Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 11 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Chevaliers recherchés. Renseignez-vous.

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Chapitre 1 : Chevaliers recherchés. Renseignez-vous.

Partie 1

« La frontière du monde, hm… ? »

« Connais-tu un moyen de l’arranger ? »

Dieu avait tranquillement réfléchi en grignotant un cracker de riz. C’était une spécialité d’Eashen, je les lui avais donc apportés comme cadeau. Nous étions assis dans la petite pièce familière, au milieu d’une mer de nuages. Vous l’avez deviné, nous étions dans le royaume des dieux.

Il aurait été bien de le consulter par téléphone, mais je ne voulais pas être impoli. C’était pourquoi je lui avais apporté un cadeau et j’étais venu le voir en personne.

« Et bien, je pourrais effectivement arranger cela. Un dieu de haut rang serait capable de le faire avec peu d’efforts. Mais tu sais comment c’est maintenant, n’est-ce pas mon garçon ? Nous ne pouvons pas interférer avec les royaumes inférieurs. Bien que si un Dieu méchant ou renégat était responsable des dégâts, on ferait alors exception. »

Le Dieu tout-puissant avait bu son thé et avait poussé un soupir.

« La barrière a été réparée il y a cinq mille ans, n’est-ce pas ? »

« En effet, elle l’a été. Mais ce n’était pas mon œuvre. Il y a néanmoins des espèces dans les mondes inférieurs qui pourraient hypothétiquement faire une telle chose. »

Mais qui, cependant… ? Tu es un peu vague.

« Et si j’avais utilisé le pouvoir de ma divinité pour le faire… ? »

« Tu pourrais trouver que c’est un acte des plus imprudents, mon garçon. Peux-tu recoudre une toile d’araignée à la main ? Utiliser un pouvoir aussi vaste pour un travail aussi précis… As-tu vraiment le contrôle nécessaire pour cette précision ? »

Je suppose qu’il a raison… Au moins, il ne semble pas y avoir de problème avec le fait que j’utilise ma Divinité en bas. Ce serait mauvais si j’essayais de le réparer et que je finis par l’aggraver.

« Oh oui, je n’ai jamais pensé le demander, mais… y a-t-il quelqu’un qui utilise la divinité d’une manière malfaisante ? »

« Bien sûr. Mais ce ne sont pas exactement des dieux au même sens que nous. La plupart sont nés dans les mondes inférieurs. S’ils prenaient une émotion sombre comme le regret, la rancune, l’attachement, et la laissaient s’accumuler dans leur être, alors ils pourraient atteindre un état de divinité corrompue. C’est généralement en entrant en contact avec quelque chose de divin, comme un trésor sacré, qu’une mauvaise personne atteint cet état. Ton ancien monde avait beaucoup d’histoires populaires sur ce genre d’événements. »

« Interviendriez-vous dans ces cas-là ? »

« Je ne crois pas qu’il soit approprié d’intervenir directement, même dans ces cas-là. Dans de tels cas, nous apporterions simplement une aide divine aux gens de ce monde, comme en accordant une lame sacrée à un héros choisi ou quelque chose du genre. Les méchantes divinités formées par de tels actes ont après tout une divinité encore plus basse que les dieux serviles. »

Plus bas que les dieux serviles, hein… ? Eh bien, je suppose que ce ne sont que des imitations.

« Et si le héros meurt ? »

« Je n’interviendrais pas. Ce sera très probablement la fin du monde. Penses-tu que je devrais donner chance après chance ? Je leur donnerais une seule chance de remédier au danger, car abandonner un monde le mènerait sûrement à sa ruine. Des mondes tomberaient s’ils n’étaient pas surveillés. Bien que j’aie mis en place des mesures pour m’assurer que je leur prête attention pour la plupart. »

Dieu laissa échapper un petit rire d’autodérision. Mais je me demandais combien de mondes avaient été abandonnés ou ruinés à cause de leurs échecs.

Juste au moment où je réfléchissais à cela, Dieu leva un doigt et se mit à parler.

« Cela me rappelle que le smartphone que tu utilises est très certainement un Trésor Sacré. »

« Attends, sérieusement ?! »

J’avais sorti mon smartphone et j’avais regardé le vieil homme à partir de celui-ci. C’est un Trésor Sacré, sérieusement ?

« Quand tu es mort à l’époque, j’ai apporté cet objet dans ce royaume. Naturellement, j’ai bricolé un peu, comme tu le sais. Ce petit appareil est vraiment un Trésor Sacré, qui contient le pouvoir des dieux. Comment penses-tu qu’il puisse m’appeler, mon garçon ? Comment penses-tu qu’il puisse transmettre des informations d’un autre monde ? »

Je veux dire, c’est vrai… C’est logique. Pourtant, je n’avais pas réalisé que c’était un objet de ce calibre.

« Serait-il possible pour moi de faire un Trésor Sacré de ma propre initiative ? »

« Je n’en vois pas d’inconvénient. Il s’agit simplement de canaliser ta divinité dans un objet. Mais, comme je te l’ai déjà dit, les divinités méchantes et maléfiques naissent généralement par l’interaction avec des pouvoirs divins, alors tu devras peut-être t’en abstenir. »

« Oui, c’est logique. »

Ils accordent donc des Trésors Sacrés aux héros pour lutter contre les personnes malfaisantes qui obtiennent des pouvoirs divins. Mais que se passerait-il si une divinité maléfique mettait la main sur l’objet sacré ? Ce serait mauvais, n’est-ce pas ?

Dieu expliqua qu’il détruisait généralement l’épée sacrée ou d’autres reliques divines après qu’elles aient été utilisées pour vaincre le méchant, puis qu’elles étaient remplacées par un faux. De temps en temps, il oubliait de le faire, et la présence du Trésor sacré dans le monde finissait par donner naissance à un autre méchant quelques centaines d’années plus tard. Ce n’était certainement pas une bonne nouvelle.

Pourtant, j’avais appris que Dieu et ses semblables n’étaient pas omnipotents. Apparemment, il y avait beaucoup de dieux gênants. Même dans mon ancien monde, nous avions des mythes et des légendes sur le fait que le divin prenait forme humaine pour causer des malheurs. Les dieux étaient tout aussi variés que les humains… Comme je commençais à bien l’apprendre.

« Ah, Touya. Il est un peu prématuré d’y penser, mais… aimerais-tu être celui qui est assigné au monde dans lequel tu vis en ce moment ? »

« Je te demande pardon ? »

« Eh bien, vois-tu… Les dieux de haut rang, les dieux supérieurs… Chacun d’eux est chargé de superviser un monde particulier. J’ai pensé que lorsque tu atteindras ce niveau, tu préférerais un monde qui t’est familier. »

Attends. Attends un peu ! Dieu supérieur ? Cela me donnerait un rang supérieur à celui de mes deux sœurs, n’est-ce pas ? Mais… n’est-ce pas bizarre ? Je suppose que je suis un bénéficiaire direct de la bénédiction de Dieu, mais quand même…

« … Cela signifie que je devrais rejoindre le panthéon des dieux, non ? »

« Si tu ne le souhaites pas, alors je n’ai rien d’autre à dire. Je sais cependant que beaucoup d’autres dieux le souhaiteraient. Il y a plusieurs milliers d’années que le dernier dieu a été intronisé. Sais-tu que les plus âgés ne verraient pas d’inconvénient à avoir un dieu plus jeune pour pouvoir se vanter un peu ? »

C’est bien qu’ils nous soutiennent, mais… J’ai des sentiments mitigés à ce sujet.

« Si je rejoignais le panthéon, aurais-je le droit d’avoir des enfants ? Tu sais que je vais bientôt me marier… »

« Beaucoup de dieux ont engendré des enfants avec d’autres espèces. Nous n’avons pas de politique l’interdisant. Les enfants auront une force et des capacités au-delà de la norme, mais ils ne deviendraient pas plus puissants que toi. »

C’est logique. Hercule, Persée, Achille et Cu Chulainn sont tous des exemples de demi-dieux issus des légendes de la Terre. Il y en a aussi des tonnes d’autres.

Mais d’après le Doc, je vais avoir huit filles et un fils… S’ils ont tous la force d’un demi-dieu, ça pourrait les élever un peu plus…

« A-Ah, juste une question, mais… y a-t-il un dieu chargé de s’occuper des enfants ? »

« Il y en a un, oui… Mais on devrait s’efforcer d’élever ses propres enfants quand c’est possible. »

« Tsk… »

C’était juste une hypothèse ! Bien sûr, je n’abandonnerais pas mes enfants… Merde, c’est ennuyeux. De toute façon, pourquoi est-ce que je suis stressé par ce qui ne va pas naître avant des années ? Ce n’est pas comme si elles allaient accoucher juste après m’avoir épousé ? C’est vrai ?

« Tu devrais faire attention à ne pas trop compter sur ta divinité pour l’instant. Continue à faire ce que tu peux. Considère ton arrivée dans ce monde comme une bénédiction… Bien que ce ne soit peut-être pas à moi de dire une telle chose, vu comment je t’y ai envoyé. Quoi qu’il en soit, je suis fier de toi. Continue à travailler dur. »

« Merci. »

Je suppose qu’il me dit juste de prendre les choses comme elles viennent, hein ? Eh bien, ça semble juste.

Après avoir reçu quelques louanges de Dieu lui-même, j’avais quitté son domaine.

◇ ◇ ◇

« Alors, on recrute plus de chevaliers ? »

« En effet. Nous sommes actuellement à court d’effectifs. Nous ne sommes plus une nation naissante, il n’y a donc plus de marge de manœuvre. »

Kousaka hocha lentement la tête en parlant. Il avait raison, nous n’avions même pas une centaine de chevaliers actifs dans notre pays. Une quarantaine d’entre eux n’étaient pas non plus des combattants actifs, et ils ne savaient pas piloter des Frame Gears.

Certains d’entre eux servaient Tsubaki comme collecteurs d’informations. D’autres travaillaient pour le vieux Naito et s’occupaient de la paperasserie officielle. Cela ne voulait pas dire qu’ils n’étaient pas capables de se battre, ils avaient après tout réussi le test, mais ils n’avaient pas à suivre un entraînement officiel.

Notre pays n’était pas très grand, nous n’avions pas besoin d’armées de mille hommes comme d’autres nations, mais il n’était pas imprudent de renforcer un peu nos rangs.

« Je suis sûr que c’est une bonne idée. »

« En effet. Brunhild grandit à vue d’œil. »

« Effectivement. Je suppose que la ville sera plus paisible si nous avons plus de gardes autour. »

Elze, Yae et Hilde patrouillaient souvent de leur plein gré, tout en participant à l’entraînement des chevaliers. Elles n’étaient pas officiellement membres de l’ordre, mais elles aimaient toujours donner un coup de main. Elles apprécieraient probablement que davantage de personnes soient affectées au maintien de la paix.

« Alors, de combien de personnes parlons-nous ? »

« Eh bien, hm… Mon objectif est de doubler notre effectif actuel de chevaliers, donc j’aimerais avoir une centaine de nouvelles recrues. Mais nous devrions en recruter cent cinquante si nous incluons les patrouilles domestiques, les employés de bureau et les gardiens de château. »

Autant… ? Eh bien, je suppose que ça devrait aller… Même s’ils s’appellent l’Ordre des Chevaliers de Brunhild, ils sont techniquement payés avec mes propres fonds, donc c’est plutôt ma bande personnelle de mercenaires.

Je gagnais pas mal d’argent en faisant du commerce avec Olba de Mismede, et je pouvais tuer parfois des béhémoths, ce qui me rapportait beaucoup. Parfois, j’utilisais [Recherche] pour trouver des objets manquants pour des personnes importantes.

« Et combien de ces personnes seront des pilotes de Frame Gear ? »

« Disons que nous devrions viser… une centaine au total, cela inclut les soixante que nous avons déjà formés pour ça. »

Donc seulement quarante sur le nouveau lot, hein… ? Le reste finira par être des gardes royaux, des patrouilleurs dans la ville et des employés de bureau. C’est très bien. C’est aussi un travail important pour l’ordre. De toute façon, les personnes qui auraient du mal à remplir ces fonctions ne passeraient probablement pas la phase de recrutement.

« Nous devrions donc les recruter en fonction de leurs compétences au combat… »

Il est vrai que nous avions besoin de personnes qui s’occuperaient efficacement de la paperasse, mais…

Je ne pouvais pas me permettre d’abaisser mes normes juste pour accommoder des gens qui pourraient être plus adaptés au travail de bureau. Ils devaient être forts, prêts et capables.

Mais j’avais l’impression qu’en les envoyant à Moroha pour un entraînement spécial, même un faible serait à la hauteur en termes de force.

***

Partie 2

« Très bien, alors commencez à mettre en place un jury de recrutement. J’ai confiance en votre jugement sur ce point, alors si vous pensez que quelqu’un est un bon candidat, faites-le postuler. »

« Très bien. »

Personnellement, je ne connaissais personne qui soit qualifié pour rejoindre l’ordre, alors je lui avais laissé le soin de le faire.

J’aurais pu y inclure Sonia et Rengetsu, ou le groupe de Lop, mais c’était des aventuriers. Je ne voulais donc pas les retenir. Ils avaient de toute façon probablement gagné plus d’argent grâce à leurs quêtes.

J’avais donc décidé de passer une annonce dans la guilde. Il y aura probablement beaucoup plus de gens intéressés cette fois-ci.

Yumina et le pape devraient être impliqués afin que nous puissions utiliser leurs Yeux Mystiques pour contrôler les gens. Je me demande si je peux aussi demander au Docteur Babylone de faire un test polygraphique. Un détecteur de mensonges serait utile… N’ai-je pas vu quelque chose à ce sujet dans les registres de l’entrepôt ?

Je m’étais rendu à Babylone et je m’étais dirigé vers le hangar. J’avais trouvé Monica et un mini-bot effectuant une maintenance de routine sur Gerhilde.

« Hm, où est le docteur ? »

« Elle est actuellement en réunion avec Rosetta dans le laboratoire de recherche. Elles sont en train de discuter de ce qu’elles vont faire avec les prochains Frame Gears. »

« Huh… »

Je n’avais pas tout compris, mais j’étais allé au laboratoire de recherche pour voir ce qui se passait. Il y avait un Frame Gear miniature et un tas de plans éparpillés sur le bureau du Docteur. Il y avait une image en coupe d’un Frame Gear accroché à un mur voisin.

Les deux filles dans la pièce en montraient différentes parties, en marmonnant et en grognant.

« Quelque chose ne va pas ? Vous avez l’air ennuyé. »

« Ah, maître monsieur ! Nous sommes justes… En train de travailler sur le développement du Frame Gear, monsieur… ! Nous pensions que le Frame Gear de Linze serait du type transformation, un type de fusion qui pourrait se combiner avec celui d’Elze, monsieur ! »

Pendant qu’elle parlait, Rosetta prit le Frame Gear miniature et plia son bras et ses jambes vers l’intérieur. Cela lui permit de déployer librement ses ailes et de se transformer en mode avion.

Super. C’est un changement de forme assez fluide.

La conception du Frame Gear semblait suffisamment robuste pour lui permettre de survivre à une rentrée dans l’atmosphère. Le fait d’avoir un Frame Gear volant nous donnerait aussi un avantage dans la bataille. J’avais revu la figurine, me demandant si nous ne pourrions pas en faire des jouets pour enfants. Ils seraient probablement populaires.

« L’enjeu est le Frame Gear de Leen. Plus précisément, ce que nous en faisons. Je pensais en faire une unité d’artillerie lourde, avec de gros canons installés tout le long de son corps. Après tout, la Phase résiste à la magie. Je pensais donc que nous pourrions le charger avec des munitions basées sur la magie pour les dommages à grandes portées, ou des missiles pour une approche plus directe. Peut-être aussi des balles. J’ai repensé à ce dessin animé que j’ai regardé tout à l’heure et je me suis demandé si je ne pouvais pas faire quelque chose comme ce canon rotatif Vulcan et le canon Gatling. C’est du moins ce que j’ai pensé, mais… »

Cela ne semble pas du tout rentable. Pour commencer, nous aurions besoin de produire une tonne de balles ou de missiles qui pourraient endommager le corps d’une Phase, nous aurions besoin de quelque chose au moins au-dessus du Mithril. C’est le genre de chose qu’il serait impossible à maintenir, en termes de prix.

Mais nous pourrions toujours l’armer de balles de Phrasium… Non, attendez. C’est impossible. Il serait impossible de fabriquer des dizaines de milliers de ces choses, il faudrait la pleine capacité opérationnelle de l’atelier 24 h/24 et 7 j/7 pour continuer à les produire. Je ne peux pas consacrer le temps ou les ressources nécessaires à une telle entreprise.

De plus, la quantité de munitions qu’il peut emporter avec lui est probablement limitée. Nous pourrions peut-être envisager d’en faire une unité permanente qui serait constamment alimentée en munitions, mais aurions-nous même besoin d’une tourelle de type Frame Gear ?

« Si vous fabriquez un Frame Gear comme ça, disons qu’il commence à tirer toutes ses munitions sans arrêt… Combien de temps cela durerait-il ? »

« Cela durera approximativement au mieux une minute. »

« C’est loin d’être suffisant. »

Même dans les animes, les robots géants perdaient la plupart de leur puissance quand ils étaient à court de munitions. Je ne pouvais pas prendre ce risque.

Si elle ne tirait qu’après avoir visé, elle pourrait durer un peu plus longtemps… Mais ce n’est toujours pas bon. De plus, il n’y a aucune garantie que toutes les balles frappent. Ça a l’air d’être embêtant. Ça va juste finir par utiliser toutes les munitions et devenir un vrai engin de combat.

« Et si on abandonnait l’idée de la Gatling pour faire un sniper de grande puissance ? Quelque chose qui pourrait pénétrer les Noyaux des Phases à longue portée. Ne pensez-vous pas que ça marcherait mieux ? »

« Ça pourrait être pratique, monsieur ! Mais… L’esthétique que je voulais avec ce Frame Gear était plus une forteresse mobile, monsieur ! Grosse, méchante, bestiale ! Le genre de chose qui serait équipée pour faucher les armées à moyenne et longue portée ! »

Rosetta s’effondra en grognant. Un tireur d’élite serait certainement plus lent et moins impressionnant.

« On pourrait toujours le régler pour qu’il tire une rafale de [flèches de feu], ou peut-être de [flèches foudroyantes]. Mais cela n’aiderait pas contre la Phase. Le canon Gatling pourrait aussi utiliser des attaques basées sur la magie. »

Le docteur haussa les épaules et sourit un peu pendant qu’elle parlait. Les balles ne seraient pas un problème dans ce cas, mais le fait que Leen soit à court de pouvoir magique serait une réelle menace.

« … En fait, maître monsieur ! Où gardez-vous vos munitions ? »

« Pour mon arme ? Juste dans une poche à ma hanche. Il y a des balles réelles, des balles explosives, et des balles paralysantes là-dedans. Je les alterne en fonction de la situation. »

Je lui avais montré la poche, et les trois poches à l’intérieur. Il y avait vingt balles de chaque type à l’intérieur.

« … Hmm. Vous les échangez dans le feu de la bataille ? N’est-ce pas obstructif ? »

« Oh, non. Je les fais charger dans mon arme automatiquement. J’ai programmé le canon avec [Apport] pour qu’il éjecte la douille usée et remplace immédiatement la fente de la chambre par de nouvelles balles, puis je… »

« C’est ça ! »

Je n’avais pas fini de parler, mais elles avaient soudainement sursauté et crié dans ma direction.

« C’est ça, oui monsieur ! On ne doit pas charger les munitions directement sur le châssis, non monsieur ! Nous devons juste construire un énorme dépôt de munitions à l’intérieur de Babylone et utiliser la [Porte] ou [Téléportation] pour recharger à partir de là ! »

« Hm… Cela nous donne un petit délai de mise à feu, mais franchement ce n’est pas un gros problème. Il y a plus d’avantages à cette configuration que d’inconvénients. Il faudrait quand même produire suffisamment de munitions… »

Elles s’étaient lancées dans l’aventure sans moi. J’étais laissé derrière dans la boue.

« Ah, Touya. Quelle quantité de cristal as-tu maintenant ? »

« Le Phrasium ? Une tonne. Nous n’en utilisons vraiment beaucoup que lorsque nous fabriquons un nouveau Frame Gear spécial, donc nous en avons beaucoup économisé pour le moment. »

J’avais pris tout le phrasium que j’avais pu trouver lors des incidents de Roadmare et de Yulong. J’en avais suffisamment pour provoquer un krach boursier si je mettais tout en circulation.

« Donc nous avons assez de matériel, excellent. Et on ne peut pas avoir l’atelier occupé à fabriquer des balles… Je n’aurai pas d’autre choix que d’en faire un autre qui se focalise uniquement sur les munitions. »

« Un autre ? Un autre quoi ? »

« Mais voyons, un autre atelier. J’ai de toute façon toujours eu l’intention d’en construire un deuxième. Il ne sera pas à la même échelle que l’actuel. Il sera seulement de la taille d’une petite maison. Je l’appellerai l’atelier junior ! »

En gros, tu veux fabriquer une usine de munitions ! N’est-ce pas un peu trop ? ! Eh bien, je veux dire… Je suppose que si ça marche comme l’atelier actuel, ça pourrait être un renfort bien pratique.

« Petit ou pas, cela ne sera-t-il pas difficile de construire un autre atelier ? »

« Aucun souci, monsieur ! On peut juste le faire avec l’atelier ! »

Hein ? Faire un atelier avec l’atelier ? J’avais été stupéfait par ce que Rosetta m’avait dit.

« L’atelier a la capacité d’un moteur, monsieur oui monsieur ! Faire une version plus petite de lui-même est un jeu d’enfant ! »

Rosetta sourit tout en bombant le torse.

« Je pense que cela devrait nous prendre environ deux semaines. Nous devrons aussi affiner les processeurs magiques… On te le fera ensuite transférer via une [Porte], Touya. Après tout, il ne peut pas se déplacer comme un Frame Gear. »

« Ouais, c’est bien, mais… »

Faire un atelier avec un atelier pour qu’on puisse créer plus que ça… C’est ça, il fera le sale boulot. C’était vrai qu’il ne pourrait peut-être pas produire de Frame Gears à cause de sa petite taille, mais il serait quand même capable de produire en masse beaucoup d’autres choses.

« D’accord ! Nous savons maintenant quoi faire, allons-y ! »

« Oui, madame ! »

Les deux morveuses étaient sorties en courant du laboratoire de recherche.

Je me demande si elles sont toujours aussi énergiques…

 

 

J’avais regardé le modèle miniature des Frame Gears. Celui de Linze avec son changement de forme aérienne, et celui de Leen avec son bras Gatling et ses canons rotatifs Vulcan.

Ce sera intéressant… Un Frame Gear de type aérien et un Frame Gear de type bombardier lourd, hein… ?

J’avais pris le modèle du Frame Gear de Linze et je l’avais posé sur celui de Leen. Heh, ils sont bons. Oh, c’est déséquilibré… Peut-être que je devrais voir si je peux les vendre. Si on les faisait plus petits, on pourrait les mettre dans des petites capsules au hasard. Je pourrais faire des petites machines à gacha et les placer autour… Un petit enfant devrait pouvoir se permettre un truc comme ça avec une allocation de base, non ?

J’avais quitté le labo avec les figurines à l’échelle tout en réfléchissant à ces choses.

***

Partie 3

Notre campagne de recrutement pour l’ordre des chevaliers avait finalement attiré beaucoup d’attention. J’avais attribué cela au fait que des affiches étaient placées dans des endroits comme la guilde et les routes très fréquentées.

En toute honnêteté, les salaires offerts par mon ordre de chevaliers étaient bas. Même si un chevalier gagnait une promotion, il n’y avait pas beaucoup de place pour l’évolution. S’il cherchait un emploi lucratif, il était préférable qu’il travaille pour une autre nation.

Les aventuriers gagnaient souvent de grandes richesses en prenant d’énormes risques et en combattant des bêtes magiques. Le risque était proportionnel au gain. Mais même les aventuriers médiocres pouvaient probablement gagner plus que ce que mes chevaliers gagnaient. Je voulais officiellement augmenter leur salaire une fois que Brunhild serait devenu un peu plus prospère, mais ce n’était pas faisable pour le moment.

L’avantage de travailler pour l’ordre des chevaliers de Brunhild était que le salaire était régulier et que les besoins vitaux de base étaient également couverts. De plus, c’était un travail moins risqué que celui d’aventurier. Certains d’entre eux combattaient la Phase, mais ils étaient toujours équipés de Frame Gear, qui les mettait relativement à l’abri du danger.

Je pensais que dans ces circonstances, nous aurions peut-être un millier de candidats tout au plus, mais j’étais loin du compte. Nous avions plus de trois mille personnes qui voulaient s’engager. J’étais stupéfait.

Nous voulions en recruter environ cent cinquante personnes dans ce groupe.

Il y avait trop de gens pour tenir dans la cour, nous avions donc demandé à tous les candidats potentiels de se rendre dans une plaine du nord que nous utilisions habituellement pour l’entraînement de Frame Gear.

Il y avait aussi beaucoup de gens présents qui ne faisaient que regarder. Ce n’était pas comme si nous faisions un spectacle ou quoi que ce soit, mais le fait d’avoir les habitants de la ville autour de nous pour voir leurs nouveaux gardes potentiels n’était probablement pas la pire chose.

 

 

« Salutations. Je suis Lain Netherland, et je suis responsable de l’ordre des chevaliers de Brunhild. Je vais présider la procédure de recrutement d’aujourd’hui. »

Lain était monté sur une plateforme et s’était présentée en utilisant le haut-parleur de son smartphone comme micro amplificateur.

En passant, Nikola portait comme nom de famille « Strand », mais Lain et Norn n’avaient que des prénoms parce qu’ils n’avaient pas de famille.

J’avais pensé qu’un nom de famille serait bénéfique aux personnes occupant des postes élevés, alors je leur avais donné comme noms Lain Netherland et Norn Siberia. Les noms venaient des Lapins nains des Pays-Bas et des Huskies de Sibérie, mais les gens de ce monde n’en savaient rien. C’était des hommes bêtes, j’avais donc pensé que ces noms correspondaient parfaitement.

Je ne pensais pas que c’était une bonne idée d’apparaître en public, je m’étais donc tenu à l’écart. Plus précisément, je m’étais déguisé en participant avec [Mirage]. Après tout, je voulais tout voir comme mes futurs chevaliers le verraient.

J’avais dû me déguiser parce que mon visage était déjà assez connu à ce moment-là, et je ne voulais pas que quelqu’un vienne vers moi au milieu de l’événement.

J’avais informé mes chevaliers du plan, pour qu’ils ne s’inquiètent pas de ce que je faisais. Je leur avais également dit de me traiter comme n’importe quel autre candidat.

De plus, être au niveau du sol me permettrait de faire connaissance avec ceux qui souhaitent me rejoindre. J’avais déjà découvert quelques personnes qui ne convenaient pas à l’ordre de Brunhild.

J’avais remarqué quelques personnes dans la foule qui faisaient des gaffes. Par exemple certains ignoraient complètement le discours de Lain. Je ne savais pas s’ils l’ignoraient parce que c’était une femme ou parce que c’était un homme bête, mais dans un cas comme dans l’autre, cela les rendait inaptes au service.

J’avais remarqué qu’un nombre remarquable de candidates au titre de chevalier étaient des femmes. Environ quarante pour cent des habitants de la région étaient des filles. C’était un peu logique, étant donné que la plupart des autres ordres de chevaliers dans le monde ne recrutaient pas de femmes, et que ceux qui le faisaient ne recrutaient que des nobles. On avait probablement entendu dire que Brunhild était un pays qui ne se souciait ni de la race, ni du sexe, ni des croyances.

Il y avait aussi beaucoup plus d’hommes bêtes et de démons. Je ne pouvais pas m’empêcher de me demander si c’était l’œuvre du seigneur… Une partie de moi soupçonnait qu’il avait envoyé un groupe de démons afin qu’il puisse obtenir plus d’informations sur ce que Sakura faisait. Même pour un père aimant, ce serait un peu trop… J’avais décidé de leur accorder le bénéfice du doute et de supposer qu’ils étaient des participants réguliers.

« Maintenant, commençons. Tournez-vous, s’il vous plaît. »

« Hein ? »

Lain pointa l’horizon et, comme si c’était un ordre, le bruit des battements d’ailes submergea la zone. Tout le monde se retourna pour trouver un dragon monstrueux qui les regardait fixement.

« GRWAUUUUUUUGH ! »

Le dragon d’azur, Luli, releva la tête et rugit avec une vigueur bestiale.

H-Hey, n’est-ce pas un peu trop ? Je t’ai juste dit de les effrayer un peu.

« Eeek ?! »

« C — c’est un Dragon ! Pourquoi ? ! »

« Courrez pour votre vie ! Il va nous tuer ! »

La grande majorité des candidats commença à se diriger vers les collines, se dispersant dans toutes les directions et cherchant désespérément à s’échapper. Luli ne fit rien d’autre que de les fixer silencieusement pendant qu’ils se dispersaient.

Ceux qui coururent avaient été naturellement disqualifiés. C’était la première phase. Il n’y avait pas de place pour les lâches dans notre armée, nous avions besoin de gens qui défendraient les innocents autour d’eux.

Nous avions perdu environ les deux tiers de la foule initiale. Luli était descendue au sol, et Lain recommença à parler.

« Ceux qui se donnent la priorité sur les citoyens de notre nation n’ont pas leur place parmi nous. Félicitations, ceux qui sont restés ont passé le premier test. »

Lain avait fini de parler, et la foule avait finalement réalisé ce qui s’était passé. Il y avait des gens qui étaient devenus faibles des genoux et qui ne pouvaient tout simplement pas s’enfuir à cause de la profondeur de leur peur. Mais ce n’était pas un problème pour moi. J’avais le sentiment que ces personnes seraient éliminées au cours des prochaines phases.

Certains des lâches étaient revenus et avaient essayé de se trouver des excuses, disant qu’ils couraient vers la ville pour la protéger, ou qu’ils avaient été emportés par la foule sans le vouloir, mais Norn et les autres les avaient simplement ignorés. Il y avait ceux qui refusaient de reculer même après avoir été rejetés, j’avais dit à Luli, par télépathie, de leur rugir dessus. Ils s’étaient encore enfuis, et je savais qu’ils ne reviendraient pas.

Luli était remontée en flèche dans le ciel, après avoir fait son travail. Lain recommença à parler alors que la foule regardait Luli s’envoler.

« Très bien, passons à la phase deux. Je vais faire passer à tout le monde trois jours dans la forêt à l’ouest de cette plaine. L’eau y est abondante, car une grande rivière la traverse. Mais vous ne pouvez pas apporter de nourriture à l’intérieur. Nous fournirons cependant des cantines d’eau. Si vous quittez la forêt avant la fin des trois jours, vous êtes disqualifiés. Plusieurs chevaliers de notre ordre vont jouer le rôle d’Oni affamé, et ils vous traqueront. Ces Onis ne vous tueront pas, mais ils tenteront de vous assommer et de vous faire sortir de la forêt. »

Lain termina son explication, plusieurs participants levèrent la main comme pour l’interroger.

« Pouvons-nous nous battre contre les Onis ? »

« Oui, bien sûr. Les vaincre est tout à fait possible. Mais nous vous demandons de vous abstenir de les tuer dans la mesure du possible. »

« Pouvons-nous faire équipe avec d’autres dans la forêt ? »

« Cela me convient également. Mais il sera peut-être plus facile pour l’Oni de vous suivre si vous êtes en groupe. »

« Combien d’Onis y aura-t-il ? »

« Je ne peux pas vous le dire. Il pourrait n’y en avoir qu’un, il pourrait y en avoir une centaine. Ils porteront tous des masques Oni distincts, vous pourrez donc le savoir en un coup d’œil. »

« Peut-on utiliser la magie ? »

« L’utilisation de la magie est interdite pour cet examen. Nous avons érigé une barrière autour de la forêt qui rend la magie inutile, vous devrez donc utiliser votre cerveau. »

Je ne voulais pas que la forêt brûle à cause des sorts de feu. Tout ce qu’ils avaient à faire était d’éviter l’Oni pendant trois jours. S’ils comptaient sur la magie tout le temps, cela ne signifierait pas grand-chose quant à leurs capacités de survie.

« Si vous restez dans la forêt après trois jours, vous passerez cette étape de l’examen. Il n’y a pas de limite au nombre de personnes qui peuvent le passer. Si tout le monde ici est à l’intérieur de la forêt à la fin, alors vous réussissez tous. Nous vous distribuerons des badges, que vous pourrez attacher à vos vêtements. Si vous les enlevez à tout moment et les jetez par terre, vous serez téléportés ici. Si vous pensez avoir atteint votre limite, ne jouez pas les héros. Abandonnez si vous pensez que vous ne pouvez pas le supporter. Les badges fonctionneront aussi si vous quittez la forêt, ils vous ramèneront ici. Mais vous serez quand même disqualifié. »

Nous avions commencé à distribuer les badges que nous avions utilisés la dernière fois. J’avais fini par avoir le dernier.

« Cela va sans dire, mais il est également interdit de terroriser les autres participants pour qu’ils abandonnent leur badge ou quittent la forêt. Ce serait un motif de disqualification immédiate. Vous devez agir à l’image d’un chevalier. »

Lain descendit de la plate-forme et Nikola commença à guider tout le monde vers la forêt.

Je marchais avec eux quand une femme aux cheveux noirs, à côté de moi, avait commencé à parler d’un ton feutré.

« Les préparatifs sont terminés. Nous pouvons partir à tout moment. »

« Bon travail, Tsubaki. Voyons comment se déroulent les deux premières heures pour l’instant. Je veux voir ce que tout le monde fait. S’il y a des personnes qui agissent de manière sournoise ou suspecte, faites-les éliminer. Je ne veux pas perdre de temps avec les fauteurs de troubles. »

« Compris. »

Tsubaki fit un signe de tête subtil à mes côtés. Elle avait infiltré les participants, tout comme moi. Pas seulement elle, d’ailleurs. Quelques membres de l’ordre des chevaliers s’étaient mêlés aux autres participants. La plupart d’entre eux étaient des membres du corps de renseignements de Tsubaki.

Ils y allaient sans nourriture, donc la survie était primordiale. J’avais conçu ce test dans l’idée qu’il ferait ressortir la vraie nature d’une personne. J’avais demandé à des gens de s’infiltrer dans l’examen pour enquêter sur la façon dont les gens allaient agir, mais aussi pour assurer la sécurité de tout innocent en cas d’urgence.

J’avais le sentiment qu’il y aurait de dangereux fauteurs de troubles parmi les candidats, et la forêt contenait aussi quelques bêtes magiques.

Heh, je me demande s’ils vont tomber sur les pièges spéciaux que j’ai mis en place… ? Heheh… Je me demande s’ils pourront tenir tout ce temps dans la forêt… ? Heh… A-Attends, ça me fait passer pour un méchant ! J’y travaille, je vous le promets ! Je suis un bon gars !

La forêt était assez large, et il y avait beaucoup d’arbustes denses. Il n’y avait pas beaucoup de marge de manœuvre pour s’y repérer là-dedans. Le territoire de Brunhild était à l’origine envahi par des bêtes magiques, et j’avais chassé la plupart d’entre elles, mais la forêt était lentement devenue un terrain de reproduction pour les plus têtus au cours des derniers mois.

Personne n’y était vraiment allé jusqu’au fond, à l’exception de quelques aventuriers envoyés par la guilde pour trouver certains objets. La densité de la forêt protégeait la route des attaques de bêtes magiques, mais j’avais quand même pensé qu’il serait plus sûr de tous les anéantir.

***

Partie 4

Alors que je réfléchissais à ça, nous avions atteint la lisière de la forêt. Nikola avait commencé à nous expliquer la procédure.

« L’examen commence ici. Vous entrerez dans la forêt par ordre de numéro de badge, en prenant une cantine avec vous au préalable. Si nous appelons votre numéro et que vous souhaitez quitter les lieux maintenant, faites-le-nous savoir et vous pourrez partir. Si vous n’êtes pas armé et que vous voulez une arme, faites une demande et nous vous accorderons un équipement de base. Une fois que vous êtes entré dans la forêt, vous êtes libre de vous déplacer. Les Onis sont déjà à l’intérieur, alors faites attention. Maintenant, concurrent un, concurrent deux… »

Nikola avait utilisé son smartphone pour photographier tous les participants qui passaient, confirmant ainsi leur participation.

Norn commença elle aussi à prendre des photos et, après une trentaine de minutes, on m’avait finalement appelé. Ils n’avaient pas vraiment besoin de prendre une photo de moi, mais ils l’avaient quand même fait.

« Que Flora et nos mages de récupération se tiennent prêts, d’accord ? Réglez aussi la destination du téléporteur sur la zone de départ. Oh, d’accord… Nikola, Norn… Vous allez aussi être des Onis, n’est-ce pas ? »

« Effectivement. Nous allons bientôt entrer dans la forêt. »

« Ouais, on va le faire. Mais si nous vous rencontrons, vous ou les autres infiltrés, pendant que nous sommes à l’intérieur ? »

« Attaquez-nous comme vous le feriez avec n’importe qui d’autre. Nous nous défendrons pour ne pas éveiller de soupçons. La nuit, je prendrai aussi le rôle d’Oni. »

Norn avait affiché un sourire gêné face à ma réponse.

« … Retenez-vous, s’il vous plaît. Je plaindrais toute personne qui se battra contre vous, Oni ou un concurrent. »

Elle avait raison.

La plupart des membres de notre ordre de chevaliers jouaient le rôle d’Oni pour cet examen. Mais pas les employés de bureau. Même le vieux Baba et le vieux Yamagata y participaient. Les Onis avaient reçu l’ordre de ne disqualifier personne qui aurait montré des traits exemplaires d’une manière particulière. Je ne voulais pas que les gens vraiment bons échouent par hasard ici et manquent une chance de briller pendant l’entretien.

Les personnes jouant le rôle d’Oni tenaient des bâtons enchantés par [Paralysie], pour ne pas blesser les participants. Même s’ils étaient défaits, l’Oni les laissait simplement allongés s’ils faisaient preuve d’une grande compétence ou d’un trait personnel. Mais s’ils étaient simplement mauvais, leurs insignes étaient retirés, les téléportant ainsi vers la disqualification.

Moroha voulait être une Oni, mais je l’avais rejetée de manière délicate. Je ne pouvais pas me permettre qu’elle fasse cela. Personne ne finirait par passer.

« Très bien, j’y vais. S’il y a un problème, appelez-moi. »

« Entendu. »

« Amusez-vous bien, patron. »

Nikola avait incliné la tête vers moi, et Norn commença à faire des signes et à sourire. J’étais alors entré dans le dense sous-bois.

◇ ◇ ◇

« Très bien, qu’est-ce que je vais donc faire ici… »

En premier lieu, j’avais décidé d’aller chercher de l’eau. J’avais marché vers la rivière avec ma gourde à la main.

Si je me souviens bien, la rivière devrait être au milieu de la forêt… Elle coule du nord au sud-est.

J’avais pu voir d’autres personnes au loin pendant que je me frayais un chemin à travers la forêt. Il semblerait qu’ils aient eu la même idée.

Bordel, je peux à peine voir… Il y a une tonne d’arbres dans les environs, aussi. Oh, un lapin. C’est une bonne trouvaille, mais je n’ai qu’une épée sur moi…

Même si j’étais capable d’utiliser la magie ici, il n’y avait aucune chance que je le fasse. Je ne voulais pas compromettre mon identité.

Chaque membre de l’ordre de Brunhild était exempté des règles de la barrière. Mais il y avait toujours le risque que quelqu’un me voie. Ce n’était pas comme si je pouvais utiliser le [Stockage] pour sortir un arc et un jeu de flèches.

Je me demande si cet équipement de base sera suffisant si des bêtes magiques viennent attaquer… Les arbres sont assez denses pour que je puisse m’enfuir sans problème. De toute façon, je suppose que je ne devrais pas utiliser la magie ici… Mais enfin, je vais finir par avoir faim à ce rythme. J’ai de la nourriture dans mon [Stockage], de l’eau aussi, mais je ne peux pas me permettre d’éveiller les soupçons. Ce serait suspect si j’avais de l’eau avec moi sans même aller à la rivière.

L’examen actuel devait mesurer les compétences des chevaliers qui deviendraient gardiens de château, de ville ou espions sous les ordres de Tsubaki. Toute personne qui se montrait capable ici obtenait immédiatement un entretien. Cela avait un peu laissé le département administratif du travail en plan… Mais peu importe. Nous n’avions pas encore besoin d’une équipe magique dédiée.

C’était un jeu de survie, et seuls ceux qui avaient des compétences de base en survie pouvaient s’en sortir. Je me demandais s’ils se battraient ou s’ils utiliseraient leur intelligence pour s’enfuir. De toute façon, s’ils tenaient trois jours ici, ils auraient ce qu’il faut.

J’avais continué de marcher jusqu’à ce que j’entende le bruit de l’eau qui coule.

J’étais sorti dans une clairière et j’avais vu la rivière, son lit tapissé de galets lisses. Elle faisait environ six mètres de large, ce ne serait donc pas difficile à traverser. La plupart du temps, elle était également peu profonde.

J’avais rempli ma gourde et j’avais bu un peu d’eau fraîche et froide. Mince, c’est bon…

J’avais regardé autour de moi et j’avais vu beaucoup d’autres participants dans le coin, ils remplissaient aussi leur gourde. Cet endroit était assez dégagé, il était donc facile de sentir le danger… Mais c’était aussi un endroit idéal pour que l’Oni vous trouve.

S’ils étaient malins, ils partiraient juste après avoir fait le plein d’eau. Certains d’entre eux avaient eu cette bonne idée et s’en allaient déjà. Après tout, quiconque s’attardait trop longtemps ici risquait réellement d’échouer immédiatement à l’examen.

J’étais retourné dans la forêt et j’avais grimpé sur un grand arbre. Très bien

« [Détection lointaine]. »

J’avais projeté mes sens à travers les environs. Il y avait des gens qui se déplaçaient en groupe, et d’autres qui avaient décidé de se lancer en solo.

Oh, ce type grimpe à un arbre tout comme moi… Mais je ne peux pas vraiment voir son visage. Il porte un masque, il est habillé tout en noir… Il ressemble à un ninja, heh. Hein ? Est-ce qu’il… me regarde ? Pas du tout. Il est à plus d’un kilomètre, et il y a des obstacles, non ? Quoi… il me fait signe, maintenant ? J’avais bougé mon corps, tout en lui faisant signe. L’homme montra une réaction de choc. Je m’étais cependant demandé pourquoi en premier lieu il avait fait signe. Peut-être cherchait-il à savoir si je pouvais aussi le voir. Si c’était un ninja, alors c’était probablement une de ses techniques de ninjutsu, quelque chose qui fonctionnait différemment de la magie. Soit ça, soit il possédait une sorte d’œil mystique, ce qui n’était pas non plus impossible.

« Gah ! Un Oni ! Gugh !!! »

« Hngh ! Gyaaah ! »

« Courez ! Échappez-vous de là! »

Mon audition me dirigea vers une soudaine masse de cris, j’avais donc tourné mon regard vers la rivière une fois de plus.

Deux membres de notre ordre de chevaliers, portant leurs masques Oni, faisaient un travail assez rapide sur certains des traînards qui restaient encore au bord de la rivière. Ils étaient impitoyables dans leur approche, faisant tomber les concurrents les uns après les autres avec leurs cannes paralysantes. Il s’agissait du vieux Baba et du vieux Yamagata…

Ils projetaient une aura de bonheur autour d’eux alors qu’ils renversaient joyeusement leur proie, leur arrachant les insignes de leur vêtement. Honnêtement, ils semblaient être des bandits sans pitié… agissant trop comme des bandits impitoyables. Ceux qui avaient été dépouillés de leurs insignes disparurent en un éclair, téléportés sur la ligne de départ. Apparemment, aucune des personnes présentes n’avait montré le moindre potentiel.

D’autres participants dans la région avaient entendu l’agitation, et leurs réactions avaient été variées. Certains avaient pris la fuite, d’autres étaient venus voir ce qui s’était passé. Certains étaient restés immobiles, comme si un seul geste pouvait les exposer.

J’avais tourné mon attention vers l’arbre, l’homme ninja avait disparu. Il était étonnamment rapide… Ce doit être un ninja.

Le duo d’Onis, près du lit de la rivière, s’était frayé un chemin dans la forêt dense et avait rejoint les ombres une fois de plus.

« Son œil droit est percé ! Flanquez-le de ce côté ! Attrapez-le ! »

Hm ? Qu’est-ce que c’est que tout ça, alors... J’avais projeté mes sens vers un groupe de trois participants. Ils se battaient contre un singe roi à une certaine distance de la rivière. Attendez, ce n’est pas un singe… Il est plus grand que d’habitude. Est-ce une sorte de mutation ?

« Attaquez en premier lieu ces jambes ! Arrêtez ses mouvements ! »

L’homme qui lançait des ordres semblait avoir une vingtaine d’années. Il avait les cheveux courts et argentés. Il portait une cotte de mailles qui avait l’air abîmée par les intempéries, mais qui était étonnamment résistante. Son commandement sur le groupe était lui aussi sacrément impressionnant. De plus, il utilisait pleinement les compétences de ses compagnons, même s’il venait apparemment de les rencontrer.

Je les avais observés pendant un moment. Ils avaient finalement réussi à éliminer le Singe surdimensionné. Pendant qu’ils se battaient, le chef surveillait de près les environs. Il surveillait probablement une attaque d’Oni, juste au cas où. J’avais donné l’ordre aux Onis de ne pas combattre les participants pendant qu’ils étaient engagés avec des bêtes magiques, mais ils ne le savaient pas. J’avais l’impression que ce type était un leader.

J’étais descendu de l’arbre, je m’étais dirigé vers le sud, et j’avais fini par tomber sur un candidat qui creusait le sol.

« … Qu’est-ce que tu fais ? »

« Eeek ! A-Ah ! Ah… N-nourriture… J’essayais juste de me procurer de la nourriture. »

Je lui avais fait peur, apparemment, mais il s’était vite calmé. Il avait sûrement dû me confondre avec un Oni.

« De la nourriture ? »

« Hm ? Oh, ouais… Cette vigne, ici, fait pousser des ignames géantes de montagne. Tu peux manger les produits qui poussent sous terre, au moins pendant cette saison… Après trois mois, ils fermenteront et deviendront toxiques. »

« Hein, vraiment… ? »

« L’Oni pourrait m’attraper si j’allume un feu, alors j’ai pensé que je pourrais aller chercher des trucs, tu vois ? Il y a aussi beaucoup de fleurs et de noix comestibles dans la région. »

Huh, je vois… Donc même si vous attrapez un lapin, il n’est pas conseillé de le cuire. Personne ne va en manger un cru. Ce type ne fait rien de tape-à-l’œil, mais c’est quand même une compétence de survie précieuse.

Le jeune homme avait beaucoup de fleurs, de noix et de fruits sur lui. Il avait en gros toutes les sortes de plantes comestibles de la région. De toute évidence, il s’y connaissait.

« Si tu vas au sud, il y a aussi des kakis… Je n’en ai pris que quelques-uns, il devrait donc en rester. »

« Hm, merci. Je vais vérifier. »

J’avais laissé l’homme derrière moi pour continuer à chercher de la nourriture. Il n’avait de toute façon pas l’air très intéressé à tenir une conversation.

J’étais donc allé dans la direction qu’il m’avait indiquée, et les kakis étaient là. Les kakis avaient une texture semblable à celle des poires, mais ils étaient doux. J’avais subtilement ouvert [Stockage] et j’en avais mis à l’intérieur, mais j’en avais gardé un pour manger.

Savoureux… Hein ? Un bruit sourd était venu de derrière moi. J’avais sauté juste à temps, ayant remarqué que quelque chose volait vers moi depuis les sous-bois. C’était un poing.

J’avais réussi à esquiver le coup de poing, mais j’avais instinctivement jeté mon kaki.

***

Partie 5

Ouah ! L’agresseur se tenait debout, portant un masque d’oni noir distinct. Il avait de longs cheveux argentés qui tremblaient dans le vent. C’était clairement une femme… Une femme que je ne connaissais que trop bien.

« Haaah ! »

« Gaaah ! A-Attendez ! Elze, Elze ! C’est moi ! Moi ! Touya ! »

« … Touya ? »

Le coup de poing du gantelet avait été à quelques centimètres de mon visage avant de s’arrêter.

Bon sang ! Tu as failli m’arracher la tête !

« As-tu utilisé [Mirage] pour participer à la compétition ou quelque chose comme ça ?! »

« Ahaha… Quelque chose comme ça… »

Merde, j’ai complètement oublié… J’en ai parlé au dîner hier soir, et Yae, Hilde et Elze ont dit qu’elles voulaient participer… Mais pas en tant que participantes. En tant qu’Oni…

« Pourquoi m’as-tu attaqué par-derrière quand je mangeais… ? »

« Tu sais que je ne peux pas me permettre de faire preuve de pitié à l’heure du repas ? Tu crois que quelqu’un qui se fait prendre par surprise si facilement survivrait à l’entraînement de ta sœur ? »

Ce qu’elle avait dit était juste. À moins d’avoir un certain niveau de compétence, vous ne feriez pas long feu contre Moroha.

« Peut-être que tu devrais cependant ne pas en faire trop. Tu utilisais [Renforcement] ou un truc du genre ? »

« … Non, j’ai décidé de ne pas l’utiliser pour l’examen. Je ne voulais pas causer de blessures. »

Quoi ? ! Ces gants donneraient une putain de commotion cérébrale à n’importe qui ! Et bien… J’imagine qu’il y a des médecins en attente s’ils sont sortis, mais quand même…

« Très bien, je vais continuer à chasser les ennemis. Bonne chance, Touya. »

« Toi aussi ! »

Bonté divine… Elle est de plus en plus forte…

J’avais grimpé dans un arbre voisin et j’avais activé [Détection lointaine] tout en continuant ma veille. J’avais vu certains examinés se faire attaquer par l’Oni, et j’en avais vu d’autres coordonner des attaques contre des bêtes magiques. Il semblerait qu’aucun de mes hommes n’avait été assommé.

Certaines personnes avaient été disqualifiées, mais pas autant que je l’aurais cru. L’idéal serait de réduire le nombre à moins de cinq cents, mais ils tenaient bon.

Peu à peu, le soleil s’était couché, le vrai plaisir allait commencer.

J’avais utilisé mon smartphone pour confirmer qu’il n’y avait personne dans les environs, puis j’avais désactivé [Mirage]. J’avais ouvert [Stockage] et j’avais récupéré mon masque. Je l’avais mis et j’avais changé ma tenue en noir de jais. J’avais ensuite sauté de branche en branche en avançant.

En remarquant une lumière au loin, j’avais projeté mes sens vers elle. Il y avait là un grand groupe de participants, réunis autour d’un feu de camp. Ils cuisinaient du gibier qu’ils avaient chassé avec succès, et surveillaient le périmètre à tour de rôle.

Ce n’est pas une mauvaise idée. Avec un tel nombre, ils doivent être sûrs que l’Oni ne viendra pas les chercher. Manger et surveiller à tour de rôle, c’est aussi très malin…

Ils seraient un peu plus difficiles à vaincre que d’habitude, mais j’étais certain que mes Onis pourraient les vaincre s’ils y mettaient du leur.

J’avais utilisé mon smartphone pour déterminer où les Onis se rassemblaient à proximité, je m’étais rapidement déplacé pour les rejoindre.

« Bonsoir, les gars. »

« Hm ?! Oh… Votre Altesse. Vous m’avez fait peur. »

« Ne m’effraie pas comme ça, mon petit. Ça m’a presque sauté aux yeux. »

Les gens assis dans le coin avaient tous été un peu agacés par mon apparition soudaine.

Le vieux Baba, le vieux Yamagata, Logan, Nikola et quelques autres étaient là. Il n’y en avait pas plus de dix. C’était tous des hommes.

L’atmosphère était assez détendue. Notre ordre de chevaliers était après tout assez familial. Nous avions une sorte de sentiment de fraternité. Nous étions aussi tous des gens bien. L’œil mystique de Yumina s’assurait que les mauvaises personnes soient rejetées au moment de l’interview.

« Alors, quelle est la situation ? Vous avez trouvé des gens talentueux ? »

« Oui, quelques-uns qui s’en sortiraient bien s’ils étaient bien formés. »

« En effet, j’ai trouvé quelques jeunes soldats prometteurs. »

Baba et Nikola me firent un signe de tête. C’était une bonne nouvelle. J’avais été heureux d’entendre qu’il y avait de vraies personnes prometteuses dans la compétition. J’en avais vu quelques-uns aussi. Le ninja, le commandant et le cueilleur de plantes étaient tous des gens qui correspondaient bien… Même s’il était encore possible qu’ils aient été vaincus par un Oni. Surtout le cueilleur de plantes, il semblait plein de ressources, mais physiquement faible.

« Alors, qu’est-ce que vous prévoyez ? Vous allez attaquer ce groupe ? »

« Hmph… Nous sommes dix ici, et ils sont une centaine dans leur camp. Ce n’est pas comme si nous ne pouvions pas les battre, mais il faudrait y aller à fond… Mesurer les compétences individuelles dans une bataille à grande échelle comme celle-là n’est pas vraiment viable. »

Yamagata grogna légèrement en repliant les bras. Mais il n’avait pas tort. Nous étions désavantagés pour les examiner. Si nous entrions, nous serions encerclés et nous devrions les faire sortir rapidement. Cela signifiait que nous n’aurions pas beaucoup de temps pour tester leurs compétences.

De plus, bien que nous ayons rassemblé quelques Onis dans la région, le groupe autour du feu de camp était relativement petit si l’on considère le nombre de concurrents qui se trouvaient encore dans la forêt.

Cela dit, s’ils avaient allumé un si grand feu, c’était comme s’ils nous incitaient presque à les attaquer.

« Et vous, votre Altesse. Que feriez-vous ? »

« Moi ? Je pense que je me montrerais, que je les effraierais un peu, puis que je fuirais. Je commencerais alors à tendre une embuscade à ceux qui décideraient de me suivre. »

« Hmph… Vous croyez qu’ils tomberont dans le panneau ? »

« Ça me semble bien. De toute façon, quiconque charge à fond au lieu de tenir bon n’est pas en état de nous suivre ! Vaincus ou pas, on verrait leur vraie nature. »

Baba avait raison. En faisant cela, nous verrions les idiots imprudents qui se cachaient parmi eux. J’avais utilisé [Détection lointaine] avec mon smartphone pour projeter une image du camp ennemi dans les airs.

« Je vois… Il y a des gens qui surveillent le périmètre. Cela veut donc dire que les gens à l’intérieur vont se relâcher, hm ? », marmonna Nikola en regardant l’image. Il y avait des participants nerveux qui gardaient un œil sur leur environnement, tandis que d’autres faisaient les fous et avaient l’air plutôt détendus. Ils avaient apparemment confiance en leurs nombres. Ils semblaient penser qu’ils pouvaient se permettre de se détendre.

Hm… ? Qu’est-ce qui se passe ici ? J’avais jeté un coup d’œil à un certain endroit de leur camp, quelques personnes s’étaient présentées près du feu, et une dizaine d’hommes rassemblés là-bas essayaient de les éloigner. J’avais augmenté le volume par curiosité.

« Pas question ! Dégagez, bon sang ! Il y en a déjà trop ici comme ça ! »

« Quoi ? On ne demande pas de nourriture ou autre chose, on veut juste passer du temps près du feu. Qu’est-ce qu’il y a de mal à ça ? »

Le groupe qui s’approchait était une petite équipe d’hommes-bêtes et de démons, deux hommes et deux femmes. Ils avaient un tas de lapins morts avec eux. Il semblerait qu’ils demandaient la permission de cuisiner là. Après tout, on pouvait cuisiner en toute sécurité alors qu’on était entouré d’alliés. Moins de chance d’une attaque-surprise d’Oni.

« Hmm… un des hommes bêtes est un dérivé du lion, et l’autre est ailé… Les démons sont respectivement un chien de guerre et une arachne. »

Nikola m’avait donné quelque renseignement sur leur espèce.

Hm, intéressant… J’ai déjà vu ce genre d’hommes bêtes, mais ces démons sont vraiment nouveaux pour moi.

Les chiens de guerre étaient un type de démon qui ressemblait à des chiens. Mais pas au sens loup-garou comme Norn, qui semblait humain avec une queue et des oreilles de loup. Ils ressemblaient à des chiens anthropomorphes de la tête aux pieds. Ils ressemblaient à des loups-garous, avec une fourrure hirsute et tout le reste. Mais ils ne pouvaient pas se transformer en humains. Et leurs traits ressemblaient plus à des espèces de chiens domestiques qu’à des loups sauvages.

L’arachne se tenait debout avec grâce. Ses cheveux noirs étaient courts et bien arrangés dans un style de coupe de princesse. Elle avait l’air honnêtement plutôt mignonne. Il y avait cependant beaucoup de pattes d’araignées qui dépassaient de son dos. Et aussi, ses yeux étaient d’un rouge perçant.

« Dégage, tu m’entends ? ! Si un type de ton genre traîne dans le coin, les bêtes magiques de la région vont nous flairer et causer des problèmes. »

« C’est vrai. Vous puez comme des animaux, alors foutez le camp ! »

« C’est bien si les animaux se battent entre eux, mais ne nous mettez pas dans le même sac. »

« Vous… ! »

La bête lionne avait dû être retenue par le chien de guerre. Il semblerait qu’elle était sur le point d’attaquer furieusement les gens près du feu. La femme grogna légèrement avant de baisser les bras. Le chien de guerre soupira et secoua la tête. Ils se retournèrent tranquillement avec l’homme ailé et la fille arachnéenne, puis partirent.

« Tsk. Mais pourquoi ces monstres participent-ils ? Ils devraient s’en tenir à Xenoahs et Mismede. Qui dirige même cet ordre de chevaliers ? Est-ce qu’ils laisseraient aussi les animaux manger à la même table que les gens ? »

L’homme qui avait rejeté le groupe s’était retourné vers ses compagnons de feu.

« Brunhild est un nouveau pays, donc ils manquent probablement de gens compétents. C’est la seule raison qui me vient à l’esprit pour recruter des animaux. Des bêtes et des démons… Dégoûtant. C’est un pays bizarre, c’est sûr. »

« Le commandant était une bête, non ? Si quelqu’un comme ça peut s’élever si haut, nous n’aurons aucun mal à obtenir un statut de noble dans un endroit comme celui-ci. »

« Imbécile. Si quelqu’un comme toi devient noble, alors je serai évidemment haut placé dans le gouvernement. J’ai entendu dire que le grand-duc ici présent était aussi un aventurier. Cet ordre de chevaliers est juste une blague, c’est pourquoi ils ne se soucient pas de qui ou de quoi s’y joint. »

Le groupe avait ri entre eux. Mais mon smartphone avait capté le moindre détail.

« Oui, je suppose. C’est pour ça que les choses vont changer après notre recrutement, hein. On ne peut pas avoir un ordre de chevaliers avec des animaux qui courent partout… Visons les premières places. »

« Hm ? Alors, veux-tu être le nouveau commandant ? »

« Je suppose, oui. Quand de vrais soldats arriveront, ils n’auront plus besoin de ces bêtes. On va juste vaincre le commandant et les vice-commandants actuels en formation, montrer à quel point on est bon, et on sera promu. Les gagnants gagnent, les perdants perdent. »

Le groupe d’hommes se mit à rire odieusement. Ils souriaient et riaient, mais aucun des Onis autour de moi n’était aussi enthousiaste.

« … Ces gars ne valent rien. »

« En effet. »

Nikola, qui était lui-même un homme renard, fixa l’écran. Il était un ami proche du commandant Lain, avant même de venir à Brunhild, donc sa colère était tout à fait compréhensible. Je pouvais voir que ses poings étaient serrés.

Ces gars pensaient clairement que nous recrutions des demi-hommes par nécessité ou par manque de ressources. C’était un grave malentendu de leur part.

Les bêtes et les démons voyageaient rarement en dehors de Mismede ou de Xenoahs, donc le monde extérieur était généralement assez peu expérimenté pour les affronter.

***

Partie 6

Beaucoup de gens voyaient encore les démons comme une sous-espèce de bête magique, et il y avait beaucoup de discrimination contre les hommes bêtes, comme s’ils étaient tous des sauvages indisciplinés ou quelque chose comme ça.

Les démons humanoïdes, en général, avaient été historiquement maltraités, ayant été considérés comme des créatures inférieures sur le plan génétique et social. Il y avait même eu une période dans le passé où ils étaient couramment utilisés comme esclaves pour des travaux manuels ou d’autres tâches dégradantes.

Après la fondation de Mismede, la discrimination à l’égard des hommes bêtes avait été quelque peu réduite, mais elle n’avait pas complètement disparu. Les démons étaient cependant extrêmement rares, de sorte que la peur qu’ils suscitaient pouvait également être considérée comme synonyme de peur de l’inconnu. Quoi qu’il en soit, je ne voulais pas de gens comme ça dans mon pays.

Notre pays était spécial, ils avaient raison… Notre ordre de chevaliers ne semblait peut-être pas approprié, mais il l’était néanmoins.

Mais je ne voyais pas le problème. La plupart des leaders mondiaux que j’avais rencontrés n’agissaient pas vraiment comme des rois ou des empereurs stéréotypés. Ils avaient tous des bizarreries, à bien y penser. Si vous basiez l’idée d’un « bon » ordre de chevaliers sur une image stéréotypée, alors vous étiez un imbécile.

Il était vrai que Lain et les autres s’étaient vu confier les fonctions de chevalier au départ parce que nous n’avions pas beaucoup de monde. Mais ils avaient subi un entraînement qui permettait au chevalier le plus expérimenté de se battre à fond. C’était l’ordre des chevaliers de Brunhild. Ils l’avaient fait leur.

Ils avaient été entraînés par Moroha elle-même, ce qui les rendait comparables en puissance à Yae ou Hilde. Les gens qui parlaient avec arrogance comme eux ne pouvaient pas tenir la chandelle au commandant et aux vice-commandants de ma nation.

Baba et les autres vieux hommes mis à part, ils étaient réellement les trois meilleurs chevaliers de Brunhild. Leurs pouvoirs avaient été aiguisés par le dieu des épées lui-même.

Je n’avais aucune patience pour les gens qui jugeaient au premier coup d’œil.

« Nous vous aiderons à éliminer ces salauds. »

Trois autres Onis étaient apparus dans la forêt. D’après leurs cheveux, je pouvais dire qu’il s’agissait de Yae, Elze et Hilde. Il semblerait qu’elles aient entendu.

« Ils méritent d’être punis… Ils sont vraiment indisciplinés… »

« Je ne peux pas rester les bras croisés alors que mes compagnons sont raillés, je ne peux pas. »

« Oui. Ils ne sont pas dignes d’être chevaliers. »

Toutes les trois semblaient en colère. Elles n’étaient pas officiellement membres de l’ordre des chevaliers, mais elles s’entraînaient quand même à leurs côtés quotidiennement. Il était logique pour elles de considérer les chevaliers comme de proches camarades. Je ressentais après tout la même chose.

« Bien… Alors, occupons-nous de ces gars ensemble. »

Les Onis du coin avaient tous acquiescé à ce que je leur avais dit. Personne n’avait protesté, ce qui était compréhensible.

« Mais voyons voir… Avant d’attaquer le camp, nous devons nous assurer que nous désignons tous ceux qui se comportaient bien là-bas. »

« Dans ce cas, pas ces gars. Ils ont juste bavardé tout le temps, ils n’ont pas une once de prudence. »

« Ces deux-là ont cependant été attentifs et prudents toute la nuit. Ne les ciblons pas. »

« Ces trois-là… Hmm, c’est difficile à dire. Combattons-les et basons-nous sur ça. »

On décidait qui on allait cibler pour disqualifier, et qui on allait cibler pour tester. Les concurrents désespérants seraient éliminés d’un seul coup et ce serait tout. Ceux qui se montraient prometteurs perdaient leur badge ou non, selon leurs résultats.

S’ils faisaient preuve d’un certain niveau de compétence, nous les ignorions et les laissions inconscients. Sinon, nous leur prenions leur badge. Tout le monde allait se faire tabasser, de toute façon.

Notre stratégie était simple. On se précipitait sur eux. On n’avait pas besoin de se retenir, surtout contre ces racistes. Mais c’était un examen officiel… alors je devais faire attention à ne pas trop les torturer.

« On y va ? »

Tout le monde tenait sa canne paralysante, s’assurant que son masque soit bien fixé avant de se lever.

Nous nous étions séparés en trois groupes et avions flanqué le feu de joie. Le plan était d’assommer instantanément les personnes que nous avions jugées sans valeur, puis de nous battre contre les autres.

Les équipes étaient respectivement dirigées par moi-même, le vieux Baba et Nikola. Nous avions coordonné l’assaut à l’aide de nos smartphones.

« … Trois, deux, un… Allez ! »

Nous avions sauté de l’ombre, en entourant le feu de joie de trois côtés.

« Ghah ! Oni ! »

« Ils attaquent ! Défendons-nous ! »

« Attendez, ils sont derrière nous aussi ! »

« Oh merde, ils arrivent par les côtés ?! »

Les gardes avaient tous sauté dans l’action, mais les gars qui paressaient avaient eu des réponses tardives.

Les participants paniqués avaient tenté de sortir leurs armes, mais il était trop tard. Ils avaient été frappés au ventre par nos cannes paralysantes. Ils étaient bien trop lents ! C’était pourquoi la préparation était vitale dans des cas comme celui-ci.

« Gwuh ! »

« Hgh ! »

« Hrgh ! »

Les concurrents lâches avaient été éliminés un à un par une dizaine d’Oni.

Il y avait des femmes autour de nous, mais cela n’avait pas affecté notre comportement. Nous les avions éliminées à la loyale. Et bien… Je les avais frappées un peu plus doucement que les hommes. Mais j’avais fait en sorte de bien frapper les gars.

« Gh ! »

« Hm ? »

Ouah… Ce type a pris un de mes coups, bien… Mais il est tombé au second coup. J’avais fait une note mentale pour mémoriser son numéro de badge, puis je l’avais laissé derrière sans l’arracher.

Pendant que je me battais de ce côté, Nikola était à l’autre bout du camp, en train d’affronter le groupe raciste. Nikola brandissait une tige paralysante de deux mètres en forme de bâton.

« Ghuh ! Haaah ! »

« … Silence. »

L’un des accusateurs avait été abattu d’un coup rapide dans le ventre.

« Ghaaaugh ! »

L’homme s’était évanoui sur le coup, les yeux grands ouverts en état de choc. Même sans l’effet de surprise, un coup aussi fort aurait assommé la plupart des hommes.

« Hnnngh… ! »

Les hommes avaient progressivement reculé alors que Nikola leur tombait dessus comme une tonne de briques.

« … Quelque chose ne va pas, roquets ? Je ne suis qu’un demi-homme, non ? N’allez-vous pas vous opposer à moi, même si vous êtes plus nombreux que moi ? Ou bien n’avez-vous que de la gueule? »

Nikola était vêtu d’un masque et de vêtements noirs. Ses oreilles de renard étaient toutes couvertes, mais sa queue touffue était fièrement exposée. Il était impossible que les hommes ne se rendent pas compte qu’ils avaient affaire à un homme bête.

Nikola était le seul homme bête de Brunhild à avoir des traits de renard. S’ils savaient quelque chose sur notre ordre de chevaliers, ils le sauraient. Si vous vous demandiez à quoi servait le costume d’Oni si nos membres pouvaient être identifiés par des traits de ce genre, eh bien… je dirais euh… l’esthétique.

« Entourez-le, idiots ! Encerclez-le ! »

« Heh… »

Six d’entre eux avaient rapidement encerclé Nikola. Baba, Elze, et l’autre Oni avaient remarqué l’attaque. Aucun d’entre eux n’avait bougé pour intervenir. Il n’y avait après tout aucune raison de le faire.

« HAAAAAAAH !!! »

« Wastrel ! »

Nikola surpassa tous les hommes en termes de vitesse, enfonçant habilement son bâton paralysant dans le sol, il utilisa l’élan pour se propulser dans les airs.

Et ainsi, il avait atterri derrière les hommes, en dehors de leur cercle. Se retournant sur place, il s’était empressé de les frapper tous par-derrière, les rendant ainsi incapables de se battre plus longtemps.

« Ghah ! »

« Hughah ! »

Un des hommes avait été frappé si fort qu’il avait vomi son dîner en plein vol, puis avait atterri face contre terre dans les éclaboussures gastriques. C’était dégoûtant.

Chaque homme était tombé, les uns après les autres, et aucun n’avait porté un seul coup sur Nikola. Il était vraiment, dans la façon dont il les avait combattus, comme un oni brutal. Un véritable oni en effet…

Finalement, Nikola s’était avancé, face à l’homme qui avait lancé des ordres auparavant.

« E-Eeek ! »

« L’ordre des chevaliers de Brunhild est un lieu de travail où règne l’égalité des chances. Les fanatiques n’ont cependant pas ce privilège. »

« Gaaaaaaah ! »

Le candidat s’était avancé avec une épée, mais cela n’avait servi à rien. Nikola l’avait frappé au cou. L’homme s’était effondré, dans un état de spasmes.

J’avais regardé autour de moi et je n’avais pas vu beaucoup d’autres cibles, j’étais donc allé voir Nikola.

« Hé, bon travail. »

« … j’ai laissé mes sentiments prendre le dessus. Je m’excuse pour ça. Il semble que j’ai encore beaucoup à faire en termes de calme et d’entraînement… »

« Je ne m’inquiéterais pas autant. Nous sommes Oni maintenant, non ? Si c’était moi, je les aurais déshabillés et pendus à des branches d’arbre. »

Je voulais réconforter Nikola avec une petite anecdote, mais il avait fini par me faire un sourire un peu gêné et inquiet en réponse.

H-Hey, ne me prends pas au sérieux…

« Je suis presque certain que vous l’avez déjà fait, Touya-dono… pas vrai ? »

Elze et Yae avaient raconté une histoire du passé. (NDT voir l’interlude 1 du tome 1 pour relire cette histoire.)

Allez… C’est de l’histoire ancienne ! De toute façon, ces types ne méritaient même pas d’être appelés des gens ! Je faisais juste ce qui est naturel.

« Tout est fini ici. »

Je m’étais tourné vers Hilde et j’avais vu un tas de concurrents tombés près du feu. La canne paralysante n’avait pas forcément privé les gens de leur conscience, elle les avait juste paralysés et empêchés de bouger. Elle était cependant capable d’assommer les gens. L’efficacité de l’objet dépendait de la résistance magique individuelle, de la forme physique, etc.

Les Onis avaient pris tous les insignes de leurs cibles tombées. Mais on tenait compte des gars compétents… Il n’y avait pourtant qu’une dizaine de bonnes personnes sur la centaine qui s’étaient rassemblées.

Ils se réveillèrent en une trentaine de minutes. Certains des Onis s’étaient retirés dans la forêt et ils les avaient surveillés, en s’assurant qu’aucun d’entre eux n’avait accidentellement perdu son badge.

« Je vais les surveiller, Votre Altesse. S’il vous plaît, allez vous occuper des autres. »

« Vous êtes sûr ? Alors c’est parfait. »

« Nous retournerons aussi au château. Je ne veux pas que le personnel s’inquiète. »

Hilde avait raison. J’avais ouvert une [Porte] pour qu’elle et les autres filles puissent revenir. Et après ça, je m’étais séparé de Nikola et j’avais quitté la zone.

J’avais sauté d’arbre en arbre, de branche en branche. Je m’étais brièvement demandé si ma vision nocturne avait toujours été aussi bonne. Je pouvais voir assez loin si je concentrais ma vue. C’était une étrange capacité. Je m’étais demandé si c’était un autre réveil de ma divinité…

Cette nuit-là, j’avais tué beaucoup de bêtes magiques qui menaçaient les participants. Mais j’avais aussi vaincu les participants qui ne pouvaient pas vaincre les monstres. J’avais aidé les participants qui s’étaient fait prendre dans des pièges, puis je les avais rapidement vaincus pour s’être fait prendre dans des pièges. Au bout d’un moment, le matin était arrivé.

◇ ◇ ◇

Les trois jours étaient passés.

« L’examen est maintenant terminé. Félicitations pour avoir réussi. Tous ceux qui ont un badge ont réussi la deuxième phase d’examen. Veuillez retirer vos badges maintenant, et vous serez téléportés au point de départ. »

Tous les concurrents avaient commencé à retirer leurs badges, un par un. J’avais aussi retiré le mien.

Après s’être téléportés, ils devaient indiquer leur nom complet et leur numéro de badge. L’entretien devait avoir lieu deux jours plus tard.

J’avais fait attention à la longue file de candidats qui avaient réussi, et j’avais vu le type ninja, le type commandant et le type aux plantes. J’avais été surpris que le type aux plantes ait survécu… Il avait l’air plutôt mal en point. Je m’étais dit qu’il avait trouvé un endroit où se cacher et qu’il y était resté pendant les trois jours.

J’avais remarqué la femme lionne, l’homme ailé, le chien de guerre et l’arachne. Ils avaient apparemment aussi réussi. J’étais content de voir ça.

J’avais utilisé ma magie de recherche pour m’assurer qu’il ne restait plus personne dans la forêt. Heureusement, il n’y avait personne.

Tsubaki, toujours déguisé en concurrent, s’était approché de moi et m’avait secrètement informé du nombre de personnes qui avaient réussi.

« Il y a quatre cent seize candidats qui ont réussi. La partie entretien devrait ramener ce nombre à environ cent cinquante. »

« Yumina nous aidera, elle pourra donc mettre hors course tout type suspect ou douteux… mais je me demande si nous finirons par avoir assez de types après tout ça… Eh bien, même si ça nous laisse en sous-effectif, je préfère ça que d’avoir des méchants dans mon ordre de chevalier. »

***

Partie 7

Les vrais tests allaient commencer ici. On analysait soigneusement chaque membre et on s’assurait de savoir quel genre d’individu il était.

Le docteur m’avait également fourni un test polygraphique. Un test assez précis. En plus de l’œil mystique de Yumina, j’étais assez confiant sur le fait que tout irait bien.

Quand j’avais montré le test à mes fiancés, elles m’avaient branché à ce foutu truc et avaient commencé à me poser des questions. Mais je ne voulais pas répondre à leurs maudites questions ! C’était un artefact puissant qui pouvait distinguer le vrai du faux, donc il ne réagissait pas si vous ne répondiez pas ! J’avais après tout le droit de garder le silence !

Elles m’avaient demandé des choses terribles, comme ma préférence sur la taille des seins, et la couleur des sous-vêtements que je préférais… C’était terrifiant ! Elles ne pouvaient pas me poser des questions comme ça… Elles m’avaient même ordonné de leur dire si je les aimais vraiment ou non. Elles furent heureuses du résultat.

« N’y avait-il pas un ninja parmi les candidats retenus ? Était-il l’un des vôtres ? »

J’avais demandé à chaque membre de haut rang de l’ordre des chevaliers de dire à tous les gens talentueux qu’ils connaissaient de se présenter au test. S’ils étaient talentueux, ils n’auraient aucun problème à s’inscrire et nous aurions des personnes fiables et puissantes qui viendraient grossir nos rangs. La phase d’entretien se déroulerait aussi beaucoup plus facilement.

« C’est possible, oui. J’ai contacté de nombreux shinobi d’Eashen. Le récent incident avec Hideyooshi a provoqué l’effondrement de plusieurs petits clans, ce qui a entraîné l’errance de nombreux soldats. J’ai fait appel à ceux qui étaient particulièrement talentueux et je les ai invités ici. »

« Hm ? Plusieurs personnes ? Je n’en ai vu qu’une… Ce sont tous des ninjas ? »

« Oui, ils le sont. Un du clan Kouga, un d’Iga, et un de Fuma. »

Kouga, Iga et Fuma, hein… ? Ce sont des écoles de ninjas assez différentes. Si je me souviens bien de mon histoire, Iga et Kouga n’étaient-ils pas en mauvais termes en général ?

J’avais posé la question à Tsubaki, mais elle avait dit que ce n’était pas vrai dans ce monde. Ils avaient une certaine rivalité et étaient de niveau similaire, mais il n’y avait pas de mauvaise relation. Ils avaient d’abord servi le même clan et avaient commencé à dériver dans le service après son effondrement. Il semblerait que le clan qu’ils servaient était étroitement lié au clan Hashiba.

« Hmm… J’ai fini par causer cela indirectement, n’est-ce pas… ? J’ai des sentiments mitigés… »

« Ils ont tous les deux quitté le clan Sanada et ont décidé que Brunhild était la meilleure option pour continuer leur service. Je ne pense pas que vous ayez besoin de vous inquiéter, c’est simplement le cours naturel de la vie et de la guerre. »

« Je suppose, mais… attends, Sanada ? »

Sanada… ? Le clan Sanada ? Attends, les ninjas Kouga et Iga au service de Sanada… Pas possible…

« Ces deux ninjas… Ils ne s’appellent pas Sarutobi et Kirigakure, hein… ? »

« Hm… ? Effectivement… Mais comment le savez-vous ? »

Oh, Seigneur.

◇ ◇ ◇

« Très bien. Les résultats seront affichés après-demain à l’extérieur du château. Vous pouvez maintenant partir. »

« Oui, madame ! »

Nous venions de terminer une interview avec cinq personnes, et elles quittèrent la pièce sur ordre du commandant Lain. Et une fois qu’elles furent toutes filtrées, Yumina s’était mise à parler.

« Ces trois personnes à gauche n’étaient pas du tout bonnes. Leurs intentions étaient au moins claires pour moi. Deux d’entre eux ont prévu de monter en grade jusqu’à ce qu’ils puissent tyranniser les gens. Le troisième est bien trop rebelle. Il semblait ne pas bien écouter les ordres. C’est le genre d’individu à désobéir à un commandant avec lequel il a un problème personnel. Nous ne pouvons pas laisser des gens comme lui entrer dans l’ordre des chevaliers, car cela nous déstabiliserait. »

« Je crois comprendre ce que vous voulez dire, j’ai ressenti instinctivement la même chose. Chaque mot qu’ils prononçaient était également empreint d’arrogance. Il y avait aussi des mensonges. »

Lain avait répondu à Yumina. J’avais haussé les épaules en barrant les noms de ces trois personnes. C’était fini pour eux.

 

 

« Et les deux autres ? »

« Ils bégayaient un peu, mais je n’ai pas ressenti de malice et ils ne mentaient pas. Je me sentirais bien avec eux. Ils avaient l’air bien. »

« En effet. Ils avaient un comportement très sérieux, ils passent. »

Ces gars avaient fini par passer.

À ce moment-là, on avait déjà interrogé des gens pendant deux jours.

Les personnes qui menaient l’entretien étaient moi, le commandant Lain et Yumina. Mais j’avais changé d’apparence avec [Mirage].

Nous avions mené les entretiens par groupes de cinq. Il fallait environ dix minutes pour interviewer un groupe, ce qui signifiait qu’il y eut environ quatre-vingts interviews au total. Même après l’avoir réparti sur deux jours, c’était un travail assez intensif.

Mais je ne pouvais pas me permettre d’être paresseux sur ce sujet. Si nous laissions passer de mauvais œufs, les habitants de Brunhild souffriraient de notre négligence.

C’était vraiment l’élément clé que je recherchais chez un chevalier. Je voulais des chevaliers qui seraient volontiers des champions du peuple plutôt que des champions de la nation. Je n’avais pas besoin de gens qui se battent pour moi ou qui se battent pour l’honneur. J’avais besoin de vrais défenseurs.

Je voulais des chevaliers qui se battraient volontiers contre moi si mon règne devenait corrompu. Non pas qu’une telle situation se produirait réellement…

« Très bien alors. Amenez les cinq prochains. »

« Bien sûr. »

Spica, l’elfe noir, surveillait la porte. Elle avait appelé le groupe suivant de participants. Les frères et sœurs Lamia, Mulette et Charette, se tenaient également à proximité.

Je me sentais un peu mal de les avoir utilisés, mais ils étaient aussi importants pour le test.

Au moment où les cinq suivants entrèrent, j’avais vu trois d’entre eux adopter une expression aigre en direction des trois démons. Les deux autres semblaient surpris, mais n’avaient pas l’air offensés ou fâchés. Ils semblaient surtout plus intéressés. Après tout, Spica était une belle femme, alors que les lamias avaient des corps à moitié serpents.

Nous savions d’emblée que le trio que nous jugions n’était pas bon. Mais nous leur posions toujours les questions habituelles. Les questions étaient conçues pour bien comprendre leurs attitudes et leurs personnalités, et nous avions mis en place le polygraphe pour savoir s’ils mentaient aussi.

Nous faisions venir des menteurs, et des gens honnêtes. Je ne m’attendais pas non plus à ce qu’un candidat soit honnête à 100 %. Après tout, quelques mensonges de temps en temps, c’était quelque chose de normal dans la vie. Les gens pouvaient hésiter à divulguer certains détails, ils connaissaient à peine les personnes qui les interrogeaient. On les jugeait en fonction des mensonges et des vérités qu’ils décidaient de mélanger.

Après le départ des cinq, Yumina et Lain avaient commencé à parler d’eux. Nous avions convenu que nous ne voulions pas du trio. Yumina déclara qu’elle pouvait sentir leur surabondance de fierté et leur suffisance. Parmi les deux autres, l’un d’entre eux avait raconté beaucoup de mensonges, y compris sur son lieu de naissance. Je ne voulais pas vraiment employer un type comme ça, car c’était un peu louche. J’avais donc rayé quatre des cinq et j’avais laissé passer le seul type normal.

Spica fit entrer les cinq suivants. Il était temps de recommencer…

J’étais content de voir que, sur les cinq suivants, l’un était le gars aux plantes et l’autre, le gars qui avait commandé son groupe.

Ils avaient tous les deux exprimé leur curiosité et leur surprise face aux démons en entrant, mais rien de plus. Le comportement de l’homme aux plantes s’était un peu durci. Il semblait nerveux en leur présence, ce qui n’était pas totalement déraisonnable.

Ils s’étaient assis l’un à côté de l’autre sur la gauche, ce qui signifiait qu’ils devaient avoir des numéros d’entrée similaires.

Hmm… Donc le blond en armure se nomme Lanz Tempest, et le gars aux plantes se nomme Charon…

Lanz Tempest. Né dans le Royaume des Chevaliers de Lestia. Troisième fils d’un chevalier renommé. Ses frères aînés étaient des chevaliers lestiens.

« Pourquoi Brunhild ? »

« Ah, eh bien. J’entends des histoires sur le grand-duc et son ordre de chevaliers depuis un certain temps déjà. Les histoires du grand-duc et de ses vaillants chevaliers qui se battent contre une horde de dragons m’ont ému. J’ai décidé à ce moment-là que je voulais consacrer mon pouvoir, aussi maigre soit-il, à un ordre aussi vaillant. »

Il ne savait pas que le grand-duc était assis juste devant lui, ce que j’avais trouvé amusant. J’avais une question complémentaire.

« Vous voulez donc devenir chevalier de Brunhild… Mais est-ce que c’est bien de quitter sa maison et de ne pas devenir chevalier lestien ? »

« Le grand-duc de Brunhild est fiancé à notre vénérable princesse, Hildegard, ce qui signifie que Brunhild est aussi honorable pour moi que ma patrie. J’ai décidé que mon épée sera un autre maillon de la chaîne qui lie nos deux glorieuses nations. »

Il ne mentait pas. Il était extrêmement sérieux, sinon un peu coincé. Mais il était issu d’une famille de chevaliers, il fallait donc s’y attendre.

Le type suivant était Charon, le type aux plantes.

Charon. Né dans le Royaume de Belfast.

« … D’après le rapport des Onis, vous avez cueilli diverses plantes et herbes comestibles dans la forêt. Où avez-vous appris cet ensemble de compétences ? »

« Je, euh… Ce n’est pas exactement un ensemble de compétences, mais, euh… Je viens d’une famille d’herboristes, donc je cueille ce genre de choses depuis que je suis petit… »

Il était nerveux. Ses paroles étaient aussi un peu intéressantes.

Avoir une formation pharmaceutique, c’était cependant bien. Il connaissait probablement beaucoup de choses sur les plantes et les remèdes. Ce serait un bon atout.

« Alors, pourquoi un ordre de chevaliers ? »

« U-Uhm, eh bien… J’ai entendu dire que l’ordre des chevaliers de Brunhild faisait aussi du travail agricole… Je pensais que je pourrais aider dans ce domaine, je peux cultiver, et je peux nettoyer des zones. Mes compétences au combat ne sont pas terribles. Je peux tuer des ours et d’autres choses… »

Ça me rappelait les matagi, les chasseurs d’hiver du nord du Japon. Il a réussi le jeu de survie, donc je suis sûr qu’il ira bien. J’ai l’impression qu’il se débrouillerait bien avec une machette nata.

Il ne mentait pas non plus, alors j’avais pensé que lui et Lanz étaient bien adaptés à l’ordre.

Après leur départ, j’avais demandé à Yumina et à Lain leur avis sur les hommes. Elles semblaient être d’accord avec moi.

« Nous allons affecter Lanz à la patrouille des gardes du château. Charon devrait être sous les ordres de Naito pour aider à transformer le territoire de l’est en des terres agricoles. »

Lain avait suggéré exactement ce que je pensais. Ils avaient tout de suite été recrutés.

Ensuite, il y avait eu les gens que j’avais vu être chassés du feu pendant l’épreuve de la forêt. La bête lionne, l’homme bête ailé, le chien de guerre, et la fille arachnéenne. Le cinquième membre de ce groupe interrogé était un homme vêtu de cuir. Il ressemblait à un aventurier générique, et j’avais immédiatement perdu tout intérêt pour lui à cause de la façon hautaine dont il regardait ses compagnons demi-humains.

La femme lionne s’appelait Ashley.

L’homme ailé s’appelait Baris.

Le chien de guerre s’appelait Dingo.

Enfin, la fille arachnéenne s’appelait Lifon.

Apparemment, ils s’étaient dirigés directement vers Brunhild après avoir entendu des rumeurs selon lesquelles on allait recruter des membres pour mon ordre. Ils formaient deux groupes à l’origine, Baris avec Ashley et Dingo avec Lifon, mais ils avaient fini par se rencontrer en chemin.

Je leur avais rappelé que nous n’offrions pas un salaire élevé, mais cela ne semblait pas les déranger. Ils ne mentaient pas non plus… Ces salaires étaient très bas, ils devaient donc être satisfaits de peu. J’avais honteusement fait une note mentale pour faire augmenter les salaires d’une manière ou d’une autre.

J’avais posé quelques questions supplémentaires, et j’avais été assez satisfait du résultat. J’étais plus qu’heureux qu’ils travaillent pour nous.

***

Partie 8

Après leur départ, je m’étais tourné vers Yumina pour avoir son avis. Elle n’avait trouvé rien de problématique. Ils avaient tous les quatre réussi. Le type en cuir n’avait pas réussi.

Nos entretiens se poursuivirent tout au long de la deuxième journée. Le nombre de personnes était immense, bien plus que ce que j’avais prévu au début. Nous ne pouvions pas nous permettre de nous relâcher, alors nous avions continué à avancer.

Après une dure journée, nous avions fini par recruter beaucoup de gens talentueux. Et finalement, nous étions arrivés aux trois derniers…

« Sarutobi Homura… Kirigakure Shizuku, et Fuma Nagi… »

C’était trois filles vêtues en ninja qui étaient assises devant moi. C’était le trio que Tsubaki m’avait recommandé.

C’était respectivement les filles de Sarutobi Sasuke, Kirigakure Saizou et Fuuma Kotarou.

Leurs filles… Honnêtement, je m’attendais à voir leurs parents. Je leur avais posé des questions sur leurs vieux. Elles me répondirent qu’ils étaient très âgés et qu’ils avaient pris leur retraite il y a quelque temps.

Les filles avaient toutes quinze ans, environ deux ans de moins que moi. Mais elles étaient dans la même tranche d’âge qu’Elze et Linze. Homura était brillante, énergique et semblait être de bonne humeur. Shizuku était une fille cool, calme et recueillie. Nagi, par contre, n’avait pratiquement pas de présence.

Homura avait les cheveux courts, tandis que ceux de Shizuku étaient longs. Ceux de Nagi étaient à longueur d’épaule. Elles avaient aussi chacune des spécialités différentes. Homura était une artiste martiale accomplie, Nagi était une experte des armes à distance et Shizuku avait un talent pour se dissimuler. Toutes avaient aussi les bases du ninjutsu.

C’était Homura qui m’avait vu me tenir en haut de cet arbre, mais je pensais que c’était un mec à cause de sa tenue…

« C’est peut-être un peu difficile à comprendre pour vous, mais je porte un œil mystique. Je peux voir les choses de loin, et j’ai la capacité de voir à travers des obstacles relativement petits. »

L’œil d’Homura était légèrement différent, de couleur marron clair. Il était cependant difficile à distinguer d’un seul coup d’œil. Elle appelait cette capacité son « Second Oeil ». Elle était similaire à ma [Détection lointaine], mais n’utilisait que le sens de la vue. Ce serait néanmoins une compétence utile.

J’avais pensé qu’elle conviendrait bien au corps de renseignements de Tsubaki. Je leur avais demandé si cela leur posait un problème, et ça n’avait pas semblé les déranger.

« Je sais me dissimuler, donc je pense que je serais bien dans un tel groupe. Une enquête privée ou une simple surveillance, ce n’est rien pour moi », déclara Shizuku.

« Je suis trop fainéante… J’ai dépassé tous les Oniii… » déclara Nagi. Il semblerait que son jeu de jambes rapide l’avait aidée à réussir l’examen.

Nagi me rappelait quelqu’un… Cécile, une de nos servantes. Sa façon de parler était assez similaire, et si je me souvenais bien, Cécile était douée pour lancer des couteaux. Elle avait après tout été employée par la division des renseignements de Belfast.

« Hé, vous. Mon nom est Cécile. »

« Je m’appelle Naaagiii… C’est sympa de vous rencontrer… »

« Ufufuuu… »

« Eheheee… »

J’avais essayé d’imaginer un scénario dans lequel elles se rencontrèrent. C’était effrayant. Elles avaient toutes les deux une aura… très particulière. Je me demandais si elles étaient des sœurs perdues depuis longtemps ou quelque chose comme ça…

Nous avions terminé le reste de l’interrogatoire et nous avions mis fin à l’interview. Elles n’avaient pas menti, et Yumina n’avait pas de problème. La recommandation de Tsubaki avait été le dernier clou de leur note positive. Elles avaient donc réussi.

Ainsi, la phase d’interview était terminée. Environ quatre cents candidats avaient réussi le deuxième essai, et la phase d’entretien avait réduit le nombre à cent trente et un. C’était un peu moins que ce à quoi nous nous attendions, alors nous avions demandé à Kousaka de préparer un entretien séparé plus tard pour que les gens puissent remplir les postes de la fonction publique.

Il ne nous restait plus qu’à assigner aux gens les rôles d’espions, de patrouilleurs et de gardes de château. Nous en avions affecté certains sur place, mais le reste n’avait pas été trié.

Quoi qu’il en soit, tous les candidats retenus avaient été sélectionnés, il nous suffisait donc de les inscrire officiellement par le biais d’une cérémonie.

◇ ◇ ◇

« Félicitations à vous tous. En tant que grand-duc, j’ai le plaisir de vous introniser dans l’ordre des chevaliers de Brunhild. »

J’étais monté sur la scène et j’avais salué la foule des candidats retenus. Ceux qui me rencontraient pour la première fois étaient stupéfaits. Après tout, j’étais connu dans le monde entier comme un aventurier héroïque qui avait vaincu des monstres de cristal, hérité des Frame Gears d’une ancienne civilisation, tué des dragons et résolu des conflits politiques en solo.

Il était naturel qu’ils soient choqués de découvrir que le héros légendaire était un jeune homme. Mais ils ne semblaient pas me prendre à la légère. Cela signifiait seulement que l’évaluation que Yumina avait faite d’eux était juste.

« Maintenant, vous avez réussi l’examen officiel et vous êtes dans… mais je veux voir vos compétences de première main. Je voudrais que vous vous battiez tous contre moi. »

La foule me regarda d’un air perplexe alors que je faisais ma demande. Ils se regardaient et murmuraient avec incrédulité.

« Alors nous allons faire ça… »

« Vous voulez parier sur la durée qu’ils vont pouvoir tenir ? »

« On ne devrait pas parier… »

« Espérons qu’aucun d’entre eux n’en ressortira traumatisé… »

Nous nous étions tous installés sur un des champs d’entraînement à l’extérieur et nous avions décidé que la bataille un contre cent trente et un commencerait. Toutes les nouvelles recrues portaient des armes d’entraînement en bois. J’aurais été bien s’ils avaient utilisé leurs armes habituelles, mais ils auraient probablement été trop agités pour me combattre sérieusement dans ce cas. De toute façon, je n’avais pas l’intention de les laisser poser un seul doigt sur moi.

J’avais décidé d’utiliser cette bataille pour juger où assigner les candidats. Après tout, tous les membres supérieurs de l’ordre des chevaliers regardaient attentivement.

« Nous sommes prêts ? [Accélération]… »

J’avais utilisé mon sort d’accélération et j’avais chargé tête baissée vers les nouveaux.

Il avait fallu vingt minutes pour que la bataille se termine, et toutes les nouvelles recrues étaient au sol. Pas une seule d’entre elles n’avait pu rester debout.

J’avais rapidement lancé [Guérison Maximale] et [Rafraîchissement] sur eux, les remettants dans l’état où ils étaient avant la bataille. Après tout, je ne voulais pas les laisser se rouler par terre.

Beaucoup m’avaient remercié de les avoir guéris, mais je m’étais senti un peu coupable. Après tout, c’était moi qui les avais mis dans cette situation, et… ce n’était pas fini.

« Très bien, à mon tour… N’est-ce pas ? »

Moroha était allée sur le terrain et avait échangé sa place avec moi.

C’est un sacré sourire que tu as… Assure-toi de ne pas les traiter trop mal…

« Écoutez, nouvelles recrues ! Je m’appelle Mochizuki Moroha, Moroha est mon prénom ! Je suis un conseiller de l’ordre des chevaliers de Brunhild et instructeur principal de maniement de l’épée ! Félicitation pour avoir rejoint la famille, maintenant je vais vous botter le cul ! »

Et c’est ainsi que commença l’éreintante semaine d’entraînement que nous avions planifiée. Moroha était en colère contre moi pour avoir refusé de la laisser participer en tant qu’Oni au deuxième test, c’était donc le compromis que j’avais trouvé pour elle.

« Très bien, commençons par courir autour du château. Cinquante tours de piste. »

Les nouveaux arrivants avaient grogné et gémis. Le périmètre du château était d’environ deux kilomètres. Si c’était cinquante tours, ils auraient couru une centaine de kilomètres… J’avais eu pitié d’eux. Moroha était une sorte de monstre.

J’avais prié le ciel pour leur sécurité, mais ça semblait un peu futile… Après tout, celle qui les poursuivait si durement avait été envoyée par les cieux eux-mêmes…

Moroha et les autres dieux n’avaient pas le droit d’interférer avec le royaume des mortels en utilisant leur divinité, mais ils avaient quand même le droit d’opérer dans les normes d’un mortel. Le seul problème était qu’ils avaient tendance à être des mortels au sommet de leur art.

Ils étaient le genre « d’humains » qui atteignaient un niveau de compétence qu’on pouvait atteindre après un millier d’années. Ils ne tenaient pas du tout compte de la durée de vie… Eh bien, encore une fois… les elfes, les fées et les autres demi-hommes pouvaient probablement atteindre ce niveau si on leur donnait suffisamment de temps.

Quoi qu’il en soit, le creuset infernal rendrait nos nouveaux venus plus forts. Ils devaient persévérer pour un avenir meilleur.

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