Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 2 – Chapitre 2

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Chapitre 2 : Dans le royaume des Hommes-Bêtes

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Chapitre 2 : Dans le royaume des Hommes-Bêtes

Partie 1

Tout ce que je pouvais entendre était le cliquetis de notre charrette qui tremblait. Notre convoi composé de trois larges charrettes tirées chacune par deux chevaux suivait la route.

Celle à l’avant contenait cinq chevaliers de Belfast, tandis que celle à l’arrière avait la même quantité de soldats mismedians. Elles escortaient la charrette du milieu, qui embarquait mon groupe, l’ambassadeur de Mismede Olga, et sa petite sœur Arma.

Linze et Elze étaient assises devant, tandis que nous étions au milieu d’une bataille acharnée à l’intérieur du chariot.

« Grrr... c’est celle-là ! » Yae retourna une des nombreuses cartes cachées. Et, aussi triste que cela puisse paraître, son numéro était différent de celui révélé.

« Quel malheur ! La bonne réponse était ici et ici. » C’était le tour d’Yumina. Sans hésitation, elle retourna deux des cartes... qui étaient les deux de pique et de cœur. Elle les prit tous les deux de la table.

Alors qu’Yumina, Yae et Arma jouaient à un jeu de mémoire en utilisant les cartes, Olga et moi étions en face l’une de l’autre, jouant au shogi.

Ne rien faire, mais laisser la charrette nous secouer était ennuyeux, alors nous avions sorti le set de shogi. Ensuite, j’avais utilisé [Dessin] pour imprimer du papier et l’avais combiné avec [Modelage] pour synthétiser de minces planches de bois afin de créer un jeu de cartes.

Il aurait fallu trop de temps pour leur apprendre les mains pour le poker et toutes les autres règles, alors je m’étais contenté d’un simple jeu de mémoire. Cependant, Yae était tout à fait incompétente quand il s’agissait de mémorisation, ainsi elle avait perdu toutes les parties.

« J’ai encore été vaincue... »

« On dirait que ce n’est pas ton jeu, Yae. » Avec un sourire ironique, j’avais déplacé une de mes pièces.

« Et c’est mat. »

« Arg...! » Olga regarda le tableau. C’était sans espoir. Il n’y avait rien qu’elle puisse faire.

« Donc j’ai été vaincue, aussi... Tu es bien meilleur que moi, Touya, » se plaignit Olga, manifestement grincheuse. À vrai dire, en ce qui concerne les joueurs de shogi, j’étais parmi les plus faibles. Pourtant, je ne lui avais appris à jouer qu’il y a quelques instants, alors bien sûr, elle avait perdu. Honnêtement, j’avais peur de savoir à quel point elle deviendrait meilleure après quelques matchs de plus. Par conséquent, j’avais pris la liberté d’y mettre fin et de prendre la victoire avec moi avant que cela n’arrive.

« Yae, échangeons nos places. Essaye de jouer contre Olga. »

« Très bien. Dolan-dono m’a appris à jouer au shogi à la Lune d’Argent, donc j’aurais peut-être plus de chance ici... » Enseignée ? On dirait plutôt qu’il vous avait juste forcé à jouer contre lui...

« Bon, et si on essayait maintenant autre chose que le jeu de la mémoire ? » Après avoir changé avec Yae, j’avais mélangé mes cartes faites à la main, ajouté un joker, et j’avais commencé à expliquer les règles d’un autre jeu à Yumina et Arma. C’était un jeu où la tactique était la clé de la victoire — un jeu extrêmement sophistiqué : le pouilleux.

« Fgahh... » Kohaku dormait paisiblement dans un coin de la charrette.

En apprenant les règles, les deux se passionnèrent rapidement pour ce jeu, tandis qu’Yae et Olga, qui étaient de force égale, avaient contemplé très attentivement le plateau de shogi. Voilà comment nous avions passé notre voyage incertain vers Mismede.

« Ainsi, le chat botté est devenu un noble et a vécu heureux pour toujours. » La fin de mon histoire de feu de camp avait été accueillie par des applaudissements nourris de la part de tous ceux qui écoutaient. Je ne pouvais pas m’empêcher de rougir un peu. Cela devait être au départ un petit conte à raconter avant d’aller dormir, mais je m’étais laissé emporté par les événements et en avait fait quelque chose d’impressionnant.

« C’était si gentil, Touya ! » Arma s’exclama avec excitation alors que les oreilles au-dessus de sa tête se contractaient avec excitation. Je pouvais aussi voir que sa queue touffue oscillait agréablement d’un côté à l’autre.

« C’était un conte merveilleux, Touya. Cependant, je dois te le demander, où l’as-tu appris ? »

« Ah, je l’ai obtenu d’un barde qui a déjà visité l’endroit où je vivais. » J’avais répondu à la requête d’Olga avec un simple petit mensonge. Les soldats Mismediens rassemblés autour du feu semblaient aussi en profiter. Une histoire d’un homme-chat en bottes qui avait sauvé son maître et fait beaucoup de bonnes actions. Une créature dotée d’une lame et d’un esprit vif.

Avec la discrimination que les hommes bêtes subissaient, je supposais que de telles histoires réjouissantes où ils rencontraient le bien-être étaient rares. Cependant, j’espérais qu’ils excusaient la dramatisation supplémentaire que j’avais ajoutée.

« Touya connaît beaucoup d’autres histoires. »

« Vraiment ?! S’il te plaît, Touya, conte-nous-en une autre ! » Les mots d’Yumina avaient fait briller les yeux d’Arma. La renardeau se pencha vivement vers moi. J’étais content que les deux s’entendent si bien. Je suppose qu’il doit être facile de parler avec quelqu’un de ton âge.

« C’est tout pour aujourd’hui. La suite attendra demain, » avec un sourire, j’avais doucement rejeté la demande d’Arma.

Soudain, l’un des plus petits soldats Mismedian se leva et plaça son doigt près de sa bouche, signalant à tout le monde de se taire. Les oreilles sur sa tête se contractaient. Elles ressemblent à... des oreilles de lapin ? Je suppose que c’est un homme-lapin.

« Nous avons plusieurs personnes qui approchent de notre position. Ils se rapprochent furtivement... Nous sommes leur cible, ça ne fait aucun doute. » Ses mots firent en sorte que les autres soldats dégainèrent silencieusement leurs épées et se dégourdirent les jambes. En gros, ils étaient sur le point de faire leur travail. Ils avaient opté pour une formation défensive destinée à protéger Olga et Arma. Les chevaliers de Belfast avaient également quitté leur voiture et avaient commencé à observer leur environnement.

« Qui sont-ils ? » demandai-je.

« Probablement juste des bandits. Ils ne représentent pas un réel danger, mais de très nombreux ennuis. » Celui qui avait répondu était le capitaine du groupe d’escorte militaire Mismedienne. C’était un homme-loup qui se spécialisait dans le maniement de deux épées.

« Maître, il y a vraiment des gens dans les environs qui nous cherchent. Je ne crois pas qu’ils soient amicaux non plus. Comme le dit le loup, ce sont probablement des bandits. » Kohaku parla d’une voix que je pouvais entendre.

Des Bandits, hein ? Je suppose qu’il est temps d’enquêter.

J’avais sorti mon smartphone et j’avais lancé l’application cartographique. Il avait affiché la zone environnante. D’accord... une simple recherche de « bandits » avait permis de faire tomber un tas d’épingles sur la carte. Waouh, il y en avait beaucoup.

« Huit au nord, cinq à l’est, huit au sud et sept à l’ouest. Il y en a vingt-huit au total. »

« Vous pouvez aussi détecter leurs présences ?! » Le capitaine se tourna vers moi avec surprise. Nous étions en infériorité numérique. Ce n’était pas comme si nous ne pouvions pas gagner, mais nous n’en serions probablement pas sortis indemnes.

« ... Je suppose que je peux l’essayer maintenant. » C’était une chance pour moi de tester une application spécifique d’un de mes sorts. De toute évidence, cela devrait fonctionner, mais...

« [Enchantement] : [Multiplication]. »

J’avais enchanté l’application cartographique avec un sort Néant qui permettait une surveillance continue des sorts et leurs activations simultanées. Un par un, j’avais tapoté les marqueurs de bandits sur l’écran, les définissant comme mes cibles. C’était un peu pénible, mais je l’avais vraiment fait en un rien de temps.

« [Paralyser]. »

Avec cela, j’avais déclenché le sort sur toutes les personnes que mon application avait mis en évidence. Un moment plus tard, je pouvais entendre dans les bois environnants plusieurs sourds gémissements.

« Pouah ! »

« Ngh! »

« Gyah! »

« Hhgh ! »

« Ahgh ! » Un éventail de voix retentit, puis vint le son des hommes qui s’écroulaient. Apparemment, ça avait marché.

« Qu’est-ce que tu as fait ? »

« J’ai utilisé un sort de paralysie. Je pense qu’ils devraient tous être immobilisés maintenant... »

« Quoi, tous ? »

« Bien sûr, s’il n’y en a pas plus de vingt-huit » en raison de la façon dont mon sort [Recherche] avait fonctionné, mes cibles n’étaient que des personnes que je jugerais personnellement comme des « bandits ». En d’autres termes, s’il y avait des personnes qui me faisaient penser qu’ils étaient des bandits, ils seraient aussi attrapés par le sort. Mais c’était assez improbable, étant donné notre emplacement actuel. J’ai quand même décidé d’utiliser [Paralyser], au cas où. Je ne voulais pas blesser les curieux.

Les soldats et les chevaliers étaient entrés dans les bois et avaient traîné les bandits effondrés. Vingt-huit au total, comme je m’y attendais. Chacun avait un tatouage en forme de lézard sur le dos de leurs mains, qui était probablement un symbole de leur gang. Ils étaient tous associés dans le crime, sans aucun doute là-dessus.

« Incroyable ! Tu en as pris tant en un instant... » murmura Olga, visiblement abasourdie.

« Heureusement, aucun d’eux n’avait de talismans de protection magique. Des sorts comme [Paralyser] sont bloqués par la moindre résistance magique. » J’étais content qu’ils ne soient pas préparés à quelque chose comme ça.

Même s’ils l’étaient, il y avait plusieurs autres problèmes avec cette méthode. La première étant que j’avais eu du bol qu’ils ne bougeaient pas beaucoup, parce qu’il était bien plus difficile de verrouiller une cible en mouvement. La seconde étant que le processus de ciblage lui-même était assez fastidieux.

« Eh bien, ça a marché. Mais je ne m’attendais pas à ce que cela se produise », murmura le capitaine de la garde.

« Honnêtement, c’est à cause de ce soldat qui les a entendus venir. Il était vraiment impressionnant. »

« Oh, tu veux parler de Lain ? C’est un homme-lapin. Vous ne trouverez pas une meilleure paire d’oreilles. » Le capitaine avait ri alors qu’il traînait un bandit et avait regardé le garçon aux oreilles de lapin. C’était un petit gars doux et aux cheveux roux et soyeux. Il devait avoir mon âge. Ah, donc il s’appelle Lain. Oh, en passant, le nom du capitaine des loups est Garm.

« La paralysie devrait durer environ une heure pour les humains. Que faisons-nous d’eux ? »

« Eh bien, si nous étions à Mismede, nous les aurions purement et simplement tués avant que les choses ne se compliquent, mais je suppose que les choses se passent différemment ici. » Garm appela le capitaine des chevaliers de Belfast. Celui qui était venu était un jeune blond dans une complète armure claquante. Bon sang, ce mec est beau...

Lyon Blitz, c’était un chevalier du royaume de premier plan. Il avait vingt et un ans. C’était le fils de Léon Blitz, et j’avais toujours du mal à croire que lui et ce général étaient liés. Bien qu’il soit précisément le deuxième fils du général, ce Lyon sérieux et diligent était complètement l’opposé de son père excentrique.

Après avoir écouté l’explication de Garm sur la situation, Lyon avait pris un moment pour réfléchir avant de proposer sa solution.

« Pour l’instant, attachons-les tous et envoyons un messager à cheval dans la ville voisine pour ramener quelques gardes. Ils devraient venir ce matin, nous pouvons donc leur remettre les bandits et reprendre notre voyage. Qu’est-ce que vous en dites ? » Garm ne semblait pas avoir d’objections, alors notre action fut décidée. Nous avions ligoté et bâillonné les bandits. Et pour plus de sécurité, j’avais aussi utilisé la magie de la terre pour creuser des trous et les enterrer, laissant seulement leurs têtes exposées. Avec la magie paralysante toujours active, cela ressemblait à un petit champ de têtes molles. Cela semblait un peu surréaliste...

« Nous prendrons soin des bandits, tandis que les soldats mismédiens feront attention aux menaces extérieures. Je vous laisse la princesse, monsieur Touya. » Lyon me murmura ces mots à l’oreille.

Il se trouva que, hormis mon groupe et Olga, il était le seul à savoir qu’Yumina était la princesse héritière de Belfast. Personne d’autre ne semblait avoir rencontré Yumina auparavant, donc il n’y avait pas besoin de s’inquiéter que son identité soit exposée. Même le reste des chevaliers de Belfast n’avait jamais travaillé au château.

Lyon était aussi le seul à connaître mon statut provisoire de fiancé d’Yumina. Je n’étais pas informé de quoi que ce soit de ce genre, mais je ne serais pas surpris s’il est chargé de la protéger.

« Sire Lyon, je m’excuse d’avoir causé des problèmes. » Olga était venue vers lui et avait exprimé sa gratitude avec un sourire rayonnant sur son visage. Le jeune chevalier était entré dans un état agité en réponse.

« Ah, p-pas besoin de ça. Ce-ceci fait simplement partie de mon travail ! Ne le mentionne pas, vraiment ! » Son attitude cool avait complètement disparu, le visage du jeune homme aux cheveux dorés devint rouge alors qu’il parlait à Olga. En le regardant, la belle renarde rigola d’une manière amusée.

Ohoho... Alors c’est comme ça. Je reculais lentement, m’assurant qu’ils ne m’avaient pas remarqué. Debout derrière l’une des charrettes, j’observai silencieusement alors que les deux menaient une petite conversation joyeuse.

« Ah, l’amour de jeunesse. »

« Oui, c’est vraiment beau... »

« Ouais, bien sûr. »

« Une chose merveilleuse... »

Depuis quand êtes-vous arrivés ici ? Les jumelles, la samouraï et la princesse, avec Kohaku entre ses mains, étaient toutes près de moi, observant comme moi les deux.

« Je me demande si Olga-dono sait ce que Lyon-dono ressent pour elle...? »

« Je suis sûre qu’elle le sait. Contrairement à une certaine personne, elle ne semble pas très bête, » avait déclaré Yumina. Huh? Pour quoi me regardez-vous les filles ?

« ... La stupidité est une chose, mais je pense aussi que Touya est trop gentil avec toutes les personnes qu’il rencontre, » marmonna Linze.

« Oh, je suis totalement d’accord, » annonça Elze en hochant la tête.

« Je ne suis pas sûre de ce qu’il faut faire de cette attitude. » Yae, incertaine, faisait chorus.

« Tu ne sais mème pas de quoi on parle, n’est-ce pas ? Assieds-toi ! » Elze m’avait crié soudainement dessus, clairement fâchée pour une raison étrange.

« Qu-quoi ?! » Je ne comprenais pas. Qu’est-ce que tout cela signifie ? Incapable de leur résister, j’avais été forcé de m’asseoir et d’être exposé à une quantité aberrante de réprimandes injustifiées. Cependant, pourquoi ? Avec la plupart de leurs mots qui volaient juste au-dessus de ma tête, l’événement étrange avait continué au plus profond de la nuit.

***

Partie 2

« Vous plaisantez, n’est-ce pas ? Ce n’est pas une rivière, c’est un gigantesque océan... » De l’eau. Du bleu marine à perte de vue... Cependant, je distinguais le contour de la rive opposée si je plissais assez fort les yeux. Cela m’avait rappelé quand j’étais allé à Aomori étant gamin et que je pouvais voir Hokkaido du Cap Omazaki. Donc, cette rivière était à peu près aussi large que le détroit de Tsugaru...

Après six jours de voyage, nous étions finalement arrivés à Canaan, la ville la plus méridionale du royaume de Belfast. Le plan était de prendre un bateau et de passer à la ville mismédienne de Langley.

Naturellement, étant une ville à la frontière des deux royaumes, Canaan avait un nombre significatif de demi-humains. Avec les hommes-chiens et les hommes-chats, certains avaient aussi des ailes qui poussaient sur leur dos ou des cornes qui ornaient leur tête. Sans parler des dragons dont les écailles recouvraient certaines parties de leur corps et d’épaisses queues qu’ils traînaient derrière eux. D’après ce que j’avais pu voir, les humains et les demi-humains coexistaient très bien par ici.

En passant, nous avions vu un grand nombre de bateaux. Cependant, tous étaient assez petits. Je pouvais voir des péniches de taille moyenne, mais aucune ne se démarquait vraiment par sa taille.

C’étaient tous des bateaux à voile, mais aucun n’en possédait plus d’une, les rendant tous très simples. On m’avait dit que les passagers étaient toujours rejoints par des utilisateurs de la magie du vent qui pouvaient amener le bateau de l’autre côté en deux heures environ, de sorte que ces créations aussi simples étaient effectivement les meilleures. Vu la faiblesse du courant de la rivière, j’en comprenais parfaitement la logique.

Bien, nous allions donc laisser les calèches ici et passer à Mismede en bateau. Apparemment, il y avait une autre qui nous attendait de l’autre côté.

Nous avions laissé à Olga, Garm et les autres mismédiens le soin de nous trouver un bateau. Sur le bord de la route, pas très loin du bateau, il y avait un marché en plein air.

« Oh, c’est l’étal d’un artisan. »

« Et celui-ci vend des fils de soie... Wôw, vous pouvez trouver beaucoup de choses ici. » Arma et Yumina regardèrent les marchandises vendues. Eh bien, après tout, c’était le point de sortie du royaume de Belfast avant d’entrer en Mismede... Je suppose qu’il était logique qu’il y ait un groupe de marchands y vendant des souvenirs.

« Ho ho ? Touya, regarde ça... »

« Hum ? » J’avais suivi le regard d’Yumina et j’avais vu Lyon debout devant un étal de bijoux. Il vendait divers accessoires tels que des broches, des bagues et des colliers. Il avait une expression tendue et pensive alors qu’il regardait leurs marchandises. Je pensais qu’il envoyait une lettre au palais royal.

Au lieu de cela, il semblait sérieusement considérer quel accessoire il pourrait acheter. Mais ces bibelots étaient faits pour les filles, alors... Ohhh, je comprends. Alors c’est comme ça...

« Hey, Lyon. Voulez-vous acheter quelque chose pour votre famille ? »

« Eh ? M-Monsieur Touya !? E-Eh bien, j’étais juste, euh, m-ma mère, elle est... Oui ! Je pensais trouver un présent pour ma mère... »

« Hehe... » Son teint ô combien splendide montrait très clairement que ce n’était pas pour un membre de sa famille ! En outre, il y avait vraiment quelque chose d’étrange : pourquoi un belfastien achèterait-il des souvenirs à Belfast, plutôt que d’attendre que nous soyons arrivés à Mismede pour le faire ? Mais, au moins pour le moment, j’avais décidé de lui épargner l’embarras et de garder de tels commentaires pour moi.

« Mon garçon, il y a effectivement un large assortiment ici. Oh, en fait... Arma, qu’en penses-tu ? Je vais l’acheter pour toi. Ce sera un petit cadeau pour te souvenir de Belfast. »

« Vraiment !? Wôw ! » Arma avait choisi rapidement une des broches avec joie. Elle avait la forme d’une grappe de raisin, mais les « raisins » eux-mêmes avaient été remplacés par des cristaux violets soigneusement placés. Le renard et les raisins... Mec, cela me rappelle cette vieille fable.

« Ça te va vraiment, Arma. »

« Ehehe... merci beaucoup ! » Arma avait largement souri alors que je payais l’article. D’accord, voici ma chance d’aider Lyon.

« Est-ce que Olga aime les broches comme ça, aussi ? »

« Hmm... Soeurette préfère les dessins fleuris. Comme, euh, elle aime vraiment les fleurs d’Elius. Je l’ai vue en acheter un tas. » Pendant qu’elle parlait, Arma désigna l’un des accessoires exposés. Il était décoré de fleurs en forme de fleurs de cerisier. Un peu simple, mais quand même assez beau.

Lyon, qui nous écoutait, avait un peu souri. Bingo.

« Bon, je vais y aller maintenant. Lyon, ne prenez pas trop de temps pour revenir au bateau. Nous partons bientôt. »

« Ah, bien sûr. J’arrive tout de suite. » Quelques instants après notre départ, nous nous étions retournés pour voir Lyon acheter l’ornement de cheveux en question et le faire emballer dans du papier cadeau.

« Excellent travail, Touya. » Yumina m’avait félicité. Je suppose qu’elle avait remarqué mon travail. La sœur de la bien-aimée du jeune chevalier, cependant, semblait complètement désemparée.

« Mais, Touya, j’aurais aimé que tu m’achètes aussi un cadeau. »

« ... Pardon. »

« Eh bien, je serai entièrement satisfaite dès lors que j’aurai une bague sur mon annulaire gauche. » Avec un sourire éclatant sur son visage, Yumina enroula ses mains autour des miennes. Bon sang, Touya. Tu aurais dû lui acheter quelque chose ! Cette alternative est trop effrayante...

Pendant que de telles pensées me traversaient la tête, nous étions retournés au bateau.

« La traversée était rapide. »

« Elle ne prenait après tout que deux heures. » Elze et Yae quittèrent le bateau en portant la boîte contenant le grand miroir destiné au Royaume de Mismede. Elles avaient été suivies par Arma et Yumina, qui avaient porté nos bagages. Puis vint Kohaku et finalement il y avait moi, portant Linze.

« ... Je suis tellement désolée, Touya. »

« C’est bon, pas de soucis. Cela ne me dérange pas du tout. » Elle avait eu le mal de mer après une heure de voyage. Cela venait probablement du fait qu’elle lisait. Après tout, le bateau en lui-même était assez stable. J’avais essayé d’utiliser [Restauration] sur elle, mais cela n’avait pas semblé avoir beaucoup d’effet. Étrange, puisque c’était clairement un état de santé négatif.

Je me demande pourquoi ça n’a pas fonctionné... Cela mis à part, comment ça se passe, car elle se porte bien avec le tremblement de la charrette, mais pas lorsque le bateau tangue !? Là encore, je connais des gens capables de conduire des voitures, mais qui avaient encore le mal de mer, donc c’est probablement similaire.

Une fois sorti du bateau, j’avais jeté un coup d’œil autour de Langley. Nous étions maintenant dans le pays des semi-humains — le Royaume de Mismede. Ce n’était pas comme si un simple voyage de deux heures avait entraîné un changement en profondeur, mais comparé à Canaan, la ville de Belfast, avait nettement plus de semi-humains que les humains.

Il y avait des stands, comme de l’autre côté, mais à peu près tous les marchands étaient des semi-humains. Et ils étaient aussi si variés. C’était très beau.

« La ville est plus grande que ce à quoi je m’attendais. »

« ... C’est probablement parce qu’elle est fortement influencée par Belfast. » Toujours sur mon dos, Linze avait répondu à mes marmonnements. En regardant la ville, Olga nous avait conduits à trois charrettes, qui ressemblaient à peu près à celles que nous avions laissées à Canaan.

« Que faisons-nous maintenant, Touya ? Si Linze ne va pas bien, on peut toujours rester ici pour la nuit et partir demain. » Je pouvais discerner quelques inquiétudes dans la voix d’Olga.

« Ah, je-je vais bien maintenant. Je me sens beaucoup mieux depuis que nous avons quitté le navire. » Linze était descendue de mon dos. Soudain, Elze s’était approchée d’elle et elle lui avait murmurée à l’oreille.

« Tu pouvais toujours lui demander de te porter un peu plus, Linze. »

« Qu’est-ce que tu dis Sœur !? » Elle devint brusquement troublée, hurlant qu’elle n’en avait jamais eu l’intention elle détournait les yeux de moi, donc je ne pouvais pas les voir nettement, mais je pouvais dire que ses oreilles étaient rouges. Je suppose que se faire porter doit être embarrassant, ou un truc dans le genre.

« Alors, partons dans une heure. J’enverrai une lettre à Sa Majesté la Bête. »

« Ah, alors je t’accompagnerai. On ne sait pas ce qui pourrait arriver, madame ! »

« Vous avez raison en effet. Rejoins-moi, Monsieur Lyon. » Elle lui avait souri et les deux s’éloignèrent. Eh bien, c’est assez pour que tout le monde se sente confus. J’avais l’impression que je pouvais enfin comprendre ces personnes obligeantes qui trouvaient leur vocation dans l’organisation d’entretiens formels de mariage.

« Monsieur Touya, une fois que nous partirons, nous ne rencontrerons pas de grandes villes pendant longtemps. Vous devriez acheter tout ce dont vous avez besoin ici. » Garm, le capitaine mismédien, m’avait expliqué la situation. Nous avions décidé de passer une heure à faire le plein pour le voyage.

Kohaku, Yumina et moi étions allés acheter un assortiment de nourritures, comme des rations d’urgence et des feuilles de thé. Mais c’était quoi ça... ? J’avais regardé autour de moi et aiguisé mes sens. Est-ce que c’était juste mon imagination... ?

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » Mon étrange comportement avait attiré l’attention d’Yumina.

« Rien... en quelque sorte. C’est comme si quelqu’un nous espionnait. Cependant, je pense que c’est le fruit de mon imagination. »

« Bien sûr, n’est-ce pas seulement quelqu’un qui est curieux au sujet de Kohaku ? » Dans Mismede, les tigres blancs étaient considérés comme sacrés. Même les capturer était une infraction grave, et encore moins les chasses. Si je mettais un collier sur Kohaku et traînais la petite boule avec une chaîne, je serais envoyé à la potence sans autre forme de procès. Nous devions donc rendre évident qu’il nous suivait de son plein gré. Cependant, c’était un peu gênant aussi.

« Non, mon seigneur... Tu as raison. Il y a quelqu’un qui nous observe. Plus précisément, vous deux et non pas moi. Cependant, ils ont complètement dissimulé leur présence maintenant. »

Les paroles de Kohaku m’avaient fait inspecter les alentours une nouvelle fois. Alors, qui pourrait-il être... ? Je devrais être sur mes gardes juste au cas où.

Nous avions continué à acheter une dizaine de fruits que je n’avais jamais vus auparavant. Ils ressemblaient à des poires, mais étaient de couleur orange et avaient l’odeur des pommes. Après cela, nous étions retournés au groupe. Tous les autres s’étaient déjà rassemblés devant les charrettes, nous étions donc les derniers à arriver.

« Tout le monde est présent, alors. Allons-y. » Aux mots d’Olga, les chevaliers et les soldats entrèrent dans les charrettes à l’avant et à l’arrière. Le reste d’entre nous emplissait celle du milieu. Elze et Yae s’étaient assises devant, et quand nous étions sur le point de monter dans la voiture, j’avais remarqué l’ornement de cheveux en forme de fleur de cerisier qui brillait dans les cheveux d’Olga.

« Oh, c’est un beau bijou. Ça te va vraiment, Olga. »

« Eh ? V-Vraiment ? Merci beaucoup. » Yumina le remarqua aussi, et quand elle le loua, Olga avait timidement souri. Je suppose que Lyon lui avait donné quand ils étaient sortis ensemble. Tant mieux pour lui.

« J’aimerais recevoir quelque chose comme ça de mon bien-aimé. Je crois que l’expression des sentiments à travers de telles babioles fait partie de l’éducation d’un vrai gentleman. Bien sûr, je n’ai rien contre ceux qui préfèrent le montrer dans leur comportement, comme à travers une étreinte, ou... »

« Très bien, allons-y ! » La conversation prenait un virage dangereux, alors je me précipitai dans la voiture.

Yumina pourrait en fait être du genre à garder des rancunes, je ne m’attendais pas à ça... Bon sang, j’avais vraiment foiré en achetant quelque chose pour Arma, mais pas pour elle. Pourtant, je ne pouvais pas me résoudre à l’enlacer à la place... Je devais penser à une alternative. Attends, non... si je lui apporte quelque chose, alors les autres filles le remarqueront aussi. Ça ne va pas être bon s’ils le prennent comme preuve de mon amour ou de quelque chose de la sorte. Peut-être que ça marcherait si je leur donnais toutes les cadeaux et que je les présentais comme des remerciements pour tout jusqu’à maintenant ?

Quand j’étais entré dans la voiture, j’avais sorti mon smartphone et j’avais commencé une recherche d’images pour les derniers accessoires dans mon monde d’origine. J’avais pensé que je trouverais de l’inspiration pour faire quelque chose avec [Modelage].

***

Partie 3

Une fois que nous avions quitté Langley, les environs s’étaient révélés étonnamment différents. Contrairement à Belfast, il y avait beaucoup de plantes envahissantes partout et la route était difficile. Nos chariots se frayaient lentement dans un chemin qui ressemblait beaucoup plus à une jungle qu’à un bois.

Je pouvais totalement voir pourquoi les gens disaient que Mismede avait beaucoup plus de monstres que Belfast. Les terres boisées comme celle-ci étaient l’habitat parfait pour eux. De temps en temps, je pouvais entendre les hurlements de créatures que je ne pouvais pas espérer identifier, mais il semblait que cela fasse partie de la vie quotidienne dans ce pays.

D’après ce que j’avais entendu, le nombre élevé de monstres n’avait pas vraiment d’impact sur la vie dans les villages. C’était ainsi, car les forêts étaient déjà pleines de créatures aptes à être la proie des plus fortes. Les monstres n’avaient pas besoin de creuser dans les champs des gens pour trouver quelque chose à manger.

Cependant, de temps en temps, les villageois qui sortaient à la chasse finissaient par faire une rencontre malheureuse avec un monstre ou deux. Dans ces cas, c’étaient les intrus, alors ils devaient être prêts à être attaqués. Je me demande s’il y a une alarme anti-ours qui pourrait les éloigner ou quelque chose du genre...

« Je ne pense pas que nous arriverons au village d’Eld avant le crépuscule. » J’avais vérifié sur mon application cartographique et j’avais vu Eld sur la route menant de Langley à la capitale, juste au-delà de cette forêt. Comme Olga l’avait dit, à la vitesse à laquelle nous voyagions, c’était trop loin pour l’atteindre avant le coucher du soleil. De plus, je n’aimais pas l’idée d’aller là-bas en pleine nuit non plus.

« Mismede est comme une colonie composée de plusieurs clans individuels. Les villes et les villages ici sont toujours tenus par des clans séparés qui font ce qu’ils veulent. Et, tout comme il y a des clans qui ont des relations amicales entre eux, il y en a aussi qui ne peuvent pas se supporter les uns les autres. Sa Majesté incluse, il y a sept patriarches de clan chargés de rassembler les races différentes. »

Selon Olga, les sept patriarches représentaient chacun un type de demi-humain : il y avait les hommes-bêtes, les races ailées, les races à cornes, les dragons, les nymphes, les races aquatiques et aussi les fées. Et, comme les choses l’étaient, le patriarche des hommes-bêtes — le Roi des bêtes — était le dirigeant actuel de ce pays. C’était peut-être parce que les hommes-bêtes étaient la race majoritaire, donc c’était plus facile pour faire fonctionner ce pays.

Aussi, même si le siège du roi était héréditaire, les autres patriarches détenaient une grande quantité de pouvoir. Je suppose qu’ils étaient comparables aux nobles influents. En tout cas, Mismede, étant une nation émergente, semblait avoir un certain nombre de problèmes en cours.

Le soleil s’était lentement caché derrière l’horizon. J’avais réalisé que c’était une bonne idée de commencer à faire un camp pendant qu’il faisait encore jour. Nous n’irions pas plus loin sans nous reposer d’abord.

Nous avions arrêté nos charrettes sur une partie plus large de la route et avions commencé à installer notre campement. Une fois que le bois de chauffage avait été ramassé et qu’un groupe de roches bien placées avait transformé notre feu de camp en un petit poêle, nous avions commencé à faire de la nourriture. J’avais contribué en cuisinant une grande marmite de soupe aux légumes. Du minestrone, pour être précis.

Quand le soleil s’était complètement couché et que la nuit nous avait vraiment couvert, nous avions entendu beaucoup de bruits venant de la forêt. Il y avait probablement beaucoup d’animaux nocturnes.

« J’ai un peu peur..., » Yumina s’était rapprochée de moi alors qu’elle mangeait nerveusement ma soupe.

« Les animaux communs ne se rapprocheront pas tant que Kohaku est là. Bon sang, même les monstres devraient le remarquer, il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter. Néanmoins, il en est tout autrement pour les insectes géants et les limons, » Kohaku m’avait transmis ces mots dans ma tête, alors je ne faisais que citer ce qu’il m’avait dit. En réponse, Yumina avait attrapé le petit tigre et elle l’avait serré fortement.

« Merci, Kohaku. »

« Ne vous inquiétez pas, Maîtresse. Tout ira bien tant que je serai là, » murmura Kohaku de telle sorte que personne d’autre que Yumina ne puisse l’entendre. En réponse, Yumina avait eu un large sourire et elle avait tapoté la tête du tigre.

Certaines personnes se relayaient pour surveiller, pendant que nous mangions, et comme les terres étaient inconnues, les chevaliers belfastiens semblaient vraiment tendus.

« Je vais aller chercher Yae et Elze. Kohaku, veille sur Yumina et Linze. »

« J’ai compris. » Je m’étais éloigné de tout le monde près du feu de camp, j’étais entré dans la grande charrette et j’avais utilisé une [Porte] pour retourner chez moi à Alephis, la capitale royale de Belfast.

J’étais apparu dans le salon pour trouver Elze et Yae profitant d’un moment de détente. Debout, pas trop loin d’elles, se trouvait notre super-majordome, Laim.

« Oh, est-ce déjà l’heure ? »

« Pourquoi cette précipitation, Touya-dono... ? Mes cheveux ont encore besoin de sécher. » Eh oui... elles étaient rentrées à la maison pour pouvoir prendre un bain. Nous leur avions donné trente minutes, pour que les autres ne se méfient pas et ne prennent pas conscience du fait que je pouvais me téléporter.

Nous étions capables de créer de l’eau avec de la magie, alors nous avions juste dit aux autres que nous remplirions une baignoire et la chaufferions avec des pierres chaudes, mais en réalité, elles prenaient un bain ordinaire à la maison. Elles avaient décidé d’aller ensemble pour que l’une puisse surveiller l’autre pendant que celle-ci se baignait, disaient-elles.

« Allez, revenons avant que quelqu’un remarque que quelque chose cloche. Que s’est-il passé aujourd’hui, Laim ? »

« Rien qui mérite d’être mentionné, monsieur. Ah, si, j’ai presque oublié. Julio pensait faire un potager. Qu’est-ce que vous en dites ? » Un potager, hein... consacrer des terres pour cultiver des légumes frais me semble bon...

« Entendu, il a ma permission. Laissez-le faire ce qu’il veut. »

« Comme vous le désirez, monsieur. » Ceci étant réglé, j’avais bientôt réalisé que je ne voyais nulle part Lapis ou Cécile. Qu’est-ce qu’ils peuvent bien faire... ? Je l’avais demandé à Laim, qui m’avait répondu que Lapis s’était déjà endormi après avoir fait les courses au marché tôt ce matin, tandis que Cécile était allée voir un ami qui visitait la capitale.

« Y a-t-il quelque chose que vous souhaitez que je leur dise, monsieur ? »

« Non, j’étais juste curieux. Bon, vous deux, allons-y. »

« D’accord ! »

« Bien. » J’avais ouvert une [Porte] et étais retourné à notre charrette avec les filles. Il ne m’avait fallu qu’un moment pour réaliser que quelque chose n’allait pas. La forêt débordait des cris d’innombrables animaux. C’était totalement différent par rapport à quant j’étais parti. Les sons avaient franchi un tout autre niveau. J’avais couru hors de la charrette, trouvant rapidement tout le monde. Les soldats et les chevaliers brandissaient leurs lames et se méfiaient du moindre danger. Qu’est ce que j’ai manqué !?

« Touya ! »

« Que se passe-t-il ici ? »

« Nous ne savons pas. Les animaux dans la forêt ont soudainement commencé à paniquer, » Yumina avait couru vers moi, complètement embarrassée. Peu de temps après, l’homme-lapin, Lain, leva les yeux.

« En haut dans le ciel... Q-Quelque chose d’énorme se dirige vers nous ! » Tout le monde avait suivi son regard. Alors que de brusques rafales faisaient bruisser la cime des arbres, j’avais vu quelque chose de grand glisser dans le ciel nocturne. Qu’était cet animal extraterrestre ? Je ne pouvais distinguer qu’une silhouette sombre, mais les hommes-bêtes, ayant des yeux qui pouvaient voir dans l’obscurité, voyaient clairement ce que c’était.

« Un dragon... comment se fait-il que parmi tous les endroits possibles il se trouve là !? » Garm avait prononcé des mots qui avaient transmis un trouble manifeste alors qu’il regardait droit dans le ciel. Ses yeux étaient grands ouverts, montrant clairement son incompréhension.

Un dragon ? Un géant, ailé... un lézard ? Un dragon nous a survolé tout à l’heure ?

« M-Mais pourquoi y aurait-il un dragon ici ? » Olga s’était précipitée vers sa sœur, parlant d’une voix frénétique en berçant la petite fille.

« Hein ? N’est-il pas normal de voir des dragons dans cette zone ? » Arma avait l’air effrayée au-delà de l’inimaginable, mais je devais obtenir une réponse de sa sœur.

« L-Les d-dragons... Ils habitent normalement les Terres Sacrées au milieu de ce pays. C’est leur territoire. Personne n’est autorisé à y aller, et les dragons ne terrorisent pas les gens tant que personne n’intervient là-bas. C’est comme ça que c’est supposé être régi, mais... »

« Est-ce que quelqu’un est entré dans le Sanctuaire ? » Les mots d’Olga avaient rendu la voix de Garm rude. Donc, cela pourrait être la réaction des dragons face aux intrus dans leur antre... C’était mauvais. À leurs yeux, c’était probablement une colère justifiée. S’ils croyaient que leur terre était envahie, ils agissaient seulement comme on s’y attendait...

Cependant, Olga avait secoué la tête, rejetant clairement cette idée.

« Non, ce n’est pas la seule explication. Ces dernières années, de jeunes dragons apparaissent dans nos villages et font des ravages. Même si nous tuons les adolescents qui sortent du Sanctuaire, les autres ne viennent jamais pour les venger. C’est parce qu’ils sont les intrus dans cette situation. Cela étant dit, cependant... »

« Pouvez-vous battre un dragon ? » Garm s’était tourné vers moi pour répondre à ma question.

« Si nous avions une centaine de nos meilleurs combattants, comme les soldats royaux d’élite, cela pourrait être possible. Mais toute attaque qui ne les blesse pas gravement ne fait que les rendre encore plus furieux. »

 

 

« Quoi ? Une centaine parmi les meilleurs soldats de Mismede ? Et même dans ce cas, cela “pourrait” être possible...? Les dragons sont-ils vraiment si forts ? Cela dit, si ce dragon n’est vraiment qu’un adolescent qui vole à toute allure, cela veut dire que même les fiers dragons ont des marmots indisciplinés parmi eux, hein ? Je ne peux pas penser à quelque chose de plus irritant. C’est au fond une calamité naturelle vivante, du même niveau que les tornades, les tsunamis et les éruptions volcaniques en termes de potentiel de sinistre. »

J’avais sorti mon smartphone, avais lancé l’application cartographique et avais effectué une recherche sur « dragon ».

Un certain nombre d’épingles étaient tombées quelque part au milieu de Mismede sur la carte. Je suppose que ce sont les Terres Sacrées... Donc ça veut dire que cette épingle solitaire localisée ici est le dragon qui était juste au-dessus de nous. Hum... ça avance progressivement vers... Oh. Merde.

« Hé ! Le dragon vole directement vers Eld... ! »

« Quoi !? » Tout le monde avait été choqué par mes paroles.

« Pourquoi parmi toutes les villes possibles, se décide-t-il à aller vers Eld !? »

« Il y a un grand pâturage au sud du village. Peut-être vise-t-il le bétail ? » Je pensais que peut-être si le dragon mangeait des vaches ou des moutons, il serait assez satisfait pour épargner le village. Cependant, Garm avait dissipé rapidement cette théorie avec une dure vérité...

« Une fois qu’il aura un avant-goût de la viande, le dragon va frapper à nouveau. Et quand il s’agit de nourriture de dragon, nous sommes aussi bons que n’importe quelle bête. Eh bien, je suis sûr que certains dragons ont des goûts personnels, mais mes arguments tiennent toujours. »

Au rythme où allaient les choses, le village serait rayé de la carte. Hmm, les attaques via mon smartphone ont une portée limitée... Avec autant de distance entre nous, tout ce que j’essaierai ne marchera pas.

« Qu’est-ce qu’on fait ? Notre mission est de protéger l’ambassadeur. Nous ne pouvons nous permettre de ne laisser aucun mal se présenter à elle ».

« Khh... » Les mots de Lyon avaient fait grincer les dents de Garm. Pour un homme qui servait son pays, les ordres des supérieurs étaient absolus. Si nous allions au village et que quelque chose arrivait à Olga, cela deviendrait un incident diplomatique. Cependant, laisser la moitié de nos gardes à l’arrière et faire envoyer les autres pour sauver les villageois n’étaient pas non plus une bonne idée. Et je n’avais jamais visité Eld, donc je ne pouvais pas créer une [Porte] pour y aller vite. Qu’est-ce que je suis supposé faire ?

« Touya-dono, ne pouvez-vous pas faire quelque chose... ? »

« C’est exactement cela le problème Yae. Je ne peux rien faire. » J’avais croisé les bras et avais commencé à réfléchir. Contrairement aux soldats ici, nous n’étions pas obligés de faire quoi que ce soit. Nous n’étions sous aucun ordre ; nous avions simplement pris une quête de la guilde. Et protéger Olga ne faisait pas partie de cet arrangement. Notre seul rôle ici était de livrer le faux miroir de téléportation à Mismede...

« Attends... ! » Bon, c’est notre devoir ! J’avais pris le miroir de la voiture intérieure et l’avais appuyé contre l’extérieur du chariot. Le miroir lui-même était aussi grand que la porte, il était donc difficile de le sortir rapidement.

« Touya, qu’est-ce que c’est ? » Lyon l’avait regardé avec une expression perplexe. En fait, à peu près tout le monde penchait leur tête dans la confusion.

« Euh... c’est vrai. C’est mon miroir de téléportation. C’est l’un des deux. L’autre est dans le palais royal de Belfast, et vous pouvez y arriver en un instant en utilisant celui-ci, comme une porte. J’avais l’intention de laisser Olga et Arma se réfugier dans le palais pendant que nous nous occupions de cette situation. Qu’est-ce que vous en pensez ? »

« Je ne savais pas que tu avais quelque chose de si puissant..., » marmonna Olga.

« Notre travail est de le faire parvenir au Royaume de Mismede. Le roi Belfast lui-même nous a donné la permission de l’utiliser en cas d’urgence. » J’avais raconté toutes sortes de mensonges qui passaient par ma tête. Je leur avais dit qu’il ne pouvait être utilisé que pour un aller-retour par jour et qu’il ne pouvait pas le faire pour beaucoup de monde. La plus grosse part de mes déclarations consistaient à les convaincre sur la sécurité de cet objet. Le plus gros de mes exhortations avait été dirigé vers les soldats mismédiens.

« Bon, j’ai compris. Nous allons l’utiliser pour nous réfugier dans le palais royal. Tant que nous serons partis, faites de votre mieux pour protéger les villageois d’Eld. »

« Très bien, madame. Touya, fais ce que tu as à faire, » Garm acquiesça en entendant la décision d’Olga.

« Entendu. Maintenant, Olga, Arma, Yumina, et... Garm, voulez-vous confirmer de vos propres yeux ce qu’il y a de l’autre côté ? »

« M-Moi ? Je ne sais pas si je..., » Garm semblait un peu inquiet. J’avais placé ma main sur le miroir.

« [Porte]. »

Prenant garde qu’ils ne m’entendaient pas, j’avais prononcé ma parole magique. Le portail de lumière était apparu à quelques centimètres devant le miroir. C’était en fait une bien meilleure méthode que d’avoir à utiliser [Enchantement] sur la chose aussi tôt. Nous n’étions après tout pas encore dans le palais de Mismede.

La première à entrer avait été Yumina. Elle avait été suivie par Garm, Arma, Olga, et moi-même, après quoi le portail s’est fermé en silence. Debout dans la chambre de Yumina à l’intérieur du palais, je m’étais retourné pour voir le miroir de téléportation. C’était une bonne chose que nous ayons préparé cela.

« Alors... cet endroit est... ? »

« Le palais royal de Belfast, oui. Bon, Yumina. Va et explique la situation à Sa Majesté. »

« Très bien. Fais attention, Touya... » j’avais brièvement clarifiai où nous étions à Garm, qui était si stupéfait que sa bouche était ouverte, et j’avais dit à Yumina de s’occuper du reste.

« Bon, Garm. Cela vous a-t-il un peu apaisé ? Nous devons maintenant nous dépêcher. »

« Ah... bien sûr. Vous avez raison, le temps passe vite ! » Comme je l’avais fait la première fois, j’avais créé une [Porte] à quelques centimètres devant le miroir du château et je l’avais traversé.

Au moment où nous étions retournés dans la forêt, tout le monde était prêt à partir.

« Très bien, merci ! L’ambassadeur est en sécurité maintenant ! Nous allons maintenant protéger les villageois d’Eld contre le dragon ! » Voyant que leur capitaine était revenu sain et sauf, les hommes-bêtes lançaient un rugissement enthousiaste en réponse à ses ordres. Je les regardais alors que je marchais vers Lyon.

« Qu’en est-il de vous et de vos chevaliers, Lyon ? Les Belfastiens ne sont pas obligés de nous aider ici... »

« Si je devais prétendre que cela ne me concernait pas, mon père me frapperait sûrement de son poing fougueux. Naturellement, nous aiderons aussi. Je suis certain que Sa Majesté le voudra aussi, » Lyon avait déclaré sa résolution avec aucun soupçon d’hésitation dans sa voix. Apparemment, les soldats avaient déjà discuté de la question. Ça marche pour moi.

Ma carte montrait qu’il faudrait encore un peu de temps au dragon pour atteindre le village. Néanmoins, nous devions nous dépêcher. Heureusement pour nous, cette bête semblait être un peu lente. Si nous allions aussi vite que nos charrettes pouvaient le faire, nous y arriverions environ une heure après que le dragon y soit arrivé.

Espérant réellement que nous serions en mesure d’éviter toute perte humaine, nous avions sauté dans les charrettes et étions partis à toute vitesse.

***

Partie 4

Le village était une mer de flammes. Dans la panique, les gens couraient, criaient et trébuchaient. Un dragon noir volait au-dessus du carnage, produisant des boules de feu sur le village comme si cet endroit était une sorte de terrain de jeu.

Il avait des membres puissants et robustes, une queue longue et écaillée, et de grandes ailes menaçantes qui jaillissaient de son dos. Ses yeux rouges, brillants dans l’obscurité de la nuit donnaient l’impression que le dragon prenait une sorte de plaisir sadique en regardant cette destruction.

« Prioriser le sauvetage des civils ! Emportez ceux qui ne peuvent pas se mettre en sécurité ! » Garm cria ces ordres à ses soldats. Les hommes-bêtes avaient rapidement commencé à aider ceux qui ne pouvaient pas bouger en raison d’une blessure et à sortir les gens ensevelis sous des poutres de soutien, des débris brûlants et d’autres gravas de ce genre.

« Vous l’avez entendu, mes hommes ! Que personne ne soit laissé pour compte ! » À la suite des ordres de Lyon, les chevaliers de Belfast avaient rejoint les soldats-bêtes pour aider les villageois.

« Parfait, nous devons attirer ce dragon loin du village, » j’allais attirer l’attention de ce dragon et le faire déplacer par ici. Avec un peu de chance, Garm, Lyon et leurs hommes auront tout le temps nécessaire pour évacuer les villageois. C’était un plan simpliste, mais c’était probablement le meilleur pour l’instant... La mission des hommes était de protéger Olga. Ils ne pouvaient pas se permettre de perdre leur vie à la suite d’une attaque hasardeuse d’un dragon. De plus, notre cible était haut dans le ciel. Les attaques d’armes standard ne l’atteindraient pas. Tout dépendait des mages comme moi et Linze.

« Deviens ma force, Lumière ! Lance scintillante : [Javelot brillant] ! »

Un rayon de lumière unique déchira le voile de la nuit. Cependant, le dragon noir l’évita gracieusement et vomit une autre boule de feu.

« Grrr ! [Puissance] ! » J’avais amélioré mes capacités physiques et changé de poste à la hâte. Le crachat de feu avait frappé le sol et avait créé une explosion qui avait seulement servi à répandre plus de flammes.

C’est mauvais... Si nous continuons à nous battre ici, ça ne fera que causer plus de dégâts.

« Kohaku ! »

« Très bien ! » En réponse à mon appel, Kohaku avait repris son apparence normale.

« Linze, grimpe sur lui ! »

« D-D’accord...! » j’avais grimpé sur le dos de Kohaku, attirant Linze vers moi et la faisait asseoir devant moi. Avec ça, nous nous étions éloignés du village.

Je m’étais retourné pour voir le dragon cracher un certain nombre de boules de feu dans notre direction. Nous étions passés avec Kohaku au travers du bosquet tout en évitant habilement l’assaut. Bien, nous avons l’attention de ce morveux maintenant.

J’avais amené Linze parce qu’elle et moi étions les seuls capables de combattre le dragon pendant qu’il restait dans le ciel. Nous avons juste besoin de briser ses ailes... Une fois que nous aurions réussi cela, la vraie bataille commencera.

Nous étions sortis du bosquet et étions entrés dans un grand pâturage. Un bon endroit pour se battre. Il n’y avait rien pour bloquer notre vue ou entraver nos mouvements. Les dommages collatéraux seraient beaucoup plus réduits ici aussi. Il n’y avait pas de bonne couverture, mais nous n’avions pas trop le choix...

«GRRrrrrraAaaAaAAGGGHhhH !! » Le dragon avait laissé échapper un rugissement assourdissant. En réponse, Kohaku avait commencé soudain à grincer des dents avec fureur.

« Impertinent petit ! Tu oses insulter mon maître !? Tu n’es rien d’autre qu’un triton aéroporté ! »

« Quoi ? Tu peux comprendre ce bruit ? » Surpris, j’étais descendu de Kohaku alors que le tigre commençait à traduire les mots du dragon.

« Il a dit “Comment osez-vous essayer de gâcher mon plaisir, minable insolent. Je vais vous déchirer en morceaux et manger les nerfs de vos os carbonisés.” Quelle créature honteuse ... Toi le mioche, tu ne peux même pas parler dans une langue civilisée ! Je jure que c’est l’une des nombreuses raisons pour lesquelles je méprise tellement les parents du monarque vert ! » Son visage exprimait une telle fureur au-delà de tout ce que je pouvais penser, Kohaku levait les yeux vers le dragon noir dans le ciel.

« ... “Gâcher mon plaisir” ? Donc vous me dites qu’il a attaqué le village uniquement par plaisir ? Quel petit égoïste... » Je pouvais totalement comprendre s’il cherchait quelque chose dont il avait besoin pour survivre, ou si c’était des représailles pour la profanation des Terres Sacrées. Si c’était quelque chose comme ça, j’avais prévu de le chasser avec un peu de peine. Mais maintenant, il se trouve que cette chose est venue et avait attaqué les gens pour rien de tout ça, mais pour son propre plaisir.

Je refuse de me retenir contre quelque chose de si sinistre.

« Linze. Je vais te faire descendre. Prépare-toi à couper ses ailes. »

« C-Compris..., » Linze m’avait donné un léger signe de tête. J’avais concentré ma magie et lancé un sort Néant.

« [Multiplication] ! »

Plusieurs cercles magiques étaient apparus autour de moi, tous dirigés vers le dragon. L’un devint deux, deux devinrent quatre, quatre devinrent huit... Une fois que le nombre avait franchi les trois chiffres, j’avais lancé mon prochain sort.

« Deviens ma force, Lumière ! Lance scintillante : [Javelot brillant] ! »

En un éclair, le dragon noir avait été assailli par un déluge de cent vingt-huit lances étincelantes. Je ne pouvais pas encore utiliser de la magie de haute qualité, mais j’étais incomparable en matière de quantité. C’était un peu comme ne pas être capable d’utiliser des bazookas, mais être expérimenté avec des mitrailleuses.

« GRrrYyYAaaAaAGGhH !? » Le dragon noir avait essayé d’esquiver les lances qui brillaient, mais en esquiver cent vingt-huit semblait être au-dessus de ces forces. Beaucoup de projectiles étaient rentrés dans son corps, faisant jaillir du sang de ses blessures et l’amenant à s’effondrer sur le sol.

Malheureusement, il s’était rapidement levé et avait déployé ses ailes pour essayer de se relever, mais Linze n’avait pas permis que cela se produise.

« Viens à moi, Eau ! Meurt par ma lame, aussi bien froide que claire : [Lame Aquatique] ! »

Une lame tranchante d’eau comprimée avait volé vers lui. Avec un son tranchant, environ la moitié de l’une des ailes sombres du dragon avait été cisaillée, et elle était tombée au sol avec fracas.

« GHhhrRRraAaAhHhH !! » Le dragon avait produit un rugissement plus fort cette fois, que j’avais supposé que c’était un cri de douleur plus qu’une tentative de parler. Il avait essayé de se lever et de voler à nouveau. Mais hélas, alors qu’il était incapable de s’équilibrer, le dragon était tombé au sol quelques instants après avoir pris son envol. Nous avions brisé sa capacité à s’envoler.

Le dragon noir nous avait soudain regardés avec ces yeux d’un rouge intense. Je pouvais sentir la haine qui tourbillonnait et bouillonnait en eux alors qu’il ouvrait sa gueule. Le mouvement était différent du moment où il avait lancé des boules de feu sur nous. Je n’avais aucune idée de ce qu’il essayait, mais je savais que c’était une mauvaise nouvelle. Prenant Linze dans mes bras, j’avais vérifié à deux reprises que mon sort de [Puissance] soit toujours actif avant d’accélérer sur le sol sur mes jambes renforcées.

Quelques secondes plus tard, le dragon noir avait ouvert la bouche, libérant un flot de flammes brûlantes qui engloutit rapidement la région. Cela s’était répandu à partir de sa bouche comme une ouverture de lance-flammes.

Je suppose qu’il avait différents types de souffle de flamme. Nous étions incapables de nous rapprocher du dragon, et ce nouveau feu menaçant était parfait pour nous maintenir à distance.

Linze avait essayé de lancer une autre [Lame Aquatique], mais le mur créé par le souffle ardent de la bête avait réduit sa puissance et cela avait empêché tous les dommages qu’il aurait pu faire.

Soudainement, une silhouette était tombée depuis au-dessus du dragon.

« Hyah! » C’était Yae. En tombant, elle avait tranché l’œil droit du dragon.

« C’est l’heure de l’utilisation de [Puissance] ! » Après l’attaque de Yae, Elze avait sauté dans un bosquet, avait rassemblé toutes ses forces, et avait lancé une frappe fortifiée dans le côté du dragon noir.

« GHhRRraAaAhhH !? »

« Ow... bon sang ! Sa peau est trop dure ! »

« Au moins, celui-ci ne se régénère pas comme le faisait la créature en cristal, ce n’est pas le cas ! » se plaignant ici et là, Yae et Elze s’étaient distancées du dragon.

Avec son œil perdu, la bête était devenue furieuse et avait libéré un assaut de boules de feu et de matières incandescentes sur les deux filles.

« Ouah !? »

« Nous devons reculer, Elze-dono ! » Yae et Elze s’étaient précipitamment reculées. Le feu qui était apparu derrière elles avait illuminé toute la zone.

Avec l’attention du dragon déplacée vers les filles, j’avais cherché une ouverture, avait sorti mon katana puis je l’avais tenu fermement. Grâce à un saut rapide, j’avais effectué une grosse attaque de mon katana sur la tête de ce répugnant reptile.

Ce qui avait suivi fut un cliquetis et un bruit métallique... Même avec les effets de la [Puissance] amplifiant mon corps, mon attaque n’avait fait que laisser échapper un son métallique et cela avait brisé mon katana en deux.

« Gah ...! » Ce mec est dur comme un roc... J’aurais dû suivre l’exemple de Yae et détruire son autre œil.

Le dragon noir avait incliné la tête dans ma direction. Son seul œil s’était fixé sur moi et il s’était plissé. Quelques instants plus tard, la bête enragée avait ouvert sa gueule et elle s’était préparée à une nouvelle frappe de son souffle enflammé.

Eh bien... merde. Juste au moment où je pensais que ma fin était proche, un couteau avait surgi de nulle part et avait perforé grièvement son œil gauche.

Criant de douleur après avoir perdu son deuxième œil, le dragon avait placé sa tête en arrière et il avait libéré un flot incessant de flammes.

« [Glissade] ! » Voyant une occasion, j’avais réduit par magie le frottement du sol autour du dragon, rendant la bête insensée complètement déséquilibrée. Son corps lourd et gargantuesque s’étant soudainement écroulé sur le sol.

Franchement, c’était proche... Ce sort [Glissade] est très efficace... Dommage que ce soit inutile contre les ennemis dans les airs. Cependant, ce couteau m’a vraiment sauvé la vie. Yae doit l’avoir jeté. Je vais devoir la remercier plus tard. En fait, tenez... Yae n’était-elle pas du côté opposé à l’endroit d’où venait le couteau ? Bien, peu importe. Je m’inquiéterai de ça plus tard.

Le dragon avait laissé échapper un autre rugissement furieux. J’avais déjà perdu mon katana. Comme on pouvait s’y attendre d’un dragon, ce n’était pas un ennemi facile à combattre. J’avais besoin de quelque chose avec un pouvoir plus pénétrant. Dans ce cas...

« Yae, Elze ! Faites-moi gagner du temps ! Linze, construis un mur de glace géant devant moi ! Kohaku, tu t’assures qu’aucun mal ne leur arrive ! » Linze avait rapidement commencé à concentrer sa magie et a lancé son incantation.

« Viens à moi, Glace ! Mur de glace éternelle : [Mur de glace] ! »

Une épaisse barrière de glace s’était matérialisée devant moi. C’était magnifiquement clair et sans défauts visibles. Parfait pour ce que j’étais sur le point de faire.

« [Modélisation] ! »

J’avais placé ma main sur la glace et j’avais commencé à la remodeler. L’objet que je fabriquais n’était pas compliqué du tout. La glace magique était plus dure à faire fondre que la glace normale, mais je changeais sa forme sans la chauffer, donc c’était vraiment une bagatelle.

Après quelques secondes, je l’avais reformé dans la forme dont j’avais besoin — une très grosse lentille de glace. Compléter avec un support qui ne le laisserait pas tomber.

« [Multiplication] ! »

De petits cercles magiques commencèrent à apparaître et à s’étendre, tous pointant vers l’objectif. Un... Deux... Quatre... Huit... Seize... Trente-deux... Soixante-quatre... Cent vingt-huit... Deux cent cinquante-six... Cinq cent douze !

« Deviens ma force, Lumière ! Lance scintillante : [Javelot brillant] ! »

Toutes les cinq cent douze lances de lumière avaient été tirées dans la lentille. Elles avaient été absorbées et réfractées, se concentrant en un seul point. J’avais rapidement utilisé [Modelage] sur l" objet pour affiner son épaisseur et régler le point focal sur le dragon noir.

« Mange ça ! » En un éclair, un bruit étrange avait percé l’air. Quand j’avais regardé le dragon noir, il y avait un trou béant où sa poitrine se trouvait autrefois. Rapidement, la bête avait dégringolé et était tombée au sol, faisant trembler la terre violemment. Le sang frais qui coulait de sa poitrine avait peint la zone environnante d’un rouge vif.

« Avons-nous vraiment battu ce dragon !? »

« Nous l’avons fait, Touya-dono ! Nous l’avons fait ! » Elze et Yae s’étaient précipitées vers moi. Et Linze, sur Kohaku, n’était pas loin derrière elles.

« Bien joué... »

« Je n’attendrais rien de moins de mon maître. Vraiment, je peux maintenant me reposer. » Alors que j’exhalais un soupir de soulagement face aux mots de Kohaku, la lentille que j’avais construite se brisa soudainement en d’innombrables morceaux. Waouh, ça m’a fait peur !

Mais, quelques instants plus tard, une autre peur était survenue. Une ombre s’était projetée sur le sol. J’avais levé les yeux pour voir encore un autre dragon volant dans le ciel et bloquant la lune.

« Quoi... un autre !? » Celui-ci était considérablement plus grand que celui que nous venions de tuer. Il avait des écailles rouges et une crinière blanche qui traînait de l’arrière de sa tête jusqu’au bout de sa queue. Ses cornes étaient épaisses et sa queue longue.

Comme nous étions là, dans une confusion parfaitement logique, le dragon rouge, volant toujours dans les airs, commença à parler.

« Je n’ai pas l’intention de vous combattre. Cet enfant de mon peuple semble avoir causé beaucoup de problèmes. Pour cela, je m’excuse sincèrement. »

« Attendez, pouvez-vous parler !? »

« Je suis le dragon rouge, celui qui gouverne les Terres Sacrées. Je suis venu pour ramener ce jeune indiscipliné, mais il semble que j’arrive trop tard. » Le dragon rouge examina le cadavre frais avec une expression triste, puis ferma lentement ses yeux dorés.

Donc c’était la raison pour laquelle il est venu ici, hein ? Je suis désolé, si tu avais été un peu plus rapide cela aurait pu être différent, mais...

Il était difficile de dire quoi que ce soit à ce moment-là, alors Kohaku avait fait un pas vers le dragon rouge.

« Dragon Rouge. Si jamais vous rencontrez le monarque vert... dites-lui de bien discipliner sa famille. »

« Quoi ? Cette présence... mais ça ne peut pas être... Le monarque blanc !? Pourquoi êtes-vous dans un tel endroit !? » Le dragon rouge avait été complètement pris de court. Je regardais Kohaku dans le vide. Y avait-il encore beaucoup de choses à propos de ce tigre que je ne connaissais pas ?

« Je vois... Donc la personne ayant vaincu le dragon noir n’est autre que le monarque blanc. Je peux voir pourquoi il n’avait aucune chance. Quel enfant stupide c’était... »

« Ne vous méprenez pas. Cette espèce d’idiot a été exterminé par mon maître, Touya. Le morveux a eu le culot d’insulter ce vénérable jeune homme. Le résultat final n’est qu’une conséquence naturelle de l’arrogance et de l’idiotie. »

« Quoi !? Un simple humain est le maître du monarque blanc ? » Le dragon rouge avait dirigé ses yeux d’or vers moi. Il avait clairement des difficultés à traiter cette information. Peu de temps après, il avait doucement atterri sur le sol, avait baissé tout son corps et avait incliné la tête.

« Je vous demande humblement de pardonner mon comportement insolent... J’espère aussi que vous pourrez trouver dans votre cœur la force de nous pardonner pour les actions de ce dragon noir. Si possible, je prendrai sur moi la sanction... »

« Hey, assez de ça. C’est bien tant que vous comprenez, mais vous n’aurez pas une seconde chance, compris ? Assurez-vous que cela ne se reproduise pas en disant à vos enfants comment se comporter. »

« Bien sûr monsieur. Par tous les moyens. Je vais immédiatement retourner aux Terres Sacres et faire ce qu’il faut faire. Si c’est tout, je vais maintenant prendre congé. Merci. » Le dragon rouge s’était levé, s’était incliné de nouveau et avait déployé ses ailes avant de prendre son envol. Il avait fait un cercle au-dessus de nous et avait disparu vers le sud.

« Bonté gracieuse ! Comme c’est vexant... C’est pourquoi je déteste tellement ce monarque vert. » Marmonnant quelques plaintes, Kohaku était revenu sous la forme d’un petit tigre.

Le monarque blanc et le monarque vert ne semblaient pas avoir une très bonne relation. Je me demande si cela avait quelque chose à voir avec le fait d’être un tigre et l’autre un dragon. Attends une seconde... J’avais regardé autour de moi pour voir que les trois filles étaient par terre.

« Qu’est-ce qui ne va pas avec vous toutes ? »

« Ce qui ne va pas, c’est que... nous ne pouvons pas bouger..., » Elze avait parlé d’une voix légèrement enrouée. Ah, c’était probablement similaire à l’état de Yumina quand j’avais convoqué Kohaku. Ce dragon rouge était probablement parmi les plus puissants. Je me demandais si lui aussi était porteur des Yeux Mystiques. Ils étaient bleu et doré.

« Touya... n’as-tu vraiment pas eu peur à cause de ça ? »

« Oui. J’allais très bien. »

« Cela me semble un peu injuste... » Eh bien, que suis-je censé faire à ce sujet ? Ce n’est pas comme si je pouvais contrôler les effets causés par des choses comme ça. C’est probablement juste un autre des cadeaux de Dieu.

Maintenant que j’y pense, peu importe à quel point j’ai été effrayé, il n’y avait jamais eu un seul instant où j’étais pétrifiée par la peur.

Alors que ces pensées me traversaient l’esprit, j’avais jeté de la magie de Guérison sur les filles.

***

Partie 5

« Pff, je suis fatigué. » Je m’étais étendu sur l’herbe et m’étais mis à l’aise. Le soleil se levait du ciel de l’est, aveuglant mes yeux par sa lumière. Était-ce déjà l’aube... ?

Après avoir battu le dragon noir, nous avions dû courir dans tous les sens autour du village. Linze avait utilisé sa magie d’eau pour éteindre les feux, Elze avait cherché les blessés et je les avais soignés en utilisant la magie curative. De plus, au moment où je m’étais rendu compte que je pourrais juste lancer une recherche cartographique avec pour terme : « personne blessée », nous avions déjà terminé. Personne n’était mort dans la catastrophe, mais le village avait été essentiellement réduit en cendres. Réparer l’ensemble coûtera excessivement cher.

« Ah, Monsieur Touya. C’est donc ici que vous étiez. »

« Ah, Lyon. Excellent travail aujourd’hui. » Le bon chevalier s’était approché de moi. Apparemment, la situation se calmait. Je pouvais même sentir que de la nourriture avait été préparée pour les victimes.

« Je dois dire que pouvoir vaincre un dragon avec seulement quatre personnes... Je suis loin d’être surpris. En fait, je suis simplement plongé dans ce sentiment où vous perdez la capacité de faire le moindre commentaire. »

« Eh bien, c’était seulement un jeune dragon, donc il n’était pas encore super fort. C’est probablement la seule raison pour laquelle nous avons gagné. » Je lui avais expliqué tout ce qui s’était passé, mais j’avais tout simplement laissé de côté tout ce qui concernait le dragon rouge. Soudainement, le capitaine des loups, Garm, était venu vers nous.

« Oh, monsieur Touya. Qu’avez-vous l’intention de faire avec le dragon ? »

« Que voulez-vous dire ? »

« Eh bien, pensez seulement aux ingrédients. La vente vous rapporterait une grande quantité de pièces de monnaie. Cependant, le transporter serait un problème... »

« Vous me dites que je peux vendre le cadavre du dragon ? » Apparemment, les écailles des dragons, les griffes, les cornes, les crocs et les os étaient de bons matériaux pour les armes et les armures, alors que la viande était plutôt délicieuse. Il semblerait que les dragons morts étaient des marchandises extrêmement chères. Et puisque j’étais le seul à avoir vaincu le dragon noir, j’avais le droit de décider comment l’utiliser. Hmm, dans ce cas...

« Les villageois peuvent l’avoir. Cela devrait les aider à se remettre sur pied. »

« Tout !? Pour eux !? »

« Monsieur Touya, savez-vous ce que vous dites !? Le prix d’un dragon est stupéfiant ! Cette carcasse seule ne se vendrait jamais à moins dix pièces royales ! » Dix pièces royales ? Franchement ? Cela valait plus que cent millions de yens !? Impressionnant ! Je devrais certainement le garder dans ce c — Oh. Zut. Alors que j’étais sur le point de revenir sur ma décision, j’avais vu les villageois blottis ensemble dans mon champ de vision. Merde, ils m’avaient entendu.

« ... C-C’EST UN PETIT PRIX À PAYER POUR AIDER CE BEAU VILLAGE. J’ESPÈRE VRAIMENT QU’ILS L’UTILISERONT BIEN. » Je ne pouvais pas revenir sur ma déclaration, alors j’avais lâché une phrase qui m’avait fait paraître beaucoup plus bienveillant que je ne l’étais en réalité. Cependant, je parie que la vérité se lisait sur mon visage.

« Je pense que je parle au nom du Royaume de Mismede quand je dis ça. Merci, monsieur Touya. »

« Haha... en effet. Tout comme mon père me l’a dit, vous êtes vraiment un homme d’excellente réputation. Je ne peux pas m’empêcher de vous admirer, Monsieur Touya. » Les regards d’appréciation et de respect convergeaient vers moi. Sans arrêt. Je devais sauver les apparences... Je ne pouvais qu’espérer que les filles toléreraient cette erreur.

J’avais utilisé le faux miroir de téléportation pour ramener Olga, Arma et Yumina, et Olga n’avait pas hésité avant de me remercier. La plus grande partie de sa gratitude était pour avoir vaincu le dragon et sauvé le village, mais je n’avais presque rien à voir avec le fait qu’il n’y avait eu aucun mort. C’était probablement dû au fait que nos escortes faisaient du bon travail.

En parlant d’eux, ils étaient complètement épuisés et ils profitaient d’un repos bien mérité à côté des charrettes. Et franchement, je voulais vraiment les rejoindre. Cependant, comme s’il était écrit que je n’aurais pas le luxe de le faire, un vieux homme-bête était venu devant nous, se soutenant avec un bâton.

« Je suis Solum, le chef du village. Je tiens à vous remercier sincèrement d’avoir vaincu le dragon qui a attaqué notre village et d’avoir apporté une si grande contribution à nos efforts de restauration. » Par « contribution », vous voulez dire mon généreux don, n’est-ce pas ? Mec, est-ce que je vais tout foutre en l’air si je vous demande de tout me remettre ? Mais avec le village dans cet état de désolation, ils auraient besoin de tout ce qu’ils peuvent obtenir. Ah ! Quoi qu’il en soit, cela ne sert à rien de pleurer.

Le chef avait appelé certains villageois qui transportaient quelque chose. Qu’est-ce que c’est ? On dirait environ un objet d’un mètre et demi de long... Un gros cône incurvé noir ? Oh, ne l’ai-je pas déjà vu quelque part ?

« C’est l’une des cornes du dragon. S’il vous plaît, prenez-la pour vous. »

« Hein ? Mais je... »

« Nous avons entendu dire que votre arme s’est brisée. Vous pouvez l’utiliser pour en fabriquer un nouveau, ou le vendre et acheter quelque chose qui a déjà été fabriqué. » Eh bien, il n’a pas tort. Alors je suppose que je devrais le prendre. Une fois que le chef me l’avait donné, je ne pouvais pas cacher ma surprise quand à son poids si léger. Malgré cela, j’avais entendu dire que c’était beaucoup plus résistant que le meilleur acier. J’avais commencé à comprendre pourquoi une créature aussi grande pouvait effectivement décoller du sol.

Autant que je sache, les seuls matériaux plus forts que les morceaux d’un dragon étaient hihi'irokane, mythril et orichalcum.

De toute façon, j’avais accepté la corne et j’avais quitté le chef du village et le reste. Pour être honnête, j’étais plus proche de l’effondrement que de l’épuisement. Mais par miracle, j’avais pu me traîner jusqu’au chariot. Alors que je regardais à l’intérieur, j’avais vu Elze, Linze et Yae dormir paisiblement. Je ne pouvais pas vraiment les rejoindre, alors je m’étais simplement effondré et je m’étais étendu sur l’herbe à côté de la charrette.

« Ici, Touya. Une couverture. » Un instant plus tard, Yumina était arrivée avec quelque chose dont j’avais vraiment besoin. Un minutage parfait... Je lui avais fait mes remerciements et je m’étais recouvert de cette couverture, tout en essayant d’empêcher mes paupières de tomber.

Ah, cette douce chaleur... Je ne pouvais plus me retenir. Mes yeux se fermèrent et je m’étais ainsi endormi.

Je m’étais réveillé pour voir Yumina avec le grand ciel derrière elle. Toujours pas tout à fait conscient de ce qui m’entourait, je la regardai dans les yeux alors qu’elle fixait les miens.

 

 

« Tu es enfin réveillée ? » Je pouvais sentir quelque chose de mou sous ma tête alors que je l’entendais dire ça... Attends, est-ce que ma tête est sur ses cuisses ou quelque chose comme ça ? J’avais roulé au sol pour m’enfuir. Combien de temps dormais-je comme ça !? Je m’étais levé à la hâte et j’avais remarqué les villageois et les gardes maintenant réveillés qui souriaient et me regardaient comme si j’étais quelque chose de séduisant. Wôw, c’est embarrassant tout cela. Se reposer sur les cuisses d’une fille devant un groupe de personnes... !? Je mentirais si je disais que je n’ai pas trouvé cela plaisant, mais c’est encore trop embarrassant, mec !

« Oh. Il est réveillé. »

« ... O-On dirait que tu as bien dormi. »

« Effectivement. Il avait l’air plutôt satisfait, il l’a fait. »

Des frissons me coulaient le long de la colonne vertébrale. J’avais craint de me retourner pour voir la raison de cela. Trois filles se tiennent là, silencieusement, le sourire aux lèvres. Leurs yeux, cependant, ne reflétaient aucune joie. A-Attendez une seconde, sont-elles en colère contre moi ?

« Euh... est-ce que j’ai raté quelque chose ? »

« Non. » « Non... » « Tu n’as rien raté. » Elles mentaient à coup sûr. Je pouvais le voir sur leurs visages râleurs.

« Maintenant, mesdames. Laissons ça de côté ! Les résultats du pierre-feuille-ciseaux sont sacrés. Bon, c’est sans rancune ? »

« Bon sang, je sais ça... »

« Mhm... »

« C’est plutôt vexant... » Yumina avait fait un petit applaudissement et avait prononcé des mots qui avaient fait que les trois filles avaient détourné le regard et s’étaient apaisées. Qu’est-ce qui était si important à leurs yeux pour avoir autant à se plaindre d’avoir perdu au jeu du pierre-feuille-ciseaux ?

« Monsieur Touya, vous devriez commencer à vous préparer à partir. Nous devons rapporter ce qui s’est passé ici dans la capitale. » Garm était venu avec Olga dans son sillage, nous disant de nous préparer. Il avait brisé la mauvaise ambiance, alors j’avais profité de l’occasion pour me diriger vers la charrette. Les regards ennuyés dans mon dos me distrayaient, mais je faisais semblant de ne pas les remarquer.

« Kohaku, que s’est-il exactement passé pendant que je dormais ? » J’avais parlé par télépathie à Kohaku, qui semblait être dans la charrette. Je pensais que le tigre pourrait peut-être savoir quelque chose, après tout.

« Eh bien... Comment devrais-je dire ça... ? Je suppose que je pourrais vous dire qu’il y avait un crêpage de chignons. »

« Huh? » Je n’avais aucune idée de ce que cela signifiait, mais il était clair que personne d’autre que Yumina n’était de bonne humeur. Je devais faire quelque chose à propos de ça... Aha!

Frappé par une idée soudaine, j’étais allé chez le chef et j’avais fait un petit achat pour acquérir quelque chose.

Alors que la charrette s’était mise à s’agiter et à vibrer, j’avais éprouvé un soupir de soulagement en regardant les filles satisfaites. Des bracelets d’argent brillaient sur les poignets d’Elze, de Linze, de Yae et de Yumina.

Ils avaient été faits par moi, bien sûr. J’avais acheté des objets en argent du chef et j’avais utilisé le [Modelage] pour les transformer en bracelets. Le design était basé sur l’un des plus sobres que j’avais trouvés sur Internet. Une fois mon travail terminé, j’en avais donné un à chacune d’entre elles, pour exprimer mes remerciements pour tout ce qui avait été fait jusqu’à présent.

Elles semblaient plutôt surprises au début, mais aucune des filles n’avait hésité à prendre le sien. De la façon dont elles regardaient les bracelets de temps en temps, je pouvais facilement dire qu’elles les aimaient. Cependant, en toute honnêteté, leurs sourires occasionnels étaient un peu dérangeants.

« Olga, combien de temps cela nous prendra-t-il pour arriver à la capitale ? »

« Nous devrions atteindre Berge dans un peu plus de deux jours. Touya, vous devriez vous procurer une arme dans l’une des villes le long du chemin. »

C’était un bon conseil. Garm m’avait dit que le meilleur endroit pour obtenir une arme fabriquée à partir d’une corne de dragon était la capitale. Mais être désarmé jusque-là n’était probablement pas une bonne idée. Je voulais dire que bien sûr, je pouvais me battre avec ma magie uniquement, mais être désarmé me rendait un peu impuissant. Hm ? Attendez. Est-ce que je ne peux pas simplement utiliser le [Modelage] pour façonner la corne moi-même ? Non, attends, je ne devrais pas risquer ça...

« Eh bien, ce n’est que deux jours, alors je vais me contenter de la magie. » Cela ne servait à rien d’acheter une arme si je l’utilisais uniquement pendant deux jours. Berge était de toute façon la capitale, donc il y aura des armes de meilleure qualité. Olga avait semblé soudainement se souvenir de quelque chose et avait sorti un objet enveloppé de tissu de son sac.

« Je venais juste de me souvenir que le chef du village me l’avait donné. » Olga me l’avait donné et j’avais immédiatement réalisé que c’était un couteau enveloppé de tissu. Il était noir, à simple tranchant, légèrement courbé et avait une longueur d’environ vingt centimètres.

« Qu’est-ce que c’est ça... ? »

« Hm ? J’ai entendu dire qu’il a été trouvé dans l’œil du dragon... N’est-ce pas le tien ? » Oh, c’est cette arme. Donc le chef l’a récupérée, n’est-ce pas ? J’avais pris le couteau d’Olga, je l’avais enveloppé de nouveau et j’avais essayé de le donner à Yae.

« Tiens, Yae. »

« Hm ? Mais ce couteau ne m’appartient pas. » Huh...? S’il n’appartient pas à Yae, alors peut-être est-il celui d’Elze ? Ce n’était pas celui d’Elze non plus. Linze ? Non, elle ne pouvait même pas tenir une arme comme celle-là. Alors, à qui est ce couteau ? N’étions-nous pas les seuls là-bas ? Quelqu’un nous a-t-il aidés de l’ombre ? Cela signifie qu’ils n’étaient pas notre ennemi, mais c’est quand même super effrayant...

« Kohaku. Est-ce que quelqu’un d’autre que nous était présent pendant ce combat ? »

« Il y avait quelqu’un d’autre là-bas. Je pouvais sentir une présence au sommet d’un arbre dans le bosquet. Non, il y en avait probablement deux, en fait... Je ne ressentais aucune intention de tuer, donc j’avais supposé qu’ils devaient être de simples villageois. » Je l’avais ainsi confirmé par télépathie avec Kohaku. Apparemment, il était certain que quelqu’un observait notre combat contre le dragon. Cependant, pourquoi ? Je m’étais soudain rappelé que quelqu’un regardait Yumina et moi à Langley. Cela aurait-il pu être les mêmes personnes ?

Ce n’était pas quelque chose que je pourrais comprendre juste en y pensant. J’avais examiné le couteau, mais il ne semblait pas que quelque chose en particulier se démarque.

Pour l’instant, j’avais décidé de garder la lame sur moi. Cependant, ne pas avoir sa gaine était une vraie peine.

Franchement..., qui cela aurait-il être ?

***

Partie 6

« Ha... il ressemble à ça... » C’était tout ce que je pouvais dire en apercevant le palais royal épuré de couleur blanche dans la capitale de Berge. Pour être franc, cela m’avait rappelé le Taj Mahal. Le tombeau tout en marbre qu’un certain empereur avait construit pour sa bien-aimée. Cet immense bâtiment blanc avec un nom qui signifie « Palais de la Couronne ».

Eh bien, j’avais dit que cela me le rappelait, mais il y avait aussi un certain nombre de petites différences. En comparaison avec le paysage urbain, construit principalement de briques séchées au soleil, le palais s’était vraiment démarqué. Si je devais le décrire, j’aurais dit que c’était le croisement entre un palais indien et celui du monde des contes populaires des Mille et une Nuits.

Alors que notre charrette traversait la ville, je ne pouvais m’empêcher de remarquer à quel point elle était peu développée par rapport à Belfast. Malgré tout, les habitants n’étaient pas inférieurs quand il s’agissait d’entrain. De nombreuses espèces marchaient dans les rues, créant une belle agitation. Différentes cultures mélangées fusionnaient et se développaient dans une seule direction. Je ne pouvais que supposer que c’était la façon dont la ville était censée apparaître.

Nous avions quitté les rues, toutes bordées de grands bâtiments, et avions traversé le long pont vers le palais. Une fois que nous avions franchi le cours d’eau de la ville, nous étions entrés dans le parc du palais.

Tous les cinq, avec Olga, nous avions quitté la charrette pour rejoindre Garm, Lyon et leurs huit soldats avant de traverser le jardin. C’était une belle vue. Je pouvais voir des oiseaux qui gambadaient, et j’avais même remarqué des écureuils qui nous regardaient de haut dans leurs arbres soigneusement alignés.

Nous avions gravi un long escalier et étions entrés à l’intérieur du palais. La lumière du jour passait à travers des fenêtres arrondies, seulement pour devenir encore plus lumineuse en frappant le sol en marbre blanc.

Entourés de piliers ornés, nous avions suivi le couloir qui traversait le milieu de la cour jusqu’à ce que nous ayons atteint une grande porte ornée.

Les soldats postés à côté de la porte nous l’avaient ouverte avec fracas.

La lumière du soleil brillait à travers les fenêtres et tombait sur un grand tapis rouge. Debout de chaque côté de ce tapis se tenait une audience royale de divers semi-humains. Tous étaient vêtus de vêtements voyants, alors je l’avais supposé qu’ils fussent les ministres du pays ou quelque chose du genre. Certains étaient cornés, d’autres étaient ailés, donc ils étaient véritablement un groupe expressif.

Au-dessus des autres, assis sur son trône élevé, j’avais vu le souverain du pays.

Le Roi-Bête de Mismede, Jamukha Blau. Apparemment, il appartenait à la sous-espèce animale des léopards des neiges. À première vue, je pensais qu’il avait une cinquantaine d’années. Son visage, entouré de cheveux blancs et d’une barbe, dégageait une aura majestueuse de pouvoir et de crainte. De ses yeux vifs et félins, je pouvais sentir une force indescriptible et même un peu de malice.

Nous nous étions rassemblés devant le Roi, en veillant à plier les genoux et à baisser la tête.

« Mon Seigneur... moi, Olga Strand, j’ai fait mon retour du Royaume de Belfast. »

« Hum. Bravo à vous. » Le roi lui avait fait un léger hochement de tête. Puis, il avait parlé à Garm et à Lyon, qui étaient agenouillés juste derrière Olga.

« Garm... et vous, chevalier belfastien. Je suis très heureux de votre succès quant à la protection d’Olga. »

« Merci de votre bonté ! » « Merci, Votre Majesté ! » à la suite de leurs réponses, le roi avait regardé vers moi et les filles, avait plissé les yeux, et avait adopté un sourire timide.

« Donc, je présume que vous êtes ceux envoyés par le roi de Belfast ? Il m’a été dit que, en dépit d’être peu, vous aviez été capable de tuer le dragon qui faisait des ravages dans Eld. Est-ce vrai ? »

« Oui. Vous avez bien entendu. J’étais incapable de participer, mais les quatre autres étaient en fait ceux qui ont abattu le dragon noir attaquant Eld. » Yumina s’était levée avec confiance et avait répondu fermement à la question du roi.

« ... Et qui êtes-vous donc ? » La jeune fille ne montrait aucun soupçon d’appréhension d’être en présence de la noblesse. De plus, elle regardait le souverain avec des yeux inébranlables, si naturellement que cela rendait quelqu’un comme lui légèrement suspicieux.

« Pardonnez ma présentation tardive. Je suis Yumina Urnea Belfast, fille de Tristwyn Urnes Belfast, le roi du Royaume de Belfast. » Ses mots avaient causé de l’agitation parmi presque toutes les personnes présentes. Ce qui était tout à fait normal. La princesse de la couronne venait d’apparaître, apparemment sortie de nulle part. Olga et Lyon étaient au courant de la situation, mais Garm n’avait pas pu s’empêcher d’écarquiller les yeux sous le choc.

« Mon Dieu... qu’est-ce qui fait que la princesse de Belfast soit dans mes terres ? »

« C’est pour montrer à quel point nous considérons cette alliance avec Mismede. Voici un message de mon père. Je demande humblement que vous lisiez ce qu’il a écrit. » Pendant qu’elle parlait, Yumina avait pris une lettre et la lui avait tendue.

Quand a-t-elle eu ça… ? Ah oui... elle l’a probablement obtenu quand je l’ai fait retourner au palais de Belfast pendant l’attaque.

Avec une dignité respectueuse à son égard, l’un des aides de camp du roi avait pris la lettre et la lui avait apportée. Après avoir enlevé le sceau et parcouru ses yeux sur le papier, le souverain de Mismede regarda Yumina et sourit.

« Intéressant... Je pense que je comprends la situation. Donnez-moi le temps de réfléchir à ce que je viens de lire. Ne vous inquiétez pas, je serai sûr de vous donner ma réponse assez rapidement. Jusque-là, sentez-vous libre de faire comme chez vous dans mon palais. » La bête passa la lettre à son aide.

« Bon, maintenant mettons toutes ces formalités de côté... Il y a quelque chose que je voulais vous demander. » Le ton de la bête devint soudainement plus léger alors qu’il regardait Kohaku. Eh bien, il est logique qu’il s’intéresse à lui...

« Est-ce que ce tigre blanc est avec toi ? »

« C’est correct. C’est en quelque sorte le serviteur de Touya. »

« Rawr. » Kohaku avait fait une réponse courte, comme pour affirmer ce qu’elle avait dit. À Mismede, les tigres blancs étaient considérés comme sacrés. Il y avait une chose ou deux à dire sur le fait d’appeler Kohaku un « serviteur », mais comme je n’utilisais pas de collier ou de laisse ou quelque autres ustensiles, personne ne semblait trop s’en soucier.

La bête avait passé un moment à regarder Kohaku avant de déplacer lentement son regard vers moi.

« ... C’est très intéressant. Ainsi, un héros apprivoise un tigre blanc et a tué un dragon, hein ? Heheheh, il y a bien longtemps que mon sang n’a pas bouilli si fort ! Alors, mon gars ! Veux-tu te battre contre moi ? »

« ... Huh? » Un petit bruit coula de ma bouche, signalant ma confusion. Les ministres qui nous entouraient avaient aussi poussé un soupir collectif de résignation. C’est quoi ça !?

Il y avait une arène gigantesque derrière le palais blanc. Cela m’avait rappelé un peu le Colisée romain. Mec, ce pays est trop incohérent.

J’avais été inexplicablement amené là pour un duel avec le roi. Comment cela s’était-il produit ?

« Pardonnez-nous, Monsieur Touya. Sa Majesté est une personne qui ne peut résister à combattre contre une personne qu’il pense forte. En toute honnêteté, nous en sommes également troublés. » Le chancelier Glatz s’était retourné pour s’excuser. C’était un homme-oiseau avec des ailes grises. Par son apparence, je dirais qu’il était dans la fin de la quarantaine. Il était vêtu d’une robe aussi terne que ses ailes. Sa moustache ressortait également.

« Je serais vraiment reconnaissant si vous lui donniez une blessure sérieuse ! Combattez de toutes vos forces, s’il vous plaît. »

« Quel est le problème ! N’est-il pas votre roi ? Êtes-vous sûr que c’est correct de me demander de faire ça ? » J’avais regardé Glatz avec une confusion évidente dans les yeux. Assez rapidement, les gens à côté de lui avaient commencé à le soutenir.

« Cela ne nous dérange pas. Combattez comme vous le voulez. Sa Majesté a toujours dénigré l’importance des affaires de l’État ! Il y a des moments où il disparaît et nous le voyons s’entraîner avec les soldats, dominant chacun d’entre eux ! »

« Il y avait aussi le jour où il a eu une idée pour concevoir une nouvelle arme et est parti chez le forgeron ! Cela a gâché notre emploi du temps et m’a causé tellement de problèmes ! »

« N’oublie pas le moment où il a annoncé quelque chose à propos d’un grand tournoi... Est-ce qu’il a seulement pensé au budget ? » Merde... les ministres de Mismede ont vraiment du mal, n’est-ce pas ? Je suppose que le roi de ce pays est un peu étrange. Eh bien, ce n’est pas comme si le roi de Belfast était meilleur à cet égard, mais quand même...

Repoussant ces pensées, j’avais une épée de bois et je m’étais dirigé vers le centre de l’arène. Le public était composé de mes amis, des ministres mismédiens, et d’un certain nombre de soldats mismédiens, tous étaient des capitaines et de grade supérieur.

Le roi brandissait une épée de bois et un bouclier. J’avais aussi eu l’occasion de prendre un bouclier, mais je l’ai refusé. Je ne savais pas bien l’utiliser et de toute façon j’ai préféré misé sur l’agilité, donc c’était bien.

« Le combat durera jusqu’à ce qu’un camp reçoive une blessure qui serait fatale avec de vraies armes ou si un camp admet une défaite. L’utilisation de la magie est également autorisée. Cependant, la magie offensive visant directement votre adversaire est interdite. Est-ce que les deux adversaires sont d’accord avec ces règles ? » L’arbitre, un homme à cornes à la peau foncée, nous avait expliqué les règles.

Pas de magie offensive sur l’adversaire, hein ? Hm... ça rétrécit un peu mes options. Pourtant, les ministres d’État m’ont dit de tout faire, alors je suppose que je ne devrais pas me retenir.

« Hey euh... êtes-vous sûr que vous voulez vous battre ? »

« Heheheh. Bien sûr, et n’osez pas vous retenir ! Considérez ceci comme une vraie bataille. Utilisez tout ce que vous avez et essayez de gagner ! » Je lui avais demandé confirmation, et Sa Majesté m’avait répondu avec un grand sourire. Mec, est-il vraiment sérieux ici ? Son corps est vraiment bien formé... franchement, ce n’est pas du tout ce que je m’attendais pour un homme de son âge. Il a probablement suivi une formation sévère.

Je suppose que je n’ai pas d’autre choix. S’il est si sérieux à ce sujet, il serait impoli de ne pas aller trop loin. Je vais juste prendre la liberté de traiter cela comme une vraie bataille.

L’arbitre à cornes avait levé le bras en l’air et avait regardé les deux combattants avant de baisser rapidement le bras.

« Premier round. Commencer ! »

« [Glissade]. »

« Quo — !? » La bête était tombée d’une manière presque magnifique. J’avais rapidement raccourci la distance entre nous et avais placé mon épée de bois contre son cou.

« Bien. C’est terminé. »

« A-A-Attendez une seconde ! Ce n’est pas juste ! Qu’est-ce que c’était que tout ça !? »

« C’était mon sort de Néant, [Glissade]. N’est-il pas jute que la magie non offensive n’était pas contre les règles ? »

« Non non Non ! C’est de la triche ! Ce n’est pas autorisé ! Ce n’était même pas un vrai duel ! » Sa Majesté avait protesté comme un enfant. Il semble qu’il était incapable d’accepter le résultat.

Eh bien, il marque un point... Mais tout bien considéré, n’est-ce pas le moyen le plus efficace d’abattre un ennemi ? Eh bien, tant que je suis contre un ennemi qui ne peut pas voler.

« Je veux une revanche ! Pas de magie cette fois ! »

« Hmm, eh bien... qu’en pensez-vous, Chancelier ? » J’avais regardé Glatz et les ministres qui l’entouraient. Au début, ils semblaient assez confus, mais une fois qu’ils avaient compris pourquoi je les avais amenés dans la conversation, certains d’entre eux avaient développé des sourires rusés.

« Eh bien... Nous préférerions que vous vous absteniez de retarder plus longtemps les affaires gouvernementales. »

« G-Glatz! Ne dites pas ça ! Cela ne prendra pas longtemps ! Je vous le promets ! Donnez-moi juste un moment, d’accord !? »

« Hmm... je ne suis pas sûr si je devrais... » Sa Majesté avait couru vers le chancelier et ils avaient commencé à parler de quelques choses. Je pouvais entendre la bête dire des choses du genre : « Je serai plus sérieux, je le jure ! » Et « Je vais être là où je le dois, promis ! » Encore et encore.

En réponse, les ministres lui avaient donné plusieurs conditions, ce qui lui avait fait baisser les épaules en signe de démission. Pourtant, il avait fini par accepter les termes qu’ils avaient donnés. Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal... ?

« Monsieur Touya. Si cela ne vous dérange pas, nous aimerions que vous ayez une autre bataille avec Sa Majesté ! » Le roi avait pris position en face de moi alors que Glatz avait demandé un autre round. Il semblait beaucoup plus heureux cette fois... Est-ce juste moi ou le roi a-t-il l’air un peu agacé ?

« Ce sort est interdit cette fois. Compris ? »

« J’ai compris. » Nous nous étions préparés une fois de plus. Et encore une fois, l’arbitre avait levé son bras droit avant de le baisser.

« Sortez, Sable ! Tempête de sable obscure : [Sable aveu — ]. »

« Trop lent. » La bête m’avait rejoint à la vitesse d’une balle et m’avait frappé avec son bouclier, me forçant à me repositionner. Merde, il avait interrompu le sortilège ! J’avais paré son épée de bois, lancé une feinte, et reculé encore.

Mais c’était inutile. Il avait prédit mes mouvements et s’était précipité là où je m’étais retiré. Il était allé taper dans ma poitrine. J’avais évité d’une manière ou d’une autre à son attaque, mais il l’avait fait suivre d’une attaque contre ma gorge.

***

Partie 7

La deuxième poussée m’avait surpris, mais j’avais été capable de pencher la tête d’une manière qui l’avait fait frôler simplement mon oreille. Waouh, c’était proche ! Reculer est une mauvaise idée... Je dois passer à l’offensive !

« [Multiplication] ! » De petits cercles magiques avaient commencé à se former sur le sol autour de mes jambes.

« Hm ?! » Le roi arrêta sa charge quand il les vit. Bien que, honnêtement, presque tout le monde le ferait. Bien eu ! Tu es tombé dans le panneau !

« [Puissance] ! » J’avais utilisé la magie pour renforcer mes capacités physiques et utilisé rapidement ma vitesse monstrueuse pour me rapprocher de la bête. La victoire est mienne !

« [Accélération]. » La bête avait soudainement chuchoté quelque chose. Au moment où les mots s’échappaient de ses lèvres, son grand corps disparut. Ma lame ne retombait sur rien d’autre que de fendre l’air.

« Quo — ?! » Abasourdi, j’avais soudainement senti quelqu’un derrière moi. Je m’étais recroquevillé par pur réflexe et j’avais vu l’épée en bois de la bête voler au-dessus de ma tête horizontalement. Je m’étais éloigné de lui et j’avais ajusté ma position. Que diable était-ce ?!

« Tu as réussi à esquiver ça, hein ? Pas mal du tout, mon gars. »

« Était... Était-ce un sort Néant ? »

« Tu as raison. C’était mon propre sort Néant. Je l’appelle [Accélération]. »

Je le savais. C’est donc un sort qui accélère votre mouvement... Pas étonnant que je l’aie complètement perdu de vue ! Ce qui est plus ennuyeux, c’est que je ne sais rien à ce sujet. A-t-il une limite de temps ? Est-ce que cela stimule ses muscles ?

« Comment ça marche ? »

« Cela rend simplement le corps un peu plus rapide. C’est tout ce qu’on peut en dire. Bien que, lorsqu’il est utilisé, il crée cette barrière magique autour du corps qui draine de l’énergie magique comme un fou, de sorte que tu ne peux pas vraiment le garder longtemps. Les humains normaux ne peuvent même pas voir la vitesse avec laquelle je bouge quand il est lancé, alors je dois te le donner pour pouvoir esquiver ça. » Ah, alors, c’est donc juste un simple sort d’accélération. La barrière magique est probablement là pour protéger le corps contre les grandes vitesses.

« Je vois. Je comprends comment cela fonctionne maintenant. C’est un bon sort que vous possédez. »

« N’est-ce pas ? Je suis plutôt fie — »

« En fait, je l’aime tellement que je vais l’utiliser aussi ! [Accélération] ! » Et, juste comme ça, j’avais utilisé le mouvement signature du roi contre lui. En un instant, je m’étais précipité au-delà du roi et mon épée de bois avait fendu l’air.

Huh? Ah zut, j’ai raté le minutage. J’aurais juré que j’avais visé son torse, mais j’étais loin. Cela va me prendre un certain temps afin de m’habituer à ce sort... J’avais essayé de bouger un peu, mais ma propre perception de la vitesse ne pouvait pas suivre mon corps.

« Quo — ?! Tu es juste... Mais... c’est mon... »

« Waouh... c’est plus difficile à contrôler que ça en a l’air ! Mais je ne vous manquerai pas à nouveau, » j’étais entré dans l’hypervitesse et avais visé une fois de plus le monarque. Il avait aussi lancé [Accélération], et nous avions commencé un échange extrêmement rapide d’attaques, d’esquives, de retours en arrière et de parades. Le barrage de ses attaques était aussi rapide que la foudre, mais ma défense n’était pas loin derrière. Je m’habituais rapidement à la vitesse. Je ne pouvais que supposer que le sort accélérait aussi mon cerveau et mes réflexes.

Notre combat dans ce monde supersonique nous semblait normal pour nous deux, mais c’était probablement extrêmement difficile à voir pour les humains normaux.

Cependant, j’avais un atout. J’allais juste combiner ce sort [Accélération] avec...

« [Puissance] ! » Avec un flash, j’aivais gagné encore plus de vitesse ! L’accélération magique s’était empilée sur mes muscles de la jambe améliorée. J’avais atteint une vitesse quasi divine. Aucun œil humain ne pourrait suivre mes mouvements. Bien que cela n’ait duré qu’un instant, j’avais complètement dépassé les limites de l’[Accélération] seule.

« Comment ?! » En moins d’un battement de cœur, j’étais derrière le roi, poussant l’épée de bois contre son cou.

« Échec et mat. »

« ... Je ne suis pas sûr de ce que ce mot signifie, mais il semble que j’ai perdu. » Sa Majesté avait levé les mains et avait accepté la défaite. Acceptant son aveu de défaite, l’arbitre avait levé son bras droit.

« Le gagnant est Monsieur Mochizuki Touya ! » À la suite de cette déclaration, tout le monde dans l’auditoire de l’arène avait commencé à applaudir. En vérité, je m’attendais à un barrage de hululement et de railleries, surtout parce que je venais de vaincre le roi du pays, mais apparemment mes inquiétudes n’étaient pas fondées.

« Je ne m’attendais pas à ce que tu saches comment utiliser [Accélération]... J’avais une confiance extrême dans ce sort, alors je suis devenu un peu prétentieux. Je suppose que je devrais reconsidérer mes stratégies ! »

« Eh bien... peut-être ? Hahaha... » J’avais ri. La magie Néant était de la magie personnelle. Les individus qui pouvaient utiliser le même sort Néant étaient rares. Cependant, j’avais entendu dire que ceux de la même lignée pouvaient avoir des sorts similaires. Quoi qu’il en soit, il était naturel que le roi ne soit pas préparé pour m’affronter. C’était essentiellement un jeu déloyal.

Dommage que je n’avais pas utilisé de magie élémentaire. Je ne pouvais pas jeter des sorts correctement si l’incantation était interrompue... Bien que cela soit rarement un souci pour les mages. Ils étaient de toute façon presque toujours des combattants de l’arrière. Pourtant, ce serait vraiment pratique s’il y avait un moyen d’utiliser la magie élémentaire sans avoir cette incantation embêtante dans son fonctionnement...

Le soir venu, il y avait eu une petite fête au palais. Les invités étaient pour la plupart des ministres de Mismede, des nobles de haut rang et d’importants marchands. D’après ce que je pouvais dire, c’était pour célébrer entre autres le retour d’Olga et pour accueillir Yumina, puisqu’elle était la princesse de Belfast.

Le terme festin n’était pas approprié, donc aucune tenue correcte n’était exigée, mais j’avais quand même revêtu une tenue de soirée.

L’intégralité de ma tenue était de couleur blanche, mais le gilet qu’ils m’avaient donné était noir. Puis il y avait une large ceinture bleu marine. Tout ce dont j’avais besoin était un turban et je ressemblerais à une sorte de cosplayeur de Sindbad ou d’Aladdin.

La fête était composée d’un buffet, donc la plupart des participants prenaient des plats de leur choix tout en profitant d’une petite conversation.

L’invitée d’honneur, Yumina, n’était toujours pas là. Elze, Linze ou Yae n’étaient pas arrivées non plus. Elles s’étaient probablement changées dans des tenues formelles. Elles n’auront aucun problème, car de toute façon, Kohaku s’occupait d’elles.

« Salut, Monsieur Touya. Ce costume vous va à merveille. » Champagne à la main et vêtu d’un manteau tape-à-l’œil plutôt que de son armure habituelle, Lyon était venu me saluer. Étant le fils de la famille des Blitz, il était probablement déjà habitué à ces événements.

« Attendez une seconde, Lyon ! Pourquoi ne m’a-t-on pas donné de vêtements semblables au vôtre... ? », je devais lui demander si ma tenue était belle ou pas ? Cependant, je suppose que c’était mieux ainsi. Je me sentirais assez démoralisé si je devais me tenir à côté de lui tout en portant le même costume. Mon cœur fragile recevrait une fissure chaque fois que quelqu’un me comparait à ce beau diable.

« Euh... Monsieur Touya... n’avez-vous pas vu Olga ? »

« Non, je ne l’ai pas encore vu. » Lyon avait essayé de me poser des questions désinvoltes sur Olga, essayant de se donner de grands airs et de cacher le fait qu’il était impatient de la voir. Cependant, il marquait un point... C’était un peu bizarre que je n’aie vu nulle part l’autre invitée d’honneur. Eh bien, elle n’était probablement pas encore là. Cependant, j’espérais qu’elle arriverait bientôt, il y avait tellement de gens souriants par ici rendant Lyon nerveux.

« Touya ! » Au moment où ces mots étaient parvenus à mes oreilles, j’avais senti que quelqu’un m’étreignait par-derrière. Je me retournai et baissai les yeux pour voir une paire de petites oreilles ressemblant à des renards.

« Eh bien ! Si ce n’est pas Arma, » j’avais tapoté la tête de la petite fille-renard. Elle portait une robe adorable. Quand j’avais regardé derrière elle, j’avais vu un gentleman bien bâti avec des poils blancs. Il y avait une paire d’oreilles qui sortaient de ses cheveux et une longue queue épaisse traînait derrière lui. Cet homme pourrait-il être... ?

« C’est un plaisir de vous rencontrer. Je suis Olba, le père d’Arma. » Je secouai la main qu’il tendait, puis pris un moment pour regarder à la fois l’homme et sa fille. Apparemment, les poils de leurs oreilles et de leurs queues blanchissaient avec l’âge...

« Ravi de vous rencontrer également. Je suis Mochizuki Touya. Ah, Touya est mon prénom. »

« Ho-ho, alors vous êtes d’Eashen ? » Cela fait un moment que je n’avais pas entendu cette réflexion-là.

« Je-je suis Lyon Blitz, un-chevalier de premier plan de l’ordre des chevaliers B-Belfastiens ! » Ressaisis-toi, Lyon... ! Lyon secoua la main d’Olba en tremblant juste après. J’imagine qu’il n’y pouvait rien. Après tout, le père d’Arma était aussi le père d’Olga.

« Vous avez mes sincères remerciements pour la protection de mes filles. »

« P-Pas besoin de ça, monsieur ! Je-je ne faisais que suivre les ordres ! » Lyon, s’il vous plaît. Il n’y a pas besoin de paniquer autant, mec... Sans vouloir aider Lyon à sortir de sa situation difficile, je décidai de commencer une petite conversation avec le vieux renard.

« Que faites-vous dans la vie, Olba ? »

« Je suis un marchand. Je m’occupe de divers produits de haute qualité, dont certains proviennent de Belfast. » Un marchand, hein ? Divers produits...

« Récemment, j’ai essayé de mettre la main sur ce nouveau jeu appelé “shogi”. J’aimerais bien le vendre ici. J’ai entendu dire que le roi de Belfast lui-même en profitait un peu. »

« Hmm ? Shogi ? » Qui aurait cru que l’existence de ce jeu se soit répandue jusqu’ici ? Il s’avéra qu’Olga avait écrit à ce sujet dans l’une des lettres qu’elle lui avait envoyées, et cela avait fini par piquer sa curiosité.

« J’ai justement un jeu de shogi avec moi. Le voudriez-vous ? »

« Oh, pourrais-je vraiment le prendre ? Je vous en serais très reconnaissant. J’ai voulu le voir de mes propres yeux pendant un moment. » Heureusement pour lui, j’avais toujours le set de shogi que j’avais fait pendant le voyage.

« Aucun problème. Je vais m’assurer que vous l’obtiendrez pour demain. Cependant, j’ai des affaires à régler, alors... Lyon, pourriez-vous l’apporter à Olba ? Olga connaît déjà les règles, alors je suis sûre qu’elle vous les apprendra. »

« H-Hm ?! Moi ?! » Une fois que je l’avais amené dans la conversation, Lyon avait commencé à paniquer de nouveau.

« Le père de Lyon est le général Léon, l’un des aides les plus fidèles du roi. J’ai entendu dire qu’il était l’un des meilleurs adversaires du roi au jeu du shogi. »

« Hoh? Un fils du général Léon ?! Oh, mon Dieu, je serais vraiment heureux si vous pouviez visiter notre maison. Il y a tellement de choses que je veux vous demander. » Olba parla joyeusement à Lyon, un large sourire sur son visage. En ce qui concerne ses antécédents personnels, le jeune chevalier était un bon parti pour sa fille. J’espérais vraiment qu’il ferait une bonne impression sur le vieux renard. Eh bien, s’ils se mariaient ou non dépendraient entièrement de la façon dont les tourtereaux se sentaient, alors j’avais peut-être finalement fait quelque chose d’inutile.

« Oui ! Je m’assurerai de venir vous rendre visite demain, » Lyon se positionnait comme un bon soldat. Ce gars était, comme d’habitude, inutilement sérieux.

Pendant que je m’inquiétais au sujet du chevalier extrêmement diligent, les gens rassemblés dans le palais étaient devenus un peu plus bruyants

***

Partie 8

Pourquoi une telle agitation ? J’avais regardé à l’entrée de la salle, où j’avais vu Sa Majesté, Olga, Yumina, et le reste des filles.

Olga était vêtue d’une robe de soirée tape-à-l’œil de Belfast, tandis que Yumina et les autres portaient des costumes qui me rappelaient les saris indiens. Elze était vêtue de rouge, Linze de bleu, Yae de violet et Yumina de blanc. Bien que de couleur différente, elles avaient toutes l’air vraiment belles. Kohaku marchait à côté d’elles.

« Oh, resalut, mon gars. Tu as l’air en forme. Je t’ai presque confondu avec un noble mismédien. »

« Euh, merci... je suppose. » Le roi m’avait regardé avec un sourire. Cela me semble un peu bizarre... Je ne sais pas vraiment comment faire face à des situations comme celle-ci.

Je regardai à mes côtés pour voir Lyon regardant attentivement Olga dans sa tenue. Oh mon dieu... Je pouvais voir un ornement de cheveux familier qui brillait dans ses cheveux. Je pense qu’il est raisonnable de dire qu’il a au moins un coup à jouer avec elle.

« J’adore ta tenue, Touya. Tu es magnifique, » dit Yumina, me prodiguant des louanges.

« Ouaip. C’est parfait. »

« ... On constate un côté charmant différent de l’ordinaire... » marmonna Linze.

« Incroyable, Touya-dono ! Ce costume est vraiment fait pour vous. »

« Tout le monde a l’air de penser que je suis plutôt séduisant... Vous feriez mieux d’arrêter ou je rougirai ! »

« Vous avez toutes aussi l’air vraiment jolies. Oh hé, puis-je prendre une photo ? » J’avais sorti mon smartphone et j’avais ouvert l’appareil photo. Une fois que je les avais toutes eues dans le cadre, j’avais pris la photo. Mon téléphone avait produit un petit flash.

Surpris par l’éclat de la lumière, les soldats mismédiens postés à côté des murs du palais avaient placé leurs mains sur leurs épées. Euh-oh, je suppose qu’il est interdit d’utiliser un flash.

« Qu’est-ce que c’était ? » Sa Majesté avait regardé le smartphone dans ma main. Eh bien, je suppose que je devrais l’expliquer tôt ou tard...

« Désolé, c’est un de mes sorts Néant. Je peux l’utiliser pour enregistrer ce que je vois et y revenir plus tard. »

« Réellement ? Désolé, je ne comprends pas vraiment. » Je lui avais montré la photo que je venais de prendre. Les quatre filles étaient dessus, alignées et souriantes.

« Oh ! Un sort qui vous permet de dessiner des images tout de suite, hein ? J’ai entendu parler de quelqu’un avec un sort similaire dans l’Empire Refreese ! Cependant, est-il possible de sortir cette photo ? »

Hmm... donc l’Imperium a quelqu’un qui peut faire quelque chose de similaire à moi ? Maintenant, je suis un peu curieux de savoir quel genre de personne cela pourrait être... En mettant ces pensées de côté, j’avais décidé qu’il n’était pas nécessaire de donner une explication complète du fonctionnement des photos.

« Oui, je peux vraiment la sortir ! J’ai juste besoin d’un morceau de papier et de quelque chose pour écrire. » Le roi avait ordonné à quelqu’un de m’apporter ce que j’avais demandé. J’avais regardé la photo que j’avais prise et j’avais lancé [Dessin] pour la transférer sur le papier. Assez rapidement, le papier blanc présentait une version décolorée, semblable à un sépia, de la photo montrant les quatre filles. C’était comme une de ces vieilles photos monochromes. J’aurais pu la coloriser, mais c’était suffisant pour faire passer le message.

« Incroyable ! C’est incroyable, mon garç — euh, Monsieur Touya ! Pourrais-tu aussi dessiner une photo de moi ? »

« Bien sûr, sans problème. » Comme il était là, je n’avais pas eu besoin d’utiliser l’appareil photo. J’avais simplement lancé [Dessin] en l’utilisant comme modèle.

Quand je lui avais donné une photo... eh bien, une sorte de photo, de lui faisant une pose cool, il était totalement ravi. Mais ça avait très vite échappé à tout contrôle. Pris dans le flot de la situation, j’avais dessiné la famille d’Olba, après quoi d’innombrables invités au hasard m’avaient demandé d’aussi les dessiner.

Un seul dessin prenait moins de dix secondes, donc je n’avais eu aucun scrupule à le faire encore et encore, mais il y avait un certain nombre de personnes qui n’étaient pas satisfaites de leurs poses et cela avait pris plusieurs essais pour les satisfaire. Que suis-je, un appareil Polaroid !? Je suis fatigué... Allez en voilà d’autres.

Lyon avait profité du chaos et m’avait fait attiré à côté d’Olga. Je n’avais aucune raison de refuser, bien sûr. Mais quand je l’avais fait, je me sentais comme si je ressemblais plus à un photomaton qu’a un appareil Polaroid.

Après avoir fini avec les demandes des invités les plus importants, j’étais sorti de la salle des fêtes pour me reposer. J’avais remarqué un canapé dans le coin du couloir, alors je m’étais laissé tomber et j’avais essayé de me détendre. C’était plutôt facile, vu le silence de l’endroit comparé à la réception.

Alors que je regardais fixement le couloir en avant, quelque chose d’étrange traversa l’endroit où les couloirs se croisaient.

« Qu’est-ce que... » Une expression d’incrédulité passa sur mes lèvres.

Il y avait une chose que j’avais remarquée à propos de... la chose qui marche dans le couloir au loin. Pour être franc, c’était un ours. Bien sûr, le pays des semi-humains devait avoir des hommes-ours. En fait, j’en avais vu pas mal à la fête. Le problème n’était pas ça, mais le fait que la chose que je voyais n’était pas un homme-bête. C’était un ours en peluche.

Je ne pouvais pas le dire avec certitude, mais il semblait mesurer environ cinquante centimètres de haut. Peu importe le nombre de fois que j’avais réexaminé ce que je regardais, c’était clairement un ours en peluche... Pourquoi y a-t-il un ours en peluche... étais-je plus fatigué que je ne le croyais ?

Soudainement, il s’était arrêté et avait regardé dans ma direction. Oh la vache, il a l’air de me regarder dans les yeux !

Dévisaaager...

Dévisaaaager...

Dévisaaaaager...

Dévisaaaaaager...

Était-ce comme la première fois... ? Quoi ? L’ours bougeait son bras, me faisant clairement signe.

Était-il en train de m’inviter à me joindre à lui ? Devrais-je le suivre ? J’avais réfléchi un moment et avais décidé de lui rendre service. Je m’étais dit que si les choses commençaient à mal tourné, je pourrais utiliser [Accélération] et sortir de là.

L’ours qui se dandinait m’avait emmené dans une pièce pas très loin de la salle des fêtes. Il était court et trapu, donc il ne pouvait pas atteindre la poignée de porte. Sans se décourager, il sauta habilement et fit tourner la poignée pour ouvrir la porte. Il s’était dirigé à l’intérieur, mais pas avant de me faire signe de nouveau.

Je suppose qu’il voulait que je continue de le suivre... J’étais entré dans la pièce faiblement éclairée et j’avais vu la lumière de la lune rayonnant à travers la fenêtre. La chambre était spacieuse et bien meublée.

« Oh ? Paula, cette fois-ci, tu as fait venir un visiteur assez singulier. » Perplexe devant la voix soudaine, je commençai à regarder autour de moi. Quelques instants plus tard, j’avais remarqué une fille assise sur une chaise rouge devant la fenêtre.

Elle semblait avoir le même âge que Yumina et Arma. Elle avait les cheveux blancs attachés en deux nattes et les yeux d’or. Vêtue d’une robe noire à froufrous, de bottes noires et d’une coiffe noire, elle ressemblait à une lolita gothique. Normalement, mes yeux auraient été fixés sur ses vêtements, mais je ne pouvais pas les empêcher de regarder aux choses derrière son dos.

Un ensemble d’ailes fines et semi-transparentes qui scintillent au clair de lune. Elles n’étaient pas comme ceux que vous verriez sur les oiseaux, plus comme ceux d’un insecte. Il était probable qu’elle soit une fée.

« Alors ? Qui peux-tu être ? »

« Ah, je suis Touya. Mochizuki Touya. Touya est mon prénom. »

« Je suppose que tu es né à Eashen ? » Oh, comme j’aimerais tant que ça s’arrête. Eh bien, c’était suffisamment proche, donc je ne pouvais vraiment pas dire grand-chose de plus...

« Je vois. Donc tu es un invité de cette fête. Le célèbre tueur de dragons ? »

« Tueur de dragons ? Eh bien, je veux dire... Je suppose que ce n’est pas faux. Et tu es ? »

« Oh, pardonne-moi. J’ai oublié de me présenter. Je suis Leen, la Matriarche du Clan de toutes les fées. Et cette poupée ici se nomme Paula. » Matriarche d’un Clan !? Cette fille !? La surprise avait fait qu’aucun mot ne sortit de ma bouche, ce qui fit pouffer de rire Leen, clairement amusée.

« Malgré les apparences, je suis beaucoup plus âgée que toi. Après tout, la longévité n’est qu’une des principales caractéristiques de la race des fées. »

« Tu es plus âgé que moi !? Comment ça ? » — attends, je ferais mieux d’arrêter là. Il n’était certainement pas approprié de demander ça à une femme son âge. Leen, cependant, ne semblait pas dérangée par ma manière de penser.

« Eh bien, je ne suis pas trop sûre... J’ai au moins six siècles d’existence, c’est certain. »

« Six siècles !? »

« Réfléchir à cela est d’un tel ennui, alors supposons que j’ai six cent douze ans. » A-Attendez, c’est une hypothèse assez incroyable... Je ne peux pas croire que cette petite fille a plus de six siècles... je suppose que dans ce monde, tous les coups sont permis. Cela dit, maintenant que je connais son âge, il est plus facile d’accepter qu’elle est la matriarche du clan.

« Les fées vieillissent-elles lentement ? »

« ... Ce n’est pas le cas, non. Nous arrêtons simplement de vieillir lorsque nous atteignons un certain âge. Normalement, cela arrive quand nous atteignons l’apparence d’un humain à la fin de l’adolescence ou au début de la vingtaine, mais c’est arrivé plus tôt pour moi. C’est aussi simple que cela. » Je pouvais la voir faire la moue alors qu’elle murmurait ces mots. Je m’étais dit qu’elle n’était pas trop contente du corps avec lequel elle était coincée pour l’éternité. Franchement, peu importe comment je la regarde, je ne peux pas la voir comme autre chose qu’une personne de l’âge de Yumina.

Comme pour réconforter Leen, Paula grimpa derrière elle et lui tapota la tête.

« Alors, à propos de Paula... est-elle une sorte de familier contracté ? »

« En fait, elle ne l’est pas. C’est un authentique ours en peluche. Elle ne peut bouger que grâce à mon sort Néant [Programmation]. »

« [Programmation] ? »

Tu veux dire comme un programme informatique ? Est-ce que c’est un robot !? 

« Le sort Néant [Programmation] permet à l’utilisateur de donner certains ordres aux objets inorganiques et de les faire agir en conséquence. Par exemple... » Elle avait pris une chaise d’un côté de la pièce et me l’apporta. Leen avait tenu sa main devant la chaise et avait concentré son pouvoir, en faisant une sorte de cercle magique en dessous.

« Début de la [Programmation]/Mouvement : Deux mètres en avant/Condition de départ : Quelqu’un est assis/fin de la [Programmation]. »

Le cercle magique sur le sol s’était rapidement éteint. Une fois que Leen s’était assise sur la chaise, elle s’était déplacée lentement d’environ deux mètres avant de s’arrêter.

« Oh, j’ai oublié de régler la vitesse. Mais tu as vu l’essentiel. Cela me permet de donner des ordres magiques aux objets. »

Oui, je pense que je comprends maintenant. Un nom comme [Programmation] est plus qu’approprié pour celui-ci. Même si c’est limité par la programmation, la possibilité de faire bouger un objet par lui-même est super utile.

« Alors, peux-tu faire voler Paula en ajoutant un ordre qui l’en oblige ? »

« J’ai bien peur que quelque chose comme ça soit impossible. Ce n’est pas un si grand pouvoir. [Programmation] ne permets que des mouvements simples. Bien que le vol fonctionnerait probablement bien pour les petits oiseaux mécaniques. »

D’accord, je pense que je comprends mieux maintenant. On dirait que le sort a des limitations raisonnables. Néanmoins, cela ne le rendait pas inutile pour autant.

« Je vais essayer. »

« Pardon... ? » Je concentrai ma magie sur la chaise. Un cercle magique s’était formé sur le sol et j’avais commencé à préparer ma [Programmation].

« Début de la [Programmation]/Mouvement : Cinq mètres en arrière/Vitesse de marche : marche normale/Condition initiale : Quelqu’un assis/fin de la [Programmation]. »

Une fois le cercle magique disparu, j’avais rapidement testé le programme en m’asseyant sur la chaise. Il avait commencé à reculer à une vitesse légèrement plus élevée qu’auparavant et s’était arrêté après cinq mètres. Ouais, c’est utile.

« Qu’est-ce que... qu’est-ce que tu viens juste là de faire ? » Leen me regardait, et clignait des yeux lentement.

« Eh bien... n’est-ce pas le sort [Programmation] que je viens d’utiliser ? »

« Pourquoi es-tu en train de le formuler cela comme une question... ? Non, oublie ça pour le moment. Tu étais donc capable d’utiliser [Programme] aussi facilement ? »

« Euh... Hahaha, je suppose que oui... » Elle me regarda avec beaucoup de suspicion dans son regard.

Dévisaaager...

Dévisaaaager...

Dévisaaaaager...

Dévisaaaaaager...

C’était ce qui s’était produit avec Paula ! On disait que les animaux domestiques ressemblent à leurs propriétaires, mais je ne sais pas si c’est l’expression qui convient dans ce cas... Assez vite, elle poussa un soupir et croisa les bras.

« Il y a beaucoup de choses que j’aimerais te demander, mais je vais laisser tout cela pour une prochaine fois... J’ai dit à Paula de m’apporter des êtres intéressants, et elle ne m’a jamais déçu dans ce domaine. Tu pourrais même être une meilleure découverte que Charlotte. »

« Charlotte ? » Je ne pouvais pas m’empêcher de réagir à ce nom familier.

Ça ne peut pas être la même Charlotte, n’est-ce pas ? « Oui, c’est l’une de mes disciples. J’ai entendu qu’elle est maintenant la magicienne de la cour à Belfast. Oh. Je suppose que ça pourrait. Attendez, alors, tiens... Cela signifie... ! »

« Ah ! Donc tu es cette prof démoniaque qui lui a fait lancer des sorts jusqu’à ce qu’elle s’effondre, puis que tu as restauré sa magie et l’as obligée à lancer plus de sorts jusqu’à ce qu’elle s’effondre à nouveau, est-ce exact ? »

« Quoi !? »

Oh mec, elle me fait peur. S’il te plaît, ne me regarde pas comme ça, je suis fragile. Et d’abord je ne suis pas celui qui l’a dit ! D-désolé ? Devrais-je dire désolé !? Je devrais dire désolé !

« Eh bien, ça ne fait rien... Charlotte va recevoir une gifle la prochaine fois que je la verrai. Cela mis à part, Touya, tes talents magiques sont vraiment remarquables. En plus de Néant, pour quels autres éléments as-tu l’aptitude ? »

« Tous. »

« ... Bon, au moins, plus rien ne me surprendra, » après un long soupir, Leen avait réfléchi à quelque chose avant d’ouvrir lentement ses yeux dorés. Elle m’avait regardé et avait joint ses mains.

« Très bien alors. Tu seras mon nouveau disciple. »

« Pardon ? » La lolita gothique à deux nattes avait fait frémir ses ailes alors qu’elle souriait dans ma direction.

 

 

***

Partie 9

Hier, la matriarche des fées, Leen, m’avait demandé de devenir son disciple, mais j’avais poliment refusé. Franchement, qui travaillerait volontiers sous quelqu’un d’aussi implacable ? Je n’étais pas masochiste ou quoi que ce soit du genre, tu sais ? Pourtant, elle semblait très ennuyée par mon rejet.

Plus tard, la fête s’était finie calmement. Nous étions retournés dans les chambres qu’on nous avait données et nous allâmes dormir sur nos lits douillets. Cela faisait un moment que je n’avais pas dormi dans quelque chose de correct, alors il m’avait fallu du temps pour m’endormir. Avant que je m’en rendais compte, cependant, c’était déjà le matin et j’étais bien reposé.

D’accord, il y avait quelque chose que je voulais essayer aujourd’hui ! J’avais parcouru plusieurs sites sur mon téléphone et utilisais [Dessin] pour obtenir des transcriptions et des photos de presque tout ce qui me semblait utile. Je pensais que cela devrait être à peu près tout...

Une fois prit le petit-déjeuner léger qu’ils m’avaient apporté, j’avais rassemblé le paquet de papiers que j’avais préparé et j’avais fait venir Kohaku pour aller voir le chancelier Glatz.

Je lui avais dit que je voulais sortir un peu, alors il m’avait donné une médaille qui était aussi une autorisation pour franchir les portes du château. Il m’avait aussi demandé si je pouvais utiliser [Dessin] pour faire un portrait de lui. En toute honnêteté, il était la seule personne à laquelle je ne m’attendais pas à ce qu’il m’en demande un.

Après cela, j’avais rencontré Lyon et lui avais donné le set de shogi. Sentant une petite opportunité, je lui avais également dit que Reflet avait l’intention de devenir la ville officielle du shogi.

« Oh ? Est-ce que tu sors ? »

Une fois que Kohaku et moi avions fini nos affaires dans le palais, nous étions partis pour la ville principale. Mais un peu avant nous avions rencontré Yumina et Linze. Il semblerait qu’elles venaient juste de prendre leur petit-déjeuner et qu’elles allaient se promener dans la cour.

« Ouais, Kohaku et moi allions faire des achats. Vous voulez venir toutes les deux ? »

« Bien sûr, » répondit immédiatement Yumina.

« Je-je vais aussi venir, » répondit Linze avec hésitation. Je pensais aussi à inviter Elze et Yae, mais Linze avait dit qu’elles s’entraînaient aux côtés des soldats mismédiens dans l’arène... Je ne pouvais qu’espérer que Sa Majesté ne fût pas là aussi.

Tous les quatre, nous avions franchi la porte du palais et nous étions sortis en ville. D’accord, maintenant... attendez.

« Où puis-je acheter du métal ? »

« M-Métal ? »

« Oui. Du Fer, du cuivre, du laiton. Des choses comme ça. Idéalement, ils devraient être pressés en lingots. »

« Je ne sais pas exactement ce que veut dire “lingot”, mais je pense que vous pourriez trouver ce que vous voulez chez un forgeron », répondit Yumina.

Eh bien, cela avait du sens. J’avais sorti mon smartphone et j’avais lancé une recherche de forgerons. Il y avait quelques points ici et là. Je m’étais dit que je ne pouvais pas me tromper en choisissant le plus proche.

Nous avions pris la rue en direction de l’est et avions trouvé l’endroit au coin d’une intersection. J’entendais le martèlement avant même d’y arriver.

« Bonjour. Bienvenue à tous. Vous êtes ici pour un travail de réparation ? Ou peut-être que votre lame a besoin d’être affûtée ? »

Un employé cornu nous avait accueillis avec un sourire. Ils étaient plus qu’heureux de me vendre des métaux pressés, alors j’avais acheté du fer, du laiton et du plomb. Plusieurs lingots à peu près aussi épais que deux petits livres de poche, pour être exact. Il y avait un magasin d’outils juste en face de la forge, alors j’en avais profité pour acheter du bois et du caoutchouc. De celui qu’on utilisait sur les semelles de chaussures.

« Et maintenant, de la poudre à canon... » J’avais fouillé la ville et j’en avais facilement obtenu du coup. On dirait que c’était dans un magasin d’accessoires magiques... Eh bien, je supposais que la poudre était un peu magique.

J’y étais allé et j’avais acheté trois bouteilles de taille moyenne. Je pensais alors que c’était tout ce dont j’avais besoin !

« ... Que comptez-vous faire ? » Linze regardait tous les articles que j’avais achetés et ne put s’empêcher de me le demander.

« Je vais me forger une arme »

« Une arme...? » Après avoir penché leurs têtes dans la confusion, je les avais emmenés dans une ruelle à proximité et j’avais utilisé une [Porte] pour retourner dans ma chambre dans le palais. J’attrapais la corne de dragon d’un mètre de long que j’avais laissée plus tôt, et utilisais une autre [Porte] pour aller dans la forêt que nous traversions avant d’arriver à la capitale mismédienne.

Bien, personne ne nous verrait ici.

J’avais placé mes papiers sur une souche voisine et j’avais mis un lingot sur le dessus pour empêcher le vent de les emporter.

« Maintenant, j’ai juste besoin de prendre cette corne de dragon, et... »

Merde. Je ne pouvais pas vraiment utiliser la corne en ce moment, n’est-ce pas ? C’était un peu trop long. Eh bien, j’allais juste la découper un peu en premier... Attends, c’était trop dur à couper avec n’importe quel équipement, n’est-ce pas ?

« Linze, peux-tu utiliser la magie pour la couper ? Quelque part par ici, s’il te plaît. »

« P-Pas de problème ! » Je lui avais montré où couper et elle était allée assez vite.

« Viens, Eau ! Deviens ma lame, à la fois froide et claire : [Couteau aquatique] ! »

Avec un son aqueux, la corne du dragon avait été réduite à une taille plus appropriée. Ouf, c’était une bonne chose que d’avoir amené Linze. J’avais pris le résultat de sa main, et c’était beaucoup plus léger que ça en avait l’air. C’était comme si je tenais du plastique. La légèreté me fit douter de sa résistance, mais c’était un métal dur et froid qu’il était beaucoup plus résistant que le fer. J’étais assez surpris par tout cela.

Attendez, je n’étais pas venu ici juste pour admirer cette chose. J’avais un travail à accomplir !

J’avais regardé les papiers que j’avais apportés et je mémorisais toutes les parties importantes. Eh bien, même s’ils s’étaient trompés, je pourrais juste utiliser quelques réglages fins pour le corriger. Bien. C’était l’heure.

« [Modelage] »

La corne commença à changer de forme lentement. Canon, cylindre, marteau, gâchette... J’avais fait les pièces, l’une après l’autre. Après cela, j’utilisais le bois que j’avais acheté pour créer une poignée et les mettre tous ensemble.

Dix minutes plus tard, je tenais un revolver noir et lisse dans ma main.

Je m’étais basé sur un fusil connu sous le nom de Remington New Model Army, mais il s’était avéré un peu court. Eh bien, ce n’était pas trop différent, donc je m’en fichais vraiment.

Puisque je voulais quelque chose qui pouvait rapidement tirer, j’avais transformé un pistolet à simple action en un pistolet à double action et j’avais joué avec le cylindre, de sorte que l’intérieur de ce pistolet était au final complètement différent de l’original. Je l’avais seulement utilisé comme base parce que je pensais que le design avait l’air classe. En le prenant en main, j’avais examiné mon ressentiment.

Pas trop minable, pour être honnête. Peut-être que c’était un peu léger ? En fait, ce n’était probablement pas mauvais.

« Maintenant, pour les balles. » Utilisant les lingots et la poudre à canon, j’avais fait les ogives de balles, les caisses, les poudres, les jantes et les amorces, tout comme je l’avais regardée sur Internet.

Au moment où j’avais fini, j’avais cinquante balles de plusieurs variétés. Je pensais que c’était assez pour l’instant.

D’accord, il était temps de charger les six chambres du revolver... Oh, attendez, avant ça...

« [Enchantement] : [Apport]. » J’avais enchanté le pistolet avec mon sort de téléportation. Et maintenant...

« Début de la [Programmation]/Condition de départ : Le porteur dit “Recharger”/Action au démarrage : Éjecter à la hâte les cartouches vides, utilisez [Apport] pour remplir toutes les chambres vides à l’aide de balles situées dans un rayon d’un mètre/fin de la [Programmation] ».

Avec ça, j’avais fini. Après tout, recharger manuellement était une plaie. J’aurais pu faire une arme automatique à la place, mais mon goût était plus important que ça. Je considérais les revolvers comme les pistolets les plus géniaux, c’était tout ce qu’il y avait à faire.

J’avais rempli le barillet, visais un arbre à proximité, et j’appuyais sur la gâchette. La balle avait volé avec un son d’explosion. Ouah ! Le recul était plus fort que je ne le pensais. Linze et Yumina avaient mis leurs mains sur leurs oreilles. Malgré la présentation grandiose, il m’avait semblé que j’avais raté mon coup.

J’avais suivi avec deux autres balles et j’avais remarqué que ma précision était assez faible. Suis-je juste un mauvais tireur ? Les balles ne se dirigeaient pas directement sur... Oh...

J’avais oublié de faire les rayures. Les rayures se référaient aux rainures hélicoïdales à l’intérieur du canon d’un fusil. J’avais lu qu’elles stabilisaient gyroscopiquement la balle en la forçant à tourner, ce qui faisait qu’elle se déplaçait d’une manière rectiligne.

Et donc, avec un autre sort de [Modelage], j’avais conçu les rayures pour mon arme à feu. J’avais tiré plusieurs balles, et la différence de précision était claire comme le jour.

Une fois que j’avais vidé tout le cylindre, j’avais décidé de tester le mécanisme de rechargement que j’avais programmé plus tôt.

« Recharger ! »

Au moment où j’avais dit cela, les cartouches vides avaient été éjectées instantanément et étaient tombées au sol. Ensuite, six des balles que j’avais placées sur la souche avaient disparu et pour réapparaître à l’intérieur du pistolet. J’avais de nouveau appuyé sur la détente. Une autre balle avait été tirée. Ouais, ça fonctionne comme un charme.

« As-tu fini ? »

« Oui, on dirait. C’est ce qu’on appelle un “pistolet”. C’est une arme faite pour attaquer sur de longues distances. Vous pouvez l’utiliser avec une main et c’est plus fort que des arcs et des flèches. »

« ... Incroyable. C’est comme un petit canon. »

Linze parla doucement, regardant ma création. Il était vrai que des canons non lisses existaient aussi dans ce monde, mais puisque n’importe quel sorcier qui connaissait le sort [Explosion] était beaucoup plus efficace, ils n’en voyaient pas beaucoup d’utilité.

« J’ai fini de fabriquer le pistolet, mais il y a encore une chose que je veux essayer. » Après avoir retiré toutes les balles du cylindre, j’en avais pris une dans ma main.

« [Enchantement] : [Explosion]. »

Je l’avais imprégné d’une magie explosive. Voyons voir cela...

« Début de la [Programmation]/Condition de départ : La tête de balle sort du canon du pistolet et touche quelque chose. /Action au démarrage : Activer [Explosion] autour de la balle/Fin de la [Programmation]. »

J’avais placé la balle enchantée dans le cylindre et visais le même arbre criblé de trous.

Avec un rugissement féroce, l’arbre que j’avais visé et ceux qui avaient eu la malchance d’être près de lui s’étaient brisés en milliers de morceaux épars. Le test [Explosion] avait fonctionné.

« Quoi...!? »

« Ouah ! » Linze et Yumina étaient tombées par terre, apparemment trop choquées pour rester debout. Bien. Cela résolvait mon problème d’utilisation de la magie offensive sans incantation. Là encore, devoir utiliser [Enchantement] et [Programmation] sur tout est un peu pénible aussi... Attendez, je pourrais juste le faire avec plusieurs balles à la fois, donc ce n’est pas si grave.

Je pourrais probablement enchanter quelques balles en caoutchouc avec [Paralysie] pour les interventions non mortelles. Les armes aussi pratiques sont en effet rares et peu nombreuses ! Oh, attendez [Paralysie] ne fonctionnerait pas s’il avait des amulettes magiques sur eux.

« Touya, puis-je aussi avoir un de ces... pistolets, n’est-ce pas ? »

« Je-j’en aimerais aussi un... »

« Hein ? » La demande soudaine de Yumina et Linze me fit un peu réfléchir. Je pouvais en comprendre la raison, étant des combattants d’arrière-garde, elles voulaient une telle arme, mais je ne pouvais m’empêcher de m’inquiéter. Suis-je juste trop surprotecteur ?

Yumina avait un arc, une arme assez dangereuse en soi, et Linze avait la capacité de couper les ailes d’un dragon, donc s’inquiéter de leur manipulation d’un pistolet en toute sécurité était un peu stupide.

En outre, être capable d’utiliser la magie sans aucun souci d’affinité serait très avantageux. Avec une arme à feu, même Yumina, quelqu’un sans aucune aptitude au feu, pourrait utiliser [Explosion].

« Bien sûr, pourquoi pas ? Choisissez un dessin que vous aimez. »

J’avais lancé une recherche d’images pour différentes armes et je les avais mises sur papier en utilisant [Dessin]. Après un long moment à regarder les options, Yumina avait finalement choisi un Colt Army modèle 1860, tandis que Linze avait opté pour un revolver au canon retroussé connu sous le nom de Smith & Wesson modèle 36.

Le choix de Linze était correct, mais j’étais un peu inquiet de la façon dont le choix de Yumina irait dans sa main. Puis je m’étais souvenu que c’était juste un design et que je pouvais moi-même gérer la taille. Après tout, mon arme avait également été faite pour me convenir. Jusqu’aux spécifications et au calibre.

Honnêtement, ma fabrication d’armes à feu était rude. J’étais sûr que tous les pistolets là-bas me donneraient un véritable coup de fouet. Si j’avais besoin de juste tirer sur quelque chose, un pistolet BB aurait très bien fonctionné. Même ainsi, il y avait des choses que vous ne pouviez pas vous empêcher de trouver difficiles. Fondamentalement, j’avais toujours voulu tirer avec un vrai pistolet.

Linze coupa de nouveau la corne du dragon et je l’utilisais pour fabriquer leurs armes. Juste pour être du bon côté, j’avais programmé leurs armes d’une manière qui empêchait toute autre personne qu’elles d’appuyer sur la gâchette.

J’avais créé une centaine de balles en caoutchouc, je les avais réparties entre les filles, et je les avais laissées maîtriser et tirer avec leurs armes à feu.

Fabriquées à partir d’une corne de dragon, elles étaient plus légères que les armes à feu standard et n’étaient pas trop dures à utiliser pour des filles.

Très bien, maintenant il est temps pour l’événement principal. Le pistolet n’était en fait rien d’autre qu’une base pour la création de ma véritable arme.

« [Modelage]. » J’avais pris un morceau de la corne du dragon et une fois de plus j’avais commencé à lui donner la forme d’une arme à feu. Cependant, contrairement aux autres, celui-ci devenait un peu étrange.

S’étendant de la gâchette et traçant la partie inférieure du canon, il y avait une lame. La prise était un peu courbée et avait donné à l’objet entier une forme un peu droite. Dans l’ensemble, c’était moins une arme à feu et plus une épée courte.

Une fusion impie entre un pistolet et un couteau ! Bien que, le mot « couteau » n’était pas trop approprié non plus, étant donné que la lame mesurait bien trente centimètres de long et était assez large. Cependant, il y avait une raison à cette ampleur.

« Début de la [Programmation]/Condition de départ : Le porteur dit “Mode pistolet” ou “Mode lame”/Action au démarrage : Utilisez [Modelage] pour transformer rapidement la lame courte en une lame longue dans le cas du “Mode lame”, et d’une lame longue à une lame courte dans le cas de “Mode Pistolet”/Fin de la [Programmation] »

Je l’avais également programmé avec le même mécanisme de rechargement que j’avais essayé auparavant. J’avais rapidement rechargé, puis j’avais préparé mon arme et avais appuyé sur la gâchette. Un coup de feu avait retenti et la balle avait facilement détruit une branche. Génial, le pistolet fonctionnait très bien !

« Mode lame. » En réponse à mes paroles, le couteau de trente centimètres était devenu instantanément une épée de quatre-vingts centimètres. La lame large avait perdu environ les deux tiers de son épaisseur et avait gagné une certaine longueur à la place.

J’avais balancé la lame allongée autour. Ça ne me semblait pas le moins lourd.

« Mode Pistolet ». La lame s’était à nouveau raccourcie et allongée. D’accord, la fonction de transformation fonctionnait très bien.

« Incroyable. Donc ça peut être à la fois une arme à distance et une lame ? »

« Elze et Yae sont des combattantes purement aux avant-postes, alors que vous deux êtes purement et simplement des combattantes d’arrière garde, j’avais donc décidé d’être un peu plus flexible dans mon approche. » Pour être honnête, j’avais voulu faire ça pendant un moment. Le duel avec la bête m’avait fait penser qu’il y aurait des situations où je ne pouvais pas utiliser efficacement la magie. La réponse à ce problème ? Un pistolet.

« ... Alors, comment vas-tu appeler ton arme ? »

« Eh bien... je suppose que “Brunhild” fonctionne bien »

J’avais répondu à Linze avec un sourire sur mon visage. Au lieu d’utiliser le nom d’une arme légendaire comme « Excalibur » ou « Balmung », j’étais allé chercher le nom de l’arme la plus puissante dans l’un de mes jeux rétro préférés. Mec, qu’est-ce que je me suis bien amusé à jouer à celui-là ... Mais c’est vraiment vieux. En fait, cela faisait partie de la collection de mon grand-père.

En regardant ma nouvelle arme, Brunhild, je m’étais rendu compte que je faisais partie d’un de ces mondes fantastiques que j’aspirais dans mes jeunes années, ce qui m’avait fait prendre conscience de combien ma vie avait changé.

***

Partie 10

Après quelques essais et débogages de mon programme, j’avais testé la durabilité du mode lame de Brunhild.

Bien qu’il avait été fait de plusieurs parties, la section centrale qui n’avait pas été affectée par la transformation était presque parfaitement fusionnée avec la lame et l’objet entier avait la dureté d’une corne de dragon. Je pourrais facilement abattre un arbre plutôt épais. La précision était incomparable à mon épée précédente.

Peu de temps après, nous étions retournés à la ville, aux alentours du palais, et avions acheté trois gaines en cuir pour les dagues et une pour quelque chose d’un peu plus grand. Je les avais toutes transformées en étuis pour nos armes avec mon sort [Modelage]. Après tout, elles sortaient vraiment de l’ordinaire.

Pendant que j’y étais, j’avais aussi profité de l’occasion pour acheter trois poches à placer à la taille pour les balles. Puisque nous étions en ville, nous n’avions pas à nous inquiéter d’être attaqués par des monstres, donc je n’avais donné aux filles que des balles en caoutchouc imprégnées de [Paralysie]. Cependant, j’avais encore plein de vraies balles avec moi. Je m’étais soudainement rendu compte qu’il y avait la possibilité qu’elles se tenaient à côté de moi en rechargeant et en récupérant accidentellement mes vraies balles dans leurs armes...

Pour éviter un tel désastre, j’avais reprogrammé leurs armes. Maintenant, les armes ne chargeraient que les balles que le porteur voulait. C’était parfaitement faisable grâce à [Apport].

Cela signifiait que nous devions seulement considérer les enchantements à mettre sur les balles. Puisque Linze avait utilisé [Explosion] à la suite de notre retour des ruines de l’ancienne capitale, j’étais pleinement conscient qu’elle avait la puissance de feu pour faire sauter toute une série de ruines, et que cela manquait d’utilité. Peut-être [Feu incendiaire], alors ? Un coup de feu et tout serait engloutis dans les flammes... Non, c’était trop exagéré aussi.

Eh bien, tant que l’adversaire était humain [Paralysie] devrait fonctionner correctement. Même s’ils avaient des amulettes qui les protégeaient, les balles en caoutchouc allaient encore faire beaucoup de dégâts. Hm... je suppose que j’aurai besoin d’y penser plus tard.

« Voulez-vous manger quelque chose pendant que nous sommes en ville ? »

« Bonne idée. J’adorerais essayer la cuisine locale. »

« O-Oui, moi aussi. J’ai beaucoup entendu parler de ce plat local appelé “Cully”. »

Cully...? Hmm... ça avait piqué mon intérêt. Je supposais que j’allais aussi essayer. Il avait été vendu à un stand de nourriture à proximité, alors nous y étions allés directement pour cela. Il y avait un menu avec du « porc cully », entre autres variantes. Cette odeur était assez familière...

Yumina commanda un plat de bœuf, Linze reçut un poulet cully, et j’avais eu un cully de porc. Pour une raison inconnue, Kohaku n’en voulait pas. Nous nous étions assis à la table voisine et avions attendu seulement quelques minutes avant que tout soit prêt.

Cette couleur, et cette odeur... Je le savais ! C’est du curry. Cependant, ce n’était pas de riz au curry puisqu’il n’y avait pas de riz.

« Euh, les gars ? Juste pour que tu saches... » J’étais sur le point de les mettre en garde contre le piquant potentiel, mais elles en avaient déjà apporté un peu à leur bouche.

« Ack! » « Gah?! » Elles se couvraient la bouche alors que des larmes se formaient dans leurs yeux.

Ah. Alors, je suppose que c’était épicé. Dommage que ce ne soit pas du genre doux. À en juger par la façon dont ces deux agissaient, il devrait être super épicé...

Elles tendirent la main vers la cruche à eau sur la table, se battant presque l’une contre l’autre, alors qu’elles se versaient de l’eau dans leurs tasses tout en l’avalant rapidement. Alors que je les regardais, j’avais essayé moi-même le curry, et wôw, c’était chaud. Cette évaluation venait de ma part, qui avait goûté un certain nombre de currys épicés, alors je ne pouvais qu’imaginer à quel point ça frappait les filles.

« Quel fort goût... ! » « Ow, c’est comme si ma langue était en feu... » Si chaudes qu’elles ne pouvaient même pas parler correctement... Une fois que nous avions quitté la zone, nous étions allés chercher du jus de fruits auprès d’un autre commerçant. Quelques gorgées rapides neutralisèrent ces fatales épices.

« Une fois que tu t’y habitues, cela ne doit pas être mauvais. »

« Avais-tu la chance de manger du cully avant, Touya ? »

« Eh bien ! Au moins quelque chose de similaire. »

J’avais donné à Yumina, qui avait encore du mal à parler, une réponse ambiguë. Linze prit la glace qui accompagnait le jus et la déplaça dans sa bouche. En y repensant, je n’avais pas eu grand-chose d’épicé depuis que j’étais venu dans ce monde. Dans mon esprit, Belfast était presque personnifié en tant que royaume des nourritures douces.

... Hein ? Alors que des pensées de dîner entouraient ma tête, j’avais senti quelqu’un me regarder. Cette sensation m’était familière...

« Maître. Quelqu’un nous observe. Je crois que ce sont les mêmes personnes qu’avant. »

Kohaku m’avait parlé par télépathie. Je le savais.

« Ceux qui nous regardaient à Langley ? Bien. Allons leur dire bonjour. Où sont-ils situés ? »

« Au sommet du plus haut bâtiment à votre droite. » Prétendant que je n’étais pas au courant de leur présence, je levais les yeux vers l’endroit que Kohaku avait indiqué. Je pouvais les voir sur le toit d’un immeuble de trois étages. Ils étaient plutôt loin.

« Je suppose que je devrais me préparer... Rechargement. » J’avais rempli mon arme à feu, Brunhild, avec des balles en caoutchouc imbibées de [Paralysie].

« Touya. » Mon rechargement soudain avait fait que les filles me regardaient avec une confusion apparente, mais ce n’était pas le temps pour les explications.

« Surveille les filles, Kohaku. »

« Fais attention. » C’était l’heure du rendez-vous.

« [Renforcement]. » J’avais renfoncé mes capacités physiques et sautais vers le haut. Après avoir atterri sur l’un des bâtiments à mes côtés, j’avais fait un autre bond vers le toit devant moi. Toit après toit, j’étais allé droit au bâtiment sur lequel j’avais vu les mystérieux observateurs.

« Yo. »

« Gh ?! » « Hm ?! » Mon arrivée soudaine et mes salutations nonchalantes les avaient laissés stupéfaits.

Au moins, je pensais que c’était le cas. Je ne pouvais pas voir leurs visages. Ils portaient des robes noires d’apparence similaire, et du peu que je pouvais voir, les vêtements sous leurs robes étaient aussi noirs. Les visages sous leurs têtes à capuchon étaient cachés par des masques blancs. Pas tout à fait blanc, cependant, car il y avait des symboles étranges sur le front. Pendant un moment, je pensais qu’ils étaient identiques sur les deux, mais ensuite je remarquai que l’un avait un hexagone, tandis que l’autre avait un ovale étiré verticalement.

« Euh, hé... pouvez-vous parler ? J’aimerais savoir qui vous êtes et... »Soudainement, celui avec l’hexagone avait sorti un objet semblable à un tube à essai et l’avait jeté par terre. En un éclair, les environs avaient été baignés dans une lumière intense.

« Khh...! » L’éclair m’avait momentanément aveuglé, et une fois que j’avais retrouvé ma vue, les observateurs avaient disparu. Ils s’étaient échappés ? Ha, pas probable ! J’avais sorti mon smartphone et j’avais lancé une recherche sur « homme masqué ». Bon, les deux couraient dans une ruelle au nord. Il était encore temps de rattraper.

« [Renforcement de l’accélération] ! » Accéléré par ma magie, je traversais de nouveau les toits. La vue passait devant moi avec une vitesse folle, et quelques instants plus tard, je pouvais voir les deux courir dans la ruelle.

J’étais allé devant eux et m’arrêtais dans leurs chemins.

« Mmph ?! » « Gh ! » Je ne pouvais toujours pas voir leurs visages à travers les masques, mais j’étais presque certain qu’ils étaient surpris. Cependant, l’homme au masque hexagonal avait rapidement atteint un autre de ces tubes à essai. Pas cette fois !

Sans hésitation, j’avais sorti Brunhild et avais tiré sur celui qui essayait de me rendre aveugle.

Le bruit d’un coup de feu retentit lorsque le masque hexagonal était tombé au sol. Pas d’amulettes protectrices, hein ? Dommage. Ayant perdu un allié, le masque ovale me regarda, puis revint à celui qui était sur le sol, ne sachant apparemment pas quoi faire ensuite. C’était ma chance. Un autre coup de feu avait retenti dans l’allée arrière.

« Très bien ! Et maintenant ? » Alors qu’ils étaient encore paralysés, je les avais attachés avec des bobines que j’avais faites en utilisant [Modelage] et les avais placés contre le mur de la ruelle. Je pouvais enlever leurs masques et regarder leurs visages, mais avec [Paralysie] actif, ils étaient toujours inconscients. Ce serait vraiment dommage s’ils avaient des lois bizarres, semblables à celles des sectes, qui les forceraient à se suicider ou à me tuer si je voyais leurs visages.

« Je vais retirer la paralysie, alors ne vous débattez pas, d’accord ? » Je les regardais dans les yeux et concentrais ma magie.

« [Restauration]. » Une lumière douce les entoura tous les deux. Cela aurait dû prendre soin de la paralysie. Maintenant, si seulement nous pouvions avoir un échange approprié.

« Alors, qui êtes-vous tous les deux ? Pourquoi m’observiez-vous ? »

« ... » Hmm... vous utilisez votre droit de garder le silence, hein ?

Un moment plus tard, j’avais remarqué que l’homme au masque hexagonal faisait de légers mouvements. Avais-je attaché le fil trop fort ? Non, il essayait probablement de s’échapper... Ce serait très pénible s’ils utilisaient un outil étrange, semblable à la bombe flash, pour faire fondre le fil ou toute autre chose. Pour être du bon côté, j’avais décidé d’enlever leurs gadgets et autres accessoires.

J’avais placé ma main contre la poitrine de l’homme au masque hexagonal.

« Hyah?! » L’homme au masque hexagonal avait libéré une voix mièvre et j’avais commencé à sentir quelque chose de doux dans ma main. Une fois que j’avais réalisé ce que c’était, j’avais commencé à transpirer de partout.

« T-t-tu es une fille ?! » L’homme au masque hexagonal acquiesça légèrement. J’avais rapidement retiré ma main, mais je pouvais encore sentir la douceur que j’avais eue il y a quelques instants. Oh bon sang. Mon visage était probablement aussi rouge qu’une tomate. Attends... cette voix n’était-elle pas familière ?

Alors que je reculais ma main, je l’avais accidentellement frappée et j’avais fait tomber le masque blanc avec l’hexagone au sol avec un cliquetis. Le visage en dessous était celui d’une femme que je connaissais.

« Qu’est-ce que... ?! Lapis... ? » Avec un visage rougissant, ma femme de chambre, qui aurait dû être chez moi dans la capitale de Belfast, me fit un autre signe de tête.

***

Partie 11

« Nous sommes des “Espions”. Des agents du renseignement agissant directement sous le commandement de Sa Majesté le roi de Belfast. »

« Le roi ? »

« Oui. Notre mission actuelle est de protéger la princesse. »

L’explication de Lapis était facile à comprendre. Avec la façon dont il me l’avait juste confié, j’avais toujours pensé que l’attitude du roi à l’égard de Yumina était un peu trop désinvolte, et cela expliquait tout. Il la surveillait dans l’ombre.

Attendez, je me souvenais de cette fois où j’avais entendu quelque chose à travers le plafond de l’auberge de la Lune d’Argent... Je pensais que c’était un rongeur ou un autre animal à l’époque, mais ça aurait pu être ces gars-là. Ce groupe d’« Espion » ressemblait à un mélange de ninjas traditionnels et d’espions modernes.

« Êtes-vous les seuls à protéger Yumina ? »

« Non, il y a plusieurs autres. Et ce sont aussi toutes des filles. » Mon autre servante avait répondu avec sa prononciation habituelle étirée inutilement. Cécile, qui enlevait volontairement son masque, me donnait un sourire complètement dépourvu de toute crainte.

C’étaient toutes des filles, hein ? Bien, puisque leurs détails de protection exigeaient de se cacher dans le plafond et dans des endroits similaires, les filles étaient probablement la meilleure option en ce qui concernait la vie privée de Yumina.

« Attendez, depuis combien de temps nous suivez-vous ? Depuis que nous étions encore à Belfast ? »

« Oui, c’est en quoi consistait notre mission », a répondu Lapis.

« Maintenant que j’y pense, aucune de vous n’était à la maison quand j’ai utilisé une [Porte] pour y retourner. Je suppose alors que Laim était aussi au courant ? »

« Oui, il l’est. »

Eh bien, ils m’avaient vraiment trompé. Je leur avais posé d’autres questions, et apparemment, ils ne mentaient pas sur le fait de faire partie de la Guilde des servantes. Les compétences de femme de chambre étaient nécessaires pour les missions d’infiltration, donc à peu près toutes les femmes opérationnelles Espionnes étaient également membres de la guilde.

« Ah, attends. Donc, celle qui avait lancé le couteau sur le dragon noir était... »

C’était Cécile, oui. C’était une experte en lancer de couteau.

« Eheheheeh. Oh, je ne suis pas forte. » Les joues de Cécile devinrent légèrement roses alors qu’elle rougissait. Alors, ce couteau avait été jeté par cette... fille bouffie ? Je suppose qu’il ne faut jamais juger un livre par sa couverture.

Soudainement, Cécile était devenue un peu découragée et avait regardé avec crainte vers moi.

« Et bien, euh... on se fait virer ? »

« Hm ? Pourquoi serais-tu viré ? »

« Eh bien ! Monsieur, nous sommes vos domestiques, et au lieu de remplir nos fonctions, nous sommes ici sur un autre travail entièrement... » Oh, ça. Donc, elle se sentait mal de travailler pour le roi tout en étant embauchée par moi.

« Non, je ne compte pas virer l’une d’entre vous. Après tout, le roi n’a donné l’ordre que parce qu’il s’inquiétait pour sa fille. Aussi, si je te renvoyais, je devrais aussi me débarrasser de Laim. »

Est-ce que les filles pensaient que j’étais si mesquin... ? J’étais assez confiant sur le fait que j’avais suffisamment de profondeur émotionnelle pour sympathiser avec un père s’inquiétant de sa petite fille.

Les deux poussèrent un soupir de soulagement.

« Alors, qu’allez-vous faire maintenant ? »

« Nous allons continuer à protéger secrètement la Princesse Yumina... mais avant cela, nous avons quelque chose à vous demander, monsieur. » Cette fois, Lapis était celle qui me regardait, se préparant à dire quelque chose de difficile. Franchement, je ne pouvais pas m’habituer à être appelé monsieur...

« Auriez-vous la gentillesse de tout garder secret à la princesse... ? » Ah, puisque c’était une mission secrète, être découvert était évidemment un énorme problème.

« Si elle devait être au courant sur notre protection, la princesse se fâcherait furieusement contre Sa Majesté. » Oh, peu importe. La vraie raison était beaucoup plus simple. Eh bien, il avait agi comme s’il l’avait envoyée toute seul parce qu’il croyait en elle, alors la vérité ferait croire qu’il ne croyait pas du tout à elle. Ça devait être dur d’être papa, hein ? Ça ne me dérangeait pas de garder un secret, alors ça me va. Je les laissais suivre leurs ordres, je m’éloignais d’eux et je retournais à Yumina.

J’avais tout raconté à Kohaku à travers notre lien télépathique. Pour Yumina et Linze, cependant, j’avais dû leur mentir en disant qu’ils s’étaient enfuis. Eh bien, ce n’était pas un mensonge complet, puisqu’ils avaient effectivement fui une fois après m’avoir aveuglé. Elles m’avaient lancé des regards étranges, mais j’avais réussi à les tromper et nous étions tous retournés au palais.

Le jour suivant, les rois de Belfast et Mismede devaient avoir une discussion concernant les détails de l’alliance entre les royaumes.

C’était une véritable réunion au sommet, mais il y avait un petit peu de discussion pour savoir qui rejoindrait l’autre. Au final, il avait été décidé que Belfast viendrait à Mismede, donc j’avais placé le miroir destiné à la téléportation (officiellement, de toute façon) dans la salle de conférence.

Outre moi, les autres personnes présentes étaient Lyon, les autres chevaliers de Belfast, le Roi de Mismede, le chancelier Glatz et une bande de soldats mismédiens menés par le célèbre loup-garou, le capitaine Garm.

J’avais ouvert une [Porte] juste en face du miroir, permettant à Sa Majesté et à son frère cadet, le duc Ortlinde, de passer.

Le fait qu’une personne était réellement sortie du miroir avait surpris beaucoup de personnes présentes, mais cela n’avait pas duré longtemps, car il était temps de bien accueillir le roi.

« Bienvenue à Mismede, Roi de Belfast. »

« Merci pour l’invitation, Roi de Mismede. » Ils avaient échangé une poignée de main. Il était temps pour les questions d’état. Étant un étranger, j’avais décidé de prendre mon congé.

J’étais sorti de la salle de conférence et restais dans le couloir. Tout ce que je pouvais faire, c’était espérer que les deux rois s’entendraient.

Soudainement, à l’autre bout du couloir, j’avais vu l’ours en peluche, Paula, marcher avec sa maîtresse, Leen. Elle était toujours vêtue de la même tenue lolita gothique que la dernière fois que nous nous étions rencontrés.

« On dirait que le roi de Belfast était venu lui dire bonjour. »

« Oui, juste à l’instant. Ils ont une réunion là-bas. » Je lui avais répondu en pointant une porte à proximité, la seule porte avec deux gardes à côté.

« Eh bien, as-tu envie de devenir mon disciple ? »

« Combien de fois dois-je dire non avant que tu le comprenne ? » Refusant d’abandonner après mon premier rejet, Leen m’avait demandé d’être son disciple à peu près chaque fois que nous nous rencontrions depuis.

La dernière fois, elle avait dit que je pouvais être un « disciple provisoire ». Cela me semblait trop à un « enrôlement provisoire de club ». Attendez, n’est-ce pas une position inférieure à celle du vieux disciple habituel ?! Paula se tenait à ses côtés, me faisant signe d’un petit geste.

« Franchement, pour un jouet en peluche, Paula est bien vivante... C’est presque comme si elle était en vie. »

« Ça montre juste combien de fois j’ai utilisées [Programmation] sur elle, n’est-ce pas ? Je l’ai placée avec des actions et des réactions à diverses situations pendant presque deux cents années maintenant. Elle pourrait aussi bien être autonome à ce stade. Vous, humains, pleurez quand vous avez mal et vous vous fâchez quand on se moque de vous, n’est-ce pas ? C’est le même principe. »

Deux cents ans... ? Donc, le comportement de Paula semblait naturel en raison des innombrables utilisations de [Programmation] sur une longue période, hein ?

Soudainement, j’avais envisagé la possibilité de créer une poupée humanoïde via [Modelage] puis en utilisant [Programmation] pour faire un pseudo-androïde, mais ensuite je m’étais souvenu que cela avait pris deux cents ans à Leen juste pour Paula. Je me demandais si nous ne pourrions pas copier et coller sa programmation...

En réponse à mon regard intense, Paula semblait être un peu mal à l’aise. Elle recula légèrement. Oh, alors même ce genre de réponse est programmé ?

« Tu as dit qu’elle avait plus de deux cents ans, mais Paula ne le sait certainement pas. La reconstruis-tu régulièrement ou quoi que ce soit d’autre ? »

« Non, ce n’est pas le cas. Elle est sous les effets de mon sort du Néant [Protection]. Comme son nom l’indique, c’est un sort qui, et bien, protège de certaines choses. Paula est protégée contre la saleté, la détérioration et contre les rongements par des insectes, entre autres choses. »

La magie protectrice, hein ? Je ne mentirai pas, c’était assez impressionnant que Paula fût toujours aussi belle. L’utiliser sur les vêtements enlèverait le besoin de les laver, n’est-ce pas ? Mince, le jeter sur le corps pourrait enlever le besoin de prendre des bains... Cependant, cela ne semblait pas tout à fait juste. Même si elle protégeait de la saleté extérieure, elle ne pouvait probablement rien faire pour l’accumulation de la saleté en raison des processus métaboliques.

« Attends, combien de sorts Néant peux-tu utiliser, Leen ? Il y a [Protection], [Programmation] et [Transfert] dont Charlotte m’avait parlé. »

« Les fées ont une grande aptitude pour la magie Néant. En fait, les fées qui n’ont pas un seul sort Néant à leur disposition sont rares. Cependant, je n’en ai que quatre à présent. »

Quatre sorts Néants insaisissables, hein ? C’était plutôt incroyable. Mais je supposais que je n’étais pas vraiment en mesure de le dire, étant donné mes propres affinités. Je pouvais cependant voir pourquoi les fées étaient considérées comme une espèce construite pour la magie. Maintenant, j’étais curieux de savoir quel est le quatrième sort Néant de Leen.

« Monsieur Touya ? Sa Majesté, le roi de Belfast souhaite vous voir. S’il vous plaît, venez à l’intérieur. »

Le chancelier Glatz avait ouvert la porte de la salle de conférence et avait jeté un coup d’œil. N’ayant aucune raison de refuser, j’étais entré, ce qui avait fait que les deux rois se retournaient pour me regarder.

« Hey, Touya mon garçon. Les discussions se sont très bien déroulées. Je te remercie pour ton aide. »

« Eh bien, c’est bon à entendre. » Les mots du roi de Belfast me firent pousser un soupir de soulagement. Mon travail était enfin achevé.

« Très bien. Nous allons maintenant retourner à Belfast. Nous te laissons gérer le reste. Merci pour votre temps, Roi de Mismede. »

Une fois leurs adieux terminés, j’avais secrètement ouvert une [Porte] devant le miroir et laissé partir le roi et son frère. Quand ils étaient partis, j’avais commencé à appliquer notre plan. Tout le monde me regardait, j’avais sorti un marteau et brisé le miroir en petits morceaux.

« M-Monsieur Touya ?! Qu’est-ce que vous...?! »

« Ah, il n’y a pas besoin d’être contrarié. Laissez-moi juste un moment. » Ignorant un instant le Glatz agité, je détournais les yeux et concentrais ma magie sur les fragments du miroir.

« [Modélisation] » Le miroir brisé et le cadre en bois avaient perdu leur forme originale et s’étaient transformés en un certain nombre de petits miroirs oblongs. Fondamentalement, j’avais créé quelques petits miroirs encadrés d’environ deux centimètres de haut et quinze centimètres de large. J’en avais pris un et l’avais tranquillement enchanté avec [Porte].

« Ces miroirs sont connectés à Belfast. Maintenant, quand vous avez quelque chose d’important à dire à quelqu’un, il suffit de mettre une lettre dans le miroir. Bien que les deux parties devront encore utiliser des documents officiels pour confirmer leur authenticité. »

« Je-je vois... Donc, les messages qui prennent normalement un voyage aller-retour de vingt jours vont maintenant arriver en un instant ? C’est le plus pratique ! Je ferai en sorte de l’utiliser pour favoriser nos relations amicales. »

J’avais remis le petit miroir à Sa Majesté et il avait fait un petit sourire. Avec ça, mon travail avait été fait.

Enfin, c’était le temps de rentrer à la maison... Même si j’avais un si bel endroit, je n’avais pas encore eu la chance d’y vivre correctement. Je me sentais prêt à prendre un long repos.

***

Partie 12

Pour le moment, Lyon et ses chevaliers décidèrent de rester à Mismede. D’après ce que j’avais entendu, le fait de ne pas avoir de Belfastiens pourrait faire en sorte que les formalités après la réunion stagnent.

Il y avait ceux qui avaient insisté pour protéger la princesse Yumina alors qu’elle retournait à Belfast, mais elle avait fait du bon travail en refusant. Fondamentalement, elle leur avait juste dit de faire leur travail.

En toute vérité, cependant, leur venue aurait été un problème. Car après tout, nous avions prévu de rentrer à la maison en utilisant une [Porte].

Avant notre départ, j’avais donné à Lyon un ensemble de « Miroirs Portail » pour l’envoi de lettres. Je pensais que le nom que je leur donnais était classe. Ils avaient permis aux gens de rester en contact malgré toute la distance. S’il en donnait un à Olga, il pourrait lui parler même après son retour à Belfast. Il s’était enflammé quand je les avais remis. Pour être honnête, c’était un peu troublant.

J’avais fait mes adieux à Sa Majesté, au Chancelier Glatz, à Olga et au Capitaine Garm. Leen et Paula étant introuvables, alors j’étais parti sans rien leur dire. Dommage, vraiment, mais il n’y avait rien à faire à ce sujet.

Nous avions quitté le palais et avions décidé de faire le tour de la ville pour ramener des souvenirs pour Sue et les domestiques. Pendant que nous faisions cela, nous avions aussi effectué une dernière vérification de nos affaires. Tout ce qui restait était d’ouvrir une [Porte] et de retourner à Belfast, mais...

« Désolé, j’ai oublié un souvenir que je voulais acquérir. » J’avais glissé ce petit mensonge aux filles, je m’étais mélangé à la foule, j’avais allumé mon application cartographique et j’avais recherché les personnes dont j’avais besoin. Ok, sur ce toit alors ? J’avais activé [Renforcement], j’avais sauté, et je m’étais retrouvé là où ils étaient.

« Eek ?! »

« Uwahh ?! Ohhh, c’est juste vous, monsieur. Ne nous surprenez pas comme ça. »

C’était Lapis et Cécile, portant encore les masques de l’autre jour. C’étaient mes servantes, mais leur principal employeur était toujours le père de Yumina — Sa Majesté, le roi de Belfast.

Apparemment, Sa Majesté avait fait que Laim les avait embauchés, alors j’avais envisagé l’idée de suspendre ou d’annuler carrément leur salaire, mais comme elles semblaient être de bonnes domestiques, j’avais décidé de laisser tomber.

Cependant, vous ne serez certainement pas payé pour les dix prochains jours ! Si vous avez un problème avec cela, facturez le roi !

« Nous étions sur le point d’utiliser une [Porte] pour retourner à Belfast. Je pensais que je devrais vous envoyer vous deux en premier. » Avec tout l’espionnage qu’elles avaient fait, elles connaissaient sûrement déjà mon sort [Porte], alors j’avais pensé que je ferais l’offre.

« Quoiiii ? Pour Belfaaaast ? »

« Eh bien, si nous reprenons la route normale, nous reviendrons dix jours après tout le monde... La princesse deviendrait probablement suspecte. »

« C’est exactement pourquoi je suis ici. » Souriant avec ironie, j’avais ouvert une petite [Porte] pour elles. J’avais marché, elles avaient suivi le mouvement, et nous étions tous retournés dans notre maison. Le salon, pour être précis.

« Nous saluons le retour. »

Mon majordome, Laim, avait été un peu surpris par notre apparition soudaine, mais il avait rapidement retrouvé son sang-froid et nous avait accueillis à la maison.

« Nous sommes de retour, Laim. »

« Nous sommes de retour ! »

« S’il vous plaît, pardonnez-nous, le maître de la maison a découvert notre vraie mission. »

« Je vois. »

Lapis avait commencé à expliquer ce qui pourrait être facilement déduit de cette situation. En réponse, Laim pouvait seulement offrir un sourire résigné.

J’avais fait revêtir aux deux filles des uniformes de domestiques et fait comme si elles avaient été là tout le temps. Une fois qu’elles étaient parties dans leurs chambres, Laim avait baissé la tête vers moi.

« Monsieur, s’il vous plaît pardonnez-moi. Son Altesse Royale lui-même m’a fait donner l’ordre... »

« Eh bien, je peux comprendre qu’un père s’inquiète pour sa fille, et ce n’est pas comme si quelque chose de mal s’était passé à cause de ça, alors ça ne me dérange pas trop. Sans parler du fait qu’il était probablement très difficile pour toi de refuser. » Je n’avais aucune intention de le punir pour une faute si mineure. Je n’étais pas si strict.

Bien sûr, si cela avait été lié à une situation de vie ou de mort ou si j’avais fait perdre quelque chose de grand, j’aurais réagi différemment, mais il n’y avait rien en moi qui m’inquiétais trop dans ce cas. Bon sang, si vous le regardiez sous cet angle, vous pourriez même dire que j’avais une nouvelle paire de gardes qui surveillaient mon dos... Mais ça pourrait être un peu exagéré.

« Ne t’inquiète pas, je garderai cela secret envers Yumina et les autres. » Comme j’étais sur le point de partir et de revenir avec les filles, je lui avais demandé de m’assurer qu’il m’accueillerait comme si je revenais juste de mon voyage.

« Tu as pris tout ton temps ! Que faisais-tu ? » Utilisant une autre [Porte], j’étais revenu sur le même toit que celui d’où j’étais parti, puis j’étais allé directement vers les autres. Elze avait immédiatement exprimé son mécontentement. Je leur avais donné des histoires avant que nous n’allions dans une ruelle vide, où j’avais ouvert une autre [Porte].

Une fois que nous étions entrés dans le salon, Laim nous avait accueillis avec un grand sourire.

« Bienvenue à nouveau. » Après avoir accepté son salut une seconde fois, la porte du salon s’ouvrit. Lapis et Cécile traversèrent la pièce, semblant être les bonnes qui auraient dû être tout le temps.

« Bienvenue, tout le monde. »

« Nous saluons votre retour ! »

« Lapis, Cécile. Ravi de vous revoir toutes les deux. » Nous avions échangé une salutation assez naturelle. Tout le monde était retourné dans leurs chambres et était ensuite allé prendre un bain. Nous étions tous assez fatigués après le voyage. J’avais décidé d’y aller après avoir fini.

C’était une bonne occasion de donner à chacun ses souvenirs.

Pour Laim, j’avais donné une épingle à cravate et des boutons de manchette, tandis que Lapis et Cécile avaient reçu des tasses à thé de différentes couleurs. Elles avaient dit qu’elles ne pouvaient pas les accepter, mais ça aurait été bizarre si elles étaient les seules à ne rien vouloir de moi, alors je les avais pratiquement forcées à prendre les cadeaux.

Julio et sa femme, Crea, avaient reçu un chapeau de paille et un livre de cuisine mismédien. J’avais également donné deux bols assortis au couple heureux. Les gardes, Tom et Huck, avaient chacun reçu un couteau de cérémonie décoré. Sue recevrait son cadeau le lendemain.

J’étais tombé sur mon lit et je m’étais étiré. Purée, c’était épuisant. Pas seulement physiquement. Je ne m’attendais pas à autant de stress mental en voyageant dans un nouveau pays, mais c’était en fait beaucoup de pression. Mais encore une fois, je suppose que tout ce monde était nouveau pour moi, n’est-ce pas...?

Cependant, dans l’ensemble, j’étais content d’avoir fait le voyage. J’en étais revenu avec une tonne de nouvelles idées. Je veux dire, hypothétiquement, je pouvais envoyer un miroir enchanté avec [Porte] à Eashen et y aller au moment où il arrivera. De plus, ce nouveau sort ouvre un tout nouveau champ de possibilité. Je pourrais utiliser [Programmation] pour faire un chariot automobile ou même créer un véhicule automatique. L’idée de la voiture étant probablement la meilleure... Attendez, non, ça se démarquerait probablement trop. Oh... Je peux utiliser [Programmation] pour donner à l’application carte une fonction de ciblage automatique ! Il y avait tellement de choses que je pourrais faire maintenant... Franchement, tout était si génial !

J’avais pensé à la poupée autonome, Paula. Je devrais faire quelque chose de similaire, ouais... J’allais utiliser un chat ou un jouet en peluche de pingouin et... euh... je m’étais un peu... endormi.

Huh? Oh putain. Je pensais que je m’étais assoupi un peu là-bas. Je supposais que j’étais plus fatigué que je ne le pensais. Je n’avais même pas mis mon pyjama, alors mon corps était lourd. J’avais décidé de me diriger vers le bain, pensant que l’eau chaude revigorerait mon esprit.

J’avais sorti une nouvelle paire de sous-vêtements et une serviette de bain de ma commode, puis fait mon chemin vers la salle de bain au premier étage.

La baignoire dans la chambre était assez grande pour accueillir cinq à six adultes. C’était comme un modeste bain public. Les filles prenaient souvent des bains ensemble, mais je rentrais toujours seul. Le majordome et moi étions les seuls mâles qui l’utilisaient, donc ça finissait toujours comme ça. Je n’avais pas l’intention d’aller avec Laim, après tout.

« Eh bien, c’est l’un des luxes de ma vie actuelle. » Mes esprits se levèrent, je posais ma main sur la poignée de porte et j’entrais dans le vestiaire.

« ... Hm ? » Tous les quatre levèrent les yeux en entrant.

« ... Oups ? » Euh... que faisaient Elze, Linze, Yae et Yumina ici ? Toutes les filles étaient en sous-vêtements.

Elze et Linze étaient assorties, ayant les mêmes petits rubans, bien qu’ils soient de couleurs différentes. Celui d’Elze était rose, celui de Linze était bleu. Tous les deux étaient pastel. Les vêtements inférieurs étaient des culottes. Yae, debout à côté d’elles, portait un cache-seins sarashi et un fundoshi. Ce n’était pas trop surprenant. Je suppose que c’était la norme à Eashen. Ah, cette blancheur était aveuglante. En outre, le sarashi était un peu lâche, donc il était clair qu’elle avait en fait la plus grande paire de toutes les filles. Enfin, mais pas des moindres, Yumina. Elle portait des sous-vêtements blancs d’aspect chic, mais pas trop délurés, avec des volants et des lacets. Tout comme les jumelles, la partie inférieure était attachée. Je ne pouvais que supposer que c’était la norme des sous-vêtements de ce monde.

Bizarre, je ne me souvenais pas d’avoir lancé [Accélération] du tout... C’était impressionnant de pouvoir traiter autant d’informations si rapidement.

« KYAAHH! » Toutes les filles avaient crié à l’unisson.

« Gyaaah !!! » J’avais crié, terrorisé. Leurs cris soudains me ramenèrent à la raison, mais tout ce que je réussissais à faire fut de leur répondre en écho. Avais-je réellement regardé les filles plus que j’aurais dû le faire ?! Elze aux yeux larmoyants me lança son poing. À en juger par la vigueur de l’attaque, je ne pouvais que supposer qu’elle avait lancé [Renforcement] pour l’amplifier. Et avec cela, mon lobe temporal avait été violemment secoué. J’avais perdu toute conscience.

« Eh bien, tu as raison de dire que nous étions fautifs pour ne pas avoir verrouillé la porte, mais... » murmura Linze doucement.

« Je voudrais que tu sois plus conscient de ton environnement », avait déclaré Yumina. J’étais sur le sol. Les filles m’entouraient. Depuis combien de temps avaient-elles commencé à me gronder ? Un certain moment, peut-être ?

« Je pensais que vous aviez déjà toutes fini et que vous étiez... » D’après ce qu’elles m’avaient dit, je n’étais pas le seul à faire une courte sieste après être retourné dans ma chambre. J’étais entré juste après qu’elles se soient réveillées, s’étaient dirigées vers le vestiaire et avaient commencé à se déshabiller. Tu parles d’un mauvais minutage... Ou bien, en fait... peut-être que c’était un bon minutage ?

« ... Te sens-tu coupable ? »

« Hein ? Ah, bien sûr ! » Linze me regardait avec des yeux méprisants alors que je répondais à sa question. Comme elle était habituellement docile, c’était une expression étrangement puissante.

« Je préférerais que de tels événements arrivent après que des mesures appropriées aient été prises... » Attends, de quelles mesures parlais-tu, Yumina ?! Ne dis pas des trucs bizarres comme ça avec tes joues rouges. Tu me fais vraiment flipper ici ! Eh bien, c’était un fait que j’aurais pu éviter la situation si j’étais plus perspicace. En plus de ça, je ne pouvais pas nier que j’avais passé un long moment à les regarder. Honnêtement, je n’étais pas en mesure de répondre...

La réprimande avait continué pendant un moment après cela, et quand elle s’était finalement terminée, c’était déjà tard dans la nuit. Au cas où ce ne serait pas évident, je n’avais pas dormi. Après tout, ce merveilleux spectacle me revenait chaque fois que je fermais les yeux... En mettant de côté le coup douloureux, c’était vraiment une très bonne journée !

***

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