Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 2 – Chapitre 3 – Partie 1

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Chapitre 3 : La vie au jour le jour II

Partie 1

Le lendemain de notre retour de Mismede, nous nous étions dirigés vers la guilde de la capitale pour recevoir nos récompenses.

En regardant le tableau de quête, qui était tout autant entouré que celui de la ville de Reflet, j’avais remis ma carte à la réceptionniste. Comme il s’agissait d’une demande directe, le palais royal avait dû informer la guilde qu’elle était terminée. La dame au bureau avait regardé par-dessus nos cartes et avait demandé des papiers avant de presser ce fameux sceau contre eux.

« Vous avez tous fait du bon travail. Vos accomplissements durant cette quête ont augmenté votre rang dans la guilde. Toutes nos félicitations ! »

J’avais regardé par-dessus les cartes qu’elle nous avait données, et, bien sûr, les miennes, Elze, Linze et Yae étaient bleues, tandis que celles de Yumina étaient vertes. Puisque l’ordre était noir, violet, vert, bleu, rouge, argent et or, nous étions maintenant en plein milieu de la chaîne. Une fois que nous aurions atteint le rang rouge, nous serions capables de nous appeler de vrais aventuriers.

« Et voici votre récompense. Elle est dix pièces de monnaie en platine. » La réceptionniste avait placé dix pièces de monnaie blanches sur la table.

Je ne pouvais toujours pas croire qu’une seule d’entre elles valait un million de yens. Je voulais dire que cela faisait dix millions de yens au total... N’était-ce pas un peu trop ? Là encore, c’était une récompense pour une mission qui allait aider à décider du sort de deux pays, alors peut-être que je ne devrais pas me sentir si mal à ce sujet. De plus, le plan entier dépendait de ma capacité rare à utiliser [Porte]. Si vous teniez compte de cela, peut-être que la récompense avait été simplement gonflée à cause de ces conditions spéciales.

Chacun d’entre nous avait pris deux pièces, puis on s’était retourné pour quitter la guilde. Mais avant que nous ayons eu l’occasion de partir, le réceptionniste nous avait arrêtés.

« Ah, pourriez-vous attendre une minute ? Des gens du palais royal nous ont dit qu’un groupe dirigé par un certain Mochizuki Touya avait tué un dragon noir. Est-ce que ce serait vous ? »

« Ben ouais. Nous en avons vaincu un... cependant, je ne peux pas vous aider si vous demandez une preuve. » Je n’avais pas envie de montrer les armes que j’avais faites avec la corne du dragon, et les pièces que je n’avais pas encore utilisées étaient toutes stockées dans la maison. De plus, ce truc ne ressemblait plus à une corne, alors j’avais douté qu’ils m’aient cru même s’ils l’avaient vu.

« Oh non, il suffit de confirmer votre identité. La validité du titre “Tueur de dragons” a été assurée par le palais royal, donc il n’y a pas de problème à cet égard. Dans cette optique, la guilde voudrait que vous acceptiez le symbole de votre action — le titre de “Tueur de dragons.” »

Alors qu’elle parlait, elle avait pris les cartes de tous ceux qui avaient participé à la bataille et avait posé un autre cachet sur elles. Elle me les rendit, et je remarquais rapidement un symbole rond dans le coin droit de ma carte. Cela représentait une épée perçant à travers un dragon au sol. C’était donc la marque d’un tueur de dragons, hein ?

« Si vous présentez cette carte à des forgerons, à des armuriers, à des ateliers d’outillage ou à des auberges partenaires de notre guilde, vous bénéficierez d’une réduction de 30 % sur toutes vos transactions. J’espère que vous apprécierez les avantages. »

Hein ? Il y avait des bonus ajoutés à cela ? Eh bien, je ne refuserais pas quelque chose d’aussi gentil. Selon la réceptionniste, le titre de « Tueur de dragons » était donné seulement à ceux qui avaient tué un dragon dans un groupe de cinq ou moins. Cela me semblait assez raisonnable. Après tout, si un millier de personnes allaient et venaient à bout d’un dragon, il ne serait pas juste d’appeler ces gens des tueurs de dragons.

La réceptionniste avait également dit que c’était un événement très rare de voir membre bleu tuant un dragon. Il était intéressant de noter que le seul aventurier de rang or du monde était également de rang bleu quand il avait tué son premier dragon. Mettant de côté les discussions, j’avais accepté mon nouveau titre avec joie.

Nous avions quitté la guilde, et comme les filles avaient commencé à parler d’acheter des vêtements et d’autres bibelots, j’avais décidé de rentrer à la maison. Mais avant que je puisse partir, je m’étais souvenu qu’il y avait quelque chose dont je devais m’occuper. D’accord, maintenant, allons trouver un forgeron...

Mes achats m’avaient laissé un peu accablé, alors j’avais utilisé [Porte] pour retourner dans mon jardin, où j’avais surpris accidentellement mon jardinier, Julio. Oups, c’est mauvais...

« Monsieur, qu’est-ce que cela pourrait être ? » Curieux de ce que j’avais avec moi, Julio arrêta son travail sur le parterre de fleurs.

« De l’acier, du caoutchouc et un peu de cuir. Je suis sur le point d’essayer de faire un vélo. »

« Acheter une faucille ? » (NdT : totalement intraduisible en français, c’est un humour basé sur la prononciation bicyle [vélo] et buy-syckle [acheter une faucille])

« C’est un véhicule simple. De ceux qui vous permettent d’aller très vite. »

« Je... vois... » répondit-il, mais était clairement inconscient de l’idée. Je ne pouvais pas le blâmer pour cela.

Quand j’avais commencé à utiliser les pneus, j’avais été frappé par le fait que j’avais probablement besoin d’une pompe à air en premier lieu. Puis je m’étais souvenu que les routes de ce monde les feraient passer très vite à plat, alors j’avais décidé de les faire intégralement en caoutchouc. Cependant, rouler avec un vélo composé avec des pneus uniquement en caoutchouc serait probablement beaucoup moins agréable.

Alors que j’utilisais le [Modelage] pour donner au caoutchouc la forme d’un pneu de vélo, Laim était venu au jardin, accompagné par nul autre que le Duc Ortlinde.

« Monsieur, Monsieur le Duc Ortlinde est venu rendre visite et... Si je peux vous le demander, que faites-vous ? »

« Hey. Quelle est cette chose ? »

Leurs réactions étaient les mêmes que celles de Julio. Ma réponse était exactement la même et, comme on pouvait s’y attendre, ils ne comprenaient pas du tout.

« Alors, qu’est-ce qui vous amène ici, Duc ? »

« Je suis simplement venu te remercier pour ce que tu as fait. Oh, aussi... à propos de ces miroirs destinés à envoyer des lettres... Je me demandais si tu pouvais m’en donner un autre. »

« Vous voulez un autre Miroir Portail ? Pourquoi ? »

« Eh bien, en fait, ce serait pour ma femme ! Je pensais qu’elle serait tellement heureuse si je lui donnais les moyens de parler fréquemment avec sa mère. Sa mère vit assez loin, tu vois. »

Vous avez l’air plutôt timide, Monsieur le Duc. Heh, c’est mignon. J’avais fait venir Laim dans ma chambre et j’étais allé chercher un ensemble de miroirs dans les tiroirs de mon bureau. Ensuite, j’avais utilisé [Enchantement] pour les imprégner de [Porte]. Juste pour en être sûr, j’avais mis un morceau de papier dans l’un d’entre eux, et il en était sorti très bien de l’autre.

« Je serais reconnaissant si vous gardiez cela secret. Je n’aime pas l’idée que quelqu’un m’espionne derrière moi. »

Même s’il était peut-être un peu tard pour arrêter les commérages, j’avais fait de mon mieux en prenant mes précautions à ce sujet.

« Bien sûr, pas besoin de s’inquiéter là-bas. Tant ma femme que sa mère tiennent toujours de telles promesses. » Comme il se trouvait là, j’avais décidé de lui donner aussi le souvenir que j’avais acheté à Mismede pour Sue. C’était juste une pince à cheveux en argent, mais j’espérais qu’elle aimerait ça.

« Au fait, combien de temps cela te prendra-t-il pour finir cette... bicyclette, n’est-ce pas ? »

« Hmm, c’est ma première fois que j’en fais une, mais je suppose que cela sera terminé dans la demi-heure. Bien que les derniers réglages pourraient ajouter un peu à cela. »

« Je vois... Alors je me permettrai de t’observer jusqu’à la fin, si cela ne te dérange pas. »

Duc, vous avez trop de temps libre. Bien, peu importe. J’ai un pneu à finir. J’avais pris un lingot d’acier et j’ai utilisé [Modelage] pour créer un cadre de roue de vélo.

« Très bien, on dirait que tout est terminé. »

« Hoh. Donc c’est une bicyclette... » Laim, Julio et le duc regardèrent le vélo terminé avec une grande curiosité.

En fin de compte, j’avais opté pour une conception de vélo de ville standard. Bien que simple, il était complet avec un panier à l’avant et avait même un porte-bagages arrière. Cependant, la béquille de vélo et les lumières pour les promenades nocturnes semblaient être assez pénibles à faire, donc il n’en avait pas.

Ne voulant pas perdre de temps, je m’étais assis sur le siège en cuir et j’avais commencé à pédaler en avant. Laim, Julio et le duc regardèrent avec étonnement.

D’accord, tout va bien. Eh bien, peut-être que cela vibrait un peu trop. J’avais fait un tour dans le jardin, j’étais revenu, puis j’avais freiné. Bon, pas de problème non plus.

« Touya ! Puis-je aussi monter dessus ?! »

« Tout le monde peut. D’où je viens, même les enfants les montent. Cependant, les débutants finissent souvent par tomber énormément pendant qu’ils pratiquent... Êtes-vous prêt à passer par là ? »

« Bien sûr ! » Franchement, mec ? Vous avez plus de curiosité que vous ne le devriez, Duc !

Le duc Ortlinde m’avait enlevé avec enthousiasme le vélo et avait imité ce que j’avais fait en m’asseyant dessus et en pédalant... pour tomber presque immédiatement. Eh bien, qui ne l’avait pas vu venir ? Laim l’aida à la hâte, mais le duc ne se découragea pas. Il sauta sur son vélo et... tomba de nouveau.

Cela m’avait rappelé quand j’étais passé par le même rite de passage. Je croyais profondément que les échecs répétés étaient ce qui rendait le premier succès si satisfaisant. Dommage que je ne me souvenais pas combien de temps cela m’avait pris jusqu’à ce que je puisse rouler correctement.

J’avais couru faire une recherche sur Internet, j’avais trouvé un site sur « Comment apprendre à faire du vélo en une journée » et l’avais utilisé pour lui donner quelques conseils. Je ne pouvais qu’espérer que ça l’aiderait.

Le duc était occupé à tomber du vélo, Laim était occupé à l’aider à se relever après sa chute, et Julio était occupé à regarder le spectacle se dérouler. J’avais décidé que c’était la meilleure opportunité pour faire un deuxième vélo. Après tout, il était bien trop évident qu’il en voudrait un quand il apprendrait à en faire.

Une fois le deuxième vélo terminé, je m’étais dit que Sue en voudrait un aussi, alors j’avais commencé à faire un vélo pour enfant avec des roues d’entraînement. J’avais également ajouté un outil pour enlever les roues d’entraînement, juste au cas où.

Quand j’avais fini avec le plus petit vélo et que je n’avais plus rien à faire, j’avais décidé d’aider le duc avec son entraînement. Mais il semblerait que ce n’était pas nécessaire à en juger par le fait qu’il m’avait dépassé lorsque je m’étais retourné. Eh bien, il semblerait... qu’il roulait plutôt bien !

« Je l’ai fait ! Je l’ai finalement fait ! Hahahahahah !!! »

Le duc rigolait de façon incontrôlable alors qu’il faisait du vélo avec aisance. Ses vêtements coûteux et son visage royal étaient couverts de boue, mais il semblait qu’il avait du temps devant lui vu qu’il faisait plusieurs tours dans le jardin. C’était bizarre de voir comment les gens étaient capables de contrôler les vélos aussi facilement dès qu’ils arrivaient à les piloter.

« Qu’est-ce que c’est que cette chose ?! » S’exclama Elze.

« Il a en quelque sorte des espèces de roues, effectivement ! »

« Une sorte de véhicule...? » Murmura Linze, interrogatrice.

« O-Oncle, qu’est-ce que tu fais ?! » Les quatre filles revinrent de leurs courses et elles remarquèrent le duc en train de rire en faisant des tours sur la bicyclette, et le regardèrent avec des expressions confuses et troublées sur leurs visages.

Eh bien, c’était certainement un spectacle inquiétant.

Bientôt, le duc s’arrêta près de moi et m’avait dit exactement ce que je m’attendais à lui.

« Touya ! S’il te plaît, laisse-moi avoir ce vélo ! »

« Je savais que vous diriez ça, alors j’en ai déjà fait un pour vous. J’en ai fait un pour Sue aussi. Mais vous devrez me payer pour les matériaux. » Je désignai les deux vélos derrière moi.

Le duc s’asseyait galamment sur son propre vélo, chantant mes louanges tout le temps. J’avais utilisé une [Porte] pour amener le vélo de Sue dans le jardin du duc, mais l’homme avait insisté pour qu’il monte son propre vélo à la maison.

Juste pour être en sécurité, je lui avais dit de ne pas aller aux intersections avant de confirmer que c’était sûr, de faire attention aux voitures et aux piétons, et de regarder où il allait. Honnêtement, je me sentais comme un enseignant d’école primaire.

Avec une expression exaltée et apaisée sur son visage, le duc rentrait chez lui à côté de la voiture dans laquelle il était arrivé.

C’était fatigant... Je savais déjà ce qui allait se passer maintenant. Il le montrera au roi là la première occasion venue. Et le roi en demandera un aussi. Je devrais probablement en faire un autre déjà.

Après avoir vu partir le duc, j’étais retourné dans le jardin, j’avais vu Elze tomber gracieusement de la bicyclette.

« Owowow... C’est plus dur que ça en ait l’air » disait Elze en grattant ses contusions.

« Je souhaite être la prochaine à essayer, je le veux ! »

« Je, je voudrais l’essayer après Yae. »

« Touya, pourrais-tu en faire une autre ? » Demanda Yumina.

Linze, Yumina... Je comprenais que vous veuillez essayer le vélo, mais pourriez-vous porter autre chose qu’une jupe ?

Après avoir finalement été libérés de sauvetage du duc de l’échec de la bicyclette, Laim et Julio s’étaient retrouvés à sauver Elze et les autres du même sort. Pendant qu’ils étaient là, j’étais allé faire des vélos pour chacune des filles et un pour que les domestiques puissent le partager également. Comme prévu, j’avais manqué de matériel et j’avais dû me réapprovisionner au magasin. Aussi animé que j’aie pu sembler à propos de tout cela, je n’avais absolument aucune intention de devenir un vendeur de vélos.

Je faisais juste attention à mes serviteurs. Après tout, un vélo serait une aide précieuse lorsque vous faites des achats ou si vous faites une petite course. En outre, ils étaient dans un monde de douleur jusqu’à ce qu’elles apprirent à le monter correctement.

Le soir venu — l’heure du bain, pour être précis —, j’entendais des gémissements au sujet de l’eau chaude qui piquait leurs blessures. Je m’étais soudainement rendu compte que j’aurais pu utiliser la magie de guérison pour me débarrasser de leurs blessures, mais à la fin, j’avais pensé que les petites écorchures serviraient de symboles de leur dur travail et j’avais décidé de les laisser tranquilles.

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3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre!

  2. Merci pour le chapitre.

  3. Ethan_Nakamura

    Merci pour le chapitre.

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