Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 2 – Interlude 1

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Interlude 1 : Une journée de repos à Mismede

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Interlude 1 : Une journée de repos à Mismede

Partie 1

« Voilà Mismede, quel endroit animé ! »

Quelques jours après avoir fait les bicyclettes, j’avais rempli ma promesse d’utiliser une [Porte] pour emmener Sue à Berge, capitale des bêtes.

Nous n’étions pas seuls, bien sûr. Yumina, Kohaku, Leim — le majordome de la famille Ortlinde ainsi que le frère cadet de Laim — et un certain nombre de chevaliers d’escorte des deux sexes nous avaient accompagnés.

C’était naturel, étant donné le statut royal de Yumina et de Sue. Eh bien, je ne pensais pas que les gardes étaient vraiment nécessaires, en considérant que cette petite aventure furtive ne durerait pas plus de deux ou trois heures, mais ça ne faisait jamais de mal de faire attention.

Les chevaliers et Leim portaient des vêtements qui leur permettaient de se fondre dans la foule, mais ils étaient toujours armés.

« Ils vendent tellement de choses étranges ! Je dois acheter quelque chose pour ma mère et mon père ! Touya, allons par ici ! »

« Oui oui. Comme tu veux. »

Sue me tira innocemment sur la main, me guidant dans les rues de Berge.

Comparé à Belfast, Mismede n’était pas exactement un endroit sûr. Eh bien, ces deux villes avaient le même niveau de sécurité que le monde dans lequel je vivais. Je ne parlais pas du taux de criminalité de choses similaires, mais plus la rudesse générale de la population. Il était particulièrement fréquent de trouver des gens bestiaux parmi les hommes-bêtes, même par rapport à d’autres espèces semi-humaines.

Beaucoup pourraient supposer que la nature du roi avait quelque chose à voir avec cela, mais je n’étais pas d’accord. Il était plus probable que les bêtes — en particulier celles qui avaient des qualités de prédateur — soient prédisposées à l’agression dès leur naissance.

Oh regarde. Il y avait une bagarre dans la rue qui venait juste de commencer. Cela ne ressemblait pas à quelque chose comme un combat à mort, c’était juste des coups de poing. Les gens qui passaient n’intervenaient pas, traitant ceci comme un événement quotidien qui ne méritait pas qu’on s’y arrête.

Non seulement cela, il semblerait même que les deux combattants n’étaient pas de parfaits inconnus. Cela ressemblait plus à une bagarre entre deux grands amis.

J’avais commencé à me rendre compte que ce qui était pour moi une « bagarre » entre des étrangers n’était en réalité qu’un « jeu » entre les hommes-bêtes. Mais encore une fois, c’était probablement leur nature.

En tout cas, je ne voulais pour rien au monde m’y impliquer. Alors que Sue et moi traversions les rues de Berge, j’avais mis plus de force dans la main qui tenait la sienne.

Elle m’avait conduit directement dans un magasin d’accessoires de fantaisie. La manière nonchalante avec laquelle elle avait choisi un endroit si luxueux m’avait fait prendre conscience qu’elle était noble.

« Père devrait aimer cette pipe. La sculpture du tigre donne l’air très cool ! Qu’est-ce que je devrais obtenir pour ma mère, cependant... ? »

Sue avait pris une pipe avec une décoration de tigre en argent et l’avait remis à Leim. Puis, elle se tenait devant un étui rempli d’autres accessoires et commença à réfléchir. Pendant ce temps, Leim avait payé la pipe et l’avait fait emballer.

Pendant que je regardais dans la boutique, essayant de trouver quelque chose que les filles aimeraient, Yumina tirait sur ma manche.

« Touya, n’est-ce pas Arma ? »

« Hm ? » Je suivais son regard et regardais par la fenêtre pour voir une fille se promener dans les rues toute seule. Une paire d’oreilles de renard et une queue duveteuse... Il n’y avait pas de doute. C’était Arma, la plus jeune sœur d’Olga, l’ancienne ambassadrice à Belfast.

J’avais légèrement frappé à la fenêtre. Arma l’entendit, s’arrêta de marcher, nous remarqua et courut en remuant la queue. Elle s’était dirigée vers la porte d’entrée puis elle avait couru dans le magasin.

« Heya Arma. Je ne m’attendais pas à te voir ici. »

« Moi aussi ! Je ne savais même pas que tu étais à Mismede ! »

Je donnai une salutation amicale à Arma, et elle me répondit avec un sourire joyeux sur le visage. Yumina et Arma se tenaient par la main, apparemment ravies. La fille-renarde ne semblait pas se soucier du fait que Yumina était une princesse.

« Est-ce que tu fais aussi du shopping, Arma ? »

« Exactement ! Qu’est-ce que tu achètes, Yumina ? »

Yumina avait présenté Sue, et les trois filles avaient commencé un petit échange agréable.

Hésitant à prendre part à leur discussion de filles, j’étais retourné à la recherche d’accessoires. Obtenir quelque chose pour les filles semblait être une bonne idée.

« Maître, n’est-ce pas Olga et Lyon ? »

« Huh? » Kohaku m’avait soudainement envoyé un message télépathique dans ma tête.

J’avais regardé par la fenêtre et, bien sûr, je pouvais voir un homme et une femme marchant dans les rues avec de grands sourires sur leurs visages.

En effet, la renarde était vraiment Olga, et elle était accompagnée de Lyon, le chevalier de Belfast inébranlable.

Lyon était toujours à Mismede ? Il était habillé de façon plutôt décontractée et avait un air bête sur son visage, donc je supposais qu’il était en congé.

« Qu’est-ce qui ne va pas, Touya ? »

« Regarde ça. »

Je pointais le doigt vers l’extérieur, poussant Yumina et Arma à se rapprocher de la fenêtre et à regarder les deux.

« Tu crois qu’ils ont un rendez-vous ? »

« C’est très probable. »

« Attendez, ma grande sœur a un rendez-vous ? »

Les yeux d’Arma s’ouvrirent, on dirait qu’elle ne s’y attendait pas du tout. Pourquoi es-tu surprise, gamine ? Olga semblait être le genre de beauté qui était super populaire auprès des garçons.

Encore une fois, tu ne pouvais pas nier le fait que son air sérieux la protégeait des gens. Combiné avec sa beauté, il se dégageait d’elle une sorte d’aura de froideur et d’inaccessibilité. Néanmoins, cette image disparaissait dès que vous la rencontriez. La fille était douce comme un bonbon.

« Nous devons les poursuivre ! » Arma quitta précipitamment le magasin. Quoi ?! Nous allons les suivre maintenant ?

« Cela semble intéressant. Je vais aussi me hâter ! »

« Hey, Sue ! Non, reviens ici maintenant ! »

Sue et Yumina couraient derrière Arma. Et, réglé comme des horloges, Leim et les chevaliers responsables de leur sécurité avaient également couru derrière elles.

Rester seul planté là ne me semblait pas être un bon moyen de passer mon temps, alors j’avais pris Kohaku avec moi et j’étais allé après eux. Bon sang...

Nous avions suivi le duo dans les rues, gardant juste une bonne distance derrière eux. Je ne m’inquiétais pas trop de Lyon, mais plus d’Olga — qui était une femme bête — et qui aurait pu facilement nous remarquer. Arma avait fait du bon travail en nous gardant hors de portée de la perception de sa sœur.

« Ils ont l’air si innocents. » Nous espionnions le couple derrière le coin d’un immeuble, Yumina sentit le besoin de commenter.

Comme il marchait à ses côtés, Lyon avait atteint à plusieurs reprises la main d’Olga. Bien qu’il avait clairement voulu la prendre, il avait échoué à plusieurs reprises à atteindre son but. Eh bien, je supposais que le mot « innocent » le décrivait parfaitement.

« Mec, c’est tellement irritant ! »

« Attrapes-là, Sire Lyon ! Tu es pathétique ! »

« C’est trop beau... » Parmi nous, ceux qui semblaient le plus et qui s’en souciaient étaient le groupe de chevaliers qui nous escortait. Savoir qu’ils assistaient à un rendez-vous d’un collègue avait augmenté leur curiosité à son maximum.

« Que fait-il ? »

« Il veut lui tenir la main, Sue. Mais il ne peut pas comprendre s’il le pouvait. »

« Ce n’est rien qu’une main. Il devrait juste le tenir s’il le veut ! »

Elle avait complètement raison, mais l’amour était une émotion qui compliquait inutilement ce genre de choses... Quoique je n’avais peut-être pas le droit de dire des choses comme ça.

Néanmoins, les deux, en dépit d’être assez mûrs, semblaient être vraiment gênés sur ce genre de sujet. À ma connaissance, Lyon avait vingt et un ans, alors qu’Olga en avait dix-neuf. Dans ce monde, se marier jeune était la chose normale à faire. Environ la moitié des citoyens normaux avaient des maris et des femmes avant la vingtaine. Il n’y avait pas de cérémonies de passage à l’âge adulte (bien que certaines tribus aient des rituels de passage à l’âge adulte) et si les deux parties étaient indépendantes et stables, ils n’avaient même pas besoin de la permission de leurs parents.

Cependant, cela était tout à fait différent en ce qui concernait les nobles. Lyon était d’une lignée de barons, tandis qu’Olga appartenait à une puissante famille de marchands mismédiens. Ils ne pouvaient pas se marier simplement parce qu’ils en avaient envie.

Il y avait même des familles qui donnaient des fiancés à leurs enfants nouveau-nés. Heureusement, cela ne s’appliquait à aucune de ces deux familles.

De toute façon, avant toute autre chose, ils avaient besoin de se tenir la main.

« Ah, ils entrent dans une boutique ! » Le couple entra dans un café voisin. Ils nous remarqueraient facilement si nous les poursuivions. Aucun d’entre nous ne leur était étranger, alors nous aurions besoin de déguisements.

« Touya, peux-tu faire quelque chose à propos de ça ? »

« Eh bien, je ne peux pas dire que je ne le peux pas, mais... » Je désapprouvais ce que Sue voulait de moi. Après tout, je devais considérer leur vie privée.

« Cet événement pourrait changer la vie de ma grande sœur ! En étant sa sœur, je dois le savoir ! »

Même la famille d’Olga insistait pour que je le fasse...

Tout le monde, en dehors de Leim, me poussait à me dépêcher à aller de l’avant, alors je m’étais résigné, j’avais sorti mon smartphone et j’avais lancé l’application appareil photo imprégnée de [Détection à distance].

L’écran avait commencé à afficher l’intérieur de la boutique. Il présentait exactement ce qu’il pouvait percevoir à travers [Détection à distance]. Même le son était de bonne qualité.

« Je ne suis jamais venu ici auparavant, donc je ne sais pas si tu aimeras la nourriture ici... »

« Non non Non ! Ne t’inquiète pas pour moi ! C’est vraiment un endroit génial ! »

J’entendais les chevaliers derrière moi essayer de retenir leurs rires. Lyon était tendu, mais tout cela était vraiment naturel.

« Tu rentres bientôt à Belfast, n’est-ce pas ? »

« Ah, oui... M,Mais avec l’alliance entre nos deux pays, je suis certain que j’aurai beaucoup plus de chances de venir ici ! Je, je pense le faire la prochaine fois que j’aurai des vacances assez longues ! »

« Heheh, assure-toi de me dire quand tu viendras... je t’emmènerai dans un meilleur restaurant. »

Heh, cela se passe pas trop mal du tout. Olga semblait plutôt contente de la situation.

« Ah, c’est vrai ! J,j’ai ces choses sur moi. »

« Est-ce un... miroir ? Ça a l’air un peu étrange... »

Lyon mit sa main dans sa poche et sortit deux miroirs retenus par des cadres étrangement longs. Oh, c’est les miroirs portails que je lui avais donnés. Il ne lui en avait toujours pas donné un ?

« Ce sont un ensemble d’objets magiques. M-Mr Touya me les avait donnés... jette un coup d’œil. Quand tu mets quelque chose dans l’un... »

« Ah, c’est sorti de l’autre... ! »

« Ils permettent l’échange instantané de lettres sur de longues distances. Je, je pensais te donner celui-ci aujourd’hui... »

« ... Merci beaucoup. Je vais le chérir. » Olga avait tenu son miroir-portail contre sa poitrine et avait largement souri.

Hohoh, alors elle l’avait accepté. Oui, elle aimait vraiment ce gars. Regarde comme sa queue remue de bonheur, c’était trop évident.

« Elle a l’air si heureuse... »

« On dirait qu’il a vraiment une chance avec elle. »

Arma et Yumina avaient fait leurs commentaires, leurs yeux ne s’écartant pas de l’écran pendant un moment.

Je dirais qu’ils avaient juste besoin d’un gros coup de pouce pour combler cette distance entre eux.

Après un repas léger au café, ils avaient quitté le bâtiment. J’avais demandé à Arma, qui était évidemment la plus informée sur Berge, de nous montrer le chemin.

« Ils vont dans la direction de la place centrale. Il y a beaucoup d’étals vendant des marchandises importées rares ou des accessoires bon marché. C’est probablement là qu’ils sont allés. »

D’abord un repas, suivi d’une séance de shopping ? C’était une progression assez classique pour un rendez-vous.

« Il devrait juste lui acheter une bague. »

« Non, ce n’est certainement pas le moment pour les anneaux. C’est beaucoup trop tôt. »

« Si elle l’aime, ça ne la rendrait pas heureuse ? »

« La chose est que nous ne savions toujours pas si elle l’aimait vraiment. Gâcher cet instant dans de telles choses pourrait conduire à des résultats tragiques, vous savez... »

Les chevaliers derrière nous donnaient nonchalamment leurs opinions. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser qu’ils étaient amusés par cette situation. Là encore, je mentirais si je disais que je n’étais pas moi-même curieux.

 

***

Partie 2

Une fois qu’ils avaient atteint la place centrale, ils avaient commencé à regarder les stands. Juste comme Arma l’avait dit, je pouvais voir des choses étranges qui étaient vendues ici.

Franchement, je voulais regarder autour de moi, mais je ne pouvais pas quitter Arma tant que nous suivions l’heureux couple.

« Leim ! Laisse-moi acheter ces masques ! Ce seront des souvenirs pour père et mère ! »

« Très bien. » Sue était allée acheter des masques de renard et de chat, juste à côté du duo d’amoureux. Le niveau de liberté qu’elle affichait me rendait jaloux.

Devant moi, je pouvais voir Lyon acheter des souvenirs pour sa famille pendant qu’Olga l’aidait à les ramasser.

Avec tous les gens qui se pressaient autour de ces stands, nous les avions presque perdus de vue. Eh bien, même si je les avais perdus, je pourrais utiliser la fonction de recherche de mon smartphone pour les retrouver, donc il n’y avait pas raison de s’inquiéter.

Cependant, Arma n’était pas consciente de cela, alors elle s’était précipitée et avait couru dans la personne en face d’elle.

« Owie ... » Arma tomba sur ses fesses, elle était entrée en collision avec une grande personne à capuchon.

« Oh, désolé. Tu vas bien, gamine ? »

« Ah, oui. Pardon. J’avais oublié de regarder où j’allais... » La personne encapuchonnée prit la main d’Arma et l’aida à se relever.

« Arma, est-ce que ça va ? »

« Ah oui. Je vais bien... »

« Désolé pour ça, nous sommes pressés, alors... » Alors que je commençais à m’excuser pour Arma, j’avais regardé directement le visage caché sous la capuche, mais ce que j’avais vu m’avait ouvert les yeux de surprise. J’étais devenu engourdi. L’autre personne avait réagi exactement de la même manière.

« HUH?! » « WHUH ?! »

Nous avions simultanément crié, on s’était pointé l’un vers l’autre, tout en fermant nos bouches. Zut, c’était trop fort ! Lyon et Olga auraient pu entendre ça…

« Que diable fais-tu ici ?! »

« Tu me retires les mots de ma bouche ! N’étais-tu pas retourné à Belfast ? »

Non, non, non ! Me trouver ici était bien moins inhabituel qu’un roi qui se promenait sans que personne ne l’accompagne ! Sa Majesté, le roi de Mismède, baissa la voix et me parla.

« Eh bien, tu sais... J’aime quitter le château et faire une promenade de temps en temps. De plus, j’ai récemment entendu parler de voyous de buncha qui pensaient qu’ils étaient des durs à cuire, alors je suis venu les battre. »

Tu es sorti pour te battre avec les voyous ? Franchement ? Quel genre de roi faisait ça... ? J’étais désolé, Chancelier Glatz... Cet homme faisait clairement ce qu’il voulait.

« Qu-Quoi ?! »

Oh, on dirait qu’Arma avait finalement réalisé sur qui elle était tombée. C’était vrai, ils avaient tous les deux assisté à cette fête il y avait quelque temps... Je supposais qu’ils se connaissaient.

Sa Majesté avait mis son doigt contre sa bouche pour lui dire de se taire, ce qui avait poussé Arma à mettre ses deux mains sur sa bouche.

Yumina, qui était arrivée un moment plus tard, avait également reconnu Sa Majesté. Cependant, Sue, Leim et les chevaliers d’escorte n’étaient pas familiers avec lui, donc ils avaient supposé qu’il était simplement une connaissance.

« Alors, quelles affaires vous amènent ici ? »

« Eh bien, si nous devons répondre à cette question... nous suivons quelqu’un. »

J’avais essayé d’être aussi honnête que possible. Sa Majesté avait légèrement incliné la tête pendant que je sortais mon smartphone et que je localisais où le couple était parti. Ils étaient dans un parc à une courte distance devant nous. On dirait qu’ils étaient assis sur un banc.

Encore une fois, nous nous étions cachés derrière le coin d’un immeuble alors que nous les surveillions. Nous pourrions facilement les voir d’où nous étions.

« C’est... Olga et le jeune chevalier belfastien. Bwahah, je vois... Alors c’était donc ça, hein ? »

« Rien de plus, rien de moins. »

Sa Majesté nous avait rejoints pour une raison inconnue, alors je lui avais dit de se taire.

Ce n’était probablement pas la meilleure façon de se comporter avec un roi, mais nous avions été en très bons termes depuis notre bataille. Cependant, cela aurait pu avoir un quelconque rapport avec mon engagement avec Yumina.

La présence d’un roi obligeait généralement les gens de moindre rang à s’abaisser. Cependant, comme c’était un gars assez franc et un peu simplet — ou, euh, un homme dominé par l’instinct — il ne se souciait probablement pas de ma manière à faire du copinage avec lui.

Alors que je reportais mon attention sur Lyon — toujours assis sur le banc — je l’avais vu essayer de bâiller nonchalamment et de passer son bras autour de son épaule, pour finalement échouer et avoir l’air vraiment mal à l’aise. De toute évidence, c’était trop difficile pour lui. De plus, il ne pouvait même pas lui tenir la main.

« Oh cher ami. »

« Ça fait mal à regarder... »

« Attrape-la, putain ! »

« Eh bien, vous ne pouvez pas vraiment dire qu’il n’est pas comme d’habitude... »

Le chuchotement des chevaliers derrière moi me fit sourire.

« Bwaha... c’est plutôt triste. Quand j’étais jeune, les hommes étaient plus simples. Je veux que tu saches que je... »

Alors que Sa Majesté commençait à parler de lui, les choses s’étaient brusquement dégradées à quelques pas du banc où Lyon et Olga s’assirent.

J’avais regardé par-dessus pour voir quelques hommes détruisant l’un des stands voisins. L’homme qui ressemblait au propriétaire était battu par un certain nombre de voyous à l’air rude.

Ce n’était clairement pas une simple querelle. Le propriétaire avait été victime d’une attaque unilatérale.

« Assez de ça ! » Lyon courut vers eux. Comme il convenait à un chevalier belfastien, il ne pouvait supporter l’assaut ignoble qui se passait sous ses yeux.

Il avait certainement un sens aigu de la justice... Eh bien, quand vous considériez qui était son père, c’était logique. Léon le frappait probablement chaque fois qu’il faisait quelque chose de mal.

« Que dirais-tu de reculer et de t’occuper de tes propres affaires, connard. »

« Vous laisserez partir cet homme. Je ne sais pas ce qui se passe ici, mais vous le laisserez partir. Qui êtes-vous pour vous liguer et attaquer un homme comme ça ? Lâches. N’avez-vous pas honte ?! »

Ouah, il était trop cool ! Qu’était-il arrivé à ce triste perdant qui ne pouvait même pas tenir la main d’une fille juste avant ?!

Comme c’était un jour de congé, Lyon n’était pas dans sa tenue de chevalier. Les voyous pensaient probablement que c’était juste un gars quelconque avec un sens aigu de la justice.

En plus de cela, ils avaient clairement l’avantage du nombre. Il n’y avait aucune raison pour qu’ils reculent.

« ... Quelles sont les chances que ce soient les voyous que tu cherches ? »

« Assez haute. Assez haute, effectivement. »

Ils étaient plus de vingt. C’étaient aussi tous des hommes-bêtes. Lyon était sans arme, donc il était clairement impossible pour lui de gérer autant de monde. Certains d’entre eux portaient même des épées.

« Occupe-toi de tes foutues affaires, déchet humain. Je ne fourre pas mon nez dans ta merde, n’est-ce pas ? »

« Que vous soyez un humain ou un homme-bête est complètement hors de propos ici, sale chien. Ce que vous faites est bas et méprisable, indépendamment de la race ! »

« Grr... qu’est-ce que tu viens de dire ?! »

Un des hommes-bêtes avait couru vers Lyon avec un poing fermé prêt pour donner un coup de poing. Le chevalier avait évité le coup avec un mouvement sans heurt du haut de son corps et avait réagi hâtivement avec un coup de poing dans l’estomac de son ennemi.

Comme l’homme était tombé à terre, les voyous avaient préparé leurs armes.

« Connard ! Attrapez-le, les gars ! »

Avec cela, ils avaient commencé à attaquer Lyon.

Cela ne semblait pas bon... Il était totalement en infériorité numérique.

« Sue ! Lance-moi un masque ! L’un de ceux que tu as achetés plus tôt ! »

J’avais pris le masque de renard de Leim et l’avais mis sur moi. D’accord, cela devrait faire un bon déguisement.

Je regardai à mes côtés pour réaliser que Sa Majesté n’était nulle part. Où était-il allé... ?

« Guah ?! »

« Q, Qui diable es-tu ?! D’où viens-tu ?! »

« Geheheh, je ne suis venu que pour donner un coup de main pour ce gars-là. Prépare-toi, vermine ! »

« Je ne sais pas qui vous êtes, étranger masqué, mais je suis reconnaissant pour votre aide ! »

Sa Majesté était déjà entrée dans la mêlée. Enfilant le masque de chat, il avait sauté dedans et avait fustigé l’un des bandits. Il avait utilisé Accélération ! J’avais rapidement enfilé le masque de renard, j’avais sauté de derrière le bâtiment et j’avais donné des coups de pied à l’un des voyous à l’arrière.

« I-il y a encore d’autre de ces cinglés ?! »

Je n’étais pas un « cinglé », merci beaucoup... Cependant, je pouvais tout à fait voir pourquoi il l’avait dit.

Un des hommes-bêtes avait essayé de me frapper, alors j’avais attrapé son bras et j’utilisais son élan pour le jeter sur le sol. Alors que je jetais un coup de poing dans son plexus solaire, j’avais évité un couteau lancé par un autre criminel.

Au milieu d’une telle mêlée, il fallait veiller à ne laisser personne venir par-derrière. La concentration était la clé, j’essayais toujours de garder autant d’ennemis en vue que possible.

Je ne m’attendais pas à ce que les enseignements de Yae me soient utiles si tôt. Cela étant dit, le masque que je portais ne m’avait vraiment pas aidé pour garder une bonne visibilité.

J’avais regardé sur le côté et j’avais vu Sa Majesté, toujours masquée, briser en deux les hommes-bêtes avec une allégresse apparente. Il n’avait pas semblé que la vue restreinte l’avait dérangé de son côté. Il avait juste l’air de soulager son stress. Mieux valait simplement le laisser faire.

Lyon aussi se battait avec une grande férocité. Comme attendu d’un chevalier belfastien, il était fort même sans arme.

Ce serait beaucoup plus facile si je pouvais utiliser Paralysie ou quelques autres sorts. Mais je ne voulais pas courir le risque de voir Lyon ou Olga se méfier. Je ne pouvais même pas utiliser Glissade, ça craignait...

Eh bien, je n’étais quand même pas une petite frappe comme ces gars-là, qui pouvaient être battus sans utilisation de sorts.

Alors que l’un des voyous m’attaquait avec un couteau, je l’avais assommé avec un crochet du droit et j’avais utilisé un coup du gauche pour le frapper au visage. Ils étaient vraiment pathétiques. Après tout, les voyous standard n’avaient aucune chance contre les chevaliers chevronnés et les aventuriers. En fin de compte, ils n’étaient rien de plus que des éboueurs qui ne passaient leurs temps qu’à intimider les personnes les plus faibles.

Il ne nous avait fallu que quelques instants pour vaincre le groupe. Le dernier avait été abattu par Lyon.

« N’avons nous pas été un peu trop loin ? »

« Bwahaha... probablement ! Est-ce que ça importe ? Même si c’est le cas, ces gars ont totalement un casier judiciaire. Nous n’avons rien fait de mal. »

Hrm... cependant, il semblerait que ce soit eux qui avaient commencé. Là encore, si l’homme le plus puissant du pays dit que c’était bon, qui suis-je pour être en désaccord ?

Je jetais un coup d’œil à Lyon, il était en train de me regarder. Huh? Qu’est-ce que c’est ?

« ... Vous devez être Monsieur Touya, n’est-ce pas ? »

« Pourquoi ? Comment avez-vous... ? »

J’avais claqué ma main sur ma bouche, mais c’était trop tard. Comment l’avait-il compris ?!

« Eh bien, vous êtes la seule personne de ma connaissance qui porte un manteau comme celui-là. Et je connais votre voix. »

Crap. Pourquoi avais-je même pensé que cela marcherait ?! Ce manteau était un exemplaire unique que j’avais acheté chez Berkut. Il n’y avait pas d’autre manteau comme celui-là. J’aurais dû l’enlever avant le début de la bataille.

« Lyon ! Est-ce que ça va ? »

Olga avait couru vers Lyon. Elle prit sa main, le rendant tout rouge et agité. Il avait commencé à la rassurer à plusieurs reprises qu’il allait très bien.

Elle devait aussi être paniquée, étant donné qu’elle n’avait pas utilisé de formalités et qu’elle l’avait simplement appelé « Lyon ».

« Gahaha... il est grand temps d’appeler les gardes et de leur remettre ces déchets ! En fait, quelqu’un pourrait déjà en appeler... »

Olga inclina légèrement la tête et regarda dans ma direction. Bien qu’elle ne me regardait pas directement, mais celui qui venait de parler.

« Votre... Majesté ? »

Le vieil homme dans le masque de chat était soudainement devenu raide. Oh, j’avais complètement oublié. Le masque suffisait à tromper Lyon, mais Olga, étant une femme bête, pouvait nous reconnaître par l’odorat. Ouah, ouah. Je pouvais voir une quantité anormale de sueur perler sous ce masque de chat, mon vieux ! Tu es probablement paniqué parce que le chancelier allait découvrir ça, n’est-ce pas ?

« ... Accélération. » Sa Majesté avait activé le sort d’accélération et s’était éloignée de nous en un clin d’œil. H-Hey ! Ne me laisse pas juste ici ! Juste au moment où j’allais utiliser Accélération pour le suivre, Lyon m’avait attrapé par l’épaule.

« Ah, ah, ah, Monsieur Touya. Où pensez-vous aller ? Nous avons des choses à nous dire. »

« Eh bien, c’est une rencontre fortuite tout en ne l’étant pas. Nous vous avions vu tous les deux, nous avions décidé de vous aider à allumer votre passion pour Olga et nous nous étions un peu laissés emporter, alors... OWOWOW ! Vous me faites mal à l’épaule ! Olga, aide-moi s’il te plaît ! »

Je m’étais échappé de l’emprise mortelle de Lyon et je m’étais caché derrière Olga. Debout entre nous, elle regarda directement Lyon.

J’avais repris mon souffle, cette fois avec plus de force.

« Lyon, c’est votre propre faute pour ne pas avoir été clair, le savez-vous ? Vous devez le dire haut et clair pour le lui faire comprendre ! Est-ce que vous l’aimez ?! »

« Quoi ?! Bien sûr que oui ! Je ne pourrais pas l’aimer plus même si j’avais essayé ! Je crois honnêtement qu’une femme aussi bonne qu’elle n’existe pas ! Que je meure si je mens ! »

« Alors vous dites que vous voulez avoir une relation sérieuse avec elle, n’est-ce pas ?! »

« Bien sûr que je le veux ! »

Se laissant lui-même emporter par le courant, Lyon avait finalement été clair.

Quel honnête homme ! C’était ce que je voulais entendre !

« ... Eh bien, tu l’as entendu. »

« A, Ah... »

Lyon détourna son regard de moi et regarda Olga, qui était juste à côté de moi. Son visage était rouge comme une betterave. Lyon avait confessé ses sentiments. C’était au tour d’Olga...

En choisissant soigneusement ses mots, Lyon était devenu raide de peur. Je m’étais approché d’Olga et lui avais chuchoté à l’oreille.

« Ne le laisse pas dans le flou. Dis-lui : “Je ressens la même chose.” Ou bien “Je suis désolée, mais ces sentiments ne sont pas partagés.” D’accord ? »

Ses oreilles de renard se crispèrent un peu alors qu’elle devenait encore plus rouge. Cependant, elle était encore capable de formuler la bonne réponse.

« Je-je ressens la même chose... »

« Huh ...? U, Uhm... A-Alors, veux-tu... sortir avec moi... ?! »

« Oui. »

Olga souriait avec un sourire timide.

L’expression de Lyon passa rapidement de l’inquiétude à la joie, et un instant plus tard, il laissa ses émotions exploser.

« H-HOUURRAH !!! » Submergé par la joie, il lança son poing dans les airs.

Voyant cela, Olga souriait encore une fois.

Hehehehe... comme je l’avais prévu ! Eh bien, non. Je n’avais pas vraiment planifié tout ça du tout. Mais tout avait fonctionné finalement. Quoi qu’il en soit, il était clair que ces deux-là avaient besoin d’un stimulant ou ils seraient restés dans les limbes pour toujours.

Les chevaliers s’étaient tous présentés et avaient laissé échapper des tonnerres d’applaudissements.

« Tu l’as fait, Lyon ! »

« Merci ! »

« Mec, tu as vraiment été bon ! Bon travail ! »

« Eh bien, que puis-je dire, Hahahah! »

« Tu me rends jaloux, putain ! »

« Haha, ne vous inquiétez pas... Attendez, quand êtes-vous arrivé ici ? »

Lyon regarda ses compagnons-chevaliers, qui lui tapotaient maintenant le dos.

D’après l’expression qu’ils avaient faite quand Lyon leur avait demandé cela, il était probable qu’il avait supposé qu’ils s’étaient cachés sans réfléchir.

« Bon travail, sœurette ! »

« A-Arma ?! Pourquoi es-tu ici ? »

Apparemment, la petite sœur innocente était si heureuse pour sa grande sœur qu’elle ne pouvait pas s’empêcher de sortir et de l’exprimer ainsi. Pris dans le cours de la situation, Yumina, Sue, Kohaku et Leim étaient également sortis et s’étaient montrés.

Les deux — réalisant enfin que leur rendez-vous avait été observé — me regardèrent soudainement. La terreur absolue avait englouti l’intégralité de mon être.

« Monsieur Touya ! Expliquez-vous tout de suite ! »

Ils m’avaient crié dessus à l’unisson. Tous les deux étaient rouges comme des betteraves. Attends, pourquoi agissez-vous comme si j’étais le cerveau derrière tout ça ?! Bien qu’ils cachaient probablement leur embarras, Olga et Lyon avaient commencé à me gronder. Ce n’était pas juste ! Ce n’était pas juste du tout !

Franchement, je vous ai aidé dans vos amours, espèce d’inséparable ! Au lieu de cela, je devrais être remercié !

Quoi qu’il en soit, c’était de cette manière que ces deux-là avaient commencé une relation sérieuse. Ils échangeaient régulièrement des lettres avec leurs portails-miroirs, et, lors des jours de congé de Lyon, il me demandait parfois d’ouvrir une porte vers Mismede.

Bien sûr, il m’avait demandé de ne plus jamais le suivre.

Le jour suivant, Sa Majesté, le roi de Mismede avait reçu une réprimande lourde du chancelier Glatz. C’était ce que j’avais entendu de Lyon, qui lui avait été dit par Olga.

Si seulement cela suffisait à faire comprendre à ce monarque qu’il devait arrêter de quitter le château sans autorisation. Mais je savais dans mon cœur que cela ne serait pas assez.

Je ne pouvais qu’envoyer des ondes positives dans l’univers, et j’espérais qu’elles donneraient de la force au pauvre vieux chancelier Glatz.

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