Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 12 – Chapitre 4 – Partie 7

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Chapitre 4 : Le petit roi et la fille prodigieuse

Partie 7

Je m’étais tourné vers les spectateurs, j’avais remarqué leurs sourires un peu trop marqués. Je ne pouvais pas vraiment les blâmer, après avoir vu cela.

Je m’étais demandé quelles rumeurs allaient sortir de ce… probablement des trucs sur le fait que le grand-duc de Brunhild n’avait pas de pitié pour les enfants, ou que j’avais le sang-froid; quelque chose de ce genre…

« Je suis vraiment désolé, Roi Ernest. Pourriez-vous vous excuser auprès de Rachael en mon nom, plus tard ? Je ne pense pas qu’elle voudra me revoir de sitôt… »

« O-Oui. Je comprends, ne vous inquiétez pas. Mais je ne pense pas que Rachael soit fâchée contre vous, grand-duc. Je pense qu’elle s’en veut de ne pas être assez forte. »

Vraiment… ? Je n’en suis pas si sûr… Et puis, être réconforté par un petit enfant me fait me sentir encore plus mal…

« U-Uhm… Eh bien… Merci pour votre aide, grand-duc… »

Le roi Cloud me regarda avec une petite grimace. Je n’étais pas trop surpris qu’il ait des sentiments mitigés sur tout ça. J’avais en quelque sorte fait une gaffe, je m’étais vanté de mon robot géant cool, et j’avais ensuite battu une petite fille.

« Mais pourquoi avez-vous utilisé ce sort de l’eau à la fin ? »

« A-Ah… Eh bien, euh… elle avait un peu chaud à la tête, alors j’ai voulu la refroidir. »

J’avais donné une réponse assez vague. Je n’avais pas voulu mentionner la vraie raison parce que cela aurait été un affront à l’honneur de Rachael. Mais j’avais vraiment fait quelque chose de terrible.

« … Vous êtes un homme très gentil, grand-duc. »

La princesse Lucienne me sourit gentiment. Elle était restée debout à regarder avec son frère.

« Hein ? »

Oh… Vous êtes perspicace.

« Ernest. Je vais m’occuper de tes devoirs pour le moment, alors va t’occuper de Rachael. »

« Oh, mais… »

Le petit gars semblait un peu hésitant à partir, il regarda alors sa sœur et moi. Je lui avais fait un petit signe de tête. Celui-ci sourit avant de partir à la poursuite de Rachael. J’avais le sentiment qu’il voulait aller lui remonter le moral.

J’espère qu’elle ira bien… J’avais poussé un petit soupir, mais mes yeux rencontrèrent Elze et Linze.

« Touya… C’était… un peu excessif, non ? »

« Eh bien, tu as fait une belle action à la fin, mais quand même… »

Je n’avais pas besoin qu’elles le disent. Je savais que j’en avais trop fait. Elze semblait aussi avoir remarqué pourquoi j’avais lancé [Chute d’eau] à ce moment-là.

Même en tenant compte de ce dernier acte généreux, j’étais toujours dans l’erreur.

« Grand Duc, nous avons préparé le thé. Voulez-vous me suivre ? »

La princesse Lucienne commença à nous guider vers le château. Je réfléchissais tranquillement à la difficulté d’avoir un enfant comme ennemi. J’espérais que tout se passerait bien avec Sue, Renne et les enfants de Brunhild… Honnêtement, après tout cet étalage ridicule, j’avais en quelque sorte perdu confiance en moi.

 

◇ ◇ ◇

Nous prenions le thé sur le balcon du château de Palouf, j’avais réussi à me calmer un peu mieux.

Je n’avais pas besoin de tomber dans le piège de la haine de soi. J’avais certainement dépassé les bornes, et certaines personnes avaient probablement trouvé mes actions un peu drastiques… Mais ce ne serait pas nécessairement un problème s’ils me détestaient pour cela.

La princesse Lucienne se tourna vers moi.

« Veuillez nous pardonner pour le comportement discourtois que ma cousine Rachael vous a montré aujourd’hui… »

« Non, ne vous inquiétez pas. Ce n’est qu’une enfant, après tout. »

Je n’avais certainement pas de problème avec ça, mais je me demandais à moitié si la princesse s’attendait à ce que je me fâche et que j’exige l’exécution de Rachael. Je n’étais certainement pas un tyran ! Ce genre de personnes était le pire.

« Le combat que nous avons eu était séparé des affaires sociales. Je ne le verrais pas comme un affront contre moi ou mon pays, alors ne vous inquiétez pas. »

Mais je ne m’attendais pas à ce que la petite fille me pardonne si facilement…

« Je suis contente que vous le preniez comme ça. Ernest et moi vous sommes reconnaissants, Grand Duc. »

« Au fait, Grand Duc, que pensez-vous du roi de Palouf ? »

Le roi Cloud me posa une question, ce qui les avait fait se tourner vers moi, curieusement, de l’autre côté de la table.

« Voyons, hm… Je pense qu’il prend bien l’instruction… Mais je suis inquiet de son manque d’estime de soi. »

J’avais l’impression qu’il était du type soumis et négatif. Je ne pensais pas forcément que c’était mauvais, c’était au moins mieux que d’être simple.

Quand j’y avais réfléchi, j’avais réalisé que le garçon et sa sœur étaient assez différents, mais semblables de la même façon. Aucun des deux ne semblait particulièrement adapté à la royauté, et ils ne se souciaient pas trop de l’étiquette de la cour. Et pourtant, j’agissais comme ça tout le temps.

« Le roi de Palouf a-t-il des talents particuliers ? »

Linze se tourna vers la princesse et lui posa une question. Linze manquait de confiance en soi. Elle s’était améliorée récemment, mais son estime de soi n’était pas très bonne. Elle voyait probablement une partie d’elle-même en Ernest et voulait voir s’il avait des qualités rédemptrices.

« Des talents… Non, pas vraiment. Il n’a aucun talent pour le combat et aucun pour la magie. Il peut en quelque sorte jouer de la flûte ? Mais pas d’une manière que je qualifierais d’impressionnante… »

Bon sang… Donc le gamin est simplement médiocre ? Eh bien… Je veux dire, c’est un roi. Au moins, il a ça.

Si je grandissais avec un génie comme Rachael près de moi, je finirais probablement par trouver ma confiance diminuée de jour en jour.

« Ah, mais… »

« Hmm ? »

Lucienne semblait se souvenir soudainement de quelque chose. Elle était retournée à l’intérieur et était vite ressortie avec une petite boîte et une planche pliée. Je l’avais reconnue.

« C’est une planche de shogi. »

« Oui. Connaissez-vous ce jeu, Grand-Duc ? »

Écoutez madame, c’est moi qui l’ai importée dans ce monde.

On débarrassa nos tasses et nos assiettes, puis on posa la boîte. Comme je le pensais, c’était le shogi. Eh bien, il était un peu différent. Les pièces étaient carrées au lieu d’être à cinq côtés.

« Le roi de Palouf peut-il en jouer ? »

« Oui. Il y jouait du matin au soir, mais il a arrêté dès qu’il s’est trouvé à court d’adversaires. »

Je suppose que c’est logique. Je doute qu’une femme de chambre quelconque puisse jouer au shogi avec le roi… De plus, avec sa personnalité, il ne se contenterait pas d’en parler à quelqu’un. Il est bien trop timide avec les étrangers.

« Il jouait généralement contre moi ou notre oncle, mais je n’étais pas un adversaire particulièrement forte. »

« A-t-il joué contre Rachael ? »

« Oui, mais il l’a complètement battue… Ce qui l’a énervée. Elle a ensuite renversé la table. Ils n’ont plus joué après ça… »

Et ben… Ce sont vraiment des enfants… C’est plus évident quand j’entends des trucs comme ça.

Quand même, ça ne me dérangerait pas de jouer avec lui. Je me demandais s’il était bon.

Comme par magie, au même moment, le roi Ernest était sorti sur le balcon.

« Désolé pour mon absence ! »

« Ne vous inquiétez pas pour ça. Comment va Rachael ? »

« Elle va bien. En quelque sorte, en tout cas. Elle est enfermée dans sa chambre, mais elle fait toujours ça quand elle est en colère… »

Hmm… Elle va donc probablement bien. J’espère cependant qu’elle finira par en sortir.

« Hm… ? Oh ! »

Le gamin remarqua le shogi posé sur la table.

« Votre sœur m’a dit que vous aimiez beaucoup ce jeu. Savez-vous que c’est moi qui ai créé le jeu ? Je ne pensais pas qu’il était déjà arrivé jusqu’à Palouf. »

« Attendez, vraiment ?! »

« Vraiment. Voulez-vous jouer ? »

J’avais souri, en proposant un match, ce qui avait incité le petit roi à commencer à hocher la tête de haut en bas. Il y avait pratiquement des étoiles dans ses yeux.

Nous nous étions dirigés vers l’intérieur et nous nous étions assis à une petite table carrée. Puis nous avions aligné nos pièces de jeu.

D’accord, voyons voir… Ça fait un moment, mais ça devrait aller.

« … Je ne peux pas croire que j’ai perdu. »

« Bien joué, Grand-Duc. »

J’avais baissé la tête, et le petit roi fit de même. Trois fois. Il m’avait battu trois fois.

« Pfft… Comme c’est misérable. Je ne t’ai jamais vu perdre si vite, Touya. »

Elze avait légèrement gloussé en me jetant un regard de côté. Ce gamin était exceptionnellement bon au shogi. J’étais moi-même assez bon à ce jeu. Mais le fait de jouer contre ce gamin m’avait permis de comprendre à quel point j’étais surclassé. J’avais été impressionné.

« Vous êtes vraiment bon. Je dirais que vous êtes probablement la meilleure personne contre qui j’ai jamais joué. »

« V-Vraiment ? J’ai seulement joué contre mon oncle pour la plupart, cependant… »

Je me demande si le Duc Rembrandt était aussi bon… Hmm… J’ai une idée. Le timing était un peu court, mais je devrais pouvoir y arriver. Voyons voir si on peut donner un peu de confiance en soi à ce gamin… J’avais ouvert la bouche pour faire part de mon idée.

« Vous savez… Brunhild organise un tournoi de shogi dans une dizaine de jours. Voulez-vous y participer ? »

« Qu… Quoi ? ! Est-ce que quelqu’un comme moi peut vraiment faire ça ? »

« Honnêtement, ce n’est pas un problème. Vous ne serez pas le seul membre de la royauté à participer. Il y en aura d’autres, déguisés bien sûr. On garantira aussi votre sécurité. »

Elze et Linze me regardèrent comme pour me dire : « Quel tournoi ? »

Évidemment, j’avais fait de la publicité sur place, donc je n’avais pas de réponse à leur donner.

Le tournoi était peut-être truqué, mais j’étais sûr que le Duc Ortlinde et le roi de Belfast voudraient y participer, ce n’était donc pas un mensonge.

De plus, si je faisais un tournoi et que je ne le leur disais pas, ils s’énerveraient plus tard.

Je me contenterais de recruter des gens dont je savais qu’ils étaient des joueurs talentueux, et le tournoi se construirait de bouche à oreille après cela.

« O-Oh, mon Dieu… »

La princesse Lucienne remarqua que son frère commençait à s’agiter, elle s’était alors mise à lui parler.

« N’y pense pas trop, Ernest. Un petit voyage à Brunhild pourrait même te faire du bien ! Je peux aussi venir, tu sais ? »

« … Alors oui, je veux jouer… »

« Ça me semble bien. »

J’avais souri, puis j’avais tapé dans mes mains.

Il semblerait que j’avais du pain sur la planche, mais le résultat final allait probablement être assez amusant.

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