Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 2 – Chapitre 2 – Partie 1

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Chapitre 2 : Dans le royaume des Hommes-Bêtes

Partie 1

Tout ce que je pouvais entendre était le cliquetis de notre charrette qui tremblait. Notre convoi composé de trois larges charrettes tirées chacune par deux chevaux suivait la route.

Celle à l’avant contenait cinq chevaliers de Belfast, tandis que celle à l’arrière avait la même quantité de soldats mismedians. Elles escortaient la charrette du milieu, qui embarquait mon groupe, l’ambassadeur de Mismede Olga, et sa petite sœur Arma.

Linze et Elze étaient assises devant, tandis que nous étions au milieu d’une bataille acharnée à l’intérieur du chariot.

« Grrr... c’est celle-là ! » Yae retourna une des nombreuses cartes cachées. Et, aussi triste que cela puisse paraître, son numéro était différent de celui révélé.

« Quel malheur ! La bonne réponse était ici et ici. » C’était le tour d’Yumina. Sans hésitation, elle retourna deux des cartes... qui étaient les deux de pique et de cœur. Elle les prit tous les deux de la table.

Alors qu’Yumina, Yae et Arma jouaient à un jeu de mémoire en utilisant les cartes, Olga et moi étions en face l’une de l’autre, jouant au shogi.

Ne rien faire, mais laisser la charrette nous secouer était ennuyeux, alors nous avions sorti le set de shogi. Ensuite, j’avais utilisé [Dessin] pour imprimer du papier et l’avais combiné avec [Modelage] pour synthétiser de minces planches de bois afin de créer un jeu de cartes.

Il aurait fallu trop de temps pour leur apprendre les mains pour le poker et toutes les autres règles, alors je m’étais contenté d’un simple jeu de mémoire. Cependant, Yae était tout à fait incompétente quand il s’agissait de mémorisation, ainsi elle avait perdu toutes les parties.

« J’ai encore été vaincue... »

« On dirait que ce n’est pas ton jeu, Yae. » Avec un sourire ironique, j’avais déplacé une de mes pièces.

« Et c’est mat. »

« Arg...! » Olga regarda le tableau. C’était sans espoir. Il n’y avait rien qu’elle puisse faire.

« Donc j’ai été vaincue, aussi... Tu es bien meilleur que moi, Touya, » se plaignit Olga, manifestement grincheuse. À vrai dire, en ce qui concerne les joueurs de shogi, j’étais parmi les plus faibles. Pourtant, je ne lui avais appris à jouer qu’il y a quelques instants, alors bien sûr, elle avait perdu. Honnêtement, j’avais peur de savoir à quel point elle deviendrait meilleure après quelques matchs de plus. Par conséquent, j’avais pris la liberté d’y mettre fin et de prendre la victoire avec moi avant que cela n’arrive.

« Yae, échangeons nos places. Essaye de jouer contre Olga. »

« Très bien. Dolan-dono m’a appris à jouer au shogi à la Lune d’Argent, donc j’aurais peut-être plus de chance ici... » Enseignée ? On dirait plutôt qu’il vous avait juste forcé à jouer contre lui...

« Bon, et si on essayait maintenant autre chose que le jeu de la mémoire ? » Après avoir changé avec Yae, j’avais mélangé mes cartes faites à la main, ajouté un joker, et j’avais commencé à expliquer les règles d’un autre jeu à Yumina et Arma. C’était un jeu où la tactique était la clé de la victoire — un jeu extrêmement sophistiqué : le pouilleux.

« Fgahh... » Kohaku dormait paisiblement dans un coin de la charrette.

En apprenant les règles, les deux se passionnèrent rapidement pour ce jeu, tandis qu’Yae et Olga, qui étaient de force égale, avaient contemplé très attentivement le plateau de shogi. Voilà comment nous avions passé notre voyage incertain vers Mismede.

« Ainsi, le chat botté est devenu un noble et a vécu heureux pour toujours. » La fin de mon histoire de feu de camp avait été accueillie par des applaudissements nourris de la part de tous ceux qui écoutaient. Je ne pouvais pas m’empêcher de rougir un peu. Cela devait être au départ un petit conte à raconter avant d’aller dormir, mais je m’étais laissé emporté par les événements et en avait fait quelque chose d’impressionnant.

« C’était si gentil, Touya ! » Arma s’exclama avec excitation alors que les oreilles au-dessus de sa tête se contractaient avec excitation. Je pouvais aussi voir que sa queue touffue oscillait agréablement d’un côté à l’autre.

« C’était un conte merveilleux, Touya. Cependant, je dois te le demander, où l’as-tu appris ? »

« Ah, je l’ai obtenu d’un barde qui a déjà visité l’endroit où je vivais. » J’avais répondu à la requête d’Olga avec un simple petit mensonge. Les soldats Mismediens rassemblés autour du feu semblaient aussi en profiter. Une histoire d’un homme-chat en bottes qui avait sauvé son maître et fait beaucoup de bonnes actions. Une créature dotée d’une lame et d’un esprit vif.

Avec la discrimination que les hommes bêtes subissaient, je supposais que de telles histoires réjouissantes où ils rencontraient le bien-être étaient rares. Cependant, j’espérais qu’ils excusaient la dramatisation supplémentaire que j’avais ajoutée.

« Touya connaît beaucoup d’autres histoires. »

« Vraiment ?! S’il te plaît, Touya, conte-nous-en une autre ! » Les mots d’Yumina avaient fait briller les yeux d’Arma. La renardeau se pencha vivement vers moi. J’étais content que les deux s’entendent si bien. Je suppose qu’il doit être facile de parler avec quelqu’un de ton âge.

« C’est tout pour aujourd’hui. La suite attendra demain, » avec un sourire, j’avais doucement rejeté la demande d’Arma.

Soudain, l’un des plus petits soldats Mismedian se leva et plaça son doigt près de sa bouche, signalant à tout le monde de se taire. Les oreilles sur sa tête se contractaient. Elles ressemblent à... des oreilles de lapin ? Je suppose que c’est un homme-lapin.

« Nous avons plusieurs personnes qui approchent de notre position. Ils se rapprochent furtivement... Nous sommes leur cible, ça ne fait aucun doute. » Ses mots firent en sorte que les autres soldats dégainèrent silencieusement leurs épées et se dégourdirent les jambes. En gros, ils étaient sur le point de faire leur travail. Ils avaient opté pour une formation défensive destinée à protéger Olga et Arma. Les chevaliers de Belfast avaient également quitté leur voiture et avaient commencé à observer leur environnement.

« Qui sont-ils ? » demandai-je.

« Probablement juste des bandits. Ils ne représentent pas un réel danger, mais de très nombreux ennuis. » Celui qui avait répondu était le capitaine du groupe d’escorte militaire Mismedienne. C’était un homme-loup qui se spécialisait dans le maniement de deux épées.

« Maître, il y a vraiment des gens dans les environs qui nous cherchent. Je ne crois pas qu’ils soient amicaux non plus. Comme le dit le loup, ce sont probablement des bandits. » Kohaku parla d’une voix que je pouvais entendre.

Des Bandits, hein ? Je suppose qu’il est temps d’enquêter.

J’avais sorti mon smartphone et j’avais lancé l’application cartographique. Il avait affiché la zone environnante. D’accord... une simple recherche de « bandits » avait permis de faire tomber un tas d’épingles sur la carte. Waouh, il y en avait beaucoup.

« Huit au nord, cinq à l’est, huit au sud et sept à l’ouest. Il y en a vingt-huit au total. »

« Vous pouvez aussi détecter leurs présences ?! » Le capitaine se tourna vers moi avec surprise. Nous étions en infériorité numérique. Ce n’était pas comme si nous ne pouvions pas gagner, mais nous n’en serions probablement pas sortis indemnes.

« ... Je suppose que je peux l’essayer maintenant. » C’était une chance pour moi de tester une application spécifique d’un de mes sorts. De toute évidence, cela devrait fonctionner, mais...

« [Enchantement] : [Multiplication]. »

J’avais enchanté l’application cartographique avec un sort Néant qui permettait une surveillance continue des sorts et leurs activations simultanées. Un par un, j’avais tapoté les marqueurs de bandits sur l’écran, les définissant comme mes cibles. C’était un peu pénible, mais je l’avais vraiment fait en un rien de temps.

« [Paralyser]. »

Avec cela, j’avais déclenché le sort sur toutes les personnes que mon application avait mis en évidence. Un moment plus tard, je pouvais entendre dans les bois environnants plusieurs sourds gémissements.

« Pouah ! »

« Ngh! »

« Gyah! »

« Hhgh ! »

« Ahgh ! » Un éventail de voix retentit, puis vint le son des hommes qui s’écroulaient. Apparemment, ça avait marché.

« Qu’est-ce que tu as fait ? »

« J’ai utilisé un sort de paralysie. Je pense qu’ils devraient tous être immobilisés maintenant... »

« Quoi, tous ? »

« Bien sûr, s’il n’y en a pas plus de vingt-huit » en raison de la façon dont mon sort [Recherche] avait fonctionné, mes cibles n’étaient que des personnes que je jugerais personnellement comme des « bandits ». En d’autres termes, s’il y avait des personnes qui me faisaient penser qu’ils étaient des bandits, ils seraient aussi attrapés par le sort. Mais c’était assez improbable, étant donné notre emplacement actuel. J’ai quand même décidé d’utiliser [Paralyser], au cas où. Je ne voulais pas blesser les curieux.

Les soldats et les chevaliers étaient entrés dans les bois et avaient traîné les bandits effondrés. Vingt-huit au total, comme je m’y attendais. Chacun avait un tatouage en forme de lézard sur le dos de leurs mains, qui était probablement un symbole de leur gang. Ils étaient tous associés dans le crime, sans aucun doute là-dessus.

« Incroyable ! Tu en as pris tant en un instant... » murmura Olga, visiblement abasourdie.

« Heureusement, aucun d’eux n’avait de talismans de protection magique. Des sorts comme [Paralyser] sont bloqués par la moindre résistance magique. » J’étais content qu’ils ne soient pas préparés à quelque chose comme ça.

Même s’ils l’étaient, il y avait plusieurs autres problèmes avec cette méthode. La première étant que j’avais eu du bol qu’ils ne bougeaient pas beaucoup, parce qu’il était bien plus difficile de verrouiller une cible en mouvement. La seconde étant que le processus de ciblage lui-même était assez fastidieux.

« Eh bien, ça a marché. Mais je ne m’attendais pas à ce que cela se produise », murmura le capitaine de la garde.

« Honnêtement, c’est à cause de ce soldat qui les a entendus venir. Il était vraiment impressionnant. »

« Oh, tu veux parler de Lain ? C’est un homme-lapin. Vous ne trouverez pas une meilleure paire d’oreilles. » Le capitaine avait ri alors qu’il traînait un bandit et avait regardé le garçon aux oreilles de lapin. C’était un petit gars doux et aux cheveux roux et soyeux. Il devait avoir mon âge. Ah, donc il s’appelle Lain. Oh, en passant, le nom du capitaine des loups est Garm.

« La paralysie devrait durer environ une heure pour les humains. Que faisons-nous d’eux ? »

« Eh bien, si nous étions à Mismede, nous les aurions purement et simplement tués avant que les choses ne se compliquent, mais je suppose que les choses se passent différemment ici. » Garm appela le capitaine des chevaliers de Belfast. Celui qui était venu était un jeune blond dans une complète armure claquante. Bon sang, ce mec est beau...

Lyon Blitz, c’était un chevalier du royaume de premier plan. Il avait vingt et un ans. C’était le fils de Léon Blitz, et j’avais toujours du mal à croire que lui et ce général étaient liés. Bien qu’il soit précisément le deuxième fils du général, ce Lyon sérieux et diligent était complètement l’opposé de son père excentrique.

Après avoir écouté l’explication de Garm sur la situation, Lyon avait pris un moment pour réfléchir avant de proposer sa solution.

« Pour l’instant, attachons-les tous et envoyons un messager à cheval dans la ville voisine pour ramener quelques gardes. Ils devraient venir ce matin, nous pouvons donc leur remettre les bandits et reprendre notre voyage. Qu’est-ce que vous en dites ? » Garm ne semblait pas avoir d’objections, alors notre action fut décidée. Nous avions ligoté et bâillonné les bandits. Et pour plus de sécurité, j’avais aussi utilisé la magie de la terre pour creuser des trous et les enterrer, laissant seulement leurs têtes exposées. Avec la magie paralysante toujours active, cela ressemblait à un petit champ de têtes molles. Cela semblait un peu surréaliste...

« Nous prendrons soin des bandits, tandis que les soldats mismédiens feront attention aux menaces extérieures. Je vous laisse la princesse, monsieur Touya. » Lyon me murmura ces mots à l’oreille.

Il se trouva que, hormis mon groupe et Olga, il était le seul à savoir qu’Yumina était la princesse héritière de Belfast. Personne d’autre ne semblait avoir rencontré Yumina auparavant, donc il n’y avait pas besoin de s’inquiéter que son identité soit exposée. Même le reste des chevaliers de Belfast n’avait jamais travaillé au château.

Lyon était aussi le seul à connaître mon statut provisoire de fiancé d’Yumina. Je n’étais pas informé de quoi que ce soit de ce genre, mais je ne serais pas surpris s’il est chargé de la protéger.

« Sire Lyon, je m’excuse d’avoir causé des problèmes. » Olga était venue vers lui et avait exprimé sa gratitude avec un sourire rayonnant sur son visage. Le jeune chevalier était entré dans un état agité en réponse.

« Ah, p-pas besoin de ça. Ce-ceci fait simplement partie de mon travail ! Ne le mentionne pas, vraiment ! » Son attitude cool avait complètement disparu, le visage du jeune homme aux cheveux dorés devint rouge alors qu’il parlait à Olga. En le regardant, la belle renarde rigola d’une manière amusée.

Ohoho... Alors c’est comme ça. Je reculais lentement, m’assurant qu’ils ne m’avaient pas remarqué. Debout derrière l’une des charrettes, j’observai silencieusement alors que les deux menaient une petite conversation joyeuse.

« Ah, l’amour de jeunesse. »

« Oui, c’est vraiment beau... »

« Ouais, bien sûr. »

« Une chose merveilleuse... »

Depuis quand êtes-vous arrivés ici ? Les jumelles, la samouraï et la princesse, avec Kohaku entre ses mains, étaient toutes près de moi, observant comme moi les deux.

« Je me demande si Olga-dono sait ce que Lyon-dono ressent pour elle...? »

« Je suis sûre qu’elle le sait. Contrairement à une certaine personne, elle ne semble pas très bête, » avait déclaré Yumina. Huh? Pour quoi me regardez-vous les filles ?

« ... La stupidité est une chose, mais je pense aussi que Touya est trop gentil avec toutes les personnes qu’il rencontre, » marmonna Linze.

« Oh, je suis totalement d’accord, » annonça Elze en hochant la tête.

« Je ne suis pas sûre de ce qu’il faut faire de cette attitude. » Yae, incertaine, faisait chorus.

« Tu ne sais mème pas de quoi on parle, n’est-ce pas ? Assieds-toi ! » Elze m’avait crié soudainement dessus, clairement fâchée pour une raison étrange.

« Qu-quoi ?! » Je ne comprenais pas. Qu’est-ce que tout cela signifie ? Incapable de leur résister, j’avais été forcé de m’asseoir et d’être exposé à une quantité aberrante de réprimandes injustifiées. Cependant, pourquoi ? Avec la plupart de leurs mots qui volaient juste au-dessus de ma tête, l’événement étrange avait continué au plus profond de la nuit.

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Un commentaire

  1. Merci pour le chapitre.

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