Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 12 – Interlude 2 – Partie 4

Bannière de Dans un autre monde avec un Smartphone ***

Interlude 2 : Peluche fantaisiste

Partie 4

« … Je peux entendre les mots… Tu ne peux pas ? »

« Quels mots ? »

« Quelqu’un récite le dialogue de notre pièce… »

« Hein ? »

Le dialogue ? Qu’est-ce que tu veux dire ? J’avais regardé à travers une fenêtre éloignée et je vis un jeune garçon assis dans une pièce.

Oh… ? C’est le gamin qui regardait le spectacle de marionnettes si intensément… J’avais regardé ses mains, et il portait deux marionnettes de Linze. Ça voulait dire qu’il était le coupable… Mais pourquoi a-t-il fait ça ? me demandais-je.

« Je n’arrive pas à comprendre ce qu’il se passe réellement ici… [Détection lointaine]. »

J’avais utilisé mon smartphone pour afficher mes sens de la vue et de l’ouïe projetés dans l’air. Cela nous permettait à tous de voir ce qui se passait…

« Quittez cet endroit, bande d’animaux ! Eeheheeeh ! »

J’avais été surpris par cette soudaine exclamation. Le téléphone affichait le garçon dans la pièce, brandissant la marionnette de sorcière. Il la montrait à une petite fille, couchée dans son lit.

On aurait dit qu’il recréait la pièce pour elle.

« … Il joue notre pièce ? »

« On dirait bien que… Je l’ai vu quand la pièce a été jouée… Il était vraiment concentré sur la mémorisation de tout ça. »

J’avais été sérieusement impressionné que quelqu’un de si jeune puisse mémoriser tout ça… Il s’était probablement trompé sur quelques détails, mais il avait réussi à faire le récit dans son ensemble.

La fille avait une serviette humide sur le front… C’était probablement sa sœur. À en juger par sa toux occasionnelle, j’avais supposé qu’elle était également malade.

« Je vois ce qui s’est passé… Le garçon voulait que la fille puisse aussi profiter du spectacle de marionnettes… C’est pourquoi il nous a volés. »

« Mmh… Ça ne veut pas dire qu’il avait raison de voler, mais… on comprend pourquoi il l’a fait… »

Yumina et Lu hochèrent doucement la tête. Elles avaient raison. Je n’avais rien à ajouter.

Yumina s’était tournée vers moi.

« Qu’est-ce qu’on fait ? »

« Je ne sais pas quoi faire… »

Il avait peut-être ses raisons, mais voler, c’était voler. Mais quand même… Renne était aussi une voleuse autrefois… Et je l’avais prise sous mon toit en tant qu’employée. En fin de compte, le contexte était essentiel. Je n’aimais pas juger les gens à la hâte sans les comprendre.

« Linze, Sakura ? Qu’est-ce que vous en pensez ? »

J’avais décidé de demander aux deux victimes.

« Je pense qu’il devrait rendre les marionnettes… Elles appartiennent après tout à l’école… »

« Sakura… »

Avant que je puisse parler et avoir l’opinion de Sakura, celle-ci se leva et se dirigea vers la porte de la maison.

Quoi ? !

« Ah… »

Sakura entra directement dans la chambre du garçon. Il avait la preuve de son crime dans ses deux mains. Je ne pensais pas qu’être désolé allait suffire…

« … C’est mal… »

« Hein ? »

« … Cette tirade est fausse… Ce n’est pas “On va…” mais “On y va…” OK ? C’est différent, tu vois ? Ce personnage ne parle pas comme ça… »

Elle lui donna un petit regard, puis un signe de tête.

Elle lui donne des conseils ? Sakura prit la marionnette de chien de la main du garçon, la mit, et se dirigea vers le côté du lit… Elle s’accroupit jusqu’à ce qu’elle soit hors de vue de la fille clouée au lit.

« Nous allons gagner contre cette méchante vieille sorcière ! »

La marionnette chien (Sakura) cria de façon dramatique.

Pourquoi refais-tu… le spectacle ? Linze gloussa légèrement, avant de se lever et d’entrer dans la maison après Sakura. Elle sortit la marionnette écureuil, la mit sur sa main et s’accroupit à côté de Sakura.

« Comment avons-nous pu quitter notre maison ?! C’est notre forêt ! Nous avons tant de souvenirs ici ! »

Euh… Linze, tu le fais aussi… ? Avant que je ne m’en rende compte, Yumina et Lu avaient disparu aussi. Qu’est-ce que…

« Cette sorcière peut cependant utiliser la magie ! Comment pouvons-nous la contrer ? ! »

« Il est impossible de… Nous ne pouvons pas la vaincre… Nous n’avons aucun moyen… ! »

Elles avaient pris les marionnettes du renard et du raton laveur et s’étaient accroupies avec les autres.

Le spectacle de marionnettes de Linze continuait, et la petite fille sur le lit semblait s’amuser comme jamais… Il n’y avait rien d’autre à faire.

J’étais entré dans la maison et je m’étais assis à côté du garçon, qui était en état de choc et impressionné par ce qui venait de se passer. J’avais regardé les marionnettes sur la table.

« C’est ta sœur ? »

« … Oui. »

« Tu voulais lui montrer les marionnettes, hein ? »

« Elle voulait vraiment les voir… mais ce matin, elle a commencé à avoir très chaud… Maman a dit qu’elle devait dormir, alors… J’allais les remettre en place demain, promis ! Je vous le promets ! »

Le garçon bégayait et avait l’air aussi coupable que possible. Je savais qu’il ne mentait pas. Mais un crime reste un crime, et il avait probablement dû y réfléchir.

« Ces marionnettes ont été faites pour les enfants de l’école. Même si ta sœur ne pouvait pas les voir, tu n’aurais pas dû les prendre. Cette fille là-bas a travaillé très dur pour les fabriquer. Sais-tu à quel point elle était triste quand elle a appris qu’elles n’étaient plus là ? »

« Je… Je suis… Je suis désolé… »

« Promets-moi que tu ne recommenceras pas ? »

Le garçon hocha la tête lentement avec un regard triste. Son visage montrait qu’il était sincèrement désolé.

On dirait qu’il y a assez réfléchi. Je n’aime pas vraiment être dur avec les enfants.

Le petit garçon avait promis de s’excuser auprès de tous ceux que cela avait impactés, nous nous étions alors installés pour regarder la prochaine partie du spectacle.

◇ ◇ ◇

« C’est ce qui s’est passé, hein… ? »

« Oui. Mais tout est bien qui finit bien. Tout le monde a aussi passé un bon moment au spectacle. »

On dînait tout en racontant à tout le monde ce qui s’était passé. Le garçon s’était correctement excusé auprès de Linze et promit qu’il s’excuserait auprès de Fiana plus tard. J’avais donné à sa sœur un médicament spécial que nous avions produit grâce à Babylon, ce qui signifiait qu’elle irait mieux demain matin. Après tout, la [Récupération] n’était pas capable d’empêcher des choses comme les rhumes et les fièvres.

« … Je pense que je peux comprendre les sentiments du gamin… Je me souciais aussi de Linze quand j’étais petite… »

Elze sourit doucement. Elle semblait comprendre les sentiments de vouloir s’occuper de sa sœur.

« Chaque fois que je dormais ou que je ratais des choses quand j’étais enfant, ma sœur m’apportait toujours ces choses… »

« Aha… »

J’étais heureux d’entendre cela. Elze aimait vraiment beaucoup sa sœur. Elze détournait légèrement son regard, bien que… Je me demandais bien pourquoi…

« Une fois, j’ai pris une pomme du jardin sans demander… Tante Lana s’est vraiment fâchée contre moi… »

« Oh, mon Dieu. Mais ce n’était qu’une pomme… Pourquoi s’est-elle fâchée ? »

« Non, elle, euh… a saccagé un arbre entier pour l’avoir… »

« Je n’ai pas eu le choix ! C’était vraiment haut, alors je ne pouvais pas l’atteindre ! J’ai pensé que si j’utilisais [Renforcement] et que je frappais l’arbre, elle tomberait… Je ne savais pas que l’arbre allait se briser en éclats ! »

J’avais légèrement ri. Le fait qu’elle ait pensé à frapper l’arbre avant de penser à y grimper m’amusait. Il semblerait que, même à un jeune âge, Elze était déjà une imprudente. Cela ne m’avait pas du tout surpris.

« Mmh… C’est honteux… Je voulais voir le spectacle de marionnettes… Mon père voulait que je reste pour étudier, mais… »

Sue était venue dîner, elle n’avait pas pris de dîner avec nous depuis un moment. D’habitude, elle mangeait chez le Duc Ortlinde et venait plutôt en soirée.

« Ne t’inquiète pas… J’ai demandé à ma mère d’enregistrer le spectacle sur mon téléphone. Comme ça, on pourra la regarder plus tard ! »

Sakura sortit son smartphone et sourit. Elles commençaient à s’habituer aux téléphones, ce qui était bien.

Elze attrapa de la viande avec sa fourchette et la mangea avant de se tourner vers sa sœur.

« Hé, quel genre d’histoire vas-tu faire ensuite ? »

« Ah, et bien… Je réfléchis encore, mais… Je voulais faire une histoire sur la famille… Ou peut-être une histoire d’aventure… ? »

« Une histoire d’aventure ? ! C’est vrai, ça sonne bien ! Tu veux que je t’aide avec des conseils sur le maniement de l’épée ? ! S’il te plaît, laisse-moi t’aider ! »

« L’aventure ?! Ça veut dire que ça devrait être une histoire de chevaliers ! Linze, tu devrais faire une histoire sur un héros qui tue des dragons ! »

Yae et Hilde s’étaient soudainement levées de leur siège, excitées. Je n’aurais pas hésité à les aider afin d’obtenir une histoire plus excitante.

« Oh, Paula ? Tu veux aussi en faire partie ? »

L’ours en peluche agita ses bras comme pour dire « Oui ! Oui ! »

Leen sourit légèrement. Elle était cependant bien trop grande pour un spectacle de marionnettes… À moins que… peut-être qu’on pourrait lui faire jouer une sorte d’ours géant qui garde une forêt…

« Je vais t’aider aussi, tu sais ? ! Linze ! Faisons une histoire pleine d’amour, tu sais ?! Je sais tout sur l’amour, tu sais ?! »

« Uwaaah ! »

Karen était soudainement apparue de nulle part et s’était mise à crier à l’oreille de Linze. La pauvre fille était si choquée qu’elle en fit tomber sa cuillère dans sa soupe. Calme-toi… Un de ces jours, elle ou moi allons avoir une crise cardiaque…

Si quelque chose d’intéressant se produisait, Karen avait l’habitude de surgir de nulle part pour y participer. Ses sens étaient honnêtement bien trop aiguisés.

Après avoir terminé le repas, nous avions décidé de regarder l’enregistrement du spectacle de marionnettes que Fiana avait réalisé. C’était un spectacle pour enfants, mais tout le monde l’avait beaucoup aimé. Linze et Sakura étaient particulièrement fières.

La vidéo suivant le spectacle était la suivante : « M. Kohaku » poursuivi par des enfants. Fiana… Tu as enregistré ça ?

Le lendemain, j’étais de nouveau dans la chambre de Linze. Elle fabriquait frénétiquement des marionnettes pour correspondre à toutes les idées que tout le monde lui avait données. Je m’étais senti un peu désolé pour elle. Il semblerait qu’elle doive fabriquer des peluches et des marionnettes pendant un certain temps. Mais elle semblait heureuse, et elle ne se poussait pas à bout… alors c’était bien.

Grâce à tout cet incident, je m’étais aussi un peu intéressée à la broderie.

Je me demande si, suite aux conseils de Linze, Zanac ou Olba souhaiteraient les commercialiser… Nous pourrions probablement lancer une marque de jouets pour enfants Brunhild…

… Et ainsi, Brunhild devint connu comme un pays où l’on pouvait trouver des peluches de haute qualité. Je ne m’attendais pas à ce qu’elles soient aussi populaires… mais ce monde était plein de surprises.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

2 commentaires :

Laisser un commentaire