Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 13 – Chapitre 1 – Partie 6

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Chapitre 1 : Début du festival

Partie 6

Notre plan était d’utiliser un écran pour diffuser les matchs, afin que plus de gens puissent les voir. J’aiderais Monica et Rosetta à installer l’écran avant le début des matchs.

Ça allait être un travail difficile, mais ça devait être fait. Mon smartphone s’était alors mis à vibrer, je l’avais donc sorti de ma poche de poitrine.

« Ah, veuillez m’excuser… »

J’avais fait signe à Yumina et aux autres avant d’utiliser la [Téléportation] pour rejoindre une église à la périphérie de la ville.

« Alors, il vient demain ? ! Qu-Quand ? »

« À midi, je pense. Mais ça pourrait être plus tôt ou plus tard, tout dépend vraiment de lui. »

Je parlais au pape du message que j’avais reçu sur mon téléphone. Sa respiration était soudainement devenue irrégulière et désordonnée… Elle paniquait vraiment. Allait-elle s’en sortir ? Elle est assez âgée, alors j’ai peur qu’elle ait une crise cardiaque ou autre… Elle n’a pas genre… 60 ans, au moins ? Eh bien, ce n’est pas comme si j’allais demander… Ce serait malpoli.

« Que… Que devons-nous faire, Votre Sainteté ? »

« Calmez-vous, Phyllis. Il n’y a rien à gagner à prendre de l’avance… »

Les prêtres qui les accompagnaient n’avaient aucune idée de ce que nous étions en train de faire, alors ils étaient restés bouche bée pendant un moment. Seule la cardinale Phyllis avait compris les implications de ce dont on parlait, ce qui lui avait valu une gestuelle anxieuse. Je suppose que c’était logique. J’étais le seul ici à pouvoir gérer une visite du Dieu Tout-Puissant avec autant de désinvolture.

Karen marmonnait pour elle-même pendant que les deux femmes Ramissh se chamaillaient.

« C’est un peu étrange, vous savez ? Le dieu des mondes qui descend dans le royaume des mortels… Cela n’a pas été observé depuis des millions d’années, vous savez ? »

Il est pourtant déjà descendu une fois… Techniquement, c’était plutôt un avatar… donc il serait plus approprié de dire que les deux dernières fois où je l’ai rencontré dans ce monde, c’était juste une partie de lui… Son pouvoir doit être vraiment immense.

Je ne savais pas s’il allait refaire le coup de l’avatar, ou bien sauter dans un corps humain et descendre comme les autres dieux.

« Je-J’espère qu’on ne le contrarieras pas… Si nous nous retrouvons responsables de l’apocalypse, je… »

« Ça n’arrivera pas. Je te rappelle qu’Il a une politique de non-interférence ? Ne t’inquiète pas de sa venue, il est juste là pour se détendre un peu. »

J’avais essayé de calmer Phyllis avant qu’elle ne s’emballe à nouveau. Je me demandais si elle irait vraiment bien… Elle ne se comportait pas comme une cardinale.

« En plus, mes sœurs et moi serons là, d’accord ? Rien ne va mal se passer. »

« A-Ahh… En fait, toute cette histoire avec le dieu servile est encore en suspens, donc… J’espère qu’il n’est pas en colère contre moi, tu sais ? »

Karen soupira et croisa les bras.

Il pourrait l’être… S’occuper de ce dieu NEET était bien ton boulot, non ? Et maintenant, il est parti et s’est fait absorber par cette méchante bête Divine, et il est complètement hors de notre portée…

Elles auraient pu m’aider à le vaincre lors de la dernière rencontre, mais Karen avait fait en sorte que Moroha et elle soient en retard au rendez-vous…

La méchante bête divine n’avait rien fait depuis. C’était une bonne nouvelle à certains égards, mais c’était aussi inquiétant. Les Petites Phases apparaissaient ici et là et étaient généralement vaincues par des aventuriers de haut rang.

Mais oui… je traînais trop. Je devais vraiment trouver un moyen de réparer la frontière du monde.

J’en étais certain, c’était techniquement possible. Le Monde Inversé que le Vieux Palerius étudiait était probablement la clé de tout cela.

Ma théorie actuelle était que l’un des Gollems du Monde Inversé avait pu être amené dans ce monde par l’une des expériences de Palerius… Et il aurait pu avoir une sorte de pouvoir spécial.

Il était possible qu’en utilisant ce pouvoir, Palerius ait pu réparer la barrière. Mais je n’avais rien d’autre qu’une hypothèse pour avancer, là.

Alors que je réfléchissais, j’avais soudainement entendu un grand bruit… Comme un animal qui miaulait au loin. Est-ce un chat ?

Je m’étais retourné et j’avais vu des dizaines de chats se ruer vers l’église. Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?!

Ils continuaient à miauler encore et encore en sautant sur moi. Ce n’était pas comme s’ils m’attaquaient, mais plutôt comme s’ils essayaient de m’inciter à les suivre… Mais où ? J’avais utilisé une [Porte] pour attraper Kohaku dans le château. Elle pouvait après tout comprendre le langage des chats.

Les chats s’étaient immédiatement calmés en présence du Monarque Blanc.

« Alors, qu’est-ce qu’il y a ? »

« Ah… Il semblerait que M. Mittens soit engagé dans un duel… Ils vous demandent de l’arrêter et d’interrompre le combat. »

« Ce chat est en train de se battre en duel ? ! Avec qui ?! »

« … Le maître de Xenoahs. »

TU TE MOQUES DE MOI !

Le sabre et la rapière s’entrechoquèrent, faisant voler des étincelles. M. Mittens lâcha une rafale de coups vers le chef suprême. Mais le chef démon ne se laissait pas battre si facilement. Il utilisait son sabre pour parer les coups et s’était approché pour effectuer une frappe tranchante horizontale. Cependant, M. Mittens était un chat agile, il avait ainsi habilement évité la lame.

« Assez, Seigneur Chat ! »

« Il est hors de question que je mette un terme à ce combat ! Je ne peux pas du tout dire que je suis apte à garder Dame Fiana si je ne suis même pas capable d’en faire autant ! »

M. Mittens avait fait un sourire et avait rétréci ses yeux.

Tous deux s’approchèrent l’un de l’autre sur le terrain vide de l’école alors que le soleil se couchait au loin derrière eux. Ils avaient donné un coup de pied au sol en tandem, réduisant la distance entre eux… Ils étaient tous deux prêts à porter des coups mortels, quand…

« [Glissade] ! »

« Gwah ! »

« Miaou ?! »

Ma magie les avait fait à la place tomber sur leurs fesses. Ces deux-là étaient complètement stupides.

J’avais laissé échapper un soupir tandis que les deux personnes… Ou plutôt, l’homme et l’animal, se roulaient et se frottait leurs coccyx blessés.

« Qu’est-ce que vous pensez être en train de faire, Seigneur ? »

« A-Ah ! Grand-Duc ?! Je vous promets qu’il n’y avait aucune mauvaise intention, j’essayais simplement de vérifier la force du chat qui défendait Fiana ! »

Fiana était la directrice de l’école de la ville du château de Brunhild, et M. Mittens était un chat qui avait été invoqué par Sakura pour l’aider.

Il avait dit qu’il voulait évaluer la puissance du chat, mais quelque chose me semblait louche. Il était plus probable qu’il était simplement jaloux du fait que M. Mittens avait l’attention de la fille et de l’ancienne amante qui l’avait éconduit.

Pourtant, il n’avait pas l’air d’y aller à fond. Il n’avait même pas utilisé de magie.

La magie de Sakura s’intensifiait rapidement, probablement en raison de la divinité qu’elle recevait du fait de sa proximité avec tant de dieux. Je n’avais pas été en mesure de le vérifier, mais je soupçonnais fortement qu’elle surpassait maintenant le chef suprême en termes de potentiel magique. Il était possible que M. Mittens devienne également inutilement puissant en raison de son association avec son biorythme magique vu que c’était l’une de ces invocations.

Quoi qu’il en soit, M. Mittens était probablement en faute pour avoir accepté de se battre en duel avec un leader mondial.

Bien sûr, le suzerain était tout aussi stupide vu qu’il s’était aussi battu, mais cette situation était tellement désordonnée que je ne voulais pas y penser.

« Tu veux t’expliquer, minou ? »

« M-Miaou ! La princesse m’a dit de ne pas retenir mes griffes quand le suzerain est apparu ! Je ne faisais que suivre les ordres ! Elle m’a dit d’essayer de lui casser les jambes ! »

« Whuh ?! »

Le suzerain se serra la poitrine et tomba à genoux. … Allez mec… C’est quoi ce mélo ?

Il était clair qu’il avait été émotionnellement endommagé par le manque de considération de sa fille. Mais ce type était une épave totale… J’étais un peu effrayé par l’influence que Sakura semblait avoir sur lui.

Si Sakura et moi finissions par lui donner un petit-enfant… Cet enfant pourrait un jour se tourner vers lui et l’appeler « ennuyeux »… Il mourrait probablement d’une crise cardiaque sur le champ.

« … L’as-tu fini, M. Mittens ? »

L’une des fenêtres de la classe s’était ouverte et Sakura passa la tête à l’extérieur. Elle semblait assez nonchalante sur le fait qu’elle venait d’ordonner à un chevalier chat suralimenté de briser les jambes de son père, mais… eh bien… elle avait le sang du chef suprême en elle, et elle était techniquement un démon…

Au moment où elle était apparue, le chef suprême s’était levé de sa position affaissée et chargea vers elle.

« Farneeeeeese ! Je suis enfin là, s’il te plaît ! Je ne vais pas rester longtemps ici ! Laisse-moi parler avec Fiana juste un peu ! »

« Mère est occupée pour le moment. Partez, Chef Suprême ! »

Sakura claqua la fenêtre avec un bruit sourd.

Tu n’aurais pas pu dire ça en termes plus gentils… ? Le gars est devenu pâle à cause du choc !

« Grand-Duc… Est-ce que… y-a-t-il une chance que ma fille me déteste ? »

« Non… Je suis sûr qu’elle aurait été beaucoup plus cruelle si elle te détestait à ce point… Je ne peux pas en être sûr, mais… Je ne pense pas qu’elle te méprise. »

« Tu oses dire que ce n’est pas cruel ? ! Mon cœur menace de sortir de ma poitrine ! »

Pour être honnête, il était difficile de dire ce que Sakura pensait la plupart du temps. Elle ne le détestait probablement pas tant que ça, mais elle ne se souciait pas tant que ça de lui. Elle ne semblait pas avoir envie de lui parler. N’ayant pas eu de relation père-fille dans son enfance, elle n’avait donc pas eu le temps de créer un lien avec lui. Elle ne voyait pas vraiment le suzerain comme son père, mais plutôt comme un vieil homme bizarre qui avait commencé à la suivre partout.

Il y avait définitivement une grande distance entre eux deux… Et je me suis demandé si je serais capable de la combler.

« Je sais à quoi ressemble la situation, mais Fiana et Farnese… Ça m’a brisé le cœur de les abandonner, je te le promets… Je l’ai fait dans le but de leur donner une vie heureuse et sûre… Tu comprends… elle est née sans les cornes de ma lignée. Même si elle a le sang du suzerain, elle n’a pas les cornes… Il n’y avait tout simplement aucune chance que la noblesse de mon pays lui permettre de prendre place dans mon palais… Ils auraient fait de sa vie un enfer. Celle de Fiana, aussi. Je souhaitais qu’elle reste à une certaine distance, comme une fille normale… Si je pouvais remonter le temps, tout recommencer… Je serais un homme plus fort, et je les aurais laissés rester… Je les aurais protégées ! Mais c’est hors de mon contrôle maintenant, ce qui est fait est fait. »

Bon sang… C’est assez dur… Sakura peut sûrement comprendre qu’il y avait plus que le simple fait qu’il les ait abandonnées, elle et sa mère…

Pour être honnête, Sakura n’évitait probablement pas le suzerain par mépris pour ce qu’il avait fait, elle ne voulait probablement pas déterrer des souvenirs douloureux pour elle et sa mère.

Même si c’était le cas, traiter avec lui n’aurait pas été plus facile pour autant. De plus, je me retrouvais souvent dans la position délicate de le faire partir.

Je soupirais doucement, me demandant comment le faire partir quand Fiana était sortie de l’école avec Sakura à ses côtés.

« A-Ah ! Fiana… ! Ça fait si longtemps… »

« En effet, mon suzerain. J’espère que vous trouverez Brunhild à votre goût… »

Fiana salua le démon triste avec un sourire sérieux, ce qui fit que Sakura fut choquée.

Sakura, ta mâchoire vient de s’ouvrir complètement.

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