Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 10 – Interlude 1 – Partie 2

Bannière de Dans un autre monde avec un Smartphone ***

Interlude 1 : Père et fille

Partie 2

Mes mains n’arrêtaient pas de trembler, et je transpirais abondamment. Manger plus de ça me tuerait ! J’avais ouvert furtivement mon [Stockage] et j’en avais sorti un bol en bois profond, que j’avais placé sur mes jambes, caché sous la nappe. J’avais ensuite ouvert une petite [Porte] dans ma bouche, avec précaution, pour qu’il ne remarque rien, afin que, même si j’avais l’impression de manger, toute la soupe soit transportée dans le bol. Cela éliminait le goût, bien sûr, mais l’odeur était toujours aussi terrible ! Alors que je me frayais un chemin silencieux à travers la soupe, les portes du réfectoire s’ouvrirent et Sirius entra.

« Pardonnez mon retard, il y avait des documents que je ne pouvais pas remettre… Oh ? »

Sirius, qui était arrivé en retard, s’arrêta quand il vit mon assiette.

« Est-ce la soupe de lézard violet au sirop ? »

« O-Ouais. C’est euhh, un vrai régal. »

« Je suis surpris que tu aies réussi à la manger. Même les démons le mangent à peine. »

« … Pardon ? »

Ma cuillère s’était arrêtée à la suite des mots de Sirius.

« N’était-ce pas une délicatesse rare de la cuisine nationale de Xenoahs ? »

« Une délicatesse… Eh bien, je suppose que ça pourrait l’être pour ceux qui l’aiment, mais la majorité des démons n’y toucheront pas. Je me souviens avoir entendu dire que dans un passé lointain, le rite de passage à l’âge adulte d’un certain clan impliquait de boire ceci, et vous ne seriez pas considéré comme un adulte autrement. Je suppose qu’on pourrait appeler cela un test de courage. »

Un test de courage ? J’avais fixé mon regard sur le maître suprême et Sirius répondit en souriant. Il avait juste détourné le regard et sifflé innocemment. Ce petit… c’est un crime de conscience !

« J’aime personnellement cette soupe. Oui, en effet, c’est un régal. Je suis heureux que vous l’aimiez aussi, Grand-Duc. »

« Probablement parce que votre lignée peut réduire leur sens du goût à un certain degré, Votre Grâce. Nous, les elfes noirs, n’avons aucun moyen de le faire. »

Ce mensonge… ! C’est de l’intimidation pure et simple ! Eh bien, si c’est comme ça qu’il veut jouer à ce jeu…

« Oh, j’oubliais, Sakura m’a préparé un déjeuner pour que je puisse manger ici. »

Les mains du maître suprême s’étaient tordues et s’étaient arrêtées.

« O-Oh… Le déjeuner fait main de Farnese… ha… ha… ha… Mon Dieu, je vous envie… »

Le maître suprême leva le visage, un sourire raide sur son visage. Oh, il est excité, bien. J’avais sorti un panier de [Stockage], j’avais pris un sandwich et je le lui avais offert.

« En voulez-vous, Maître Suprême ? »

« V-Vraiment !? Puisque vous l’offrez, je suppose que je pourrais en prendre un ! Après tout, c’est le déjeuner fait par les mains de Farnese ! En tant que père, je dois le manger ! »

Le seigneur s’était approché de moi avec excitation. Heheheh… Après tout, il ne coupera pas son sens du goût au moment où il va manger la cuisine de sa fille.

« Elle dit qu’elle est très fière de la façon dont le poulet frit a tourné. »

« Elle l’a vraiment fait ! »

J’avais montré au chef suprême, qui regardait dans le panier, du poulet frit à une distance juste suffisante pour qu’il soit hors de portée.

Je lui en avais donné un sur un pic, et il l’avait mis avec joie dans sa bouche.

« Hmm… Buh, baa, buhhh- ! »

Le seigneur se lamenta vers le ciel, comme s’il allait cracher du feu de sa bouche. Son visage était déformé par l’agonie, ses yeux pleuraient et sa langue était sortie, comme celle d’un chien.

« Oups, ce poulet frit, c’est celui qu’Elze a fait. C’est ma faute… »

Je m’étais excusé auprès du maître suprême en lui faisant un signe du pouce et un clin d’œil.

Le morceau de poulet frit qu’Elze avait fait était tellement épicé qu’il était considéré comme une forme de torture. Mais malgré le fait que c’était si dangereux, même moi je ne pouvais pas me résoudre à jeter quelque chose que ma fiancée avait cuisiné avec amour pour moi. Je suis heureux d’avoir pu en faire bon usage. Mais il fallait que je lui cache tout cela.

Le chef suprême prit un pichet sur la table et commença à en boire directement l’eau. Incapable de s’en empêcher, il s’était rempli la bouche avec la glace du pichet et avait commencé à la mâcher. Il semblerait que même sa capacité à couper son sens du goût avait ses limites.

De mémoire, le goût était divisé en cinq saveurs : amertume, douceur, aigreur, salinité et saveur. Le piquant, en revanche, n’était pas ressenti par le sens du goût, mais par le sens de la douleur. C’était peut-être pour cela ?

« Heh... Heh heh... C’était un goût très… particulier… »

« Oh non, je suis sûr que cette soupe a un meilleur goût à cet égard… »

Nous avions échangé nos impressions avec de grands sourires. Cet homme allait devenir mon beau-père, et malgré le fait qu’il était beaucoup plus âgé que moi, je ne pouvais pas m’empêcher de le voir comme quelqu’un du même âge que moi. Je pouvais imaginer que nous aurions beaucoup de ces échanges plus tard.

« Vous deux êtes censés diriger un pays, et c’est ce que vous faites… ? » dit Sirius, en soupirant d’une manière exaspérée.

◇ ◇ ◇

« Bien, donc nous sommes tous là. »

« Oui, c’était juste un petit moment, mais j’étais content de revenir chez moi. »

Tous ceux qui étaient originaires de Xenoahs étaient réunis devant moi. Lushade du clan des vampires, les jumelles lamia Charette et Mulette, Samsa du clan des ogres et Lakshy du clan des alraunes.

Sakura avait refusé de venir, mais j’avais décidé d’essayer d’inviter toutes les personnes qui étaient originaires de Xenoahs. J’avais invité Spica, l’elfe noire, mais elle pensait qu’il n’y avait aucune raison qu’elle vienne si Sakura ne venait pas aussi.

J’avais donc pris un congé et je les avais amenés à Xenoahs à travers une [Porte] il y a deux jours.

« Quand j’ai acheté un souvenir à ma mère, elle était vraiment heureuse ! Quand je leur ai dit que j’étais chevalier à Brunhild, mes petits frères étaient très excités. »

« C’est super. »

« Quand nous sommes rentrés à la maison, nos parents n’arrêtaient pas de nous harceler à propos du mariage et de nous demander quand nous allions pondre des œufs, alors on a fini par s’enfuir. »

« C’est vrai !? »

Alors que l’histoire de Samsa était réconfortante, les jumelles lamia ne se plaignaient que de leurs parents. Je supposais que les familles étaient les mêmes dans tous les pays du monde. Mais… les lamias sortaient des œufs, hein… ?

Quoi qu’il en soit, j’avais ouvert une [Porte] pour nous ramener à Brunhild, nous avions ainsi fait le trajet retour.

Les démons étaient retournés à la caserne, emportant leurs souvenirs du Royaume des Démons. Ces souvenirs n’étaient pas de la nourriture comme cette soupe ? En fait, le maître suprême m’avait fait aussi rapporter un cadeau, mais… Il avait dit que je devrais le donner à Sakura et aux autres fiancés, mais devrais-je vraiment le leur donner si c’était quelque chose comme ça… ? Eh bien, je doute qu’un père aimant comme lui envoie quelque chose de mal à sa fille bien-aimée.

J’avais ouvert une [Porte] pour me transporter dans le jardin de Babylone.

Tout le monde prenait le thé, dans cet endroit entouré de fleurs. J’avais pensé qu’elles pourraient être ici.

« Je suis de retour. »

« Touya ! Viens-tu de rentrer de Xenoahs ? »

Sue s’était levée de sa chaise et s’était précipitée pour me saluer. Whoa là, pas de plaquage !

« J’ai réussi à réparer le château de Pandemonium, d’une manière ou d’une autre… Bon sang, c’était le bordel. »

« Bon travail, et bon retour. »

Linze m’avait remercié avec un sourire. Yep. Tout ce travail en valait la peine. Oh, j’ai presque oublié de leur donner le souvenir. J’avais sorti une boîte de papier épais du [Stockage].

« Sakura, c’est un cadeau du seigneur suprême. »

« S’il y a une longue lettre attachée, tu peux le jeter. »

Mon dieu. En a-t-elle vraiment marre de toi, Seigneur Suprême ? Je veux dire, est-ce qu’il lui envoie vraiment des lettres ?

En y repensant, j’avais donné à Xenoahs un miroir portail, donc ce ne serait pas étrange si Kousaka recevait des lettres de leur part. Kousaka avait peut-être transféré une lettre du Seigneur Suprême à Sakura… j’avais eu l’impression qu’elle avait été jetée sur le champ.

« Il n’y avait pas de lettre… Hein ? Il y en a une. »

L’enveloppe attachée sur le côté était de la même couleur que la boîte, donc je ne pouvais pas le savoir. Mais le contenu de cette lettre ne me semblait pas énorme.

J’avais retiré la lettre de la boîte et je l’avais retournée pour trouver une écriture sur l’autre côté : « Aux dames du grand-duc. »

Elle n’était pas adressée à Sakura.

Il veut dire Yumina et les autres… ? Bien qu’elles ne soient pas encore techniquement « mes dames. »

Alors que je me tenais là, perplexe, Leen m’avait arraché la lettre des mains et avait ouvert le sceau. C’était agile.

« Je vous envoie l’un des plaisirs préférés de Lady Farnese. J’espère que vous l’apprécierez toutes. Signé, Swellra Frennel… ? »

Une fois que Leen eut fini de lire la lettre à haute voix, Sakura tira la boîte vers elle et défit les rubans.

À l’intérieur se trouvait une grande tarte ronde, décorée de framboises rouges sur le dessus.

« Mon Dieu ! Ça a l’air délicieux, vraiment ! »

« Une tarte aux framboises, je vois ! »

« Hmm. Swellra en faisait très souvent. C’est ma préférée. »

C’est vrai, Swellra est la mère de Spica, et la femme de Sirius… ce qui veut dire que ce n’est pas un cadeau du seigneur suprême, mais de Swellra ? Alors, pourquoi ne l’a-t-il pas dit...

« On dirait qu’elle nous en a fait deux. »

« Je mangerai donc l’autre plus tard avec Mère et Spica. Celui-là est pour tout le monde. »

C’est logique. Mlle Fiana et Spica voudraient certainement avoir un peu de cette tarte.

Nous étions dix personnes, moi y compris, nous devions donc couper la tarte en dix morceaux. C’était un peu ennuyeux. Oh attendez, n’y a-t-il pas une application pour couper un gâteau en morceaux égaux ?

Je l’avais cherchée sur mon smartphone. J’en avais trouvé une immédiatement et je l’avais téléchargée. J’avais ensuite placé l’écran sur la tarte et, après avoir marqué les lignes directrices qui apparaissaient sur l’écran, je l’avais coupée en dix morceaux bien nets.

Chacune prit une assiette et reçut sa part de tarte. Et pendant que nous étions occupés avec la tarte, Sue m’avait versé une tasse de thé.

« Mangeons. »

J’avais coupé un morceau de la tarte avec ma fourchette et je l’avais porté à ma bouche. C’était délicieux. Une saveur et un arôme doux-amer s’étaient répandus dans ma bouche. La tarte était excellente, mais la framboise était délectable à elle seule.

« C’est tellement bon ! »

« Délicieux, dis-je ! C’est croquant et délicieux ! »

« C’est génial… Mmm… Je me demande si je pourrais faire ça aussi… »

Seule Lu semblait apprécier la tarte sous un angle différent, mais il semblerait que tout le monde aimait la tarte de Swellra.

« Cela me rappelle des souvenirs… »

Sakura savoura la tarte, un léger sourire aux lèvres. Sakura avait été élevée dans la maison Frennel, donc pour elle, la saveur de ce gâteau devait porter les souvenirs d’un foyer chaleureux.

Alors que les filles discutaient bruyamment de la tarte aux framboises, j’avais remarqué un morceau de papier plié en deux, fixé sur le côté intérieur du couvercle de la boîte.

En me demandant ce que c’était, je l’avais sorti, trouvant une lettre signée par le seigneur suprême qui disait simplement : « Si vous revenez à Xenoahs, vous pourrez manger cela tous les jours. »

Le maître suprême… n’essaie-t-il pas de la séduire avec de la nourriture… ne jouez vous qu’à des jeux mesquins ? En voyant à quel point Sakura était heureuse, j’avais décidé qu’il valait mieux ne pas lui montrer cette lettre. Si elle découvrait que le seigneur suprême avait essayé de profiter de ses souvenirs avec Swellra, elle le rejetterait avec d’autant plus de véhémence, et je ne voulais pas qu’elle le fasse non plus.

« Qu’y a-t-il, Grand-Duc ? »

« Hein ? Ah, non, ce n’est rien. »

J’avais souri suite à l’expression douteuse de Sakura tout en froissant le papier dans ma main. La prochaine fois que je rencontrerai le maître suprême, je devrai probablement lui conseiller d’éviter de faire ça.

Je pense qu’il a hâte de regagner l’affection de sa fille pour compenser tout le temps où il n’a pas été impliqué dans sa vie, mais plus il essaiera de s’imposer à Sakura, plus elle s’éloignera de lui. Comme on dit, c’est la lenteur et la régularité qui font gagner la course. Je pense que prendre le temps d’approfondir progressivement leur relation serait une meilleure façon de procéder.

« Sakura, que ressens-tu pour le maître suprême ? »

« Il est agaçant. »

… Mais il y a du chemin à faire jusqu’à ce que ça porte ses fruits.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.

Laisser un commentaire