Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 11 – Chapitre 2

Bannière de Dans un autre monde avec un Smartphone ***

Chapitre 2 : Travailler en vue de l’avenir

***

Chapitre 2 : Travailler en vue de l’avenir

Partie 1

Un barrage de balles s’était abattu sur les restes du bataillon d’acier qui étaient éparpillés autour des déchets. Ces balles étaient tirées à une cadence de plusieurs centaines par seconde par un canon Gatling fixé au bras droit d’un grand mécha sombre. Le Grimgerde, l’engin de Leen, était prêt à rouler.

Le Chevalier Baron de Nikola avait un canon Gatling similaire, mais celui de Leen était un peu différent et avait une portée plus large, il était donc encore assez unique.

La structure située au niveau de la poitrine de Grimgerde se déformait, ce qui faisait que les deux canons Gatling installés soufflaient une grêle de balles.

Puis, les deux épaules s’étaient ouvertes de chaque côté, révélant des nacelles de missiles. Ils avaient rapidement commencé à tirer en l’air. Parallèlement à ce mouvement, les charnières des jambes s’étaient ouvertes pour révéler d’autres missiles, ils avaient également tiré leurs projectiles.

Chaque bout de doigt de la main gauche crachait également des tirs de mitrailleuse, et le Vulcan rotatif installé sur la tête du Frame Gear tirait également à pleine puissance. C’était vraiment une grêle de balles, comme dans un film de science-fiction.

« Mon Dieu, quelle horreur… »

Nous avions utilisé des unités brisées du Bataillon d’acier comme cible d’entraînement, je les avais simplement retirées du [Stockage], mais la force du Grimgerde de Leen les réduisait en ferraille en quelques secondes.

Le Grimgerde avait fini de tirer et s’était finalement arrêté. Je pouvais voir de la vapeur s’échapper de sa silhouette, ce qui témoignait de la chaleur qu’il avait atteinte au cours du processus.

« Combien de balles a-t-on utilisées… ? »

« Seulement cinquante mille environ, ce qui est peu, monsieur. »

Pas beaucoup… Sérieusement ? J’avais regardé Rosetta, j’étais resté sans voix. Je ne savais pas du tout quoi dire. La chose était carrément imparable. Je doutais que même le Gerhilde d’Elze ou le Schwertleite de Yae puissent faire quoi que ce soit contre un barrage frontal comme celui-là… Même si leur armure au phrasium les défendait, ils subiraient de sérieux dégâts.

Mais j’étais presque certain que le Seigneur Suprême Ortlinde de Sue serait capable de l’encaisser.

« Eh bien, monsieur ! C’est bien, mais il y a des inconvénients ! Après une volée à pleine puissance comme celle-là, le Frame Gear devra entrer en refroidissement pendant quelques minutes afin de se remettre en état de marche, monsieur ! Cela créera une ouverture où il sera vulnérable à une attaque, oui, il le sera. »

« En effet, Rosetta a raison. Le châssis est également conçu de telle sorte qu’il se nourrit par magie à un rythme plus élevé. Leen devrait s’en sortir, mais je pense que seuls elle, toi et Linze seriez capables de gérer un Frame Gear de ce type. »

Rosetta et le professeur avaient soulevé quelques points intéressants. Il faut faire attention à la consommation de la magie. Après tout, c’était à peu près la même chose que d’invoquer continuellement le sort [Explosion].

« Il fait si chaud ! »

L’écoutille sur l’estomac du Frame Gear s’était ouverte, et Leen sortit avec Paula derrière elle. Paula était sortie de l’ouverture et roula sur le sol.

Ça va, là… ?

« C’est comme un sauna là-dedans, bon sang ! »

« Ah, désolée monsieur ! Désolée, madame ! J’ai oublié d’installer une unité de refroidissement pour le cockpit ! »

Rosetta se mit à grogner.

Mon Dieu, quelle idiote ! C’est dangereux. Si le cockpit finit par surchauffer, elle y cuira comme un poulet au four !

« En plus, je pouvais à peine entendre la radio, c’était un tel vacarme… »

« Hmm… Donc on devrait aussi l’insonoriser, compris. Je vais la régler pour que tu puisses l’allumer et l’éteindre selon la situation. »

Le cockpit était juste à côté des doubles Gatlings au niveau de la poitrine, il n’était donc pas étonnant qu’elle se plaignît du bruit.

Ce Frame Gear était certainement notre plus grand travail en ce qui concerne les dégâts à grande échelle, mais il avait aussi l’inconvénient de toucher par son feu les unités amies. Il ne serait pas vraiment bon pour les déploiements de groupe, nous devrions donc probablement ne l’utiliser que pour les cas où il y en a un contre plusieurs.

« C’est certainement le meilleur Frame Gear que j’ai jamais piloté. Mais il est encore assez lent à manipuler… »

 

 

C’est parce qu’il est presque aussi lourd que l’Ortlinde de Sue ! Il doit l’être, afin de résister au choc des tirs.

Whoooooosh… !

« Hm ? »

Je regardai en l’air et je vis un avion de chasse bleu voler au-dessus de moi.

Il avait commencé à ralentir et à descendre, se transformant en une forme plus humanoïde à l’atterrissage.

C’était le Frame Gear de Linze, Helmwige.

 

 

La trappe du cockpit s’était ouverte, et Linze en était sortie. Helmwige était un Frame Gear avec des angles vifs. Cela lui permettait de se déplacer facilement et de se convertir en avion à réaction. L’idée avait été inspirée par un dessin animé de mécha que j’avais vu.

« Comment était-ce ? As-tu l’habitude de le piloter ? »

« Je crois que oui, au moins un peu… Je n’ai cependant pas été trop rapide avec. »

Linze m’avait montré un sourire raide. Si elle s’était habituée à piloter Helmwige, elle n’aurait pas pu se plaindre que je l’emmène avec [Vol].

« Eh bien, monsieur ! Madame Leen et Madame Linze sont bien équipées avec leurs Frame Gears, monsieur ! Qu’en est-il des Frame Gears dont on a encore besoin pour madame Lu, madame Sakura et madame Yumina ? »

Rosetta m’avait salué en énumérant les noms.

« Le Doc Babylon n’a-t-elle pas décidé laquelle des trois sera la prochaine ? »

« Si je devais décider, je suppose que Sakura serait la prochaine. J’aimerais en faire un Frame Gear de type support qui transmet le son. La magie est inefficace contre la Phase, mais utiliser une magie de support sonore sur des Frame Gears alliés ? Ce serait très utile. Nous serions capables d’augmenter la vitesse et la durabilité du Frame Gear de cette façon. Nous allons fabriquer un Frame Gear qui peut projeter sa voix sur tout le champ de bataille. »

« Un Frame Gear de type support avec un focus sur la zone d’effet, monsieur ! »

Hmm, c’est un peu comme mon sort [Multiple], mais en plus large. À cette époque, il avait l’habitude de remonter le moral des soldats en jouant de la musique de guerre, non ? Je suppose que c’est le même principe cette fois, juste avec la magie vocale.

« Très bien, alors mettez-vous au travail sur le Frame Gear de Sakura. »

« Entendu. »

J’avais renvoyé Grimgerde et Helmwige à Babylone avec le Docteur et Rosetta. Moi, par contre, j’étais passé par un portail pour retourner au château avec Linze et Leen.

La journée d’essais était terminée.

Mais j’avais complètement oublié Paula…

Après être rentré au château, j’étais passé devant le terrain d’entraînement. J’avais vu une bande de débutants épuisés sur le terrain. Ils s’étaient entraînés jusqu’à leur limite.

Le camp d’entraînement intensif de Moroha s’était terminé il y a peu, mais ils étaient toujours dévoués à leur entraînement du matin et du soir.

La plupart d’entre eux étaient encore mis à rude épreuve par Moroha elle-même, matin et soir. Ils avaient réussi l’examen, mais, naturellement, ils étaient tous prêts à tout donner.

« [Guérison maximale] [Rafraîchissement]. »

J’avais guéri toutes leurs blessures et je les avais aussi débarrassés de leurs fatigues. »

Ils m’avaient tous remarqué dès que leur fatigue disparut, et chacun des nouveaux s’était incliné dans ma direction.

« Bon travail, crétins ! L’entraînement du matin est terminé ! Prenez une douche, nourrissez-vous et prenez vos postes ! »

« Oui, madame ! »

Les chevaliers s’éloignèrent tous de Moroha et se dirigèrent vers leurs salles de douche séparées par sexe.

Ils avaient des douches et un bain fermé que j’avais crée en transportant par magie l’eau d’une source chaude naturelle depuis l’une des chaînes de montagnes de Belfast.

La famille royale m’avait bien sûr donné la permission. J’avais même installé un bain dans le château royal de Belfast en guise de remerciement.

Cela m’avait rappelé que je voulais parler à Kousaka de la construction d’un véritable établissement de bains publics.

Les nouveaux venus avaient déjà été affectés à leurs tâches. Les gardes du château devaient s’occuper des visiteurs et devaient également combattre ou arrêter les intrus. Ceux qui étaient affectés à la surveillance de la ville devaient patrouiller dans la ville et aider les citoyens. Ceux qui étaient affectés à notre corps de renseignements devaient former leurs compétences sociales et se concentrer sur la collecte de données.

Ceux qui étaient plus aptes au travail de bureau et aux travaux agricoles avaient déjà été envoyés à leur poste.

En plus de ces tâches, nous avions décidé de former la plupart d’entre eux à l’utilisation des Frame Gears.

Nous avions plus de deux cents chevaliers, et la grande majorité d’entre eux connaissaient au moins les bases du pilotage d’un Frame Gear. Nous avions cependant exempté l’ogre Samsa et les sœurs lamia de cet entraînement. Elles ne pouvaient pas raisonnablement s’intégrer dans le cockpit. De plus, les non-combattants, tels que les employés de bureau et les agriculteurs, n’avaient pas non plus à suivre la formation sur le Frame Gear.

Nous n’avions aucune idée de la date à laquelle la Phase apparaîtrait ensuite, donc préparer l’avenir était le choix le plus sage. Tout ce que nous avions à faire était de continuer à travailler.

***

Partie 2

« Une pêche, hein ? »

« Oui, une pêche. »

J’étais assis dans mon bureau, en train de réfléchir à la dernière idée de Kousaka.

Par « pêche », il voulait dire une façon d’attraper un tas de poissons. Je ne savais pas quand il en avait eu l’idée, mais c’était vrai qu’il n’y avait pas beaucoup de produits de la mer dans notre pays.

« Prévois-tu d’attraper du poisson dans la rivière ? »

Brunhild était enclavé et n’avait pas de mer à sa disposition. Nous avions cependant un grand fleuve qui traversait notre territoire.

« Pas la rivière, non. Mon idée était que les pêcheurs ramassent de grandes quantités de poissons dans la mer, et les vendent ensuite pour faire de gros bénéfices. »

« Hein ? Mais nous n’avons pas d’accès à la mer… »

« Hm ? Bien sûr que nous en avons un. De l’autre côté de ces portails menant aux donjons. »

« Oh ! »

Il avait raison. Les donjons de l’autre côté des portails de Brunhild étaient sous un ensemble d’îles. C’était aussi le territoire de Brunhild.

Nous pouvions y récolter beaucoup de poissons. Il n’y avait pas d’accès à la mer dans la principale zone d’habitation de Brunhild, ça se vendrait donc probablement bien. J’aimerais bien aussi me procurer du sashimi.

« Je vois, je vois. Bonne idée. Alors tu veux construire un port sur une des îles ? »

« Tout à fait. Cependant, les îles sont petites, on ne pourra donc probablement pas créer quelque chose d’énorme. De plus, il y a des bêtes magiques sur certaines des îles, ce qui pourrait poser un problème. »

Hmph… Je suppose que je pourrais toutes les poursuivre jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus, et ensuite vendre leurs matières premières… Mais je me sentirais un peu mal d’enlever des opportunités aux aventuriers. Et puis, je ne pense pas qu’il y ait des pêcheurs qui travailleraient dans des conditions aussi dangereuses.

« Et si j’érigeais une barrière qui repousse les bêtes magiques ? »

« Ce serait bien. Mais il faudrait faire des recherches plus poussées. Il pourrait aussi bien y avoir des menaces aquatiques à gérer. »

C’était aussi un bon point. Nous ne voulions pas que nos bateaux de pêche soient détruits par des monstres marins.

Finalement, j’avais décidé de convoquer un Kraken ou un Dragon de mer, et de lui donner l’ordre de chasser tous les monstres ou bêtes potentiellement dangereux dans la région.

« Et les pêcheurs eux-mêmes ? »

« Je m’occupe de tout ça. De toute façon, je ne peux pas dire avec certitude à quel point les mers autour de ces îles sont riches en poissons. Je vais devoir faire des vérifications préliminaires. »

J’avais décidé de l’autoriser, au moins provisoirement.

Je suppose que je vais devoir convoquer un Kraken ou un Dragon des mers ou quelque chose du genre demain. Je vais en fait convoquer un serpent de mer, comme le Dragon qui m’a aidé près du Royaume d’Aigrette. Ensuite, il pourra rester dans les îles et agir comme leur protecteur. Si c’est un des subordonnés de Luli, alors tout ira bien.

Pendant que j’y suis, je lui demanderai aussi de tenir à distance les navires aux allures bizarres. Je ne veux pas qu’un autre cas d’esclavage se présente. C’était déjà assez mauvais la première fois.

J’avais vérifié les différents rapports sur mon bureau après le départ de Kousaka. L’opinion des gens était assez importante quand vous les dirigiez, ils avaient donc besoin d’être entendus.

Le chef de la guilde, Relisha, m’envoyait également des informations sur l’actualité dans le monde entier grâce au smartphone que je lui avais donné.

« Mince, si j’avais été sur Terre, j’aurais sûrement pu simplement parcourir l’actualité mondiale en ligne… »

Chaque dirigeant national avait un smartphone, et ils m’envoyaient aussi régulièrement leurs propres informations. L’empereur de Regulus m’avait envoyé des informations officielles sur les fiançailles entre sa fille et le roi de Felsen, et le roi de Belfast m’avait envoyé des informations sur la façon dont le prince Yamato marchait enfin. Il avait aussi joint une petite photo de l’enfant.

Les conflits à travers le continent avaient considérablement ralenti depuis la fondation de l’alliance. Tout le monde commençait à trouver un terrain d’entente. Chaque fois que deux pays avaient un différend, ils se tournaient souvent vers moi pour trouver un terrain d’entente.

Belfast et Mismede développaient rapidement leurs relations. Regulus et Roadmare n’avaient jamais été en meilleurs termes. Même Ramissh mettait fin à sa politique anti-immigration. Lihnea établissait des relations amicales avec Palouf au nord. Les choses s’amélioraient.

Cependant, j’avais regardé ces lettres et j’avais remarqué un motif distinct. L’activité des Phases était en hausse dans presque tous les pays. La plupart du temps, il s’agissait juste de petites constructions. Elles étaient donc prises en charge par des groupes d’aventuriers de haut rang.

Hm… Quel était mon rang quand j’ai tué ma première Phase… Huh… Attends une seconde…

Quelque chose m’était soudain venu à l’esprit, j’avais donc ouvert mon smartphone et j’avais projeté ma galerie de photos en l’air. J’étais retourné sur une photo que j’avais prise il y a longtemps. Bien sûr, l’écriture sur le mur que je n’avais pas pu comprendre était toujours là, préservée dans la photo.

Il m’était venu à l’esprit que je pouvais la déchiffrer avec [Lecture]. Mais j’avais besoin de savoir de quel genre de langue il s’agissait. Il était possible que Fam en sache plus. J’avais décidé de monter et de me rendre à la bibliothèque pour obtenir plus d’informations.

Mais si la langue n’existait pas il y a cinq mille ans, elle pourrait être dans l’ignorance à ce sujet. Mais il était vrai que la langue n’était connue d’aucun belfastien de souche, et que les ruines n’avaient pas non plus leur origine à Belfast. Cela valait la peine d’essayer.

Mais cela ne faisait que soulever plus de questions… Qui avait fait ces ruines ? Pourquoi construire un tel endroit ? Et pour commencer comment la Phase avait-elle été scellée là-dessous ?

Ce n’était pas bon, je n’arrêtais pas d’y penser.

Je m’étais dirigé tout droit vers la bibliothèque à la recherche de Fam.

◇ ◇ ◇

« Je n’ai jamais vu de ma vie une langue ressemblant à cela. »

J’en avais parlé avec Fam, mais elle m’avait répondu assez brusquement.

« Elles ressemblent vaguement aux Lettres cachées d’Arthema. Ce n’est certainement pas la Parthénèse… Ces lettres n’existaient certainement pas avant l’effondrement de la civilisation du Docteur Babylone. »

« Donc la langue a dû être inventée après l’effondrement de la civilisation ? »

Leen, qui était en train de lire un livre, avait soudainement parlé de l’autre côté de la pièce. Paula n’était pas là, pour une raison inconnue.

« Le problème est que cette langue est un point aveugle, une anomalie dans la compréhension de ma bibliothèque et de votre monde. Je suppose que ces lettres n’ont été utilisées que par un petit groupe qui s’est éteint relativement vite. »

Nous avions trouvé les ruines dans l’ancienne capitale de Belfast. Mais les lettres n’étaient pas du tout belfastiennes. Il était possible que ce petit groupe ait créé les ruines souterraines, mais dans quel but ? Et qu’est-ce que cela avait à voir avec cette Phase scellée ?

« Que disiez-vous à propos des lettres cachées d’Arthema ? »

« C’est une langue que je ne peux pas lire. Cette langue était utilisée par une petite population qui n’a laissé aucune trace écrite. Je n’ai trouvé que des parties de leurs écrits dans des ouvrages qui n’ont pas de rapport direct avec eux. »

C’était embêtant. Il était possible que ce soit les descendants du peuple qui aient fait les ruines. Cela valait donc la peine d’essayer. J’avais décidé d’essayer de le déchiffrer.

« [Lecture] : Lettres cachées d’Arthema. »

Les lettres étaient devenues lentement reconnaissables après que j’ai jeté le sort. Je pouvais les comprendre, au moins partiellement.

J’avais l’impression de comprendre vaguement le chinois grâce à la connaissance des kanjis japonais, à cause du lettrage commun.

Mais il était possible que les lettres utilisées ici aient une signification différente de celle des lettres utilisées dans la langue originale d’Arthema.

Par exemple, le kanji 可憐, prononcé ka-ren, signifiait quelque chose d’apparenté à « coquette ». Il pourrait être utilisé pour décrire une jolie fille. Mais si vous lisez la même lettre en chinois, elle serait interprétée comme 可憐, prononcée kho-lien, et signifierait quelque chose de plus proche de « pitoyable ». C’était du moins ce que mon grand-père m’avait dit.

L’écriture ici ressemblait à un genre de divergence similaire. Je pouvais distinguer des morceaux de mots, mais pas des phrases entières.

« Notre rouge… Le monstre scintillant… Sacrifié… Ville… Euh… Minuscule ? Noir, et… Chevalier ? Chevalier noir… ? Temps et espace… Réparé… Rendu… Euh, non… Gauche… Répéter… Des cadavres… ? Déversement… ? »

« Rouge et noir ? Qu’est-ce que c’est que ça ? »

Hmph. C’est un peu difficile. Le monstre scintillant est probablement la Phase. La ville est probablement l’ancienne capitale. Mais qu’est-ce que le Chevalier Noir ? Un Frame Gear ? On dirait un Chevalier Baron… Mais qu’en est-il de la suite ?

Étant donné qu’il dit notre, je suppose que le gars écrivait au nom de tous, mais ça ne répond pas à grand-chose. Aucune idée de ce que signifie la partie rouge après « notre »… Peut-être qu’ils voulaient identifier le groupe ? Comme notre clan de roux, ou quelque chose comme ça… ?

Mais la partie réparée attira mon attention. Ont-ils fixé les frontières du monde d’une manière ou d’une autre ?

D’après ce que je pouvais vaguement conclure, cette tribu rouge aurait pu avoir la capacité de réparer la frontière du monde. C’était peut-être même un artefact ou quelque chose comme ça.

« Je n’ai pas vraiment appris quoi que ce soit. »

« Tu n’as rien appris »

Cette Phase était certainement apparue il y a mille ans et avait détruit l’ancienne capitale. C’était certain. Quelqu’un avait dû les vaincre à l’époque ou du moins les retenir suffisamment pour réparer la frontière protégeant le monde.

Je voulais savoir comment il y est arrivé.

« Et toi, Leen ? Sais-tu quelque chose sur la situation de Belfast il y a mille ans ? »

« J’ai peur de ne rien savoir. Nous, les fées, ne nous sommes pas aventurées hors de notre territoire pendant longtemps. Je doute que même les anciens d’aujourd’hui le sachent. À ma connaissance l’histoire de Belfast n’a pas été enregistrée jusqu’à ce jour. »

Ce n’était pas bon. J’espérais qu’il y aurait de très anciennes fées. Bien sûr, cinq mille ans, ce n’était pas raisonnable, mais je pensais que certaines d’entre elles auraient pu vivre quelques milliers d’années.

Il me semblait que les espèces qui avaient une longue durée de vie étaient pour la plupart restées isolées dans ce monde, et qu’il était donc inutile de leur apprendre l’histoire mondiale. C’était le genre de personnes qui ne s’impliquaient pas avec les autres.

Le royaume des démons de Xenoahs en était un bon exemple. Ils n’agissaient pas, ils ne disaient rien.

Ce n’était qu’une de ces choses. Je ne pouvais rien y faire.

Tout ce que je pouvais faire maintenant, c’était continuer à faire ce que je faisais. Le Docteur Babylone et les gynoïdes travaillaient sur les Frames Gear, tandis que Lain et Moroha travaillaient à mettre nos chevaliers en forme. Tout ce que je pouvais faire pour l’instant était… Eh bien, mener des négociations commerciales avec Olba et essayer d’augmenter les fonds. C’était un peu déprimant, je pensais que j’avais plus de valeur.

En réfléchissant à ces choses-là, mon téléphone s’était mis à vibrer. C’était la Chef de Guilde Relisha.

« Salut, ça va ? »

« Désolé de vous déranger, je sais que vous devez être occupé… Mais il y a une urgence ! »

« Hm ? Qu’est-ce qu’il y a ? »

« Un Béhémoth est apparu. »

Un Béhémoth. Aussi connu sous le nom de bête mutée. C’était des bêtes magiques qui n’apparaissaient que très rarement, mais qui étaient toujours monstrueusement énormes. J’avais affronté Scorpinas, un Béhémoth scorpion à deux queues il y a quelque temps. Naturellement, je l’avais vaincu dans un Frame Gear.

« Il se trouve dans le royaume d’Elfrau, plus précisément dans les plaines glacées du Snorra. La créature semble être un loup Snorra muté. »

Les béhémoths avaient souvent acquis des capacités spéciales en plus de leur taille massive. Tout d’abord, je ne savais pas si cette capacité les faisait muter en géant, ou si c’était un sous-produit de la mutation.

Quand je m’étais battu contre le Scorpion, il pouvait tirer avec férocité, envoyant de l’acide de sa queue. Les scorpions ordinaires ne pouvaient rassembler qu’un faible venin.

D’après ce que j’avais compris, ce loup rongeur possédait aussi un étrange pouvoir…

« La reine d’Elfrau a appelé à l’aide contre le loup Snorra, mais la situation est grave. Il a déjà causé des pertes massives chez les militaires d’Elfrau. La guilde a également perdu plusieurs aventuriers de rang rouge et un de rang argent. Elle a détruit un village il y a deux jours, et ne montre aucun signe de vouloir s’arrêter. »

« Elle a battu un rang Argent ? Sérieusement ? »

Il n’y avait que quelques personnes dans le monde à ce niveau. Je n’y étais arrivé qu’après avoir remporté les titres de Tueur de dragons, Destructeur de golem et Tueur de démons.

J’avais atteint le rang d’or après avoir tué Scorpinas, mais c’était surtout grâce à mon équipement.

Je me demandais si le gars de rang Argent espérait pouvoir le tuer et devenir le prochain rang or.

« Cette requête vient directement de la reine d’Elfrau. Comment dois-je y répondre ? »

« C’est une quête pour moi en tant qu’aventurier de rang Or, n’est-ce pas ? »

« C’est ça ! N’importe quel aventurier de rang Or peut la prendre, puisque c’est une quête de guilde officielle. La récompense est énorme, une centaine de pièces d’or royales. On dit aussi qu’on peut posséder tout le trésor royal ! Mais à ce rythme, il n’y aura plus rien à sauver à Elfrau. »

***

Partie 3

Hrmph… Ce n’est pas comme si j’avais une obligation de les sauver. Je ne suis pas non plus le seul rang Or dans ce monde. Il y a ce vieux pervers à la retraite, il pourrait donc aussi la prendre…

Bon sang, si je ne le fais pas, des innocents vont être blessés.

Si je réfléchis de manière pragmatique, je devrais envoyer deux ou trois Frame Gears pour s’en occuper. Comme ça, je n’aurais pas à y aller. Ah, mais si je fais ça, ce ne sera pas moi qui agirai comme un aventurier, ce serai moi qui agirai comme un grand-duc… Les gens penseront que j’ai ordonné à mes chevaliers de s’introduire dans Elfrau.

L’un ou l’autre serait bien puisque Elfrau serait sauvé, mais je devrais y aller en personne. Je ne veux pas causer un incident international. En plus, il y a des choses que je veux tester. Je ne veux pas non plus être connu comme le gars au rang Or qui compte tout le temps sur ses Frame Gears pour se battre, alors je vais y aller seul cette fois-ci. Je devrais prendre le temps de me battre en utilisant mon corps de temps en temps, sinon Moroha et les autres seront toujours physiquement en avance sur moi.

« D’accord. Je vais le prendre. Envoyez-moi un message avec l’emplacement, compris ? »

« Compris, merci. Je vais le faire maintenant. »

J’avais fini ma conversation avec Relisha et j’avais immédiatement appelé Kousaka pour l’informer de mon voyage à Elfrau. Il avait l’air surpris, je pensais qu’il y serait habitué maintenant.

L’entendre devenir comme ça m’avait rappelé cette vieille émission sur un homme âgé qui avait servi un seigneur féodal. L’homme soupirait d’incrédulité chaque fois que son maître quittait le château sans permission pour faire quelque chose de fou. Je regardais des rediffusions de cette émission avec mon grand-père.

C’était assez drôle que Kousaka et moi ayons le même genre de relation que les personnages de la série.

« Ce mastodonte, le loup Snorra… Ça a l’air intéressant, emmène-moi. »

« Tu veux venir, Leen ? »

C’était un travail pour un aventurier de premier ordre, mais Leen semblait vraiment vouloir venir avec moi, et je ne voyais aucune raison de l’en empêcher.

Pour être honnête, la maîtrise magique de Leen l’avait probablement placée en termes de compétences au rang Or.

Mon smartphone vibra pour signaler le nouveau message de Relisha. C’était l’emplacement exact du Loup Snorra. Les militaires d’Elfrau l’avaient apparemment suivi. Ils se tenaient à distance de lui, car il pouvait les sentir s’ils s’approchaient trop près.

Le plan était d’utiliser [Porte] pour nous déplacer, Leen et moi, vers le petit coin d’Elfrau où j’étais allé dans le passé pendant ma recherche des morceaux de Babylone. Après cela, nous utiliserions tous les deux le [Vol] pour atteindre les plaines enneigées.

« [Porte]. »

Nous avions laissé Fam dans la bibliothèque et étions arrivés à Elfrau. Il fait froid, bon sang !

« B-Brr… Venez, Feu… Qu’un manteau douillet se répande : [Réchauffement] ! »

Leen avait immédiatement jeté un sort pour nous réchauffer tous les deux à une température confortable. J’avais vraiment cru pendant une seconde que j’allais mourir…

Il faisait déraisonnablement froid à Elfrau. C’était apparemment un petit détail que j’avais complètement oublié !

« Bon sang… Tu es vraiment un idiot. »

« T-Tu es aussi passé par le portail sans protection, Leen… ! »

« … Cela mis à part, où est le Loup Snorra ? »

Hmph… N’oublie pas mes commentaires ! J’avais ronchonné un peu en ouvrant ma carte et en déterminant ma position actuelle.

« Voyons voir… Nous devrions d’abord suivre les soldats d’Elfrau. »

Je n’avais jamais vu un membre de l’armée d’Elfrau avant, mais j’étais certain de pouvoir en reconnaître un d’un seul coup d’œil. J’avais raison. Ils étaient apparus sur ma carte après que j’avais lancé la recherche.

J’avais pris Leen dans mes bras et j’avais invoqué le [Vol] pour aller directement à leur emplacement, j’en avais vu plusieurs dans une zone boisée près des plaines enneigées.

Nous avions rapidement atterri à côté d’eux.

« Hm ?! »

Les soldats d’Elfrau portaient de lourds manteaux d’hiver et des chapeaux qui ressemblaient à des ushankas russes. Dans la confusion, ils avaient immédiatement pointé leurs armes vers moi.

« Je suis Mochizuki Touya, le grand-duc de Brunhild. La reine d’Elfrau m’a demandé de venir ici pour tuer le loup Snorra. Voici la magicienne de la cour de Brunhild, Leen. Qui est le responsable ici ? »

« Le grand-duc de Brunhild ?! »

Mes pieds s’étaient lentement enfoncés dans la neige. Je n’étais pas du tout habillé pour le temps qu’il faisait. Je soupirai doucement et sortis ma carte de ma poche.

« Une carte de guilde de rang Or… Bonté divine… »

« Si vous voulez d’autres preuves, dois-je faire venir un Frame Gear ? »

« Non, non… Ce n’est pas nécessaire… J’ai entendu dire que la reine a demandé de l’aide. Je suis le responsable ici, mon nom est Alexei. »

Un homme s’était avancé du groupe de dix, il était plus grand que les autres. Ils semblaient m’accepter assez facilement, mais je n’étais pas sûr qu’ils croyaient vraiment ce qu’ils voyaient.

D’après ce qu’on m’avait dit plus tard, le père d’Alexei travaillait au bureau de la guilde à Elfrau et parlait souvent de moi en raison de mon haut rang. Ils avaient prêté attention à moi sans que je m’en rende compte.

Quoi qu’il en soit, je lui avais passé ma carte de la guilde pour qu’il puisse la confirmer.

« Alors, où est le Loup Snorra ? »

« Juste au nord d’ici. Il a mangé beaucoup de sangliers dans les plaines, et se repose actuellement. »

Sanglier… ? Oh, je crois que j’ai entendu parler d’eux, ces cochons sauvages blancs. Il semble que ce Béhémoth ne s’attaque pas exclusivement aux humains… Mais manger n’importe quoi sans discernement n’est pas non plus vraiment bon. Plus il reste longtemps, plus il fait de dégâts. Il vaut mieux en finir avec ça.

« C-Capitaine ! Le loup Snorra arrive ! »

« Quoi ?! »

Un soldat tenant des jumelles montra une zone derrière nous. Puis nous l’avions vu entrer dans notre champ de vision. C’était un énorme loup blanc, d’une vingtaine de mètres de long. Il était en train de déblayer la neige alors qu’il se dirigeait vers nous.

« Eh bien, d’accord ! Il est temps de se battre ! »

Il n’avait pas la taille du Béhémoth que j’avais combattu la dernière fois. Mais il était quand même bien plus grand qu’un homme. Je n’avais donc pas besoin de faire venir un Frame Gear.

« Allons-y ! »

Leen sauta en avant comme pour protéger les soldats d’Elfrau, levant la main et chargeant sa magie en même temps.

« Avance, Vent ! Rafale de poignards sorciers : [Impact aérien] ! »

Leen invoqua un ancien sort de Vent, et l’énorme loup fut arrêté à mi-chemin de sa charge et emporté par celui-ci. Elle avait visiblement fait des recherches sur les anciens sorts dans la bibliothèque.

« C’est la première fois que je l’utilise sur une cible vivante… Cela ressemble moins à un mur de vent et plus à une balle, fascinant. Cela a de bonnes applications défensives. »

Le loup culbuté corrigea son équilibre et se leva pour nous affronter à nouveau. Il me fixa avec des yeux dorés, hurlant alors que sa gueule s’ouvrait.

« Grawoooooooo ! »

Une grande masse de glace commença à se former à l’intérieur de sa gueule. Il semblerait que c’était la capacité spéciale qu’il avait développée lorsqu’il était devenu un béhémoth. Il rugit à nouveau, envoyant la masse grumeleuse vers nous à une vitesse incroyable.

Oh merde. C’est mauvais !

Je n’avais aucun moyen de l’éviter. Les soldats étant juste derrière nous.

« Brûle, Vent ! Coup de feu : [Ouragan Ignis] ! »

Un vortex de flammes émergea de l’air, faisant disparaître la masse de glace. Le sort que j’avais jeté était similaire à la [Tempête de feu], mais il était plusieurs fois plus puissant.

C’était un ancien sort, connu sous le nom de sort composé qui fusionnait les affinités du vent et du feu. Avec le temps, il était probable que l’utilisation du sort n’avait pas été bien comprise et que ce soit devenu un sort de feu de base connu aujourd’hui sous le nom de [Tempête de feu].

Si quelqu’un n’avait pas à la fois des affinités avec le vent et le feu, il ne pourrait pas l’utiliser. Cela entraînait une tonne d’inconvénients pour compenser sa puissance pure.

« Étincelle Glacée, Gèle ! Maelstrom qui secoue : [Vortex Brumeux] ! »

« Grrrgh ! »

Une brume étincelante commença à s’élever autour du loup. S’il touchait la masse brumeuse, il était électrocuté. On l’avait complètement immobilisé. Le sort que Leen avait jeté était une magie composée conçue pour l’immobilisation.

Je ne voulais pas utiliser un sort de Feu pour l’achever, car cela endommagerait la valeur du corps.

Il y avait un nouveau sort que je voulais essayer, mais il nécessitait un contact physique. J’avais donc demandé à Leen de disperser son sort.

À la seconde où le brouillard avait disparu, le loup avait rugi et fonça sur moi. C’était extrêmement rapide, mais pas assez.

J’avais utilisé la [Téléportation] pour me mettre à côté de la bête, puis j’avais donné dans ses côtes un coup de pied infusé de magie.

« Graugh, awrhhh ! »

J’avais entendu un claquement de son corps, puis un crissement sourd. Quelque chose à l’intérieur s’était cassé. Il était tombé par terre. Je m’étais alors précipité vers l’avant pour placer ma paume sur son cou.

« Dessèche, o Ténèbres ! Draine la vie de mon ennemi : [Drain d’énergie] ! »

« Grawooo ! »

La vie même du Loup Snorra commença à couler en moi. Il mourrait petit à petit, et mon corps se mit à guérir. L’effet sur moi ressemblait beaucoup à celui de la [Récupération]. C’était cependant un peu plus lent qu’un sort de guérison. Probablement à cause de la taille de la bête.

« Grargh ! »

« Hmph ! »

J’avais sauté en arrière pour éviter la morsure. Il avait essayé de se lever, mais ses genoux étaient faibles. C’était fini pour la créature.

« Bonne nuit. »

J’avais dégainé Brunhild de ma taille et j’avais tiré dans la poitrine de la bête. Une balle divine lui avait transpercé le cœur.

« Awooo… »

Il poussa un petit hurlement alors que la vie quittait son corps. Avec cela, le loup Snorra, terreur d’Elfrau, était mort.

Je m’étais approché du loup pour m’assurer que j’avais fini le travail, et bien sûr, il ne respirait plus.

« Ce [Drain d’énergie] est un sort effrayant… »

« Tu sais que tu dois garder le contact pour le rendre mortel ? C’était probablement plus un sort incapacitant, comme mon [Paralysie]. »

Leen n’avait aucune aptitude pour Ténèbres, donc elle ne pouvait pas utiliser le sort. Yumina et Sakura en étaient capables, mais elles n’avaient aucun intérêt à apprendre ce genre de choses.

Qu’est-ce que c’est que cette fourrure ? ! Elle est incroyablement douce ! Elle est plus belle que le vison, merde ! Je veux dire, je n’ai jamais vraiment touché du vison, mais c’est plus doux que ce que j’imagine être du vison ! Ça va se vendre cher !

« G-Grand Duc… Le Loup Snorra… »

« Il est mort. Vous pouvez sortir maintenant. »

J’avais rassuré Alexei et ses hommes, dont la plupart se cachaient derrière des arbres. Quelques-uns avaient fini par s’affaler sur le sol en guise de soulagement. Ce n’était pas déraisonnable de leur part.

Il ne me restait plus qu’à montrer la preuve de mes actes à la reine. Je me rendrais donc au château d’Elfrau, je montrerais le cadavre et je me mettrais en route pour rentrer à la maison.

J’avais planqué le loup Snorra mort dans le [Stockage], puis j’avais parcouru les souvenirs d’Alexei avec [Rappel] pour obtenir des informations sur la capitale d’Elfrau, Slanien.

Ensuite, j’avais ouvert une [Porte] qui nous avait conduits directement au château royal d’Elfrau.

C’était vraiment beau à voir de l’extérieur.

***

Partie 4

« Nous sommes à Slanien… ? »

« Si vite… ? »

J’avais demandé qu’Alexei et ses hommes me conduisent au château.

Le château d’Elfrau était d’apparence gothique, il était plus petit que la plupart des châteaux que j’avais vus. Mais il était encore plus grand que le château de Brunhild. Il respirait l’élégance. Il était simple et élégant.

Nous avions marché jusqu’à la cour du château. J’avais alors sorti le cadavre du Loup Snorra de mon [Stockage] comme preuve de mon acte.

Les gardes du château avaient regardé avec admiration et incrédulité la taille de ce loup.

Alors que j’étais sur le point de sortir mon téléphone et d’appeler Relisha pour lui faire part de mon succès, j’avais entendu une voix qui m’appelait.

« Êtes-vous le grand-duc de Brunhild ? »

Je m’étais tourné vers une femme aux cheveux longs et blonds. Deux soldats se tenaient de chaque côté d’elle. Elle portait d’élégantes fourrures dans des tons crème pâle et portait un beau diadème sur la tête. Il était orné de pierres précieuses vertes.

La chose au sommet de sa tête était pourtant trop voyante pour être appelée diadème, mais bien trop maigre pour être appelée couronne. Elle brillait comme un diamant.

Elle semblait avoir une vingtaine d’années, et ses yeux émeraude étaient tournés vers moi.

« … En effet. Je suis le grand-duc de Brunhild, Mochizuki Touya. Voici Leen, ma magicienne de cour. Je présume que vous devez être la reine d’Elfrau ? »

« En effet. Je m’appelle Fortuna Tierra Elfrau, reine du royaume d’Elfrau. Nous vous sommes redevables de nous être venus en aide. »

Bien que la reine me remerciait, mes yeux étaient entièrement tournés vers une autre partie de son corps. Ses oreilles pointues. C’était les mêmes oreilles que celles de Relisha.

La reine d’Elfrau était, en fait, une elfe.

Les elfes ne sont-ils pas des habitants de la forêt… ? Je sais que je ne suis pas un grand fan de fantasy, mais quand même…

Oh, duh… Les elfes d’Elfrau sont probablement une race d’elfe. Bien que… Il y a beaucoup d’elfes par ici ? Je suppose qu’il est trop tôt pour juger.

« On y va ? J’ai préparé du thé pour vous. »

« Ah, d’accord. »

J’avais suivi la reine des elfes dans le château d’Elfrau.

Le château d’Elfrau était assez chaud, ce qui m’avait fait croire qu’ils avaient jeté une sorte de sort de chauffage sur l’endroit. Après tout, il n’y avait pas de cheminées en vue. Il n’y avait rien que je ne puisse identifier à distance comme un chauffage dans la grande chambre d’amis où j’avais été conduit. De toute façon, ils avaient clairement une sorte de contrôle de climat magique. C’était agréable, comme de l’air conditionné.

J’avais déjà visité quelques châteaux. Belfast, Mismede et Regulus pour n’en citer que quelques-uns, mais ils faisaient tous pâle figure en comparaison de la beauté de celui d’Elfrau. C’était comme un chef-d’œuvre, comme si pas un seul pouce de l’endroit n’était gaspillé. C’est comme s’il avait été conçu pour être luxueux et voyant, mais aussi intime et délicat.

D’une certaine manière, cela ressemblait plus à la lueur de l’argent qu’à l’éclat de l’or.

Je m’étais assis sur un canapé voisin avec Leen. Une femme de chambre était entrée dans la pièce avec du thé. La reine s’était assise à côté. Elle avait également apporté un petit pot de confiture et une petite cuillère de service pour chacun d’entre nous.

Cela m’avait vraiment rappelé ce que j’avais entendu sur le thé russe. J’avais lu un article à ce sujet il y a quelque temps, apparemment on était censé apprécier le thé en prenant une petite cuillère de confiture et en sirotant le thé pendant qu’elle était encore dans la bouche. J’avais observé les mouvements de la reine, et c’était exactement ce qu’elle avait fait.

Je ne savais pas vraiment comment faire, mais j’avais essayé. J’avais pris la confiture sucrée dans ma bouche, puis je l’avais arrosée avec le thé relativement amer. C’était une combinaison intéressante de saveurs et ce n’était pas mal du tout. Leen avait également pris son thé de cette façon et, à en juger par son expression, elle l’avait aimé.

« Tout d’abord, je voudrais vous exprimer ma plus grande gratitude pour la mise à mort du Loup Snorra. Compte tenu des circonstances soudaines, j’apprécie vraiment la rapidité avec laquelle vous avez géré la situation. Soyez assurés que vous serez équitablement dédommagés pour votre acte. »

« Ah, merci. Ce n’était rien, vraiment. »

La reine semblait sur le point de faire un salut complet, j’avais donc rapidement essayé de dissiper ce genre d’atmosphère.

Elle avait semblé le remarquer et m’avait fait un sourire.

« C’est la petite Relisha qui vous l’a dit, n’est-ce pas ? »

« Hm ? Vous la connaissez ? »

Je le suppose, vu que ce sont tous les deux des elfes… Attendez, est-ce raciste ? Hmm, peut-être qu’on m’a contacté si vite parce que la reine est une elfe… Hmm… Peut-être.

J’avais continué à manger ma confiture et mon thé en réfléchissant aux subtilités des relations avec les elfes.

« Eh bien, je suppose qu’on peut dire que je la connais bien. C’est ma nièce, la fille de ma petite sœur pour être précis. »

J’avais failli cracher le thé et la confiture en même temps.

Nièce ? ! La tante de Relisha est la reine d’Elfrau ?! La reine fit un petit rire, il semblerait qu’elle avait compris ma surprise.

« Relisha est ma nièce, oui. Mais elle n’est pas affiliée à ce pays. C’est un peu amusant, et c’est un sujet sensible ces temps-ci, mais… Ne trouvez-vous pas un peu étrange que moi, une elfe, je sois la reine d’une nation ? »

« Hm ? Ah… Et bien, je suppose que oui. »

Je me demandais si elle m’avait démasqué.

« Elfrau a été fondée il y a un peu plus de mille deux cents ans. La terre était rude et inhospitalière, mais un aventurier solitaire nous a donné de l’espoir. Il s’est uni au clan Frau, vestiges d’une vieille nation en ruine, et a fondé Elfrau de ses propres mains. »

« Un aventurier ? Qui… ? »

« Heheh… Il s’appelait El Carterede. Il a été le premier roi de cette nation, et mon mari. »

« Quoi ?! »

Mon mari ? ! Mais c’est… Sérieusement, elle est si vieille… ? Elle est plus âgée que Leen. Non, genre deux fois plus vieille… ! Bon sang, madame. On dirait que vous avez seulement la vingtaine.

« Le nom de ce royaume, Elfrau, vient de son nom et du clan qui l’a suivi. Après sa mort, il n’y avait que moi. J’étais une aventurière, et je savais ce que je devais savoir sur la gouvernance. L’aînée du clan Frau m’a également soutenue, alors j’ai pris le manteau de la reine. Depuis lors, je règne sur cette nation. Tout cela pour honorer l’héritage de mon mari. »

« Qu’en est-il de la succession… ? Pardonnez-moi d’être impolie, mais vos enfants ? »

« Nous n’en avons pas eu. J’ai souvent déploré ce fait… Si seulement nous avions pu avoir un enfant avant sa mort. »

Je suppose que les questions de succession n’étaient pas si importantes pour les espèces qui vivent longtemps comme les elfes. Je suppose que c’est la même chose pour les Xenoahs… Bien que le maître suprême ait un héritier provisoire, c’est un peu différent.

… Et mon royaume, alors… ? Je m’étais tourné vers Leen, en réfléchissant à l’avenir de ma nation.

Si je finis par devenir un dieu à proprement parler, alors je ne mourrai probablement pas de vieillesse… Je pourrais finir par régner pour toujours… Franchement, il vaudrait peut-être mieux que je passe le flambeau à mon fils et que je me retire pour toujours à Babylone ou autre part.

Cependant, je ne sais pas laquelle de mes femmes donnera naissance à un fils… Je suppose que si lui, ou son fils, ou le fils de son fils, fait un mauvais travail, je descendrai du ciel et lui botterai les fesses.

« Ce doit être un dur devoir régner depuis si longtemps. »

« Ce n’est pas aussi dur qu’on pourrait le penser. Le clan des Frau est un peuple doux et pacifique. Ils disent ce qu’ils pensent, mais pas de manière cruelle ou impolie. Tout le monde ici a une politique assez ouverte et un esprit large. Nous sommes généralement à l’abri des conflits majeurs et la terre est si stérile ici que nous ne risquons pas que d’autres nations viennent nous attaquer. Il peut y avoir de petits affrontements ici et là, mais je suis reine depuis assez longtemps pour que leur résolution soit une question insignifiante. J’ai aussi une équipe de conseillers compétents. »

Elle était là depuis la fondation de la nation, donc je ne serais pas surpris si elle était un peu un symbole nécessaire pour le pays à ce stade.

Elfrau avait à peu près la même taille que Ramissh, mais la plupart des terres étaient inhabitables. La terre inhabitable était sous la gouvernance d’un esprit de glace, mais ce fut grâce à une négociation acharnée et à une preuve de compétence que l’esprit permit d’accorder des terres aux personnes qui allaient fonder Elfrau.

Apparemment, c’était la reine elle-même qui avait négocié avec l’esprit. Leen m’avait informé que les Elfes avaient une affinité innée pour la nature, et pouvaient donc faire davantage appel au surnaturel.

Il semblerait que si quelque chose arrivait à la reine, alors le contrat serait rompu et le royaume régresserait vers une terre de glace et de neige inhospitalière. Une terre désolée et gelée en permanence.

Il était néanmoins intéressant d’en savoir plus sur les esprits. C’était la troisième fois que j’en entendais parler, la première étant l’incarnation des ténèbres dans Ramissh, et la seconde étant l’esprit de l’arbre.

Je voulais aussi rencontrer celui-ci un jour.

« Ah, oui. À propos de ce Loup Snorra… Pourriez-vous nous vendre son corps ? »

« À vous ? »

« Oui. La peau du Loup Snorra est de très haute qualité, et c’est un article peu commun. Si vous le pouviez, nous vous demanderions de vous en séparer en échange d’une compensation. Je pense que vous trouverez notre offre plus que généreuse. »

« Bien sûr, pas de problème. De toute façon, j’imagine qu’on en aurait plus besoin ici qu’ailleurs. »

Je m’étais demandé si elle voulait juste un beau manteau de fourrure, mais je n’y avais pas trop réfléchi. La viande du loup Snorra était apparemment dure et dégoûtante, ce n’était donc pas une grande perte pour moi.

« Merci. Si vous pouviez nous donner un peu de temps pour préparer votre récompense, j’apprécierais. En attendant, je crois qu’on vous a promis un objet du Trésor. »

« Ah, oui. »

Effectivement… Une partie de la récompense consistait à prendre un objet du trésor royal.

La reine nous avait guidés, Leen et moi, jusqu’au sous-sol, et nous étions finalement arrivés au trésor. Il y avait beaucoup d’objets rangés sur des étagères et dans des armoires de luxe. Il y avait des objets qui pouvaient être immédiatement reconnus comme des trésors, mais d’autres objets qui vous faisaient simplement cligner des yeux dans la confusion.

J’avais posé des questions sur diverses choses, mais il n’y avait pas grand-chose qui m’avait attiré l’attention. Après tout, j’étais assez sûr que la plupart des objets qui accumulaient la poussière dans le dépôt de Babylone avaient plus de valeur que ceux qui se trouvaient ici.

Leen semblait beaucoup plus absorbée que moi, elle posait des questions sur toutes sortes de choses.

Elle avait regardé un objet en particulier et m’avait fait signe de venir.

« Regarde ça. »

« Hm… ? Qu’est-ce que… Oh ! »

Ce que Leen m’avait montré était une sorte de hache. C’était cependant un peu spécial. C’était une lourde hache de combat avec une teinte rouge qui la recouvrait entièrement.

Mais ce n’était pas ce qui avait attiré son attention. C’était l’écriture inscrite sur le manche.

C’était exactement le même lettrage que j’avais vu à Belfast. Il ressemblait vraiment au lettrage d’Arthema, mais était légèrement différent, tout comme les mots dans les ruines. Cela ne faisait aucun doute, cette hache devait avoir un rapport avec le reste.

***

Partie 5

« Votre Altesse, qu’est-ce que c’est ? »

« Ah, c’est un cadeau qui nous a été donné par un autre clan lors de la fondation d’Elfrau. »

« Quel clan était-ce ? »

« Si je me souviens bien, c’était le clan d’Arcana. Ils s’appelaient eux-mêmes le Peuple Rouge. Dans leur culture, la couleur rouge était considérée comme sacrée. »

Le Peuple Rouge… Ça doit être ça. Cela correspond parfaitement à ce que j’avais pu reconstituer plus tôt.

Leen m’avait poussé avec son coude comme pour me dire de tout relier avec ce que je connaissais déjà. Mais je l’avais déjà fait dans ma tête !

« [Lecture] : Lettres cachées d’Arcana. »

J’avais invoqué tranquillement mon sort linguistique.

Qu’est-ce que ça veut dire... Le crépuscule… Jugement… ? Je ne comprends pas.

Il n’y avait pas beaucoup d’écriture ici. J’avais donc pensé que je pourrais la comprendre. Mais il me semblait que cette langue était aussi légèrement différente. C’était un peu problématique. Arthema… puis Arcana… À un moment donné, la tribu et sa langue avaient dû changer légèrement, et il se pourrait qu’elle ait encore changé avant qu’ils n’écrivent à Belfast.

« Cette arme a-t-elle un nom ? »

« Ah oui, je crois que celle-ci s’appelle Condamnation Crépusculaire. Il décuple au moins la force de celui qui le manie. »

Condamnation Crépusculaire… Donc ma lecture n’était pas trop éloignée, mais elle n’était pas tout à fait exacte. Bon sang, la traduction doit être un travail difficile. Ça ressemble à une hache bien pratique, mais je n’en ai pas vraiment besoin.

« Savez-vous si des descendants du clan des Arcanas existent de nos jours ? »

« Je ne suis pas sûre… Voyez-vous, c’était une tribu nomade. Je ne serais pas surprise s’il y avait des personnes vivantes ou des descendants de la tribu, s’ils avaient réussi à trouver un bon endroit pour s’installer. »

Apparemment, la reine n’avait pas rencontré les représentants des Arcanas en personne, c’était seulement son mari qui l’avait fait. J’avais essayé de lui poser des questions sur Belfast, mais elle ne connaissait pas non plus l’état du pays il y a mille ans. Elfrau était après tout assez éloigné de Belfast et de Regulus.

Hmph… Bon, même si ce n’est pas une piste sure, je devrais m’estimer chanceux d’avoir déjà autant d’infos sur le Peuple Rouge.

« Voulez-vous peut-être la hache ? »

« Ah, non… J’étais juste curieux de connaître ses origines… Hé, c’est quoi ce truc ? »

J’avais pointé vers un pendentif proche. C’était un petit ovale, d’environ trois centimètres de diamètre. Il ressemblait plus à une perle qu’à un diamant ou une pierre précieuse.

« Ah, c’est un artefact connu sous le nom de “Bénédiction de la vie”. Si une femme le porte lors d’un rapport sexuel avec son partenaire, alors il augmente massivement la probabilité qu’elle conçoive un enfant. Pour une raison inconnue, peu importe comment je le portais quand mon mari était… avec moi, cela n’avait jamais porté de fruits. Nous l’avons prêté à nos serviteurs, et ils ont facilement produit des héritiers, cependant… Il est possible que vous ayez besoin de certains critères pour qu’il prenne effet. »

Hm… On dirait que le gars a tiré à blanc ou quelque chose comme ça… Évidemment, je n’ai pas dit ça à voix haute.

Mais c’est quand même un objet parfait dans un sens, non ? Si un couple veut un enfant, mais n’a pas pu en avoir, ça les sauverait vraiment. Mais ce n’est pas comme si cela garantissait une grossesse, cela ne fait que la rendre plus probable. J’ai l’impression que si ce genre de chose était vendu sur le marché, les gens le regarderaient d’un œil suspicieux. Eh bien, c’est clairement un artefact puisqu’il est rempli de pouvoir magique, mais je ne peux pas dire si c’est efficace d’un seul coup d’œil.

« Vous savez, Grand Duc… Vous avez beaucoup de fiancées. Peut-être devriez-vous penser à produire un héritier assez tôt. »

La reine m’avait donné quelques conseils, probablement tirés de son expérience personnelle.

Savez-vous que l’une de ces fiancées est juste à côté de moi... Leen s’était un peu penchée sur le côté, essayant désespérément d’agir calmement, recueillie et indifférente. Elle était clairement intéressée.

Hmm… Ne me dites pas que cette chose est la raison pour laquelle j’aurai un tas d’enfants dans le futur… Eh bien, non… J’aurai neuf femmes, donc si vous y pensez comme ça, au moins neuf enfants, en quelque sorte.

J’avais regardé le pendentif devant moi. Je ne voulais pas vraiment que mes enfants ne naissent pas, et j’étais à l’aise d’avoir un enfant avec chacune de mes femmes.

« Alors, ça vous plairait ? »

Hmmm.…

◇ ◇ ◇

“Et c’est comme ça que j’ai eu ce truc, Duc Ortlinde.”

“Ohoho !”

J’étais au domaine d’Ortlinde, je faisais glisser la « Bénédiction de la vie » sur la table vers le bon duc.

Au final, j’avais choisi le pendentif, j’avais fait mes adieux à Elfrau, je m’étais séparé de Leen, et je m’étais dirigé tout droit vers sa propriété.

Leen était retournée au château, et j’étais presque certain que toutes mes futures épouses connaîtraient la « Bénédiction de la vie » avant la fin de la journée.

En tout cas, je n’avais pas encore prévu de l’utiliser.

« Alors tu veux me donner ça, mon garçon ? »

« Provisoirement, oui. La reine me l’a donné, donc c’est à moi de l’utiliser comme bon me semble. Avant même que je pense à l’utiliser, j’aimerais que toi et ta femme le testiez. »

« Ahaha... Alors nous sommes tes sujets d’expérimentation, hm ? »

Il n’avait honnêtement pas vraiment tort. Bien qu’apparemment, il avait fonctionné pour des dizaines de personnes dans le passé sans aucun effet négatif, j’étais quand même curieux de le voir de mes propres yeux.

Depuis que Sue avait rejoint Brunhild en tant que future mariée, Ortlinde n’avait plus d’héritiers. D’une certaine manière, j’avais senti que je lui étais redevable, alors j’avais pensé que je pourrais l’aider à en faire un autre.

« Tu as ces euh… pilules de vigueur que je t’ai données l’autre jour, n’est-ce pas ? »

« Ohoho, oui je les ai. J’en ai donné quelques-unes à des messieurs que je connais, et ils ont été assez choqués par les résultats. »

Eh bien, n’importe qui le serait. Ils pourraient rendre même le vieux vieillard le plus ridé sexuellement actif et viril à nouveau. Et c’était encore pire si vous le donniez à un jeune homme, puisqu’apparemment ils pouvaient aller en ville avec une fille et le faire pendant trois jours et trois nuits sans arrêter avec elle.

« Serais-tu peut-être intéressé par la vente de ces pilules au grand public ? »

« Pas pour l’instant, non. »

Je ne voulais pas vraiment que Brunhild soit associé à l’énergie érectile. Nous n’étions qu’une nation naissante, donc ce serait mauvais pour notre image. Je ne voulais pas non plus qu’on m’appelle Duc Pervers.

« De toute façon, je te prête ça pour l’instant. Ça marchera si ta femme le porte pendant le, euh… l’acte. Il ne devrait pas non plus y avoir d’effets secondaires bizarres, alors je te le laisse pendant un an et on verra ce qui se passe. »

« Est-ce qu’on peut emprunter un des trésors nationaux de Brunhild ? Si c’est juste un test, alors nous n’avons pas besoin de le garder toute l’année, n’est-ce pas ? »

« Mm… honnêtement, j’ai encore des doutes personnels sur son efficacité, alors je veux voir. Ce n’est pas réellement un vrai trésor de Brunhild. Nous ne l’avons pas utilisé. Je l’enregistrerai comme trésor national quand le petit frère ou la petite sœur de Sue sera né, non ? En plus, ça aidera le ménage Ortlinde, c’est le moins que je puisse faire. »

Pour être honnête, il serait impossible de prouver si une grossesse avait été provoquée ou non par cet objet. J’avais des réserves à ce sujet, ou peut-être que je voulais juste que ce soit un faux… Hmph.

Ça va être un sérieux problème de prouver si ce truc fonctionne vraiment ou non. Est-ce que ça en vaut la peine ? Je soupirai légèrement, en réfléchissant à ces choses tout en regardant le duc souriant.

◇ ◇ ◇

J’étais retourné au château, mais j’avais été accueilli par Kougyoku qui battait des ailes au coin de la rue. J’avais tendu mon bras gauche et je l’avais laissée se percher là. Elle était dans sa petite forme de perroquet, le poids n’était donc pas un problème.

« Un message est venu d’un de mes subordonnés que j’ai envoyé sur l’île. Mais il y a quelque chose que vous devez savoir… »

« Hm ? Qu’est-ce que c’est ? »

« Eh bien, pour être franc. L’île grouille de béhémoths. »

« Je suis désolé, quoi ?! »

Des béhémoths ? Grouillantes ? Quoi ? Je m’attendais à des différences d’évolution, mais une île pleine de bêtes géantes, c’est un peu trop…

« Y a-t-il des gens là-bas ? »

« Oui. Il y a plusieurs endroits sur l’île avec des barrières érigées que même les Béhémoths ne peuvent pas franchir. À l’intérieur de ces barrières se trouvent des villes avec des gens vivants à l’intérieur. Il y en a quatre au total, une dans chaque direction cardinale. Au centre de l’île, il y a une grande structure qui ressemble à un temple, qui les relie tous. »

Whoa, il y a vraiment des gens là-bas ? Je parie que le Sage des Heures est derrière tout ça, étant donné qu’il a dû falloir beaucoup de magie pour ériger de telles barrières.

« Que fait la barrière ? Elle bloque la magie ? »

« Pas tout à fait. Elle disperse la magie. Et il y a un effet appliqué à la mer qui fait que les véhicules et les gens perdent leur route. »

Je vois… Donc la barrière coupe la magie à la source, interfère avec les artefacts, et conduit même les navires à s’égarer ? Je suppose que ça explique pourquoi des objets s’écraseraient ou se perdraient dans la zone.

Cela signifie que la [Porte] était probablement possible pour moi, puisque le fait que ma magie soit un peu perturbée n’était pas un problème trop important pour mes réserves importantes.

Grâce à ces informations, j’avais pu mieux comprendre l’île mystérieuse. J’étais étonné que des gens y vivent, mais je devais maintenant trouver ce qu’il fallait faire.

Kougyoku avait dit que l’île grouillait de béhémoths, cela correspondait donc vraiment aux Galapagos de mon monde.

J’étais très intéressé, car le côté mystérieux de l’endroit ne m’échappait pas. Mais d’un autre côté, j’étais en conflit avec l’idée d’interférer avec eux.

Ils ne savaient après tout peut-être rien du monde extérieur. Je ne voulais pas créer un incident en m’immisçant sur leur territoire.

« Hm… Que faire ? »

Si j’étais un tyran, je l’aurais simplement envahi sous la bannière de l’expansion de mon territoire. Ou je pourrais y aller avec des tentatives d’ouverture commerciale, comme le Commandant Perry et ses navires noirs.

En y repensant, 1853 est l’année où tout s’est écroulé, non ? Il y avait une façon mnémonique de s’en souvenir, mais je ne me souviens pas bien…

Même si je vais là-bas et que je leur dis que je suis un souverain d’un pays étranger, ils ne me divertiront peut-être pas. Si je ne gère pas bien la situation, ils pourraient même essayer de me tuer. À moins que je ne laisse un impact qui leur fasse penser que je suis quelqu’un d’extraordinaire ou quelqu’un avec qui il vaut la peine de parler, ils ne m’écouteront probablement pas.

Il y avait toujours la possibilité d’y aller avec une centaine de Frame Gears…

Mais je n’aimais pas trop ça, car je ferais simplement ce que le commandant Perry avait fait. Je ne voulais pas les menacer, mais je sentais presque que je n’avais pas le choix.

Puis, il y avait eu la question de savoir s’il était juste ou non que je prenne cette mesure seul. D’un point de vue commercial, Hannock, Elfrau et Palouf ne seraient probablement pas intéressés à commercer avec eux. Xenoahs refuserait certainement.

Honnêtement, je n’étais même pas sûr qu’il y aurait un intérêt à ouvrir une relation commerciale avec eux. Eh bien… finalement, j’avais décidé qu’il était trop tôt pour le dire.

« On ne peut rien faire pour l’instant. Demande juste à tes subordonnés de surveiller pour le moment. Recueillez des informations sur leur culture, et sur le type de société qu’ils ont. Mais n’oubliez pas de garder vos distances. »

« Comme vous le souhaitez. »

Ce serait bien si le Sage des Heures laissait derrière lui quelque chose d’une importance magique…

Il aurait pu laisser un secret sur cette île.

Je ne savais toujours pas quoi faire de l’île, mais s’il y avait une possibilité de quelque chose comme ça, alors je devrais les affronter un jour. Même s’il n’y avait rien, je devais enquêter.

Lorsqu’il s’agissait de sauver le monde, il n’y aurait aucune perte à subir.

J’avais affirmé ma résolution tout en marchant dans le couloir.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

Un commentaire :

  1. Merci pour le chapitre.

Laisser un commentaire