Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 10 – Interlude 1 – Partie 1

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Interlude 1 : Père et fille

Partie 1

Il y a quelque temps…

« Eh bien, maintenant Sakura et Touya sont officiellement fiancés… »

Sakura fit un signe de tête silencieux en réponse aux mots de Yumina.

Le jardin de Babylone avait plusieurs belvédères où l’on pouvait passer l’heure du thé. L’un d’entre eux était un belvédère blanc de forme ennéagonale, qui servait d’endroit favori aux filles. Une variété de toutes les fleurs imaginables fleurissait fièrement autour du belvédère, et de l’eau fraîche et rafraîchissante coulait dans un canal voisin. C’était le plus bel endroit du jardin.

« Maintenant que la neuvième personne prophétisée par le Docteur Babylone est apparue, il n’y aura plus de nouvelles venues, n’est-ce pas ? »

Hilde parla avec une expression soulagée. Elle était probablement soulagée que la neuvième femme ne soit pas une femme étrange et inconnue.

« Je me le demande. L’avenir a tendance à changer par moments, donc je pense qu’il est trop tôt pour être soulagé, » dit Leen tout en sirotant le thé en tête de la table ronde avec une expression calme.

« Tu sembles assez calme malgré cela. »

Yae fronça les sourcils en grognant face aux mots de Leen.

« Je dis juste que nous ne devrions pas nous reposer sur nos lauriers, c’est tout. J’avoue que je ne suis pas non plus une experte en matière de romance, mais ayant vécu dix fois votre vie, j’ai vu un bon nombre de cas similaires. L’amour et la passion peuvent s’épuiser et se refroidir, et des trahisons peuvent se produire. Il ne faut pas prendre son amour pour acquis. Si vous voulez qu’il vous aime toujours, faites un effort pour que son amour pour vous reste fort. C’est vrai pour les hommes comme pour les femmes. »

« Ouah… On dirait presque Karen, Leen… » dit Lu tout en soupirant d’admiration.

Leen avait en fait déjà entendu ces mots de Karen, mais continua à siroter son thé avec un calme feint. Maintenir ce genre de prétention faisait partie du fait d’être plus âgé. Malgré tout, le fait d’être la seule à être beaucoup plus âgée que les autres donna à Leen une sorte de complexe.

« En tout cas, nous sommes toutes les neuf également les fiancées de Touya. Faisons de notre mieux pour compenser nos fautes mutuelles, car nous soutenons notre mari. »

« D’accord, d’accord. Touya a après tout ses moments d’insouciance. »

« C’est vrai. Et j’aimerais beaucoup qu’il s’installe et qu’il ne soit pas aussi stressé… »

Lu posa une main sur sa joue et poussa un soupir.

« Quelque chose ne va pas ? »

« Oh non, c’est juste que… Touya peut utiliser la [Porte] pour aller librement de pays en pays ? Et il résout assez souvent des problèmes pour d’autres pays. Mais, voyez-vous, les pays ont… des procédures pour ce genre de choses ? »

Même s’il est dans une position où l’on négocierait normalement avec l’autre pays pour de l’argent ou d’autres conditions aussi favorables, Touya avait agi sans tenir compte de cela. En ce qui concernait Touya, il réglait vraiment leurs problèmes « en douce », une attitude que Lu, qui avait été élevé comme un membre de la royauté, désapprouvait.

« Mais ceci fait partie intégrante de la personnalité de Touya. »

« Je comprends cela, bien sûr. Je trouve que cette partie de lui est également charmante. Je ne peux pas m’empêcher de penser à ce qui arriverait si quelqu’un essayait de profiter de sa gentillesse… Cela m’inquiète. »

« Touya est naïf. Un homme de son caractère serait normalement inapte à diriger un pays. »

Sue prit un biscuit dans une des assiettes et l’engloutit en une fois.

« S’attendre à ce que mon chéri agisse comme un roi est inutile dès le départ. Même ses vêtements sont les mêmes que ceux qu’il portait à l’époque où il était aventurier. »

« Oh, ça. Je crois qu’il a dit quelque chose du genre : “Les vêtements voyants et brillants, ce n’est pas mon truc” ? »

Elze sourit avec ironie, se souvenant de cette époque. Il était vrai que la garde-robe d’un roi était souvent brodée d’or ou d’argent, ce qui la rendait parfois assez voyante. Mais cela devait dégager une aura de majesté et de richesse, et ne devait pas refléter les goûts personnels du roi.

« J’aimerais bien voir Touya dans une tenue correcte un jour, mais… »

« Je suis d’accord. Je pense qu’une armure de chevalier lui irait bien… »

« Hein ? Est-ce à ça que tu pensais… ? »

Linze avait l’air surprise par la réponse de Hilde. Peut-être que c’était la norme à Lestia ?

« J’ai vu un guerrier en armure l’autre jour, mais le masque a ruiné toute la tenue. »

Yae baissa les bras et pencha la tête, en marmonnant de façon grognonne.

« Je pense que s’habiller simplement convient parfaitement à Touya. Je serais plus gênée s’il se mettait à s’habiller chic et que des femmes étranges se mettaient à le coller à cause de ça. »

« Oui, ce serait un problème. »

Sakura fit un signe de tête grave aux mots de Sue. Les autres semblaient toutes d’accord sur ce point.

« En parlant de ça, que fait Touya aujourd’hui ? »

« Voyons voir… Je crois qu’aujourd’hui il est à Xenoahs. Le château Pandemonium a été endommagé lors de l’attaque de la Construction dominante l’autre jour, il est donc allé aider à le réparer, étant donné qu’il a lui-même participé à certains des dégâts… »

Hilde avait répondu à la question de Linze, un sourire ironique aux lèvres. La bataille de Touya avec Gila avait laissé le château de Pandemonium en pagaille. Les travaux de réparation commencèrent immédiatement, et Touya offrit volontiers son aide.

« Nous en parlions justement, et le voilà reparti… J’aimerais vraiment qu’il se calme un peu. »

Lu soupira de nouveau.

« N’aurais-tu pas dû aller avec lui, Sakura ? »

« Le maître suprême est ennuyeux, alors je n’irai pas. Si j’étais allée avec Touya, quelque chose de gênant serait arrivé. Je vous le garantis. »

Sakura détourna son visage de façon maussade. Il semblerait que l’établissement d’une relation avec son père n’était pas facile pour Sakura. Le seigneur, qui ne l’avait jamais traitée comme un père jusqu’à présent, changea soudainement d’attitude. Sakura ne savait plus comment le traiter (même si elle savait qu’il y avait une bonne raison à ce changement d’attitude). Mais plus que tout, le fait que le maître suprême soit devenu terriblement susceptible lui donna soudainement la chair de poule.

« Eh bien, les pères peuvent être comme ça parfois… »

« Hé hé, crois-tu que Touya va devenir comme ça ? »

« J’ai l’impression qu’il le deviendra. Je pense que vous l’avez toutes remarqué, mais chéri peut vraiment être adorable quand il s’agit de la famille. Je pense qu’il deviendra plus un père aimant que le seigneur suprême le jour où il aura une fille. »

« Oooh, je peux voir ça arriver. Il sera à tous les coups un père aimant. »

Le goûter se poursuit, les filles discutèrent avec enthousiasme de leur fiancé absent. Cette rencontre deviendra plus tard une coutume régulière pour elles, et sera connue sous le nom de « Thé des Reines ».

 

◇ ◇ ◇

« Je pense que ça avance enfin, » murmurais-je à moi-même tout en regardant l’une des tours de château Pandemonium retrouver lentement sa gloire d’antan.

Elle avait après tout été soufflée par le canon à particules de Gila… C’était une bonne chose qu’il n’y ait personne dedans.

Je pensais que la réparer ne prendrait que peu de temps avec l’Atelier de Babylone, mais comme pour le château de Brunhild et le pont de l’île d’Enlush, il ne pouvait pas le concevoir tout seul et j’avais dû rester pour aider.

Plus précisément, j’avais adouci la pierre utilisée pour la construction avec un usage limité de [gravité], et j’avais fabriqué certaines des décorations les plus subtiles avec [modélisation].

« Un beau travail, seigneur. Le pandémonium est restauré en un clin d’œil. »

« Oh, bonjour. »

Je m’étais retourné, en baissant la tête vers la personne qui se tenait devant moi. C’était Sirius, l’elfe noir. C’était le père de Spica, qui était inscrit dans notre ordre des chevaliers, et aussi le chef de la maison Frennel, l’une des cinq grandes maisons nobles de Xenoahs. Mais on ne pouvait pas dire tout cela d’après son jeune âge.

Les membres de la maison Frennel maîtrisaient depuis des générations un art martial spécial appelé la technique du bouclier, qu’ils utilisaient pour protéger la dynastie du seigneur suprême. En d’autres termes, ils formaient un clan de gardes du corps.

Chaque membre de la famille royale avait un garde du corps du même sexe désigné pour les protéger. Dans le cas de Sakura, c’était Spica qui avait été désignée comme son garde.

Et il allait sans dire que le chef de la famille, Sirius, avait également quelqu’un qu’il était chargé de garder. Cette même personne m’avait regardé avec une expression aigre sur son visage, dans le dos de Sirius.

« Dites-moi, Grand-Duc… Pourquoi ? Pourquoi Farnese n’est-elle pas venue avec vous ? Puisque vous venez au Royaume des Démons, ne serait-ce pas une bonne idée de l’emmener ? N’avez-vous pas pensé à emmener sa mère, Fiana, aussi ? Une gamine si inconsidérée… »

« Vous savez… »

Le maître suprême traînait dans le coin depuis un certain temps, marmonnant ses plaintes comme s’il chantait une sorte de malédiction.

C’est pourquoi votre fille vous évite, monsieur. Je veux dire, savez-vous que je l’ai invitée ? Je lui ai correctement demandé : « Sakura, veux-tu venir avec moi à Xenoahs ? » Et vous savez ce qu’elle a dit ? « Non, parce que le maître suprême est ennuyeux. » C’est vous le problème ici.

« Enfin bon, Votre Monstruosité. C’est grâce au grand-duc ici présent que la reconstruction du château de Pandemonium se déroule si bien, vous devriez lui en être reconnaissant. »

« Hmph. Je suis reconnaissant pour cela. Vous êtes d’une grande aide, Grand-Duc. Je vous en remercie vivement. »

« N’en parlez pas. Après tout, j’ai participé à la destruction du château… »

En fait, c’était la faute de Gila si le château avait été détruit. L’idiot courait partout, laissant des dégâts sur son passage.

D’après l’enquête menée plus tard, Gila était apparue dans les montagnes au nord d’ici. Il avait fait sauter toute une montagne et était venu jusqu’ici.

La Phase pouvait entendre les battements de cœur des gens, il s’était donc probablement précipité ici, où il y avait une concentration de présence humaine.

« De toute façon, vous avez restauré le château Pandemonium. Il est presque midi, alors pour quoi ne pas vous joindre à nous pour un déjeuner festif ? »

« Hmm, ce n’est pas une mauvaise idée. J’ai encore beaucoup de choses à vous demander sur ma fille, bon seigneur… »

La main du seigneur frappa mon épaule de manière légère. Ah, votre sourire n’atteint pas vos yeux… J’ai été négligent.

J’avais maudit ma propre insouciance. Je n’aurais jamais dû me joindre à eux pour ce repas. J’aurais aimé pouvoir revenir 30 minutes en arrière et faire sortir cette idée de ma stupide tête.

« Qu’y a-t-il, Grand-Duc ? Vous ne touchez pas à votre nourriture. »

« Non, ce n’est rien… Ahaha, ça a l’air délicieux… »

J’étais assis là, pétrifié, la cuillère que j’avais trempée dans la soupe devant moi prise dans la main. En prenant la cuillère dans le liquide violet, j’avais trouvé un globe oculaire, de la taille d’une bille, qui flottait dedans. J’avais dû me féliciter de ne pas avoir jeté la cuillère tout de suite après.

Au déjeuner, ils m’avaient fait découvrir la cuisine nationale de Xenoahs. Leur… cuisine nationale. C’était une chose importante, donc je le répète deux fois pour que ce soit bien clair.

Le climat de Xenoahs était inhospitalier pour la plupart des êtres vivants. Bien sûr, cela s’appliquait aussi à leurs cultures. Étant donné l’environnement dans lequel ils vivaient, il était habituel de manger tout ce qu’on pouvait manger. Et si vous ne pouvez pas manger quelque chose, eh bien, vous faites un effort pour le manger quand même. Le goût n’était pas vraiment une priorité, le leitmotiv était que si vous pouvez manger quelque chose, vous le mangez.

Les bêtes magiques étaient donc un gibier parfait, et toute partie d’entre elles qui était comestible comestible devait être mangée. La soupe au lézard violet et aux yeux qui se trouvait devant moi était une recette de cuisine issue de ces coutumes.

De toute façon, les globes oculaires étaient interdits. De ce que j’en savais, ils avaient peut-être bon goût, mais visuellement parlant, c’était impossible.

Ouais, je suis une mauviette ! Vous avez un problème avec ça !? J’avais posé ma cuillère, et j’avais replongé le globe oculaire dans la mer de soupe. Et cette fois, j’avais essayé de ne manger que la soupe. Elle était violette et ressemblait à de l’eau de marais polluée, et l’odeur était assez piquante aussi ! Ça avait la même odeur qu’une personne qui venait de sortir de son cours de gym !

« Qu’est-ce que c’est ? N’allez-vous pas la manger ? »

Poussé par les réprimandes du seigneur, je m’étais endurci. J’avais mis la cuillère dans ma bouche. Pendant un instant, tout ce qui se trouvait dans mon champ de vision s’était agité et déformé.

Quelle est cette saveur ? Était-elle amère ? Ou non, peut-être salé ? Aigre ? Je ne sais pas ! C’était Sale-Amer-Acide !

« Qu’est-ce que vous en pensez ? C’est bon, n’est-ce pas ? Ce délice est difficile à trouver, même à Xenoahs. »

« C’est… vraiment quelque chose… Le goût est si… écrasant, mon corps ne cesse de trembler… »

***

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5 commentaires :

  1. Je suis pas fan de la nouvelle police, plus dur à lire sur mon pc fixe.
    Sinon merci pour la chapitre.

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