Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 12 – Chapitre 4 – Partie 5

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Chapitre 4 : Le petit roi et la fille prodigieuse

Partie 5

« Elle compte beaucoup pour vous, non ? »

« … Oui. Je veux vraiment qu’elle soit heureuse. Je sais que le roi Cloud veut aussi en faire sa reine… Mais vous savez, j’ai peur. Je ne veux pas que ma sœur s’en aille… Je ne sais pas si je peux être roi si elle n’est pas là pour m’aider. »

Eh bien, que je sois damné, ce gamin est plus attentif que je ne le croyais. Il est au moins un peu plus mature qu’il n’en a l’air.

Il était probablement mal à l’aise à cause d’un manque de confiance en lui, et je n’étais guère en mesure de l’aider de cette façon. C’était un enfant, et il était normal qu’un enfant soit en insécurité. Mais malheureusement, un roi ne pouvait pas se le permettre.

J’aurais pu facilement résoudre le problème en reliant les châteaux royaux de Lihnea et de Palouf via une [Porte] permanente que seule la princesse Lucienne pouvait franchir, mais cela aurait posé des problèmes.

Les deux nations étaient certainement amies ces jours-ci, mais elles avaient une longue histoire de conflits et d’escarmouches à petite échelle, qui s’étendait sur des centaines d’années. S’il était de notoriété publique que la princesse Lucienne pouvait librement passer dans l’une ou l’autre des deux nations en quelques secondes, alors elles auraient de gros problèmes.

Il était possible que des rumeurs commencent à courir selon lesquelles elle ferait de l’espionnage pour l’un des deux pays. Brunhild subissait beaucoup de rumeurs, je ne pouvais donc pas exclure la possibilité que cela se produise ici.

Le vrai problème était d’apprendre au petit roi à être plus indépendant, mais je ne pensais pas être assez proche de lui pour aborder ce genre de sujet.

Il avait au moins beaucoup de serviteurs sur lesquels il pouvait compter, ils pouvaient donc probablement s’occuper de la plupart des affaires quand celui-ci était trop timide. Il était probablement en train de s’adapter à la vie de roi, à toutes les réunions et aux nouvelles personnes que cette position lui apportait. Au moins, il semblait faire confiance à son oncle Rembrandt, qui était régent pour le moment.

S’il commençait à croire un peu plus en lui, j’avais aucun doute à ce qu’il devienne un roi capable.

« Hé, vous avez une spécialité ? Êtes-vous doué pour la magie ou peut-être pour le maniement de l’épée ? »

« U-Uhm, bien… Je ne suis pas très bon pour utiliser les armes… et je n’ai l’aptitude que pour un élément… »

Les épaules du garçon s’affaissèrent légèrement pendant qu’il marmonnait.

Ah merde ! J’aurais pu juste partir et endommager sa confiance ! J’avais commencé à réfléchir à la façon de le faire se sentir mieux lorsque le garçon tourna soudainement son regard vers la caméra.

« Oh… »

« Hm ? »

En réponse à son murmure, je m’étais retourné pour voir ce qu’il regardait. Il semblait regarder le Duc Rembrandt, une petite fille se tenait à ses côtés.

Hmm… Était-elle toujours là ? Au fait, pourquoi regarde-t-elle ici si intensément ?

« Qui est cette petite dame ? »

« Uhm, elle est de chez mon oncle… uhm, de la maison du Duc Rembrandt… Elle s’appelle Rachael… Devrais-je la considérer comme ma fiancée ? C’est au moins une candidate. »

Ohoho… Donc même un petit gars comme ça peut se trouver une fiancée, hein… ? Et bien, je suppose qu’il est de la famille royale, donc ce n’est pas si déplacé… Quand même, se fiancer avec sa cousine ? Eh bien, je suppose que je ne devrais pas juger.

La fille à l’écran avait les cheveux blonds et ondulés, retenus par un bandeau noir. En fait, elle ressemblait beaucoup à une version plus jeune de Lucienne. En regardant le duo, on pourrait penser qu’elles étaient sœurs. Après tout, elles étaient cousines.

Elles émettaient cependant des auras différentes. Lucienne avait une nature chaleureuse, tandis que Rachael semblait incroyablement aiguisée. L’atmosphère autour d’elle était tendue. Sans parler du fait qu’elle regardait fixement le cockpit, les mains sur les hanches.

« Quel âge a-t-elle exactement ? »

« Le même âge que moi… »

Elle était même plus jeune que Sue, mais l’intensité dans ses yeux était à un autre niveau… Volontaire, garçon manqué, effronté… On aurait dit qu’elle était toutes ces choses au premier coup d’œil.

« Rachael est vraiment cool… Elle peut utiliser quatre éléments de magie, et elle peut même battre des adultes au combat à l’épée… Ils l’appelaient un, euh, prodige… Le genre de personne qu’on ne voit qu’une fois dans sa vie… »

Cela semblait certainement impressionnant. C’était probablement sa nature prodigieuse, combinée à son sang noble, qui avait fait d’elle une candidate au mariage avec le roi. Avec de tels traits, il n’était pas surprenant qu’elle semble si intense, il aurait même été étrange qu’elle ait l’air d’une petite fille normale. Cependant…

« Pourquoi est-ce qu’elle jette un regard furieux ici… ? »

« Ah… Uhm… c’est… c’est ma faute. J’avais prévu de prendre le thé avec elle aujourd’hui… mais quand j’ai appris que vous veniez, euh… j’ai annulé… »

Qu… Quoi ? ! Oh non, elle nous regarde ainsi parce qu’elle est en colère ! Elle est probablement en colère contre moi parce que j’en suis aussi la raison ! Bon… Réfléchis bien, Touya… Elle sera encore plus en colère si on continue à rester ici, alors il est temps de redescendre…

La fille rétrécit ses yeux et enfonça son pied dans le sol. Elle avait vraiment l’air furieuse. Nous étions redescendus au sol avec le crochet métallique. La jeune fille se mit alors à marcher rapidement dans notre direction. Elle s’était tenue devant moi, pinça délicatement l’ourlet de sa jupe et fit une rapide révérence. Elle connaissait certainement ses manières.

« C’est un plaisir de vous rencontrer, Grand-Duc. Je m’appelle Rachael Rembrandt, de la famille Rembrandt, et je suis la fiancée du roi Ernest. »

« Oh, quelle politesse. C’est un plaisir. »

Tu t’appelles donc fiancée, hein ? Ernest a dit que tu n’es qu’une candidate… Quand même, je suppose que ta décision est déjà prise.

« Veuillez nous excuser de ne pas vous avoir accueilli assez chaleureusement, mais vous êtes arrivé assez précipitamment. À l’avenir, vous pourriez peut-être suivre la procédure habituelle et prévoir une réunion avec une certaine marge de manœuvre. »

« Ah… Ahaha… O-Oui, je ferai ça la prochaine fois. »

Elle souriait, mais je pouvais voir le poison sur sa langue. Elle était absolument en colère contre moi. Elle était probablement contrariée par le fait que j’ai fait annuler le rendez-vous de l’après-midi qu’elle attendait avec impatience… Qu’elle soit prodigieuse ou non, elle n’était encore qu’une gamine.

« R-Rachael… Tu devrais parler un peu plus… »

« Oh ? Tu te ranges du côté du grand-duc, Ernie ? »

« U-Uhm… p-pas exactement, mais… »

Oh, bon sang… Si ces deux-là se marient, je peux déjà dire qui va porter la culotte dans cette relation. Peut-être qu’elle est la raison pour laquelle le petit gars est si mou.

Elle correspondait parfaitement à la définition même d’une fille riche et insistante. Je ne voulais pas vraiment qu’elle piétine le roi de Palouf.

Elle fronça les sourcils en silence avant d’épousseter ses mains et de se retourner pour me faire face une fois de plus.

« Eh bien, si j’ai raison, vous êtes un aventurier classé rang d’or, hein ? J’aimerais beaucoup que vous me le montriez. »

« Pardon ? »

« J’aimerais que vous fassiez preuve de cette prétendue force qui vous caractérise et dont on parle si affectueusement dans les rumeurs. Voulez-vous me rendre service ? »

La fille commença à me faire un sourire menaçant, comme si elle me lançait un défi.

Sérieusement, elle ne cherche pas à se battre, hein ?

 

◇ ◇ ◇

« Je ne m’attendais pas vraiment à ce que cela se passe ainsi aujourd’hui… Êtes-vous sûr que cela ne vous dérange pas ? »

Je marchais vers le terrain d’entraînement des Chevaliers de Palouf avec le Duc Rembrandt au moment où je lui avais demandé s’il pensait que c’était bon.

Honnêtement, je voulais savoir ce que le père de Rachael pensait vraiment de l’idée que je me batte contre elle.

« Hmm… Je pense que c’est une bonne chose. C’est une fille très forte, même si n’importe quel père parle de son enfant en bien. Cela étant dit, sa force s’est transformée en arrogance ces derniers temps. J’apprécierais beaucoup, Grand-Duc, si vous pouviez briser un peu son esprit. Je pense que cela serait préférable pour elle plutôt que de subir une certaine humiliation à long terme. »

Je m’étais demandé si les autres chevaliers n’avaient pas été trop gentils avec elle en raison de son jeune âge et de son sang noble, mais apparemment, ce n’était pas du tout le cas.

Il semblerait que ce monde, tout comme ma maison, avait aussi des prodiges. L’une des choses les plus importantes à surveiller chez les enfants prodigues, c’était leur ego. Vous ne vouliez pas prendre le risque de les voir devenir trop arrogants.

Ce qui pouvait commencer comme une simple confiance pouvait très facilement se transformer en arrogance ou même en dédain. Mais là encore, le contraire était également un problème. Le jeune roi avait peu ou pas du tout de confiance en lui.

Le duc lui-même ne semblait pas avoir de problème avec le combat, mais… battre un petit enfant me mettrait probablement mal à l’aise. En même temps, je pouvais difficilement me permettre de perdre exprès. J’aurais l’air pire !

« Ça va, Touya ? »

« Oui, je crois… que je n’ai pas vraiment le choix. Tu as vu sa tête ? Elle avait l’air sacrément sûre d’elle. »

« Les petits enfants ont toujours cette période où ils pensent qu’ils sont les meilleurs… Même moi, j’ai vécu quelque chose comme ça. »

Elze marmonnait doucement. Je pouvais vraiment l’imaginer être comme ça. Linze avait soudainement poussé un doux soupir.

« Tu as été comme ça pendant un bon moment, sœurette… Je pouvais à peine te suivre… »

« Ahaha… Comme je l’ai dit, la plupart des enfants ont ce genre de choses, non ? Je parie que tu as eu une période où tu te comportais bizarrement aussi, pas vrai Touya ? »

« … Pas de commentaire. »

Je savais que si je mentais, Elze pourrait voir clair en moi. Je ne voulais pas que quelqu’un connaisse ma phase d’énervement…

« Pourtant, un enfant confiant peut toujours être capable… Mais ça ne veut pas dire qu’elle n’est pas vulnérable. Assure-toi qu’elle l’apprenne pendant le combat avec toi, d’accord ? Ne perds pas, et n’essaie pas de faire croire qu’elle n’était pas loin. Tu pourrais nourrir son ego. »

Hm… Je suppose… Mais je ne veux pas la battre complètement. C’est encore une petite fille, je ne veux pas la faire pleurer.

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