Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 13 – Chapitre 3

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Chapitre 3 : Le marché sanglant

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Chapitre 3 : Le marché sanglant

Partie 1

« Je l’appelle le Disrupteur Dimensionnel Mk. II ! Il est pourtant totalement identique au premier. »

Le docteur Babylon et moi étions dans le jardin. Elle pointait du doigt un dispositif de portail non installé juste à côté de celui qui l’était déjà.

C’était une arche argentée qui ressemblait vaguement à l’Arc de Triomphe en France. Tout comme la première édition qui avait été installée, il avait plusieurs petits compteurs installés autour de lui.

« Ces deux objets sont liés par la chronomancie, la magie de l’espace-temps. Ils sont fixés l’un à l’autre, peu importe où va l’autre. En gros, ils sont connectés. Si tu installes le Mk. II de l’autre côté, alors nous aurons un accès dans le Monde Inversé. »

« C’est logique… Donc je dois juste trouver un endroit sûr là-bas ? »

Le Disrupteur Dimensionnel ne s’activerait pas à moins qu’on y déverse de grandes quantités de magie, le fait de voir arriver des visiteurs de l’autre côté ne me rendait pas inquiet… Mais d’un autre côté, je ne voulais pas qu’il soit dans un endroit dangereux où il pourrait être détruit.

Je pensais que le mettre au milieu de nulle part et ériger une barrière de protection serait probablement l’approche la plus sûre.

Ce serait encore mieux si je pouvais mettre la main sur un Gollem là-bas. Je pourrais le charger de protéger le portail.

« Alors ça veut dire… qu’on va aussi pouvoir visiter ce lieu ? »

Linze avait parlé doucement, ce qui fit que le Docteur Babylon changea un peu de regards.

« Eh bien… En grande partie, je suppose ? En vérité, il y a encore quelques ajustements à faire… Si quelqu’un veut aller avec Touya, il y a des limitations en place pour le moment. »

« Veux-tu dire le nombre de personnes qui peuvent y aller ? »

Yae avait incliné la tête. Merde, je ne peux emmener qu’un certain nombre de personnes ? Mais je veux emmener tout le monde !

« Il n’y a pas de limite au nombre de personnes… La limite est en fait basée sur le poids. Les personnes autres que Touya ne doivent pas peser plus de 48 kg chacune. Je dirais que 45 kg serait une limite plus sure… »

Les mots du Docteur Babylon figèrent les filles sur place. Oups… C’est euh… Le poids est un sujet sensible…

J’avais aménagé un vestiaire dans le château avec une balance précise, chacune devait donc avoir une vague idée de son poids.

Je ne voulais pas vraiment être indiscret, mais je ne doutais pas que Sue et le Docteur Babylon pèseraient moins de 45 kg. Leen, Yumina et Lu étaient probablement également assez petites pour répondre aux normes.

Sakura était toujours aussi inexpressive, mais Linze, Yae, Elze et Hilde regardaient tout autour d’elles avec une petite panique.

Les filles avaient environ quinze ou seize ans… Ce serait bizarre qu’elles pèsent plus de 50 kg, non ? J’avais réalisé que je ne le savais pas vraiment. Je n’avais aucune norme de comparaison.

Il semblerait que même dans ce monde, les filles étaient conscientes de leur corps. Mais j’avais remarqué que les hommes ne semblaient pas vraiment s’en soucier en général.

« En y réfléchissant, je dois d’abord localiser la zone sûre de l’autre côté, non ? Vous ne devriez pas toutes venir avec moi tout de suite… Quelque chose de mauvais pourrait arriver, et vous ne voulez pas être bloquées là-bas ! »

J’avais souri aux filles pour essayer de leur donner une petite porte de sortie, quand les filles avaient soudainement commencé à parler toutes en même temps.

« O-Oui, Touya-dono ! Tu as raison, tu as raison ! Nous ne pouvons pas dire que le monde là-bas est sûr ! »

« Yae a raison ! Nous ne pouvons pas faire de suppositions ! »

« Oui ! Ce n’est pas comme si nous étions pressés ! Ce monde ne partira nulle part ! »

« O-Oui, ça ne me dérange pas d’attendre un peu plus longtemps pour notre voyage de groupe… »

Je pouvais voir ce qu’elles pensaient vraiment, mais j’avais décidé de ne pas le savoir. Il y avait certaines choses dans lesquelles un homme n’avait pas à s’immiscer.

Yumina et les filles plus petites n’avaient pas soulevé d’objections réelles. Elles ne pouvaient probablement pas contester le fait qu’il était un peu tôt pour les amener. Sue est un peu grincheuse, mais elle se calma rapidement.

« C’est pourtant tout à fait logique pour moi. Je vais faire quelques ajustements en attendant une meilleure configuration de l’autre côté. », acquiesça le docteur Babylon. Tu aurais dû le dire dès le début !

J’avais haussé les épaules et mis le Disrupteur Dimensionnel Mk. II dans mon [Stockage]. Puis j’avais commencé à canaliser la magie dans le portail actif. Même si je l’avais complètement rempli la dernière fois, un seul voyage avait épuisé toutes les réserves.

Nous devions aussi améliorer les fonctions de conservation de l’énergie sur les portails… Il est vrai que cela signifiait que j’étais le seul à pouvoir vraiment l’utiliser, mais je me demandais si c’était vraiment assez sûr. Les compteurs s’étaient remplis sur l’arche et l’intérieur de la structure avait commencé à scintiller. L’image d’une plaine dégagée était clairement apparue.

Le Mk. II était dans mon [Stockage], il venait donc de se connecter à nouveau à un endroit aléatoire du Monde Inversé.

Mais ce n’était pas grave. Je pouvais facilement utiliser la [Porte] pour me rendre à Allent, la capitale que j’avais visitée.

La dernière fois, Kokuyou, Kougyoku et Sango étaient venus avec moi, j’avais donc décidé d’emmener Kohaku et Luli cette fois-ci.

« Ça ne vous dérange pas de prendre ces deux-là avec vous, Maître ? »

« J’espère qu’ils ne vont pas se chamailler… »

« Je m’inquiète vraiment… »

« Nous ne nous battrons pas !! »

« Assez, allons-y. »

Kohaku et Luli râlaient contre les autres Bêtes Célestes, mais ils les avaient rassurés en leur disant que tout irait bien. Je n’avais pas le temps de m’occuper de ces histoires, nous étions donc partis.

« Très bien, je m’en vais. Je serai de retour demain ou après-demain. »

La dilatation du temps se produisait souvent pendant le processus de téléportation, il faudrait donc probablement au moins un jour pour trouver un endroit sûr. J’étais sûr que tout irait bien.

« Ne fais rien d’insensé comme tu le fais d’habitude, Touya… »

J’avais l’impression que Yumina m’avait poignardé en plein cœur avec ses mots. Ce n’était pas comme si je voulais faire toutes ces choses folles… C’est juste que ça s’était terminé comme ça.

« Ce n’est pas seulement la faute de l’environnement de Touya-dono. »

« Il prend toujours des mesures sur l’impulsion du moment. »

« Ne va pas mettre ta tête dans des problèmes inutiles, d’accord ? »

« T-Très bien. J’y vais ! »

Yae, Hilde et Elze avaient toutes effectué des attaques de suivi suite aux paroles de Yumina, je m’étais donc échappé en sautant à travers le portail.

L’étrange sensation de passer à travers une membrane caoutchouteuse m’avait de nouveau envahi, mais les plaines que j’avais vues à travers l’arche étaient enfin apparues.

Je voyais une falaise rocheuse non loin devant moi, et la zone derrière moi semblait poussiéreuse et sèche. L’endroit ressemblait un peu au Far West américain. Je m’étais demandé si des bandits à cheval allaient apparaître…

« Alors c’est ça le Monde Inversé… »

« Le voir de mes propres yeux est intéressant. »

Le duo regarda autour d’eux avec un regard curieux. Ce n’était pas comme si le monde entier ressemblait à ça… J’avais été dans des endroits plus cool.

« Bon, voyons voir… Wôw, je suis loin d’Allent. »

J’avais regardé ma position sur la carte et j’étais loin au sud-est du Monde Inversé… La zone la plus proche de l’endroit où je me trouvais dans le monde normal serait autour de Sandora. Allent était approximativement situé dans le territoire de Roadmare si nous étions des équivalents cartographiques.

Ce n’est pas grave, je peux facilement ouvrir une [Porte] et passer à la civilisation.

« Hmm… Bon, alors… Je peux toujours installer le portail ici… Il n’y a pas âme qui vive. »

Je ne pouvais voir que des plaines vastes et sèches. Il n’y avait aucune trace de vie humaine dans cet endroit. Cela ressemblait à un endroit qu’aucun humain n’aurait jamais visité. C’était en fait un endroit parfait.

« Monseigneur, cet endroit n’est pas forcément sûr. Il peut y avoir des bêtes errantes dans le coin… »

« Bon point… »

Kohaku avait raison. Je m’étais souvenu du monstre à deux têtes que j’avais rencontré lors de ma première visite dans le Monde Inversé, il pouvait facilement y avoir des créatures similaires.

Je pouvais toujours mettre en place une barrière invisible en lançant [Bouclier], ou déguiser le portail en rocher en utilisant [Mirage], mais il valait mieux prévenir que guérir.

Avoir un terrain ou une maison serait la meilleure solution. De cette façon, je pourrais installer le portail en toute sécurité dans le sous-sol.

Avoir quelqu’un pour surveiller la maison serait utile, mais probablement pas pratique.

Je pourrais toujours appeler une bête invoquée pour faire office de garde… Mais elle disparaîtrait dès que je rentrerais chez moi. Ce n’était pas idéal non plus… J’aurais dû demander à Doc Babylon de fabriquer un autre réservoir de magie…

« Il est peut-être dans mon intérêt d’avoir un Gollem… »

C’était ainsi que j’avais décidé de mon prochain plan d’action. Sancho m’avait dit que n’importe qui dans ce monde pouvait avoir un Gollem, à condition d’avoir la somme absurde nécessaire pour l’acheter.

J’avais vu des Gollems faire office de videurs ou de gardes du corps en ville. Je pourrais peut-être en prendre un bon marché et l’améliorer ou l’enchanter pour qu’il soit plus fort…

« Je suppose que je dois donc gagner de l’argent. »

Je n’avais pas d’argent à mon nom dans ce monde. J’avais vendu quelques lingots d’or à Sancho, mais j’avais fini par parier tous mes gains dans un casino…

Attendez… J’ai aidé les Chats Rouges avec l’orichalque et l’adamantite… Ils me doivent toujours quelque chose !

La dernière fois que je les avais vus, je les avais aidés à échapper aux chevaliers qui attaquaient leur cachette. Je n’avais pas d’argent en ce moment, donc je savais quoi faire. Je devais juste récupérer ce qui m’était dû !

« Uhm… Voyons voir ici… Cherche… Chat Rouge… »

J’avais cherché Nia, leur chef. Elle se trouvait actuellement dans un endroit que la carte appelle le Royaume de Streign. Plus précisément, dans une ville appelée Carne.

Elle n’était cependant pas réellement dans la ville. Ils se disaient chevaleresques, mais ils restaient une bande de voleurs. C’était normal qu’ils veuillent garder les choses discrètes.

J’avais vérifié l’emplacement et j’avais découvert qu’ils étaient dans une forêt. Le marqueur sur la carte montrait qu’il y avait une structure en pierre à cet endroit… Elle s’appelait les vestiges du fort de Douze… Ils utilisaient donc probablement cet endroit comme leur base avancée actuelle. Mon application cartographique n’était pas assez sophistiquée pour me montrer plus que les informations de base.

J’avais cherché d’autres membres de leur groupe, mais il n’y en avait même pas trente. Cela semblait trop peu, je m’étais alors demandé s’ils étaient en mission.

Bon… Nia va pouvoir m’aider, j’en suis sûr. Je crois que je sais où aller.

Je ne pouvais pas utiliser la [Porte] puisque je n’y étais jamais allé auparavant, et la [Téléportation] était un choix instable puisque l’endroit était trop éloigné pour avoir une destination précise en tête. Si je l’utilisais sans précaution, je pouvais me retrouver au milieu de la maison de quelqu’un ou d’un lac. Heureusement, le sort ne permettait pas de se transformer en matière solide existante… C’est un petit soulagement.

La [Téléportation] n’était pas vraiment adaptée aux voyages longue distance.

Mais je m’étais dit qu’il s’agissait d’une forêt et que j’avais donc une certaine marge d’erreur. J’avais vérifié la carte une fois de plus, et aucun des Chats rouges ne se trouvait dans la forêt, à part ceux du fort. Cela n’aurait cependant pas été un problème même s’ils m’avaient vu. Ils auraient dû être informés de mes capacités. J’avais donc décidé que la téléportation était la meilleure idée.

***

Partie 2

Voyons voir…

C’est dans cette direction… Alors… faisons ça…

« [Téléportation]. »

Les plaines désolées qui m’entouraient s’étaient transformées immédiatement en une forêt luxuriante. Mes pieds étaient à environ dix centimètres du sol, alors j’avais brièvement trébuché… Mais j’avais réussi à me rattraper.

« Wow… Je pouvais vraiment couvrir cette distance en une seule fois… »

J’avais regardé la carte et j’avais constaté que le fort était encore à quelques kilomètres.

Ça s’était bien passé, mais pas aussi bien que je l’avais espéré. C’était un peu comme jeter des ordures en boule dans une poubelle. Si vous aviez l’habitude et si vous vous entraîniez, vous pouviez probablement toucher la cible juste comme il faut. Mais vous aviez besoin de vous entraîner.

Mais ce n’était pas un gros problème. Le fort était assez proche pour qu’une autre téléportation m’y amène.

Je ne voulais pas les alarmer, alors j’avais décidé que me téléporter juste devant Nia était probablement la meilleure chose à faire. J’avais ouvert la carte et vérifié la position de Nia. Elle était seule, dans un endroit qui ressemblait à une cour sur la carte, c’était idéal.

J’avais haussé les épaules et lancé mon sort une fois de plus.

Je n’avais pas réalisé l’horrible erreur que j’avais faite. J’aurais dû y réfléchir plus profondément. J’aurais dû reconsidérer la question. Mais je ne l’avais pas fait. Et maintenant, je pouvais vous dire ce qui s’était passé.

« Huh ? »

Elle n’était pas dans une cour. Elle était dans une petite pièce. Ce n’était pas vraiment une pièce, c’était plus comme une tente verte et circulaire.

Devant mes yeux se trouvait Nia, le leader des Chats Rouges.

« … Ah. »

Ses yeux étaient grands, choqués, et elle me fixait. Ses cheveux roux, habituellement attachés par des nattes, tombaient librement.

Ses mains étaient en train de soulever sa chemise, mais elles étaient maintenant figées sur place. Son pantalon était à ses pieds. Le bas de son corps n’était couvert que par un minuscule sous-vêtement rouge…

Je m’étais téléporté vers elle au moment où elle changeait ses vêtements.

« … Pourquoi tu… ! »

« Ah, non, attends… Essaye de comprendre. C’était un accident ! »

J’avais senti un sentiment d’effroi imminent se répandre dans l’air alors que ses joues devenaient aussi rouges que ses sous-vêtements.

Cette tente avait clairement été érigée au milieu de la cour. Elle y était entrée pour se changer. Ma carte était trop limitée pour montrer des structures temporaires comme celle-ci.

J’avais levé les yeux vers Nia, qui serrait maintenant le poing et me regardait avec un demi-sourire maladroit sur le visage.

« Un dernier mot, merdeux… ?! »

« Eh bien… »

« Eh bien ? »

« Red est un peu mature… »

Au moment où j’avais osé parler, le crochet droit de Nia me frappa en plein dans la mâchoire. J’aurais pu l’esquiver, mais je devais être un homme et l’encaisser. Je le méritais. Son coup de poing était assez fort pour secouer mon cerveau dans ma tête. Je m’étais effondré sur place.

◇ ◇ ◇

« … Je vois. C’était donc ça. Tu aurais vraiment dû venir ici normalement… ! »

« Je suis désolé, vraiment… »

Je m’étais incliné dans la tente, en m’excusant auprès de Nia.

« Mon seigneur, ne vous inquiétez pas pour ça. »

Kohaku essaya de me rassurer à ce sujet, mais sa façon de faire était un peu… Simpliste.

Mais… Ils avaient l’air bien… Mais je ne pouvais pas me retrouver à sombrer dans le piège qu’était cette ligne de logique.

« C’est probablement une bonne chose que tu sois tombé par hasard sur Mlle Nia, plutôt que sur Est. Elle ne t’aurait pas laissé partir avec un simple coup de poing. »

« Est ne montre certainement aucune pitié… Elle fait travailler les gens durement et ne s’en soucie pas le moins du monde. »

Euri, un membre des Chats Rouges aux cheveux doux et ondulés, parlait d’une manière calme et décontractée. Nia hocha la tête en même temps qu’elle.

Il semblerait que leur commandant en second, Est, soit absente. La fille à la queue de cheval, Euni, n’était pas présente non plus. Elles étaient actuellement à Allen, la capitale de la théocratie d’Allent. Je me demandais sur quoi elles enquêtaient… Néanmoins, il était clair que j’avais été sauvé d’un triste sort.

« Cela ne veut cependant pas dire que je vais te pardonner ! »

Nia me lança un sourire sadique dans ma direction.

J’avais un mauvais pressentiment sur cette expression.

« … Que veux-tu de moi ? »

« Ce que j’ai demandé lors de notre dernière rencontre. Enseigne-moi la magie. Quelque chose de simple fera l’affaire ! »

« Ooh ! Apprends-moi aussi ! »

Oh, allez… Est-ce qu’elles sont vraiment sérieuses là ? La magie est connue dans ce monde, non ? Ça ne peut pas être si difficile de trouver un professeur. Bon sang, je lisais un livre sur la magie tout à l’heure ! Comment se fait-il que je doive être le seul à le faire ?

Bah… Et bien, je suppose que je peux lui apprendre quelque chose de basique.

« … Très bien. Mais tu dois promettre de ne pas abuser de ce pouvoir. »

« Abuser ?! Quand est-ce que j’en abuserai ? »

« Souviens-toi juste qu’une bonne personne n’utilisera pas la magie d’une manière qui lui apportera des regrets plus tard. »

Je m’étais dit qu’il était probablement inutile de parler de l’utilisation éthique de la magie au chef d’une bande de joyeux voleurs, j’avais donc ouvert [Stockage] et j’en avais sorti quelques pierres de sort.

Je les avais placées sur une table au milieu de la tente, à côté d’une lanterne faiblement éclairée.

« Ohh… C’est quoi ces jolis petits cailloux ? »

Mm… J’avais l’impression que les pierres à sorts n’existaient pas ici. En y réfléchissant, ça pourrait être la raison pour laquelle la magie ne s’est pas autant développée dans ce monde. Elles sont en quelque sorte nécessaires pour déterminer entre autres les aptitudes.

Ce monde avait quelque chose qu’ils appelaient les pierres de Leylight, qui auraient pu être une sorte d’équivalent aux pierres de sort de type lumière. Il était tout à fait possible qu’il y ait d’autres pierres élémentaires équivalentes que je n’avais pas encore rencontrées.

« Ce sont des fragments de pierre de sort. Nous pouvons les utiliser pour déterminer les types de magie pour lesquels vous avez une affinité. Mais ne soyez pas surpris si cela n’aboutit à aucun résultat. Il y a quand même beaucoup de gens qui ne peuvent pas utiliser la magie. »

Ce monde avait surtout un faible nombre d’utilisateurs de magie, et j’avais une théorie selon laquelle même les mages de ce monde n’avaient pas non plus beaucoup de pouvoir magique en eux. Si vous y pensiez en prenant un robinet en comparaison, l’eau ne s’écoule pas si vous ne tournez pas la poignée. Peut-être que le robinet n’a jamais été tourné parce que la poignée était trop rigide.

Puis, après plusieurs générations de non-retournement, la poignée commencerait à rouiller. Cependant, cela signifie que le potentiel d’écoulement de l’eau est toujours présent. Il serait juste encore plus difficile pour les générations suivantes de tourner la poignée rouillée et d’activer le robinet.

D’après ce que j’avais entendu, il y avait des écoles de magie dans le Monde Inversé, mais elles n’étaient pas vraiment des institutions communes. Contrairement au monde d’où je venais, le monde avec Yumina et les autres, la magie n’était pas considérée comme quelque chose de particulièrement important ici. Cela était sûrement dû à la place prépondérante qu’avaient les Gollems dans cette société.

Honnêtement, le fait que Nia soit devenue si fascinée par la magie était aussi un cas rare.

C’était probablement parce qu’elle s’était intéressée à tous les trucs bizarres que je pouvais faire avec mes propres pouvoirs.

« Alors, qu’est-ce que je dois faire ? »

« Tu dois juste chanter une incantation tout en tenant la pierre de sort. Si la pierre réagit, cela signifie que tu as une affinité pour le type de magie lié à la pierre que tu tiens. »

Je voulais lui montrer un exemple, mais je m’étais souvenu de ce qui s’était passé avec Linze à la Lune d’Argent lorsque je testais mes propres aptitudes et j’avais préféré y penser…

Mon pouvoir magique était un tout petit peu trop immense pour des exemples pratiques dans un cadre informel.

Je leur avais dit les incantations qu’elles devaient connaître, et les résultats étaient arrivés. Nia avait une aptitude pour le Feu, et Euri pour la Lumière.

Wôw, je suis surpris… Je ne m’attendais pas à ce qu’elles aient toutes les deux une affinité. Pour être honnête, j’aurais préféré qu’elles se présentent toutes les deux sans aucune aptitude pour que je puisse oublier tout ça… Je ferais pourtant mieux de ne pas le leur dire.

« Savez-vous comment diriger le flux magique ? »

« Je sais, oui. Vous devez utiliser le flux de puissance magique pour manipuler un Gollem. En fait, je viens de me rappeler que Rouge est en retard aujourd’hui… Où est-il allé, je me le demande. »

Si je me souvenais bien, Rouge était le nom du Gollem de Nia. Je ne l’avais jamais vu moi-même. Je n’avais pas envisagé que ce soit une unité autonome, je me demandais ce qu’il faisait tout seul.

Il semblerait que l’orichalque que je leur avais donné pour les réparations était plus important que je ne le pensais.

Quand même, je devais me concentrer sur les leçons de magie. J’étais content qu’elles sachent déjà comment fonctionne le flux magique, car l’expliquer était la partie la plus difficile… Du moins d’après Linze et Leen.

Même lorsque Sakura étudiait la magie, il lui avait fallu du temps pour saisir les bases du flux magique.

« D’accord, donc… Tu dois rassembler la puissance magique dans ton corps, visualiser ce que tu veux qu’il se passe dans ton esprit, et ensuite chanter l’incantation. »

Imaginer le résultat rendait le sort plus facile à lancer.

« Viens, Lumière ! Petite Illumination : [Sphère de lumière]. »

Un petit orbe de lumière apparut au bout de mes doigts.

« Oooh ! Incroyable ! C’est tout brillant ! »

« Wooow… C’est si joli… »

Je l’avais fait flotter autour de la tente puis j’avais claqué des doigts, mettant fin au sort.

« Je peux aussi faire ce sort ?! »

« Malheureusement non. »

« Quoi ? Comment ça se fait ?! »

« Rappelle-toi ce que j’ai dit. Il y a une raison pour laquelle nous avons vérifié ton aptitude. Le sort de tout à l’heure était un sort d’élément de lumière. Tu n’as une affinité que pour l’élément feu, Nia. Tu ne peux donc utiliser que des sorts de feu. »

Nia bouda un peu, puis Euri leva la main.

« Est-ce que ça veut dire que je peux… ? »

« Oui, en effet. Rassemble ton pouvoir magique et imagine une petite boule de lumière, comme celle que j’ai faite. Dis la même incantation que j’ai faite, et tu devrais être capable de la lancer. »

« Uhm… Viens, Lumière ! Petite Illumination : [Sphère de lumière] ! Aaah ! »

Une minuscule boule de lumière, de la taille d’une petite pièce de monnaie, apparut au bout de son doigt.

Elle fut si surprise par son apparition que sa concentration se relâcha et qu’elle disparut. Mais elle avait quand même réussi. C’était un type de magie de base et ce n’était pas vraiment difficile, mais une victoire était une victoire.

J’étais content de voir que ce monde avait des gens capables d’apprendre la magie à un rythme décent.

« Elle a disparu… »

« C’est parce que tu as perdu ta concentration. Quand tu t’y habitueras, tu pourras lancer le sort même sans te concentrer. Cela dit, tu pourrais l’utiliser pour générer un souffle aveuglant si tu crées une lumière intense et que tu l’éteins immédiatement. »

***

Partie 3

Je parlais comme un professeur sage et bien informé, mais en réalité je ne faisais que régurgiter ce que Linze m’avait dit. S’ils étaient utilisés de manière créative, même les sorts de base pouvaient devenir des outils inestimables.

« Wow… J’ai été capable d’utiliser de la magie, c’est trop génial ! »

« Pas juste ! Laisse-moi faire ! Hé, apprends-moi des trucs de feu ! »

Comme Nia commençait à grogner, nous étions sortis de la tente. Nous ne pouvions pas vraiment la laisser allumer des feux alors que nous étions entourés de tissu.

Nous ne pouvions pas non plus la laisser allumer des feux dans la forêt voisine…

Et beaucoup de murs de pierre dans ce vieux fort étaient envahis par le lierre sec et d’autres plantes. Finalement, nous avions choisi un coin relativement sûr de la cour.

« Viens, feu ! Grêle de pierres rouges : [Feu Ignis]. »

Un petit paquet de feu s’était dispersé du bout de mes doigts. Les flammes avaient touché une poutre effondrée près d’un mur de pierre et l’avaient enveloppée de flammes. Je m’étais un peu retenu, la chaleur n’était donc pas suffisante pour faire fondre la pierre. Une partie de la mousse avait fini par brûler, mais la flamme s’était éteinte d’elle-même après un petit moment.

« Whoa ! C’était vraiment un feu ! »

« Ce n’est pas suffisant pour tuer, mais c’est un outil précieux en soi. C’est le sort de feu le plus basique qui existe. »

Nia semblait excitée après avoir entendu mon explication. Elle fit face au même mur de pierre que moi et psalmodia l’incantation elle-même.

« Viens, Feu ! Grêle de pierres rouges : [Feu Ignis] ! »

Le chant de Nia fit jaillir une petite boule de feu au bout de ses doigts, qui s’était abattue sur le mur comme la mienne. La sienne avait l’air d’avoir un sacré punch, détruisant une petite partie de la façade du mur à l’impact. J’étais surpris de voir ce genre de puissance de la part d’une novice.

« Je l’ai fait ! Yahoo ! »

Nia s’était mise à applaudir alors que de multiples tirs semblables à du feu sortaient de ses doigts. On dirait qu’elle avait une sacrée réserve de pouvoir magique. Et puis j’avais réalisé ce à quoi j’aurais dû faire attention pendant tout ce temps. Attends un peu. Comment fait-elle pour relancer le sort aussi vite sans chanter ? ! Je veux dire, c’est possible de le faire, mais c’est une technique avancée ! Tu ne peux pas le faire d’emblée, c’est quoi ce bordel ? !

Nia n’avait d’aptitude que pour un seul élément, et il était vrai qu’elle savait déjà comment faire couler la magie grâce à son Gollem… Mais pour lancer un tel sort, il fallait un degré de contrôle magique extrêmement expérimenté. Son talent était vraiment irréel.

« Touya ! Connais-tu d’autres sorts ? »

« Hm ? »

Il y en avait beaucoup, mais la magie du feu était surtout composée de sorts offensifs. Je pouvais lui montrer un petit sort comme [Feu Ignis], mais je ne voulais pas que la forêt entière parte en fumée. Je pourrais quand même lui apprendre autre chose…

« Lève-toi donc, Feu ! Défenses enflammées : [Mur de feu]. »

« Wôw ! C’est un mur de feu !! »

Je lui avais montré un sort de Feu plus défensif, mais ce sort était nettement plus avancé, je savais bien qu’elle ne pourrait pas l’utiliser elle-même.

« Lève-toi donc, Feu ! Défenses enflammées : [Mur de feu] ! »

ELLE PEUT L’UTILISER ? ! Nia répéta sans effort le sort que je venais de lancer. Ok, pas possible… C’est vraiment un peu trop.

Je commençais à ressentir ce que Linze avait dû ressentir lorsque j’avais commencé à apprendre la magie avec elle. Dans mon cas, c’était grâce à la bénédiction de Dieu… Enfin, plutôt parce que j’étais surpuissant, mais qu’en était-il de Nia ? Je m’étais demandé si tous les humains du Monde Inversé avaient un potentiel magique incroyable. Pour tester cette théorie, j’avais demandé à Euri d’essayer un sort de lumière plus avancé, mais elle n’avait rien pu faire. Elle avait une bonne aptitude pour la magie, et elle serait capable de le faire après un peu de pratique… Mais elle n’arrivait pas à la cheville de Nia.

J’avais décidé de ne pas lui montrer de sorts plus puissants, du moins pour cette session. Si elle était capable de lancer un sort comme [Méga Explosion], on ne pourrait pas savoir quel genre d’horreurs elle pourrait déclencher.

J’avais décidé qu’il serait plus sage de parler à Est quand à la façon de procéder.

« Dis, Touya… Pourquoi es-tu venu ici ? »

Euri s’était tourné vers moi et m’avait posé une question assez simple. Oh, c’est maintenant que tu me le demandes ?

« Je voulais m’acheter un Gollem, mais je n’ai pas d’argent. Je suis venu chercher le paiement de l’orichalque et d’autres trucs que je vous ai vendus la dernière fois. »

« Aaaagh ! J’ai complètement oublié ça ! »

Quoi.

Je ne m’attendais pas à ce qu’elle essaie d’esquiver le paiement, mais dire qu’elle avait déjà oublié, c’était un peu trop…

« C’est vrai qu’on ne t’a pas encore payé, mais on peut payer ! Euri, va chercher l’argent de Touya dans le coffre. »

« Oui M’dame ! »

Euri salua et entra dans le fort. … Tu as oublié de me payer, mais tu avais toujours l’argent préparé et enfermé dans un coffre ? Eh bien, peu importe… Je suppose que toute cette histoire remonte à un certain temps.

Euri était revenue avec un petit sac dans les mains, qu’elle avait rapidement déposé dans ma paume. Il était lourd, et je pouvais entendre les pièces de monnaie s’entrechoquer à l’intérieur.

« Uhhm… Il devrait y avoir environ… Cent cinquante royaux ? Ça devrait suffire… Il nous a fallu beaucoup d’effort pour en avoir autant ! »

Je n’étais pas sûr du taux de change, mais j’appris que l’argent que je tenais dans mes mains représentait à peu près un milliard et demi de yens.

Je n’arrivais pas à croire qu’une bande de voleuses puisse avoir autant d’argent sur elles… Ou peut-être avaient-elles autant d’argent précisément parce qu’elles étaient des voleuses.

« Je peux donc avoir une Gollem avec ça ? »

« Tu peux acheter un modèle d’usine, bien sûr. Pourtant, je ne sais pas si tu peux avoir un modèle d’héritage… Ils sont assez spéciaux. »

« C’est assez rare de voir un modèle d’héritage sur le marché. »

C’était intéressant. Personnellement, j’aurais préféré un modèle d’héritage, mais un modèle d’usine aurait également suffi à mes besoins. Après tout, j’avais prévu que le Docteur Babylon inspecterait et améliorerait le Gollem que je recevrais.

« Mais bon… On pourrait te trouver un modèle d’héritage… Si on y va, je veux dire. »

« Ah… C’est vrai. Nous pourrions certainement en trouver un là-bas… »

« Où ? »

J’avais regardé le duo qui hochait la tête en face de moi avec confusion. Euri ouvrit la bouche pour m’expliquer.

« Les Gollems d’héritage sont découverts la plupart du temps par des aventuriers qui fouillent dans les ruines. Il y a des endroits où ils sont vendus sans passer par les voies légales… Il y a aussi un endroit où l’on peut acheter des Gollems que l’on ne trouve pas habituellement à vendre… Peut-être parce que ces Gollems ont été volés ailleurs, ou peut-être parce qu’ils sont inhabituels et ne sont plus recherchés… »

« Il y a un endroit comme ça ? Serais-je sérieusement capable d’obtenir un Gollem d’héritage là-bas ? »

« Je pense que oui. Nous pourrons t’y emmener, d’accord ? C’est… Un endroit particulièrement dangereux. Mais je suis sûr que ce n’est pas un problème pour toi, Touya. »

Dangereux ? Ça a l’air de présager quelque chose… Avant que je puisse demander plus de détails, Nia sourit et ouvrit la bouche.

« On va au marché noir. »

« Le… quoi ?? »

C’est certainement un nom sinistre… Le nom en lui-même est assez évocateur du type d’endroit que c’est… Mais je me demande si nous pourrons y aller sans problème.

« C’est un endroit idéal pour les transactions sournoises. On peut y acheter tout et n’importe quoi. Il y a bien plus que des Gollems à vendre là-bas. »

« Ça a l’air dangereux… C’est lié à une sorte d’organisation clandestine ? »

« C’est exact. Le marché noir est géré par une organisation clandestine appelée le Papillon Noir. Ils sont différents de nous, ils sont prêt à faire n’importe quoi pour de l’argent. Un jour, mon but est d’utiliser les Chats Rouges pour les faire tomber… Attends, tu pourrais m’aider à les vaincre, Touya ! »

Nia commença à concocter un plan sans le moindre consentement de ma part.

« Attends, ne te fais pas d’idées. N’entraîne pas un homme bon et droit comme moi dans tes plans. »

« Le genre d’homme gentil et droit qui regarde une fille quand elle se change ? »

Ugh… Cela n’a strictement pas sa place ici…

« Eh bien, mettons cela de côté pour l’instant… Si tu veux un modèle d’héritage, alors nous allons devoir descendre au marché noir. Après tout, les ruines n’en possèdent pas toujours. »

Explorer les ruines était certainement une option… Mais j’avais décidé de suivre cette idée pour l’instant.

De plus, j’étais quelque peu intrigué par ce qu’on m’avait dit sur cet endroit. Il était possible que je mette la main sur quelque chose de bizarre.

« Le marché n’est pas dangereux si tu es là pour acheter, mais il y a une règle d’or que tu dois suivre… Ne jamais demander d’où vient un objet. Si tu suis cette règle, tu seras probablement en sécurité. »

Euri me donna plus de détails. C’était logique, si l’endroit faisait du commerce de marchandises volées. Il serait suspect de commencer à poser des questions sur les marchandises. Dans le pire des cas, le Papillon Noir pourrait finir par cibler celui qui posait des questions.

« Que faisons-nous, mon seigneur ? »

Hrm… Eh bien, comme le dit le proverbe… Qui ne risque rien n’a rien.

« Très bien. Emmenez-moi là-bas. Mais laissez-moi être clair, je ne vais pas vous aider à combattre cette organisation, d’accord ? »

« Tsk… Ah bon… C’est bon. Je vais en profiter pour espionner l’ennemi pendant un petit moment. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à attendre Rouge… Oh attendez, le voilà. »

Le regard de Nia se tourna vers l’une des entrées latérales du fort. J’avais vu quelque chose de petit marcher depuis la forêt.

Son corps était rouge, un cramoisi sombre et brûlant. Il ressemblait presque à un chevalier en armure, mais il était aussi incroyablement petit. Il avait des pointes qui sortaient de sa tête. Malgré sa taille, il traînait un sanglier massif, de la taille d’une voiture.

Il avait clairement une force incroyable… Il laissa tomber le sanglier devant nous avec un bruit sourd.

« Bon retour parmi nous. Jusqu’où es-tu allé ? »

« Vers le nord. Au plus profond de la forêt. J’ai rencontré un danger inattendu. »

« Il parle… ? »

La voix était quelque peu mécanique, mais le Gollem rouge avait clairement parlé. Je me souvenais du loup Gollem à côté d’Elluka qui avait aussi parlé, mais avec un peu plus d’éloquence. C’était à peu près aussi conversationnel que n’importe laquelle des sœurs Babylon.

« Rouge, voici Touya. C’est lui qui nous a donné les objets que nous avons utilisé pour te réparer. Et Touya, voici Rouge. C’est mon partenaire. Techniquement, son nom complet est Rouge Sang, mais Rouge est plus facile à dire de manière décontractée. »

« J’ai entendu parler de toi. Tu as ma reconnaissance. »

« Ahh… Ne t’inquiète vraiment pas pour ça. »

Le Gollem inclina sa tête. On sentait que son apparence et sa façon de parler se heurtaient un peu… Mais honnêtement, il semblait assez humain dans ses mouvements. Le Gollem d’Est, Akagane… Celui-là semblait beaucoup plus robotique que celui-ci.

Si je me souvenais bien, Rouge faisait partie d’un sous-type spécial de Gollem appelé la série de la couronne. Apparemment, ceux de la couronne étaient des modèles légendaires dotés de compétences exceptionnelles. Ils étaient censés surpasser tous les autres Gollem du monde… Mais franchement, je n’avais pas vu beaucoup de choses pour être impressionné par ce petit gars.

***

Partie 4

« Rouge, on va au marché noir. Tu veux venir ? »

« Je t’accompagne. Maître. »

Rouge hocha doucement la tête vers Nia. Ils ressemblaient plus à une grande sœur et un petit frère qu’à un maître et un serviteur robotique. Mais là encore, Rouge était clairement beaucoup plus âgée que Nia.

« Alors, c’est où ? »

J’avais sorti mon smartphone et l’avais utilisé pour projeter une carte du monde.

« Voici le fort dans lequel nous nous trouvons actuellement… Actuellement, le marché noir est dans la ville de Goldose, qui est au sud… Juste ici. Goldose est une ville casino, maintenant que j’y pense. »

« A -Attendez une seconde… C’est une grande ville éclatante qui brille dans la nuit ? »

« Oui, ça te dit quelque chose ? »

De tous les endroits du monde, il fallait que ce soit cette ville… L’endroit où je suis allé et où j’ai joué comme un fou une fois… C’est bizarre que je n’aie pas retenu son nom jusqu’à maintenant.

Mais encore une fois, j’avais perdu tout mon argent là-bas… J’étais probablement plus concentré sur ça.

« Attendez un instant, cette ville est contrôlée par le Papillon Noir ? »

« Non, le lieu du marché noir change tous les mois. Cette fois-ci, il se trouve que c’est à Goldose, mais cela ne signifie pas que le Papillon Noir a quelque chose à voir avec cette ville. Ça veut simplement dire que quelqu’un dans les hautes sphères de la ville les a hébergés. »

Ils changeaient souvent leur localisation pour éviter de se faire prendre par le gouvernement. Nia en savait certainement beaucoup sur eux.

« Seul un voleur peut attraper un voleur. Nous avons nos propres méthodes pour attraper des informations. »

Euri sourit en portant un doigt à ses lèvres. Les Chats Rouges étaient certes un groupe de voleurs chevaleresques, mais ils employaient tout de même des moyens détournés. Ils pouvaient alors utiliser à leur avantage toute information obtenue par ces voies obscures.

J’avais l’impression qu’ils n’auraient pas dû donner des informations aussi sensibles à un étranger comme moi, mais ce n’est pas comme si j’allais faire quoi que ce soit avec ce qu’elles m’avaient dit.

« Nous pouvons nous rendre à Goldose sans problème… Mais es-tu d’accord pour venir avec nous ? »

Nia était le chef des Chats Rouges, j’avais donc quelques réserves à l’idée de l’emmener au grand jour. Elle répondit en agitant une main dédaigneuse et en souriant.

« Très peu de gens savent que je suis le chef des Chats Rouges. De plus, Rouge sera avec moi… Il me gardera à l’abri du danger. »

Il semblerait que même si les Chats rouges étaient tristement célèbres, l’identité de leur chef n’était pas très connue. J’avais prévu d’utiliser [Mirage] pour nous déguiser en cas de besoin, mais cela ne semblait plus nécessaire.

Nous avions informé les autres Chats rouges du fort de notre destination et laissé derrière nous une petite souris que j’avais invoquée pour eux.

Elles seraient capables de communiquer avec la souris si quelque chose se produisait soudainement, et la souris transmettrait le message à Kohaku et moi.

Nia regarda avec excitation l’invocation et me supplia immédiatement de lui apprendre à le faire. Elle avait l’air découragée quand je lui avais dit que c’était de la magie de type ténèbres et qu’elle n’avait aucun talent pour cette magie.

Nous avions marché ensemble jusqu’au quartier extérieur de Goldose, qui n’était pas très éloigné de la forêt. Même une ville aussi voyante que celle-ci avait un côté sombre. Les bas-fonds de cette ville étaient, bien sûr, les bidonvilles… Un endroit où les indigents errent, le dernier arrêt pour ceux qui n’avaient plus de rêves.

Une fois arrivés, nous nous étions dirigés vers une ruelle et nous avions utilisé une [Porte], puis nous l’avions utilisée pour entrer dans la rue principale de la ville.

Les néons n’étaient pas éblouissants puisqu’il faisait jour, mais la ville avait toujours l’air aussi flashy.

Nous nous étions dirigés vers le quartier central et avions payé un droit de passage devant une porte voyante afin d’entrer.

C’était un peu comme payer un droit d’entrée dans un parc d’attractions…

« Alors, c’est où ? »

Il y avait plusieurs casinos en forme de dôme dans le district central, appartenant à différentes personnes. J’imaginais que la nuit, cet endroit ressemblait à un champ de bataille, chacun étant en compétition pour attirer plus de clients et de revenus.

Il y avait aussi des bâtiments ordinaires entourés de terrains vides ici et là… Les casinos n’étaient pas ouverts pendant la journée, et j’étais surtout curieux de savoir où se trouvait le marché.

« Nous nous dirigeons vers le casino de Goldman… Ou plutôt, là où se trouvait le casino avant. »

« Avant ? »

« Il y a quelques mois, le propriétaire du casino a été arrêté pour de nombreux actes illégaux, notamment pour avoir dirigé un cercle de jeu basé sur le combat. Il faisait combattre des esclaves contre des Gollems jusqu’à la mort, et en tirait profit. Nous avions l’intention de les vaincre nous-mêmes, mais nous avons été battus… »

Nia commença alors à faire la moue et à donner des coups de pied au sol. Je me demandais ce qu’elle avait quand Euri était intervenue.

« Le propriétaire du casino a fini par être vaincu par le propriétaire d’une couronne noire, un peu comme le patron. Elle est de mauvaise humeur parce qu’un de ses rivaux a pris toute la gloire avant elle. »

« Ne dis pas ça ! »

Nia grommela et donna une pichenette sur le front d’Euri. La fille agressée tressaillit et porta sa main au point d’impact, des larmes perlant dans ses yeux. Cela avait certainement fait un joli bruit douloureux là.

Une couronne rouge et une couronne noire ? La série de couronnes pourrait-elle être coordonnée en termes de couleur ou quelque chose comme ça ?

« Quoi qu’il en soit, le nouveau propriétaire du dôme du casino travaille avec le Papillon Noir et les laisse tenir le marché là-bas. »

C’était logique. J’avais ouvert ma carte et regardé le plan de la ville. Heureusement, le nom du casino n’avait pas encore été officiellement modifié, et j’avais pu le localiser sans trop de difficultés.

Nous nous étions dirigés vers le dôme et nous avions été dévisagés par deux Gollems qui gardaient la porte. Ils mesuraient environ trois mètres de haut et étaient faits d’acier. Ils étaient énormes… Mais pas exactement aussi énormes que mes Frame Gears. Ils avaient effectivement l’air très démodés et robustes.

Un groupe d’hommes à l’allure de voyous traînait autour de l’entrée et s’approcha de nous.

« On a des clients ? »

Le gars à l’air le plus brutal me regarda fixement avec un rictus sur le visage. Si cet endroit était en fait un casino, son comportement n’aurait certainement pas été acceptable.

« Si vous êtes venus ici pour acheter, c’est une pièce d’or par personne. Si vous êtes venus ici pour vendre, montrez-nous vos marchandises. »

« … On est là pour acheter. Trois pièces d’or, c’est ça ? »

L’homme acquiesça simplement à mes paroles. Il n’était clairement pas là pour discuter.

C’était environ cent mille yens par personne… Les Gollems ne semblaient pas compter comme des personnes aux yeux du marché noir, mais nous devions payer l’entrée de Rouge lorsque nous entrions dans le quartier principal de la ville-casino. Bien que je n’avais pas eu à payer pour Kohaku ou Luli, je ne comprenais pas vraiment leurs normes.

J’avais remis trois pièces d’or à l’homme. Il fit alors un geste de la tête vers les Gollems.

Nous avions passé l’entrée et étions arrivés dans un hall complètement vide. On aurait dit que toutes les décorations du casino avaient été complètement enlevées.

Comparé au casino dans lequel j’étais entré la dernière fois, celui-ci avait l’air terriblement miteux.

Il n’y avait pas de tables de poker ou de roulette, pas de chandelier fantaisiste… Il n’y avait qu’un tas de tentes et d’étals à l’allure minable alignés autour du grand espace ouvert.

L’endroit était en grande partie aménagé comme un marché aux puces, mais les clients et les commerçants avaient l’air incroyablement bourrus et méfiants. L’endroit dégageait certainement une aura comparable à celle de la pègre criminelle.

« C’est plutôt animé, mon seigneur. »

« Cela ressemble à un marché aux antiquités… »

Il y avait toutes sortes de choses en vente dans cet endroit. Il y avait des bijoux, des vases aux formes étranges, et même des animaux bizarres que je n’avais jamais vus auparavant. J’étais resté bouche bée, regardant tout ce que je pouvais trouver. Il y avait beaucoup d’appareils qui incorporaient de la puissance magique dans leur conception… J’avais aussi trouvé quelques artefacts magiques.

Oh, merde. Je suis en train de m’éloigner du sujet…

J’avais exploré tout l’endroit, mais je n’avais rien vu qui ressemblait même vaguement à un Gollem. Je m’étais senti dupé.

« Touya, dans un marché comme celui-ci, les articles les plus chers comme les Gollems sont situés dans une autre zone. Euri est déjà partie se renseigner, alors attends un peu. »

J’avais personnellement pensé que les objets que je regardais étaient chers… Mais apparemment, c’était de la camelote. Cela m’avait rendu encore plus nerveux quant au prix des Gollems.

Après un petit moment, Euri était revenue. Il semblerait que les transactions les plus chères se fassent au sous-sol.

Nous étions arrivés devant une lourde porte noire. Elle était gardée par des hommes à l’air costaud. Une fois de plus, nous avions dû payer un droit de passage. Bon sang…

J’étais ennuyé, mais je devais faire avec. J’avais payé assez pour trois personnes, et nous avions commencé notre descente vers le sous-sol.

Nous nous étions dirigés vers le sous-sol et avions trouvé une plus petite pièce où étaient exposés différents Gollems. Il y en avait de toutes les formes et de toutes les tailles. Certains humanoïdes, d’autres animaliers, certains grands, et d’autres petits.

C’était assez étonnant de les voir tous alignés, l’atmosphère était presque celle d’une expo. Mais je n’étais là que pour acheter.

« Allons-y. »

« Hm… ? »

Nia m’avait demandé de continuer à avancer. J’étais debout et bouche bée comme un idiot. Nous étions passés devant plusieurs clients en regardant les différents modèles disponibles.

« Je n’arrive pas à faire la différence entre les modèles anciens et les modèles d’usine… »

« Quand on s’habitue à les voir, il est assez facile de les distinguer grâce aux pièces qu’ils comportent. Le design est aussi souvent révélateur. Pour l’instant, utilise le prix comme un guide. Les Gollems d’héritage sont beaucoup plus chères que leurs homologues d’usine. De temps en temps, vous pouvez même trouver des Gollems faits sur mesure. »

Les Gollems trouvés dans les ruines étaient appelés Gollems d’héritage.

Les Gollems produits en masse à l’aide de technologies modernes étaient les Gollems d’usine.

Enfin, il y avait des unités uniques fabriquées sur commande, les Gollems personnalisés.

Rouge était un Gollems d’héritage, tandis que le Bus Crabe de M. Sancho était probablement un Gollems d’usine.

***

Partie 5

J’avais regardé les prix et j’avais vu quelques Gollems avec un chiffre supplémentaire dans leur prix. Il était intéressant de noter que la plupart d’entre eux étaient étiquetés comme n’ayant aucune capacité.

Il semblerait que les Gollems avec des capacités étaient difficiles à trouver.

« Là-bas, mon seigneur. »

« Ohoho. »

Kohaku montra un Gollem qui n’avait pas l’étiquette indiquant un manque de compétence.

Le Gollem était vert, et mesurait environ deux mètres. Il était en forme de gorille et avait des bras extrêmement épais. Il y avait aussi ce qui ressemblait à une sorte de conteneur sur son dos.

« Excusez-moi… Est-ce que ce Gollem a une compétence ? »

« Oui, il en a une, mon garçon. Il a une portée limitée, mais il peut manipuler la terre. »

C’était intéressant… Ce serait sûrement un outil utile pour l’ingénierie ou le travail. Cependant, ce prix était un peu élevé… Il était proche de 500 millions de yens. Si on le laissait traîner, je n’aurais pas été surpris de le voir se faire voler… Mais vu qu’il était sur le marché noir, je me doutais qu’il était probablement déjà volé.

Je me demandai si le groupe du Papillon Noir assurait la sécurité ici…

J’étais assez confiant dans le fait que je pourrais tout voler ici et m’en sortir, si je le voulais… Mais je m’abstiendrais d’actes aussi radicaux.

« Oh, Touya. Et celui-là ? »

« Hm ? Qu’est-ce que c’est ? »

Nia désigna un ensemble de machines qui ressemblait plus à une combinaison énergétique portable qu’à n’importe quel Gollem que j’avais vu jusqu’à présent. On aurait dit qu’il était destiné à être porté sur les membres et le dos, comme un exosquelette électrique. Je n’avais pas réalisé que les Gollems pouvaient être si variés.

« Celui-ci est un Gear Gollem. Il n’en a pas l’air, mais il est très utile. Il travaille avec son maître et réagit à vos processus mentaux quand vous le portez. »

Ça avait l’air intéressant, mais je voulais un modèle autonome.

« Et celui-là, Touya ? »

Euri m’avait conduit vers une série de boîtes de présentation alignées. Plus précisément, elle désignait le Gollem dans l’une d’elles.

Il avait la taille d’un enfant. Environ la taille et le poids de Rouge. Celui-ci était blanc à la base et avait une forme plus féminine. Il y avait deux autres modèles identiques à côté de lui, la seule différence entre les trois était les couleurs fluorescentes qui ornaient leurs corps. L’un était vert, l’autre bleu et le dernier rouge. Ils avaient même des parties lumineuses sur la tête qui étaient censées représenter des cheveux… Ils étaient incroyablement travaillés, même moi je pouvais le dire.

« Les modèles humanoïdes sont vraiment rares… »

Nia marmonnait pour elle-même en examinant les trois unités d’héritage. Comparés à un Rouge lourdement armé, ou aux modèles exosquelettes et gorilles que j’avais vus plus tôt, ceux-ci ressemblaient un peu plus à des humains.

Pour être honnête, je n’étais pas aussi impressionné que les badauds. Chez moi, j’avais tout un tas de gynoïdes parfaitement humains qui vivaient sur Babylon. Aussi réalistes qu’ils soient, ces Gollems étaient encore clairement inhumains et ressemblaient à des poupées comparées à des gens comme Cesca.

« Est-ce que ceux-là ont des compétences ? »

« Bien sûr, fils. J’ai ma garantie ! Mais ces petites merveilles n’ont pas été activées, donc je ne peux pas te dire quelles capacités elles ont réellement. »

Les Gollems avaient des dispositifs dans leur zone centrale qui enregistraient un individu comme maître du Gollem et le mettaient en ligne, mais apparemment, le dispositif ne fonctionnait pas sur ces trois modèles. Pour cette raison, ils n’avaient jamais été activés. Le commerçant les avait emmenés chez un ingénieur, mais celui-ci n’avait pas réussi à les réparer, alors il avait décidé de les vendre tels quels.

« C’est pourquoi je les vends pour si peu. Vous voulez en acheter un ? »

L’homme joufflu s’était frotté les mains en souriant.

Hmph… Est-ce que c’est vraiment bon marché ? C’est soixante-dix royaux, c’est plusieurs centaines de millions de yens… C’est un prix très élevé…

Le gorille de tout à l’heure ne coûtait que 500 millions, et il avait une capacité en plus… Me dis-tu que ceux-là sont meilleurs ?

« Geez, petit… Regardez, juste là. Vous voyez ? »

Le commerçant pointa du doigt la poitrine d’un des Gollems. Il y avait une minuscule marque ☆, une série de petits chiffres, et quelques mots que je n’arrivais pas à déchiffrer grave là.

« Ohh… Une marque d’étoile ! Cela explique tout… Ces Gollems font-ils partie de la série Étoile ? »

« Ahh… Je vois. »

Euri et Nia semblaient satisfaites de la signification des symboles. Euri s’était retourné pour expliquer la situation. Apparemment, les Gollems marqués de cette étoile faisaient partie de la série Étoile, qui étaient considérés comme des modèles extrêmement avancés et performants, même parmi les autres Gollems d’héritage.

La marque représentait probablement la personne qui les avait fabriqués à l’origine.

J’avais également été discrètement informé de la petite couronne gravée sur le cou de Rouge. Apparemment, c’était aussi le moyen d’identifier si un Gollem faisait partie de la série de la couronne.

« Alors, c’est un faux ? »

« Pas du tout. On ne peut pas introduire de faux objets dans le marché noir. Il serait interdit de revenir, ou même tué… »

C’était assez logique. Même sans savoir quelles étaient leurs compétences, le simple fait de savoir qu’ils étaient Étoiles suffisait à faire grimper le prix. C’était bien la nature du marché…

« Alors, p’tit gars ? Vous achetez ou pas, hm ? Ces modèles ne sont généralement pas aussi bon marché… »

« Hm… »

En toute honnêteté, je cherchais un robot plus robuste pour faire office de garde. Un robot menaçant comme Akagane aurait été idéal. Ces trois-là avaient plutôt l’air d’être faits pour être des gardiens ou des gouvernants.

Le docteur Babylon serait capable de les analyser et de les activer en toute sécurité une fois que je les aurais ramenés chez moi, j’en étais sûr. Même si elle échouait, je savais qu’elle continuerait d’essayer jusqu’à ce qu’elle les comprenne complètement. J’avais donc pris ma décision.

« Très bien. Je vais les prendre… Mais avant que vous puissiez encaisser, écoutez-moi bien. »

J’avais activé [Stockage] et j’avais sorti un lingot d’adamantite, que j’avais montré au marchand suspicieux. Il le regarda pendant un moment alors que les pièces commençaient à s’assembler dans son esprit. Puis il écarquilla les yeux.

« C’est… de l’adamantite ?! Où diable avez-vous… »

« Ah-ah-ah. N’oubliez pas les règles. Pas de questions sur les origines, d’accord ? Je vous débarrasse de ces trois Gollems pour cent trente royaux et ce lingot. »

« Les trois… ?! H-Hmph… L-Laissez-moi m’assurer que ce lingot est bien authentique… »

Il sortit alors un petit appareil similaire à celui que M. Sancho avait utilisé et détermina si l’objet que je possédais était contrefait ou non.

« Il est authentique… Hrmph… Laissez-moi réfléchir… Mm… Hm… »

Il commença à réfléchir tout seul, les yeux fixés sur le lingot. J’espérais que cette transaction serait assez bonne, j’avais déjà perdu de l’argent en payant les frais et autres. J’aurais aimé payer le prix total avec des lingots exclusivement, mais cela aurait semblé trop suspect.

Je pouvais voir que l’homme pesait la valeur des choses dans sa tête. Il mesurait la valeur de trois Etoiles non activées contre un lingot entier de matériau incroyablement rare.

Finalement, il arrêta de se concentrer et sourit doucement.

« Très bien, mon petit. J’accepte votre offre. Vous pouvez avoir les trois pour cette somme. »

« Alors, marché conclu. »

J’avais remis la marchandise, et il avait rendu les Gollems avec joie. J’avais acheté les trois pour avoir des pièces de rechange au cas où quelque chose arriverait… C’est ce que j’aimerais dire pragmatiquement, mais un côté plus doux de moi se sentait mal de les séparer. Elles ressemblaient à des sœurs, alignées comme elles l’étaient.

J’avais soudainement invoqué mon [Stockage], les aspirant toutes les trois avec leurs vitrines. Le commerçant semblait presque dérangé par la vue, mais il fit semblant de ne pas être trop gêné.

« Même si ce sont des Étoiles, es-tu sûr de vouloir en avoir trois ? »

« Mmm… Je ne sais pas, mais de la façon dont je vois les choses, ce sont des Étoiles de très haut niveau, non ? Je n’aurai peut-être plus jamais l’occasion d’en acheter une. »

J’avais haussé les épaules en réponse au commentaire de Nia. Quoi qu’il en soit, c’était un objectif en moins. Maintenant, tout ce que j’avais à faire était de trouver un endroit où poser le disrupteur. Je m’étais demandé si voler vers une île inhabitée ne serait pas la meilleure idée. Au moment où je réfléchissais à ma prochaine étape, j’avais soudainement entendu un cri.

« … Qu’est-ce que c’est ? »

« … Hein ? »

Je m’étais soudainement arrêté dans mon élan, incitant Nia à me demander ce qui se passait. Elle n’avait pas entendu.

Je l’avais entendu à nouveau. Il y avait des cris mêlés au brouhaha de la foule. Je pouvais l’entendre clairement. Ce n’était pas qu’un seul cri. Il y avait beaucoup de gens qui criaient maintenant.

J’avais regardé sur le côté et j’avais constaté que Rouge s’était également arrêté net. Il regardait vers le haut. Bien sûr, vers le haut… Les cris venaient de l’étage supérieur.

« La, la… Lalala… »

Qu’est-ce que… ? Au moment où les cris s’étaient tus, j’avais entendu une voix joyeuse prendre leur place.

En un éclair, la lourde porte qui menait au sous-sol fut coupée en deux et abattue.

La porte était maintenant en morceaux sur le sol, et j’entendais clairement cette voix joyeuse venant de l’obscurité. Le chanteur venait vers nous, en bas des escaliers.

« … De si beaux yeux, si pétillants…♪ Prenons une cuillère pour eux…♪ Du bleu, au vert, au noir, au rouge.… Faisons-en un désordre…♪ »

« Attend !, Cette voix… ?! »

Nia s’était raidie par réflexe et tourna son regard vers l’obscurité derrière la porte.

Après un court instant, une fille solitaire apparut et grimpa sur les débris.

Elle portait des vêtements violets à froufrous avec une esthétique un peu gothique, une jupe courte, et également un parapluie violet. Son esthétique était similaire à celle de Leen, mais en beaucoup moins guindée.

Elle portait également des lunettes à monture fine, mais les yeux violets profonds qu’elles cachaient semblaient presque sans vie… Elle souriait largement, mais il y avait quelque chose de complètement faux en elle.

***

Partie 6

Ses longs cheveux améthyste tombaient bien au-delà de ses épaules. Elle ressemblait d’une certaine façon à une poupée. Et puis, alors qu’elle s’avançait dans la lumière, il était devenu clair que sa peau et ses vêtements étaient ornés de taches de sang frais.

Mais ce qui m’avait le plus inquiété, c’était le Gollem qui se tenait à côté d’elle. Il était minuscule, presque comme un chevalier, et il était d’un violet profond. La faux dans sa main et la cape noire en lambeaux sur ses épaules me faisaient inconsciemment penser à la Faucheuse elle-même. L’aura qu’il dégageait, et ses caractéristiques physiques… Ils étaient presque identiques à ceux du Gollem rouge à mes côtés.

« H-Hey, qui sont-ils… ? »

« Ce Gollem violet est une couronne. Fanatic Viola. Et la femme qui le manipule… »

« Luna… Trieste… C’est elle… La Maîtresse Frénétique… »

Frénétique… ? Elle me semblait calme… Alors que je me demandais comment elles la connaissaient, ou ce que ce surnom signifiait, la femme commença à tourner sur elle-même devant la porte tout en faisant tournoyer son parapluie.

« S’il te plaît, s’il te plaît… ♪ Oh mignonne, s’il te plaît ma mignonne… ♪ Je te les arracherai si délicatement, alors s’il te plaît, donne-moi tes yeux… ♪ S’il te plaît, laisse-moi prendre ton cœur… ♪ »

Elle continuait à chanter pour elle-même, comme si elle n’était pas consciente du sang étalé sur elle… Comme si elle n’était pas consciente de la foule horrifiée qui l’entourait. Mais ensuite, son sourire s’était élargi. Elle arrêta de tournoyer, et elle reconnut ses spectateurs.

« S’il vous plaît, laissez-moi prendre votre sang, vos tripes, votre colonne vertébrale… »

◇ ◇ ◇

« Il y a beaucoup de jolis petits Gollems ici, héhé… C’est un horrible gâchis, n’est-ce pas ? Je dois tous les jeter ? Je les écrase tous ? Est-ce que je dois transformer tout le monde ici en une masse collante et molle ? Qui ne veut pas être blessé par maman Luna ? »

La femme souriante et tachée de sang s’identifia enfin en repliant son parapluie.

« Viola, ma chérie. S’il te plaît, vas-y. »

« Bip. »

Le petit Gollem bondit sur la place du marché. Il balança sa faux surdimensionnée en atterrissant, coupant en deux l’un des énormes Gollems d’exposition. Whoa, ça c’est intense !

« Qu’est-ce que… ?! »

L’homme qui vendait le Gollem maintenant coupé en deux regardait, choqué. Le Gollem violet transforma alors la faux en une lance naginata et l’enfonça profondément dans la poitrine du vendeur.

« Quoiiiii… ? »

L’arme glissa hors de lui et il tomba au sol, le sang gargouillant de la blessure béante dans son torse. Les gens dans la zone commencèrent à crier face à cette mort soudaine et inattendue.

Les cris s’enchaînèrent rapidement d’une personne à l’autre, et tout le monde se mit à courir dans toutes les directions.

« Rouge ! »

« Reconnu. »

Au commandement de Nia, la couronne rouge se tourna pour faire face à la couronne violette vers le bas. Rouge lança un coup de poing, que Viola bloqua avec le manche de son arme.

« Ohoho ? Le petit Rouge est là… ? Je me demande pourquoi… »

Luna inclina doucement la tête avant de nous fixer.

« Sale garce ! Qu’est-ce que toi et cette chose violette faites ici ?! »

« Mon Dieu, mon Dieu… C’est la petite Nia… Quelle drôle de petite coïncidence, héhé… Ou peut-être que c’était le destin. »

Rouge et Viola continuaient de s’affronter sur la place du marché, tandis que la femme nommée Luna tirait un regard exagéré de surprise.

Rouge n’avait pas d’arme à portée de main, il était donc désavantagé dans son combat contre Viola. De plus, il était si petit qu’il manquait cruellement de portée. C’était tous les deux des couronnes, donc ils étaient probablement de force égale… Ce qui signifiait que la présence d’une arme aurait pu être le facteur décisif.

Rouge essayait de diriger le combat vers une zone moins peuplée, mais il avait du mal. À chaque fois que Rouge esquivait une attaque, Viola faisait s’écraser négligemment son arme. À chaque nouvelle frappe, de nouveaux passants innocents étaient découpés en morceaux de viande, et de nouveaux Gollems étaient réduits en ferraille. Le sang, les tripes et les composants robotiques s’envolaient dans les airs à chaque coup.

« Kohaku, Luli ! Mettez les gens à l’abri, maintenant ! »

« À vos ordres ! »

« Très bien ! »

Kohaku et Luli reprirent leurs formes de bêtes divines, se déplaçant pour secourir toutes les personnes assommées ou tombées dans la zone.

Viola continuait d’attaquer imprudemment Rouge, sans aucune considération pour son environnement.

« Luna ! Arrête Viola immédiatement ! Pourquoi fais-tu ça ?! »

« Hmm ? Qu’est-ce que tu veux dire par “pourquoi” ? Je ne te comprends pas du tout, jolie petite Nia… Je suis seulement ici parce que c’est une fête amusante, tu ne crois pas… ? »

Luna pencha à nouveau la tête sur le côté. Son comportement était… Bizarre, honnêtement. Elle me faisait peur.

« C’est très amusant, tu ne trouves pas ? Je veux dire qu’arracher les yeux… Les yeux de tout le monde sont si différents. Tu ne les trouves pas jolis ? Il y a des yeux rouges et des yeux bleus… Toutes sortes d’yeux ! Le seul problème avec eux, c’est qu’ils se dessèchent et pourrissent très vite… Mais… Mmf… Ahhh… Les arracher est si amusant que ça me donne des frissons entre les jambes… ! »

« Espèce de salope… ! »

Ça ne sert à rien de lui parler… Je ne sais pas si elle pense vraiment les trucs bizarres qu’elle vient de dire, mais c’est clairement une situation dangereuse… Malgré le carnage en cours, la fille continuait de descendre les marches en agitant son parapluie.

Je m’étais avancé, avec l’intention d’éliminer Luna, mais le sol s’était soudainement mis à trembler. Un groupe d’hommes et deux grands Gollems étaient apparus devant la femme. C’était les gardes de l’entrée du Casino… Cela signifiait probablement qu’ils travaillaient pour Papillon Noir.

« Hey, psycho ! Rappelle ton Gollem maintenant ! »

« Et si je dis non ? »

« Alors tu peux crever ! »

L’homme ordonna à son Gollem de balancer son poing sur Luna, et il obéit. Le Gollem de trois mètres de haut frappa la fille directement dans la poitrine. Un craquement écœurant retentit alors que sa cage thoracique était enfoncée, et elle fut projetée en arrière contre le mur. Son corps roula sur le sol comme une poupée de chiffon. L’attaque l’avait instantanément tuée.

« Quelle idiote elle était... Maintenant, occupe-toi de ce Gollem pourpre, et dépêche-toi ! »

L’énorme Gollem s’était dirigé vers Viola en piétinant.

« … C’est inutile, idiot. Viola ne peut pas se briser… Viola est Viola, après tout… »

« Qu’est-ce que… ?! »

Luna s’était lentement relevée de l’endroit où elle était tombée. Ses bras étaient cassés et pliés en arrière, et un de ses tibias était plié en angle droit.

Une étrange fumée violette s’éleva de son corps, et j’entendis le bruit des réparations, des coupures de chair et d’os. Ses membres s’étaient remis dans leurs positions respectives.

« Comment a-t-elle fait ça… ? »

« C’est la capacité de la couronne violette. Son maître est doté d’un corps immortel… Et la couronne elle-même peut se régénérer. »

Un corps immortel… ? Elle est morte-vivante ou quoi ? C’est dégueulasse ! J’avais acquiescé à l’explication d’Euri, quand Rouge fut soudainement frappée par l’arme de Viola, ce qui fit hurler Nia.

« Rouge ! »

Nia s’était précipitée vers Rouge, un regard horrifié sur le visage.

Viola se retourna, ignorant l’autre couronne et son maître, avant de jeter son dévolu sur le Gollem massif qui se dirigeait vers elle.

Le Gollem pourpre esquiva le poing lourd avec facilité et apporta son arme, maintenant transformée en faux, tranchant le corps du géant. Un hurlement de métal glissant contre le métal résonna alors que le Gollem s’effondrait.

« Bande d’idiots… Comment pouvez-vous être aussi ennuyeux… ? Pourquoi n’essayez-vous pas de me tuer, vieux grincheux ? Mais je parie que vous ne pourrez pas poser la main sur moi… »

« Salope… ! »

L’un des gardes chargea en avant et poussa sa lance vers Luna. Elle s’était enfoncée profondément dans sa poitrine, et la pointe sanglante jaillit de son dos.

« H-Heh… Voilà, prends ça… Je t’ai tuée… Comment aimes-tu ce… Quoi ?! »

« C’est tellement ennuyeux… C’est tellement ennuyeux, ehehe… »

Luna s’était débarrassée du coup comme si ce n’était rien, et saisit la lance enfoncée dans son front. Elle secoua son poignet et cassa l’arme comme si c’était un cure-dent. C’est quoi ce bordel ?!

Je m’étais souvenu que certaines espèces de morts-vivants avaient été débarrassées de leurs limiteurs mentaux, ce qui leur donnait des niveaux de tension musculaire qu’ils ne pouvaient pas exploiter de leur vivant… Je m’étais demandé si c’était la même chose pour cette femme.

« Hmph ! »

Luna atteignit son propre torse et retira la lance de son corps. Elle la fit ensuite tourner et l’enfonça dans le visage horrifié du garde qui l’avait attaquée, pulvérisant sa cervelle.

« Je te rends ton arme, très cher ! »

L’homme tomba au sol comme un sac de briques, le sang coulant de sa tête. La fille afficha un large sourire en tournant sur elle-même et en poussant son parapluie sur un autre garde, qui était figé de peur.

« Hngh ?! »

Un bruit de froissement retentit alors que le parapluie calait, pliait… Et avec un peu plus de force, éclata dans le dos de l’homme.

« Aie… Il s’est cassé. C’était mon parapluie préféré, vieux méchant… Tout est de ta faute, tu sais… ? Et si tu t’excusais en laissant maman Luna t’arracher les yeux ? »

L’homme immobilisé se mit à pleurer de désespoir alors que les doigts fins de la jeune fille se tendaient vers son visage.

« [Téléportation]. »

Je m’étais téléporté vers la fille et j’avais saisi sa main. Elle était couverte de sang. Je pouvais sentir qu’elle se débattait contre moi. Putain de merde, elle est forte… Mais où est-ce qu’elle garde une telle puissance dans un corps comme celui-là ?!

« Bonté divine… D’où viens-tu… ? »

La fille violette m’avait regardé à travers ses lunettes. Elle semblait confuse. J’avais placé mon autre main sur l’homme blessé et j’avais invoqué une magie de récupération.

« Et bien… Monsieur… Qui es-tu ? As-tu un problème avec maman Luna… ? »

« Je ne sais pas pourquoi tu fais ça, mais je ne peux pas rester les bras croisés et te regarder tuer quelqu’un d’autre. Même si je dois utiliser la force, je t’arrêterai. »

« Ahahahaaaa ! C’est tellement bizarre ! Pourquoi est-ce que tu ferais ça ? Et comment… ? »

« Comme ceci… [Gravité]. »

J’avais fait couler de la magie dans la main qui avait saisi son poignet, elle avait commencé à s’effondrer jusqu’à ce qu’elle soit complètement immobilisée.

« Oh bonté divine… C’est quoi tout ça… ? Je ne peux même pas bouger… »

« Maintenant ! Attrapez-la ! »

Les gardes l’avaient immédiatement chargée et firent un mouvement pour la retenir. Mais le Gollem violet remarqua ce qui se passait, et bondit aux côtés de son maître. La faux scintilla dans la faible lumière de la pièce alors qu’elle se balançait.

« Guh ! »

J’avais fait un bond en arrière d’une bonne distance pour éviter sa faux, mais les gardes n’avaient pas eu cette chance. Ils tombèrent sur le sol, leurs entrailles se répandant partout.

« Bip. »

Le Gollem violet fit un bruit robotique en transformant sa faux en naginata une fois de plus. J’avais instinctivement sorti Brunhild de ma taille et l’avais transformé en mode lame, puis je m’étais retourné contre l’arme alors qu’elle s’élançait vers moi.

« Be-Beep ? »

Viola s’est arrêtée un instant, réalisant que ma lame de Phrasium avait en fait brisé le manche de la lance. J’avais chargé en avant, profitant de l’ouverture pour trancher le Gollem lui-même.

***

Partie 7

Viola frémit et se tue, coupée en deux. Les deux parties de la petite machine roulèrent sur le sol en étant inactives.

« Ouf… »

J’avais laissé échapper un souffle lourd avant de reprendre mes esprits. Il y avait des morts partout. Et au moment où j’allais commencer à soigner les blessés avec ma magie…

« Eheheheheee ! Wôw, monsieur ! Tu as tranché Viola, hein ? »

La femme applaudissait bruyamment. Je m’étais retourné avec surprise et j’avais constaté que Luna était toujours au sol, mais qu’elle tapait dans ses mains.

C’est impossible. Je n’ai pas annulé mon sort, comment fait-elle pour bouger ?!

« Hé… Monsieur… Peux-tu me dire ton nom ? »

« … C’est Touya. Mochizuki Touya. »

« Touuuuya ? Oooh, Touya… ? C’est un si joli nom… C’est si joli… Tu sais, Tou… On dirait que tu pourrais même correspondre à maman Luna… Mais pas maintenant, quel dommage… On ne peut pas le faire aujourd’hui, d’accord ? Si c’est d’accord, puis-je te demander de me tuer une autre fois ? Dans un meilleur endroit ? »

« Désolé, mais je n’ai pas vraiment l’intention de prendre l’habitude de tuer des gens. »

« Et bien… ? Tu es si timide, monsieur… c’est pourtant aussi un peu charmant… Dis, tu veux que maman Luna te donne une fessée ? Qu’est-ce que tu en penses, Viola ? »

Luna me regarda soudainement. Je m’étais retourné, horrifié, pour trouver Viola derrière moi. Elle était entièrement formée, régénérée tout comme Luna. Cependant, son arme était encore endommagée.

« Quoi… ?! »

Sérieusement ? ! La couronne violette se régénère aussi vite ? ! Putain de merde… Je pense que j’ai besoin d’éliminer ce truc d’une autre manière…

« Viola t’aime beaucoup aussi, Tou… Ehehe… Le fait d’avoir pu te rencontrer me rend vraiment heureuse. »

« Ne nous cherche pas, espèce de maniaque ! »

Un poing rouge brûlant frappa Viola par le côté. L’impact fit que le Gollem violet s’écrasa contre un mur voisin, y laissant une bosse.

Rouge Sang, la couronne rouge, se tenait debout et droit. Ses bras étaient engloutis dans les flammes. Il poursuivait sa cible et continuait d’attaquer.

Chaque coup de poing successif frappait avec assez de force pour faire trembler le casino tout entier. C’était comme si Rouge était une machine complètement différente. Mais qu’est-ce qui se passe ici ?

« Espèce de sorcière violette… Je te rendrai la monnaie de ta pièce pour ce que tu nous as fait à Rouge et moi ! »

« Oh ma chère petite Nia… Pourrais-tu peut-être arrêter de nous embêter ? »

Nia était sortie en piétinant devant Luna, qui faisait la moue. Quand j’avais vu l’état de Nia, mes yeux s’étaient écarquillés sous le choc.

« Qu’est-ce que… Nia… Ta main… »

Un flot régulier de sang s’écoulait du poing de Nia. Elle avait clairement une entaille massive au milieu de sa paume… Il y avait tellement de liquide sanguin qui sortait que tout son poing était teinté de rouge.

« Ne t’inquiète pas. Mon sang est nécessaire pour déclencher la compétence de Rouge. »

« Mais… »

Je ne pouvais pas du tout ignorer ça, j’avais donc lancé une magie de restauration sur la main de Nia. La blessure n’était pas trop profonde, elle s’était donc refermée sans trop de problèmes.

« Ta magie est incroyable, Touya… »

« Ça a seulement rafistolé la blessure, ça n’a pas restauré le sang que tu as perdu… Alors, n’en fais pas trop. »

Luna, qui nous observait, rougi soudainement et me fixa avec ses yeux de poupée morte.

« Oh là là ! De la magie ! Tu es un mage, Tou ? Tu es vraiment un mage ? Ohhh… Aaah… C’est tellement agréable, c’est… Mfff… C’est si bon ! Je suis en train de mouiller… Aaah… ! »

Bordel, qu’est-ce que tu gémis ?! C’est quoi ce bordel ?! Je l’avais regardée avec une expression perturbée alors qu’elle se relevait lentement et se serrait bassement contre son propre corps. Puis ses mains avaient glissé entre ses cuisses.

Putain de merde, tu es pire que Cesca.

« C’est une psychopathe perverse… »

« C’est juste un de mes traits charmants, mon beau ! Ahh, ohhh… Ahhn… Mon cœur va si vite ! Mon Dieu… Je me sens encore plus chaude que lorsque j’arrache les yeux des gens… C’est incroyable… Je dégouline… »

Luna commença à dire des bêtises avant de diriger son regard vers moi. Son souffle devenait de plus en plus vif et irrégulier.

« … Mm… Laisse-moi te manger… »

Un frisson m’avait parcouru l’échine, et j’avais frissonné au moment où elle avait dit ça. Je ne voulais pas entendre ça d’elle. Franchement, elle était une sorte de mort-vivant, et le fait qu’elle dise cela me rappelait plus les films de zombies qu’autre chose.

Luna s’était précipitée vers moi en l’espace de quelques secondes. J’avais essayé de reculer, mais elle m’avait attrapé et avait coincé ma jambe entre ses cuisses. Sa vitesse était incroyable… J’étais complètement pris en sandwich par sa force monstrueuse.

La respiration de Luna était de plus en plus rauque et irrégulière alors qu’elle haletait et gémissait, frottant son entrejambe contre ma cuisse.

« S’il te plaît, tue-moi la prochaine fois… Mmff… »

Après avoir parlé, elle tira la langue et la traîna lentement le long de ma joue.

« Qu’est-ce que tu lui fais, bordel ?! »

« Ehehe, tu es jalouse, Nia ?! »

Nia chargea en avant pour frapper Luna, mais elle s’était séparée de moi et elle l’avait esquivée avec peu de difficulté.

« Viola ! Il est temps de partir ! »

Viola s’était détournée de sa bataille en cours avec Rouge et sauta vers son maître. Luna sauta ensuite sur ses épaules au moment qu’ils commençaient à s’échapper. Elle avait l’air ridicule, comme un petit enfant donnant un coup de cochon.

« Je me suis amusée aujourd’hui ! À plus tard ! »

Luna lança un baiser alors que Viola émettait une brume violette à partir de son poignet. J’avais immédiatement compris que c’était une mauvaise nouvelle.

« Rassemble-toi, Eau ! Bouclier Tourbillonnant : [Bouclier Aquatique] ! »

J’avais invoqué une boule d’eau qui aspira toute la brume. La fumée commença à se mélanger à l’eau jusqu’à ce qu’elle prenne une couleur très sale. J’avais ensuite soigneusement déplacé l’eau et l’avais placée dans un pot de fleurs.

Au moment où je l’avais fait, les fleurs dans le pot s’étaient ratatinées et moururent. Je le savais, c’était une sorte de toxine.

Luna et son Gollem s’étaient échappés. Qu’est-ce qui vient de se passer… C’était vraiment dingue…

« Tsk… Cette satanée femme s’est encore échappée… ! »

Nia cria et donna un coup de pied au sol par frustration. Je pouvais comprendre ses sentiments.

Oh, c’est vrai… Je dois utiliser ma magie pour soigner les survivants blessés…

Hein… ? Alors que je commençais à marcher, j’avais ressenti une étrange sensation sur une de mes jambes. J’avais baissé les yeux.

« … Eugh… »

Il y avait une tache collante et humide sur ma cuisse droite. Ne me dites pas…

J’avais fait la grimace au moment où j’avais réalisé ce que c’était. Je m’étais lentement tourné vers Nia, qui grimaçait également.

Je m’étais approché d’elle, mais elle leva ses paumes comme pour me repousser.

« Désolé, je ne veux pas attraper des microbes. »

Wôw, ce monde connaît même les concepts des microbes… Merde, cette journée a été horrible.

◇ ◇ ◇

« Avance, Lumière ! Thérapie Neutre : [Zone de guérison]. »

J’avais discrètement lancé un sort de guérison à large portée sur tout le monde dans le marché noir… Après tout, je ne voulais pas attirer l’attention sur moi. Mais c’était peut-être un peu tard pour ça.

Il n’y avait pas autant de morts que je l’avais supposé au départ, heureusement… Il semblerait que Rouge avait réussi à empêcher Viola de faire bien pire encore. Mais c’était seulement le cas pour le sous-sol.

Euri était monté pour le confirmer et rapporta que le niveau supérieur était comme une vision de l’enfer lui-même. Tout le monde était mort. Des morceaux de tripes, d’os et de cervelle étaient éparpillés partout.

Je ne voulais pas que Nia, Rouge et Euri reçoivent une attention excessive. Elles étaient après tout membres des Chats Rouges. J’avais utilisé la [Porte] pour nous ramener secrètement à la cachette.

Une fois de retour, Euri prépara du thé. Je l’avais siroté et j’avais finalement réfléchi à ce qui se passait.

« Ce Gollem était… terriblement fort. »

Euri m’avait prévenu de la régénération de la couronne, mais elle était bien plus intense que je ne l’avais pensé. Viola semblait se régénérer aussi bien que l’armure en phrasium des Frame Gears personnalisés.

Ou peut-être était-elle encore plus forte que ça… Je l’avais coupée en deux, et elle est revenue comme si de rien n’était. Ce n’était pas juste une régénération normale, c’était beaucoup plus rapide et intense. Je n’avais aucune idée de la façon dont je pourrais vaincre quelque chose avec une telle capacité.

« Alors c’est le genre de choses dont les couronnes sont capables… »

J’avais frissonné. Nia jeta un coup d’œil à Rouge, puis à moi. Elle prit ensuite la parole.

« Les Gollems Couronnes possèdent un pouvoir incroyable, mais ils exigent un prix de leurs maîtres. Il y a des risques. Il y a un prix à payer pour obtenir l’immortalité. »

« Quel genre de coût ? »

« Rouge, par exemple, est capable de générer des flammes et de gagner une force directement proportionnelle à la quantité de sang que je lui donne. Plus je fais couler de sang, plus il devient fort. Mon père, l’ancien chef des Chats Rouges… C’est comme ça qu’il est mort. Il a donné autant de sang que sa vie le lui permettait, pour faire de Rouge une force inarrêtable. »

Un pacte de sang ? ! C’est quoi ce bordel… Il est mort pour ça ? Du sang préservé ne suffisait pas. Ça devait être du sang fraîchement versé. De mémoire, j’avais entendu dire qu’un humain mourrait s’il perdait un tiers de son sang, son père avait donc dû dépasser cette limite…

« Alors quel est le prix payé pour la couronne violette… ? »

« Je ne suis pas tout à fait certaine que ce soit vrai… Mais j’ai entendu dire que le prix est la santé mentale. Ils atteignent lentement de nouvelles profondeurs de dépravation et de folie, jusqu’à ce que finalement… Une fois qu’ils ne se souviennent plus de qui ils sont, ou de ce qu’ils font, Viola les achève et cherche un nouveau maître. On dit que seule la couronne violette peut tuer le maître violet. D’après ce que je sais, Viola a tué chacun de ses précédents maîtres. C’est la punition pour un corps qui ne peut être tué d’aucune autre manière. »

Est-ce que ça veut dire que son attitude folle est due au fait qu’elle a perdu la tête à cause de la couronne… ? Peut-être… Mais j’ai l’impression qu’elle a toujours sa personnalité…

« Malgré leur corps, les maîtres violets ont tendance à avoir la vie la plus courte. Les autres maîtres de la couronne comme moi n’ont pas vraiment besoin de s’inquiéter de mourir, tant qu’ils vivent prudemment, mais les maîtres violets ont une mort quasi garantie. »

***

Partie 8

Je me demande comment les corps immortels étaient obtenus… C’était peut-être de la magie ? J’avais pensé qu’elle était peut-être morte-vivante, ce qui semblait être l’approximation la plus proche. Elle avait après tout des yeux ternes et sans vie.

Les maîtres violets perdaient la raison jusqu’à ce que tout semblant de raison ait disparu de leur esprit… Ils sombraient dans la folie, puis étaient abattus par la source de celle-ci.

J’avais ouvert ma carte et j’avais cherché la localisation de Luna. Rien n’était apparu. Elle portait probablement un artefact ou quelque chose qui l’empêchait d’être localisée. Cela ne m’aurait pas surpris qu’il y ait des Gollems dans ce monde avec des capacités similaires à mon sort [Recherche]. Quand on y pensait, les capacités singulières du Gollem étaient similaires aux sorts Néant uniques des gens.

Selon Nia, elle était également en possession d’un objet capable d’altérer la mémoire de ceux qu’elle rencontrait, si bien que les survivants de ses attaques ne se souvenaient que d’une couronne violette et d’une « maîtresse frénétique ». Les personnes qu’elle faisait s’évanouir de peur étaient généralement celles qui restaient en vie, et celles qui avaient des souvenirs flous. La peur restait inscrite en eux, et le simple fait de leur demander ce qui s’était passé suffisait à les mettre en état de choc. Il semblerait que Luna et sa couronne étaient comme des faucheurs errants. Mais Luna elle-même finira par être la cible d’un fauchage…

Les Gollems de la série Couronne semblaient être des épées à double tranchant. J’étais un peu inquiet que les Étoiles aient pu avoir des inconvénients similaires…

« Les Gollems Étoile n’ont pas de contrepartie, ne t’inquiète donc pas. Les couronnes ne sont que de parfaites exceptions. Les histoires racontent que les couronnes ont été créées par un ingénieur Gollem nommé Chrom Ranchesse, mais les histoires racontent aussi que cet homme était complètement fou. Il vivait dans l’ancienne civilisation qui a été détruite. »

J’avais eu une étrange impression de déjà vu en entendant ça. Je m’étais demandé si le modèle des génies ne correspondait pas à celui des fous… Le docteur Babylon ne servait à rien, sauf à faire des recherches et à inventer…

Récemment, cette vieille bique avait installé une caméra dans les toilettes des filles… Je l’avais surprise en train d’épier mes fiancées et de glousser comme une vieille… Naturellement, je l’avais frappée sur la tête et lui avais dit de l’enlever.

J’avais sorti les trois Gollems que j’avais achetés dans mon [Stockage]. Je n’étais pas capable de stocker des êtres vivants, ou du moins conscients, avec ma magie. J’avais déjà essayé d’y stocker les mini-robots Babylon, mais ça n’avait pas marché. Il était probable qu’après avoir activé ces trois-là, je ne pourrais pas les remettre dedans… Mais j’avais besoin que Nia me dise comment les activer pour commencer.

J’avais ouvert la vitrine et j’avais sorti le Gollem au thème rouge. Il était vraiment de taille enfantine… Il était en fait plus petit que Rouge, maintenant que je l’avais regardé de plus près.

Il avait une forme féminine, plus précisément le corps d’une jeune fille. Sa couleur de base était le blanc sur toute sa surface. Il n’avait pas d’autres traits humains que le visage. Pas d’oreilles, pas de nez, pas de bouche. C’était un peu comme si elle portait un masque… elle n’avait pas l’air bizarre ou autre. Ses traits étaient toujours humains.

« Wow… Ça ressemble vraiment à un humain… », murmura Euri en inspectant le Gollem.

Ces Gollems n’avaient probablement pas été conçus pour le combat. Ce type de Gollem était souvent plus intelligent que les Gollems standards et avait probablement été créé avec une apparence humanoïde pour pouvoir s’occuper des enfants ou des maisons.

Même si Rouge et Viola étaient également humanoïdes, ces Étoiles n’étaient pas revêtues d’une armure et ressemblaient donc beaucoup plus à des personnes que les couronnes.

Mais pour être honnête, j’étais trop habitué aux sœurs Babylon. Chaque fois que Nia ou Euri commentaient à quel point les Étoiles avaient l’air humain, je n’y croyais pas.

« Alors, comment on les active ? »

« Tu es censé placer ta main sur la zone de la poitrine, libérer un peu de ta magie, et dire “Ouvrir”. »

Je n’avais pas compris, mais j’avais fait ce qu’on m’avait dit.

« Ouvrir. »

Un petit souffle d’air changeant était venu de l’Étoile quand sa poitrine s’était ouverte. L’intérieur était plein de machines bizarres. Il y avait un cube en forme de dé qui brillait d’un vert vif, il était contenu dans un étrange récipient en verre qui ressemblait à une balle de softball.

« Le cube s’appelle un G-Cube. C’est le noyau d’un Gollem. Mets ta main dedans et retire-le. »

J’avais tendu la main vers la surface vitreuse du récipient circulaire et j’avais constaté que mes doigts passaient à travers. C’était dégoûtant… Un peu comme plonger ma main dans un pot de vaseline. Le liquide collant engloutit tous mes doigts.

J’avais retiré ma main avec le minuscule cube émeraude, et bizarrement, aucun liquide bizarre n’était sorti avec. C’était vraiment bizarre.

« Tant que le G-Cube reste, tu peux reconstruire un Gollem autour de lui. Il perd cependant ses souvenirs et ses compétences. Ces choses sont stockées dans le cristal Q, situé dans la tête. »

Il semblerait que le cristal Q fonctionne comme le cerveau, tandis que le cristal G fonctionne comme le cœur. Ceux-ci combinés avec des corps fabriqués dans l’ancienne civilisation constituaient les Gollems d’héritage.

On pouvait créer un nouveau Gollem en incorporant uniquement le cristal Q d’un Gollem hérité, mais le résultat final serait largement inférieur à l’original.

De plus, il semblerait que les Gollems, lorsqu’ils étaient inactifs pendant une période de quelques centaines d’années, réinitialisent périodiquement leur mémoire. C’était pourquoi il n’y avait pas vraiment de Gollems d’héritage avec des souvenirs de l’ancienne civilisation.

« Alors, qu’est-ce que je fais avec ça ? »

« Tu dois t’enregistrer comme maître du Gollem en utilisant le G-Cube. Il doit prendre certaines de tes informations génétiques. N’importe quoi devrait suffire, une mèche de cheveux ou un rognon d’ongle devrait être suffisant. »

J’avais arraché une mèche de cheveux de ma tête et l’avais pressée contre le G-Cube. La mèche s’était lentement fondue dans le G-Cube et avait disparu.

J’avais remis le G-Cube dans son conteneur et j’avais refermé le coffre.

Pour voler le Gollem de quelqu’un d’autre, il fallait écraser l’enregistrement avec sa propre génétique. Vous deviez aussi éteindre le Gollem et l’ouvrir… Ce qui était vraiment difficile. La plupart des Gollem résisteraient quand même à un changement de maître.

Prendre le Gollem de quelqu’un par la force ne ferait même pas l’affaire, il faudrait encore ouvrir son coffre et passer outre la propriété.

Les Gollems étaient une propriété personnelle, faire cela est donc hautement illégal. Des mesures de sécurité avaient été mises en place pour empêcher le vol de Gollem, mais je n’avais pas besoin de m’en préoccuper pour le moment.

Après l’installation du G-Cube, j’avais entendu un ronronnement silencieux de l’Étoile, puis une faible lumière rouge apparut sur ses parties translucides. Mais cela n’avait duré qu’un moment, les lumières s’étaient progressivement affaiblies.

« Hmm… Ce n’est pas normal. Normalement, ça aurait déjà commencé maintenant. »

« Je me demande si elle est cassée… Le commerçant a dit quelque chose comme ça. »

Hrmm… Il s’était pourtant activé pendant un moment… Voyons voir… On dirait un vieil appareil cassé. Peut-être qu’il y avait une connexion défectueuse quelque part ? Il faudrait sûrement plus que quelques coups dans le dos pour le réparer…

J’avais décidé de vérifier.

« [Analyse]. »

J’avais utilisé ma magie pour avoir une idée de la structure du Gollem. Je n’avais pas beaucoup de connaissances à son sujet, je ne savais donc pas vraiment ce que signifiaient la plupart de ce que j’apprenais.

Mais je pouvais comprendre comment le flux de magie à l’intérieur fonctionnait. Le flux magique du G-Cube n’atteignait pas le cristal Q, ce qui était probablement le problème. Il y avait un blocage autour de la zone du cou. C’était un peu comme le blocage d’un vaisseau sanguin chez les humains… Mais ce genre de chose serait mortel si ça arrivait à une personne.

J’avais fait le tour du Gollem et j’avais examiné son cou. J’avais remarqué une petite protubérance claire en forme de cube d’environ un centimètre de diamètre.

Je l’avais poussée. Rien ne s’était produit. Ça ne ressemblait pas vraiment à un interrupteur. J’avais utilisé [Analyse] dessus, ce qui avait révélé la présence d’une petite barrière magique autour d’elle, perturbant le flux de magie autour du cou du Gollem.

Est-ce une sorte de mécanisme de sécurité ? Peut-être que si je l’avais acheté légalement, j’aurais eu une clé pour désactiver cette partie ou quelque chose comme ça.

Voyons si je peux faire quelque chose à ce sujet…

« [Craquage]. »

Je m’étais mis à travailler sur les procédures de démarrage du Gollem. Mon sort Néant avait complètement annulé les exigences d’activation de l’unité Étoile devant moi. Il était impossible de modifier l’ensemble, mais j’avais pu modifier la petite partie qui maintenait la petite barrière active.

Une fois la barrière enlevée, le flux magique avait réussi à remonter jusqu’à la tête. Puis, les parties rougeâtres claires sur tout le corps de l’Étoile commencèrent à s’éclairer doucement. La magie devait avoir atteint le cristal Q.

« Oh, ça a bougé. »

« Wôw, tu l’as fait ! »

Le duo s’était réjoui, mais elles avaient été promptement interrompues par une voix qui venait de l’Étoile.

« Activation… Activation… Le modèle numéro ETA-01 a été formellement activé. Tous les systèmes sont nominaux. Enregistrez le nom du maître, et le nom de la machine. »

Ooh, ça parle. Ou… eh bien, je suppose que ça ressemble plus à un message enregistré.

« Uhh… Le nom du maître est Mochizuki Touya. Le nom de la machine est… Uhh… Attends… »

C’était un Gollem Étoile, je voulais donc lui donner un nom en rapport avec l’astronomie.

Quelques étoiles rouges célèbres de mon ancien monde étaient Antarès de la constellation du Scorpion et Bételgeuse de la constellation d’Orion. Aucun de ces noms n’avait cependant l’air particulièrement féminin.

Je suppose qu’il n’est pas nécessaire que ce soit un nom d’étoile.

« Euh… Tu t’appelles donc Rubis. »

« Compris. Le changement dans l’enregistrement principal est en cours. Redémarrage initié. »

J’avais aussi donné à Kohaku et aux autres des noms basés sur des minéraux et des pierres rares. J’avais donc pensé que nommer les Gollems de cette façon serait bien. Le nom de Kougyoku signifiait aussi rubis… Mais ce n’était pas un problème.

Il allait de soi que j’appellerais les deux autres Saphir et Émeraude… Mais c’était un peu long. Saph et Emerl étaient probablement suffisants.

Rubis s’était arrêté de bouger pendant un bref instant, puis émit un faible bruit. Il tourna sa tête vers moi.

« Tu peux me comprendre ? »

« Ping. »

Rubis fit un signe de tête vers moi. Huh, elle ne peut pas parler ? Mais elle a parlé tout à l’heure.

« Ce Gollem a probablement un apprentissage intuitif. Il n’aura que des bruits et des mouvements limités pour commencer, mais il devrait être capable d’apprendre avec le temps sans problème. »

Comme Nia parlait, Rouge hocha la tête. Dans un sens, elle était un peu comme un bébé en ce moment, je devais donc consacrer du temps à son développement et à son éducation.

… Est-ce que ce sera prudent de confier quelque chose d’aussi infantile au Docteur Babylon… ? Je ne lui fais pas vraiment confiance pour l’éducation des enfants.

« Ah bon, ça me paraît bien. Ravi de te rencontrer, Rubis. »

« Ping. »

Rubis avait de nouveau hoché la tête. Est-ce qu’elle va être capable de parler dans le futur… ? Je me demande si je peux demander au docteur de la modifier pour qu’elle apprenne plus vite… Mais peut-être que c’est un peu contraire à l’éthique ?

***

Partie 9

J’étais sur le point d’activer l’Étoile bleue, Saph, quand Nia était soudainement intervenue pour me dire quelque chose d’intéressant.

On m’avait dit que lors de l’enregistrement d’un Gollem, il était préférable de n’en avoir qu’un seul par personne. En effet, si vous aviez plus d’un Gollem sous vos ordres, il était possible que des interférences de signaux se produisent, ce qui avait un impact important sur les performances.

Par exemple, si vous ordonniez au Gollem A de se déplacer vers la gauche et au Gollem B de se déplacer vers la droite, les interférences pouvaient faire en sorte que les Gollem obéissent aux mauvais ordres ou ne se déplacent pas du tout.

Cela pourrait provoquer une erreur fatale en situation de combat.

Mais apparemment, si les Gollems étaient du même type et du même fabricant, l’interférence des signaux était beaucoup moins probable. Comme ces trois-là étaient des Étoiles, il était statistiquement moins probable que leurs ordres soient brouillés… Mais le risque n’était pas nul, alors on m’avait dit de le garder à l’esprit.

J’avais éveillé Emerl et Saph de la même façon en utilisant [Craquage], puis je m’étais enregistré comme maître.

« Enchanté de vous rencontrer toutes les deux. »

« Pong. »

« Pang. »

Apparemment, Rubis avait dit ping, Saph avait dit pong, et Emerl avait dit pang.

J’avais décidé de tester les interférences du signal pour m’assurer que tout allait bien.

« Rubis, lève ta main droite. Saph, lève ta main gauche. Emerl, lève tes deux mains. »

Je leur avais donné des ordres contradictoires, mais elles les avaient suivis sans problème. On aurait dit qu’il n’y avait pas de problème.

Ces trois-là me rappelaient le trio ninja. Sarutobi Homura, Kirigakure Shizuku, et Fuma Nagi. Surtout parce que les noms étaient associés au feu, à l’eau et au vent… Et ça allait plutôt bien avec le thème rouge, bleu, vert.

Je m’étais demandé si je pouvais confier les Gollems à ces trois filles… Mais ce n’était probablement pas possible. L’idée de Ninja Gollems semblait cependant cool…

De plus, j’avais acheté ces trois-là pour qu’elles gardent le Disrupteur Dimensionnel.

C’est un peu tard pour demander ça, mais… est-ce qu’ils vont même être capables de protéger l’endroit ? Ces Étoiles semblaient plus aptes à s’occuper des gens et à soigner… Je ne savais pas si elles étaient bonnes pour le combat. Mais il était un peu trop tard pour s’en inquiéter, j’avais donc décidé de faire en sorte que ça marche. Il serait probablement préférable que je les équipe de quelques armes décentes…

Tout se passera normalement bien. J’avais donc décidé de ne pas m’en inquiéter. J’allais de toute façon me concentrer maintenant sur la recherche d’un endroit où installer le Disrupteur Dimensionnel. Un endroit inhabité serait probablement le meilleur.

S’il y avait un endroit similaire à l’île des Dragons dans le monde normal, ce serait plutôt bien. Je ne pensais pas que quelqu’un s’approcherait de quelque chose comme ça.

J’avais demandé s’il y avait un endroit comme ça. La réponse que j’avais obtenue était inattendue.

« … Il y a un endroit comme ça ? »

« Si tu parle d’une île de Dragons… Alors oui. L’île de Drakliff. Personne n’y va jamais, car c’est plein de Dragons enragés. Leur nid est là. »

Le nom était assez similaire. Je l’avais regardé sur ma carte. Si je la comparais au monde normal, elle se trouverait au milieu de la mer enclavée qui bordait Hannock, Roadmare, Yulong et Regulus. Elle était un peu plus petite que Brunhild.

Hmm… Personne ne l’a vérifié à cause des Dragons, c’est plutôt pratique… Luli pourrait aussi m’aider pour les négociations.

« Les Dragons de ce monde t’écouteront-ils ? »

« S’il y a des Dragons anciens ou aînés, alors ça devrait aller… C’est en tout cas ce que je pense. Mais si l’île ne compte que de jeunes Dragons qui ne sont pas au courant de mon existence, nous risquons de voir une résistance. Si c’est le cas, alors laissez-moi faire… Je serai capable de les submerger et de les dominer par la force. »

Cela semblait avoir du sens. Les jeunes Dragons semblaient certainement avoir la gâchette facile. C’était une espèce avec une longue durée de vie, leur jeunesse était donc beaucoup plus longue. Un Dragon de cent ans était à peu près aussi raisonnable qu’un humain de dix ans. S’il n’y avait que de jeunes Dragons, alors Luli n’aurait qu’à affirmer sa domination. Avec un peu de chance, les aînés seraient dans le coin. Mais je ne voulais pas qu’on en arrive là.

Pourtant, si nous pouvions obtenir le soutien des Dragons de ce monde, ils feraient d’excellents gardes.

« D’accord, je pense que je vais y aller. Merci pour votre aide, sérieusement. »

« Nous aimerions également te remercier de nous avoir enseigné la magie. Es-tu sûr que nous pouvons les garder ? »

Nia fit un geste vers les fragments de pierre à sorts et le livre de sorts pour débutants que j’avais laissé derrière moi pour elles.

« Ça ne me dérange pas, j’ai eu ce livre quand j’ai commencé moi aussi. Vous ne pourrez pourtant pas lire les mots si vous ne portez pas ces lunettes. »

J’avais tendu les lunettes traductrices à Nia. Les sorts de base des six écoles de magie étaient couverts par le livre, j’avais donc pensé qu’elle le trouverait utile.

« Juste un rappel, cependant… Faites attention à qui vous enseignez, d’accord ? Mes propres professeurs m’ont appris que la magie est quelque chose que l’on utilise pour apporter la joie aux autres, pas la misère. »

Je les avais appelés mes professeurs, mais c’était Linze et Leen, mes fiancées.

« Je comprends. Je jure sur le nom des Chats Rouges, le nom de nous, voleuses chevaleresques. Nous ne ferons que faire pleurer les méchants avec nos sorts. »

Nia fit un grand sourire. Et comme je lui faisais confiance pour ne pas abuser du pouvoir, tout irait bien. Ou plutôt, je faisais confiance à Est pour la garder sous contrôle.

J’avais quitté la tente. Je voulais voler directement vers l’île avec Luli, mais ce serait trop voyant si je la montais ici. N’importe qui dans les environs découvrirait probablement cet endroit s’il voyait des choses étranges s’envoler du fort.

J’avais donc décidé d’utiliser la [Téléportation] pour partir.

« Très bien, je m’en vais. J’espère que nous pourrons nous revoir. »

« Ok ! »

J’avais serré la main des deux filles, puis j’avais utilisé [Téléportation] pour atteindre des montagnes proches. J’avais pensé à me téléporter directement sur l’île, mais je ne voulais pas me tromper de lieu et me téléporter dans la mer. Après tout, mieux vaut prévenir que guérir.

J’avais demandé à Luli de se transformer en bête céleste, et j’avais sauté sur son dos avec Kohaku, Rubis, et les autres Gollems. J’avais lancé [Invisibilité] pour nous garder cachés.

« Partons, mon seigneur. »

Luli s’était envolée dans les airs, et nous avions commencé à voler vers le nord.

Notre destination était l’île de Drakliff.

J’espérais que les Dragons de ce monde soient plus raisonnables que ceux du monde d’où je venais.

◇ ◇ ◇

« Grauuuuuurgh ! »

Un énorme dragon de cuivre se tenait devant nous sur la plage de sable. Il poussa un rugissement assourdissant.

J’avais une vague idée de ce qu’il disait, mais j’avais vérifié juste pour être sûr.

« Qu’est-ce qu’il a dit… ? »

« Il a dit… Ne t’approche pas de moi ou je te tue. »

Luli laissa échapper un petit soupir en s’asseyant perchée sur mon épaule.

Nous étions actuellement dans un petit village de pêcheurs près de l’île de Drakliff.

J’allais chercher quelques informations sur l’île avant de m’y rendre directement, mais au moment où j’avais commencé à me renseigner, ce Dragon de cuivre était descendu et avait commencé à attaquer le village.

Luli et moi étions intervenus. Il se mit alors à nous rugir dessus.

« A-t-il une raison d’attaquer la ville ? Les gens d’ici ont-ils fait quelque chose de mal ? »

« Non, il semble nous crier dessus, car on a interféré avec sa partie de plaisir. »

Il ne faisait que s’amuser ? Tout comme ce maudit Dragon Noir… Les Dragons de ce monde méprisent-ils aussi les autres espèces ? Bien sûr, ils sont forts, mais c’est quand même un peu trop…

« Il est donc jeune ? »

« Oui. En termes humains, il a l’équivalent de seize ans environ. Il a toute cette puissance, mais il n’a pas beaucoup d’empathie. »

Je ne pouvais pas supporter que ce Dragon vienne s’en prendre aux gens juste pour le plaisir. Plusieurs maisons avaient déjà été réduites en cendres, mais heureusement personne n’était mort.

« Tu peux lui dire de retourner sur l’île, ou pas ? »

« Je ne pense pas qu’il va écouter… »

Luli avait essayé de parler au Dragon dans sa langue maternelle, mais il répondit en rugissant encore plus fort. Puis, sans crier gare, il cracha une énorme boule de feu dans notre direction.

« [Absorption]. »

Le souffle de feu ardent s’était dispersé dans l’air, disparaissant comme une fine brume. Le sort que j’avais invoqué rendait les attaques magiques inertes, et les transformait en ma propre puissance.

Pour l’essentiel, le souffle du Dragon était une combustion magique interne qui utilisait la réserve de magie du Dragon qui le crachait. C’était pourquoi il était plutôt facile de l’absorber.

« Ça ne sert à rien de parler, hein ? Je suppose que nous n’avons donc pas besoin de nous retenir. »

« Monseigneur… Est-ce que je peux déjà le découper en morceaux ? Je ne supporte pas la façon dont il vous traite… Qu’il vous parle comme ça. »

Je n’étais pas trop surpris par le comportement de Kohaku. Elle était sur le point d’exploser. Elle ne comprenait pas la langue du Dragon, mais elle pouvait dire que l’ennemi était probablement en train de dire du mal de moi.

Je pouvais la voir s’accroupir, comme si elle se préparait à bondir.

« S’il te plaît, attends un moment, Kohaku. Laisse-moi m’en occuper, d’accord ? Je vais discipliner cet enfant malpoli. »

« … Hmph. Ne te retiens pas juste parce que c’est l’un des tiens. »

« Je ne me retiens jamais, Kohaku. Je ne suis pas comme toi. »

Luli s’était envolée de mon épaule et reprit sa vraie forme. C’était un magnifique Dragon Bleu, maintenant exposé sur la plage.

Le Dragon de Cuivre la vit se transformer, ce qui le fit reculer d’une légère crainte.

« Gaauuuuuuuugh ! »

Le dragon cuivré poussa un autre rugissement dans une tentative futile de l’intimider. Elle l’ignora, mais j’avais remarqué qu’un de ses yeux avait tressailli… Ça t’a mis en colère… ? Qu’est-ce qu’il a dit ? Luli inspira soudainement, puis laissa échapper une flamme bien plus intense que celle que le Dragon de Cuivre avait soufflée plus tôt.

Le Dragon de Cuivre avait été englouti par la flamme azur jusqu’à ce qu’il soit réduit en cendres. Au bout d’un moment, son corps s’était complètement effondré. Bon sang

« … Tu en as peut-être un peu trop fait. »

« Je n’avais aucune pitié pour un individu aussi insolent que lui. Il y a une limite à l’ignorance, et il vous a insulté assez chèrement. »

Ahh… Donc ce dernier rugissement devait être une sacrée insulte… Luli avait vraiment une façade calme et posée, mais elle était vraiment fougueuse quand elle le voulait. Je le voyais assez régulièrement dans ses disputes avec Kohaku.

J’étais content qu’elle soit en colère pour moi, mais… Elle avait complètement détruit cet animal. Je me sentais un peu mal pour lui.

Mais ça ne servait à rien de s’en faire. Il brûlait le village, alors je suppose qu’il l’avait bien cherché.

« Allons sur l’île pour l’instant. Si on peut parler à un Ancien ou à un Dragon Vénérable, on trouvera peut-être quelqu’un qui écoutera la raison. »

« En effet, je l’espère. Espérons que cet enfant n’était qu’une aberration. »

J’avais sauté sur le dos de Luli avec Kohaku et les Étoiles, et nous étions partis pour l’île.

***

Partie 10

Après un moment, une petite masse terrestre était apparue. Ce devait être l’île de Drakliff.

Il y a beaucoup de Dragons qui volent là-bas… Oh, ils viennent par ici… J’avais entendu beaucoup de rugissements, et nous nous étions rapidement retrouvés encerclés.

« Ça ne me semble pas très amical… »

« Ils sont sortis pour nous intimider. Ce sont tous des jeunes, apparemment des amis du dragon cuivré. »

« Dis-leur que j’aimerais parler à celui qui dirige leur île. »

« Très bien. »

Luli se tourna vers les dragons environnants et laissa échapper un cri, qui suscita une série de rugissements de leur part. Oh mon dieu… Ils sont si bruyants.

« Ils disent qu’il n’y a aucune raison pour nous de rencontrer l’aîné, ils se méfient des étrangers. »

« … Ils ne peuvent vraiment pas tenir une simple conversation, hein ? »

Luli était une créature qui régnait comme l’apogée de la race des dragons, mais apparemment, son absence de manifestation dans ce monde pendant si longtemps avait fait que leur connaissance d’elle avait diminué. Il était cependant logique qu’elle ne vienne pas souvent ici. Il n’y avait pas beaucoup de magie, alors qui aurait été capable de la convoquer ?

L’Ancien devait probablement la connaître, mais ces jeunes ignorants nous retenaient pour l’instant. C’était un peu ennuyeux.

« Que devons-nous faire ? »

« Pour l’instant, vole directement vers l’île. Nous allons la traverser et rencontrer l’aîné par la force. »

« Compris. »

Luli s’était mise à voler, incitant les dragons environnants à lancer des rafales de feu, de glace et d’éclairs sur nous. J’avais utilisé [Absorption] pour annuler chacune de leurs volées.

Nous avions atterri sur l’île, mais nous nous étions retrouvés face à plusieurs dragons ressemblant à des tyrannosaures. C’était des Dragons de Terre, une espèce qui n’avait pas d’ailes.

« Ne bougez pas, bande d’idiots ! »

Kohaku sauta du dos de Luli et se transforma en bête céleste. Son impact avec le sol généra une onde de choc massive, immobilisant les ennemis qui arrivaient.

« Verrouillage de la cible ! [Gravité] ! »

J’avais utilisé mon smartphone pour lancer mon sort sur tous les Dragons de Terre environnants en même temps.

« Gyraauuugh ?! »

Les dragons effondrés commencèrent à hurler de confusion. Je n’avais pas ajouté assez de poids pour les tuer. Je les avais juste mis en pause pour un moment.

Alors que je m’occupais des Dragons de Terre, un grand s’était abattu devant Luli. Son corps vert, depuis le cou jusqu’en bas, était couvert d’épines acérées. Je me souviens avoir lu quelque chose sur lui dans le bestiaire de la guilde… C’est un dragon à pointes.

Il était massif. Bien plus massif que Luli.

« Groaaaaaaar ! »

« Gwauuuuuugh ! »

Le dragon à pointes rugi, ce qui incita Luli à rugir à son tour. Mes oreilles me faisaient mal.

Il commença à inspirer, il se préparait à expirer une attaque. Luli releva le défi et commença à inspirer à son tour.

Les deux lancèrent leurs attaques de souffle brûlant en même temps. Les deux torrents de flammes se rencontrèrent au milieu, se mêlant et se poussant l’un contre l’autre jusqu’à ce que le souffle de Luli l’emporte. L’énorme dragon à pointes fut rôti vivant et s’écroula sur place.

Des bouffées de fumée flottaient dans l’air au-dessus de son cadavre grillé.

« Était-ce l’Ancien ? »

« Non, celui-ci est encore plus jeune que celui que j’ai brûlé plus tôt. Il était en train de dire du mal de nous. »

Celui-là était jeune ? Mais il était énorme ! Je suppose que la taille n’est pas un indicateur d’âge quand il s’agit de cette espèce.

Hm ? Un autre dragon est descendu vers nous depuis la montagne au milieu de l’île. Les autres dragons, qui hurlaient dans le ciel, se sont soudainement tus lorsqu’il s’est approché.

« Ohh… ? »

J’avais posé mes yeux sur le dragon qui était sorti pour nous voir, et j’avais involontairement laissé échapper un son d’étonnement. C’était clairement un Dragon Ancien… Mais il aurait même pu être un l’Ancien.

La créature argentée s’était élevée dans les airs avec élégance et assurance, avant de se poser doucement sur le sol près de nous.

« Je ne peux contenir ma joie… Que le grand Monarque Azur apparaisse devant nous… À quoi devons-nous un tel honneur ? »

Le Dragon d’Argent parla avec un ton humain éloquent en inclinant sa tête. Les autres dragons suivirent soudainement son exemple, atterrissant dans la zone et inclinant leurs corps vers le bas.

« Je ne suis pas le monarque Azur ici, mon enfant. Tu peux m’appeler Luli. Car ce nom m’a été donné par mon maître, Mochizuki Touya. »

Le Dragon d’Argent ouvrit les yeux, en état de choc pendant un moment, avant de se tourner vers moi et d’incliner la tête.

« Je vous demande pardon pour les enfants stupides de cette île… »

« C’est ce que tu devrais faire, rustre ! Tu ne sais pas comment discipliner… ?! »

J’avais mis mes mains sur la bouche de Kohaku avant qu’elle ne gâche tout. Je ne voulais pas qu’elle gâche une situation délicate.

« C’est bon, ne vous en faites pas. Êtes-vous le dragon qui dirigeait cet endroit ? »

« C’est moi. Je dirige cet endroit, et cet incident est ma faute. Pardonnez-moi de n’avoir pu arrêter ces enfants pitoyables… »

Tu sais, ce type n’a pas l’air très bien. Il n’a pas l’air d’avoir beaucoup d’énergie… Est-ce à cause de la colère de Kohaku, peut-être ? Non, en fait… Il volait lentement juste avant aussi… y a-t-il quelque chose qui ne va pas chez lui ? C’est peut-être pour ça qu’il n’a pas réussi à unifier les dragons ici.

En plissant les yeux, j’avais remarqué quelque chose de particulier sur la queue du dragon d’argent. Il y avait une décoloration violette vers le bout. J’avais regardé d’un peu plus près et j’avais remarqué des taches violettes sur toute la queue.

« Qu’est-ce qui ne va pas avec votre queue, exactement ? »

« … J’ai un peu honte de le dire, mais il y a environ deux cents ans, un humain et une poupée mécanique m’ont infligé cette blessure. C’est une malédiction qui me ronge encore aujourd’hui. J’ai envisagé de me mordre la queue, mais je préfère vivre dans la léthargie et la douleur plutôt que de renoncer à ma capacité de voler. »

Le dragon d’argent baissa les yeux, honteux. Renoncer à ta capacité de voler ? Hein ?

« Les dragons ont-ils besoin de leur queue pour voler ? »

Luli m’expliqua la situation : « Pas vraiment… Nous comptons sur la queue pour nous équilibrer pendant le vol. Il y a en effet des dragons qui ne peuvent pas voler, comme les Dragons de Terre… Mais la physiologie des Dragons de Terre leur confère une incroyable force dans les jambes. Les espèces aériennes n’ont pas ce genre de puissance… Donc s’il enlevait sa queue, il serait incapable de voler, et incapable de s’épanouir sur le sol. Il ne serait pas du tout une créature que l’on peut appeler un dragon. »

Bon sang… Qui pourrait faire une chose pareille au dragon… ? Je suppose que par poupée mécanique, il fait référence à un Gollem, mais je me demande quel genre de Gollem pourrait mutiler un dragon comme ça.

« Ce Gollem… Euh… Cette poupée mécanique… De quelle couleur était-elle ? »

« Si je me souviens bien… Elle était violette… Pourquoi ? »

Violette… Ça devait être Fanatic Viola… Comme c’était il y a 200 ans, elle servait probablement un autre maître que Luna.

Attendez, je ne devrais pas sauter aux conclusions. Il est impossible que Viola soit le seul Gollem violet au monde. Ça ne veut pas dire qu’une couronne a fait ça.

« Je vais vous guérir. Ne bougez pas, s’il vous plaît. »

« Oh ? »

J’avais fait le tour de la queue et j’avais examiné la blessure. C’était probablement un poison puissant. Je jugeai que ce genre de chose tuerait un humain en quelques minutes, mais le corps du dragon lui avait permis d’y résister pendant plus de deux cents ans. Enlever le poison était la première étape.

« [Récupération]. »

J’avais laissé la magie de ma main pénétrer dans la queue argentée, et les tendres taches violettes avaient commencé à s’éclaircir. Ses belles écailles commencèrent à retrouver leur éclat d’argent.

« Viens, Lumière ! Calme de la Déesse : [Guérison Max] ! »

J’avais ensuite terminé en soignant tous les dommages que le poison avait causés à sa queue.

« Ooh… Mon corps… ! Comme c’est rafraîchissant… Je me sens jeune à nouveau ! »

Le Dragon d’Argent rugit dans le ciel, incitant tous les autres dragons de l’île à rugir avec lui.

J’avais déjà entendu un chien hurler, mais les dragons étaient à un niveau complètement différent. Une bande de dragons rugissant en même temps faisait frémir l’air.

« Ghhh… ! »

{Ils chantent vos louanges, mon seigneur. S’il vous plaît, pardonnez-leur pour cela.}

La télépathie de Luli m’avait empêché de grommeler trop fort. S’ils étaient polis, alors je serais poli à mon tour.

J’avais écouté les dragons et leurs hurlements bruyants pendant un moment encore, jusqu’à ce qu’ils s’arrêtent enfin. Le Dragon d’Argent s’était tourné vers moi et avait incliné sa tête profondément.

« Seigneur Mochizuki Touya… Je ne pourrai jamais rembourser la dette que vous m’avez donnée aujourd’hui. Néanmoins, y a-t-il quelque chose que nous puissions faire pour vous ? »

« En fait, oui. Vous n’avez pas besoin de vous soucier de ce genre de choses, mais j’aimerais vous demander une petite faveur. Pourriez-vous m’accorder un territoire sur cette île ? J’aimerais y construire une maison. »

« Quelque chose d’aussi dérisoire ne peut être considéré comme une demande. Vous pouvez avoir un peu d’espace sur le flanc de la montagne, il y a une vue magnifique qui surplombe toute l’île. »

Ça m’avait semblé très bien. J’avais hoché la tête et lui avais demandé de m’y guider.

Contrairement à la lente élégance dont il avait fait preuve auparavant, le dragon d’argent battait maintenant des ailes à pleine puissance et s’élançait dans les airs. Nous l’avions suivi sur le dos de Luli, jusqu’à ce que nous atteignions la zone située sur le flanc de la montagne.

Quand nous étions arrivés, le Dragon d’Argent s’était enveloppé d’une lumière éblouissante, semblant changer de forme. Une fois que la lumière s’était calmée, il s’était transformé en une forme humanoïde. Il ressemblait à un jeune homme avec de longs cheveux argentés flottants qui lui arrivaient à la taille.

Il avait des cornes qui sortaient de sa tête, et des écailles rugueuses sur ses membres, il ressemblait au peuple de Sonia. Il portait un pantalon ordinaire et une veste simpliste. Franchement, il était beau. Je n’étais pas forcément jaloux, mais il était vraiment beau.

« Huh… Vous pouvez vous transformer en humain ? »

« En effet. Nous, les dragons d’argent, avons une affinité pour la forme et l’espèce humaine, et cette affinité s’est manifestée par ce trait. »

« Tu peux faire ça, Luli ? »

« Je ne vois aucune raison de le faire. Et si vous voulez mon avis, les dragons d’argent sont des créatures étranges. »

Luli secoua la tête en se transformant à nouveau en sa mini-forme. Vu qu’elle pouvait se transformer en cette forme, elle pouvait probablement se transformer en humain si elle le voulait. Il s’agissait plutôt de ne pas vouloir que de ne pas pouvoir.

Luli et les autres bêtes célestes semblaient fières de leurs formes normales, elles n’avaient donc pas besoin de se transformer en humanoïdes.

J’avais marché vers le bord de la falaise. La vue sur l’île était superbe.

« C’est plutôt bien. J’aime vraiment la vue… »

« Ping. »

Rubis commença à m’imiter, en regardant autour d’elle. Saph et Emerl commençèrent à l’imiter à leur tour. Je me demandais si ça leur plaisait.

« Je suppose que je devrais préparer la zone, alors… »

***

Partie 11

J’avais aplani les parties en pente et créé une solide fondation de terre avec la magie de Terre. C’était quand même un affleurement sur le flanc d’une montagne. Je ne voulais pas risquer un glissement de terrain.

Après avoir créé des fondations assez solides, j’avais ouvert [Stockage] et j’en avais tiré une maison.

« Wow… »

« Ping… »

« Pong… »

« Pang… »

Le Dragon d’argent, Rubis et ses sœurs furent surpris. Je suppose que cette action soudaine les avait pris par surprise.

J’avais acheté cette maison il y a un moment. Elle appartenait à un noble de Regulus, mais j’avais réussi à le convaincre de s’en séparer pour un bon prix.

J’avais posé la maison et l’avais creusée profondément dans les fondations solides en utilisant la [Modélisation]. Le jardin avait l’air un peu médiocre pour l’instant, mais je m’étais dit que je pouvais garder les plantations de fleurs pour plus tard.

« Est-ce que ça ne vous dérangerait pas que d’autres humains viennent dans cette maison de temps en temps grâce à la magie de téléportation ? Nous ne dérangerons pas les autres Dragons de l’île, je le promets. »

« Pas de problème. Je m’assurerai que les autres Dragons restent à l’écart de cet endroit. »

Même si j’avais la promesse de l’aîné, j’avais quand même érigé une barrière défensive au cas où. Je sentais qu’il pouvait encore y avoir des Dragons téméraires dans le coin.

J’avais sorti le Disrupteur dimensionnel Mk. II de [Stockage] et l’avais posé au milieu du jardin. À l’origine, je voulais le mettre dans un sous-sol, mais cet endroit n’étant pas habité par des humains, le placer à côté de la maison serait parfait.

Attendez… Il n’y a personne sur cette île. Pourquoi ai-je pris la peine d’installer une maison ? ! J’aurais pu simplement poser le portail et m’arrêter là. Bon, peu importe. Je suppose qu’avoir une autre maison de vacances est une bonne chose.

Tout ce qui restait à faire était de confier la maison à Rubis et ses sœurs… Mais je doutais qu’elles soient prêtes. En plus, je devais les emmener chez le docteur Babylon pour une mise au point.

« Ce serait pratique si je pouvais faire venir Laim pour vivre ici… »

Notre majordome surpuissant serait capable de gérer cet endroit, mais j’étais sûr que sa disparition soudaine du monde dans lequel il est né soulèverait quelques questions.

« Pour être honnête, le Dragon d’Argent peut probablement s’occuper de cet endroit pour vous. Les Dragons d’Argent sont rares et inhabituels dans le sens où ils ont un intérêt actif pour les humains et la culture humaine. »

« Ah oui ? »

« En effet. De temps en temps, je me transforme en humain afin de pouvoir entrer dans leurs villes et en apprendre plus sur leurs coutumes. »

Le Dragon d’Argent hocha lentement la tête. Il semblait aussi curieux qu’il était puissant. Je me demandais si son espèce avait acquis la capacité de se transformer en humains à cause de cette curiosité ardente ancrée en eux. Je m’étais demandé s’il avait été attaqué par le Gollem alors qu’il errait en tant qu’humain…

« Alors… Voulez-vous bien faire ça pour moi ? Vous pouvez utiliser la maison comme si c’était la vôtre, et je vous donnerai de l’argent pour arranger la nourriture et les meubles, comme vous le souhaitez. »

« Cela semble merveilleux. J’adore la culture humaine, et j’ai toujours voulu essayer de vivre dans une maison humaine, cela me convient donc parfaitement. »

J’avais sorti un sac contenant mes pièces restantes. Je lui avais demandé d’utiliser l’argent pour garder la maison en ordre et acheter le genre de meubles qu’il voulait. Je lui avais également donné un tapis volant, car je ne voulais pas qu’il attire trop l’attention pendant ses courses.

« Oh, c’est vrai… Vous êtes un Dragon d’Argent, mais je n’ai pas compris votre nom. Quel est-il ? »

« Ah, pardonnez-moi. Je n’ai pas vraiment de nom. Si vous êtes d’accord, je serais heureux d’obtenir un nom de celui qui a donné un nom à Mlle Luli… »

Dragon d’argent, hein… Hmm… Eh bien, Yumina a déjà appelé son loup Silver, donc je suppose que je ne peux pas utiliser ça…

Je ne pensais pas qu’un Dragon aimerait d’avoir le même nom qu’un loup.

« Je vous appellerai Shirogane, alors… C’est un nom qui signifie argent dans ma langue maternelle. J’ai aussi utilisé ce nom pendant un bref moment lorsque j’étais déguisé. »

« Merci pour votre bénédiction… ! Merci beaucoup… À partir de maintenant, je suis Shirogane. »

Le Dragon d’Argent, Shirogane, s’était incliné devant moi. J’étais plus qu’heureux de lui donner le nom que je portais lorsque j’étais l’Oni masqué.

Bon, je suppose que cela signifie que mes affaires dans ce monde sont terminées pour le moment.

« Très bien, nous allons rentrer pour l’instant. La prochaine fois que je viendrai, j’amènerai mes amis avec moi… Alors, attendez-vous à ce que ça arrive. »

« Bien sûr. À la prochaine fois, mon ami. »

Shirogane fit un grand sourire et inclina sa tête. Il se déplaçait de façon beaucoup plus fluide. Une partie de moi se demandait si c’était vraiment le même Dragon que nous avions vu plus tôt.

J’avais activé le Disrupteur Dimensionnel Mk. II en y versant ma magie. J’avais fait une note mentale afin d’installer un réservoir de réserve magique de ce côté plus tard.

Le compteur s’était rempli beaucoup plus vite que celui de l’île de Palerius.

Luli, Kohaku, et les Étoiles n’avaient pas dépassé la limite de poids, ils avaient donc pu venir avec moi.

Nous avions traversé le portail et étions sortis en toute sécurité dans le Jardin de Babylone.

« Oooh ! Ce sont donc les Gollems que j’ai tant entendu parler ! Je vois, intéressant ! C’est incroyable ! »

J’avais amené les trois Étoiles dans le laboratoire de recherche, où le Docteur Babylone s’était immédiatement mis à les aduler avec un grand sourire.

« Ohoho… Ah oui… Ils sont tous du même modèle ? Femelle ? Mmhm… J’ai hâte de les voir. Hé, mes sœurs… Ne vous inquiétez pas, d’accord ? Je vais vous ouvrir et fouiller dans vos entrailles, aaha ! Ow… ! »

« Arrête ça. Pas de cas de harcèlement sexuel, s’il te plaît. »

J’avais donné un coup de karaté au Doc Babylon sur la tête. Les trois Gollems avaient franchement l’air un peu nerveuses.

« Ça fait mal… ! Allons, c’était juste ma curiosité innocente qui s’est emballée. C’est mon travail ici de m’intéresser aux technologies inhabituelles, non ?! »

« Je comprends, mais ces Gollems ont un système d’apprentissage. Je ne peux pas me permettre que tu leur apprennes des trucs bizarres pendant leur développement. »

J’avais prévenu l’agaçante petite perverse. Je ne voulais pas que Rubis et les autres deviennent comme elle. J’avais définitivement besoin d’une personne plus appropriée pour leur éducation.

« Mm… Bonté divine… Ahh… Vu leurs tailles, de jolis petits vêtements leur seraient appropriés… Des culottes, aussi ! Aahaha ! D-Docteur, pouvez-vous rendre aussi leurs corps plus spongieux ?! »

Tica, celle qui contrôlait le laboratoire de recherche, commença à respirer bruyamment en observant le trio de Gollem. Mais qu’est-ce que tu fais ici, espèce d’escroc en herbe ? Ne les regarde pas avec tes yeux sales ! Pour être honnête, les sœurs de Babylon étaient assez semblables aux Gollems si on mettait dans le même sac les formes de vie artificielles.

Bon… Pas la peine de les garder actifs pendant que ça se passe. J’avais mis les trois Gollems dans un état dormant, arrêtant leurs fonctions pendant un moment.

Je leur avais expliqué les bases que j’avais apprises de Nia, et les avais informés qu’ils ne devaient jamais toucher le G-Cube ou le cristal Q.

« [Analyse]. »

Elle serait certainement capable de comprendre plus que ce que j’avais appris.

« Hm… Intéressant… Il y a ici des composants dont je n’ai jamais entendu parler. Certaines de ces matières premières n’existent peut-être pas dans ce monde, mais je peux les substituer. Quant aux capacités que ces trois-là abritent… Je n’en ai aucune idée, je n’arrive pas à comprendre cette partie. »

« L’autre monde possède une lignée de Gollems appelée les couronnes qui sont capables d’accomplir des exploits incroyables. Il y a une petite chance que ce soit une couronne qui soit venue dans ce monde il y a si longtemps et qui soit entrée en contact avec le vieux Palerius. »

« Une hypothèse intéressante, mais je n’y crois pas encore totalement. Si on suppose que le Gollem a réparé la frontière, que lui est-il arrivé ensuite ? Est-il encore dans ce monde ? »

Ce n’était pas impossible… Mais j’avais fait une recherche de Gollem sur ma carte et je n’avais rien trouvé. Il était probablement retourné dans le Monde Inversé, s’il y en avait un au départ.

Sa capacité pourrait être similaire à celle d’Ende de voyager entre les mondes.

« Eh bien, peu importe. Je vais analyser minutieusement ces trois-là. Je vais probablement apprendre quelque chose de précieux en temps voulu. »

« Compris. Mais franchement, sincèrement… N’en fais pas trop, d’accord ? Et ne les modifie pas avec des pièces supplémentaires bizarres. »

Je m’étais assuré qu’elles savaient que je ne voulais pas d’histoires bizarres. J’avais ainsi quitté le laboratoire de recherche.

Oh, mince, je n’ai pas eu le temps d’acheter des souvenirs là-bas… Tout s’est passé si vite que j’avais envie de rentrer à la maison…

J’avais haussé les épaules et ouvert une [Porte] vers ma chambre au château de Brunhild.

***

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