Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 2 – Chapitre 3 – Partie 5

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Chapitre 3 : La vie au jour le jour II

Partie 5

« C’était un jour avant votre retour dans votre pays. Le palais avait reçu un message urgent de Lairesse, une ville dans l’ouest de Mismede. Il avait mis en garde contre un phénomène étrange qui s’était passé là-bas pendant quelques jours. »

« Qu’est-ce que c’était ? »

Leen prit une gorgée du thé noir qui avait été préparé pour elle, puis se pencha légèrement sur son siège. De l’autre côté de la table, il y avait Yumina, Linze, Yae et moi-même. Paula était assise juste à côté de Leen.

« Ceux qui l’ont découvert étaient un groupe d’enfants de Lairesse. Ce qu’ils ont trouvé était... une fissure, en quelque sorte. Une fissure, suspendue dans l’air au milieu de la forêt. Personne ne pouvait toucher cette étrange fissure, mais tout le monde savait que c’était très réel. »

Une fissure dans un espace vide... ? Que se passait-il ? Était-ce un sort ou quelque chose d’équivalent ?

« Très vite, les enfants avaient remarqué que la fissure grossissait chaque jour. L’un d’eux avait décidé de le dire aux adultes. Après cela, le chef du village a envoyé un message à la capitale. »

Leen plaça la tasse de thé dans l’assiette. Donc, le messager avait atteint la capitale la veille de notre retour à Belfast, n’est-ce pas ?

« Ce que nous avons trouvé était un carnage. Un carnage total. Ce qui était autrefois des maisons était maintenant une zone de guerre, au bord de l’anéantissement. Une créature en cristal les tuait... Non, c’était un vrai massacre. Il n’y avait pas de remords. Les soldats et moi avions essayé de nous battre, mais nous n’avions aucune chance. Les épées ne pouvaient pas la blesser, les sorts étaient absorbés par elle. Elle s’était régénérée lorsqu’elle avait été brisée... C’était comme si on se battait dans un cauchemar. La moitié des soldats avaient été mutilés au-delà du rétablissement. Le village n’a pas pu être sauvé. »

« Cela ressemble à celui que nous avons combattu... Avez-vous réussi à le vaincre ? »

« D’une certaine manière, oui. À peine. Quand j’ai découvert qu’il était vulnérable à la magie qui infligeait des dégâts physiques, j’ai utilisé des sorts de la Terre pour lui frapper la tête avec un rocher qui pesait plusieurs tonnes. Une fois que j’ai brisé le noyau dans son corps, elle a cessé de se régénérer. »

Le noyau rouge à nouveau... Donc, elle avait cessé toute activité quand il avait été détruit. Cela voulait dire que c’était vraiment le même type de créature que nous avions combattu.

« Je voulais faire plus de recherches sur ce monstre, alors je suis allée vers Charlotte pour qu’elle m’aide. C’est alors qu’elle m’a informée d’un événement similaire à Belfast. J’ai été très surprise quand elle m’a dit que vous étiez ceux qui l’ont vaincue. »

Leen me regarda directement avec un sourire un peu méchant. Je me sentais comme une grenouille étant regardée par un serpent. Cela me faisait vraiment transpirer, alors j’aurais préféré qu’elle s’arrête plus tôt que plus tard.

« Il y a une autre chose qu’elle m’a dite. Tu peux lancer n’importe quelle magie du néant, n’est-ce pas ? Cela explique pourquoi tu pouvais utiliser la [Programmation]. »

« Eh bien... que puis-je dire ici ? Je serais reconnaissant si tu n’en parles pas trop. »

Bon sang, Charlotte, pourquoi as-tu craché le morceau ! En y repensant, la pauvre fille était probablement obligée de parler sous la torture... Je supposais qu’elle ne pouvait rien garder secret quand ce professeur démoniaque avait murmuré à son oreille.

« Les quelques villageois survivants nous ont dit que la fissure dans l’espace avait été détruite, et que la créature en cristal en était sortie. »

De la fissure... ? Ce n’était donc pas comme chez nous, où elle s’était simplement réveillée dans les ruines antiques. Leen sortit un morceau de papier de sa poche et l’étala sur la table. La créature affichée sur le papier était différente de la créature en cristal que nous avions vaincue. Celle-ci avait une forme différente.

Celle que nous avions rencontrée dans les ruines avait un corps en forme d’amande et six jambes minces et longues. Dans l’ensemble, cela ressemblait à un cricket. Mais celle que Leen nous avait présentée avait une tête en forme d’amande à la place du corps, et elle n’avait pas de jambes, c’était juste un corps très long.

Si celui que nous avions combattu était un cricket, alors celui-ci était un serpent. Un serpent de cristal avec un corps sinueux. Un peu en forme de katana qui avait été plié un trop grand nombre de fois.

« Celui-ci a une forme différente de celle que nous avons combattue. Celui de Belfast ressemblait plus à un cricket. Il nous a attaqués en étendant ses jambes. »

« Ah. Celui que nous avons rencontré à Mismede a utilisé sa queue pour empaler les gens et détruire les groupes. C’était comme une lame pointue et précise. »

Les formes des deux créatures étaient différentes. Pourtant, il était clair que c’était le même type de créature. Si je devais comparer, je dirais que c’était comme si on groupait des papillons et des mantes religieuses dans le même groupe. Ce groupe étant les « insectes », bien sûr. Il semblait assez raisonnable de procéder comme ça.

« ... Il y a longtemps, quand j’étais encore une jeune fille, une aînée de mon espèce m’avait raconté une histoire. Elle avait parlé d’une race de bêtes monstrueuses qui avaient émergé comme cela de nulle part. Ils avaient amené le monde au bord de la ruine, et étaient connus comme la “Phrase”... Leurs corps étaient en cristal pur, il était dit que cet être était complètement invincible. Mais au final, ils avaient disparu aussi rapidement qu’ils étaient apparus. Le monde était simplement revenu à la normale... »

« Donc, tu penses que la Phrase et les créatures en cristal pourraient être une seule et même chose ? »

« J’ai peur de ne pas le savoir. L’aînée n’est plus avec nous, et elle nous a dit que c’était simplement une histoire qu’elle avait entendue quand elle était enfant. En outre, nous, les fées avaient seulement commencé à avoir des contacts avec des espèces extérieures il y a une centaine d’années. »

Si ces créatures étaient vraiment les mêmes que celles de l’histoire, d’où venaient-elles ? Serait-ce possible que quelqu’un les contrôle comme des créatures invoquées ? Mais alors pourquoi attaqueraient-ils les gens ? Aucune de mes nombreuses réflexions ne pouvait répondre à mes questions.

Ils étaient forts, mais ils n’étaient pas invincibles. S’il réapparaît, il suffisait de les tuer. Et s’il y avait un cerveau derrière tout ça, alors on allait le traîner dehors et aussi le battre.

« Eh bien, rien ne viendra à nous juste en y pensant. Ce ne sont pas des créatures que je serais ravi de rencontrer à nouveau, mais si elles apparaissaient, nous les vaincrons comme le premier. »

« C’est raisonnable en effet. Oh, au fait, pendant qu’Olga est partie, je resterai dans ce pays en tant qu’ambassadrice de Mismede. »

Est-ce que cette fée était sérieuse ? Oh Charlotte, pauvre fille...

« Je vais venir ici de temps en temps, alors allons-y. Aussi, Touya, tu peux utiliser la [Porte], n’est-ce pas ? »

Ah, bon sang... Elle était forte. J’étais sorti afin de recourir à ma supercherie pour garder le secret, mais maintenant que cela était dévoilé, Mismede se méfierait probablement et commencerait à douter de l’alliance.

Comme si elle lisait dans mes pensées, Leen adopta un léger sourire.

« Pas besoin de faire ce visage. Je ne raconterai rien au Roi ou aux autres patriarches du clan. Je suis gentille avec les miens, tu sais ? »

« Les tiens ? »

« Oh oui. Tu seras mon disciple, n’est-ce pas ? »

Le sourire de Leen était devenu sadique. Bon sang. C’était la définition textuelle du chantage. Alors que je m’efforçais de comprendre comment réagir, Leen se mit à rire.

« Eheh... c’était une blague, idiot. Je n’aime pas forcer les gens à faire ce qu’ils ne veulent pas faire. »

C’était un mensonge total. Tu étais au moins à moitié sérieuse là-bas ! Alors que je regardais Leen, la porte du salon s’ouvrit. À travers elle, Cécile et Renne rentrèrent en portant des plateaux avec une théière et des bonbons.

« Je-je suis allé en cuisine et j’ai apporté plus de thé pour vous-vous ! »

La façon de parler de Renne m’avait fait comprendre qu’elle était extrêmement nerveuse. Elle bougeait d’une manière violente, elle avait placé l’assiette avec les sucreries sur la table et avait rempli nos tasses vides. Cécile la surveillait avec un sourire sur le visage.

« E, Excusez-moi. »

Ah ! Elle avait bégayé. Les deux filles avaient quitté la pièce après cela. Ce n’était pas trop mal du tout. En fait, c’était plutôt bien, vu que c’était sa première fois. Allez Renne !

« Je vois que tu emploies quelqu’un d’exceptionnellement jeune. Il ne semblerait pas qu’elle ait l’habitude de traiter avec des invités. Une nouvelle venue, je suppose ? »

« Elle vient juste de commencer, oui. Je te serais reconnaissante si tu tolérais toute maladresse venant d’elle. »

J’avais pris une gorgée du thé que Renne venait de me donner. C’était un peu trop chaud, et il était brassé trop fort. Eh bien, il était bien naturel qu’elle ne soit pas aussi bonne que Lapis ou Cécile. Ce n’était qu’un détail en fin de compte.

« Mais revenons à ce dont nous discutions. Tu peux utiliser la [Porte], n’est-ce pas ? »

« Oui, je le peux. Cependant, il y a cet aspect négatif qui me permet d’aller qu’aux endroits que j’ai visités. »

« N’as-tu jamais déjà entendu parler du sort Néant [Évocation] ? Cela te permet de lire dans les pensées des gens et de recueillir leurs souvenirs. En l’utilisant, tu devrais être capable d’ouvrir une [Porte] menant à des endroits connus de la personne dont tu as lu les souvenirs. »

Vraiment ? Je n’avais jamais entendu parler de ça. Je me demandais où elle en avait eu connaissance... Oh, d’accord, la plupart des fées naissaient avec des sorts Néant, alors peut-être était-ce naturel qu’elle le sache.

« Je veux que tu utilises ce sort en conjonction avec la [Porte] pour me rendre à un certain endroit. Il y a une ruine que je veux examiner dans ce pays. »

« Je ne comprends pas tout à fait, mais... de quel endroit parlons-nous ? »

« L’Extrême-Orient — la partie la plus orientale du monde, même. La nation divine, Eashen. »

« Eashen...? » J’avais instinctivement regardé Yae. Elle avait aussi l’air assez perplexe.

Eashen était le pays qui avait beaucoup de similitudes avec le Japon de mon monde d’origine. J’avais toujours été assez curieux à ce sujet. Et maintenant, j’avais eu la chance d’y aller.

« Cette fille est née à Eashen, non ? Si tu lis dans ses pensées, tu devrais être capable de faire une [Porte] qui mène à Eashen. »

« A-Attendez ! T-Touya-dono va lire dans mes pensées, n’est-ce pas !? »

« Ne t’inquiète pas. Tant que tu es correctement consciente l’[Evocation] permet seulement au lanceur de sorts de prendre les souvenirs que tu lui permets de voir. Tu n’as pas à t’inquiéter sur le fait qu’il puisse voir des souvenirs que tu ne veux pas qu’il voit. »

Incapable de se défendre correctement, Yae devint songeuse. Eh bien, il était naturel que les gens aient des secrets en eux, et ils ne voulaient pas que quelqu’un d’autre les voie. Même s’il n’y avait aucun risque, elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter. J’étais sûr que je serais comme elle si nos rôles étaient inversés. Après un long moment d’hésitation, Yae acquiesça.

« Le sort Néant [Evocation] fonctionne en récoltant des souvenirs de l’esprit de la personne par le toucher. Le moyen le plus efficace de toucher dans ce cas est un baiser. »

« Quoi !? » crièrent toutes les filles à l’unisson.

« C’était une blague. »

Les mots de Leen semblaient drainer toute leur force. J’aimerais vraiment qu’elle retire ce sourire de son visage. Maudite lolita gothique sadique ! Elle nous avait menés à la baguette !

« Très bien, maintenant calmez-vous, restez ici, et faites-vous face. Tenez-vous aussi par la main. »

Leen me traîna moi-même et Yae, et me força à me tenir devant elle. Il y avait d’autres méthodes, apparemment, mais jusqu’à ce que je sois habitué au sort, nous devions faire ceci pour avoir la plus grande chance de succès.

Leen attrapa mes mains et les connecta avec celles de Yae. Elles étaient douces... Bien plus douces que ce à quoi je m’attendais... Je ne pensais pas que n’importe qui pouvait utiliser des épées autant que Yae et toujours avoir de si belles mains... Merde, maintenant je devenais nerveux !

« Ahh... »

« E-Eek... » Quand j’avais levé la tête, mes yeux avaient rencontré les siens. Elle me fixait, rouge comme une betterave. Cette expression était juste injuste ! Ça me rendait encore plus embarrassé.

« Très bien, ferme les yeux. Maintenant, Yae, essaye d’imaginer les paysages d’Eashen. Assure-toi que l’image soit aussi nette que possible. Si tu t’imagines quelque chose de vague, la [Porte] aura une petite chance de nous transporter dans un endroit qui n’a que des similitudes esthétiques. Lorsque l’image est claire, place ton front contre le sien et lance [Evocation]. »

En faisant ce qu’on m’avait dit, j’avais commencé à focaliser ma magie et j’avais placé mon front contre Yae. L’odeur agréable qui avait assailli mes narines m’avait presque fait perdre mon attention, mais j’avais été capable de me tenir et je jetais le sort.

« [Evocation]. »

Quelque chose avait commencé à couler dans ma tête. Un grand arbre... Est-ce un camphre, peut-être ? Il y avait quelque chose près de sa base... On dirait une arche de torii, une de ces arches traditionnelles que l’on trouverait dans un sanctuaire shintoïste... Oh, je pouvais aussi voir le petit sanctuaire hokora... Deux lions — des statues de chien de chaque côté... Ce que j’avais vu était clairement un sanctuaire hokora à l’intérieur d’une zone boisée. Je pouvais seulement supposer que j’observais les souvenirs d’Eashen de Yae.

« Je le vois. »

J’ouvris les yeux et croisai le regard de Yae. Partager des souvenirs avec quelqu’un était une expérience assez étrange. Je me sentais comme si j’avais été là d’innombrables fois.

« Hem ! »

« Ouah ! »

La toux forcée de Yumina m’avait fait revenir à mes sens et je laissais partir Yae. Le fait que nous nous tenions par la main et que nous nous regardions dans les yeux nous rendait tous les deux timides et on détournait les yeux l’un de l’autre.

« Si tu as réellement vu Eashen, j’aimerais que tu ouvres maintenant une [Porte]. Es-tu capable de le faire ? »

Oh, comment aimerais-je effacer ce sourire de ton visage ... J’avais imaginé l’endroit à Eashen que je venais de voir et j’avais ouvert une [Porte]. Une fois que j’avais traversé le portail de lumière, j’étais arrivé dans une forêt avec un grand camphrier, sous lequel il y avait un arc torii avec un sanctuaire hokora, protégé par les deux statues de lion-chien. Tout était exactement comme ce que j’avais vu dans les souvenirs de Yae.

« Il n’y a pas de doute. C’est en effet ma patrie, Eashen. Nous sommes au bosquet du sanctuaire du village près de ma ville natale d’Hashiba. »

Yae avait traversé la [Porte], avait regardé autour de moi et avait confirmé mon succès.

J’étais là, dans le pays le plus oriental du monde. J’avais finalement fait mes premiers pas dans Eashen, la nation divine.

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4 commentaires

  1. On va finir par le prendre pour une agence de voyage. ''Téléportation instantanée a la demande'', Énergie, monsieur Scott...

  2. Merci pour le chapitre.

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