Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 11 – Chapitre 5 – Partie 3

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Chapitre 5 : Sandora, le royaume brûlant esclavagiste

Partie 3

J’avais localisé le trio Kunoichi un peu en dehors d’Astal.

J’avais tout de suite fait en sorte de leur lancer une [Récupération], puis j’avais ouvert une [Porte] et je les avais envoyées dans la zone de quarantaine. J’avais demandé à Flora et Tica de s’en occuper à partir de là.

S’il s’avérait qu’il s’agissait d’une contagion virale, la situation empirerait considérablement. Je sentais qu’elles s’en sortiraient.

Moroha et Karina passaient par là, alors je leur avais demandé de m’accompagner. Si c’était un virus, cela n’aurait pas d’importance pour les gens comme nous qui avions de la divinité dans notre âme.

Je ne voulais pas perdre plus de temps, nous étions donc partis tous les trois à Astal sur le tapis magique.

En route, nous avions croisé une caravane de commerçants qui se dirigeait dans la direction opposée.

La magie nous avait rendus invisibles, nous n’avions donc pas à nous inquiéter. On aurait dit des marchands ambulants. La carte n’avait indiqué aucun survivant dans les environs, il était donc probable qu’ils avaient fait un arrêt à Astal avant de voir l’atrocité et de s’enfuir.

Nous avions continué jusqu’à ce que nous apercevions la fortification d’une ville. Nous avions finalement atteint Astal, la deuxième plus grande ville de Sandora.

Elle était entourée d’un grand mur, fait de briques de boue rouge. Mais elle ne servait pas à la défense, car les portes de la ville étaient restées grandes ouvertes.

Les personnes qui se trouvaient devant les portes étaient mortes. D’après l’aspect de leur armure, ils devaient être les gardes.

« Bon Sang… »

Leurs visages étaient déformés dans une angoisse cauchemardesque et s’étaient aussi desséchés comme s’ils avaient été momifiés. Je pouvais voir de petites saillies dans leur peau, des affleurements cristallins bizarres qui sortaient de l’intérieur de leur corps.

J’avais utilisé Brunhild pour percer les cristaux, et ils étaient tombés du cadavre avec leurs racines. Puis, j’avais ramassé un des cristaux pour l’examiner et j’avais immédiatement conclu qu’il était bien trop fragile pour que ce soit du Phrasium. Il s’était effondré sous la moindre pression.

« Que diable s’est-il passé ici ? », me suis-je dit en murmurant, alors que mes sœurs regardaient les cadavres avec des expressions d’inquiétude sur le visage.

« Il n’y a aucune chance… »

« C’est terrible… »

Elles s’étaient regardées et échangèrent une affirmation silencieuse.

« Vous savez quelque chose à ce sujet ? »

« Oui, nous le savons. Je ne sais pas comment c’est arrivé, mais les âmes de ces gens ont été consumées. »

« Leurs âmes ? »

Qu’est-ce que ça voulait dire ? J’avais entendu parler d’âmes qui sortaient du corps pendant les états comateux, mais je n’avais aucune idée de ce qu’elles racontaient.

« Pour dire les choses simplement, quand quelqu’un meurt, son âme quitte son corps et remonte dans notre royaume. L’âme sera purifiée dans le royaume céleste et renvoyée dans un royaume inférieur où elle sera logée dans un nouveau corps. C’est ainsi que le cycle de la transmigration et de la renaissance s’est toujours déroulé. »

« Les âmes de ceux qui étaient méchants et cruels ont besoin d’une purification supplémentaire, et généralement leurs âmes ne sont adaptées aux corps des bêtes qu’au moment où le travail est terminé, mais… »

« Les âmes des gens d’ici ne monteront jamais au ciel. Touya, essaie de concentrer ton Oeil de Dieu. Invoque ta divinité et répands-la sur tes yeux. »

J’avais suivi les instructions de Karina, en concentrant ma divinité sur mes yeux et en fixant les corps.

Je pouvais voir quelque chose à l’intérieur de chacun des corps, un tout petit orbe brillant. Je pouvais reconnaître d’un seul coup d’œil que cela devait être leur âme. Mais en regardant de plus près, j’avais remarqué que ces petits orbes avaient des trous ici et là. La lumière à l’intérieur s’échappait lentement par l’extérieur endommagé et mordu.

« Peux-tu la voir ? Ils ne sont plus que de la nourriture pour l’âme maintenant. Leurs âmes vont s’échapper et disparaître à jamais. Ils ne renaîtront plus jamais, ils n’iront plus jamais nulle part ailleurs. Ils seront simplement perdus dans le cycle de la réincarnation. Ils ont été complètement effacés au niveau de la base. »

Complètement effacés… ? Disparus de ce monde, et de tous les autres… pour toujours ? Rien que de penser à cette notion, cela m’avait fait mal au cœur.

« Ne pourrait-on pas trouver un moyen de sauver les âmes… ? »

« Nous le pourrions. Mais il faudrait un miracle, même pour nous. Nous ne pourrions pas faire quelque chose d’aussi paisible tant que nous sommes dans ce royaume. Et tu ne peux pas non plus, tu sais ? Le fardeau sur ton corps serait bien trop lourd à ce stade. »

Mes espoirs avaient été anéantis en un instant. Mais ce n’était pas comme si j’en avais eu au départ, je n’avais aucune idée de la façon de les ramener.

« Nous devons raser la ville. Brûler tout ça en cendres. Si une âme ne monte pas au ciel, elle va simplement s’échapper dans le corps et s’y infuser. Ils ressusciteront comme des morts-vivants, souffrant pour toujours. Si cela arrive, ils ne seront plus que des zombies en détresse, à la recherche des vivants. »

Selon Moroha, les morts-vivants avaient été créés lorsque les âmes des créatures n’avaient pas bougé et s’étaient plutôt enracinées dans un corps mort. Certains morts-vivants avaient été créés par des sentiments profonds de rancune ou d’attachement, mais les morts-vivants dont l’âme était endommagée n’avaient aucun but.

Après avoir été tuée ou purifiée, l’âme d’une créature morte-vivante était libérée jusqu’au ciel… Mais ceux dont l’âme était abîmée cessaient tout simplement d’exister. Ils n’avaient nulle part où aller si ce n’était dans le vide de la mort.

C’était triste à penser, mais ils seraient entièrement retirés du cycle de réincarnation.

J’étais entré dans la ville et j’avais regardé autour de moi. J’avais découvert que ce n’était pas seulement les gens qui étaient morts. J’avais vu des chevaux, des chiens et même des petits oiseaux avec des cristaux qui sortaient de leurs cadavres ébouriffés. Leurs âmes étaient aussi dévorées… Non, cela devait être l’œuvre de la Phase.

J’avais pris en considération différents facteurs avant de conclure que l’endroit entier devait être brûlé.

Il y avait encore de l’argent et des marchandises à l’intérieur des magasins et des maisons, mais je ne pensais pas qu’il serait moralement juste de voler ce qui était essentiellement une fosse commune.

Si je laissais la ville telle qu’elle était, j’étais sûr que de mauvaises personnes finiraient par passer et piller l’endroit. Il valait mieux laisser les choses brûler en cendres avec leurs anciens propriétaires.

J’avais envisagé de transmettre les restes aux autorités de Sandora, mais il était toujours possible qu’un virus soit à l’origine de tout cela. De plus, je ne voulais pas qu’ils utilisent les recettes de la récupération pour créer d’autres colliers de soumission.

J’avais cherché sur la carte pour confirmer qu’il n’y avait plus rien de vivant dans la région, puis je m’étais préparé à purger la ville dans une flamme purificatrice.

Les bâtiments, les gens, leurs âmes, et la ville elle-même. Tout aura disparu.

« Fait avancer ta rage, Feu. Flamme du purgatoire : [proéminence]. »

Les flammes magiques que j’avais appelées enveloppèrent toute la ville dans un incendie. Le feu de l’enfer hurlait et dansait, brûlant le ciel tout en s’opposant à la nuit noire. La ville tomba en ruine dans son immense brasier.

Les maisons s’étaient effondrées, les toits avaient commencé à s’effondrer, tout s’était fondu dans la chaleur de mes flammes.

J’avais regardé la ville s’éteindre. Je n’avais ressenti qu’une impuissance totale.

« … Les âmes se font-ils souvent manger comme ça ? »

« Parfois, mais pas fréquemment. Les Wraiths, les Fantômes et les Spectres sont tous des monstres que nous classerions parmi les Mangeurs d’âmes. Ils sont attirés par les pensées négatives. Ils aiment se régaler des gens qui sont embourbés dans le désespoir. »

« Ils ciblent spécifiquement les gens qui ont peur. Ceux dont l’anxiété, les inquiétudes ou la dépression les accablent… Ils accaparent leurs cibles, intensifiant la peur. C’est comme si on assaisonnait leur repas. En fin de compte, la peur de l’inconnu est l’une des choses les plus dérangeantes à vivre. »

Je me souvenais avoir entendu dire que la peur du noir était inhérente à tous les humains. Il était facile d’imaginer que quelque chose existe dans l’obscurité, et cela sert à intensifier les sentiments de peur. La peur de l’inconnu, en fin de compte, naît de la puissance de l’imagination humaine.

J’étais conscient que des monstres du genre esprit maléfique pouvaient manger les âmes, mais je ne croyais pas du tout que c’était leur œuvre.

Ces cristaux étaient bien trop suspects et ne ressemblaient pas à l’œuvre d’une créature naturelle de ce monde. Il était possible que des milliers de Wraiths soient descendus dans la ville, mais ce serait un incident sans précédent et cela n’expliquerait pas les formations de cristaux.

J’avais regardé dans l’obscurité, certain que quelque chose d’horrible était en train de se déplacer là-bas.

« Il y a une chose, cependant… » murmura Moroha en regardant la ville brûler.

« Quelque chose qui mange les âmes et qui grandit à partir d’elles… Il se peut qu’un dieu malfaisant tente de s’élever. »

« Ah, je vois… Ça pourrait être ça, alors… Il n’y a pas de trésor sacré dans ce monde, à part le smarffo de Touya… Euh… Smarphone… ? Smartphone. Ça pourrait donc être l’œuvre de ce dieu servile. »

Je m’étais demandé si c’était vrai. Traditionnellement, ces esprits étaient issus de la divinité des objets sacrés après avoir accumulé des pensées sombres et des rancunes. Quelque chose comme ça serait plus faible qu’un dieu servile, mais ce serait quand même une menace majeure pour l’humanité.

Même s’il s’agissait d’un dieu, un dieu méchant ou mauvais n’en était pas vraiment un. Les dieux n’interviennent généralement pas non plus puisqu’ils étaient un produit des royaumes inférieurs. Il était vrai qu’ils n’avaient pu naître que grâce à la divinité, mais les dieux avaient souvent donné à un héros ou à quelqu’un d’important quelque chose de spécial pour qu’il s’en occupe à son rythme.

Je m’étais demandé si le dieu servile essayait de créer un trésor sacré et un dieu méchant à côté de celui-ci.

« Eh bien, même s’il y en a un, ça ira. Touya s’occupe de ce monde. »

« De toute façon, ce n’est pas un vrai dieu. En plus, ce ne sera qu’une création d’un humble dieu servile. Ce ne sera même pas un combat loyal s’il s’oppose à toi, Touya. Après tout, tu es favorisé par le Dieu Tout-Puissant. »

« … Alors je suppose que c’est bon… »

Je n’avais pas vraiment aimé le fait qu’ils comptaient déjà sur moi pour s’en occuper. Mais si c’était plus bas que ce dieu NEET, alors j’étais sûr que ça irait bien.

Mais j’étais plus inquiet pour les cristaux. Si le dieu servile avait joint ses forces à la Phase, ce serait un scénario cauchemardesque. L’idée semblait stupide, mais je n’arrivais pas à me défaire de ce sentiment…

Si la Phase expérimentait la divinité, cela pourrait en fait être une menace. Mais tout cela ne reposait que sur mon intuition.

« … Quoi ? Quelque chose ne va pas… Il y a quelque chose qui bouge dans le feu. »

J’avais regardé vers Moroha, qui murmurait quelque chose à propos du feu. Je m’étais demandé ce qu’elle voulait dire. Puis, je l’avais vue. Des silhouettes ombrageuses se balançant dans le feu de l’enfer. C’était impossible. Ces flammes étaient suffisantes pour faire fondre de l’acier. Avant même que je puisse penser plus loin, un Squelette de Cristal sortit de la ville ravagée et tenta de me charger.

« Augh ! »

Karina avait tiré une flèche de Phrasium sur sa tête.

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3 commentaires :

  1. Merci pour le chapitre.

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