Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 3 – Chapitre 2 – Partie 5

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Chapitre 2 : L’héritage de Babylone

Partie 5

« Je ne sais pas comment répondre à ta question. Je crois que tu pourrais l’appeler un... devoir ? »

La fille qui s’était présentée comme Francesca pencha la tête d’une manière mignonne.

Attends un peu ! Veut-elle dire que porter des jupes ou des pantalons n’est pas autorisé ? Qui est le manager ici ? J’aurais quelques compliments à lui donner !

Attends, calme-toi... Cette situation est dangereuse pour ma santé mentale.

Je devais faire quelque chose à ce sujet.

« Euh... Francesca, c’est ça ? »

« C’est correct. Cependant, vous devriez m’appeler Cesca. »

Fran ne serait-il pas le surnom le plus logique ici ? Ah, peu importe.

« Peux-tu mettre quelque chose ? Je... j’ai du mal à décider où regarder. »

« Mais je porte des sous-vêtements, non ? »

C’était vrai, mais ce n’était pas ce qui compte ici ! Guh... Reste calme et reste concentré, Touya. Penses-y simplement comme si c’était un maillot de bain. C’était un maillot de bain, rien de plus, et...

Je ne pouvais pas m’empêcher d’y jeter un coup d’œil. Nan ! C’était une culotte, bon sang ! Aucun doute là dessus !

« Tu viens d’y jeter un coup d’œil, n’est-ce pas ? »

« Je suis désolé ! »

Ah merde, elle m’a vu !

« Eh bien, si tu insistes, je vais aller de l’avant et mettre quelque chose. »

Cesca avait pris une jupe noire ornée de fioritures blanches de nulle part et avait commencé à la mettre. Pourquoi n’avais-tu pas porté ça depuis le début !?

« ... Es-tu sûr de ne pas vouloir me faire quelque chose ? »

« Je suis sûr. Mets vite cela. »

« Je ne protesterai pas si tu me caresses même un peu. »

« Assez ! Dépêche-toi de la mettre ! »

Je voulais pleurer. J’avais juste besoin qu’elle mette sa jupe pour que nous puissions avoir une conversation correcte, mais la situation était épuisante mentalement.

« Donc, j’ai plusieurs questions. Peux-tu y répondre ? »

« Oui. Je pourrais certainement. »

« Quel est cet endroit ? »

« C’est le jardin suspendu de Babylone, haut dans le ciel. Certains appellent cet endroit Nirai Kanai. »

Un jardin dans le ciel ? Le ciel ? J’avais regardé autour de moi et c’était vraiment un jardin, mais il ne semblait pas différent de nos standards botaniques. Je pouvais voir le ciel à travers un dôme de verre au-dessus de nous. Cesca m’avait conduit au bord, où il y avait un mur de verre qui nous séparait de l’extérieur.

Au-delà, je pouvais voir une mer de nuages. Il n’y avait aucun doute à ce sujet. L’endroit flottait réellement dans le ciel. Il méritait bien son nom, un jardin suspendu.

« Quel est le but de cet endroit ? Pourquoi cela a-t-il été fait ? »

« La construction de ce jardin suspendu était le passe-temps du docteur Babylone. »

« Docteur Babylone... ? »

« Le Docteur Regina Babylone. Notre créateur. »

Créateur ? Quelle chose étrange à dire ! Elle parlait comme si elle était un robot et... attends.

« Mon Seigneur. Ce n’est pas une humaine. Je ne peux pas sentir le flux de ses organes vitaux. »

« Quoi — !? »

Sango m’avait dit exactement ce que j’avais en tête. Mon interprétation et mon manque de compréhension de la situation s’étaient tous deux brisés l’un sur l’autre en même temps.

« Dr Babylone m’a créé pour être le terminal de gestion de ce jardin. C’était il y avait cinq mille quatre-vingt-douze ans. »

« Cinq... Hein ? »

Leen m’avait dit qu’elle avait six cent douze ans, et j’étais supposé croire que cette fille avait presque quatre mille cinq cents ans de plus qu’elle ! Attends, je supposais que l’appeler une fille n’allait pas, n’est-ce pas ? Si elle avait été créée, alors c’était un robot... ? Attends, était-elle un androïde ? Ou bien alors une gynoïde [1] ? Je pensais qu’elle avait dit quelque chose comme ça...

« Alors, Cesca. Es-tu une machine ? »

« Pas entièrement, non. J’ai des pièces organiques fabriquées par magie et un réacteur magique, donc je suis plus une forme de vie magique mécanique combinée. »

Je supposais que ça la rapprochait plus d’un golem ou d’un homoncule [2], alors... Mais franchement, elle était tellement réaliste. Une fille normale de haut en bas...

« ... Je suis incapable d’être fécondée, mais je suis bien équipée pour participer à une relation intime, si tu le désires. »

« Je n’avais pas besoin de savoir ça ! H-Hey ! Arrête d’élever ta jupe ! »

Est-ce qu’elle n’était pas programmée pour avoir honte ? Le Dr Babylone était-il un idiot ?

« Ne t’inquiètes pas, mes pièces sont fraîches, propres, et comme neuves. »

« Je n’avais pas besoin de savoir ça non plus ! »

Cesca lâcha sa jupe, un air de déception troublant son visage. Ses manières m’avaient donné une bonne vision de l’esprit du créateur. Il était clair pour moi que Dr Babylone n’allait pas bien dans sa tête.

« Cette fille est aussi difficile à supporter. »

Kokuyou regarda Cesca, sa tête se balançant d’un côté à l’autre. Je ne pourrais pas être plus d’accords.

« À part ça... Je suis impressionné que cet endroit soit actif depuis cinq mille ans. Y a-t-il une raison pour laquelle toi ou le jardin ne s’est pas décomposé ou ne s’est pas effondré ? »

« Le jardin suspendu dans son intégralité est renforcé par la magie. Bien que cinq mille ans puissent te sembler beaucoup, j’étais en mode veille pendant la plus grande partie, en attente d’une urgence. Le jardin suspendu est en grande partie automatisé pendant que je dormais. »

... Attends une seconde. Si elle était active en ce moment, cela ne signifiait-il pas que cet endroit était en état d’urgence ? Je l’avais demandé à la fille robot, et elle avait donné un petit signe de tête.

« En urgence, effectivement. Nous n’avions pas de meilleur mot pour le décrire. Après tout, tu es notre premier invité. Puis-je te demander quel est ton nom ? »

« Ah, je suis Touya. Mochizuki Touya. »

« Très bien, administrateur Touya. Tu as été reconnu comme compatible. Moi, le gynoïde Numéro Vingt-Trois, nom de code Francesca — a été assignée pour te servir. Jusqu’à ce que la mort nous sépare. »

« Excuse-moi ? »

Compatible ? Non, attends... assignée ? Cesca désigna le cercle magique par lequel je m’étais téléporté ici et commença à m’expliquer.

« Aucune personne normale ne peut activer ce cercle magique. Il est fait pour être incapable d’accepter la magie de plusieurs personnes. Cela signifie qu’il ne peut être activé que par ceux qui ont une affinité pour tous les types de magie... Tout comme le Docteur Babylone. »

Donc, la femme qui avait fait Cesca était comme moi à cet égard, hein ? Waouh, alors quelqu’un d’autre comme ça existait réellement dans ce monde... Eh bien, c’était il y avait environ cinq mille ans, mais quand même. Donc, cet endroit ne pouvait être consulté que par des personnes ayant le même potentiel que l’ancien docteur.

« Dr Babylone a décidé de nous confier à une personne compatible qui pourrait passer le cercle de téléportation. C’était il y avait quatre mille neuf cent sept ans. »

« Donc, quand tu dis “compatible”, tu veux dire des gens qui ont une affinité pour tous les types de magie ? »

« Non. Ce n’est pas le cas. »

« Attends, avais-je tort !? »

Elle avait immédiatement refusé ma supposition. Si ce n’était pas la condition, alors qu’est-ce que... ?

« Administrateur Touya, tu as été reconnu comme compatible parce que tu m’as dit de cacher mes sous-vêtements exposés lors de notre première rencontre. »

« Tu ne peux pas être sérieuse ! Comment cela mesure-t-il la compatibilité !? Cela n’a même pas de sens ! »

« Oh, mais c’est très important. Si tu avais laissé tes instincts te dominer et que tu avais essayé de te frayer un chemin, je t’aurais laissé tomber à la surface en un instant. Si tu avais choisi d’ignorer ma tenue et de me laisser rester comme ça, tu aurais été jugé incompatible et je t’aurais poliment demandé de revenir à la surface. »

Pour de vrai... ? Sa culotte exposée était-elle si importante ? Je ne pouvais pas m’empêcher de douter de ses mots.

« Dr Babylone a décidé de cette méthode pour évaluer si une personne est assez prévenante et aimable pour être digne de moi et des jardins suspendus de Babylone. »

« Je vois... Alors le Dr Babylone était une sorte de monstre. »

« Je ne suis pas en désaccord, Administrateur. »

Sérieusement ? Le doc était vraiment une sorte de monstre absolu. Je ne pourrais pas le souligner assez.

« Bien, maintenant que cette blague est réglée, je dois révéler que c’était en fait laissé à notre discrétion individuelle. Personnellement, au lieu d’un faux monsieur qui est excessivement gentil et clairement habitué aux femmes, je préfère me contenter d’un “dégénéré secret” qui jette un coup d’œil à mes sous-vêtements, mais se contrôle et prétend qu’il s’en fout. »

Attends, était-ce comme ça qu’elle avait décidé !? J’étais confus ! Et qu’est-ce qu’elle voulait dire par « dégénéré secret » !? C’était super impoli ! Le mot « contenté » ne me convenait pas non plus.

« En tout cas, je suis ta propriété à partir de maintenant. J’espère que nous nous entendrons bien, Maître. »

« Hhaahhh... »

Un sentiment d’effondrement était venu sur moi. Je m’étais mis dans quelque chose de gênant. Je pourrais facilement imaginer le sourire tordu sur le visage du Dr Babylone.

Je m’étais dit qu’il était temps de convoquer les autres. Après tout, nous avions tous beaucoup de choses à dire. J’avais expliqué la situation à Cesca et j’avais ouvert une [Porte] à la surface.

« C’est un jardin... ? Cela pourrait être une relique laissée par la civilisation antique de Partheno. »

Leen regardait autour d’elle, clairement dépassée par ce qu’elle voyait.

L’ancienne civilisation de Partheno. C’était une culture très avancée responsable de la création de divers sorts et instruments magiques, plus précisément des artefacts.

Ce jardin suspendu de Babylone était une relique laissée par cette civilisation, et il était juste de l’appeler un artefact en soi. Selon cette logique, Cesca pourrait aussi être considérée comme un artefact.

Tout le monde se promenait et explorait l’endroit. Cesca nous avait dit que ce jardin suspendu était de la taille de quatre dômes Partheno. Cela ne signifiait rien pour moi, car je n’avais aucune idée de ce qu’était un dôme Partheno. Cependant, je n’avais aucun doute sur le fait que c’était très grand.

Il y avait des endroits comme des jardins botaniques, des fontaines, des jalons, des parterres de fleurs, des étangs — n’importe qui, ceux qui faisaient occasionnellement du jardinage, deviendrait fou de l’endroit.

En admirant la flore, je pouvais facilement dire ce qui se passait dans tous les esprits. Julio aimerait voir ça.

Leen, Cesca et moi nous nous reposions dans l’un des coins du jardin, près de la piscine, sous un kiosque.

« Alors, tu as ce que tu voulais trouver, Leen ? »

« Je suis vraiment incertaine. J’espérais seulement découvrir de la magie ancienne, mais nous avons trouvé quelque chose de bien plus grand. »

Elle n’avait pas tort. L’ensemble de ce jardin suspendu était un rassemblement géant de magie ancienne. Il y avait un jardin qui n’aurait jamais dû survivre cinq mille ans, mais d’une manière surprenante il avait réussi. Puis il y avait des fleurs qui ne se flétrissaient jamais, une barrière qui rendait l’ensemble invisible pour les étrangers, et ainsi de suite... Il nous était impossible de deviner quel genre de mystérieuse magie antique travaillait sur ce paradis flottant.

Regina Babylone, la créatrice de cet endroit, était une génie, sans aucun doute. Cependant, il était difficile d’ignorer le fait que le bon docteur soit le genre de personne à forcer les gynoïdes à se promener avec des sous-vêtements exposés.

« Cesca, y a-t-il autre chose à côté de ce jardin ? »

« Non. Rien. Contrairement aux autres, cette installation de Babylone est simplement un magnifique jardin personnel flottant dans le ciel. Il n’a pas de trésors à mentionner et aucune arme à proprement parler. Ce n’est rien de plus qu’un merveilleux jardin. »

« Franchement, cet endroit est un trésor en soi. »

« C’est très gentil de ta part. Cependant, es-tu conscient que ce Jardin Suspendu de Babylone est déjà à toi, n’est-ce pas, Maître ? »

Que disait-elle maintenant ?

« Celle qui contrôle et gère cet endroit est moi-même, pas vrai ? Et je suis ta propriété maintenant, Maître. Cela signifie que ma propriété est par procuration la tienne, compris ? »

« ... Es-tu sérieuse ? »

« Oui, je suis très sérieuse. Tu peux considérer cela comme ma dot. »

C’était une grosse dot, à ça... Attends, quoi ? Je n’avais pas l’intention de l’épouser ! J’en ai assez déjà assez à gérer avec une seule fiancée.

« Hey, Cesca. Tu as maintenant piqué ma curiosité. Tu as dit que contrairement aux autres, cet endroit n’est qu’un jardin personnel. Qu’entends-tu par là ? »

Leen regarda Cesca avec des yeux vifs et perspicaces.

En y repensant, Cesca ne parlait pas non plus de gynoïde au singulier... Son phrasé suggérait qu’il n’y a pas qu’elle.

« Babylone est divisée en plusieurs sections flottantes. Outre ce jardin suspendu, il y a aussi le laboratoire, le hangar, la bibliothèque, entre autres, tous gérés par mes sœurs. Babylone deviendra complète quand toutes sont réunies. »

Qu’est-ce que... ?

Notes

  • 1 Le mot « gynoïde » signifie littéralement « qui a la forme d’une femme ». Le mot est construit en miroir avec « androïde », qui signifie au sens propre « qui a l’apparence d’un homme », « homme » étant à prendre ici au sens de « humain mâle ».
  • 2 Un homoncule (variantes : homoncule, homoncule, du latin homonculus, « petit homme ») est une version miniature, souvent caricaturale, d’un être humain que certains alchimistes cherchaient, prétendument, à créer.

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3 commentaires

  1. Merci, Bienvenue à Laputa 🙂
    L'animé se termine avant que l'on ne voit les autres morceaux de ce palais aérien. L'auteur fait il réunir le puzzle de Babylone dans un des prochains tomes ?

  2. Merci pour le chapitre !!

  3. Merci pour le chapitre et bonne continuation!

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