Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 12 – Chapitre 1 – Partie 3

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Chapitre 1 : Le monde inversé

Partie 3

« Nous sommes membres du duché de Brunhild, une nation souveraine située sur le continent au sud de votre île. Nous n’avons aucune intention hostile. Nous cherchons à obtenir une audience avec vos représentants politiques. Nous resterons ici une heure afin d’attendre votre réponse, merci. »

Nous leur avions donné un délai d’une heure parce que nous ne voulions pas qu’ils perdent leur temps à se chamailler pour savoir qui représenterait qui.

Je ne voulais pas qu’ils pensent que ce serait bien de nous ignorer à cause de leur barrière, je voulais en fait parler à quelqu’un. Je leur avais dit que nous n’étions pas hostiles, mais ils étaient probablement encore un peu effrayés par ce qui venait de se passer.

L’idéal serait qu’ils envoient une sorte de maire ou de chef, mais je pouvais facilement voir cette personne se méfier d’un piège. Il était possible qu’ils envoient juste un messager, mais ce serait bien. Ce serait au moins suffisant pour lancer le processus.

« Pensez-vous qu’ils vont sortir ? »

« Je ne suis pas sûr… Si ces gars ne sortent pas, on ira dans une autre ville. »

J’avais légèrement haussé les épaules suite à la question de Lain. Mais ce serait quand même chiant si on devait aller dans une autre ville. Nous avions déjà sauvé celle-là des béhémoths, ils avaient donc la plus grande chance de nous être reconnaissants. Je ne serais pas trop surpris si les indigènes des autres colonies finissaient par flipper et ensuite nous attaquent. L’idéal serait que cette ville devienne notre amie, puis qu’elle le dise aux autres villes.

J’avais appelé Kougyoku et je lui avais demandé ce qui se passait dans la ville.

« La ville est en plein tumulte. Ils nous regardent avec prudence, et arment leurs armes défensives du mieux qu’ils peuvent. »

« C’est logique… »

Je ne savais pas sur quoi ils s’étaient mis d’accord, mais il semblerait qu’ils préparaient leurs défenses de manière préventive. Apparemment, ils n’avaient pas encore pris de décision adéquate.

Si nous faisions quelque chose de bizarre, ils tireraient probablement par réflexe, j’avais donc décidé que la meilleure chose à faire était de rester assis. C’était cependant un peu fastidieux. J’avais un peu ronchonné en m’allongeant sur l’épaule du comte Étincelant tout en regardant le ciel.

« Votre Altesse, leurs portes s’ouvrent. »

« Oh, sérieusement ? »

Lain était dans le cockpit du Comte Étincelant et gardait un œil ouvert, alors dès qu’elle me parla de ce qui se déroulait, j’avais sauté au sol.

Un groupe de chevaliers s’était dirigé vers nous. Ils étaient tous en armure complète, et ils avaient l’air assez sérieux.

Leur armure était très différente de tout ce que j’avais vu auparavant. Je m’étais dit qu’ils n’avaient probablement pas beaucoup évolué depuis l’époque de l’ancienne civilisation. Il était possible qu’ils aient simplement stagné technologiquement en essayant de gagner leur vie sur cette petite masse terrestre.

Je m’étais tenu devant le Frame Gear, et les chevaliers s’étaient arrêtés à une dizaine de mètres de moi. Puis, un chevalier solitaire, qui portait une robe d’apparence particulièrement usée au-dessus de son armure de plaque battue, s’était avancé.

Il s’approcha un peu plus près et descendit de son cheval, continuant sa progression à pied. Son couvre-chef me rappelait un casque corinthien de la Grèce antique. Il avait une crête décorative sur le dessus et un petit espace en forme de T pour qu’il puisse voir à l’extérieur.

Ce n’était pas un casque de type fermé que l’on pouvait voir dans les dessins animés ou d’autres émissions de télévision. Son visage était donc entièrement exposé afin que je puisse le voir.

C’était un homme de grande taille. Il affichait une expression sérieuse. Il me regardait droit dans les yeux. Je ne sentais aucune hostilité de sa part, mais je sentais qu’il était anxieux.

« Je m’appelle Dyent South, représentant de Meridius, la capitale du Sud. Je suis l’un des quatre Grands Frères, et descendant de Freyend South. Merci pour votre aide contre les bêtes. Maintenant, qui êtes-vous, étranger ? »

« Je suis Mochizuki Touya. Touya est mon prénom. Je suis le grand-duc de Brunhild. C’est un plaisir de vous rencontrer, représentant Dyent. »

Ses yeux s’étaient écarquillés au moment où je m’étais présenté comme membre de la famille royale, ce qui signifiait qu’il avait au moins reconnu le titre… Quoi qu’il en soit, il avait tendu la main pour serrer la mienne. Son attitude était devenue un peu plus détendue après que je l’ai pris au mot. Peu à peu, nous avancions.

« “Grand-Duc”, vous dites ? Est-il vrai que vous veniez d’une terre au sud… Voulez-vous dire que le monde n’a pas été détruit ? »

« Je vois… C’est donc bien ce que nous pensions. Vos ancêtres ont dû couper les liens avec le monde extérieur avant que le Parthénon ne soit anéanti. Non, le monde n’a pas été détruit. Il y a beaucoup de nations qui existent pacifiquement même maintenant. »

J’avais utilisé mon smartphone pour projeter une carte du monde. Elle était pleine et entière, incluant même cette île.

« C’est le monde tel qu’il existe maintenant. »

« A-Ah… »

Dyent regarda la carte avec étonnement.

« C’est votre île, ici. Et voici le duché de Brunhild. C’est un petit pays, mais ces guerriers géants… les Frame Gears, sont un héritage laissé par le Parthénon. Nous sommes le seul pays sur la planète qui pouvons les faire fonctionner, et les autres pays évitent de nous attaquer pour cette raison. »

« Incroyable… »

Je ne voulais pas qu’il pense que Brunhild n’était pas important juste parce qu’il était petit, alors j’avais un peu exagéré la vérité. Il était vrai que Brunhild n’avait jamais été envahie, mais nous n’existions que depuis un an environ. Nous avions bien eu cette guerre avec Sandora… mais nous n’avions pas été envahis. Cela fut fini en quinze minutes.

« Pour être honnêtes, nous croyions tous que le monde extérieur avait disparu, qu’il avait été dévoré par les bêtes de cristal et qu’il leur appartenait désormais. »

« D’après ce que je comprends, l’ancienne civilisation a été détruite. Mais le peuple a réussi à la reconstruire. Asseyons-nous et discutons, d’accord ? Je suis sûr que nous avons beaucoup de choses à nous demander les uns aux autres. »

« H-Hm… Très bien. »

J’avais sorti une grande table et quelques chaises de mon [Stockage]. Le représentant Dyent cligna des yeux, surpris par l’apparition soudaine de ces objets, mais il s’était assis avec précaution.

◇ ◇ ◇

La première chose qu’on m’avait dite, c’était le nom de l’île. L’endroit était connu de ses habitants sous le nom d’île de Palerius. Elle avait été nommée d’après le mage Partheno qui y avait fondé la civilisation. Alerius Palerius, le Sage des Heures.

Il était venu sur l’île il y a longtemps, en raison de sa réputation d’endroit dangereux. C’était là qu’il avait découvert une structure qui pouvait naturellement créer des barrières. Il avait pris le territoire et l’avait revendiqué comme son terrain d’expérimentation. Sa magie était si immense qu’il n’avait aucun moyen de savoir quels dommages elle pouvait causer, donc une île mystérieuse inhabitée était un endroit idéal pour lui permettre de tester des choses.

Il finit par mourir à Partheno, et l’invasion de la Phase éclata. Son frère cadet, qui avait senti le danger qui approchait, avait évacué leur famille élargie, de nombreux enfants, des amis et les disciples de Palerius vers l’île, puis l’avait coupée du monde extérieur.

Ils avaient utilisé les trésors cachés laissés par Palerius pour renforcer la barrière afin que la Phase ne puisse pas entrer. Mais cela signifiait également que, si les envahisseurs ne pouvaient pas les atteindre, personne ne pouvait quitter l’île.

Les quatre principaux disciples de Palerius étaient convaincus que la dévastation causée par la Phase suffirait à anéantir le monde entier. Ils croyaient fermement que l’humanité entière en dehors de l’île avait disparu.

« Alors vous étiez enfermés ici, hein ? »

« Un peu, mais ça ne ressemblait pas à un emprisonnement… Nous pensions que la créature de cristal… la Phase… avait ruiné la planète. Nous pensions que tout ce qui se trouvait à l’extérieur avait été conquis par eux… Nous pensions que nous étions les seuls à être en sécurité. Nous avons mené des expéditions dans le passé, vers le monde extérieur, mais chaque bateau semblait faire une boucle à travers le brouillard pour revenir ensuite au port. »

C’était probablement l’effet d’une des barrières. Le brouillard qui entourait l’île perturbait la navigation et vous ramenait au point de départ.

J’étais au courant de la plupart des choses concernant l’île, alors j’avais décidé d’aborder le sujet en question.

Plus précisément, je voulais savoir s’ils avaient l’intention d’interagir avec le monde extérieur. Je voulais aussi savoir s’ils voulaient faire tomber la barrière et réduire le nombre de béhémoths qui se développent dans la région.

« Eh bien, le seul inconvénient serait que si j’enlève votre barrière, la phase pourrait apparaître sur l’île de temps en temps… »

« Ah, en fait… Je ne pense pas que ce serait un problème. Ces bêtes de cristal… Nous les avons déjà vues sur l’île. »

« Attendez, quoi ? ! »

Je lui avais demandé ce qu’il voulait dire. Il m’expliqua que la Phase était apparue deux fois ces deux dernières années. Les deux apparitions étaient mineures, certaines Petites Constructions avaient fourré leurs têtes ici. Les habitants de l’île avaient réussi à les maîtriser. Mais même ainsi, les habitants de l’île avaient été effrayés par l’apparition soudaine des anciens monstres légendaires dont ils étaient censés se cacher.

Ils pouvaient se défendre contre une invasion externe de la Phase, mais ne pouvaient pas se défendre contre la Phase qui se manifestait sur leur île.

En d’autres termes, la Phase de ce monde ne pouvait pas atteindre l’île en pénétrant la barrière, mais ils pouvaient directement traverser ce monde pour aller dans l’espace qui existait déjà sur l’île.

Cela m’avait vraiment fait me demander à quoi servait cette barrière. Elle ne pouvait pas arrêter complètement la Phase, elle empêchait les gens de s’échapper, elle faisait germer rapidement les Béhémoths… Plus j’en apprenais sur le sujet, plus la situation me semblait mauvaise.

« Ce que vous dites est vrai… mais, bon… Ne vous offensez pas, Grand-Duc, mais nous ne pouvons pas accepter entièrement ce que vous nous avez dit. Nous n’avons aucun moyen de savoir si vous nous avez apporté la vérité ou des mensonges. »

Ce n’était pas vraiment déraisonnable. Je venais d’apparaître de nulle part avec une histoire qui sapait le fondement même de leur existence… Aussi répugnants que cela puisse l’être, les habitants de cette île se méfiaient de moi.

« En plus de cela, je ne peux pas porter un jugement au nom de toute l’île. Il faudrait que je parle avec les représentants du Nord, de l’Est et de l’Ouest. Je devrais également parler au Seigneur Central. »

« Le Seigneur Central ? »

« Le Seigneur Central Palerius, oui. Un descendant direct de la lignée d’Alerius Palerius. La barrière autour de l’île est l’héritage de sa famille, le Seigneur Central est celui qui garde la Porte. »

« Euh… La Porte ? »

« La Porte est un puissant artefact qu’Alerius a construit de son vivant. Il l’a créé dans l’espoir qu’une fois terminés, nous pourrions l’utiliser pour migrer vers un nouveau monde. Ses quatre disciples ont fait de leur mieux après sa mort, mais ils n’ont jamais réussi à l’activer. »

J’avais immédiatement pensé à mon propre sort [Porte] d’après la façon dont il le décrivait. Je m’étais demandé s’il avait prévu de s’échapper de l’île en utilisant ce truc de porte… Mais s’il avait commencé à le créer de son vivant, alors cela signifiait qu’il avait dû commencer à le faire avant que ses disciples ne viennent sur l’île… Et même avant l’invasion de Phase. Quelque chose ne collait pas. Je m’étais demandé si ses disciples avaient essayé d’en faire quelque chose, mais n’avaient pas réussi après sa mort… C’était difficile à dire avec certitude.

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