Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 12 – Chapitre 1 – Partie 7

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Chapitre 1 : Le monde inversé

Partie 7

Mais j’avais alors remarqué quelque chose qui m’avait encore plus troublé que le monstre.

Pour être franc, la voiture en métal… n’était pas exactement un type de voiture conventionnelle que l’on pouvait trouver tirée par des chevaux ou quelque chose comme ça.

Curieusement, elle ressemblait plus à… un crabe ? La voiture elle-même avait des pattes en métal qui faisaient saillie sur les côtés gauche et droit, ce qui lui donnait l’apparence d’un crabe. Mais il n’avait pas de pinces.

Honnêtement, le simple fait de le regarder me faisait un peu flipper. Je n’avais jamais rien vu de tel.

Ce n’était pas non plus une petite voiture. Elle était suffisamment longue pour qu’on l’appelle un bus… C’était pourquoi j’avais décidé de l’appeler le Bus Crabe. Ou peut-être que Wagon Crabe aurait-il été plus approprié. Il ressemblait certainement à un dispositif mécanique à l’ancienne, il avait des rivets et des vis rondes visibles ici et là, aussi… Un peu comme ceux des steampunk. (NdT : mouvement littéraire du 19e siècle)

« C’est un artefact, ou quelque chose comme ça ? » murmurais-je dans la confusion alors que le corps du dragon à deux têtes frappait la cage du crabe. J’avais entendu plusieurs cris à l’intérieur pendant l’impact. Je n’avais pas le temps de rester ici à ne rien faire. Si je restais assis et regardais tout cela, les gens à l’intérieur auraient vraiment des ennuis.

« Avance, Feu ! Pilier du purgatoire : [Feu Infernal] ! »

J’avais fait surgir une spirale magique enflammée. Celle-ci enveloppa la bête à deux têtes. Elle recula de douleur au moment où j’avais activé [Stockage] pour sortir le Brunhild en mode lame, que j’avais rapidement utilisé pour lui couper la tête.

Elle était tombée au sol en s’écrasant, et ce fut tout.

Le crabe mécanisé s’était stabilisé, et plusieurs personnes sortirent du chariot. Ils étaient en sécurité, c’était un soulagement.

L’une des personnes, un homme, s’était approché de moi avec un large sourire sur le visage. Puis, il s’était mis à parler.

« .su devas yllaer uoY .lap ,taht rof sknahT »

« … Excusez-moi ? »

C’était mauvais. Je n’avais aucune idée de ce qu’il disait. Je me demandais si la langue commune que je parlais n’existait pas ici.

« Vous ne parlez pas la langue commune ? »

« egaugnalerofeb ...... taht draeh reven ev'?spahrep ,rengierof a uoy erA ?huH」

C’était futile. Le marchand, un vieux monsieur moustachu, poussa un soupir confus. Aucun de nous deux n’arrivait à comprendre l’autre.

Il n’y avait rien d’autre à faire, il ne pouvait pas comprendre mes paroles. J’avais donc dû utiliser d’autres méthodes.

J’avais commencé à faire une série de gestes pour communiquer mon manque d’hostilité. Je lui avais tendu la main, et il la prit. Nous nous étions retrouvés à faire une poignée de main ferme. J’étais immensément soulagé. Où que je sois, ils savaient ce qu’était une poignée de main. Après tout, il fallait que je touche sa main pour que mon sort particulier fasse effet.

« [Traduction]. »

Ma magie coula de mon corps et dans le sien, après un bref instant, elle était revenue.

« Et maintenant, me comprenez-vous ? »

« Ahhh, vous parlez allentese, merveilleux. J’étais un peu confus, car je pensais que vous vous étiez cogné la tête… »

Le sort que je venais de jeter était un petit sort bien pratique. Il se fondait dans les souvenirs de la cible, absorbait toutes les informations nécessaires sur une langue, puis les ramenait au lanceur.

La langue que je venais d’apprendre s’appelait l’allentese. Je n’en avais jamais entendu parler.

« Je m’appelle Pedro Sancho, je suis un commerçant itinérant. Je vous suis redevable, mon fils. »

« S’il vous plaît, ne vous inquiétez pas pour ça. Oh, c’est vrai. Je m’appelle Mochizuki Touya. »

« Touya, hein ? C’est un nom assez bizarre… D’où venez-vous ? »

Si je voulais être honnête, je lui dirais la Terre, mais évidemment, ce n’était pas une option ici.

« Je suis né à Eashen, mais je vis à Brunhild en ce moment. »

« Eashen ? Brunhild ? Jamais entendu parler d’eux. Ont-ils des villages frontaliers… ? »

Attends… il n’a jamais entendu parler d’aucun de ces endroits ? Où est-ce que j’ai atterri… ? J’avais soupiré calmement, puis j’avais posé une question à M. Sancho.

« Euh… Cela peut sembler un peu bizarre, mais où sommes-nous en ce moment ? Je pense que je me suis un peu perdu. »

« C’est la route principale qui s’étend à l’est d’Allen, la capitale. Nous sommes à environ une journée de route en voiture. »

« Allen… ? C’est une capitale ? De quel pays fait-elle partie ? »

« De quel… ? Franchement, mon garçon. C’est Allen, c’est donc naturellement la capitale de la théocratie d’Allent. Tenez, attendez une seconde. »

M. Sancho retourna à sa voiture et revint. Il me passa ensuite un petit papier dans les mains.

« Voici une carte. Vous voyez ici ? La Théocratie d’Allent. Et voici la capitale, Allen. »

« … Que diable… »

J’avais regardé la carte avec des yeux frénétiques et confus. C’était absolument la carte du monde que je connaissais. Ce n’était pas si différent de la carte que je pouvais consulter sur mon smartphone. Il y avait juste une différence essentielle.

Sur une carte standard, Eashen serait situé à l’extrême est. Mais sur cette carte, il était à l’extrême ouest. Non seulement ça, mais c’était à l’envers.

De manière incroyable… La carte du monde que je regardais était… à l’envers. Renversée, comme si elle était devant un miroir.

◇ ◇ ◇

Qu’est-ce que cela pourrait signifier… ? Je suppose que cette Porte n’était pas un portail ordinaire… Ne me dites pas que j’ai été envoyé dans un autre monde !

Il n’était pas déraisonnable de supposer qu’Alerius Palerius ait pu faire quelque chose comme ça. Mais ce n’était que grâce à ma magie quasi infinie que ça avait vraiment marché… Mais c’était quand même inquiétant.

« Tohya ? Vous allez bien ? »

Sancho s’était tourné vers moi, se demandant pourquoi j’avais gardé le silence.

« Ah, oui. Je vais bien. C’est juste que j’ai atterri un peu plus loin de la maison que je ne le pensais… »

« “Atterri” ? Oh, dis-moi, Tohya. Avez-vous utilisé la magie du transport ou quelque chose comme ça ? »

« Mhm… Effectivement… »

J’avais donné une réponse plutôt brusque au marchand concerné. Il semblerait que ce monde avait aussi de la magie, ce qui était un soulagement.

Il m’avait proposé de m’emmener à la capitale, mais j’avais poliment décliné son offre. J’avais besoin de temps pour comprendre ce qui se passait. De plus, je pouvais utiliser la magie pour me déplacer plus rapidement.

Il m’avait dit d’aller voir son magasin si jamais je visitais la capitale, et il avait continué son chemin dans la mystérieuse calèche à crabes.

Je m’étais demandé quoi faire…

« [Porte]. »

J’avais essayé d’ouvrir un portail, mais il avait refusé de se connecter.

… Quoi ? Comment vais-je rentrer chez moi ? C’est mauvais, c’est vraiment mauvais… Ils vont commencer à paniquer de l’autre côté s’ils ne me trouvent pas…

J’avais commencé à paniquer un peu, mais mon téléphone s’était mis à sonner tout à coup. L’appelant n’était autre que Dieu Tout-Puissant.

Un message d’en haut ! Littéralement !

« Allo ?! »

« Ah, c’est connecté. Allô, Touya ? »

« Hé ! Je suis un peu paniqué en ce moment, mais ça va… Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Ahahaha… Je ne m’attendais pas à ce que tu ailles dans un autre monde tout seul. Mais au moins, tu as gardé ton smartphone. Patiente s’il te plaît, je vais envoyer quelqu’un te chercher. »

Me chercher ? Avant même que je puisse comprendre ce qui se passait, un grand flash de lumière éclata de nulle part. Puis, une personne sortit de l’éclair aveuglant.

« Bonté divine… Sais-tu que tu nous as fait peur ? »

« Karen… »

C’était la déesse de l’amour, ma sœur Karen. Elle se tenait là, boudeuse, les mains sur les hanches.

« C’était horrible là-bas, tu sais ? ! Le petit Kohaku s’était soudainement évanoui dans les airs ! Personne ne pouvait te localiser, tu ne décrochais pas ton téléphone ! On pensait que tu aurais pu être blessé ! Yae m’a appelé au téléphone en pleurant ! »

Aïe… Je suppose que ma magie a été coupée de toutes mes bêtes convoquées. Évidemment, ça aurait effrayé tout le monde aussi.

« Ni moi ni les autres dieux de Brunhild ne pouvions te sentir, tu sais ? C’est pourquoi nous avons contacté le Dieu Tout-Puissant. »

« Je suis désolé pour le dérangement… »

Apparemment, cela faisait dix heures que j’étais entré dans la Porte, mais j’avais l’impression que cela faisait moins d’une heure.

Étant donné que Kohaku s’était probablement évaporé devant Yae, il était tout à fait logique qu’elle soit en détresse. Elle pensait sans doute que j’étais en difficulté.

« Alors, comment puis-je revenir ? »

« Nous avons une capacité appelée Translocation Spatiale, sais-tu ? Mais ce serait trop lourd à porter pour toi… Retournons au royaume des dieux et repartons à partir de là. »

Le fait qu’il fallait moins d’effort pour aller au royaume des dieux que de sauter dans mon monde me parut bizarre, mais je ne m’étais pas posé de questions.

Cela dit, si l’on tenait compte des barrières du monde, il était probablement plus facile pour une entité divine d’entrer dans un espace fait uniquement pour le divin. Après tout, personne d’autre ne pourrait y aller.

J’avais ouvert une [Porte] et je l’avais franchi. J’étais sorti juste devant le Dieu Tout-Puissant.

« Franchement, je suis vraiment désolé pour tout ça… »

« Pas du tout, mon garçon. Ce genre de choses arrive de temps en temps. »

Hm… Je suppose que oui ? Apparemment, il n’était pas trop rare dans les innombrables mondes de voir des gens en changer de temps en temps. Apparemment, certains Dieux s’étaient glissés dans différents mondes de temps en temps juste pour se cacher.

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