Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 2 – Chapitre 3 – Partie 3

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Chapitre 3 : La vie au jour le jour II

Partie 3

Maintenant qu’elle avait été nettoyée d’une partie de cette saleté, Renne était en fait une gamine plutôt gentille...

« Eh, frangin. De quoi est-ce que tu vas me nourrir, alors ? » Cependant, la façon dont elle parlait était beaucoup moins douce...

Je m’étais dit que la nourriture solide serait trop pour un estomac aussi vide que le sien, alors j’avais acheté de la soupe de poisson dans un étal de nourriture à côté de la guilde. Je l’avais alors mis dans une tasse et le lui avais donné.

Renne le prit rapidement dans ses mains et commença lentement à le boire. On dirait qu’elle ne pouvait pas gérer les choses chaudes. Mais c’était bien pour moi. Si elle le prenait lentement, cela ne lui submergerait pas le ventre.

« Attends ici un instant. »

Je l’avais laissée là et j’étais entré dans la guilde. Je leur avais donné ma carte de guilde et j’avais retiré une partie de mon argent. Cependant, ce n’était pas une grosse somme. Une fois que j’avais quitté la guilde, j’avais pris Renne avec moi. Je pensais aller dans un vrai restaurant, mais avec son apparence, elle allait forcément être expulsée.

Alors, je m’étais décidé à aller dans un autre étal, à prendre des viandes rôties et à les manger sur un banc de la place.

« Il n’y a pas besoin de se précipiter, tu dois ralentir. »

« Niet. » Renne, ayant apparemment perdu la raison à cause de sa faim, avait avidement rongé la viande. Elle ne m’avait pas donné beaucoup d’attention. Elle faisait presque jeu égal avec Yae...

« Alors, où habites-tu ? »

« Cela dépend des fois. Parfois dans le parc. Parfois, dans les ruelles. J’avais vécu dans une auberge avec mon père avant ça. »

« Où est ton père maintenant ? »

« C’était un aventurier. Il était parti pour tuer une bête il y a un an. Il n’est jamais venu à la maison. »

Oh... Oh non. Son père avait été certainement tué par un monstre. Il n’était pas rare que des aventuriers soient tués pendant les quêtes de chasse. Si cela se produisait en solo, ils étaient généralement traités comme des personnes disparues.

« Et ta mère ? As-tu d’autres parents ? »

« Morte juste après ma naissance, m’avait dit mon vieux père. Je ne sais pas si j’ai de la famille. On ne m’a jamais rien dit du tout. »

Ayant terminé avec sa viande, Renne essuya ses mains sales sur son pantalon alors qu’elle me racontait son histoire.

Alors son père avait disparu et elle était restée orpheline ? J’étais juste étonné qu’elle eût survécu toute une année...

« Après que papa est parti et a disparu, une gentille vieille dame a voyagé à travers la ville et m’a appris à voler les portefeuilles des gens. Je savais que ce n’était pas bien, mais une fille doit manger... »

Eh bien, cette vieille dame a sûrement fait quelque chose qu’elle n’aurait pas dû... Pourtant, c’était le vol qui avait permis à Renne de survivre si longtemps. Mince, cette fille était un cas compliqué. Je ne savais pas ce que je devrais faire ici. Elle n’avait pas de parents, et pas d’autres familles non plus... Je pourrais essayer de l’emmener dans un orphelinat, mais elle était déjà une criminelle, alors... Elle disait qu’elle ne volait que quand elle en avait besoin, mais je ne pouvais pas savoir s’ils ne l’avaient pas la laisser filer depuis qu’elle était une enfant pauvre. Les enfants comme elle n’étaient pas inhabituels ici, je le comprenais. S’ils arrêtaient de voler, ils seraient morts de faim. Ils faisaient de leur mieux pour survivre avec ce qu’on leur plaçait entre leurs mains. Ils menaient bien sûr des vies injustes. Mais ça ne voulait pas dire que voler était la bonne chose à faire... Peut-être que je pourrais lui trouver un emploi ? Non, ça n’arrivera pas. Mais si je la laissais ici, alors elle irait juste voler de nouveau. Et cela pourrait l’amener à se faire prendre...

Les gens m’auraient probablement traité d’énorme mauviette à cause de mes actions. Mais je n’allais pas vraiment m’en soucier. Après tout, je voulais vraiment l’aider.

« Renne... aimerais-tu venir travailler chez moi ? »

« Ne veux-tu pas devenir mon compagnon ? »

« Tu aurais un endroit pour dormir et la nourriture ne sera plus un problème également. Cependant, tu devras travailler correctement. Tu seras payé pour le travail que tu fais, ne t’inquiètes pas à ce sujet. Que penses-tu de cela ? »

« Attends, attends... Tu vas m’engager !? Tu te fous de moi, est-ce cela !? »

Renne me regarda avec une surprise et un soupçon évidents sur son visage. Bien qu’elle soit clairement perplexe devant mon offre soudaine, ses yeux brillaient d’espoir.

« Mais je t’offre ce travail à la condition que tu ne remettes jamais tes talents de voleur à l’œuvre. Si tu le fais, je ne serai pas en mesure de te laisser continuer à travailler pour moi. Tu penses pouvoir gérer ça ? »

« Oui Seigneur ! Je ne les utiliserai jamais aussi longtemps tant que je vis ! Croix de bois, croix de fer ! »

Alors que Renne hochait la tête avec excitation, je lui donnais une petite tape sur la tête.

J’aurais dû attendre et demandé à Yumina d’examiner cet enfant avec ses Yeux Mystiques, mais je ne pensais pas que Renne soit une mauvaise personne. Eh bien, maintenant que c’était réglé... rentrons à la maison.

J’aurais pu utiliser une [Porte] pour nous y emmener immédiatement, mais j’avais décidé de la conduire à pied juste pour qu’elle connaisse le chemin.

« Attends une seconde. Tu ne vis pas dans les environs ? »

« Non, ma maison est là-bas. Je vis dans le district ouest. »

« L’ouest !? » Renne, qui faisait face à l’est, s’était soudainement retournée. Elle avait, pour une raison quelconque, l’air encore plus surprise.

Était-ce vraiment un gros problème... ? Nous avions quitté le district sud et étions entrés par la porte ouest. Nous nous étions dirigés à travers la zone résidentielle qui s’élargissait graduellement, et avions fini par traverser la douce colline sur laquelle se trouvait notre maison. Je détestais un peu cette colline... Ce serait beaucoup plus facile si nous n’en avions pas.

« Attends, frang... Euh, Touya... serais-tu une sorte de noble ? »

« Eh bien, je ne peux pas vraiment dire que j’en suis un. Bien que dans les faits j’en sois pratiquement un. »

Elle se sentait probablement extrêmement anxieuse et pas à sa place ici. La plupart des nobles avaient choisi de vivre dans le quartier intérieur plutôt que dans la périphérie. Mais les nobles ayant moins d’influence ou de disgrâce déménageaient souvent dans cette zone. Ce quartier avait aussi un certain nombre de marchands aisés.

Une fois que nous avions fait notre randonnée sur la colline, nous avions pu voir le toit rouge de ma propre maison. Renne resta immobile, abasourdie, avant de se tourner lentement vers moi.

« C’est l’endroit ? N’es-tu pas en train de te moquer de moi ? »

« Oui, c’est ça. Oh, hé là, Tom. »

« Oh ? Bonne journée Monsieur ! C’est rare que vous rentriez à la maison par l’entrée principale. »

Le garde avait parlé avec un large sourire. Eh bien, j’avais toujours utilisé une [Porte] pour aller dans et en dehors de la maison, donc c’était tout naturel pour lui de me faire ce commentaire.

Nous étions entrés dans ma propriété par l’entrée piétonne à côté de la porte principale. Nous avions marché à travers le jardin et nous avions marché jusqu’à la porte d’entrée, que j’avais ouverte pour trouver Lapis et Cécile nettoyant le hall d’entrée.

« Oh, quelle surprise ! Bienvenue, monsieur ! Il est rare que vous utilisiez la porte d’entrée. »

« hh ? Qui est-ce ? ? » Cécile regarda Renne, son regard faisait presque des trous dans la petite fille. Renne se cacha derrière moi, probablement par embarras.

« Elle s’appelle Renne. Elle travaillera ici à partir de maintenant, alors essayez de vous entendre avec elle. Bien maintenant, Renne. Présente-toi à eux, ils ne mordent pas. »

« Euh... je-je suis Renne. C’est un grand plaisir de vous rencontrer ! »

Wôw, elle était devenue si douce et formelle. Je supposais qu’elle était nerveuse. Ce n’était pas déraisonnable, étant donné l’endroit clinquant dans lequel je l’avais placé.

« Où est Laim ? »

« Il est allé au salon pour donner son thé à Mlle Yumina. »

Lapis avait montré le chemin, alors j’avais pris Renne avec moi. J’avais laissé la petite fille s’asseoir sur une chaise confortable pendant que j’expliquais la situation à Laim.

Yumina écoutait silencieusement ce que je disais, fixant Renne tout le temps. Il ne fallait pas être un génie pour dire qu’elle utilisait ses Yeux Mystiques. Assez rapidement, Yumina adopta un léger sourire. Là, je le savais ! Renne n’était pas une mauvaise fille !

Avec un regard oblique, Laim le confirma lui-même.

« Très bien, monsieur. Je comprends les circonstances. Cependant, je dois être certain qu’elle sera assez sérieuse pour travailler ici. Je ne peux pas avoir notre efficacité en tant qu’équipe entravée par n’importe qui. Toi, tu t’appelles Renne ? »

« O-Oui... »

« As-tu vraiment l’intention de travailler ici ? Cela ne nous dérangera pas si tu échoues ou tu causes un peu de problèmes au début. Cependant, tu dois promettre d’apprendre de tes erreurs et de ne pas fuir tes responsabilités. »

Laim regarda Renne avec l’expression la plus sévère que je l’avais jamais vue adopter. Je pensais que c’était une chose un peu dure à faire à un enfant de moins de dix ans, mais je n’avais pas l’impression de devoir me mêler de cette affaire, alors j’avais tenu ma langue.

« ... Oui. Je veux travailler ici. Je veux être là où est Touya. » Renne regarda droit dans les yeux sévères de Laim. Après l’avoir regardé pendant un bon moment, le maître d’hôtel avait adouci son expression et s’était levé avec un sourire.

« Cécile. Amène la jeune Renne au bain. Je veux qu’elle soit nettoyée jusqu’à ce qu’elle soit impeccable. »

« Très bien. Viens avec moi, petite Renne. C’est l’heure du bain, Hehehehe. »

« Euh !? Quoi !? »

Et ainsi, Renne avait été emmenée à la salle de bain. Bien que ce aurait été plus véridique de dire que Renne avait été traînée dans la salle de bain.

« Lapis, va lui acheter des vêtements appropriés. Oh ! Et commande un uniforme sur mesure pour elle. »

« Compris, Monsieur. Si cela ne vous dérange pas, je vais utiliser la bicyclette. »

Lapis sortit à la hâte. Cécile et elle avaient appris à faire du vélo en quelques heures. Je n’étais pas trop surpris, étant donné qu’ils étaient l’équivalent des ninjas de mon ancien monde.

Yumina avait soudainement parlé après nous avoir entendu parler.

« Quand elle aura fini de se laver, elle pourra porter mes vêtements, du moins pour le moment. Ils seront probablement trop grands pour elle, mais ce ne sera que jusqu’à ce que Lapis revienne. »

Yumina se leva de son siège. Elle allait probablement chercher des vêtements dans le vestiaire. Une fois qu’elle fut partie, je m’étais étendu sur ma chaise et je m’étais plongé dans mes pensées pendant un moment. Assez rapidement, Laim était venu et avait mis du thé sur la table devant moi.

« ... Dois-je la remettre à un orphelinat ? Ai-je fait quelque chose de déplacé ? »

« C’est à Renne d’en décider, monsieur. Pour l’instant, si vous me permettez de le dire... vous devriez seulement accepter la vérité. La vérité est que vous avez sauvé une jeune fille de la pauvreté. »

Je suppose que tu as raison, Laim... Je ne devrais pas trop y penser. J’avais fait exactement ce que je voulais faire, de toute façon. C’était tout ce qu’on pouvait en dire. Franchement, je pouvais voir pourquoi Laim travaillait directement sous le roi. Il avait un don de jouer avec les mots. Cependant en mettant tout cela de côté, Renne était toujours une criminelle. J’allais devoir la faire expier pour ce qu’elle avait fait. Peut-être que je devrais consulter quelqu’un à ce sujet ? Bien, peu importe. J’allais juste parler au roi ou à l’un de ces représentants.

... Hm ? J’entendais quelqu’un courir dans le couloir. Soudain, la porte du salon s’ouvrit et Renne entra, ne portant rien d’autre qu’une serviette de bain. Dans ses bras, elle tenait mon cher petit tigre blanc.

« T-Touya ! Frangin ! Il y a un petit tigre par “ici” ! » Kohaku me regarda avec une expression agacée sur le visage. Je pouvais totalement comprendre pourquoi.

« Maître... qui est cet enfant ? »

« Tu veux le savoir !? Sache qu’elle pourrait bien t’irriter, mais nous en reparlerons ! »

... Elle était bruyante, et cette façon de parler était revenue assez vite aussi. Et franchement, elle devrait vraiment mettre des vêtements. Ça ne semblait pas très correct du tout. Comme je commençais à penser à quel point ma maison deviendrait vivante avec elle, j’avais remarqué quelque chose d’étrange. Il y avait quelque chose qui pendait à son cou. Cela ressemblait à une sorte de pendentif.

« Renne, qu’est-ce qu’elle est cette chose autour de ton cou ? »

« Ceci ? Papa me l’a donné. Il a dit que c’était pour se souvenir de ma mère. C’est la seule chose que j’ai jamais eue pour moi. »

« Puis-je y jeter un coup d’œil ? » Renne l’avait enlevé et me l’avait donné. Quelques instants plus tard, Cécile, les manches retroussées, vint la ramener à la salle de bain. Les choses étaient devenues trop chaotiques trop rapidement...

Je reportais mon regard sur le pendentif dans ma main. D’après ce que je pouvais voir, il était en or... cela rapporterait évidemment un prix considérable sur le marché. Comme Renne l’avait gardé malgré le fait qu’elle aurait pu se nourrir en le vendant, le pendentif devait lui être très précieux.

Il était constitué d’une paire d’ailes déployées, au milieu de laquelle était une gemme en forme de triangle vers le bas. Était-ce... une émeraude ? Non, c’était un sortilège de vent.

Il y avait un blason à l’arrière.

« Laim, reconnais-tu ce blason ? »

« Un griffon, un bouclier, deux épées et des lauriers... Je ne peux pas dire que je le sais. »

« Si c’est vraiment un souvenir, est-ce que cela pourrait signifier que Renne a du sang noble en elle ? »

« Je n’en suis pas si sûr. Cela pourrait être quelque chose que ses parents ou grands-parents ont simplement trouvé par hasard. »

Et ça s’était passé de génération en génération jusqu’à ce que ça finisse entre les mains de Renne, hein ? C’était définitivement une possibilité. Mais habituellement, quelque chose de si voyant aurait été rendu ou vendu, non ? Eh bien ! Avec le père de Renne parti, il n’y avait aucun moyen de le savoir avec certitude...

« Autant que je sache, il n’y a pas de ce genre de blason parmi ceux utilisés par les nobles Belfastiens. Cependant, je sais que les griffons sont très populaires dans l’Empire... »

L’Empire... qu’est-ce encore... ? Oh, l’Empire Regulus ? Je pensais que c’était à l’est ? Celui qui n’était pas dans les meilleurs termes avec Belfast. Le père de Renne était-il un noble déchu qui s’était échappé de cet endroit ? Quoi qu’il en soit, cela ne semblait pas être quelque chose dont je devrais parler plus que nécessaire.

Je m’étais fait une note dans mon esprit pour pouvoir poser des questions sur ce blason si jamais je devais rencontrer quelqu’un de l’Empire Regulus.

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2 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

  2. Merci pour le chapitre.

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