Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 10 – Chapitre 4 – Partie 1

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Chapitre 4 : L’Étranger d’un autre monde

Partie 1

À ma grande surprise, les patrouilles de chats de M. Mittens s’étaient avérées efficaces.

Si elles repéraient des problèmes, elles informaient immédiatement le poste de contrôle le plus proche et appellent les gardes. S’ils voyaient quelque chose de suspect, ils les suivaient et ils observaient leurs actions. Ils avaient également attiré l’attention des adultes lorsque leurs enfants faisaient des choses dangereuses.

Ils s’étaient bien débrouillés, tout cela sans pouvoir parler. Les habitants avaient fini par être tellement reconnaissants envers ces chats que personne ne s’était soucié de les voir se balader partout.

Habituellement, une forte augmentation du nombre de chats signifiait que des poissons pouvaient être volés, ou que des combats pouvaient éclater… Mais je n’avais jamais rien entendu à ce sujet. Apparemment, M. Mittens était un leader très compétent… Au moins quand il s’agissait de chats.

À de rares occasions, des aventuriers en voyage essayaient de maltraiter les chats, mais ils finissaient toujours par être retrouvés dans des ruelles avec leurs vêtements déchiquetés. Leurs corps avaient également été retrouvés couverts d’égratignures. Le nombre de blessures impliquait qu’ils avaient été attaqués par un groupe de taille considérable. Le nombre d’aventuriers qui tourmentaient les animaux pour s’amuser avait fortement diminué après quelques-uns de ces incidents. Les chats étaient des animaux, mais ils étaient toujours capables de se venger. Il semblerait que la plupart des aventuriers qui avaient été victimes de ces attaques avaient fini par avoir tellement peur des chats qu’ils avaient fait leurs bagages et quitté la ville peu de temps après.

Ainsi, les chats avaient gagné la place qui leur revenait à Brunhild.

« En premier lieu, qu’est-ce qui est suspect chez cette personne ? »

« Eh bien… »

M. Mittens et moi étions tapis dans l’ombre, en train de regarder quelqu’un assis dans le bar de la guilde. Fiana était avec Sakura au château, donc M. Mittens n’était pas de garde pour la journée.

Cette personne prétendument suspecte buvait lentement du saké au bord du bar. Je ne pouvais pas voir son visage, car il portait une robe sale avec une capuche, mais je le considérais comme une femme plutôt qu’un homme. C’était plus mon instinct qui parlait.

Ses mains et ses jambes dépassaient de la robe, je pouvais voir qu’elle était vêtue de gants d’armures et de cretons. Cela m’avait amenée à croire qu’elle était chevalier.

Je supposais que si les chats la trouvaient suspecte, il y avait donc de quoi s’inquiéter… mais je ne pensais pas qu’il fallait être aussi prudent. Je ne voulais pas m’immiscer dans sa situation personnelle. Elle aurait pu avoir ses propres raisons de se déguiser ainsi.

« Elle est très méfiante, mais ce qui me dérange dans son déguisement, c’est que… Elle ne sent rien. »

« Pas d’odeur ? Huh… »

« Tout le monde sent quelque chose. Il y a au minimum la sueur et les odeurs corporelles. Le parfum est souvent utilisé pour couvrir cela, mais ne pas avoir d’odeur du tout est piaousitivement inhabituel. »

Pour moi, cela avait suffisamment de sens. Les chats n’avaient peut-être pas un odorat aussi aigu que celui des chiens, mais ils pouvaient quand même mieux sentir que les humains. D’après ce que j’avais entendu, les chats utilisaient l’odorat pour juger de la qualité de leurs repas, et aussi pour marquer leurs propriétaires humains de leurs propres odeurs en se frottant contre leurs pattes.

En d’autres termes, si les chats trouvaient son odeur suspecte, alors elle était probablement suspecte.

« Il y a trois possibilités parfaitement valables ici. »

M. Mittens avait soudainement levé trois de ses « doigts » en l’air. Il était d’une dextérité surprenante pour un chat.

« Tout d’abord, l’odeur est masquée par la magie. Comme si elle utilisait un artefact ou autre chose, miaou. Deuxièmement, elle est morte. Mais au moins, elle sentirait la mort, donc c’est peu probable. Mais elle pourrait être un esprit, ça compterait quand même… Et puis il y a la troisième option ! Elle pourrait être un Golem ou une construction magique. Mais je n’ai jamais vu un Golem de sa taille avant. C’est pourquoi je pense que la première option est la plus probable. »

Il y avait des Golems connus sous le nom de Golems Charnel qui étaient faits de corps, un peu comme le Monstre de Frankenstein… Mais ils étaient toujours considérés comme des créatures mortes-vivantes. On sentait sûrement sur eux la puanteur de la mort.

Si son odeur était effacée par la magie, je ne pouvais même pas chercher à comprendre pourquoi elle faisait ça. Je ne savais même pas qu’un tel sort existait, mais il y avait certainement des sorts Néant avec toutes sortes d’utilisations. On utilisait une magie de type déodorant si l’on puait vraiment, mais cette ville était équipée de bains publics… Si elle pouvait se permettre de boire du saké dans un bar, elle pouvait certainement se permettre de prendre un bain.

« Elle n’a rien fait, n’est-ce pas ? Elle n’a fait que… manquer d’odeur. »

« Tu es trop optimiste, miauneur. Si tu attends qu’elle fasse quelque chose, alors ce sera déjà trop tard, non ? Ne sais-tu pas que nous devons agir avant ? »

Vraiment… ? Elle est juste assise là à boire du saké, ce n’est pas comme si… Oh… ? Deux aventuriers ivres se sont soudainement dirigés vers la femme à capuche. On aurait dit qu’ils essayent de se battre. Elle se démarque nettement, il n’est donc pas trop surprenant qu’elle y soit confrontée à un moment donné…

Je m’étais brièvement demandé si interférer était la bonne chose à faire ou non.

Juste au moment où j’allais faire un geste, l’un des aventuriers qui harcelaient la femme avait été abattu en un clin d’œil. J’avais été stupéfait. Il avait fini par être complètement éjecté du bar, s’écrasant la tête la première sur le sol. La femme cagoulée avait à peine bougé.

L’homme était sacrément grand et costaud, la femme devait donc avoir une sacrée force pour le jeter si loin.

J’avais encore fourré mon nez dans les affaires des autres et j’avais failli être frappé par le deuxième aventurier, qui se précipitait vers la porte de la même façon. Ouah ! J’avais reculé et j’avais regardé avec émerveillement l’homme s’effondrer sur le sol près de son ami. Puis, je m’étais retourné dans le bar et j’avais vu que la femme encapuchonnée était retournée à son verre de saké, apparemment insensible à ce qui venait de se passer. Il semblerait que cette femme en avait une sacré paire.

« Hé, espèce de merde ! »

« Tu te prends pour qui, hein !? »

Les deux hommes s’étaient levés en titubant, avaient sorti leurs armes et essayèrent de retourner dans le bar. Ils étaient complètement saouls. Il était temps pour moi d’intervenir.

« Ça suffit. Continuez et il y aura des problèmes. Une bagarre de bar, je peux comprendre, mais au moment où les armes sortent, je ne peux plus l’accepter. Rangez vos armes. »

« Qu’est-ce que c’est, morveux ? ! Tu es un ami de l’idiot à capuche ? »

« Dégage de mon chemin ! Tu veux t’embrouiller !? »

Ils me traitaient sérieusement comme un enfant. Je n’avais plus dix-sept ans, mais physiquement, je n’avais pas vraiment vieilli depuis environ un an, alors parfois les gens me traitaient comme un enfant. Cela rendait encore plus crédible l’idée que ma Divinité avait en quelque sorte arrêté mon vieillissement. J’étais peut-être même devenu un immortel, mais je n’étais pas pressé de tester cela.

« Qu’est-ce qui se passe ici ? »

« Il y a des aventuriers qui font du boucan. »

« Attendez, c’est le grand-duc ! »

Une foule s’était rassemblée sans que je m’en rende compte. Il y avait même des enfants qui me faisaient signe.

« Allez les chercher, seigneur ! »

« Vous pouvez le faire ! »

« Allez-y, battez-les, seigneur ! »

Attendez, non… Ce n’est pas ça le problème !

J’avais soupiré légèrement et fis un signe de dédain aux enfants, ils semblaient un peu déçus par mes intentions pacifistes. Un des ivrognes avait ensuite essayé de me taillader avec son arme.

« Grargh ! »

Je l’avais esquivé, mais son attaque aurait manqué de toute façon. Toute sa posture était mauvaise et ses pieds étaient instables, il était complètement ivre.

De toute façon, il était dangereux.

Le paralyser d’une balle aurait fait l’affaire, mais je ne voulais pas que la foule pense que je venais de tuer quelqu’un. J’avais décidé de le mettre KO de façon conventionnelle.

J’avais évité sa prochaine attaque et je l’avais touché en utilisant un peu de [Paralysie]. L’autre homme avait vu son camarade tomber comme une marionnette dont les cordes avaient été coupées. Il m’avait attaqué avec sa lame, mais j’ai utilisé [Accroissement de puissance] pour l’attraper entre mes doigts et le faire tomber. C’était de toute évidence une arme bon marché.

« Mais qu’est-ce que… !? »

Ensuite, j’avais utilisé [Paralysie] pour mettre KO le deuxième gars.

« Hmph… »

Juste après que je les ai mis KO, le maître de la Guilde Relisha était sorti pour voir l’agitation.

« Votre Altesse ? Qu’est-ce qui se passe ici ? »

« Ah… Je viens de mettre KO deux ivrognes violents. Ce sont des aventuriers, alors donnez-leur un avertissement formel, si vous le pouvez. »

La guilde ne pouvait pas superviser tous ceux qui décidaient de devenir aventuriers, mais elle avait toujours le pouvoir de les punir s’ils faisaient quelque chose qui nuisait à l’image générale de la guilde. Ces punitions pouvaient aller d’un retrait d’argent jusqu’à la révocation de leur carte de guilde. J’avais même entendu des rumeurs sur l’existence d’une escouade secrète d’assassins de la guilde, mais elles n’étaient pas prouvées.

« Compris. Je vais leur donner un avertissement sévère. S’ils recommencent, nous les traiterons plus sévèrement. Ceci étant dit, essayer d’attaquer un monarque est un délit grave, et justifierait généralement la peine de mort. »

« Eh bien, je vais laisser passer l’infraction cette fois-ci. »

Des membres de la guilde étaient sortis et avaient traîné les deux hommes tombés à l’intérieur. Ils étaient paralysés, mais ils pouvaient encore voir et entendre tout ce qui se passait autour d’eux. Ce qui signifiait probablement qu’ils savaient maintenant qui j’étais. Leurs visages étaient devenus complètement pâles. Ils avaient l’air beaucoup plus sobres qu’il y a quelques instants.

« J’ai une question. »

« Whuh !? »

Je poussais un cri de surprise en entendant la voix mystérieuse et inattendue qui venait de derrière moi. La source de la voix était la fille qui avait bu au bar… Je ne l’ai pas du tout remarquée, c’est quoi ce bordel ? Sa voix est à tous les coups féminine, mais quand même…

« On vous appelait Votre Altesse. Cela fait de vous le souverain de ce pays, pas vrai ? »

« Euh… Souverain est une drôle de façon de le dire, mais oui, je suis le grand-duc. »

« Alors cela veut dire que vous êtes Morcheezooki Towya. Ai-je raison ? »

J’avais maladroitement hoché la tête aux mots de la femme. Même si sa prononciation était un peu guindée.

Qu’est-ce que c’est que ça ? Est-ce un autre assassin étranger ? Mais elle n’a pas l’air d’être de Yulong…

« Nous devons parler. En privé. Je ne prendrai pas beaucoup de votre temps. »

« … Très bien. »

J’étais un peu réticent à suivre quelqu’un d’aussi suspect, mais je n’avais ressenti aucune hostilité de sa part. J’étais également curieux de savoir exactement ce qu’elle voulait me dire.

Marcher derrière la femme à capuche me paraissait étrange, mais j’avais du mal à le mettre en mots. C’était comme si je suivais un robot. Il n’y avait aucune sensation dans la façon dont elle se déplaçait.

J’avais laissé M. Mittens derrière moi, elle m’avait emmené dans la partie est d’une forêt voisine, près d’une rivière.

Elle avait regardé autour d’elle pour s’assurer qu’il n’y avait personne d’autre dans les environs, et laissa tomber sa capuche. Son visage était complètement exposé.

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