tout était logique si je considérais tous ces événements comme liés.

Donc, si celui que nous avions rencontré était probablement un survivant de l’époque où la vieille capitale avait été envahie, alors... Je parierais qu’à l’origine elle avait été attrapée afin que les gens puissent faire des recherches pour essayer de trouver un point faible.

Mais attendez... Si c’était le cas pour le cricket, qu’en était-il de celui en forme de serpent que Leen avait vu ? Ne devrions-nous pas considérer cela comme un signe que les événements survenus il y avait cinq mille ans, et plus récemment il y avait mille ans, étaient sur le point de se reproduire ?

Il y avait cinq mille ans, le monde était au bord de la destruction. Il y avait mille ans, l’ancienne capitale était tombée. Suivant ce modèle, les événements semblaient se rapprocher dans le temps. Même si cela devait se produire à nouveau, les choses ne seraient probablement pas aussi désastreuses que les deux dernières fois... Pourtant, il aurait été stupide de faire cette supposition.

« Quelque chose ne va pas ? »

« Nan, ce n’est rien... »

Tout cela n’était juste pour le moment que des hypothèses. Si mes craintes s’avéraient infondées, alors je ne pourrais rien demander de plus, mais si le hasard fait que ma supposition était juste...

« Je suppose que je ne vais pas me faire du bien si je continue à m’y attarder. Je suis sûr que tout le monde se sentirait mal à l’aise, alors je me tairai. »

« À propos de mon amour pour toi ? »

« Tu ne feras pas une telle chose, et ce n’est pas ce que je voulais dire ! »

« Compris, Maître. »

Cette suite d’événements aurait facilement pu échapper à tout contrôle. La dernière chose que je voulais traiter immédiatement après avoir été fiancé était d’être accusé de tromperie. J’avais chassé Cesca, puisque je m’étais déjà assuré qu’on lui avait donné sa propre chambre, et je rampais dans mon lit.

Le lendemain, je m’étais rendu dans le quartier commerçant du sud de la capitale.

Ma destination était un bijoutier. J’avais pensé que je devrais acheter des bagues de fiançailles pour tout le monde.

J’aurais pu facilement faire les anneaux moi-même en utilisant [Modelage], mais la réduction du prix d’un cadeau important pour sa fiancée ne me plaisait pas, alors je voulais plutôt les acheter dans un magasin. Cela dit, je n’avais aucune idée du prix courant des bagues de fiançailles. J’avais entendu dire auparavant qu’une bague de fiançailles coûtait normalement « trois mois de salaire », mais j’avais aussi entendu dire que c’était juste une rumeur répandue par les bijoutiers pour inciter les gens à dépenser plus pour eux. Ce n’était pas grave, puisque je n’étais même pas payé en « salaire » dans ce monde...

D’après ce que j’avais lu en ligne, une bague de fiançailles était quelque chose qu’un homme donnait à une fille après s’être fiancé. C’était ce qui devait coûter « trois mois de salaire ». Et puis en plus de cela, il y avait la paire d’alliances échangées pendant un mariage et ensuite portées tout le temps par un mari et une femme. Parce que ces anneaux étaient portés en permanence, ils ne devaient apparemment pas être trop chers. Il semblait également être la norme pour les anneaux de mariage de ne pas avoir de pierres attachées dessus.

Pour un mariage normal, je n’aurais besoin que d’acheter trois anneaux. Une bague de fiançailles, une bague de mariage pour ma femme et une bague de mariage pour moi, mais dans mon cas, j’avais quatre femmes, alors j’avais finalement besoin de quatre bagues de fiançailles pour les filles, de quatre alliances pour les filles et d’une alliance pour moi-même, soit un total de neuf anneaux...

Accrochez-vous, est-ce même comme ceci que les mariages fonctionnaient ici ? Je venais juste de le remarquer, mais c’était juste une coutume de mon monde. Je ne savais même pas si les choses fonctionnaient comme ça ici. Je voulais dire, les alliances de mariage étaient probablement la norme au moins, mais...

Incertain des coutumes locales, j’avais décidé de demander à la personne qui travaillait dans la bijouterie quand j’étais arrivé.

Alors que je traversais le quartier commerçant avec la tête pleine de ces pensées, il m’était arrivé d’entendre une dispute en cours. Curieux de voir quel genre d’ennui se préparait, je me dirigeais vers l’étalage de nourriture d’où provenaient les voix. Quand j’étais arrivé, j’avais trouvé le responsable des étalages debout, les bras croisés, lorgnant avec colère le client en face.

« Regarde, gamin. Je ne sais pas où tu les as achetées ou ce qu’elles valent, et je m’en fous. Tu ne peux pas payer avec ça ici. Nous ne les prenons pas. Compris ? »

« C’est gênant. J’ai peur que ce soit tout ce que j’ai, tu vois... »

Le client était un garçon du même âge que moi. Il portait un haut noir sur une chemise blanche, un pantalon noir et une longue écharpe blanche autour du cou. Sa combinaison de couleurs était parfaitement monotone. Il se tenait là, se grattant la tête, visiblement troublé. Même les cheveux qu’il grattait sur sa tête étaient d’un blanc pur. Dans ses mains il tenait deux crêpes, l’une était à moitié mangée.

« Eeehh, je ne peux pas payer avec ça ? C’est de l’argent aussi, tu sais ? »

« Si tu n’as pas d’argent, c’est comme si tu volais ma nourriture. Ne me force pas te livrer aux gardes, gamin. Je te le dis, nous n’avons pas de pièces de monnaie étranges comme ça dans ce pays ! »

« Euh, excusez-moi... »

Je ne pouvais pas m’empêcher de fourrer mon nez dedans. D’après ce que je pouvais comprendre, il semblerait que le garçon n’avait pas la monnaie de ce pays, mais il avait continué et avait mordu accidentellement dans la nourriture sans se rendre compte qu’il ne serait pas en mesure de payer pour cela.

« Ouais ? Qu’est ce que tu veux ? »

Le commerçant avait aboyé vers moi avec colère.

« Je ne fais que passer, mais si c’est juste de l’argent, alors je peux payer sa part. Est-ce que ça ira ? »

« Je ne me plains pas, du moment que je suis payé. »

J’avais remis à l’homme une pièce de cuivre, et il me donna deux autres crêpes. Quatre crêpes pour une pièce de cuivre semblaient être un prix raisonnablement décent. Avec cette affaire réglée, le garçon et moi avions quitté le stand avec de la nourriture dans les mains.

« Merci. Tu m’as vraiment aidé à sortir d’une situation difficile. »

« Ne t’inquiète pas pour ça, vraiment. Mais je dois te demander, n’as-tu vraiment pas d’argent que tu peux utiliser autre que ces pièces ? »

Le garçon m’avait remercié, et j’avais dû vérifier avec lui juste pour être sûr. Je ne pouvais pas m’empêcher de me demander d’où il venait. Après tout, même Eashen utilisait la même monnaie courante que Belfast, et ces endroits étaient presque aux antipodes du monde.

« Tu vois, j’ai pu acheter des trucs avec cet argent avant, mais... »

Le garçon vêtu d’une écharpe prit une poignée de pièces d’argent dans sa poche.

« Elles ont une forme assez bizarre. »

Pour autant que je l’avais compris, la monnaie commune dans ce monde était principalement ronde. C’était vrai pour l’or, l’argent et pour toutes les autres types de pièces de monnaie. En comparaison, les pièces de monnaie que le garçon tenait avaient 8 faces. C’étaient des pièces de monnaie de forme octogonale. Je n’avais jamais vu ces pièces avant. J’en avais pris une de sa main pour que je puisse examiner les deux côtés correctement.

« Si elles ont attiré ton attention, alors je vais t’en donner quelques-unes comme remerciement pour plus tôt. De toute façon, il ne semble pas que je serai capable de les utiliser ici. »

« En es-tu sûr ? D’accord, alors je suppose que j’en prendrais juste assez pour couvrir le coût des crêpes. »

Franchement, je ne les voulais pas vraiment, mais je pensais qu’accepter son offre l’empêcherait de se raccrocher dessus, donc j’avais pris quelques-unes de ces pièces de monnaie.

« Je m’appelle Touya. Mochizuki Touya. Quel est ton nom ? »

« Ende. C’est un plaisir, Touya. »

Il tendit la main que j’agrippai fermement. Je me rappelais avoir pensé à l’époque à quel point sa peau était anormalement froide. C’était un jour fatidique, l’événement qui avait servi de première rencontre entre moi et le garçon nommé Ende.

***

Partie 12

« Hmm, que dois-je faire ? Ça va être dur de ne pas avoir d’argent. »

Ende pencha la tête en mangeant sa crêpe. J’avais aussi mordu dans la mienne, et nous avions regardé la foule d’individus qui allaient et venaient devant la fontaine d’eau.

« Ouais, sans blague. Pour le moment, tu vas probablement devoir trouver un boulot. »

« Quel est ton travail, Touya ? »

« Le mien ? »

Mon travail... Mon travail, hein ? Je n’y avais jamais beaucoup pensé auparavant, mais quel était exactement mon travail ? Aventurier, je suppose ? Je voulais dire que techniquement, le plus gros de mon travail était donné par la guilde.

« Je fais des petits boulots ici et là en tant qu’aventurier de la guilde. Tu sais, des trucs comme chasser des monstres ou garder des caravanes. »

« Ah, je vois. Cela ressemble à quelque chose qui pourrait me convenir. »

Tu fais paraître cela si simple. Eh bien, je supposais qu’il n’y avait pas de missions à haut risque dans les rangs inférieurs, alors ça devrait aller.

« Penses-tu t’inscrire ? Qu’est-ce que tu vas faire pour obtenir une arme ? Eh bien, je suppose que tu peux toujours faire des quêtes de cueillette de plantes pour le moment. »

« Pourquoi aurais-je besoin d’une arme ? Ce n’est pas comme si je devais me débarrasser de dragons, n’est-ce pas ? »

Est-ce qu’il avait l’intention d’y aller à mains nues ? Était-il un bagarreur comme Elze ? Là encore, il pourrait aussi être un mage. Cependant, quelque chose m’avait choqué dans la manière dont il avait dit cela. C’était presque comme s’il disait que même les dragons auraient été un jeu d’enfant pour lui s’il avait une arme.

« Bien, d’accord. Alors, je peux te conduire au bureau de la guilde. De toute façon, j’ai des affaires à régler là-bas aujourd’hui. »

« S’il te plaît, fait. Désolé pour tous les problèmes. »

J’avais jeté les emballages vides de crêpes dans la poubelle et je m’étais dirigé vers la guilde. Après tout, j’avais besoin de retirer de l’argent pour acheter les bagues pour les filles.

Ende était un peu plus grand que moi. Il mesurait environ 170 centimètres. Ses traits étaient assez androgynes, aussi, comme un de ces personnages de jolis garçons. Bon sang, je n’étais pas jaloux ou quoi que ce soit, tu m’entends !?

Mes yeux ne pouvaient s’empêcher d’être attirés par son écharpe blanche, comme elle traînait presque jusqu’au sol. Ce n’était même pas l’hiver, donc je ne savais pas pourquoi il avait besoin d’une écharpe si longue.

« C’était un cadeau de quelqu’un de précieux pour moi. »

Quand je m’étais renseigné à ce sujet, c’était ainsi qu’il avait répondu avec un sourire sur son visage. Cependant, cela avait un peu manqué mon objectif. Voulait-il dire que sa petite amie le lui avait donné ? Son ton de voix l’avait bien fait paraître. L’insigne de la guilde était apparu assez rapidement. Le tohu-bohu autour de la table de quête était aussi animé que jamais.

J’avais emmené Ende au comptoir et j’avais demandé à la réceptionniste de le faire passer par le processus d’inscription. Pendant qu’il était occupé avec ça, j’étais allé retirer de l’argent du comptoir adjacent. C’était une chose que l’on faisait une fois dans sa vie, ou alors je voulais le croire, donc je voulais faire des folies pour les anneaux.

Quand nous nous étions rencontrés, j’avais mon argent prêt et Ende avait sa nouvelle carte d’aventurier noire en main.

« Alors, aucun problème avec ton inscription ? »

« Je vais bien. Tout ce qui reste maintenant à faire est de commencer des quêtes. Cependant, je ne savais pas que la guilde avait des bureaux dans le monde entier. Cela me sauve de beaucoup d’ennuis. Je ne suis jamais au même endroit très longtemps. »

C’est ce que je pensais. Pour un voyageur, il était sûrement vêtu d’une manière assez légère. Bon sang, j’avais été impressionné qu’il ait été capable de devenir un voyageur sans argent utilisable. Il avait aussi ce genre d’air béatement ignorant à son sujet. J’avais pensé un instant qu’il était peut-être un prince d’une contrée lointaine en fuite.

J’avais mes soupçons sur le gars, mais j’avais décidé de ne pas demander plus. Après tout, chacun avait sa propre situation.

« Eh bien, je devrais vraiment y aller. Essaye de t’en tenir aux quêtes les plus simples au début, d’accord ? N’y va pas trop fort maintenant. »

« Entendu. Merci pour tout, Touya. J’espère que nous nous reverrons quelque part. »

« Ouais, on se reverra. »

Je m’étais séparé d’Ende et j’avais quitté le bureau de la guilde. Il était vraiment étrange.

Avec cette petite interruption, je prenais la direction de la bijouterie.

Chacune des quatre filles devant moi était assise avec leurs bagues et elles les regardaient avec de grands sourires sur leurs visages. Leur conception était faite d’une bande de platine assez simple avec un diamant sur chacune d’elles, mais elles m’avaient quand même coûté un joli paquet. En y repensant, à partir du moment où j’avais dit à la dame que je ne connaissais pas le prix standard de ces choses, j’aurais dû m’attendre à ce qu’elle essayait de me faire payer un supplément. Je voulais dire, une fois que j’avais décidé d’un design et entendu le coût, j’en avais demandé quatre et les yeux de la dame s’étaient élargis.

Les bagues que j’avais choisies étaient enchantées, avec un sort qui les laissait s’adapter naturellement à la taille du doigt du porteur. En plus de cela, j’avais inclus quelques enchantements de mon cru.

« En passant, chacune d’entre elles est enchantée par [Accélération], [Transfert], et [Stockage]. »

Je pensais que [Accélération] était un bon choix dans une bataille. [Transfert] laisserait les anneaux fonctionner comme des piles magiques de rechange au cas où elles seraient en manque à un moment critique, et [Stockage] serait un sort pratique pour n’importe quelle fille.

« Merci beaucoup, Touya. »

Yumina avait tenu sa main gauche dans sa main droite, et avait souri en regardant l’anneau à son doigt.

Ensuite, j’avais sorti un collier de chaîne en mithril.

« Tiens, Elze. Ceci est pour toi. »

« Pour moi ? »

Elze prit la chaîne, apparemment un peu perplexe.

« Eh bien, tu ne peux pas vraiment porter cette bague sous un gant, non ? J’ai pensé qu’un collier te permettrait de le garder même si nous avions des combats. »

« Oh, j’ai compris. Je n’ai jamais pensé à ça. Merci, Touya. »

Elze posa l’anneau sur la chaîne et la porta autour de son cou pour voir à quoi cela ressemblait. Je sentais que ça lui allait vraiment bien. Puisque la chaîne était en mithril, il n’y avait aucune chance qu’elle se brise, et tant que l’anneau était quelque part sur la personne d’Elze, elle pourrait utiliser la magie dont il avait été enchanté.

Avec la remise des anneaux, j’avais réalisé que j’avais encore quelque chose dans mes poches. Je les atteignais et je sortais les pièces d’argent qu’Ende m’avait données, et les déposais sur la table.

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Plus tôt aujourd’hui j’ai rencontré un type bizarre nommé Ende, et je l’ai eu de lui. Apparemment, ce sont des pièces de monnaie d’un pays. Est-ce que vous les reconnaissez ? »

Linze avait pris l’une des pièces et commença à l’inspecter avec un grand intérêt.

« Je n’ai jamais rien vu de tel avant... Elles ont un design très élaboré, donc je ne peux qu’imaginer qu’elles ont une valeur considérable... »

J’espérais vraiment que ce n’était pas le cas, parce que je les avais essentiellement pris en paiement pour deux crêpes. J’avais commencé à me demander si les prendre d’Ende pour les convertir en monnaie utilisable aurait été la meilleure idée. En y pensant, même les donner à un prêteur sur gages lui aurait valu au moins le prix de l’argent dont elles étaient faites.

J’avais pris l’une des pièces de monnaie et j’avais effectué une analyse visuelle. J’avais entendu frapper à la porte, et Renne avait montré sa tête dans la pièce. Elle avait tenu la porte ouverte pour Cesca, qui avait apporté une théière et quelques tasses.

« Je suis venue pour vous servir du thé », déclara Cesca en posant les tasses sur la table et en commençant à verser du thé pour nous. Alors que je la regardais faire, Renne s’approcha de moi, agitée. On aurait dit qu’elle avait quelque chose à dire. Je me demandais ce qui se passait...

« Hum, Touya... euh, monsieur. Puis-je m’adresser à... Euh, je veux dire, j’ai effectivement une demande, monsieur... »

« Tu n’as pas à te forcer à parler poliment quand Leim n’est pas là. Quoi de neuf ? »

« Eh bien, tu vois, je veux aussi faire du vélo... »

Un vélo ? Je suppose que je ne voyais vraiment rien de mal à ça. Je ne savais pas ce que je ressentirais à propos de sa conduite en ville, mais ça devrait aller si elle avait quelqu’un avec elle à ce moment-là.

« Je veux m’entraîner, mais mes pieds n’atteignent pas les pédales ! Sue a dit que tu avais fait un petit vélo pour elle avant, et, euhhm... »

Aha, maintenant je comprenais. Le seul vélo que nous avions à la maison était un vélo d’adulte. Renne était encore trop petite pour faire du vélo comme ça. J’aurais dû le remarquer sans qu’elle eût à me le dire.

« Pas de problème, Renne ! Dans ce cas, je vais en faire un spécialement pour toi. De quelle couleur le voudrais-tu ? »

« Vraiment ? Ce n’est pas une blague !? Alors... un rouge ! »

« Tes désirs sont mes ordres, petite dame. »

« Cela tombe bien ! Merci beaucoup ! »

Renne se pencha sur le canapé et me serra fort contre moi. Franchement, si Leim était là, il serait furieux, le savais-tu ? Pourtant, j’étais juste heureux si tu étais heureuse.

Je portais un petit sourire maladroit et laissais Renne me serrer dans ses bras, quand mes yeux rencontrèrent ceux de Cesca.

« ... Donc, tu es un pédophi- »

« Hé, regardez le beau temps que nous avons aujourd’hui, n’est-ce pas !? »

Je ne pouvais pas te laisser finir ce mot, tas de ferraille ! J’étais déjà assez conscient de ce genre de choses grâce à Yumina, alors ne m’en faites pas plus pour moi ! Cesca me lança un regard méfiant pendant un moment, mais finit par retourner à sa tasse de thé comme si la petite altercation ne s’était jamais produite. Après qu’elle eut fini, elle remarqua les pièces de monnaie posées sur la table et inclina légèrement la tête.

« Je ne pensais pas que cette monnaie était encore utilisée après tout ce temps. »

« Que veux-tu dire, après tout ce temps ? Cesca, sais-tu d’où elles viennent ? »

« Oui. Ces pièces particulières sont des Partheno d’argent. Elles ont été frappées pour la première fois il y avait exactement cinq mille deux cent quatre-vingt-quatre ans, et elles étaient aussi couramment utilisées dans cette région. Je suis étonnée qu’elles soient encore en circulation. »

Il y avait longtemps !? Les mots de Cesca me firent reprendre la pièce et l’examiner encore plus intensément. Elles n’avaient vraiment pas l’air si vieilles. Mon Dieu, elle semblait presque flambant neuve. Pourquoi Ende aurait-il transporté quelque chose comme ça... ? Attends. Qu’est-ce qu’il avait dit à ce moment ?

« Tu vois, j’ai pu acheter des trucs avec cet argent avant, mais... »

Avant ? Qu’avait-il voulu dire par « avant », exactement ? Y avait-il vraiment des endroits dans le monde qui pourrait encore utiliser une monnaie d’autrefois ? J’avais une idée, mais c’était ridicule. Il me semblait presque qu’Ende était un humain qui avait voyagé ici depuis le passé. Soit ça, soit il aurait pu être l’une des créations androïdes du Docteur Babylone comme Cesca.

« Cesca, par curiosité, y avait-il des mâles parmi ceux d’entre vous qui avaient été créés par le docteur Babylone ? »

« Des mâles... ? Non, pas du tout. Le docteur n’a jamais pris la peine de faire des mâles. Cependant, il y en avait quelques-unes avec des personnalités plus masculines. »

Plus masculine, hein... En y réfléchissant, Ende m’avait paru plutôt androgyne. En regardant en arrière, je ne pouvais pas vraiment dire avec certitude qu’Ende était vraiment un « garçon ». Je voulais dire, je doutais fortement que ce soit le cas, mais... Cesca me regardait alors que je me perdais dans mes pensées et me jetais un coup d’œil encore plus méfiant. Qu’est-ce qu’il y avait cette fois ?

« ... Alors tu es un homos — »

« Tout à fait, c’est assez ! Arrête ! S’il te plaît, pour l’amour de Dieu, ne continue pas ! »

Ce n’est pas ce que je te demandais, et je n’agirais certainement pas de cette façon ! Je suis droit comme un i ! Franchement, j’aime vraiment les filles !!

« Ne t’inquiète pas, Maître. Qu’il s’agisse de jeunes garçons ou de grands hommes costauds, je vais essayer de m’adapter pour mieux répondre à tes goûts. Dois-je porter des shorts courts à partir de maintenant ? »

« Tu ne le feras pas ! »

Franchement, pourquoi était-elle étrangement informée de ces choses en particulier ? Est-ce qu’elle avait pris cela de sa créatrice comme les enfants prenaient cela de leurs parents ? Regarde. Vas-y, regarde ce que tu avais fait. Tout le monde était confus maintenant... Sauf Linze. Pourquoi rougissait-elle ?

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