Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 11 – Interlude 2

Bannière de Dans un autre monde avec un Smartphone ***

Interlude 2 : Une nuit mouvementée

***

Interlude 2 : Une nuit mouvementée

Partie 1

« … Hm ? »

« Qu’y a-t-il, Touya ? »

J’étais à Regulus avec Lu. Vu que nous n’y étions pas allés depuis un moment, on ne voulait pas rentrer les mains vides. On était alors passé au marché au retour. Lu avait aussi dit qu’elle voulait avoir des ingrédients frais pour le dîner.

Gallaria était une ville énorme, même selon les normes occidentales, et elle contenait un peu de tout. Il y avait toutes sortes d’aliments disponibles, y compris des choses que je n’avais jamais vues auparavant.

Une variété d’odeurs se dégageait du marché animé. L’une de ces odeurs était celle dont je me souvenais très bien.

« Cette odeur… »

« Quelle odeur… ? »

Lu pencha la tête en signe de confusion alors que le parfum s’infiltrait doucement dans la brise. Je me demandais d’où elle venait. J’avais suivi cette odeur dans le marché et je l’avais finalement trouvé. Sans aucun doute, c’était une odeur qui me rappelait mon ancien monde.

Ce n’était pas trop cher également. J’en avais pris un peu et j’avais hâte d’en profiter après le dîner.

« Qu’est-ce que c’est, Touya-dono… ? Ça sent bon, mais… »

Yae s’était assise et avait porté l’objet à son nez, et l’avait reniflé. Quand je les avais trouvés à l’étal, ils étaient correctement torréfiés et vendus aux clients, mais ça ne sentait pas si fort quand c’était des haricots crus.

« Est-ce que c’est une sorte de… noix ? »

Leen le regarda avec le front plissé. Dans mon ancien monde, le grain de café était la graine d’une plante. C’était probablement la même chose ici. J’espérais que ce n’était pas une sorte de plante maléfique ou une sorte de créature.

En tout cas, c’était un grain de café. J’avais trouvé du café. Je n’avais aucune idée que le café existait dans ce monde. D’après ce qu’on m’avait dit, il ne poussait que dans certaines régions, et il n’était pas particulièrement populaire, donc peu de gens le connaissaient.

Elze avait légèrement haussé les épaules après avoir regardé le grain dans la bouche de Yae, puis en avait pris un pour elle et l’avait mis dans sa bouche. Ce fut soudain.

« … C’est un peu dur, et pas vraiment savoureux… »

« Vous n’êtes pas vraiment censé le manger cru… »

J’avais du moins confirmé via [Recherche] que ce n’était pas toxique… Comme le vendeur de Gallaria le préparait et le faisait rôtir lui-même, je m’étais dit qu’il était préparé de la même façon dans ce monde que dans le mien. Mais ce n’était certainement pas le genre de haricot qu’on mangeait tout seul.

« Désolé de vous avoir fait attendre. »

« Désolé pour l’attente ! »

« La préparation est prête. »

Elles étaient enfin là.

Trois de nos servantes, Lapis, Renne et Cesca, avaient apporté des tasses de café dans la chambre. J’avais cherché sur internet comment préparer correctement le café et je le leur avais montré.

« Oh… Ça sent bon. »

« Ce genre de haricot sent bon quand il est torréfié. »

Yumina et Lu semblaient enchantées par l’odeur qui commençait à se répandre dans la pièce. Personnellement, je ne pensais pas que c’était si magique, mais j’étais quand même heureux de le sentir.

« Uhm… Touya ? Est-ce que cette boisson est censée être noire comme ça, ou… ? »

Hilde pencha légèrement la tête en regardant par-dessus la tasse. Il était clair qu’elle n’avait jamais vu de café auparavant.

« C’est une boisson noire effrayante… »

« Ça sent bon… Ça sent bon… »

Sue semblait curieuse à propos de la boisson. Mais je ne savais pas pourquoi Sakura avait dit exactement la même chose deux fois.

« C’est du café. C’est une boisson aimée par beaucoup de gens dans le monde d’où je viens. Vous devriez l’essayer. Si c’est trop amer, vous pouvez ajouter du lait et du sucre jusqu’à ce que ce soit mieux adapté à vos besoins. »

« Ah… Hm… C’est… amer ? »

L’expression de Linze semblait un peu déprimée pendant que je parlais. Elle n’avait pas l’air très impressionnée, mais j’espérais qu’elle essaierait quand même.

J’avais senti une odeur agréable en portant la tasse à mes lèvres.

Comme je le pensais. Ce n’est pas aussi fort que le café sur Terre, mais assez agréable. Oh… Il est peut-être un peu trop amer, nous l’avons probablement un peu trop torréfié.

« Mm… ça fait si longtemps… »

J’avais bu ma tasse en soupirant. Je vis que tout le monde me regardait.

Hé, allez ! Je suis quoi, un testeur de poison ?!

« Blegh !!! »

Tout le monde avait essayé son café, elles eurent toutes eu la même réaction. Je n’avais pas été trop surpris par leur réaction. Après tout, si vous n’étiez pas habitué au café, c’était une réaction naturelle.

« Ça doit sûrement être du charbon liquide… »

 

 

« Grand-Duc… Cette boisson ne peut pas être bonne pour vous… J’en suis sûre… »

Yae ne semblait pas très impressionnée, et Sakura cita des problèmes de santé. Si je me souvenais bien, on disait que la caféine du café n’était pas bonne pour soi.

Mais je m’étais aussi rappelé avoir entendu dire qu’elle favorisait la combustion des graisses à cause de quelque chose qui contient des lipides. Il y avait aussi beaucoup de régimes à la mode à base de café. Mais boire trop était vraiment malsain.

« Le goût change quand on ajoute plus de sucre et de lait. Il deviendra moins amer. »

Après avoir dit cela, tout le monde s’était mis à le boire avec du sucre et du lait. Ce n’était pas une surprise, tout bien considéré…

Je ne pouvais pas le boire quand j’étais enfant. Mon père buvait toujours du café noir, alors je m’y étais peu à peu habitué avec le temps.

Je n’étais pas capable d’apprécier le café non noir à ce moment-là. Même le café en boîte était un peu trop sucré à mon goût.

« Je pense que je me débrouillerai si j’ai du sucre… »

« Le lait le fait changer de couleur, intéressant… Je pense que je peux mieux en profiter maintenant. »

Chacune semblait prendre son café différemment.

« Tu es incroyable, Touya… Savourer quelque chose d’aussi amer… »

« D’où je viens, le café est considéré comme une boisson pour adultes. Je suppose que je voulais tellement être un adulte que j’ai juste continué à le boire. »

J’avais un peu ri de la perplexité d’Hilde, me souvenant d’avoir été tout aussi étonné par les adultes qui pouvaient boire du café noir pur quand j’étais enfant. Pourtant, le simple fait d’être capable de le supporter ne faisait pas forcément de vous un adulte.

« Ah… C’est logique… »

« Hm, Renne ? Quoi donc ? »

Renne hocha légèrement la tête en tenant son plateau de service en argent devant elle.

« Quand je l’ai goûté dans la cuisine, je n’ai pas pu l’apprécier. Mais la patronne et Mlle Cesca pouvaient le boire sans problème. C’est parce qu’elles sont adultes et que je suis une enfant, non ? »

Eh bien, je me le demande… Lapis est une adulte, c’est sûr… Mais parfois, je m’interroge sur la sensibilité de Cesca… Je suppose que c’est juste une question de goût.

« Ohoh… Je suis en fait une adulte… Très adulte. Aujourd’hui, je bois du café noir, car je porte de la dentelle noire sous ma robe. »

Mon idiote de gynoïde avait fait un commentaire déplacé. N’avait-elle jamais entendu parler du concept de TMI ? Est-ce qu’elle écoutait au moins ? Et de toute façon, qui a décidé que le fait de porter du noir rendait quelqu’un plus adulte ? (NdT : TMI= Too Much Information, expression indiquant que quelqu’un a divulgué trop d’informations personnelles et a mis l’auditeur mal à l’aise.)

« Je pense que c’est délicieux. J’ai essayé beaucoup de choses délicieusement amères dans le passé. »

J’avais ri calmement et nerveusement suite aux paroles de Lapis, en réfléchissant désespérément à ce qu’elle aurait pu manger d’autre.

Elle travaillait pour l’agence de renseignement de Belfast, je m’étais donc demandé si elle faisait franchement référence au poison… Il n’était pas déraisonnable de s’attendre à ce qu’elle ait été formée pour les identifier. Elle aurait même pu se constituer une immunité.

« Je ne sais pas vraiment pourquoi une boisson si amère existe… Les choses sucrées sont bien meilleures… »

« C’est juste une question de goût. Le café noir est également bon si vous êtes fatigué, il vous aide à rester éveillé. J’en buvais quand j’étudiais le soir. »

J’avais haussé les épaules en direction de Sakura qui avait versé plus de sucre dans sa tasse.

Tu ne devrais pas en mettre autant… Tu vas en avoir un tas dégueulasse au fond à ce rythme…

« Ça réduit la somnolence, hein… Je me demande si je vais ressentir des effets, » marmonna Elze en versant un peu plus de lait dans son café.

Le sucre et le lait ne réduiraient pas la teneur en caféine, ça n’aura donc probablement aucun effet. J’aurais dû leur faire boire du café le matin, plutôt qu’après le dîner.

Je m’étais dit qu’elles n’en avaient pas vraiment bu trop, cela ne devrait donc pas poser de problème. De plus, je ne savais pas si les grains de café de ce monde étaient les mêmes que ceux de mon ancien monde.

Le type à qui je les avais achetés n’avait pas dit grand-chose, et il était tout à fait possible qu’il n’y ait pas d’effet de privation de sommeil. Je ne m’en souciais pas vraiment, tant que le goût était le même.

J’avais souri doucement en me fondant dans un pays des merveilles au parfum de café.

◇ ◇ ◇

« Hé, je n’arrive pas à dormir ! Et toi ?! »

Elze était venue dans ma chambre au milieu de la nuit. Elle grognait.

« Je veux dire, j’ai un peu sommeil, mais… »

Hmph…

Je m’étais demandé si c’était à cause du café, mais je n’étais pas du tout fatigué.

« Tu devrais pouvoir dormir si tu te mets sous ta couverture et que tu comptes les moutons. »

« Il n’y a pas de moutons dans ma chambre. »

Ce ne sont pas de vrais moutons…

Je savais qu’il y avait différents niveaux de tolérance à la caféine selon les personnes, alors je m’étais demandé si l’effet était juste plus fort sur Elze.

Hmm… Je suppose que j’appelle ça du café, mais c’est toujours quelque chose de ce monde. Je sais, d’après ce que j’ai vécu jusqu’à présent, qu’il n’est pas nécessaire de suivre une logique conventionnelle ou du moins le genre auquel je suis habitué… Je suppose que je n’aurais pas dû le préparer sans avoir fait des recherches appropriées.

Alors que je réfléchissais en moi-même, Elze s’était rapprochée un peu plus de moi. Son visage était rouge.

W-Whoa là !

« C’est de ta faute si je ne peux pas dormir… alors, prends tes responsabilités jusqu’à ce que je puisse ! »

Elle était follement mignonne. En toute honnêteté, j’aurais pu la faire s’endormir instantanément en utilisant [Nuage de sommeil], un sort de magie noire que j’avais appris à la bibliothèque… Mais l’ambiance n’était pas vraiment propice à cela. J’étais un peu endormi, mais j’avais envie de rester debout tout d’un coup.

« Alors, que devrions-nous faire ? »

« Je pense que je peux m’endormir si je m’épuise… Allons nous entraîner sur le terrain d’entraînement. »

« A-Attends une minute ! On ne peut pas y aller au milieu de la nuit ! »

Quelle sorte de logique était-ce ? ! Ce n’était pas de l’endormissement, on ne fera juste que vider tes batteries jusqu’à ce que tu ne puisses plus fonctionner !

« Alors qu’est-ce que je devrais faire ? » répondit Elze en grognant.

Je ne savais pas quoi dire… mais j’avais quand même essayé.

« … Lire un livre difficile ou quelque chose comme ça ? »

« Ça pourrait me donner sommeil, mais… c’est ennuyeux, non ? »

C’est exactement pour ça que tu devrais le faire ! Les choses ennuyeuses vous font dormir ! C’est pour ça que j’ai dormi pendant les cours que je n’aimais pas.

***

Partie 2

« Rien d’autre… ? »

« Hmm… Laisse-moi réfléchir. Oh, attends une seconde… »

J’avais pris le smartphone sur le côté de mon lit et j’avais commencé la consultation.

« Tu pourrais t’étirer… Écouter de la musique… Prendre une boisson chaude… »

« S’étirer ? »

« Euh… Tu sais, comme bouger légèrement pour relâcher la tension musculaire. »

« J’ai déjà fait toutes ces choses. Il n’y a rien d’autre ? »

Tu as même écouté de la musique… ? Oh, c’est vrai… Les smartphones produits en masse ont des lecteurs mp3.

Je me demandais ce qu’il restait à faire.

« Oh, attends ! Et un film ? Ça pourrait me donner sommeil. »

Cela ne me semblait pas vraiment déraisonnable. Je m’étais endormi en regardant la télé plusieurs fois dans le passé. Mais c’était à peu près la même chose que de lire un livre quand on y pense…

Eh bien, il n’y avait pas vraiment de mal à regarder un film avec elle. J’avais sommeil, mais j’étais prêt à le faire avec elle.

J’avais choisi un film sur mon smartphone et j’avais commencé le visionnage. Il était tard, j’avais donc mis le volume assez bas.

Le film démarra. C’était un film adapté d’une série de jeux vidéo de mon ancien monde, sur un prince en Perse. Le décor comprenait un vaste désert. Mais c’était complètement différent de l’intrigue du jeu.

« Ouah… C’est un film intéressant. »

Elze se pencha vers l’écran. Ce film comportait beaucoup de mouvements de style parkour et beaucoup d’action énergique. C’était logique qu’il plaise à une combattante comme elle.

C’était ainsi que nous avions fini par regarder un film ensemble. Elze ne s’était pas du tout endormie, elle s’était juste laissée emporter par le film. Je n’avais pas été trop surpris, puisque c’était à coup sûr à son goût.

 

 

« C’était génial ! »

Elze avait parlé avec une voix tout excitée. Ses yeux brillaient de joie. C’était très amusant, mais je n’étais pas aussi excité qu’elle… Probablement parce que j’étais habitué à ce genre de choses à Hollywood.

« Je n’ai pas pu dormir, hein ? »

« Ah… Eh bien, c’était très amusant… »

J’avais l’impression qu’elle voulait juste passer du temps avec moi. Mais ça ne me dérangeait pas vraiment. Elle pouvait être incroyablement mignonne dans des moments comme ça. J’avais un peu ri quand j’avais pensé à son doux visage, mais elle semblait l’interpréter à tort comme si je me moquais d’elle.

« Allez ! D’habitude, je dors comme une bûche… ! Linze est généralement celle qui ne dort pas aussi bien… »

« C’est parce que Linze est une fille. »

« … Linze n’est pas la seule personne féminine… Je le suis aussi… »

« Ah, attends ! Ce n’est pas ce que je voulais dire ! Je suis désolé ! »

Elze m’avait regardé tout en faisant la moue. Tout ce que je pouvais faire, c’était m’excuser, car je ne savais pas quoi dire d’autre.

Je savais bien qu’Elze était délicate et douce. Elle avait des traits de caractère plus traditionnellement masculins, mais derrière cela, il y avait une jeune femme très agréable et douce.

« Y a-t-il eu des moments où tu ne pouvais pas dormir aussi bien ? »

« Eh bien, euh… Quand j’entendais des histoires effrayantes… Mais c’était seulement quand j’étais enfant, je le jure ! »

Elze grogna un peu. Je ne la croyais pas tout à fait, mais je ne voulais plus la taquiner.

Je soupirais doucement, puis je souriais à Elze… Mais j’avais soudainement entendu un bruit dans le couloir, dehors.

Nous avions tous les deux remarqué le bruit et nous avions tourné la tête vers la porte.

« Qu’est-ce… que c’était… ? »

« Je vais vérifier. »

J’avais quitté Elze et m’étais dirigé dans le couloir avec mon smartphone.

J’avais ouvert la porte et j’étais parti dans le noir. Cette zone était privée, et nous n’avions même pas de gardes qui patrouillaient… Les seules personnes ici auraient pu être mes autres fiancées…

Il n’y avait personne en vue. Le clair de lune passait par la fenêtre, mais c’était à peu près tout. Je m’étais demandé si c’était une ronde de la nuit, mais alors…

« Hm ? »

J’avais remarqué quelque chose sur le sol, éclairé par la lumière de la lune. Il y avait des morceaux de poterie éparpillés sur le sol. Il y avait un petit vase qui était tombé d’une table. Ça devait être la source du bruit.

C’était quand même un assez grand support, et nous avions placé les vases de manière à ce qu’ils tombent difficilement tout seuls. Je m’étais demandé si quelqu’un avait heurté le support et l’avait fait tomber. En plus de cela, j’avais trouvé quelque chose de suspect mélangé aux débris. Je l’avais ramassé et je l’avais amené près de mon œil.

« Des grains de café… ? »

Il y avait des grains de café torréfiés sur le sol. J’avais levé les yeux et j’avais jeté un coup d’œil sur le sol. Il y avait une traînée d’autres grains de café sur le sol. J’avais suivi la piste des grains dans l’obscurité du couloir. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait.

« T-Touya, attends ! Reviens… Où vas-tu ? »

« Attends là, Elze. Il se passe quelque chose de bizarre. »

Elze avait essayé de me rappeler dans la pièce, mais je ne pouvais pas ignorer ces haricots. Il aurait pu y avoir un voleur dans les parages.

« Lancez la recherche. Voleur. »

« Recherche terminée. Aucun résultat. »

Il semblerait qu’il n’y avait pas de résultats, mais c’était logique. Je n’avais pas d’image mentale claire d’un voleur, à moins de porter un type en vêtements rayés blancs et noirs avec un sac d’argent en toile de jute sur l’épaule.

J’avais essayé de rechercher des intrus, mais cela n’avait pas donné de résultats. En d’autres termes, le responsable n’était pas un intrus. Il devait s’agir de quelqu’un qui vivait dans le château. Je m’étais demandé si c’était Yumina ou l’une des autres fiancées. Mais que feraient-elles avec des haricots au milieu de la nuit ?

« Je vais vérifier ça. Retourne à l’intérieur, El — »

« Pas question ! Si tu te balades, moi aussi ! »

Elze se précipita hors de la chambre et saisit l’ourlet de mon pyjama… Elle était complètement effrayée. Nous avions suivi la piste des haricots dans le couloir faiblement éclairé.

En chemin, nous étions passés devant un tableau. Je m’étais soudainement souvenu que nous avions un système de sécurité.

« Hé, Ripple ? »

{ … Oui ? Oh, hé maître !}

« Eeek ! »

Une jolie fille était apparue dans le tableau. Elle avait un beau ruban dans ses cheveux roses. Elze s’était accrochée à mon côté quand elle était apparue.

Elle s’appelait Ripple. C’était une forme de vie artificielle créée par le docteur Babylone il y a longtemps. Elle vivait actuellement dans mon château comme une sorte de système de sécurité vivant.

« Savez-vous qui a cassé le vase dans l’autre couloir ? »

{Non. Mon œil dans votre espace privé est désactivé. Je ne sais pas qui l’a cassé.}

C’était surprenant. Ripple nous surveillait constamment, j’avais donc été choqué qu’elle soit handicapée comme ça.

« Sommes-nous attaqués ? »

{Impossible. J’aurais prévenu les gardes de sécurité si c’était le cas.}

Ripple avait gonflé sa poitrine avec un signe de tête fier. Elle n’avait pas tort, pour être juste.

« C-Ça pourrait être un fantôme… ? »

« Je ne pense pas. Le château a un effet [Bannissement] autour de lui, ça ne peut donc pas être quelque chose comme ça… »

J’avais réalisé qu’Elze regardait nerveusement Ripple.

Bonté divine, Elze, c’est juste un tableau.

De toute façon, quelqu’un rôdait dans notre château. Ce n’était certainement pas un voleur, mais je devais trouver qui c’était.

Ripple ne pouvait pas quitter son cadre, Elze et moi avions donc continué dans l’obscurité. J’avais allumé la lumière de mon smartphone, mais cela avait rendu l’intérieur du château encore plus effrayant…

« T-T-Touya… peux-tu lancer [Orbe de lumière]… ? »

« Je pourrais, mais ça pourrait rendre les choses un peu plus compliquées, vous savez ? »

Ce sort créait un petit orbe de lumière qui rayonnait dans toutes les directions, il n’était pas unidirectionnel comme la lumière de mon smartphone. Je ne voulais pas vraiment confondre les chevaliers en patrouille avec un orbe mystérieux qui se promenait dans le château. Je ne savais même pas qui je cherchais, donc je ne voulais pas impliquer les gardes.

La piste des haricots avait continué à avancer. Je me demandais s’il y avait un trou dans le sac ou quelque chose comme ça. Serait-ce sérieusement un voleur de haricots ? La piste des haricots avait continué jusqu’à une certaine porte, puis elle s’était arrêtée. Cela signifiait que le voleur devait être dans cette pièce. Mais c’était une chambre d’amis inutilisée…

De la lumière s’échappait de derrière la porte. Je pouvais entendre une voix de l’intérieur. Plusieurs voix…

« Mm… C’est amer, tu sais ? Super amer… »

« Je n’aime pas vraiment ça… Ehhh… Ce n’est cependant pas amer. »

« Tu devrais avoir honte si tu ne peux pas boire ça… Tu n’as pas de fierté en tant que femme ? ! »

« Ta mesure de la fierté est assez inhabituelle… Eh bien, je peux très bien le boire. »

« C’est délicieux… Les fruits du sol de la terre sont vraiment quelque chose. »

« Donne-m’en un peu avec du saké, d’accord ? ! Avec du saké ! »

J’avais regardé par la porte et j’avais vu la déesse de l’alcool agir comme une idiote, puis j’avais vu les autres dieux. Comme d’habitude, le dieu de la musique n’avait pas prononcé un seul mot. Il se contentait de gratter joyeusement sa guitare. Il était tard, donc il jouait plus doucement que d’habitude.

L’idiote ivre avait un sac rempli de grains de café. Il y avait un trou dedans. La source de la piste, sans doute. Ils avaient pris les grains directement dans la cuisine, et ils avaient pris le moulin à café de fortune que j’avais aussi fait. Ces idiots…

« Ah… Ce n’était pas un fantôme… »

Elze soupira de soulagement. J’étais sûr que ce n’était pas un voleur, mais j’étais aussi heureux d’en avoir eu le cœur net.

« Il semble qu’il n’y ait pas de mal, alors laissons-les tranquilles. La petite ivrogne a cassé le vase, alors je la ferai travailler dans la cuisine demain. »

Même les dieux n’étaient pas exempts de jugement. Les vases n’étaient pas gratuits. Le café non plus.

Le café était précieux dans ce monde et assez rare. Pourtant, maintenant que je l’avais connu, je serais capable de trouver les grains grâce à ma magie de recherche.

J’avais décidé de demander au dieu de l’agriculture d’en cultiver pour moi.

Mais le café avait besoin de certains environnements pour bien pousser, alors il fallait que je trouve une solution. C’était probablement faisable dans le jardin de Babylone. J’en parlerais à Cesca ou au Docteur Babylone plus tard.

En rentrant dans la pièce, j’avais entendu des voix venant de ma chambre. Qu’est-ce que… ?

J’avais ouvert la porte et j’avais trouvé Yumina et les autres filles en pyjama.

« On ne peut pas bien dormir… C’est probablement à cause de ce verre de caffey qu’on a bu au dîner… »

Linze marmonnait lentement, on aurait dit que les filles allaient être réveillées toute la nuit. Je me demandais si les haricots de ce monde n’avaient pas plus que de la caféine…

De toute façon, elles étaient toutes debout. Je ne pouvais rien y faire.

« Jouons, jouons ! J’ai des cartes ! »

Sue encouragea gaiement. Elle était venue pour rester avec Yumina.

Des cartes… ?! Je veux dire, je suppose, mais…

On avait joué à des jeux de société, on avait fait des gaffes et on avait même regardé un autre film. Cependant, personne ne montrait de signes de somnolence. Je n’avais aucune idée de ce qui se passait.

À la fin, j’avais secrètement choisi [Nuage endormissent] pour envoyer tout le monde au pays de Morphé. Le café de ce monde n’était du moins pas résistant à la magie.

J’avais ramené chacune d’entre elles dans sa chambre et je les avais doucement mises au lit. Je m’étais demandé ce qu’il y avait avec le café de ce monde… Le lendemain matin, du café frais nous avait été servi à tous. Personne n’en avait bu, sauf Karen, qui restait bien silencieuse. Bizarrement, du coin de l’œil… je l’avais vue me faire un sourire d’idiote.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Laisser un commentaire