Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 12 – Interlude 2 – Partie 1

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Interlude 2 : Peluche fantaisiste

Partie 1

« … »

J’avais frotté mes yeux face au spectacle que je voyais devant moi.

Je ne me souvenais certainement pas d’avoir bu de l’alcool… Mais comment l’expliquer autrement ? Je voyais double… Depuis quand y avait-il deux Paulas ?

« … Est-ce que je divague ? Ne me dites pas que je dors encore… »

« Tu ne dors certainement pas. Il y a deux… »

Leen poussa un petit soupir et parla d’une manière presque déçue.

Quoi, vraiment ? Comme pour me saluer, la Paula de gauche leva son bras en l’air et me fit un petit signe. Puis, elle leva le bras du Paula à côté d’elle, en faisant aussi ce signe de la main.

« … Est-ce une peluche ? Bien que… Tu sois aussi une peluche, Paula… »

Paula était le produit du sort Néant de Leen, [Programme]. Elle avait été conçue pour agir de façon réaliste, avec des réactions et des réponses réalistes.

Paula était le résultat de plus de deux cents ans de programmation progressive. Après tout, Leen pouvait utiliser toutes sortes d’éléments, sauf l’élément Ténèbres. Le petit ours était vraiment impressionnant et pouvait afficher un large éventail d’émotions, même s’il n’était pas vraiment vivant.

J’avais pris la poupée en peluche qui ressemblait à Paula et l’avais soulevée en l’air.

Oho... Elle pèse même à peu près le même poids… C’est vraiment bien fait… Cependant, le fait qu’elle ne bouge pas est un peu bizarre.

« D’où est-ce que ça vient ? »

« Linze. Elle s’est lancée dans l’artisanat et la couture récemment, et a créé cette petite copie de Paula pour tester ses compétences. Tu l’as peut-être endoctrinée ? »

« Hmph… De toute évidence, je ne l’ai pas fait. Elle a juste commencé à s’intéresser à ce livre. »

J’avais ramené un livre du Monde Inverse. C’était un petit livre sur l’artisanat et les petites activités de couture. Il semblait contenir beaucoup de conseils sur la façon de fabriquer des jouets.

Linze l’avait ramassé et l’avait lu d’une traite. Elle avait grandi entourée de nombreux enfants, et son talent naturel pour la broderie avait donc été mis à profit au fil des ans. Il serait probablement plus juste de dire que son intérêt avait été ravivé, plutôt que de dire qu’il débutait.

J’avais fini par lui donner un kit de couture complet et beaucoup de tissu que j’avais reçu en cadeau. Ce n’était pas un problème, car ces affaires restaient de toute façon inutilisées dans mon [Stockage]. J’aurais préféré qu’il ait finalement une quelconque utilité.

« Mais c’est vraiment quelque chose… Es-tu sûr que ce n’est pas une copie exacte ? Au fait, comment as-tu pu faire Paula ? »

« Je ne l’ai pas fait. Paula a en fait été créée pour moi par Éris. Cette fille a toujours été douée pour ce genre de choses. »

Je vois… Donc Éris est ta mère, Paula ? Si je me souviens bien, Éris est la magicienne de la cour de Mismede et la fille qui m’a donné un peu de fil à retordre quand je suis allé au village des fées… Je suppose que je lui ai causé un peu d’ennuis…

Paula s’était tournée vers Leen et fit un geste. Leen avait appris à la comprendre dès le moindre mouvement.

« Hm ? Non, ce serait impossible. Même si j’appliquais la programmation à cette petite, elle ne deviendrait pas comme toi avant deux cents ans. Et pour être honnête… Je n’ai aucun souvenir du début de ta programmation, Paula. »

Paula avait l’air un peu abattue par les mots de Leen.

Je vois… Je suppose que le petit ours a demandé s’il pouvait avoir une compagne de jeu… Eh bien, c’est plutôt mignon.

Leen avait lentement ajouté différentes caractéristiques à Paula au fil du temps, il serait donc logique qu’elle ne se souvienne pas des processus individuels qui avaient mené au Paula tel qu’elle est maintenant.

Cela faisait aussi en sorte que Paula faisait des mouvements et des actions apparemment aléatoires de temps en temps.

Par exemple, si Paula était frappée, elle réagissait parfois avec colère… mais d’autres fois, elle pouvait agir avec tristesse. Paula avait aussi une réaction de combat ou de fuite, mais ce n’était pas quelque chose d’appris. C’était quelque chose de programmé en elle.

Même s’il y avait une réaction de colère, cela pouvait se manifester par un « coup de pied » ou un « lever les mains ». Il était difficile de dire exactement quelle situation provoquerait quelle réponse. Il n’était donc pas étonnant que Leen eût du mal à se souvenir de la façon dont elle avait établi la correspondance entre les réponses.

J’avais enchanté le ruban de Paula avec [Stockage] et j’avais permis à l’inanimée Paula de se glisser à l’intérieur. Elle n’avait qu’à tirer sur le côté gauche du ruban pour ranger quelque chose et à tirer sur le côté droit pour le libérer. Elle ne pouvait stocker qu’une seule chose, mais cela lui permettait de transporter son nouvel « ami » sans aucun problème.

« Merci, très cher… »

Leen me sourit gentiment.

Franchement, Linze est vraiment géniale, quoique… Je ne suis pas mauvais en peinture, mais ça demande un tout autre niveau de finesse.

Je m’étais décidé d’aller voir Linze parce que j’étais inquiet. Je ne l’avais pas vue au petit déjeuner, je m’étais donc demandé si elle dormait encore, c’était inhabituel qu’elle ne soit pas là le matin.

J’avais invité Leen à m’accompagner, mais elle m’avait dit qu’elle allait superviser Sue et Renne. Elle aimait faire ses propres choses, et je ne lui en avais certainement pas voulu.

J’avais monté les escaliers du château et j’étais arrivé dans la zone privée. Les chevaliers de notre château n’étaient pas autorisés à monter ici. Laim et les servantes passèrent, mais elles n’avaient pas beaucoup interféré, comme mes sœurs.

J’avais frappé à la porte de la chambre de Linze. Même si nous étions fiancés, je n’allais pas y aller et faire preuve de mauvaises manières.

« Linze. Puis-je entrer ? »

« H-Huh ? A- Ah… Oui, bien sur ! »

Elle va bien ? Il y avait quelque chose de bizarre dans sa voix, mais j’avais quand même ouvert la porte.

« Hé, comment ça va... Ah ? ! »

J’avais involontairement fait un drôle de bruit.

La pièce est remplie de peluches ! Il y en a toute une montagne ici… Ne me dites pas… Tu as fait tout ça, Linze ? ! Linze était elle-même assise au milieu de la pièce, se frottant doucement les yeux.

« … Tu dormais assise ? »

« D-Désolée… On dirait que je me suis endormie… »

C’est dangereux ! Il y a des aiguilles et des ciseaux partout !

J’avais sorti du café de mon [Stockage] et je le lui avais donné. Elle le regardait d’un air renfrogné, mais s’était légèrement relevée au moment où je lui apportais du lait et du sucre.

La caféine était beaucoup plus forte dans ce monde, cela la réveillera certainement. Mais je voulais qu’elle dorme bien en allant de l’avant…

« Mmm... Ça a bon goût… »

« Content que ça te plaise, mais… tu as fait tout ça, Linze ? »

« Pas toutes… J’en ai acheté quelques-uns pour m’en servir de référence. »

Hm… Je peux cependant toujours dire lesquelles tu as faites… J’avais regardé en haut de la commode et j’avais immédiatement reconnu une des peluches qui s’y trouvait. C’était un tigre blanc, et il ressemblait à Kohaku.

J’avais aussi remarqué des versions en peluche de Sango et de Kokuyou, ainsi qu’un joli Kougyoku en peluche. Ils avaient tous des motifs chibi très mignons… et avaient l’air très bien faits.

« Attendez, celui-là… c’est… »

« Hm ? Oh, eek ! N-Non, attends ! N-Ne regarde pas… ! »

C’était une peluche qui ressemblait à un jeune homme. Il avait un manteau blanc et un pantalon noir.

Est-ce que c’est… moi ? Heh... Il est un peu plus mignon que ce que j’aurais cru…

Il semblerait pourtant que la poupée que Linze cherchait n’était pas la mienne. Celle qu’elle avait attrapée en était une autre.

C’était une poupée avec des cheveux courts et argentés et un joli petit bandeau. Les yeux de la poupée étaient bleus, le même bleu que celui de la fille rougissante à mes côtés.

« … Quelle mignonne petite poupée ! »

« Qu-Quoi !? U-Uhm… E-Est-ce que tu le penses vraiment… ? »

En fait, je pense que toi et la poupée êtes toutes les deux mignonnes.

« Puis-je avoir une de ces… ? Je pense qu’elle serait bien dans ma chambre. »

« Bien sûr ! Je suis vraiment heureuse que tu les aimes ! »

Linze m’avait donné la permission d’en prendre une. Quel précieux trésor !

Elle en avait cependant fait une quantité incroyable… J’avais regardé tout autour de la pièce avec émerveillement. Il y en avait plus d’une centaine, de toutes sortes de formes et de taille.

La plupart étaient de petits animaux comme des chats et des lapins. Ils étaient tous conçus dans un style mignon et légèrement déformé. Même moi, je pouvais l’apprécier.

« J’ai perdu la notion du temps… C’était tellement amusant qu’avant de m’en rendre compte, j’avais fini par en faire tant… Je n’arrêtais pas d’avoir des idées pour le suivant… »

« Je comprends qu’on soit excité, mais c’est important de se reposer. Les gens vont s’inquiéter si tu t’endors au hasard et tout ça… Il va sans dire que je m’inquiéterais aussi. »

« D’accord… »

Linze était une fille délicate, je ne voulais donc pas qu’elle dépasse ses limites. Elle n’était pas toujours aussi énergique qu’Elze.

Mais elle était parfois assez semblable à sa sœur en termes d’obstination… En fait, c’était vraiment quelque chose que j’aimais et que je respectais chez elle.

« Hm ? Mais au fait, qu’est-ce que tu fais maintenant ? »

« Ah, ce n’est pas un jouet cette fois… Je faisais des vêtements. J’ai pensé que ma sœur les aimerait. »

Tu les as faits ? ! Je l’avais pris dans mes mains et j’avais touché le long de la manche. Il y avait une jolie dentelle cousue dans la manchette, je ne savais pas que Linze était capable de broder de façon aussi complexe.

« Ah, uhm... Je n’ai pas vraiment fait la partie en dentelle… Cela vient du magasin de M. Zanac… Je ne suis pas très douée pour le tricot, mais j’aimerais m’améliorer… »

Oh, vraiment ? Je me demandais si elle avait envisagé de travailler entre autres pour Zanac. Son magasin élargissait rapidement son répertoire ces derniers temps.

Alors que je pensais à ces choses, la porte s’était ouverte.

« … Bonjour, Linze. Oh, Grand-Duc ? Pourquoi es-tu ici ? »

Sakura avait ouvert la porte et était entrée.

As-tu déjà entendu parler du fait de frapper avant d’entrer, mlle ? Elle nous regarda avec des yeux endormis, elle passa de Linze à moi. Elle tenait beaucoup de tissu dans ses mains.

« Désolée, je me suis endormie tout à l’heure… Oh, tu l’as fait ? »

« Je l’ai fait. Je l’ai coupé selon le modèle du patron. »

Sakura disposa le tissu le long d’un bureau, ils avaient été découpés en différentes formes. On aurait dit que c’était les pièces d’une autre peluche.

« Tu l’as aidée, Sakura ? »

« Oui. C’est une marionnette pour l’école de ma mère… Linze m’a aidée à la fabriquer. On fait des spectacles de marionnettes… pour les enfants… »

« Comme celle-là ? »

***

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