Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 2 – Chapitre 3

Bannière de Dans un autre monde avec un Smartphone ***

Chapitre 3 : La vie au jour le jour II

***

Chapitre 3 : La vie au jour le jour II

Partie 1

Le lendemain de notre retour de Mismede, nous nous étions dirigés vers la guilde de la capitale pour recevoir nos récompenses.

En regardant le tableau de quête, qui était tout autant entouré que celui de la ville de Reflet, j’avais remis ma carte à la réceptionniste. Comme il s’agissait d’une demande directe, le palais royal avait dû informer la guilde qu’elle était terminée. La dame au bureau avait regardé par-dessus nos cartes et avait demandé des papiers avant de presser ce fameux sceau contre eux.

« Vous avez tous fait du bon travail. Vos accomplissements durant cette quête ont augmenté votre rang dans la guilde. Toutes nos félicitations ! »

J’avais regardé par-dessus les cartes qu’elle nous avait données, et, bien sûr, les miennes, Elze, Linze et Yae étaient bleues, tandis que celles de Yumina étaient vertes. Puisque l’ordre était noir, violet, vert, bleu, rouge, argent et or, nous étions maintenant en plein milieu de la chaîne. Une fois que nous aurions atteint le rang rouge, nous serions capables de nous appeler de vrais aventuriers.

« Et voici votre récompense. Elle est dix pièces de monnaie en platine. » La réceptionniste avait placé dix pièces de monnaie blanches sur la table.

Je ne pouvais toujours pas croire qu’une seule d’entre elles valait un million de yens. Je voulais dire que cela faisait dix millions de yens au total... N’était-ce pas un peu trop ? Là encore, c’était une récompense pour une mission qui allait aider à décider du sort de deux pays, alors peut-être que je ne devrais pas me sentir si mal à ce sujet. De plus, le plan entier dépendait de ma capacité rare à utiliser [Porte]. Si vous teniez compte de cela, peut-être que la récompense avait été simplement gonflée à cause de ces conditions spéciales.

Chacun d’entre nous avait pris deux pièces, puis on s’était retourné pour quitter la guilde. Mais avant que nous ayons eu l’occasion de partir, le réceptionniste nous avait arrêtés.

« Ah, pourriez-vous attendre une minute ? Des gens du palais royal nous ont dit qu’un groupe dirigé par un certain Mochizuki Touya avait tué un dragon noir. Est-ce que ce serait vous ? »

« Ben ouais. Nous en avons vaincu un... cependant, je ne peux pas vous aider si vous demandez une preuve. » Je n’avais pas envie de montrer les armes que j’avais faites avec la corne du dragon, et les pièces que je n’avais pas encore utilisées étaient toutes stockées dans la maison. De plus, ce truc ne ressemblait plus à une corne, alors j’avais douté qu’ils m’aient cru même s’ils l’avaient vu.

« Oh non, il suffit de confirmer votre identité. La validité du titre “Tueur de dragons” a été assurée par le palais royal, donc il n’y a pas de problème à cet égard. Dans cette optique, la guilde voudrait que vous acceptiez le symbole de votre action — le titre de “Tueur de dragons.” »

Alors qu’elle parlait, elle avait pris les cartes de tous ceux qui avaient participé à la bataille et avait posé un autre cachet sur elles. Elle me les rendit, et je remarquais rapidement un symbole rond dans le coin droit de ma carte. Cela représentait une épée perçant à travers un dragon au sol. C’était donc la marque d’un tueur de dragons, hein ?

« Si vous présentez cette carte à des forgerons, à des armuriers, à des ateliers d’outillage ou à des auberges partenaires de notre guilde, vous bénéficierez d’une réduction de 30 % sur toutes vos transactions. J’espère que vous apprécierez les avantages. »

Hein ? Il y avait des bonus ajoutés à cela ? Eh bien, je ne refuserais pas quelque chose d’aussi gentil. Selon la réceptionniste, le titre de « Tueur de dragons » était donné seulement à ceux qui avaient tué un dragon dans un groupe de cinq ou moins. Cela me semblait assez raisonnable. Après tout, si un millier de personnes allaient et venaient à bout d’un dragon, il ne serait pas juste d’appeler ces gens des tueurs de dragons.

La réceptionniste avait également dit que c’était un événement très rare de voir membre bleu tuant un dragon. Il était intéressant de noter que le seul aventurier de rang or du monde était également de rang bleu quand il avait tué son premier dragon. Mettant de côté les discussions, j’avais accepté mon nouveau titre avec joie.

Nous avions quitté la guilde, et comme les filles avaient commencé à parler d’acheter des vêtements et d’autres bibelots, j’avais décidé de rentrer à la maison. Mais avant que je puisse partir, je m’étais souvenu qu’il y avait quelque chose dont je devais m’occuper. D’accord, maintenant, allons trouver un forgeron...

Mes achats m’avaient laissé un peu accablé, alors j’avais utilisé [Porte] pour retourner dans mon jardin, où j’avais surpris accidentellement mon jardinier, Julio. Oups, c’est mauvais...

« Monsieur, qu’est-ce que cela pourrait être ? » Curieux de ce que j’avais avec moi, Julio arrêta son travail sur le parterre de fleurs.

« De l’acier, du caoutchouc et un peu de cuir. Je suis sur le point d’essayer de faire un vélo. »

« Acheter une faucille ? » (NdT : totalement intraduisible en français, c’est un humour basé sur la prononciation bicyle [vélo] et buy-syckle [acheter une faucille])

« C’est un véhicule simple. De ceux qui vous permettent d’aller très vite. »

« Je... vois... » répondit-il, mais était clairement inconscient de l’idée. Je ne pouvais pas le blâmer pour cela.

Quand j’avais commencé à utiliser les pneus, j’avais été frappé par le fait que j’avais probablement besoin d’une pompe à air en premier lieu. Puis je m’étais souvenu que les routes de ce monde les feraient passer très vite à plat, alors j’avais décidé de les faire intégralement en caoutchouc. Cependant, rouler avec un vélo composé avec des pneus uniquement en caoutchouc serait probablement beaucoup moins agréable.

Alors que j’utilisais le [Modelage] pour donner au caoutchouc la forme d’un pneu de vélo, Laim était venu au jardin, accompagné par nul autre que le Duc Ortlinde.

« Monsieur, Monsieur le Duc Ortlinde est venu rendre visite et... Si je peux vous le demander, que faites-vous ? »

« Hey. Quelle est cette chose ? »

Leurs réactions étaient les mêmes que celles de Julio. Ma réponse était exactement la même et, comme on pouvait s’y attendre, ils ne comprenaient pas du tout.

« Alors, qu’est-ce qui vous amène ici, Duc ? »

« Je suis simplement venu te remercier pour ce que tu as fait. Oh, aussi... à propos de ces miroirs destinés à envoyer des lettres... Je me demandais si tu pouvais m’en donner un autre. »

« Vous voulez un autre Miroir Portail ? Pourquoi ? »

« Eh bien, en fait, ce serait pour ma femme ! Je pensais qu’elle serait tellement heureuse si je lui donnais les moyens de parler fréquemment avec sa mère. Sa mère vit assez loin, tu vois. »

Vous avez l’air plutôt timide, Monsieur le Duc. Heh, c’est mignon. J’avais fait venir Laim dans ma chambre et j’étais allé chercher un ensemble de miroirs dans les tiroirs de mon bureau. Ensuite, j’avais utilisé [Enchantement] pour les imprégner de [Porte]. Juste pour en être sûr, j’avais mis un morceau de papier dans l’un d’entre eux, et il en était sorti très bien de l’autre.

« Je serais reconnaissant si vous gardiez cela secret. Je n’aime pas l’idée que quelqu’un m’espionne derrière moi. »

Même s’il était peut-être un peu tard pour arrêter les commérages, j’avais fait de mon mieux en prenant mes précautions à ce sujet.

« Bien sûr, pas besoin de s’inquiéter là-bas. Tant ma femme que sa mère tiennent toujours de telles promesses. » Comme il se trouvait là, j’avais décidé de lui donner aussi le souvenir que j’avais acheté à Mismede pour Sue. C’était juste une pince à cheveux en argent, mais j’espérais qu’elle aimerait ça.

« Au fait, combien de temps cela te prendra-t-il pour finir cette... bicyclette, n’est-ce pas ? »

« Hmm, c’est ma première fois que j’en fais une, mais je suppose que cela sera terminé dans la demi-heure. Bien que les derniers réglages pourraient ajouter un peu à cela. »

« Je vois... Alors je me permettrai de t’observer jusqu’à la fin, si cela ne te dérange pas. »

Duc, vous avez trop de temps libre. Bien, peu importe. J’ai un pneu à finir. J’avais pris un lingot d’acier et j’ai utilisé [Modelage] pour créer un cadre de roue de vélo.

« Très bien, on dirait que tout est terminé. »

« Hoh. Donc c’est une bicyclette... » Laim, Julio et le duc regardèrent le vélo terminé avec une grande curiosité.

En fin de compte, j’avais opté pour une conception de vélo de ville standard. Bien que simple, il était complet avec un panier à l’avant et avait même un porte-bagages arrière. Cependant, la béquille de vélo et les lumières pour les promenades nocturnes semblaient être assez pénibles à faire, donc il n’en avait pas.

Ne voulant pas perdre de temps, je m’étais assis sur le siège en cuir et j’avais commencé à pédaler en avant. Laim, Julio et le duc regardèrent avec étonnement.

D’accord, tout va bien. Eh bien, peut-être que cela vibrait un peu trop. J’avais fait un tour dans le jardin, j’étais revenu, puis j’avais freiné. Bon, pas de problème non plus.

« Touya ! Puis-je aussi monter dessus ?! »

« Tout le monde peut. D’où je viens, même les enfants les montent. Cependant, les débutants finissent souvent par tomber énormément pendant qu’ils pratiquent... Êtes-vous prêt à passer par là ? »

« Bien sûr ! » Franchement, mec ? Vous avez plus de curiosité que vous ne le devriez, Duc !

Le duc Ortlinde m’avait enlevé avec enthousiasme le vélo et avait imité ce que j’avais fait en m’asseyant dessus et en pédalant... pour tomber presque immédiatement. Eh bien, qui ne l’avait pas vu venir ? Laim l’aida à la hâte, mais le duc ne se découragea pas. Il sauta sur son vélo et... tomba de nouveau.

Cela m’avait rappelé quand j’étais passé par le même rite de passage. Je croyais profondément que les échecs répétés étaient ce qui rendait le premier succès si satisfaisant. Dommage que je ne me souvenais pas combien de temps cela m’avait pris jusqu’à ce que je puisse rouler correctement.

J’avais couru faire une recherche sur Internet, j’avais trouvé un site sur « Comment apprendre à faire du vélo en une journée » et l’avais utilisé pour lui donner quelques conseils. Je ne pouvais qu’espérer que ça l’aiderait.

Le duc était occupé à tomber du vélo, Laim était occupé à l’aider à se relever après sa chute, et Julio était occupé à regarder le spectacle se dérouler. J’avais décidé que c’était la meilleure opportunité pour faire un deuxième vélo. Après tout, il était bien trop évident qu’il en voudrait un quand il apprendrait à en faire.

Une fois le deuxième vélo terminé, je m’étais dit que Sue en voudrait un aussi, alors j’avais commencé à faire un vélo pour enfant avec des roues d’entraînement. J’avais également ajouté un outil pour enlever les roues d’entraînement, juste au cas où.

Quand j’avais fini avec le plus petit vélo et que je n’avais plus rien à faire, j’avais décidé d’aider le duc avec son entraînement. Mais il semblerait que ce n’était pas nécessaire à en juger par le fait qu’il m’avait dépassé lorsque je m’étais retourné. Eh bien, il semblerait... qu’il roulait plutôt bien !

« Je l’ai fait ! Je l’ai finalement fait ! Hahahahahah !!! »

Le duc rigolait de façon incontrôlable alors qu’il faisait du vélo avec aisance. Ses vêtements coûteux et son visage royal étaient couverts de boue, mais il semblait qu’il avait du temps devant lui vu qu’il faisait plusieurs tours dans le jardin. C’était bizarre de voir comment les gens étaient capables de contrôler les vélos aussi facilement dès qu’ils arrivaient à les piloter.

« Qu’est-ce que c’est que cette chose ?! » S’exclama Elze.

« Il a en quelque sorte des espèces de roues, effectivement ! »

« Une sorte de véhicule...? » Murmura Linze, interrogatrice.

« O-Oncle, qu’est-ce que tu fais ?! » Les quatre filles revinrent de leurs courses et elles remarquèrent le duc en train de rire en faisant des tours sur la bicyclette, et le regardèrent avec des expressions confuses et troublées sur leurs visages.

Eh bien, c’était certainement un spectacle inquiétant.

Bientôt, le duc s’arrêta près de moi et m’avait dit exactement ce que je m’attendais à lui.

« Touya ! S’il te plaît, laisse-moi avoir ce vélo ! »

« Je savais que vous diriez ça, alors j’en ai déjà fait un pour vous. J’en ai fait un pour Sue aussi. Mais vous devrez me payer pour les matériaux. » Je désignai les deux vélos derrière moi.

Le duc s’asseyait galamment sur son propre vélo, chantant mes louanges tout le temps. J’avais utilisé une [Porte] pour amener le vélo de Sue dans le jardin du duc, mais l’homme avait insisté pour qu’il monte son propre vélo à la maison.

Juste pour être en sécurité, je lui avais dit de ne pas aller aux intersections avant de confirmer que c’était sûr, de faire attention aux voitures et aux piétons, et de regarder où il allait. Honnêtement, je me sentais comme un enseignant d’école primaire.

Avec une expression exaltée et apaisée sur son visage, le duc rentrait chez lui à côté de la voiture dans laquelle il était arrivé.

C’était fatigant... Je savais déjà ce qui allait se passer maintenant. Il le montrera au roi là la première occasion venue. Et le roi en demandera un aussi. Je devrais probablement en faire un autre déjà.

Après avoir vu partir le duc, j’étais retourné dans le jardin, j’avais vu Elze tomber gracieusement de la bicyclette.

« Owowow... C’est plus dur que ça en ait l’air » disait Elze en grattant ses contusions.

« Je souhaite être la prochaine à essayer, je le veux ! »

« Je, je voudrais l’essayer après Yae. »

« Touya, pourrais-tu en faire une autre ? » Demanda Yumina.

Linze, Yumina... Je comprenais que vous veuillez essayer le vélo, mais pourriez-vous porter autre chose qu’une jupe ?

Après avoir finalement été libérés de sauvetage du duc de l’échec de la bicyclette, Laim et Julio s’étaient retrouvés à sauver Elze et les autres du même sort. Pendant qu’ils étaient là, j’étais allé faire des vélos pour chacune des filles et un pour que les domestiques puissent le partager également. Comme prévu, j’avais manqué de matériel et j’avais dû me réapprovisionner au magasin. Aussi animé que j’aie pu sembler à propos de tout cela, je n’avais absolument aucune intention de devenir un vendeur de vélos.

Je faisais juste attention à mes serviteurs. Après tout, un vélo serait une aide précieuse lorsque vous faites des achats ou si vous faites une petite course. En outre, ils étaient dans un monde de douleur jusqu’à ce qu’elles apprirent à le monter correctement.

Le soir venu — l’heure du bain, pour être précis —, j’entendais des gémissements au sujet de l’eau chaude qui piquait leurs blessures. Je m’étais soudainement rendu compte que j’aurais pu utiliser la magie de guérison pour me débarrasser de leurs blessures, mais à la fin, j’avais pensé que les petites écorchures serviraient de symboles de leur dur travail et j’avais décidé de les laisser tranquilles.

***

Partie 2

Très bien, voyons ce que ce nouveau sort Néant peut faire...

« [Stockage] : [Stocker]. » Un cercle magique apparut sur le sol, et la chaise que j’avais placée au-dessus s’enfonça rapidement dedans. Génial, la partie de stockage semblait fonctionner très bien.

« [Stockage] : [Déstocker]. » Je jetais le sort inverse tout en pensant à la chaise. Un cercle magique était apparu une fois de plus, mais cette fois, une chaise en était sortie avec force en son centre.

« Ouah ! » J’avais attrapé la chaise avant qu’elle ne puisse tomber au sol. Affiner la puissance de ce sort n’allait pas être facile...

Le sort Néant [Stockage] avait fait exactement ce qu’il devait effectivement faire — il stockait des objets. Il n’avait pas fonctionné sur les créatures vivantes, animées ou non, mais il avait semblé fonctionner parfaitement sur des objets. Apparemment, le nombre d’objets que l’on pouvait stocker dépendait de la puissance magique de l’utilisateur. Donc, si je devais deviner, je dirais que ma limite devait être probablement une maison entière et quelques autres en plus.

Les objets stockés avaient également ignoré l’écoulement du temps. Des soupes et des choses semblables sortaient aussi chaudes qu’elles étaient lorsqu’elles étaient prises, même après une journée de stockage. C’était vraiment un sort très utile pour moi.

Après tout, la chose la plus ennuyeuse à propos du voyage était la gestion de nos bagages. Le miroir que nous avions pris à Mismede, la corne de dragon que nous avions obtenu... des choses comme ça étaient une vraie plaie à transporter.

Même lors de la récente création de vélos, je ne pouvais pas m’empêcher d’être frustré par le fait que je devais transporter des matériaux dans les deux sens.

C’était pour cette raison que j’avais appris ce sort. C’était pour que je puisse enfin dire au revoir aux problèmes de gestion des bagages.

Maintenant, ce ne serait même plus un problème si les filles me demandaient de porter toutes leurs affaires ! Si je l’utilisais aux côtés de la [Porte], je pouvais mener une vie confortable en tant que service de livraison à domicile ou autre. Et sur cette note, il était temps de faire des achats ! Peu importe combien j’achetais, plus rien ne me retiendra ! Hahaha !

J’avais pris mon portefeuille, quittais ma chambre et descendis les escaliers jusqu’au premier étage, ma bonne humeur resplendissait tout le temps. J’avais vu Kohaku dans le salon, étendu sur le canapé et dormant sans soucis dans ce monde. Tu ressembles de plus en plus à un chat domestique, mon tigre duveteux...

J’avais traversé la terrasse et j’étais sorti dans le jardin. Assez rapidement, j’avais vu Julio et sa femme, Créa, regarder par-dessus notre potager.

« Hey, les récoltes vont-elles bien ? »

« Ah, c’est bon de vous voir, monsieur ! » Répondit Créa.

« Bien sûr que oui, monsieur, elles poussent magnifiquement. Pour l’instant, je n’ai planté que des cumbers et des tomates, et il semblerait qu’il ne faudra pas attendre longtemps avant que nous puissions les récolter. » Julio semblait plutôt content de son travail. Il avait raison d’être fier, bien sûr, étant donné qu’il allait être responsable de nos produits frais.

Juste au cas où ce n’était pas évident, les « cumbers » étaient des concombres. Ce monde avait des légumes avec les mêmes noms que ceux de mon monde précédent, mais il y en avait aussi des légumes complètement différents. Eh bien, au moins les tomates étaient encore des tomates. Pourtant, je n’étais pas sûr si elles n’étaient pas différentes de celles que je connaissais.

Franchement, si nous étions capables de récolter des légumes frais, nous devrions aussi avoir des fruits... Peut-être devrais-je planter des châtaigniers ou des kakis... Attends, est-ce qu’un marronnier donnait des fruits ?

« Monsieur, avez-vous des demandes pour le déjeuner ? » Créa m’avait interrogé quant au menu du jour. Je l’avais surtout laissée faire tout ce qu’elle avait envie de faire. Sa nourriture était toujours bonne.

« Eh bien, il fait un peu chaud aujourd’hui, alors j’aimerais quelque chose de rafraîchissant... comme des nouilles chinoises refroidies. »

« Chinoises de nouilles réfrigérées ? (NdT Encore une fois un personnage ne comprend pas du tout) Je n’avais jamais entendu ça. Est-ce un autre plat de votre patrie !? »

Ses yeux se mirent à briller de joie. Créa ne semblait pas connaître un seul des repas que je voulais manger, alors je devais toujours lui donner une recette. La cuisine exotique que je lui avais présentée n’avait jamais manqué d’éveiller sa curiosité.

« Eh bien, c’est évidemment un plat à base de nouilles. Il se compose d’une soupe froide et aigre, des légumes, de la viande et parfois un œuf. Je vais vous donner une recette détaillée, alors essayez de la faire. »

« Oui monsieur ! Je suis impatiente d’y être ! »

L’excitation était certainement bonne, mais nous nous trouvions dans un monde différent. Elle ne serait probablement pas en mesure d’obtenir tous les ingrédients nécessaires. Peu importe, Créa était tellement bonne que je n’avais aucun doute qu’elle préparerait quelque chose de délicieux. Ce n’était pas la première fois que je lui faisais faire des nouilles, donc c’était évident que l’on puisse s’attendre à quelque chose de vraiment bien.

J’avais couru à la recherche de nouilles chinoises réfrigérées et j’avais utilisé [Dessin] pour obtenir la recette de Créa. Heh, j’avais hâte de déjeuner maintenant.

D’accord, il était temps de partir ! J’avais ouvert une [Porte] et étais allé à la périphérie de la capitale. Le quartier sud, pour être précis. Il était axé sur le commerce, donc il y avait beaucoup de magasins et de services alignés les uns à côté des autres. À l’ouest, vous pouviez trouver des magasins d’élite comme Berkut, tandis que l’est avait un secteur de divertissement, plein de tavernes, de théâtres et d’autres installations.

Le quartier ouest, où nous habitions, était la zone résidentielle des riches, tandis que les roturiers habitaient le quartier opposé à l’est.

Comparé au quartier ouest, il était assez dangereux. J’avais entendu dire qu’il y avait même des zones ressemblant à des bidonvilles. Parmi toutes les rumeurs, j’avais entendu dire que des gens qui avaient perdu leur emploi et des orphelins y avaient formé des gangs criminels. J’avais même entendu des rumeurs de pickpockets itinérants. Je supposais qu’il était naturel pour une grande ville d’avoir des zones sombres.

Après avoir traversé ma [Porte] à l’allée arrière dans le quartier sud, je m’étais rendu à la route principale animée. J’avais décidé que ma première tâche était de me diriger vers la guilde pour retirer de l’argent. Sur le chemin, j’avais vu un certain nombre de colporteurs et d’artistes.

Ouah, la manière dont ce type jongle avec des couteaux ! Ça me rappelait le temps où ma grand-mère avait essayé de m’apprendre comment jongler avec des balles, mais je n’arrivais pas à comprendre... Comme de telles pensées me traversaient l’esprit, j’avais oublié de regarder où j’allais et accidentellement j’étais entré dans quelqu’un. C’était un jeune garçon. Il était vêtu d’une veste usée, d’un pantalon déchiré et d’une grosse casquette crasseuse, qu’il enfilait d’une manière qui lui couvrait les yeux.

« Oh désolé à propos de ça ! Je ne regardais pas... »

« Oh frangin, surveille ton pas. Assure-toi que cela ne se reproduise plus, d’ac ? »

Après avoir dit cela, il s’était enfui puis disparut dans la foule. Quel gamin ! Il avait l’air encore plus jeune que Sue. Ses parents étaient probablement des bons à rien...

J’étais entré dans la guilde, qui était aussi animée que jamais. Divers aventuriers se tenaient devant le panneau de quête et jetaient un regard noir sur les nombreuses missions postées là. En les ignorant, je m’étais approché de la réceptionniste et lui avais demandé si je pouvais retirer une partie de mon argent.

« Certainement. Puis-je avoir votre carte de guilde, s’il vous plaît ? »

Tout va bien, laissez-moi juste... Oh ? Poche avant, poche poitrine, poches latérales, poches arrière... Attendez... quoi-quoi ? Où était mon portefeuille ? Est-ce que je l’avais laissé dans ma chambre ? En aucune façon. Est-ce que je l’avais laissé tomber ? Non, je... Oh. Merde. C’était probablement le gamin. Ce gamin avait volé mon portefeuille ! Nom de Dieu ! Je n’avais pas beaucoup d’argent là-dedans, bien sûr... mais il était parti avec ma carte de guilde !

Je quittais précipitamment la guilde, sortis mon smartphone, soupirais le plus grand soupir de soulagement que je pouvais faire sur le fait qu’il n’avait pas volé mon smartphone, puis cherchai « mon portefeuille ». Super, il était toujours dans ce quartier.

Hmm... à en juger par la vitesse de cette marque, je suppose qu’il courait. Oh, il s’était arrêté dans une ruelle... Probablement en train de piller le contenu et d’y jeter le portefeuille. Eh bien, si cela se produisait, j’allais juste lancer une recherche pour « ma carte de guilde. » Je ne me souciais pas vraiment s’il prenait l’argent. Pour l’instant, je devais juste me rendre dans cette ruelle.

Une fois arrivé, j’avais vu deux hommes à l’air grossier qui donnaient des coups de pied au petit garçon, qui était blotti au sol dans une position fœtale.

« Tu fais encore tes affaires dans notre région, n’est-ce pas, petite merde !? C’est ta faute si les patrouilles s’intensifient, tu piges !? »

« Oh, tu nous écoutes !? Tu nous as niqué toute notre opération ! Prépare-toi à nous servir de bons desserts, merdeux ! » L’un d’eux avait sorti un couteau et le planta dans un des bras du garçon contre le sol. Le sang s’écoula du visage du garçon, et son expression devint une pure terreur.

« Je-Je suis désolé ! Je suis vraiment désolé, s’il vous plaît laissez-moi partir ! » Le garçon pleura et supplia avec eux, mais les deux hommes se contentèrent de le railler, n’ayant manifestement pas l’intention de le libérer.

« Ce n’est plus le temps de s’excuser, sale petit nabot ! En tant que compagnon de métier, on te laissera partir avec un doigt. Et j’espère que l’on ne te recroisera plus dans notre région, d’ac ? Parce que la prochaine fois nous allons juste te tuer. Bwahaha. »

« N-Non...! S’il vous plaît ! Non ! Que quelqu’un m’aide !! »

« Et si vous vous arrêtiez maintenant. »

Les deux voyous jetèrent un regard collectif dans ma direction. Le garçon, qui avait fermé ses yeux larmoyants de peur, les ouvrit et regarda dans ma direction aussi.

« Qu’est ce que t’en as à foutre ? Ce n’est pas ton affaire. Dégage ou on va te tuer ! »

« D’où je viens, il est normal de gêner les gens qui font du mal aux enfants. À en juger par ce que vous avez dit, je pense qu’il est sûr de supposer que vous êtes des voleurs, aussi, non ? »

« Ouais ? Et alors ? »

« Eh bien, pas grand-chose... Ça veut dire que je n’ai pas à hésiter. »

J’avais sorti la Remington New Model Army et j’avais tiré sur eux comme si ce n’était rien.

« Pourquoi !? »

« Argh ! » Les balles en caoutchouc imbibées de [Paralysie] avaient atteinte leur cible. Les hommes s’effondraient sur le sol comme des sacs de papier humides. J’avais rangé mon arme et j’avais couru vers le garçon.

« Vas-tu bien ? »

Son visage baigné de larmes, le garçon hocha la tête. Je pouvais voir un certain nombre d’ecchymoses et de blessures sur lui.

« Viens à moi, Lumière ! Confort apaisant : [Magie curative] ! »

Le sort de guérison avait rapidement fait disparaître les blessures. Le garçon avait observé les changements dans son corps avec de la surprise dans ses yeux.

Une fois fini avec ce sort, j’avais sorti un petit cube d’acier, utilisé [Modélisation] pour le transformer en fil, et ligoté les deux voyous pour qu’ils ne puissent pas bouger. Bien sûr la [Paralysie] était censé rester actif pendant quelques heures, mais vous ne pouviez pas être trop prudent. Je pensais appeler des gardes pour les appréhender de toute façon.

« Puis-je récupérer mon portefeuille maintenant ? »

« Ah... »

Il chercha rapidement ses côtés, prit ce qui m’appartenait et me le rendit avec des mains tremblantes. J’avais regardé à l’intérieur pour confirmer le contenu. Très bien, il y avait ma carte de guilde.

« Eh bien, j’ai mon portefeuille, donc je ne te remettrais pas aux gardes cette fois. À plus tard ! »

« H-Hey ! » Alors que je me tournais pour partir, le garçon m’avait appelé. Hm ? Que voulait-il ?

« Merci à toi de me sauver là-bas... »

« Si tu es vraiment reconnaissant, arrête simplement de voler. Tu pourrais te faire attraper la prochaine fois... »

Soudainement, j’entendis un grondement étrange et bas. C’était son estomac. En fait, il avait fait un bruit assez fort pour m’interrompre. Le silence avait régné pendant quelques instants.

« ... As-tu faim ? »

« Je n’ai pas mangé depuis trois jours... »

Le garçon laissa pendre sa tête. Il avait l’air plutôt pitoyable. Eh bien... merde. Je supposais que je n’avais pas la capacité mentale de comprendre que sa faim n’avait rien à voir avec moi. Je dois vraiment être qu’un pauvre idiot, hein ? Bien alors, si ça devait être comme ça...

« Viens, petit. Si tu viens avec moi, je te donnerai de la nourriture. »

« Pour de vrai !? » Attends, ne suis-je pas en train de me faire passer pour un kidnappeur. Mais il semblerait que si j’étais en fait un kidnappeur stéréotypé, ça aurait très bien fonctionné. L’enfant était clairement un idiot et courait avec empressement vers moi. Soudainement, le vent printanier avait fait tomber sa casquette. Il bougea légèrement sur sa tête, révélant une longue chevelure en dessous.

Une fois que le garçon avait réalisé cela, il avait récupéré sa casquette, ce qui était par coïncidence le moment où ma perception de lui était passée de « c’était sûrement un garçon » à « c’était vraiment une fille ».

Quoi ? Elle avait des cheveux beige clair qui tombaient sur ses épaules. L’image entière que j’avais eue de cet enfant avait été brisée en un instant.

« Attends... tu es une fille !? »

« ... Ouais. »

Ses yeux verts s’étaient levés vers moi comme s’ils me disaient que j’étais qu’un débile pour avoir toujours supposé le contraire. Et c’était ainsi que j’avais rencontré la voleuse, Renne.

***

Partie 3

Maintenant qu’elle avait été nettoyée d’une partie de cette saleté, Renne était en fait une gamine plutôt gentille...

« Eh, frangin. De quoi est-ce que tu vas me nourrir, alors ? » Cependant, la façon dont elle parlait était beaucoup moins douce...

Je m’étais dit que la nourriture solide serait trop pour un estomac aussi vide que le sien, alors j’avais acheté de la soupe de poisson dans un étal de nourriture à côté de la guilde. Je l’avais alors mis dans une tasse et le lui avais donné.

Renne le prit rapidement dans ses mains et commença lentement à le boire. On dirait qu’elle ne pouvait pas gérer les choses chaudes. Mais c’était bien pour moi. Si elle le prenait lentement, cela ne lui submergerait pas le ventre.

« Attends ici un instant. »

Je l’avais laissée là et j’étais entré dans la guilde. Je leur avais donné ma carte de guilde et j’avais retiré une partie de mon argent. Cependant, ce n’était pas une grosse somme. Une fois que j’avais quitté la guilde, j’avais pris Renne avec moi. Je pensais aller dans un vrai restaurant, mais avec son apparence, elle allait forcément être expulsée.

Alors, je m’étais décidé à aller dans un autre étal, à prendre des viandes rôties et à les manger sur un banc de la place.

« Il n’y a pas besoin de se précipiter, tu dois ralentir. »

« Niet. » Renne, ayant apparemment perdu la raison à cause de sa faim, avait avidement rongé la viande. Elle ne m’avait pas donné beaucoup d’attention. Elle faisait presque jeu égal avec Yae...

« Alors, où habites-tu ? »

« Cela dépend des fois. Parfois dans le parc. Parfois, dans les ruelles. J’avais vécu dans une auberge avec mon père avant ça. »

« Où est ton père maintenant ? »

« C’était un aventurier. Il était parti pour tuer une bête il y a un an. Il n’est jamais venu à la maison. »

Oh... Oh non. Son père avait été certainement tué par un monstre. Il n’était pas rare que des aventuriers soient tués pendant les quêtes de chasse. Si cela se produisait en solo, ils étaient généralement traités comme des personnes disparues.

« Et ta mère ? As-tu d’autres parents ? »

« Morte juste après ma naissance, m’avait dit mon vieux père. Je ne sais pas si j’ai de la famille. On ne m’a jamais rien dit du tout. »

Ayant terminé avec sa viande, Renne essuya ses mains sales sur son pantalon alors qu’elle me racontait son histoire.

Alors son père avait disparu et elle était restée orpheline ? J’étais juste étonné qu’elle eût survécu toute une année...

« Après que papa est parti et a disparu, une gentille vieille dame a voyagé à travers la ville et m’a appris à voler les portefeuilles des gens. Je savais que ce n’était pas bien, mais une fille doit manger... »

Eh bien, cette vieille dame a sûrement fait quelque chose qu’elle n’aurait pas dû... Pourtant, c’était le vol qui avait permis à Renne de survivre si longtemps. Mince, cette fille était un cas compliqué. Je ne savais pas ce que je devrais faire ici. Elle n’avait pas de parents, et pas d’autres familles non plus... Je pourrais essayer de l’emmener dans un orphelinat, mais elle était déjà une criminelle, alors... Elle disait qu’elle ne volait que quand elle en avait besoin, mais je ne pouvais pas savoir s’ils ne l’avaient pas la laisser filer depuis qu’elle était une enfant pauvre. Les enfants comme elle n’étaient pas inhabituels ici, je le comprenais. S’ils arrêtaient de voler, ils seraient morts de faim. Ils faisaient de leur mieux pour survivre avec ce qu’on leur plaçait entre leurs mains. Ils menaient bien sûr des vies injustes. Mais ça ne voulait pas dire que voler était la bonne chose à faire... Peut-être que je pourrais lui trouver un emploi ? Non, ça n’arrivera pas. Mais si je la laissais ici, alors elle irait juste voler de nouveau. Et cela pourrait l’amener à se faire prendre...

Les gens m’auraient probablement traité d’énorme mauviette à cause de mes actions. Mais je n’allais pas vraiment m’en soucier. Après tout, je voulais vraiment l’aider.

« Renne... aimerais-tu venir travailler chez moi ? »

« Ne veux-tu pas devenir mon compagnon ? »

« Tu aurais un endroit pour dormir et la nourriture ne sera plus un problème également. Cependant, tu devras travailler correctement. Tu seras payé pour le travail que tu fais, ne t’inquiètes pas à ce sujet. Que penses-tu de cela ? »

« Attends, attends... Tu vas m’engager !? Tu te fous de moi, est-ce cela !? »

Renne me regarda avec une surprise et un soupçon évidents sur son visage. Bien qu’elle soit clairement perplexe devant mon offre soudaine, ses yeux brillaient d’espoir.

« Mais je t’offre ce travail à la condition que tu ne remettes jamais tes talents de voleur à l’œuvre. Si tu le fais, je ne serai pas en mesure de te laisser continuer à travailler pour moi. Tu penses pouvoir gérer ça ? »

« Oui Seigneur ! Je ne les utiliserai jamais aussi longtemps tant que je vis ! Croix de bois, croix de fer ! »

Alors que Renne hochait la tête avec excitation, je lui donnais une petite tape sur la tête.

J’aurais dû attendre et demandé à Yumina d’examiner cet enfant avec ses Yeux Mystiques, mais je ne pensais pas que Renne soit une mauvaise personne. Eh bien, maintenant que c’était réglé... rentrons à la maison.

J’aurais pu utiliser une [Porte] pour nous y emmener immédiatement, mais j’avais décidé de la conduire à pied juste pour qu’elle connaisse le chemin.

« Attends une seconde. Tu ne vis pas dans les environs ? »

« Non, ma maison est là-bas. Je vis dans le district ouest. »

« L’ouest !? » Renne, qui faisait face à l’est, s’était soudainement retournée. Elle avait, pour une raison quelconque, l’air encore plus surprise.

Était-ce vraiment un gros problème... ? Nous avions quitté le district sud et étions entrés par la porte ouest. Nous nous étions dirigés à travers la zone résidentielle qui s’élargissait graduellement, et avions fini par traverser la douce colline sur laquelle se trouvait notre maison. Je détestais un peu cette colline... Ce serait beaucoup plus facile si nous n’en avions pas.

« Attends, frang... Euh, Touya... serais-tu une sorte de noble ? »

« Eh bien, je ne peux pas vraiment dire que j’en suis un. Bien que dans les faits j’en sois pratiquement un. »

Elle se sentait probablement extrêmement anxieuse et pas à sa place ici. La plupart des nobles avaient choisi de vivre dans le quartier intérieur plutôt que dans la périphérie. Mais les nobles ayant moins d’influence ou de disgrâce déménageaient souvent dans cette zone. Ce quartier avait aussi un certain nombre de marchands aisés.

Une fois que nous avions fait notre randonnée sur la colline, nous avions pu voir le toit rouge de ma propre maison. Renne resta immobile, abasourdie, avant de se tourner lentement vers moi.

« C’est l’endroit ? N’es-tu pas en train de te moquer de moi ? »

« Oui, c’est ça. Oh, hé là, Tom. »

« Oh ? Bonne journée Monsieur ! C’est rare que vous rentriez à la maison par l’entrée principale. »

Le garde avait parlé avec un large sourire. Eh bien, j’avais toujours utilisé une [Porte] pour aller dans et en dehors de la maison, donc c’était tout naturel pour lui de me faire ce commentaire.

Nous étions entrés dans ma propriété par l’entrée piétonne à côté de la porte principale. Nous avions marché à travers le jardin et nous avions marché jusqu’à la porte d’entrée, que j’avais ouverte pour trouver Lapis et Cécile nettoyant le hall d’entrée.

« Oh, quelle surprise ! Bienvenue, monsieur ! Il est rare que vous utilisiez la porte d’entrée. »

« hh ? Qui est-ce ? ? » Cécile regarda Renne, son regard faisait presque des trous dans la petite fille. Renne se cacha derrière moi, probablement par embarras.

« Elle s’appelle Renne. Elle travaillera ici à partir de maintenant, alors essayez de vous entendre avec elle. Bien maintenant, Renne. Présente-toi à eux, ils ne mordent pas. »

« Euh... je-je suis Renne. C’est un grand plaisir de vous rencontrer ! »

Wôw, elle était devenue si douce et formelle. Je supposais qu’elle était nerveuse. Ce n’était pas déraisonnable, étant donné l’endroit clinquant dans lequel je l’avais placé.

« Où est Laim ? »

« Il est allé au salon pour donner son thé à Mlle Yumina. »

Lapis avait montré le chemin, alors j’avais pris Renne avec moi. J’avais laissé la petite fille s’asseoir sur une chaise confortable pendant que j’expliquais la situation à Laim.

Yumina écoutait silencieusement ce que je disais, fixant Renne tout le temps. Il ne fallait pas être un génie pour dire qu’elle utilisait ses Yeux Mystiques. Assez rapidement, Yumina adopta un léger sourire. Là, je le savais ! Renne n’était pas une mauvaise fille !

Avec un regard oblique, Laim le confirma lui-même.

« Très bien, monsieur. Je comprends les circonstances. Cependant, je dois être certain qu’elle sera assez sérieuse pour travailler ici. Je ne peux pas avoir notre efficacité en tant qu’équipe entravée par n’importe qui. Toi, tu t’appelles Renne ? »

« O-Oui... »

« As-tu vraiment l’intention de travailler ici ? Cela ne nous dérangera pas si tu échoues ou tu causes un peu de problèmes au début. Cependant, tu dois promettre d’apprendre de tes erreurs et de ne pas fuir tes responsabilités. »

Laim regarda Renne avec l’expression la plus sévère que je l’avais jamais vue adopter. Je pensais que c’était une chose un peu dure à faire à un enfant de moins de dix ans, mais je n’avais pas l’impression de devoir me mêler de cette affaire, alors j’avais tenu ma langue.

« ... Oui. Je veux travailler ici. Je veux être là où est Touya. » Renne regarda droit dans les yeux sévères de Laim. Après l’avoir regardé pendant un bon moment, le maître d’hôtel avait adouci son expression et s’était levé avec un sourire.

« Cécile. Amène la jeune Renne au bain. Je veux qu’elle soit nettoyée jusqu’à ce qu’elle soit impeccable. »

« Très bien. Viens avec moi, petite Renne. C’est l’heure du bain, Hehehehe. »

« Euh !? Quoi !? »

Et ainsi, Renne avait été emmenée à la salle de bain. Bien que ce aurait été plus véridique de dire que Renne avait été traînée dans la salle de bain.

« Lapis, va lui acheter des vêtements appropriés. Oh ! Et commande un uniforme sur mesure pour elle. »

« Compris, Monsieur. Si cela ne vous dérange pas, je vais utiliser la bicyclette. »

Lapis sortit à la hâte. Cécile et elle avaient appris à faire du vélo en quelques heures. Je n’étais pas trop surpris, étant donné qu’ils étaient l’équivalent des ninjas de mon ancien monde.

Yumina avait soudainement parlé après nous avoir entendu parler.

« Quand elle aura fini de se laver, elle pourra porter mes vêtements, du moins pour le moment. Ils seront probablement trop grands pour elle, mais ce ne sera que jusqu’à ce que Lapis revienne. »

Yumina se leva de son siège. Elle allait probablement chercher des vêtements dans le vestiaire. Une fois qu’elle fut partie, je m’étais étendu sur ma chaise et je m’étais plongé dans mes pensées pendant un moment. Assez rapidement, Laim était venu et avait mis du thé sur la table devant moi.

« ... Dois-je la remettre à un orphelinat ? Ai-je fait quelque chose de déplacé ? »

« C’est à Renne d’en décider, monsieur. Pour l’instant, si vous me permettez de le dire... vous devriez seulement accepter la vérité. La vérité est que vous avez sauvé une jeune fille de la pauvreté. »

Je suppose que tu as raison, Laim... Je ne devrais pas trop y penser. J’avais fait exactement ce que je voulais faire, de toute façon. C’était tout ce qu’on pouvait en dire. Franchement, je pouvais voir pourquoi Laim travaillait directement sous le roi. Il avait un don de jouer avec les mots. Cependant en mettant tout cela de côté, Renne était toujours une criminelle. J’allais devoir la faire expier pour ce qu’elle avait fait. Peut-être que je devrais consulter quelqu’un à ce sujet ? Bien, peu importe. J’allais juste parler au roi ou à l’un de ces représentants.

... Hm ? J’entendais quelqu’un courir dans le couloir. Soudain, la porte du salon s’ouvrit et Renne entra, ne portant rien d’autre qu’une serviette de bain. Dans ses bras, elle tenait mon cher petit tigre blanc.

« T-Touya ! Frangin ! Il y a un petit tigre par “ici” ! » Kohaku me regarda avec une expression agacée sur le visage. Je pouvais totalement comprendre pourquoi.

« Maître... qui est cet enfant ? »

« Tu veux le savoir !? Sache qu’elle pourrait bien t’irriter, mais nous en reparlerons ! »

... Elle était bruyante, et cette façon de parler était revenue assez vite aussi. Et franchement, elle devrait vraiment mettre des vêtements. Ça ne semblait pas très correct du tout. Comme je commençais à penser à quel point ma maison deviendrait vivante avec elle, j’avais remarqué quelque chose d’étrange. Il y avait quelque chose qui pendait à son cou. Cela ressemblait à une sorte de pendentif.

« Renne, qu’est-ce qu’elle est cette chose autour de ton cou ? »

« Ceci ? Papa me l’a donné. Il a dit que c’était pour se souvenir de ma mère. C’est la seule chose que j’ai jamais eue pour moi. »

« Puis-je y jeter un coup d’œil ? » Renne l’avait enlevé et me l’avait donné. Quelques instants plus tard, Cécile, les manches retroussées, vint la ramener à la salle de bain. Les choses étaient devenues trop chaotiques trop rapidement...

Je reportais mon regard sur le pendentif dans ma main. D’après ce que je pouvais voir, il était en or... cela rapporterait évidemment un prix considérable sur le marché. Comme Renne l’avait gardé malgré le fait qu’elle aurait pu se nourrir en le vendant, le pendentif devait lui être très précieux.

Il était constitué d’une paire d’ailes déployées, au milieu de laquelle était une gemme en forme de triangle vers le bas. Était-ce... une émeraude ? Non, c’était un sortilège de vent.

Il y avait un blason à l’arrière.

« Laim, reconnais-tu ce blason ? »

« Un griffon, un bouclier, deux épées et des lauriers... Je ne peux pas dire que je le sais. »

« Si c’est vraiment un souvenir, est-ce que cela pourrait signifier que Renne a du sang noble en elle ? »

« Je n’en suis pas si sûr. Cela pourrait être quelque chose que ses parents ou grands-parents ont simplement trouvé par hasard. »

Et ça s’était passé de génération en génération jusqu’à ce que ça finisse entre les mains de Renne, hein ? C’était définitivement une possibilité. Mais habituellement, quelque chose de si voyant aurait été rendu ou vendu, non ? Eh bien ! Avec le père de Renne parti, il n’y avait aucun moyen de le savoir avec certitude...

« Autant que je sache, il n’y a pas de ce genre de blason parmi ceux utilisés par les nobles Belfastiens. Cependant, je sais que les griffons sont très populaires dans l’Empire... »

L’Empire... qu’est-ce encore... ? Oh, l’Empire Regulus ? Je pensais que c’était à l’est ? Celui qui n’était pas dans les meilleurs termes avec Belfast. Le père de Renne était-il un noble déchu qui s’était échappé de cet endroit ? Quoi qu’il en soit, cela ne semblait pas être quelque chose dont je devrais parler plus que nécessaire.

Je m’étais fait une note dans mon esprit pour pouvoir poser des questions sur ce blason si jamais je devais rencontrer quelqu’un de l’Empire Regulus.

***

Partie 4

« Oui, ça te va bien. »

« V-Vraiment ? » Renne souleva légèrement la jupe de son nouvel uniforme de femme de chambre et fit un petit tour. Le pendentif qui pendait autour de son cou se balançait avec elle.

« Cette chose pourrait nuire à ton travail, alors tu devrais la mettre sous tes vêtements. »

« Ah, d’accord. Pas de problème, Touya ! »

Même si je ne mentais pas quant au problème que cela pouvait causer lors de son travail, il valait mieux qu’il soit caché de ceux qui voudraient la voler.

Laim, qui se tenait à mes côtés, regarda directement Renne.

« Renne, à partir de maintenant, tu es l’une d’entre nous. Tu es parmi les serviteurs. Quand tu fais référence à celui que tu sers, tu dois utiliser “monsieur”. Et plus jamais l’un de ces “Touya” ou... “frangin”, comme tu l’as dit. »

« Ah, euh... J’ai compris ! Je ferai de mon mieux, monsieur Laim ! »

« Excellent, jeune femme. Ton travail en ce moment sera d’aider les domestiques qui travaillent ici. Va voir Créa pour apprendre comment nous préparons nos repas. Le reste, tu pourras l’apprendre de Lapis et Cécile. »

« Pigé — je comprends. » La réponse de Renne était correcte et directe. Même ainsi... je ne pouvais pas m’empêcher de m’inquiéter un peu.

« Très bien, Renne, allons-y ! »

« Bien. Je m’en vais, monsieur. »

« Fais de ton mieux là-bas. »

Renne quitta la salle à manger, emmenée par Cécile. Tout ce qu’elle devait faire, c’était de s’y habituer.

« Ne pense pas que tu doives t’inquiéter pour elle, Touya, » dit Elze.

« O-Oui, je ressens la même chose..., » marmonna Linze.

Alors qu’elles buvaient leur thé après le petit-déjeuner, les jumelles avaient exprimé leur approbation à propos de ma décision. Je leur avais raconté tout ce qui m’avait amené à employer Renne la veille.

« Oui. Elle a un très fort caractère et je suis sûre qu’elle examine tout correctement, je le pense. »

Yae était encore en train de prendre son petit-déjeuner. Sa faim était aussi grande que jamais. Je ne pouvais même pas imaginer combien de croissants elle avait consignés dans la cavité à l’intérieur d’elle depuis ce matin.

J’entendis la porte de la salle à manger s’ouvrir et me retournai pour voir Yumina entrer. Elle tenait un morceau de papier dans l’une de ses mains.

« C’est de mon père. Il demande que tu lui rende visite aujourd’hui, si tu en as le temps. » Le portail-miroir par lequel nous étions restés en contact avec le palais royal était dans la chambre de Yumina. La lettre était probablement passée par là. Le palais royal n’était qu’à trente minutes à pied, mais le portail-miroir était utile.

« Le roi ? Que veut-il de moi ? »

« Il a dit quelque chose à propos de mon oncle qui se vantait de sa bicyclette, alors je pense que cela a quelque chose à voir avec ça. »

Yumina eut un sourire ironique. J’avais prédit cela il y avait quelques jours, et maintenant c’était devenu réalité.

Eh bien, je supposais que je ferais mieux d’en faire un autre. Au moins, ce sera une bonne excuse pour parler de Renne.

J’étais sorti dans le jardin et j’avais utilisé [Stockage] pour sortir le matériel nécessaire pour un vélo. Comme j’en avais déjà fait beaucoup, l’ordre du roi fut fait en dix minutes seulement. En utilisant à nouveau [Stockage], j’avais pris le vélo avec moi. Franchement, j’aimais vraiment ce sort.

« D’accord, je pars. »

« Je viendrai avec toi. »

Yumina était sortie dans le jardin. Eh bien, je ne pouvais pas me promener librement dans le château sans elle, donc de toute façon sa présence serait d’une grande aide.

« Arrêtez-vous là ! Je viens aussi. Je veux à nouveau combattre le général. »

Elze sortait en courant alors que ses gantelets asymétriques pendaient sur le côté. Le général Léon, commandant suprême de l’armée royale, l’avait combattue d’innombrables fois, faisant de leur relation un peu l’équivalent d’un maître et d’un apprenti.

Je venais de me dire que ce pays avait à la fois un « ordre de chevaliers » et une « armée ». Quelle était la différence ? Si je me souvenais bien, Reflet était protégé par l’ordre des chevaliers.

Alors, étaient-ils responsables des tâches de police, alors que l’armée était celle qui gérait les monstres et les menaces extérieures ? Avec ces pensées dans ma tête, j’avais ouvert une [Porte].

« Eh bien, tu sais, Al... Non, ah... le Duc Ortlinde m’a montré un véhicule très particulier. Il a également dit que tu étais celui qui l’a fourni. Alors, euh... je me demandais si tu pourrais aussi m’en procurer un. »

Le roi m’avait dit pourquoi il m’avait appelé, agissant étrangement tout le temps. C’était comme je l’avais pensé.

Lui et moi discutions un peu dans l’une des plus petites salles du palais. Depuis qu’Elze était allée voir le général, et qu’Yumina était allée rencontrer la reine. Le roi et moi étions seuls ensemble. Eh bien, seul si vous aviez ignoré les gardes.

« Je pensais que c’était pour ça que vous m’aviez appelé, alors j’en ai préparé un avant de venir ici. »

« Oh ! Comme c’est gentil de ta part, mon garçon ! Alors, où est-il !? »

J’avais lancé [Stockage] et créais un cercle magique sur le sol. De là, j’avais convoqué la bicyclette que j’avais préparée plus tôt.

« Comme toujours, tu fais les choses de manière très inattendue, Touya, mon garçon... Est-ce différent de ton sort [Porte] ? »

« Celui-ci est un sort de stockage. Cela me permet de garder beaucoup de choses à la demande, alors je m’en sers beaucoup depuis que je l’ai. »

Le roi soupira simplement avant de concentrer toute son attention sur son nouveau véhicule. Je m’étais dit qu’il n’avait plus de choses à dire sur mes sorts à ce moment-là. Il avait regardé dans toutes les directions et avait tout effleuré le vélo.

« Est-ce que Duc Ortlinde vous a laissé faire du vélo ? »

« Il l’a fait, mais j’étais incapable de saisir la bonne technique... Al m’a dit que cela demandait de la pratique. Combien de temps, exactement ? »

« Il a fallu environ un jour au duc, mais mes servantes ont pris le dessus en trois heures à peine. Je dirais que trois jours devraient suffire à n’importe qui. »

Le roi était un homme occupé. Il n’avait probablement aucun jour à consacrer entièrement à la pratique du vélo. Mais c’était toujours un fait qu’il serait capable de le monter tôt ou tard.

Comme le roi avait joyeusement sauté sur la selle, j’avais commencé à lui parler de mes propres affaires.

« Maintenant que nous avons réglé cela, il y a quelque chose que j’aimerais vous demander... ou peut-être juste discuter avec vous. »

« Hoh? C’est rare que tu me demandes mon aide, Touya. »

Alors que le roi haussait légèrement le front, je lui parlai de Renne. Il m’écoutait attentivement, et quand j’avais fini, il avait commencé à parler d’un ton très sérieux.

« Un crime reste un crime. Elle doit payer pour ce qu’elle a fait. Cependant, nous devons également tenir compte de sa situation. Si toi, Touya, tu en mesure de prendre soin d’elle et de la transformer en une bonne membre de la société, nous la sanctionnerons avec une amende et un avertissement. Cependant, elle ne recevra pas de seconde chance. Assure-toi de l’informer de ce fait. »

Ses paroles m’avaient soulagé. J’étais vraiment soucieux au sujet de la protection de Renne. Je ne pourrais pas être plus reconnaissant pour le bon sens du roi.

Quelques instants plus tard, le roi devint étrangement silencieux. Avais-je fait quelque chose de mal ?

« Hmm... Je ne peux pas le comprendre. »

« Que voulez-vous dire ? »

« Pourquoi y a-t-il tant d’enfants vagabonds ? Le financement que je donne aux orphelinats de la capitale devrait être plus que suffisant. Se pourrait-il que... »

Le roi avait alors tapé des mains, et une silhouette masquée vêtue de noir tomba silencieusement du plafond. Ouah, cela m’avait pris au dépourvu ! Pendant un moment, j’avais pensé que c’était l’une de mes servantes — Lapis ou Cécile — mais ensuite j’avais remarqué que le symbole sur le front du masque était différent. Lapis avait un hexagone ; Cécile avait un ovale. Celui-ci était un pentagone. Quoi qu’il en soit, c’était clairement un autre membre d’Espion — les officiers du renseignement qui répondaient directement au roi.

« Qui est responsable du financement des orphelinats ? »

« Le Baron Sebek... Il y a des rumeurs selon lesquelles son influence s’est accrue de façon inhabituelle ces dernières années. »

« Examiner soigneusement le flux d’argent afin de voir si quelqu’un est clairement coupable de détournement de fonds. »

« Oui, mon Seigneur. » Il disparut à travers le plafond aussi rapidement qu’il apparut. C’était comme un ninja même si je n’en avais jamais vu un avant ça.

« Toutes mes excuses, Touya. Les circonstances de l’enfant que tu as pris pourraient être le résultat de ma propre négligence. Pardonne-moi pour ma négligence. » Il baissa la tête.

Donc, l’argent destiné aux orphelinats avait probablement été blanchi par quelqu’un qui avait géré le flux. Ce qui signifiait que les orphelinats ne pouvaient pas fonctionner au maximum de leur capacité et ne pouvaient pas accueillir tous les enfants. Donc, des gens comme ça existent aussi dans ce monde, hein ? Des salauds qui grossissaient et se remplissaient les poches en exploitant des abus de pouvoir...

Cependant, le roi était certainement une personne de bonne moralité. Tout le monde ne s’inclinerait pas devant un autre comme ça. Le public pourrait être en désaccord, mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser que ce pays était béni d’avoir un tel dirigeant.

« Vous vous donnez beaucoup du mal, Votre Majesté. »

« Effectivement. Si seulement il y avait quelqu’un qui pourrait prendre ma position et me permettre de prendre ma retraite. » Le roi souriait largement.

... Vous parliez de moi et Yumina, Monsieur !? Même si je l’épousais, je n’avais absolument aucune intention d’être roi ! J’avais beaucoup de respect pour le roi de Belfast, c’était vrai, mais cela ne me concernait pas du tout.

Je devrais rencontrer le chef du château et lui donner une recette pour un plat qui donnerait un coup de fouet à l’endurance. Peut-être que le roi pouvait juste faire un autre bébé. Ail, igname, tortue... est-ce que ces choses existaient même ici ? Ça n’avait pas d’importance, j’avais besoin de les avoir, et vite !

« Nous sommes de retour. »

Yumina et moi étions sortis de la [Porte]. Nous étions arrivés justes devant notre porte d’entrée. Elze avait dit qu’elle reviendrait à pied dès que l’entraînement serait terminé.

Nous avions traversé la porte et dans le hall principal, nous avions été accueillis par Laim.

« Bienvenue, monsieur. »

« Content de vous voir aussi, Laim ! Tout s’est bien passé avec Renne. »

« De la meilleure des manières. Oh, vous avez un visiteur. »

« Un visiteur...? » Je regardais nonchalamment dans le couloir au-delà de Laim, où j’avais vu quelque chose d’étrange se balançant vers nous.

Cinquante centimètres de hauteur. Un ruban rouge autour du cou. C’était un ours en peluche aux yeux ronds et mignons.

« Paula !? » L’ours avait entendu son nom et m’avait salué en levant la main droite. Elle était venue vers moi, alors je l’avais ramassée.

« As-tu fait tout ce chemin depuis Mismede ? Par toi-même ? »

« Bien sûr que non, petit idiot. Elle est venue avec moi. »

La porte du salon s’ouvrit et une fille vêtue d’une tenue de lolita gothique sortit. Ses longs cheveux blancs étaient en couettes jumelles.

« Leen !? Que fais-tu ici ? »

Eh bien, je suppose que je n’aurais pas dû être trop surpris. Paula n’aurait pas été là sans sa créatrice.

« Je suis juste là pour de la recherche. Oh, et je devais aussi punir Charlotte. Je l’ai déjà giflée, alors cette affaire est terminée. »

Franchement, elle gardait vraiment ses rancunes... N’était-ce pas un peu immature ? N’avais-tu pas plus de six cents ans ?

Alors que je la regardais avec une légère déception, Yumina tira sur ma manche.

« Touya ? Qui cela pourrait-il être ? »

« C’est Leen, la Matriarche du Clan des fées de Mismede. Elle ne le montre pas, mais elle est bien plus âgée que nous. »

« Une fée ? Mais... »

Yumina regarda Leen avec une expression perplexe.

Attends, où étaient ses ailes ? E-Elle ne les avait pas coupées, n’est-ce pas !?

« Oh, j’ai caché mes ailes avec la magie de la Lumière. Elles attirent beaucoup trop d’attention dans ce pays. »

Elle enleva le sortilège, faisant apparaître progressivement une série d’ailes transparentes derrière elle. La lumière du soleil qui passait à travers les fenêtres les faisait briller et scintiller. Je ne pouvais pas m’empêcher de me demander si les fées et les aviateurs avaient du mal à dormir à cause de leurs ailes.

« Pourquoi es-tu dans ma maison ? Comment as-tu même découvert l’endroit où nous vivons ? »

« Charlotte me l’a dit. J’avais quelque chose que je voulais te demander. Plus précisément, je voulais te parler de cette “créature de cristal” que vous avez vaincue il y avait quelques mois. »

« ... Quoi ? »

La créature en cristal. Je savais exactement ce que tu veux dire, Leen. Cette bête mystérieuse des ruines sous l’ancienne capitale. Celle qui régénérait, absorbait la magie et ne pouvait pas être blessée par les lames.

« Pour que vous le sachiez, cette créature en cristal... Elle est aussi apparue dans Mismede. »

Les paroles de Leen m’avaient non seulement surpris, mais elles m’avaient fait froid dans le dos.

***

Partie 5

« C’était un jour avant votre retour dans votre pays. Le palais avait reçu un message urgent de Lairesse, une ville dans l’ouest de Mismede. Il avait mis en garde contre un phénomène étrange qui s’était passé là-bas pendant quelques jours. »

« Qu’est-ce que c’était ? »

Leen prit une gorgée du thé noir qui avait été préparé pour elle, puis se pencha légèrement sur son siège. De l’autre côté de la table, il y avait Yumina, Linze, Yae et moi-même. Paula était assise juste à côté de Leen.

« Ceux qui l’ont découvert étaient un groupe d’enfants de Lairesse. Ce qu’ils ont trouvé était... une fissure, en quelque sorte. Une fissure, suspendue dans l’air au milieu de la forêt. Personne ne pouvait toucher cette étrange fissure, mais tout le monde savait que c’était très réel. »

Une fissure dans un espace vide... ? Que se passait-il ? Était-ce un sort ou quelque chose d’équivalent ?

« Très vite, les enfants avaient remarqué que la fissure grossissait chaque jour. L’un d’eux avait décidé de le dire aux adultes. Après cela, le chef du village a envoyé un message à la capitale. »

Leen plaça la tasse de thé dans l’assiette. Donc, le messager avait atteint la capitale la veille de notre retour à Belfast, n’est-ce pas ?

« Ce que nous avons trouvé était un carnage. Un carnage total. Ce qui était autrefois des maisons était maintenant une zone de guerre, au bord de l’anéantissement. Une créature en cristal les tuait... Non, c’était un vrai massacre. Il n’y avait pas de remords. Les soldats et moi avions essayé de nous battre, mais nous n’avions aucune chance. Les épées ne pouvaient pas la blesser, les sorts étaient absorbés par elle. Elle s’était régénérée lorsqu’elle avait été brisée... C’était comme si on se battait dans un cauchemar. La moitié des soldats avaient été mutilés au-delà du rétablissement. Le village n’a pas pu être sauvé. »

« Cela ressemble à celui que nous avons combattu... Avez-vous réussi à le vaincre ? »

« D’une certaine manière, oui. À peine. Quand j’ai découvert qu’il était vulnérable à la magie qui infligeait des dégâts physiques, j’ai utilisé des sorts de la Terre pour lui frapper la tête avec un rocher qui pesait plusieurs tonnes. Une fois que j’ai brisé le noyau dans son corps, elle a cessé de se régénérer. »

Le noyau rouge à nouveau... Donc, elle avait cessé toute activité quand il avait été détruit. Cela voulait dire que c’était vraiment le même type de créature que nous avions combattu.

« Je voulais faire plus de recherches sur ce monstre, alors je suis allée vers Charlotte pour qu’elle m’aide. C’est alors qu’elle m’a informée d’un événement similaire à Belfast. J’ai été très surprise quand elle m’a dit que vous étiez ceux qui l’ont vaincue. »

Leen me regarda directement avec un sourire un peu méchant. Je me sentais comme une grenouille étant regardée par un serpent. Cela me faisait vraiment transpirer, alors j’aurais préféré qu’elle s’arrête plus tôt que plus tard.

« Il y a une autre chose qu’elle m’a dite. Tu peux lancer n’importe quelle magie du néant, n’est-ce pas ? Cela explique pourquoi tu pouvais utiliser la [Programmation]. »

« Eh bien... que puis-je dire ici ? Je serais reconnaissant si tu n’en parles pas trop. »

Bon sang, Charlotte, pourquoi as-tu craché le morceau ! En y repensant, la pauvre fille était probablement obligée de parler sous la torture... Je supposais qu’elle ne pouvait rien garder secret quand ce professeur démoniaque avait murmuré à son oreille.

« Les quelques villageois survivants nous ont dit que la fissure dans l’espace avait été détruite, et que la créature en cristal en était sortie. »

De la fissure... ? Ce n’était donc pas comme chez nous, où elle s’était simplement réveillée dans les ruines antiques. Leen sortit un morceau de papier de sa poche et l’étala sur la table. La créature affichée sur le papier était différente de la créature en cristal que nous avions vaincue. Celle-ci avait une forme différente.

Celle que nous avions rencontrée dans les ruines avait un corps en forme d’amande et six jambes minces et longues. Dans l’ensemble, cela ressemblait à un cricket. Mais celle que Leen nous avait présentée avait une tête en forme d’amande à la place du corps, et elle n’avait pas de jambes, c’était juste un corps très long.

Si celui que nous avions combattu était un cricket, alors celui-ci était un serpent. Un serpent de cristal avec un corps sinueux. Un peu en forme de katana qui avait été plié un trop grand nombre de fois.

« Celui-ci a une forme différente de celle que nous avons combattue. Celui de Belfast ressemblait plus à un cricket. Il nous a attaqués en étendant ses jambes. »

« Ah. Celui que nous avons rencontré à Mismede a utilisé sa queue pour empaler les gens et détruire les groupes. C’était comme une lame pointue et précise. »

Les formes des deux créatures étaient différentes. Pourtant, il était clair que c’était le même type de créature. Si je devais comparer, je dirais que c’était comme si on groupait des papillons et des mantes religieuses dans le même groupe. Ce groupe étant les « insectes », bien sûr. Il semblait assez raisonnable de procéder comme ça.

« ... Il y a longtemps, quand j’étais encore une jeune fille, une aînée de mon espèce m’avait raconté une histoire. Elle avait parlé d’une race de bêtes monstrueuses qui avaient émergé comme cela de nulle part. Ils avaient amené le monde au bord de la ruine, et étaient connus comme la “Phrase”... Leurs corps étaient en cristal pur, il était dit que cet être était complètement invincible. Mais au final, ils avaient disparu aussi rapidement qu’ils étaient apparus. Le monde était simplement revenu à la normale... »

« Donc, tu penses que la Phrase et les créatures en cristal pourraient être une seule et même chose ? »

« J’ai peur de ne pas le savoir. L’aînée n’est plus avec nous, et elle nous a dit que c’était simplement une histoire qu’elle avait entendue quand elle était enfant. En outre, nous, les fées avaient seulement commencé à avoir des contacts avec des espèces extérieures il y a une centaine d’années. »

Si ces créatures étaient vraiment les mêmes que celles de l’histoire, d’où venaient-elles ? Serait-ce possible que quelqu’un les contrôle comme des créatures invoquées ? Mais alors pourquoi attaqueraient-ils les gens ? Aucune de mes nombreuses réflexions ne pouvait répondre à mes questions.

Ils étaient forts, mais ils n’étaient pas invincibles. S’il réapparaît, il suffisait de les tuer. Et s’il y avait un cerveau derrière tout ça, alors on allait le traîner dehors et aussi le battre.

« Eh bien, rien ne viendra à nous juste en y pensant. Ce ne sont pas des créatures que je serais ravi de rencontrer à nouveau, mais si elles apparaissaient, nous les vaincrons comme le premier. »

« C’est raisonnable en effet. Oh, au fait, pendant qu’Olga est partie, je resterai dans ce pays en tant qu’ambassadrice de Mismede. »

Est-ce que cette fée était sérieuse ? Oh Charlotte, pauvre fille...

« Je vais venir ici de temps en temps, alors allons-y. Aussi, Touya, tu peux utiliser la [Porte], n’est-ce pas ? »

Ah, bon sang... Elle était forte. J’étais sorti afin de recourir à ma supercherie pour garder le secret, mais maintenant que cela était dévoilé, Mismede se méfierait probablement et commencerait à douter de l’alliance.

Comme si elle lisait dans mes pensées, Leen adopta un léger sourire.

« Pas besoin de faire ce visage. Je ne raconterai rien au Roi ou aux autres patriarches du clan. Je suis gentille avec les miens, tu sais ? »

« Les tiens ? »

« Oh oui. Tu seras mon disciple, n’est-ce pas ? »

Le sourire de Leen était devenu sadique. Bon sang. C’était la définition textuelle du chantage. Alors que je m’efforçais de comprendre comment réagir, Leen se mit à rire.

« Eheh... c’était une blague, idiot. Je n’aime pas forcer les gens à faire ce qu’ils ne veulent pas faire. »

C’était un mensonge total. Tu étais au moins à moitié sérieuse là-bas ! Alors que je regardais Leen, la porte du salon s’ouvrit. À travers elle, Cécile et Renne rentrèrent en portant des plateaux avec une théière et des bonbons.

« Je-je suis allé en cuisine et j’ai apporté plus de thé pour vous-vous ! »

La façon de parler de Renne m’avait fait comprendre qu’elle était extrêmement nerveuse. Elle bougeait d’une manière violente, elle avait placé l’assiette avec les sucreries sur la table et avait rempli nos tasses vides. Cécile la surveillait avec un sourire sur le visage.

« E, Excusez-moi. »

Ah ! Elle avait bégayé. Les deux filles avaient quitté la pièce après cela. Ce n’était pas trop mal du tout. En fait, c’était plutôt bien, vu que c’était sa première fois. Allez Renne !

« Je vois que tu emploies quelqu’un d’exceptionnellement jeune. Il ne semblerait pas qu’elle ait l’habitude de traiter avec des invités. Une nouvelle venue, je suppose ? »

« Elle vient juste de commencer, oui. Je te serais reconnaissante si tu tolérais toute maladresse venant d’elle. »

J’avais pris une gorgée du thé que Renne venait de me donner. C’était un peu trop chaud, et il était brassé trop fort. Eh bien, il était bien naturel qu’elle ne soit pas aussi bonne que Lapis ou Cécile. Ce n’était qu’un détail en fin de compte.

« Mais revenons à ce dont nous discutions. Tu peux utiliser la [Porte], n’est-ce pas ? »

« Oui, je le peux. Cependant, il y a cet aspect négatif qui me permet d’aller qu’aux endroits que j’ai visités. »

« N’as-tu jamais déjà entendu parler du sort Néant [Évocation] ? Cela te permet de lire dans les pensées des gens et de recueillir leurs souvenirs. En l’utilisant, tu devrais être capable d’ouvrir une [Porte] menant à des endroits connus de la personne dont tu as lu les souvenirs. »

Vraiment ? Je n’avais jamais entendu parler de ça. Je me demandais où elle en avait eu connaissance... Oh, d’accord, la plupart des fées naissaient avec des sorts Néant, alors peut-être était-ce naturel qu’elle le sache.

« Je veux que tu utilises ce sort en conjonction avec la [Porte] pour me rendre à un certain endroit. Il y a une ruine que je veux examiner dans ce pays. »

« Je ne comprends pas tout à fait, mais... de quel endroit parlons-nous ? »

« L’Extrême-Orient — la partie la plus orientale du monde, même. La nation divine, Eashen. »

« Eashen...? » J’avais instinctivement regardé Yae. Elle avait aussi l’air assez perplexe.

Eashen était le pays qui avait beaucoup de similitudes avec le Japon de mon monde d’origine. J’avais toujours été assez curieux à ce sujet. Et maintenant, j’avais eu la chance d’y aller.

« Cette fille est née à Eashen, non ? Si tu lis dans ses pensées, tu devrais être capable de faire une [Porte] qui mène à Eashen. »

« A-Attendez ! T-Touya-dono va lire dans mes pensées, n’est-ce pas !? »

« Ne t’inquiète pas. Tant que tu es correctement consciente l’[Evocation] permet seulement au lanceur de sorts de prendre les souvenirs que tu lui permets de voir. Tu n’as pas à t’inquiéter sur le fait qu’il puisse voir des souvenirs que tu ne veux pas qu’il voit. »

Incapable de se défendre correctement, Yae devint songeuse. Eh bien, il était naturel que les gens aient des secrets en eux, et ils ne voulaient pas que quelqu’un d’autre les voie. Même s’il n’y avait aucun risque, elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter. J’étais sûr que je serais comme elle si nos rôles étaient inversés. Après un long moment d’hésitation, Yae acquiesça.

« Le sort Néant [Evocation] fonctionne en récoltant des souvenirs de l’esprit de la personne par le toucher. Le moyen le plus efficace de toucher dans ce cas est un baiser. »

« Quoi !? » crièrent toutes les filles à l’unisson.

« C’était une blague. »

Les mots de Leen semblaient drainer toute leur force. J’aimerais vraiment qu’elle retire ce sourire de son visage. Maudite lolita gothique sadique ! Elle nous avait menés à la baguette !

« Très bien, maintenant calmez-vous, restez ici, et faites-vous face. Tenez-vous aussi par la main. »

Leen me traîna moi-même et Yae, et me força à me tenir devant elle. Il y avait d’autres méthodes, apparemment, mais jusqu’à ce que je sois habitué au sort, nous devions faire ceci pour avoir la plus grande chance de succès.

Leen attrapa mes mains et les connecta avec celles de Yae. Elles étaient douces... Bien plus douces que ce à quoi je m’attendais... Je ne pensais pas que n’importe qui pouvait utiliser des épées autant que Yae et toujours avoir de si belles mains... Merde, maintenant je devenais nerveux !

« Ahh... »

« E-Eek... » Quand j’avais levé la tête, mes yeux avaient rencontré les siens. Elle me fixait, rouge comme une betterave. Cette expression était juste injuste ! Ça me rendait encore plus embarrassé.

« Très bien, ferme les yeux. Maintenant, Yae, essaye d’imaginer les paysages d’Eashen. Assure-toi que l’image soit aussi nette que possible. Si tu t’imagines quelque chose de vague, la [Porte] aura une petite chance de nous transporter dans un endroit qui n’a que des similitudes esthétiques. Lorsque l’image est claire, place ton front contre le sien et lance [Evocation]. »

En faisant ce qu’on m’avait dit, j’avais commencé à focaliser ma magie et j’avais placé mon front contre Yae. L’odeur agréable qui avait assailli mes narines m’avait presque fait perdre mon attention, mais j’avais été capable de me tenir et je jetais le sort.

« [Evocation]. »

Quelque chose avait commencé à couler dans ma tête. Un grand arbre... Est-ce un camphre, peut-être ? Il y avait quelque chose près de sa base... On dirait une arche de torii, une de ces arches traditionnelles que l’on trouverait dans un sanctuaire shintoïste... Oh, je pouvais aussi voir le petit sanctuaire hokora... Deux lions — des statues de chien de chaque côté... Ce que j’avais vu était clairement un sanctuaire hokora à l’intérieur d’une zone boisée. Je pouvais seulement supposer que j’observais les souvenirs d’Eashen de Yae.

« Je le vois. »

J’ouvris les yeux et croisai le regard de Yae. Partager des souvenirs avec quelqu’un était une expérience assez étrange. Je me sentais comme si j’avais été là d’innombrables fois.

« Hem ! »

« Ouah ! »

La toux forcée de Yumina m’avait fait revenir à mes sens et je laissais partir Yae. Le fait que nous nous tenions par la main et que nous nous regardions dans les yeux nous rendait tous les deux timides et on détournait les yeux l’un de l’autre.

« Si tu as réellement vu Eashen, j’aimerais que tu ouvres maintenant une [Porte]. Es-tu capable de le faire ? »

Oh, comment aimerais-je effacer ce sourire de ton visage ... J’avais imaginé l’endroit à Eashen que je venais de voir et j’avais ouvert une [Porte]. Une fois que j’avais traversé le portail de lumière, j’étais arrivé dans une forêt avec un grand camphrier, sous lequel il y avait un arc torii avec un sanctuaire hokora, protégé par les deux statues de lion-chien. Tout était exactement comme ce que j’avais vu dans les souvenirs de Yae.

« Il n’y a pas de doute. C’est en effet ma patrie, Eashen. Nous sommes au bosquet du sanctuaire du village près de ma ville natale d’Hashiba. »

Yae avait traversé la [Porte], avait regardé autour de moi et avait confirmé mon succès.

J’étais là, dans le pays le plus oriental du monde. J’avais finalement fait mes premiers pas dans Eashen, la nation divine.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Laisser un commentaire