Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 10 – Chapitre 3

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Chapitre 3 : Le croyant qui rêve

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Chapitre 3 : Le croyant qui rêve

Partie 1

En s’habituant à leur smartphone, les dirigeants mondiaux avaient réalisé à quel point cet outil était utile.

En ce qui concernait les étrangers, je les avais remis aux dirigeants associés à mon alliance. À Brunhild, mes fiancées en avaient reçu un chacun, et les gynoïdes de Babylone en avaient tous reçu un aussi. Karen, Moroha, les quatre anciennes Élites de Takada, le Chevalier Commandant et les Vice-Commandants, Laim et Micah de la Lune d’Argent en reçurent un aussi.

Je m’étais également assuré que leurs listes de contact ne contenaient que des personnes qu’ils connaissaient bien. Par exemple, je n’avais pas donné le numéro de Micah au roi de Belfast. Mais elle avait le mien. Sinon, le rang le plus élevé dans son répertoire était Lain.

Elle pourrait cependant enregistrer le numéro du roi s’il le lui disait personnellement. Mais je ne voulais pas que n’importe qui ait une ligne directe avec un dirigeant national.

L’introduction de mes smartphones avait cependant eu des conséquences négatives imprévues. Les gens se contentaient d’envoyer des SMS ou de passer des appels pour chaque petite chose.

La nouveauté ne leur échappait pas, ils l’utilisaient donc autant que possible. Mais je pouvais comprendre ce qu’ils ressentaient. Ils se calmeraient probablement au bout d’un moment, donc c’était bien.

« C’est… énorme… C’est encore mieux que l’artefact que j’utilise actuellement pour la communication. Vous voulez dire que je peux vraiment avoir ça ? »

« Oui. »

J’avais expliqué les fonctions générales du téléphone au chef de guilde Relisha, puis je le lui avais remis. Je venais à la guilde pour des affaires importantes.

Relisha avait fait du thé, alors je le buvais. C’était un peu différent du thé habituel, mais c’était très bon. Relisha avait une préférence pour le thé noir. Elle avait une grande variété de feuilles de thé sur les étagères de son bureau.

« Comment se présente la situation concernant la Phase ? »

« Deux petites constructions à Hannock la semaine dernière. Ils ont été éliminés par un groupe de rang rouge. C’est la troisième émergence ce mois-ci. Ils sont apparus un peu plus fréquemment ces derniers temps. »

Elle n’avait pas tort. Il semblerait que la frontière du monde était à nouveau déchirée. C’est une bonne chose que les zones déchirées ne soient pas trop proches les unes des autres. S’ils se reliaient, les failles deviendraient encore plus grosses.

Si cela se produisait, elle s’ouvrirait au point où les constructions supérieures et les constructions dominantes pourraient sortir. Ce ne serait pas bon.

Nos options étaient limitées pour le moment. Nous avions cependant quelques pistes d’action.

Première méthode : la purge totale des phases

Celui-ci était un peu extrême. Après tout, je ne savais pas combien de Phases existaient de l’autre côté. Il y aurait également des pertes massives de vies humaines sur le front de l’humanité.

Deuxième méthode : la diplomatie avec les phases

Seules les Constructions dominantes semblaient capables d’un discours intelligent. Je ne pensais pas que parler avec eux ferait grand-chose, ils voulaient clairement nous tuer. Même si je n’en avais rencontré que quelques-uns, les deux constructions dominantes que j’avais rencontrées jusqu’à présent étaient des individus lunatiques et dangereux.

Troisième méthode : Prendre le noyau souverain, et le pousser quelque part ailleurs

Le monde survivrait certainement si nous envoyions le Souverain dans un autre monde, mais je ne me sentirais pas à l’aise avec les ramifications. Je mettrais plutôt la crise sur une autre société. Je ne savais pas non plus comment faire. Ce n’était pas non plus comme si je pouvais simplement demander conseil à Dieu Tout-Puissant. Il avait une politique ferme de non-ingérence.

Quatrième méthode : Détruire le souverain

Cela ferait d’Ende mon ennemi. Je n’étais pas très enthousiaste à ce sujet. De plus, j’avais le sentiment que le Souverain lui-même ne sortirait pas sans se battre. Je ne voulais pas qu’il se réveille et que les choses s’empirent.

Méthode 5 : Réparer la frontière du monde

Je n’avais aucune idée de comment faire.

Chaque option que j’avais n’était pas concluante. De manière réaliste, la première méthode serait la meilleure pour obtenir des progrès tangibles. La deuxième méthode serait mon choix par défaut si je rencontrais un autre Dominant, mais même dans ce cas…

« Oh, c’est vrai. J’ai eu des nouvelles de Yulong. Un nouvel empereur céleste est en marche. »

« Quoi, encore ? »

Combien de dirigeants autoproclamés un pays peut-il avoir ? Depuis que l’ancien était mort, un nouvel empereur céleste avait surgi dans chaque grande ville. Ils avaient transformé les restes brisés du pays en une collection de villes-États concurrentes.

« Eh bien, ce type est apparemment assez sérieux. Il a mené une guerre contre tous les autres dirigeants autoproclamés et les a massacrés. Il a été assez brutal dans ses moyens jusqu’à présent. »

« Comment cela ? »

« Il est impitoyable. Corruption, assassinat, il a même fait sauter une des maisons de ses concurrents. Mais la plus grande menace ? Son bataillon d’acier. »

« Bataillon d’acier ? »

Je fronçais les sourcils en entendant les mots de Relisha. J’avais quelques soupçons.

« Comme son nom l’indique, c’est une armée de soldats d’acier qui opèrent de façon autonome. Nous pensons actuellement qu’ils doivent être basés sur le Frame Gear, ou sur une forme de plagiat. »

« Je le savais… »

J’avais pensé que les pièces volées de Frame Gear entreraient en jeu à un moment donné. Mais ils avaient réussi plus tôt que prévu. Ils devaient avoir bénéficié d’un soutien technologique ou financier sérieux.

Et cela signifiait probablement, bien que ce n’était alors qu’une supposition… Gordien, l’Ordre Dorée, avait volé nos pièces, créé les Soldats d’acier en faisant de la rétro-ingénierie de la technologie, et l’avait apportée au nouvel empereur céleste autoproclamé de Yulong. Après tout, l’Ordre Dorée comptait des membres allant des marchands aux universitaires, ils avaient probablement de nombreux contacts.

Il était même possible que ce nouvel empereur soit aussi membre de l’organisation. Je ne pensais pas vraiment que c’était un membre de la famille de l’empereur précédent.

« Dites-m’en plus ? En quoi ressemble-t-il à un Frame Gear ? »

« Oui. Il y a effectivement une ressemblance. Regardez ici, un des membres de notre guilde en a fait un croquis. Tenez, celui-là. »

Relisha m’avait passé un bout de papier provenant de l’énorme pile de son bureau.

« Mm, je vois… Il y a définitivement une ressemblance. »

L’image représentait un géant de métal avec de longs bras et des jambes courtes, il était assez court, mais compensait avec sa largeur. Il avait également un cou court et semblait généralement quelque peu malformé. Mais il avait certainement l’air durable et stable. Hm… c’est donc l’un de ses soldats d’acier…

Ça ressemble vraiment à un Frame Gear… Mais je ne sais pas comment il se comportera au combat.

« Et combien y a-t-il de soldats? »

« Il n’y a pas de chiffre exact, mais notre rapport de guilde indique qu’il en existe une centaine. Il a utilisé ces machines pour attaquer les autres villes indépendantes, et a réussi en un rien de temps. »

C’était logique, un soldat normal ne pouvait pas se mesurer à une infanterie mécanisée. S’il y en avait qu’un faible nombre, ils auraient pu riposter, mais pas contre une centaine.

« Alors, que pensez-vous que ce nouvel empereur céleste a l’intention de faire ? »

« Probablement d’unifier la nation entière sous sa bannière. Il pourrait probablement le faire avec l’aide de ces machines. »

Le Bataillon d’acier était vraiment formidable. Unifier Yulong était probablement quelque chose qu’il pouvait faire avec leur pouvoir, Relisha avait raison.

Que dois-je faire ? La technologie avait été définitivement volée à Brunhild. Je n’aimais pas le fait qu’elle soit utilisée pour la guerre. Mais en même temps, je ne pouvais pas faire irruption… Je me sentais un peu mitigé…

Mais si Gordien était derrière tout ça, je ne pouvais pas laisser tomber. Ils pourraient avoir des intentions malveillantes. Je suppose que je pourrais trouver une excuse commode afin d’interférer.

« Très bien… Ils ont volé notre Frame Gear, alors volons l’un des leurs. Que pensez-vous de cela ? »

« Hm ? »

Relisha leva un sourcil en signe de surprise.

◇ ◇ ◇

« … Et c’est pourquoi je vais voler un de leur soldat d’acier ! »

« Ohoho... Superbe. J’aime cette idée, Touya. Tu vas me laisser faire une analyse approfondie quand tu l’auras, non ? »

Le docteur Babylone me fit un sourire menaçant pendant qu’elle parlait. Elle se demandait probablement ce qu’ils avaient fait à sa technologie.

Les trois princesses Yumina, Lu et Hilde me regardaient avec de grands yeux. Sakura était techniquement une princesse, mais elle avait été élevée et avait vécu comme une simple noble. Elze, Sue et Leen semblaient également très enthousiastes à l’idée. Linze, Yae et Sakura semblaient un peu perplexes.

« Un leader mondial parlant de quelque chose d’aussi déshonorant que le vol ? Que prévois-tu au juste ? »

« N’appelle pas ça du vol ! Appelle ça, euh… “Emprunt éternel non autorisé”. »

« C’est la même chose ! »

Hilde fronça les sourcils. Elle était du genre honnête, c’était donc logique.

« C’est bon, je vais cacher mon identité. Regarde ! »

« Vas-tu vraiment encore porter ça ? »

Yae soupira un peu en reconnaissant le masque d’oni en argent. Il semblerait que, pour une raison quelconque, il avait une connotation un peu négative pour elle. Mais j’avais adoré, cela m’avait permis de cacher ma véritable identité et aussi d’aller jusqu’au bout !

« Alors si tu veux voler ces machines… Vas-tu y aller seul ? »

« Non, je pensais prendre Tsubaki et Kohaku. Je ne veux pas d’un groupe trop important, cela augmentera les chances de se faire prendre. »

« Je veux y aller aussi. Je ne peux pas, Touya ? »

« Tu ne peux pas. »

« Hmph. Tyran… »

J’avais rapidement rejeté la demande de Sue. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle soit en danger avec moi, mais il y avait toujours la possibilité que les choses tournent mal.

Je n’en avais pas parlé à Kousaka non plus. Il aurait absolument apposé son veto à l’idée.

« Mais pourquoi fais-tu cela ? N’est-ce pas bien de les laisser tranquilles ? »

« Je ne sais pas s’ils utiliseront leurs soldats mécanisés contre d’autres nations par la suite. Felsen, Hannock, Xenoahs, Roadmare… Je veux connaître le potentiel de l’ennemi, juste au cas où. »

« Alors pourquoi dois-tu y aller et le faire, Touya ? »

« C’est ma position personnelle, ce n’est pas une position nationale. Je ne peux pas laisser quelqu’un faire cela en mon nom ou en celui de Brunhild. »

J’avais donné des réponses vagues à Elze et Linze, mais en vérité, je voulais trouver le vrai cerveau et les éliminer pour de bon.

Il y avait juste une chose qui m’inquiétait.

Le roi de Felsen avait parlé des ambitions de l’ancien Ordre Dorée.

« Ces gens tentent de faire revivre des techniques anciennes et de les utiliser, à l’abri des regards. C’est le but de Gordien, l’Ordre Dorée. »

Je m’étais demandé si leurs objectifs étaient toujours les mêmes. Si cet Ordre néo-gordien essayait de faire revivre le même genre de magie interdite.

J’avais le pressentiment que l’aide à l’actuel candidat au trône de Yulong faisait partie de leurs ambitions. Mais je ne pouvais pas en être sûr. C’était juste une intuition.

Mais mon intuition a tendance à être juste… Est-ce un effet de ma divinité, peut-être ? Eh… Je suppose que c’est bien… Ce n’est pas comme si c’était un problème.

L’utilisation de techniques aussi anciennes et taboues demandait beaucoup de puissance. Ils ne seraient pas facilement capables de faire une telle chose. La possibilité que cela soit dangereux ou destructeur était extrêmement élevée, ils pouvaient donc probablement provoquer un incident majeur en invoquant quelque chose d’aussi ancien.

Si c’était le cas, il fallait que je les détruise avant que cela n’arrive à ce point. Mais il me fallait acquérir des preuves solides de leurs activités avant de pouvoir m’engager.

J’avais le sentiment que j’allais faire une folle promenade.

***

Partie 2

L’ancienne glorieuse capitale de Yulong, Shenghai, n’était plus qu’un tas de décombres et de déchets. Il ne restait plus aucune trace de la ville tapageuse qui s’y trouvait autrefois.

La Phase avait fait un joli numéro sur cette ville, et cela m’avait honnêtement mis plus qu’un peu mal à l’aise. Le simple fait de regarder autour de soi donnait vraiment une idée de l’ampleur du pouvoir impressionnant qu’exerçaient les Constructions Dominantes.

Notre groupe venait de quitter Brunhild, lorsque Kohaku avait soudainement émis un grognement d’avertissement.

Kohaku regardait dans une certaine direction. Il ne nous avait pas fallu longtemps pour voir un groupe de vagabonds se diriger vers nous depuis cette direction. Ils tenaient des couteaux et des haches.

« Hooh... Garçon… Laisse ton argent, laisse la fille. Si tu fais cela, nous te laisserons vivre. File. »

L’un des hommes poussa un rire pervers en criant. La fille dont il parlait était Tsubaki, qui se tenait à mes côtés.

« Qui sont-ils ? »

« Probablement un groupe de charognards. Ils sont probablement en train de récupérer des objets de valeur dans les vestiges de la capitale. »

Donc, ce sont des vautours… Dégoûtant. On dirait plutôt un rassemblement de méchants.

« Bâtard ! Tu m’écoutes !? »

« Je ne suis pas sourd. Je vous entends très bien. »

Ils étaient bien trop impatients, c’était un vrai casse-tête. Ils nous avaient encerclés, les couteaux à portée de main.

« Éclate, Feu ! Éruption rougeoyante : [Explosion] ! »

J’avais le sentiment que la diplomatie n’était pas vraiment leur truc, j’avais donc lancé un sort explosif sur un monticule de décombres tout proche. Un son massif se fit entendre tandis que les débris s’évaporaient en un rien de temps.

Hein ? Mes sorts ont-ils toujours été aussi forts ? Est-ce un autre effet secondaire de ma divinité ? Je m’étais demandé si je finirais par rejoindre les vrais dieux au rythme où j’allais. L’immortalité ne semblait pas être une mauvaise affaire.

« Eeeeeek ! »

« Merde, c’est un mage ! Foutez le camp d’ici, les gars ! »

Les futurs bandits commencèrent à se disperser dans toutes les directions.

Alors, c’est déjà aussi anarchique, hein… ? Je suppose que je vais me diriger vers l’endroit où se trouve le nouvel empereur céleste. J’avais sorti ma carte et je lui fis afficher les environs.

« Euh… Voyons voir… La nouvelle capitale s’appelle bien Heilong ? »

« C’est exact. Ici même… Au nord-ouest de notre position actuelle. »

« Très bien, allons-y. »

« A-Attendez un instant… Avez-vous l’intention de vous y rendre en volant ? »

« Hein ? Oui. Pourquoi ? »

Kohaku et Tsubaki me montrèrent des expressions douloureuses. Il semblerait qu’ils détestaient voler tout autant que les autres.

J’aurais pu utiliser [Téléportation], mais je n’avais pas l’habitude de le faire fonctionner sur de longue distance, je ne voulais donc pas apparaître au-dessus d’une rivière. Il semblerait que je n’aie pas le choix.

« … Très bien. J’irai moi-même à Heilong et je vous ouvrirai une [Porte] quand j’atterrirai. »

« Ce sera très apprécié… »

« O-Oui, ça le sera beaucoup. »

Si j’avais su qu’ils seraient si difficiles, j’aurais amené Gungnir. Je pouvais quand même voler plus vite que n’importe quelle machine tout seul, cela me convenait donc bien.

Ça m’avait vraiment plu. Tout ce que j’avais à faire était d’invoquer [Vol] et de décoller à toute vitesse.

Il m’avait fallu environ trois minutes pour atteindre ma vitesse maximale. Alors que le paysage se déplaçait sous moi, mes yeux s’étaient finalement arrêtés sur une ville. C’était Heilong, la nouvelle capitale.

Bordel… C’était juste un vol de trois minutes, pourquoi avaient-ils dû en faire tout un plat ? J’avais ronchonné en descendant dans une zone forestière.

Une fois hors de vue, j’avais ouvert une [Porte] vers Shenghai. Kohaku et Tsubaki étaient arrivés quelques instants plus tard.

« Très bien, nous sommes prêts. Oh attendez, je dois me déguiser. »

J’avais utilisé [Mosaïque] pour censurer mon corps, car je changeais rapidement de vêtements. Les gens de mon ancien monde associaient une telle censure en mosaïque à une nudité flagrante… Mais je ne me suis pas tout à fait déshabillé à ce point.

« C’est très… fantaisiste… »

Tsubaki regarda ma tenue d’Oni Argenté et eut une réaction assez intéressante. J’avais été un peu surpris, car la tenue ne me semblait pas particulièrement voyante. Le masque et le hakama mis à part, cela ne m’avait pas semblé si spécial.

« P-Pas la couleur ou le style ou quoi que ce soit, c’est juste que… Votre tenue semble juste… Le mal ? Je sais que c’est une mission de vol et tout, mais… cela ne semble pas très approprié pour un ninja. »

Hmph… Être réprimandé par un ninja, c’est un peu drôle… Mais ce n’est pas grave. Après tout, ce n’est pas comme si nous étions ici uniquement pour l’infiltration.

J’avais emmené Tsubaki et Kohaku à Heilong. On avait rencontré quelques difficultés à la porte, mais nous avions réussi à soudoyer le garde pour qu’il nous laisse entrer. C’est à ce moment que j’avais réalisé à quel point les gardes étaient corrompus dans la région. Ils ne semblaient pas à leur place.

Heilong était une ville-château traditionnelle de style chinois. Il y avait plusieurs rangées de maisons en tuiles rouges qui bordaient les rues. Il y avait une haute tour au loin, et quelques étals bordent les chemins de la rue. J’avais aussi vu des lanternes en papier ici et là.

Il y avait aussi un grand château au milieu de la ville. Mais je ne l’avais pas bien vu. Les murs étaient trop hauts.

C’était une ville avec beaucoup de choses, ici et là. J’avais vu des gens se traîner sans énergie, comme s’ils étaient déprimés. J’avais soudainement ressenti une étrange sensation.

« J’ai l’impression qu’on nous regarde… »

« Ce n’est pas qu’une impression. On vous regarde fixement. »

« … Je vous ai dit que votre tenue était diabolique, non ? »

Bleh… Il est inutile de s’en inquiéter maintenant. De plus, les gens ne font que regarder.

« Et maintenant ? »

« Récupérations d’informations, Tsubaki. Tu dois recueillir des informations sur le Bataillon d’acier. Kohaku, tu vas la protéger. Si vous pouvez trouver des informations sur l’endroit où il se trouve et sur les personnes qui les ont fabriquées, ce serait idéal. Ne leur courez pas après, mais renseignez-vous si vous le pouvez. Nous nous retrouverons ce soir. »

« Compris. »

« Oui, mon seigneur. Je vous contacterai si quelque chose arrive. »

Tsubaki et Kohaku avaient rapidement disparu dans la foule.

J’avais décidé de prendre sur moi d’écouter les habitants de la ville qui parlaient du nouvel empereur céleste.

« Hm… On va généralement dans un bar pour ce genre de choses, non ? »

Même si je suivais cette logique, il était encore midi. J’avais décidé qu’il serait tout aussi bien d’aller dans un magasin ou un restaurant. Je n’avais pas déjeuné non plus, c’était donc le bon moment.

« Uhh… Hm. Dans ce cas, j’irai là-bas. »

Je m’étais dirigé vers le bord de la route et je m’étais assis dans une vieille chaise usée par les intempéries. Il y avait un menu sur la table voisine, mais je n’avais reconnu aucun des plats. Je m’étais surtout demandé ce qu’était ce « ramen à la viande ». Il y avait probablement de la viande dedans, mais je ne savais pas quelle sorte de viande.

« … Qu’est-ce que vous désirez ? »

Le propriétaire de l’étal m’avait interpellé de façon suspecte. Ses yeux étaient fixés sur moi, comme s’il était inquiet. C’était probablement à cause de mon masque.

« Ah, euh… Je vais prendre ce ramen à la viande. »

« Bien sûr. Un ramen à la viande arrive tout de suite. »

J’avais décidé d’être regardé par les gens en attendant ma nourriture. J’avais vu des gens qui allaient et venaient de partout. J’avais soudainement remarqué un manque flagrant de femmes et d’enfants dans la foule.

J’avais remarqué un nombre disproportionné de jeunes hommes armés qui se promenaient. Ils portaient des chaudrons dont la forme ressemblait vaguement à une tête de dragon. Je m’étais demandé si c’était la milice de la ville.

Un incident en cours ? Il y a beaucoup de gardes qui se promènent…

« Voici. Un ramen à la viande. »

« … Attendez une seconde… »

J’avais regardé le bol de nouilles à la viande et j’en étais arrivé à une conclusion étonnante.

Un ramen restera un ramen ! Attendez, non… Ils sont un peu différents. Les nouilles sont plus fines et plus courtes. Ça ressemble donc un peu à du somen.

J’avais aspiré la soupe, mais elle était bien trop fine et trop grumeleuse. Les nouilles avaient aussi un goût bon marché. Un peu comme la nourriture que l’on trouvait dans un avion ou dans un hôpital. La viande était également dure, presque comme du bœuf séché. Je pensais que je pourrais la ramollir si je la trempais un peu dans la soupe, mais… Non, c’était aussi dur qu’une botte en cuir.

Bon, peu importe, on va juste manger… C’est… Hein… ? Qu’est-ce que c’est que cette saveur et cette texture… ? Ça a un peu le goût du… caoutchouc ? Ça sent même un peu fort en plus… ? Mais qu’est-ce que c’est que cette viande ? Sérieusement.

« Hé, commerçant. Quelle est donc cette viande ? »

« Steak de flanc de troll. »

« Hgh... Gardez la monnaie ! »

J’avais jeté une pièce de monnaie en cuivre sur la table et j’étais parti aussitôt.

Qu’est-ce que vous avez essayé de me faire manger, là !? Mais qu’est-ce que…

J’avais ronchonné en signe de dégoût, mais je ne voulais pas que ce soit trop évident sur mon visage.

Cette région était proche de la frontière de Xenoahs, il semblerait donc qu’une sorte de fusion démoniaque se produisait dans leur cuisine. D’après ce que j’avais compris, les gens de familles nobles comme Sakura et Spica évitaient culturellement de manger les viandes de bêtes magiques. Ce n’était pas très savoureux, je ne leur avais donc pas reproché de ne pas avoir participé.

Il était vrai que nous avions déjà mangé de la viande de dragon dans le passé… Mais ce goût était à un tout autre niveau que quelque chose comme de la viande de troll. Je m’étais demandé si peut-être les Dragons avaient évolué pour être aussi puissants afin d’éviter d’être chassés pour leur viande savoureuse.

Je voulais boire quelque chose pour me débarrasser du mauvais goût dans la bouche, mais je ne voulais pas aller dans un restaurant et me retrouver avec quelque chose de mauvais. J’avais ouvert mon [Stockage] et j’avais sorti un thermos d’eau.

Aaah ! Après cette merde, même cette eau normale a un goût étonnant… Hm… ?

« Fouillez la région ! Ils ne peuvent pas être loin ! Continuez à chercher, imbéciles ! »

Tout d’un coup, il y eut une agitation. Il y avait des soldats partout. Il semblerait qu’ils cherchaient quelqu’un, ce qui signifiait que quelque chose avait dû se passer.

« Toi, là ! Je ne t’ai jamais vu auparavant ! C’est quoi ce masque ? »

Un des soldats me jeta un regard furieux. Je n’avais vraiment pas été trop surpris. J’avais l’air super suspect.

« Je ne suis qu’un aventurier voyageur, petit… Je me suis brûlé le visage dans la journée, alors je porte ce masque pour cacher les cicatrices. »

« Vraiment ? Prouve-le ! »

J’avais tranquillement utilisé [Mirage] pour changer mon visage sous le masque. Le soldat s’était rapidement approché de moi au moment où j’avais commencé à enlever le masque. L’image qui lui avait été présentée était celle d’un homme grizzli, horriblement marqué.

« Argh… D’accord, compris. Remets-le en place. »

Le soldat était visiblement nauséeux après avoir vu « mon » visage. J’avais remis mon masque et profitais de l’occasion pour lui soutirer un peu plus d’informations.

« Que s’est-il passé ? Qu’est-ce que ce raffut ? »

« C’est troublant, mais nous sommes après des criminels dangereux. Ils ont tenté de tuer Sa Grandeur l’Empereur Céleste. Un groupe de deux hommes et une femme. Ils servent probablement un des autres faussaires qui prétend être le vrai dirigeant… »

***

Partie 3

Et ben… Voilà donc vraiment ce qui se passe à Yulong ? Des tentatives d’assassinat toute la journée ? Apparemment, il avait été attaqué dans sa cour. Mais le plus grand problème était le fait que les assassins avaient réussi à aller aussi loin. L’empereur céleste avait été défendu avec succès par sa garde personnelle, et les assassins potentiels avaient réussi à s’échapper.

« Un des hommes de leur groupe, un homme brandissant un bâton de bo, a été blessé à l’épaule. Si tu vois quelqu’un comme ça, fais-le-nous savoir. »

Le soldat me fit un signe de tête avant de partir en courant. Yulong semblait plus dangereux que jamais.

Bon sang, c’est totalement sans rapport avec moi, mais… L’ennemi de mon ennemi est mon ami, non ?

« Voyons voir… »

J’avais ouvert la carte sur mon smartphone. Je ne voulais pas attirer trop d’attention ou quoi que ce soit, alors je ne l’avais pas projeté. Bien que j’aie eu le sentiment de me démarquer suffisamment.

« Recherche. Homme à l’épaule blessée. »

« Recherche terminée. Une personne dans le voisinage local. »

Bingo. Je ne connaissais pas ce type, mais il semblait avoir une blessure si évidente qu’elle était encore visible.

J’avais pensé qu’ils l’auraient peut-être soigné avec de la magie de lumière, mais il semblerait que personne n’était capable de le lancer dans leur groupe. Personne n’avait dû apporter de potion.

J’avais décidé d’aller chercher le gars. Mais j’étais un peu sur mes gardes. Je ne voulais pas me faire de nouveau bombarder en plein visage.

« Hmm… »

J’étais sorti de la rue et je m’étais retrouvé dans une étendue dense de bambous, il y avait peu de monde dans le quartier.

Cet endroit semble être l’endroit idéal pour un panda… Attendez non, il n’y a probablement pas de pandas normaux dans ce monde… Ils finissent probablement par faire des blagues et par apprendre le kung-fu.

Je marchais sur les sentiers battus, avec ces pensées qui me passaient dans la tête, mais je m’étais ensuite arrêté.

Ils sont là. J’avais senti la présence de deux autres personnes. Mais une semblait différente. Celui-ci m’avait déjà remarqué et venait déjà vers moi. Attendez, d’en haut !?

« HAAAAAAH ! »

« Augh ! »

La masse dense de bambou offrait une couverture parfaite pour l’attaque, et j’avais à peine réussi à éviter la frappe. Mon agresseur avait atterri, lançant une rafale de coups que j’avais habilement parés, avant de lancer un puissant coup de pied balayé que j’avais à peine évité en sautant en arrière. Il portait une robe noir sombre qui couvrait tout leur corps, mais il avait une voix qui me rappelait celle d’une femme.

Nous nous étions à nouveau affrontés avant de sauter en arrière et d’établir une bonne distance. La femme à capuche avait soudain levé la paume de sa main et l’avait pointée dans ma direction.

Attendez une seconde… !

« Haaah !! »

Elle lança une onde de choc vers moi. J’avais à peine atténué l’impact avec une défense en croix. Je connaissais ce mouvement ! L’attaquant n’avait pas cédé, il combla l’écart en moins d’une seconde et lança un barrage de poings impitoyable sur mon corps.

J’avais plongé sur le côté et j’avais donné un coup de pied en direction de ses jambes. Elle était tombée en déséquilibre et avait immédiatement sauté en arrière, se retournant en plein vol au fur et à mesure de ses mouvements. Le saut fit tomber le capuchon de sa cape, révélant ainsi sa véritable identité.

« Aaaahaaa ! Je le savais ! »

« Mh !? »

La fille dragon s’était retirée prudemment pendant que je parlais, des yeux de fouine s’étaient posés sur moi.

Elle n’était autre que la femme que j’avais rencontrée dans la Mer des Arbres, la fille dragon qui avait furieusement combattu Elze pendant la taille, Sonia Parallem.

« Qu’est-ce qui se passe ici ? Que fais-tu à Yulong ? Attends, ça veut dire que l’employé blessé est Rengetsu ? »

« … Qui êtes-vous ? »

« Hein ? Oh, c’est vrai ! On ne peut pas le savoir à cause de la tenue. »

Je portais toujours mon masque, j’avais donc tiré sur une corde, le faisant ainsi laisser tomber par terre.

« Tu vois ? C’est moi ! »

« Qui êtes-vous ? »

« Hein ? »

Pour une raison inconnue, Sonia avait été effrayée par mon visage. C’est alors que je m’étais souvenu que j’avais oublié de retirer [Mirage], je devais donc avoir une apparence horrible. J’avais rapidement dissipé l’illusion sur mon visage.

Sonia avait un œil mystique qui lui permettait de voir à travers les illusions, mais il semblerait qu’elle devait l’invoquer activement. Elle était semblable à Yumina et à Sa Sainteté le Pape à cet égard.

« Tu vois ? C’est moi. Mochizuki Touya. »

« Touya… !? »

Il semblerait qu’elle ait enfin compris ce qui se passait. Mais je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle elle était à Yulong.

◇ ◇ ◇

« Viens, Lumière ! Calme de la déesse : [Méga Guérison] ! »

J’avais utilisé l’un de mes sorts de restauration les plus puissants sur Rengetsu. La coupure sur son épaule avait été soignée en quelques secondes.

« … Toujours aussi incroyable. C’est comme avant. »

Rengetsu s’était levé et avait souri alors qu’il roulait son épaule.

 

 

« Quand même… Pourquoi es-tu à Yulong, Touya ? Ou, euh… Votre Altesse le Grand Duc de Brunhild… »

« Ah, ne t’embête pas avec les trucs formels. Te souviens-tu que je voyage en secret ? En ce moment, je ne suis que l’Oni d’Argent, un guerrier errant d’Eashen. »

J’avais très vite bloqué la tentative d’inclinaison de Rengetsu. Je ne voulais pas que mon identité soit dévoilée. Pourtant, il semblerait que l’intérêt de Sonia avait été piqué.

« Mettons cela de côté à partir de maintenant, j’ai une question. J’ai entendu parler d’un groupe de trois personnes qui ont tenté d’assassiner le nouvel empereur céleste. C’est vous, les gars ? »

« Assassiner ? C’est ce qu’ils disent ? Il est certainement vrai que nous sommes entrés par effraction et avons tenté de lui ôter la vie. Mais ce n’était pas une simple tentative d’assassinat. Ce n’était que justice. »

« Guh… Ce maudit Xiaofah ! Nous étions si proches, mais ses gardes étaient plus forts que prévu… »

Sonia parla avec colère en appuyant ses paroles.

« Xiaofah ? »

« Le nouvel empereur céleste, ou du moins c’est ce qu’il prétend. Voleur Xiaofah. Même s’il revendique un héritage divin, il n’est rien d’autre qu’un aventurier fouineur devenu un voleur encore plus vicieux, » dit Rengetsu avec de l’amertume dans sa voix.

Un voleur ? Qu’est-ce que cela signifie ?

« Depuis la grande invasion de Yulong par la Phase, beaucoup de gens se sont présentés en prétendant détenir les droits au trône. Le défunt empereur céleste a certainement beaucoup couché, donc le fait qu’il ait eu un grand nombre de successeurs n’est honnêtement pas si surprenant. Mais les concubines et leurs enfants, ainsi que sa femme légale, sont tous morts lorsque Shenghai a explosé. Même ses fils directement connus qui ont échappé à l’explosion ont fini par être tués il y a un moment. C’est pourquoi il est presque impossible de vérifier qui ment ou non dans ses affirmations de nos jours. »

Pour moi, tout cela avait un sens. Si une personne inventait une histoire, il lui suffisait de montrer une sorte d’objet qui le prouvait, et cela suffisait pour fonder une revendication raisonnable.

Mais il n’y avait dans ce pays plus d’objets que les gens pouvaient utiliser comme preuves solides, surtout depuis que la capitale n’était plus là.

Et donc, naturellement, tout se résumait au talent ou à la force. En affichant sa puissance, le candidat pourrait recevoir un soutien puissant.

Mais cela aussi n’était pas sans risque. Tous ceux qui se proclamaient héritiers ne se contenteraient pas de tourner le dos et d’accepter la défaite. Ils seraient plutôt galvanisés pour s’attaquer les uns aux autres afin d’affirmer leur domination.

« Xiaofah est l’un de ces candidats qui affirment sa domination. Il a sorti un objet rare connu sous le nom de Sceau céleste. Il a affirmé que c’était la preuve définitive qu’il faisait partie de la lignée du précédent dirigeant, car c’est un trésor royal de la famille impériale Yulong. »

« Donc il est en fait lié au type précédent ? »

« Absolument pas. Le Sceau céleste est un objet précieux qui a été extrait d’une ruine. Il a froidement assassiné l’aventurier qui l’a trouvé, et il essaie maintenant de prétendre qu’il l’a eu toute sa vie. »

Alors il l’a piqué, hein… ? Cela signifie que l’objet qu’il possède n’est peut-être même pas légitime.

« L’aventurier qu’il a tué était un homme qui a beaucoup fait pour nous deux. Il s’est occupé de nous quand nous étions jeunes et inexpérimentés. Nous devons assassiner Xiaofah et venger sa mort ! »

« Normalement, un type comme lui ne serait pas reconnu, même avec le Sceau céleste… Il a aussi réussi à obtenir une force effrayante d’un autre endroit. Je parle de son… »

« Son bataillon d’acier. »

Rengetsu fit un signe de tête à mes paroles.

Ainsi, un homme était soudainement apparu avec le Sceau céleste de Yulong, et un bataillon de soldats mécanisés. Cela semblait certainement suffisant pour affirmer sa domination dans cette course folle.

Mais je me demandais vraiment où il avait obtenu sa technologie. Je ne voulais vraiment pas découvrir que Gordien tirait les ficelles ici, mais j’avais un mauvais pressentiment en général.

« Au fait, Tou… Guerrier Oni, pourquoi es-tu ici ? »

« Ah… Son bataillon d’acier est basé sur une technologie volée à mon pays. Je suis juste venu ici pour me venger un peu. »

« Oh, intéressant… Ce sont certainement des merveilles technologiques. Mais je crois que le Frame Gear que j’ai vu combattre ces Golems de bois était beaucoup plus puissant que le Bataillon d’acier que j’ai vu combattre jusqu’à présent. »

C’était évident. Ceux de Yulong n’étaient rien d’autre que des Frame Gears merdiques issus de la rétro-ingénierie. Mais je ne pouvais pourtant pas me permettre de les prendre à la légère, ils étaient basés sur une technologie avancée.

Hm ? Qui est ce...

« Sonia ! Rengetsu ! Vous allez bien ? Qui est cet homme masqué !? »

« C’est bon, Jesty. C’est un de nos amis. Il a guéri la blessure de Rengetsu. »

J’avais peur que la milice de la ville nous ait trouvés, mais je m’étais trompé. C’était un autre type portant la même robe que Sonia et Rengetsu. D’après ce que j’avais compris, ils étaient restés derrière pour le laisser s’échapper, mais il avait fini par revenir pour eux.

« Touy — Guerrier Oni… Voici Jesty Parallax. C’est le fils de l’aventurier que nous avons mentionné juste avant. »

Merde… C’est vraiment une mission de vengeance. L’homme appelé Jesty Parallax avait enlevé sa cagoule. Ses cheveux étaient courts et bruns, et ses yeux semblaient de couleur noisette. Selon mon estimation il devrait avoir entre vingt et vingt-deux ans. Il mesurait environ cent quatre-vingts centimètres.

Il était certainement plus grand que la moyenne. Rengetsu était à peu près de ma taille, mais Sonia était plus grande que nous deux. Apparemment, le clan draconien comptait de nombreuses femmes de grande taille.

Hm… Je ne fais actuellement que cent soixante-dix centimètres de haut. Je suis toujours en pleine croissance, non ? J’aimerais avoir au moins cinq centimètres de plus… Attendez, j’espère que mon corps ne s’arrêtera pas de grandir si je me réveille complètement à ma divinité ou quelque chose comme ça…

« Un plaisir. Je m’appelle Jesty Parallax. Merci d’avoir soigné mon ami. »

« Hm ? Oh, sérieusement, ce n’est pas un problème. »

Alors que j’étais perdu dans mes pensées à propos de ma taille, j’avais été accueilli par le nouveau venu. Il semblait être un jeune homme assez gentil et joyeux.

« Très bien, rester ici ne va pas nous aider… [Porte]. »

J’avais ouvert le même portail que j’avais connecté à l’ancienne capitale il y a quelque temps.

« Allons-y. »

J’avais ignoré le triple assaut des visages abasourdis et j’avais traversé mon portail. Après une brève période, ils m’avaient tous les trois suivi. Sonia était arrivée en premier, suivie de Jesty et ensuite de Rengetsu.

« Nous sommes… »

« Nous sommes dans l’ancienne capitale de Yulong, Shenghai. »

« Sérieusement ? C’est très loin… »

« Incroyable… Est-ce le pouvoir de la magie du transport... »

Le trio regarda autour d’eux avec émerveillement, lorsque Sonia adopta soudainement une position de combat. Il semblerait qu’elle ait remarqué quelque chose.

« Hooh... Les garçons… Laissez votre argent, laissez la fille. Si vous faites cela, nous vous laisserons vivre. Filez. »

« … Encore une fois, vraiment ? »

Le gang que j’avais rencontré plus tôt était sorti de l’ombre, comme des cafards.

Sérieusement les gars ? Vous faites exactement la même chose qu’avant.

Ils n’avaient pas semblé réaliser que c’était moi, probablement à cause du masque et de la tenue différente.

« [Paralysie]. »

« Gwaugh ! »

J’avais rapidement utilisé mon smartphone pour neutraliser tout le groupe d’abrutis. Il semblerait que leur faire peur ne suffisait pas, j’avais donc choisi de les humilier. J’espère qu’avec ça ils comprendront la leçon.

***

Partie 4

« Donc, revenons à ce que vous disiez tout à l’heure. Si ce type devient l’empereur céleste, que se passera-t-il ? »

« Nous n’en sommes pas sûrs, mais nous doutons qu’il se passe quelque chose de bon. Vous avez vu sa ville, n’est-ce pas ? Le manque de femmes et d’enfants ? C’est parce que ses hommes sont déraisonnablement violents. Ils extorquent également de l’argent aux magasins et aux entreprises situés dans l’enceinte de la ville. Beaucoup de commerçants ont quitté la ville, de sorte que le commerce stagne en grande partie. Et même si leurs biens revenaient, ils seraient simplement détournés vers le château. Les gens se traînent, lascifs, parce qu’ils attendent juste de mourir. Il s’en moque. »

Hmph… Est-ce que ce ramen de merde a été causé par ça aussi… ? Peut-être pas.

« Pourquoi collecte-t-il donc autant d’argent ? »

« C’est pour son bataillon d’acier. Il essaie de les améliorer encore, et de les produire en masse. D’après nos sources, une grande quantité de matériaux de construction bruts a été apportée dans son château il y a quelques jours. »

Jesty m’avait répondu rapidement. Il semblerait donc qu’ils produisaient les Frames Gears à l’intérieur même du château.

Je m’étais toutefois demandé où il se procurait de si grandes quantités de matériel. S’il avait des liens avec l’Ordre Dorée, c’était probablement de Felsen.

« Si nous le laissons faire, il utilisera sûrement son bataillon d’acier pour faire la guerre à d’autres nations dans le futur. Il ne veut pas de Yulong, c’est juste un endroit commode pour lui permettre de préparer son armée. Il préfère de loin se concentrer sur les nations les plus prospères. Et certains pays limitrophes de Yulong se portent très bien. »

Sonia avait probablement raison.

Mais quel pays attaquerait-il... Nous avons Roadmare et Xenoahs… Ce serait mauvais. Eashen est une cible possible, mais elle se trouve de l’autre côté de la mer.

Si j’étais lui, alors… Je viserais Hannock. Ce pays est partiellement protégé par une rivière, mais un Yulong uni pourrait facilement le mettre en pièces. Il y a aussi beaucoup de mines à Hannock, donc le prendre serait stratégique. Il pourrait renforcer les effectifs de son bataillon d’acier s’il conquiert cet endroit.

Ses intentions étaient probablement de conquérir Hannock avec le Bataillon d’acier, et d’établir un nouveau royaume en utilisant cet endroit comme base. Il considérait probablement Yulong comme une cause perdue, quelque chose qui lui coûterait beaucoup trop de temps, d’argent et d’efforts pour reconstruire. Cela expliquerait pourquoi il accumulait de l’argent et des biens, et laissait les gens souffrir et mourir. Il allait abandonner Yulong dès qu’il aurait trouvé un meilleur terrain.

Il se proclamait empereur du ciel afin d’avoir une excuse légitime pour construire son armée, mais tout cela n’était pour lui qu’une mesure temporaire.

« … Oui, ça me semble correct. »

« Vous êtes donc d’accord ? Même si cela n’a rien à voir directement avec nous, nous ne pouvons pas simplement fermer les yeux sur cette situation ! Des vies sont en jeu, nous devons faire quelque chose ! »

Jesty serra les poings, la détermination sur son visage était palpable. Il poursuivait l’homme qui avait tué son père, une telle réaction était donc tout à fait naturelle.

« Vous savez, on l’a coincé il y a longtemps. C’était avant qu’il ne fasse aussi son truc d’empereur céleste… Mais nous avons échoué et il s’est échappé. Si seulement nous avions réussi à le tuer à l’époque… »

Je ne pensais pas que les lamentations allaient nous faire du bien. Ce qui comptait, c’était ce que nous pouvions faire à l’avenir, et non ce que nous ne pouvions pas faire dans le passé.

« Je devrais bientôt obtenir des informations de mes amis, ils enquêtent sur la situation dans la capitale en ce moment. Au fait… avez-vous entendu parler de l’Ordre Dorée ? »

« Ça ne me dit rien… Rengetsu, Jesty ? Vous savez quelque chose ? »

« Pas moi. »

« Non, jamais entendu parler d’eux. »

Tous les trois secouèrent la tête.

Je n’avais pas été trop surpris, c’était une société secrète. Les informations les concernant n’étaient pas censées arriver facilement.

« Quel est cet Ordre Dorée exactement ? »

« C’est une société secrète qui pourrait être à l’origine de la création du Bataillon d’acier. Ils pourraient aussi soutenir Xiaofah. »

« Ah, eh bien… Maintenant que vous en parlez… Deux des hommes qui le gardaient portaient des pendentifs dorés inhabituels autour du cou. »

Sonia semblait se souvenir de quelque chose tout d’un coup.

« Pendentifs ? »

« C’était six… Non, une forme à sept côtés. Il avait un cercle doré au milieu, c’est du moins ce dont je me souviens. »

Sonia avait utilisé un bâton pour dessiner une image de base sur le sol.

Intéressant… Le fait que les pendentifs soient en or était déjà assez suspect, mais le fait qu’ils soient à sept côtés les rendait encore plus curieux. D’après ce que Leen m’avait dit, j’avais compris que dans ce monde, l’heptagone était une forme qui représentait la magie. Ou, plus précisément, les sept éléments de la magie. Le feu, l’eau, le vent, la terre, la lumière, l’obscurité et le néant.

L’Ordre Dorée était un groupe construit autour de la magie, il était donc probable que ce pendentif ait pu être leur symbole.

Je ferais mieux d’interroger le roi de Felsen à ce sujet… Attendez, je ne lui ai jamais donné de smartphone de mémoire ! Je n’avais pas le choix. J’avais sorti mon téléphone et j’avais commencé à faire défiler ma liste de contacts. Finalement, j’allais contacter Laim, notre majordome.

« Laim. M’entends-tu bien ? »

Je lui avais demandé d’utiliser le miroir de portail pour envoyer une lettre au roi de Felsen. C’était un message assez simple, lui demandant d’envoyer n’importe quelle image de l’emblème de l’Ordre Dorée, s’il le connaissait.

Je m’étais dit que cela pouvait prendre un peu de temps, j’avais donc sorti quelques tables et chaises de [Stockage], puis je les avais fait tous asseoir, j’avais enfin sorti du thé et des beignets.

J’aurais dû les manger dès le départ… Je n’arriverai jamais à enlever le goût de troll de ma langue. Mais je suppose que je ne devrais pas me fermer aux nouvelles expériences… Celle-ci s’est avérée être vraiment, vraiment désastreuse.

Les trois autres avaient été surpris par l’apparition soudaine et inexplicable d’un ensemble complet de tables et de chaises, mais ils avaient rapidement haussé les épaules et commencèrent à dévorer les collations que j’avais préparées. Ils devaient avoir faim. Sonia semblait particulièrement affamée. Je m’étais demandé si les draconiens avaient besoin de manger plus que les humains. Mais cela ne me dérangeait pas, il y avait plein de beignets à distribuer.

J’avais commencé à grignoter le beignet que j’avais ramassé. C’était extrêmement bon. Mais il fallait s’y attendre, il avait après tout été confectionné par Crea en personne.

La plupart des donuts avaient disparu lorsque j’avais reçu un SMS de Laim. Il y avait attaché une image et l’avait envoyée sans problème. Il était étonnamment habile avec le smartphone pour un homme de son âge.

J’avais regardé l’image qui m’avait été envoyée.

« Je suppose que j’avais raison. »

Un heptagone avec un cercle doré au milieu.

Avec cela, j’avais ma preuve définitive. Ce nouvel empereur céleste avait effectivement des liens avec le nouvel Ordre Doré.

◇ ◇ ◇

« Je vois… Le bataillon d’acier est donc situé dans un hangar de stockage sous le château ? »

« C’est exact. Je n’ai pas pu m’infiltrer, mais le nombre approximatif de soldats est d’environ un millier. »

« Il y a vraiment tant que ça… ? »

J’avais été plus qu’un peu surpris par ce que Tsubaki me disait au téléphone. Environ un millier ? C’était incroyable. Même Brunhild n’en comptait que quatre cents Frames Gears environ.

Ont-ils simplement plus de matières premières à travailler ? Ou faut-il beaucoup moins pour en produire un ? Peut-être que c’est quelque chose de différent… Mais pourraient-ils sérieusement avoir un hangar qui rivalise avec l’Atelier ? Je suppose qu’à ce stade, leur bataillon d’acier est trop différent de mes Frames Gears, je ne devrais donc pas comparer.

Si les matériaux étaient transportés au château, cela devait signifier qu’ils étaient également produits à l’intérieur du château. Cela signifiait que si je détruisais l’endroit, cela les rendrait incapables d’en faire plus.

J’avais décidé que la destruction de l’endroit était la mesure la plus intelligente, ne serait-ce que pour éviter de futures complications.

« Ah, encore une chose. Il y a une incroyable barrière placée autour du château. Cela annule la plupart des formes de magie dans le voisinage. »

« Quel emmerdeur… ! »

Cela signifiait que je ne pourrais probablement pas renvoyer une partie du bataillon d’acier à Brunhild. Il faudrait que j’en détourne un et que je le chasse moi-même.

Mais je me demandais quel genre d’obstacle c’était.

Après tout, il y avait différents types de barrières.

Les Barrières magiques de type évasion empêchaient les sorts ciblés.

Les barrières magiques de type brouillage magique empêchaient l’invocation.

Les barrières magiques de type enchantements produisaient des effets positifs sur les gens du voisinage.

Les barrières magiques de type protection bloquaient tout simplement l’accès à certains endroits.

Et enfin, les barrières magiques de type Sceau magique empêchaient les gens de partir.

Je ne connaissais que ces cinq-là en particulier. Il y en avait certainement beaucoup d’autres. Les talismans et autres objets que les gens pouvaient transporter sur eux entraient dans la catégorie Évasion, tandis que la barrière qui, dans notre monde, empêchait la Phase d’entrer serait plus proche d’un type Protection.

Ces barrières n’avaient pas toutes la même force, et il fallait beaucoup de temps, d’efforts et de magie pour en créer une puissante.

Le moyen le plus rapide d’enlever une barrière serait de détruire l’artefact ou l’inscription qui la maintenait en place, mais ces objets avaient souvent leurs propres barrières autour d’eux. Il était typiquement impossible de trouver ces choses grâce à ma magie de recherche.

La solution la plus simple serait d’anéantir la ville entière… Mais il est évident que je ne pouvais pas faire cela. Je finirais par détruire le bataillon d’acier, et j’avais besoin d’échantillons.

Quoi qu’il en soit, j’avais décidé de rejoindre Tsubaki.

Je devais juste m’occuper de Sonia et de ses amis d’abord…

« Si vous vous faufilez, ne pouvez-vous pas nous emmener ? Nous ne pouvons pas nous exclure de cette mission si cela nous rapproche de cette ordure. »

« S’il vous plaît, emmenez-nous ! »

Sonia et Jesty inclinèrent la tête vers moi en signe de révérence. J’avais soupiré. Eh bien, très bien… Je suppose que les prendre ne sera pas un problème.

« Est-ce que ça va aller pour vous de venir à la capitale ? N’avez-vous pas déjà été identifié ? »

« Effectivement, ils nous connaissent déjà. Nous avons fini par donner nos noms quand nous sommes entrés dans la ville avec Jesty. »

« De toute façon, c’est une mission de vengeance pour l’honneur de mon père… Je dois le faire. »

« Guh… »

Cela signifiait sans aucun doute qu’ils seraient connus à ce stade. De plus, Jesty s’était promené avec une fille-dragon et un type totalement chauve. C’était vraiment une situation dans laquelle elle serait reconnue comme le nez au milieu de la figure

« Bien. Je vais changer ton apparence grâce à la magie de l’illusion. »

De toute façon, elle sera détruite dès qu’on entrera dans le château.

Après tout, c’était probablement une barrière de brouillage. Une qui empêchait l’invocation de la magie. Il avait également le bonus supplémentaire d’éliminer les effets passifs, déguisements magiques compris.

Pourtant, nous en avions besoin pour les faire traverser la ville.

J’avais utilisé [Mirage] pour donner au trio l’apparence de paysans Yulong, nous nous étions donc dirigés vers la bambouseraie par un portail.

Il y avait beaucoup de soldats qui traînaient dans la zone où je m’étais arrangé pour rencontrer Tsubaki. Le sort avait tenu bon, et aucun d’entre eux n’avait reconnu le trio avec lequel j’étais. C’était bien, sauf que… J’avais été interrogé à plusieurs reprises à cause de mon masque… Ce n’était pas du tout juste.

***

Partie 5

La nuit tombait et les rues environnantes étaient plongées dans l’obscurité.

Nous ne voulions pas être repérés, nous nous étions donc dirigés vers le château par une route déserte. De près, la hauteur des murs était beaucoup plus impressionnante.

« Comment va-t-on se faufiler... »

Une fois que nous nous étions approchés des murs, j’avais lancé une [Orbe lumineuse] prudente et expérimentale. Elle s’était manifestée pendant une fraction de seconde avant de s’évanouir. Cela signifiait que nous étions déjà à portée de la barrière.

« Nous ne pourrons pas utiliser la magie d’ici. »

« Ils ont aussi renforcé la garde à la porte d’entrée. »

Rengetsu, Sonia et Jesty avaient également perdu leurs déguisements magiques.

Perdre la magie était chiant. Nous aurions pu utiliser [Invisibilité] pour nous faufiler, mais ce n’était pas vraiment viable.

« Hm… Eh bien, c’est ennuyeux. Faut-il les charger de front ? »

« Quoi !? »

Nous avions des armes à feu, et l’ennemi ne pouvait pas non plus utiliser la magie. Ils avaient des arcs et des flèches, mais ils pouvaient être esquivés. Si cela ne tenait qu’à moi, j’aurais voulu les presser.

« A-A-Attendez une seconde ! Si nous sommes trop imprudents dans notre approche, notre objectif pourrait s’envoler ! Nous voulons éviter cela… »

Jesty leva les bras pendant qu’il parlait. Il avait certainement soulevé un point juste. J’avais complètement oublié cela. Je pensais toujours pouvoir m’emparer de tout le château même sans magie, mais je ne voulais pas décourager mes alliés. Hm… Dans ce cas…

Les oreilles de Kohaku s’étaient soudainement tordues, elle regarda fixement dans le noir.

« Mon seigneur. Quelqu’un vient par ici. C’est probablement une patrouille de gardes. »

« Merde ! Les gars, dispersez-vous ! Cachez-vous dans les buissons voisins. »

Tout le monde avait rapidement obéi à mon ordre.

J’avais forcé mes yeux pour voir qui passait. C’était juste quelques gardes. Ils ne nous avaient absolument pas remarqués.

Une fois qu’ils étaient suffisamment loin pour que ce soit sûr, nous étions sortis des buissons et avions recommencé à réfléchir à notre infiltration.

Nous ne pouvions certainement pas sauter par-dessus. Le mur mesurait environ dix mètres de haut. Mais même sans magie, mon corps était plus que capable de sauter à environ six mètres dans les airs.

« Mon seigneur… Je peux sauter par-dessus sans trop de problèmes. »

« Même avec moi sur le dos ? »

« Ce ne sera pas un problème. »

Hm… Je suppose donc qu’on devrait le faire. Nous étions juste assis comme des idiots en ce moment.

Kohaku était soudainement revenue à sa vraie forme, ce qui avait absolument terrifié les gens avec qui nous étions. J’avais ignoré leur choc.

J’avais essayé d’ouvrir [Stockage] pour avoir de la corde, mais elle s’était refermée en quelques secondes. La barrière bloque même ça, hein… ? Je m’étais éloigné des murs du château pour l’ouvrir, et j’en avais sorti une longue corde.

Je ne pourrai pas utiliser la magie là-dedans, je devrais donc probablement obtenir ce dont j’aurai besoin à l’avance.

J’avais fait les préparatifs nécessaires, puis j’étais retourné vers les autres. J’avais passé un bout de la corde à Tsubaki, puis j’avais grimpé sur le dos de Kohaku.

Kohaku s’était accroupi puis avait bondi en un éclair. Elle avait facilement franchi le mur de dix mètres, se posant au sommet avec une grâce surprenante. Les Bêtes Célestes étaient impressionnantes…

Heureusement, personne n’était dans le coin lorsque nous avions atterri. Il y avait des petits arbustes et des plantes ici et là, il semblerait que nous avions atterri dans un petit jardin. J’avais attaché la corde à un arbre voisin et j’avais ensuite tiré dessus, envoyant le signal à Tsubaki.

J’avais regardé autour de moi et j’avais préparé Brunhild sur ma taille.

Oh, c’est vrai… Il faut que je teste ça…

« Mode épée. »

La lame de mon Brunhild s’était un peu élargie. Hm… Donc ça marche toujours, mais juste un peu ?

« Mode épée. »

« Mode épée. ».

« Mode épée. »

« Mode épée. »

J’avais répété l’ordre plusieurs fois, la lame avait finalement atteint sa taille maximale. Il semblerait que je puisse encore utiliser la magie, mais seulement pour quelques secondes au total. Une seconde de [Glissade] était encore bénéfique. Une utilisation rapide de [Renforcement] ou [Accélération] serait également utile. [Apporte] fonctionnerait probablement aussi, puisqu’il était instantané. La commande de rechargement de Brunhild étant aussi instantanée, je n’aurais donc pas besoin de m’inquiéter à ce sujet.

[Boule de feu] ne fonctionnerait probablement qu’à bout portant, mais je ne voulais pas me mettre dans une situation où je serais aussi pris dans l’explosion.

Je ne pouvais pas non plus utiliser le verrouillage de la cible de mon smartphone dans cette situation. Il aurait fallu que j’utilise [Multiple] pendant plus de quelques secondes. [Paralysie] ne serait probablement pas d’une grande aide non plus. Il faudrait que je touche directement les gens pour qu’elle s’installe.

Après y avoir réfléchi, j’aurais probablement pu utiliser [Téléportation] pour passer à travers le mur, car cela n’aurait pris qu’une fraction de seconde. J’avais brièvement essayé de l’utiliser… Mais j’avais fini par sortir au mauvais endroit. Après tout, il était trop dangereux de l’utiliser dans un endroit comme celui-ci.

Alors que je testais ma magie, Sonia était passée par-dessus le mur. Sonia et Rengetsu étaient assez doués pour se déplacer, mais Jesty semblait avoir un peu plus de mal à se relever.

Une fois que tout le monde était debout, j’avais pris la corde et l’avais accrochée à une partie saillante du mur, puis je l’avais jetée de l’autre côté.

Nous avions tous descendu jusqu’à la paroi intérieure, puis Tsubaki récupéra la corde pour moi. Nous nous étions rapidement cachés dans un arbuste voisin. C’est vrai… Nous n’aurons pas besoin de la corde en sortant puisque j’allais détourner un des membres du bataillon d’acier, mais…

Je ne savais pas si je serais capable d’en piloter un. Je pouvais utiliser Frame Gear sans problème, et c’était de faux Frame Gears… Mais je ne pouvais pas encore être certain que cela suffirait.

« Il faut d’abord supprimer cette barrière. »

« Mon seigneur. Une patrouille de soldats arrive. »

Kohaku, qui avait repris sa petite forme, avait attiré mon attention.

Nous avions atterri dans la cour arrière du château. J’étais sorti de derrière un buisson, j’avais vu deux soldats en patrouille. Ils tenaient des torches.

« Très bien, allons récupérer des informations sur le château auprès de ces gars. »

« Que devrions-nous faire ? Vous voulez que je les frappe ? »

« Non, attendez. Je vais paralyser l’un d’eux et interroger l’autre. »

J’avais refusé l’offre de Rengetsu et j’avais fait un pas en avant. J’avais très vite utilisé [Accélération] pour obtenir le plus court temps avant de pouvoir agir. J’avais parfaitement déterminé le moment où je m’étais précipité pour intercepter le duo. [Accélération] n’avait duré que quelques secondes, mais c’était plus que suffisant pour passer derrière eux deux.

J’avais placé ma main sur le dos de l’un d’entre eux et lui avais rapidement donné des impulsions de [Paralysie]. Puis j’avais posé la lame de Brunhild sur la gorge du second garde.

« Pas un geste. »

« Eeep ! »

Je suppose qu’il pense que j’ai tué le gars… Il est étonnamment obéissant.

Sonia et les autres me suivirent, éteignant rapidement le flambeau du garde tombé.

« Comment désactiver la barrière autour de ce château ? »

« Je ne le sais pas, je le jure… Maître Gad a érigé la barrière, mais je ne sais rien de plus que cela ! »

« Gad? Qui est-ce ? »

« Le préposé de l’empereur céleste ! Lui et Maître Sol travaillent souvent en étroite collaboration… »

Le garde m’en avait dit plus, j’avais appris que Gad était un mage. Sol était un épéiste, c’était lui qui avait blessé Rengetsu. Ils formaient ainsi un duo et étaient rarement séparés.

C’est ce type, Gad, qui avait mis en place la barrière. Cela signifiait probablement que Gad et Sol étaient membres de l’Ordre Dorée.

Le garde ne connaissait pas tous les détails, mais apparemment un artefact magique était responsable de la barrière.

Nous avions obtenu tout ce que nous pouvions de lui, alors j’avais utilisé [Paralysie] sur lui aussi.

Rengetsu les avait traînés dans les sous-bois et les avait cachés derrière un arbre.

Je suppose que nous allons devoir capturer le mage et lui faire enlever la barrière… Cela nous sera utile, puisqu’il est l’assistant du faux empereur. De plus, nous devons aider Jesty à se venger. Nous pouvons retarder le vol du Bataillon d’acier jusqu’à ce que cela soit fait.

Pour l’instant, il nous suffit donc de trouver l’empereur céleste. Il sera probablement plus facile de le trouver si je continue à interroger les soldats.

« Très bien, allons-y ! »

Ainsi, notre infiltration avait commencé.

***

Partie 6

« Eh bien, ça aurait pu mieux se passer… »

Je soupirais doucement en renversant quelques soldats de plus.

Notre mission furtive ne s’était pas exactement déroulée comme prévu. Nous étions donc au milieu d’une assez grande bataille.

Même Tsubaki, notre expert en infiltration, n’aurait pas pu nous aider. Nous étions après tout quatre à le retenir.

Nous chargions à travers le château, combattant des hordes de soldats dans des couloirs étroits. Ils n’avaient pas de mages pour nous jeter des sorts à distance, ce qui était un soulagement, mais il y avait toujours des archers qui soutenaient les épéistes. Mais la combinaison de l’onde de choc rugissante de Kohaku et de mes balles avait éliminé la plupart des forces arrière. Sonia et Rengetsu avaient ensuite éliminé les gars les plus proches de nous.

Nous avions continué, encore et encore, à les combattre à plusieurs reprises… La répétition me rappelait en quelque sorte une vieille chanson que mon grand-père chantait. Mais pas trop.

« La cour de l’empereur céleste est-elle par ici ? »

« Effectivement, mais nous n’avons pas beaucoup de temps. Nous avons été découverts, il peut donc s’enfuir à tout moment… »

« Oui, on ne peut pas le laisser s’échapper. »

Tsubaki avait raison, nous ne pouvions pas nous permettre de perdre plus de temps. Si nous nous retrouvions dans ce cas, Jesty et les autres ne pourraient pas se venger. J’avais décidé que la meilleure ligne de conduite serait une ligne de conduite explosive !

« Kohaku ! Explose tous ces crétins ! »

« Comme vous le voulez ! »

Kohaku tira une onde de choc massive de sa bouche. Tous les ennemis touchés par l’explosion soudaine étaient tombés inconscients à l’endroit où ils se trouvaient.

« Très bien ! Allons directement là où se trouve ce bâtard ! »

Nous avions couru devant les soldats tombés au combat et avions continué jusqu’à ce que nous trouvions un grand couloir avec un grand tapis rouge. Il était bordé le long des murs de vases d’aspect coûteux. Franchement, ils avaient l’air de mauvais goût. 

Nous nous étions dirigés vers le bout du couloir et avions atteint une porte massive avec un dragon sculpté dedans. Naturellement, nous l’avions démoli.

La pièce dans laquelle nous avions pénétré avait un plafond très élevé et ne contenait rien d’autre qu’un trône tape-à-l’œil.

Il avait l’air d’avoir une trentaine d’années et une barbe. L’homme portait une robe jaune, large et ample. Il avait du mal à la porter. Il avait une lame gainée à la taille et portait un drôle de chapeau qui ressemblait à celui que portait l’empereur chinois Zheng, le roi de Qin.

Deux hommes se tenaient de chaque côté de lui, et il ne fallait pas être un génie pour comprendre qui ils étaient.

L’un des hommes semblait avoir plus de trente ans, et il portait une armure rouge foncé avec un casque assorti. Sa main gauche portait un lourd bouclier, et sa main droite tenait une arme inhabituelle qui ressemblait un peu à une hachette. Il était aussi grand que son bouclier massif.

L’autre homme portait une robe noire et tenait un bâton. Il était tordu à la fin de façon à ce qu’il ressemble à un point d’interrogation. À en juger par son accoutrement, il devait être le mage. Il avait l’air un peu plus jeune que son partenaire. Ses yeux étaient bleus et ses cheveux blonds. Il semblait frêle, paraissant grand et mince. Ses yeux, cependant, reflétaient la malveillance et la cruauté.

Tous deux portaient des pendentifs autour du cou. Le symbole d’un heptagone dans un cercle. Preuve qu’ils étaient membres de l’Ordre Dorée. Cela signifie qu’il s’agissait bien de Sol et Gad dont j’avais entendu parler plus tôt.

D’après ce qu’on m’avait dit, l’homme en armure était Sol, tandis que le mage décharné était Gad.

« Mon Dieu… Vous n’avez pas du tout appris votre leçon. Avez-vous une telle envie de mon sceau ? » L’homme assis sur le trône, le faux empereur Xiaofah, déplaça un cube doré de haut en bas dans sa main. Ce qui ressemblait à un dragon se trouvait sculpté sur le côté.

Ce doit être le Sceau Céleste… Ça a l’air plus grand que ce à quoi je m’attendais. Il a la taille d’une pomme.

« Fermez-la ! Je n’ai pas besoin de vos mots, tout ce dont j’ai besoin, c’est de votre sang ! Vous allez payer pour ce que vous avez fait à mon père, crétin ! »

Jesty avait aussitôt dégainé l’épée à sa taille. Rengetsu et Sonia étaient prêts à le soutenir.

Je haussais légèrement les épaules, puis un coup de feu avait retenti dans la pièce.

« Qu… ! »

J’avais tiré un seul coup sur le Sceau céleste, le faisant exploser en petits fragments. Le faux empereur regardait simplement sa propre main avec incrédulité.

Quel idiot il était ! J’aurais aussi pu facilement lui tirer dessus, mais ce n’était pas mon travail.

« Espèce de sale petit rat ! Qu’avez-vous fait ? C’est le trésor de Yulong, le Sceau Céleste ! C’est mon héritage de sept mille ans ! »

« Je n’en ai rien à foutre. Qui se soucie de Yulong ou de son héritage ? En plus, vous ne racontez que des conneries. Yulong n’existait même pas il y a sept mille ans. »

Si vous me demandez, il n’y avait plus de véritables héritiers. Les choses futiles comme l’héritage d’un pays pathétique et brisé n’avaient plus besoin d’exister dans ce monde. Honnêtement, je n’en avais rien à foutre de leur excuse culturelle pathétique.

Honnêtement, ce pays n’avait été rien d’autre qu’une plaie pour moi. Je pense que je vais juste venir en tant qu’Oni d’argent et conquérir l’endroit entier, puis diviser le territoire entre Hannock, Felsen et Xenoahs.

Le soldat, Sol, avait soudainement pointé son arme vers moi.

J’avais tiré plusieurs balles dans sa direction, mais ce fut son bouclier massif qui prit le plus de dégât. Et après cela, il chargea vers moi.

« Graaaaaah !! »

Il balança son arme inhabituelle vers moi… Mais ce n’était pas bon, j’avais habilement esquivé chaque coup encombrant. J’avais alors appuyé sur la gâchette à bout portant sur la tête du gros bonnet. Ping! Ping! Les coups de feu avaient ricoché sur son casque. C’était étonnamment résistant. Mes balles n’avaient pas pénétré le blindage ni ne l’avaient blessé.

« Kohaku ! »

« Aye! »

Kohaku lança une onde de choc qui fit tomber Sol au sol. Il roula sur le sol. J’en avais profité pour recharger et stocker quelques balles explosives. Ces balles invoquaient un sort explosif à l’impact. Leurs dégâts seraient quelque peu amortis par la barrière dans la zone, mais j’étais sûr qu’elles feraient encore de sérieux dégâts.

« Gwuh ! »

J’avais tiré un autre coup de feu vers la tête de Sol.

« Viens, ô, Lumière ! Duo brillant : [Flèche lumineuse] ! »

J’avais soudainement entendu quelqu’un chanter une incantation, j’avais donc sauté sur le côté.

Plusieurs flèches de lumière traversèrent l’endroit où je venais de me tenir. C’était moins une !

J’avais tourné la tête pour voir Gad pointer son bâton vers moi. Espèce de bâtard sournois !

« … Attendez, comment avez-vous pu même lancer un sort ? »

« J’ai créé cette barrière, petit impertinent. Pensez-vous que je n’installerais pas d’assurance ? »

Quoi, sérieusement ? ! Vous pouvez faire en sorte de ne pas être affecté par la barrière ? Espèce de lâche trou du cul ! Mais… bon, je suppose que je ne peux pas vous reprocher d’avoir mis en place un terrain qui vous est propice.

« Je suppose que je ne dois pas être aussi surpris que ça. L’Ordre doré compte dans ses rangs quelques mages compétents, hein ? »

« Qu’est-ce… !? Espèce de petit… Qui vous a envoyé !? »

Gad et Sol avaient eu l’air inquiets au moment où j’avais dénoncé leur organisation.

« Un chien de Felsen, c’est ça !? »

« Hm… Qui peut le dire ? Je vais vous dire ceci. Et si vous enleviez cette barrière ? Je vais vous montrer un sort intéressant. »

« Malheureusement pour vous, cela ne peut pas être possible. À moins que ma magie ne soit épuisée, ou que l’artefact ne soit détruit, elle ne peut pas être désactivée. »

Gad sourit largement dans ma direction. Il m’avait dit exactement ce que j’avais besoin de savoir.

« Alors tout ce que j’ai à faire, c’est de détruire l’artefact, non ? Vous savez, c’est un sacré obstacle. Je doute qu’il soit facile de le cacher, alors tout ce que j’ai à faire, c’est de le trouver et de le sortir. »

« Inquiétez-vous de votre vie dérisoire avant cela, vermine ! Frissonnez os, ô Ténèbres ! Je cherche des os obéissants : [Guerriers Squelettes] ! »

Un cercle magique était apparu sur le sol, et une bande de guerriers squelettiques en étaient sortis. Ils commencèrent à s’approcher de moi avec leurs vieilles armes usées.

Oh, bon sang. Les guerriers squelettes sont des monstres morts-vivants… Ce sont des morts-vivants ! Ils ne sont pas très forts, mais ils se relèveront après leur défaite. Si je veux les tuer pour de bon, j’ai besoin de magie de lumière, ou d’une arme avec de la magie de lumière infusée dedans.

Le gros problème ici, c’est que la magie avait été scellée pour tout le monde sauf Gad, donc nous ne pouvions pas générer la lumière dont nous avions besoin. Ce n’était pas comme si c’était impossible, mais il faudrait que je me rapproche d’eux pour le faire.

« … Tu es vraiment un connard, tu sais ça ? »

« Au nom de l’Ordre doré, vous devez mourir. »

J’avais tiré une balle de Brunhild vers un des squelettes qui se trouvaient près de moi. Il était tombé au sol avec un fracas, mais je savais qu’il se relèverait en moins d’une minute.

Tsubaki, Sonia et Rengetsu avaient facilement éliminé certains des ennemis par leurs propres moyens, et même Jesty avait réussi à en éliminer un. Mais nous ne pouvions pas continuer à lutter contre une marée sans fin. Sol nous attaquait aussi aux côtés des squelettes. La situation était sinistre.

Bon sang… Je suppose que je n’ai pas vraiment le choix. Je vais l’essayer…

J’avais laissé une partie de ma propre divinité couler dans ma paume, et je l’avais laissée s’imprégner dans Brunhild. J’avais aligné un tir dans la tête d’un Guerrier Squelette, et… Il s’était effondré en poussière au moment où il avait été touché par une balle divine.

« Quoi !? »

J’avais ignoré ses cris de surprise et j’avais continué à réduire les squelettes en poussière. La divinité était après tout au-delà de la simple magie. J’étais assez sûr que la divinité en moi était la raison pour laquelle je pouvais aussi utiliser tous les éléments.

Dans un sens, une explosion de divinité contenait probablement tous les éléments de la magie en un seul endroit. La barrière n’avait pas non plus arrêté ma divinité. Seul un dieu pouvait entraver le pouvoir d’un autre dieu.

J’avais fini de nettoyer tous les squelettes, puis je m’étais tourné vers le trône. Je m’étais précipité et j’avais tenu la lame de Brunhild contre le cou de Xiaofah.

« Eek! »

« Lâchez vos armes, ou je lui fais tomber la tête. »

J’avais fait peser ma menace sur Sol et Gad. Mais au final, cela n’a pas vraiment eu d’importance. J’allais donner ce type à Jesty, il pourra ensuite en faire ce qu’il veut. Mais j’ai besoin de ces deux-là vivant, pour pouvoir les interroger sur l’Ordre doré.

Gad avait soudainement ajusté sa posture et pointa son bâton vers moi.

« Avancez, Feu ! Sphère de flammes du purgatoire : [Boule de feu] ! »

Une énorme boule de feu s’était soudainement précipitée vers Xiaofah et moi.

A-Attendez une seconde, hey !

« Eeep ! »

« Oh allez ! »

J’avais tiré une balle en direction de la boule de feu, la coupant en deux grâce à ma divinité.

Les deux moitiés du projectile enflammé avaient atterri derrière moi et explosèrent.

« Est-ce que… as-tu sérieusement essayé de nous tuer tous les deux ? »

« Nous n’avons plus besoin de lui. Nous allions bientôt nous débarrasser de lui, de toute façon. Vous n’avez fait que raccourcir l’échéance ! »

« Qu-Quoi !? Tu oses me trahir !? »

Le faux empereur cria contre Sol et Gad.

« Une trahison ? Ne soyez pas stupide. Qui a dit que vous étiez notre allié ? Nous vous avons donné le Bataillon d’acier, et vous nous avez donné des effectifs. Nous vous sommes reconnaissants d’avoir testé les unités de manière aussi approfondie sur le terrain pour nous, mais c’est là que notre relation s’arrête. L’Ordre doré s’occupera de tout à partir d’ici, et vous n’êtes plus nécessaire. »

« Qu’allez-vous faire ensuite ? »

« Nous utiliserons le bataillon d’acier pour conquérir Felsen, bien sûr. »

Je les regardais avec incrédulité. Je pensais qu’ils avaient l’intention d’envahir Hannock, pas Felsen.

***

Partie 7

Attendez, attendez… Felsen ? Ne savent-ils pas à quel point l’armée magique est puissante là-bas ? Il y aura des pertes massives des deux côtés ! À moins qu’ils ne disent sérieusement qu’ils sont prêts pour cela…

« Essayez-vous de venger l’ancien Ordre Doré ? Se venger de la mort de Garland ? C’est inutile ! »

« Je ne me soucie pas de venger mon père. Je souhaite simplement créer un monde où l’Ordre Doré régnera au sommet. Un monde nouveau. Un monde magique. Là où nous, les mages, nous sommes l’élite. Je souhaite créer l’Imperium Magia. »

« Attendez, mon père ! Vous êtes le fils de l’ancien chef !? »

« Effectivement. Chef du Néo Ordre Doré. Fils de Garland Goldie. Je suis Galzeld Goldie. »

Gad, ou… Galzeld, s’était présenté de manière tape-à-l’œil et il frappa son bâton contre le sol. Ce type était le chef. Je ne m’attendais pas à le rencontrer ici.

« Je vais réussir là où mon père a échoué ! Je vais jeter le sort interdit [Sanctuaire], et quand je le ferai… Ce monde sera purgé de tous les utilisateurs non magiques ! Ce monde sera enfin pur. »

Qu’est-ce que… ? [Sanctuaire] ? Est-ce le sort que son père essayait de jeter ? Je suppose qu’il dit que cela va anéantir les gens qui ne peuvent pas utiliser la magie, mais tout ne s’additionne pas ici…

Pourquoi Felsen ? Pourquoi les envahir ? Y a-t-il là un artefact dont ils ont besoin ou quelque chose comme ça ?

« Il y a encore beaucoup de choses que je ne comprends pas vraiment, mais cela n’a pas d’importance. Si vous êtes le chef de l’Ordre Doré, alors je ne peux pas vous laisser partir. »

« Oh, vraiment ? »

Galzeld m’avait fixé. Il n’y avait aucune crainte dans ses yeux. Alors qu’il riait, le mur derrière lui et Sol se brisa. Une grande main mécanique fit irruption dans la pièce.

Une machine courte et sans tête était apparue parmi les débris du mur. Il tenait dans sa main une lance conique. C’était l’un des soldats d’acier ! Il s’élança dans la salle avec une force incroyable et poussa son arme vers le trône.

« Guh ! »

« Eeekeeeh ! »

Le faux empereur et moi nous étions écartés du chemin juste à temps. Son magnifique trône avait été complètement détruit. Aucune forme de vantardise ne pouvait l’empêcher de ressembler au déchet qu’il était à présent.

Bon sang, ce truc est en fait assez fort. Si les anciens modèles de Chevaliers avaient une force de dix, alors ce truc valait définitivement un huit.

« Uwaaah ! »

Le faux empereur s’était enfui à toute vitesse dans le couloir. C’était un ancien voleur, donc je n’avais pas été trop surpris. Il semblait que son plus grand talent était de courir. Mais je ne pouvais pas me permettre de le laisser partir.

« Tsk... Jesty ! Les gars ! Poursuivez-le ! »

« Compris ! »

Jesty, Rengetsu et Sonia avaient tous couru après le faussaire.

Les seules personnes qui restèrent de mon côté étaient Kohaku et Tsubaki.

« Vous pensez vraiment que vous pouvez attaquer le bataillon d’acier tout seul ? Quelle arrogance... »

Une voix forte était sortie de la machine. Le son était grésillement, comme s’il était transmis par un haut-parleur bon marché. C’était la voix du pilote à l’intérieur.

Il y avait beaucoup de choses qui tombaient, donc la voix était un peu difficile à distinguer, mais… Je savais à qui il appartenait.

« … je vois. Alors tu t’es enfui et tu as rejoint ces gars, hein ? C’est bien ça, Bowman ? »

« Qu — Buh… Comment ? ! Comment savez-vous qui je suis ? »

Je le savais. Quel idiot… ! Ce type n’est autre que l’ancien expert en magie technologique de Roadmare, Edgar Bowman.

C’était lui qui avait causé ce désastre avec les Golems déchaînés. Il avait été démis de ses fonctions et envoyé dans les mines en tant que criminel condamné. Il n’avait évidemment aucune idée de qui j’étais, puisque j’étais toujours déguisé en Oni argenté.

J’avais été informé qu’il s’était échappé à cause d’une interférence extérieure, mais tout était rentré dans l’ordre maintenant. Il avait été emprisonné par l’Ordre Doré.

« Je vois, je vois… Alors, tes copains de l’Ordre Doré ont fait ça avec toi, hein ? Ce tas de ferraille. »

« Tas de ferraille !? Qu’est-ce que vous avez dit ? C’est un de mes incroyables bataillons d’acier ! Ce sont mes chefs-d’œuvre qui vont conquérir la totalité de Yulong ! Vous avez vu ce qu’ils ont fait, n’est-ce pas !? »

« Ne vous la ramenez pas pour un truc que vous avez conçu en rétro-ingénierie à partir d’une technologie volée. Par rapport aux appareils de Brunhild, ces choses sont des déchets. »

« Petit malheureux ! »

Il avait poussé sa lance vers moi. Mais ses mouvements étaient beaucoup trop télégraphiés.

Je l’avais esquivé, encore et encore, tout en prenant note de la façon dont il attaquait.

La fonction qui consistait à le déplacer semblait différente de celle d’un Frame Gear. Le Frame Gear scannait votre cerveau et lisait vos mouvements, c’était donc comme une extension de votre propre corps. Il travaillait en tandem avec son pilote.

La machine devant moi avait l’impression d’avoir été programmée avec des modèles de mouvement. Elle se déplaçait un peu comme les personnages d’un jeu de combat après avoir entré certaines commandes.

Je ne voulais pas dire que cela semblait aussi simpliste que « appuyer sur A pour frapper et sur B pour donner un coup de pied », mais cela ressemblait vraiment à ce genre de système de contrôle. Les contrôles étaient peut-être fonctionnels, mais cela signifiait probablement qu’ils ne pouvaient pas s’adapter aussi bien aux diverses situations. Après tout, c’est un homme qui avait entré les commandes.

Il avait cependant pu être influencé par la barrière. La magie des Frame Gears les traversait, ce qui facilitait leurs mouvements. Mais je ne pensais pas qu’un des bataillons d’acier pouvait reproduire des fonctions aussi complexes.

« Ces choses sont vraiment merdiques ! »

« Silence ! »

J’avais plongé sous un de ses bras lourds et je l’avais tranché au coude avec mon Divin Brunhild.

Le bras, ainsi que la lance qu’il portait, s’était écrasé au sol.

« Quoi !? »

J’avais plongé sous la machine et j’avais tranché les deux genoux de la même façon. Le mécha fut déséquilibré et il s’effondra vers l’avant, s’écrasant au sol.

« Non ! Impossible, improbable, inconcevable ! Comment cela a-t-il pu se produire ? Comment une de mes belles créations a-t-elle pu être vaincue !? »

« Qu’est-ce que cela vous fait ? Vaincu par un seul homme !? »

Sol regarda fixement vers le haut, incrédule, alors j’avais rapidement utilisé [Accélération] pour me précipiter vers lui. La barrière fit que cela n’avait presque pas duré, mais cela avait suffi pour réduire la distance.

« Guh ! »

Il leva son bouclier, mais cela n’avait pas eu d’importance. Je l’avais tranché au milieu, ça avait coupé jusqu’à son bras.

« GWAAAUUUGH ! »

« Ça suffit. Taisez-vous ! [Paralysie]. »

« Ghuh ! »

Je l’avais touché, son sort était maintenant fixé. Son corps s’était effondré sur le sol en un instant.

Il y avait une énorme quantité de sang qui coulait de l’entaille sur son bras, j’avais donc rapidement refermé la blessure avec un bref élan de magie curative. Après tout, j’avais des questions pour lui.

« Avez-vous d’autres atouts dans votre manche ? »

Je regardais Galzeld avec du feu dans les yeux. Mais il avait juste répondu avec un doux sourire.

« Ahaha... Vous êtes fort. Incroyablement fort… Quel merveilleux Oni ! Il semble que vous puissiez aussi utiliser la magie. Que diriez-vous de rejoindre l’Ordre Doré ? Une fois que nous aurons créé le Magia Imperium, et que je serai le Mage Imperator, vous pourrez me rejoindre en tant que bras droit. »

« Bras droit ? Ne me donnez pas ça. Un connard comme vous m’a promis la moitié du monde une fois, et j’avais aussi décliné cette offre. »

Cet homme dragon aurait fini par se faire manger, que je le rejoigne ou non.

« Oh ? Comme c’est malheureux. Vous devez donc mourir. »

« Ce robot Bataillon d’acier est foutu. Votre ami soldat est paralysé. Pensez-vous vraiment que vous êtes en mesure de négocier et de parler aussi hautainement ? »

« Et que pensez-vous qu’un bataillon soit, jeune homme ? Ils sont nombreux. »

Galzeld avait souri, le sol même sous mes pieds s’était mis à trembler et à gronder.

J’avais regardé à travers le mur en ruine de la zone du jardin, et j’avais vu plusieurs cercles magiques sur le sol. Un bataillon entier de robots de combat en acier avait commencé à s’élever à partir d’eux.

Ils étaient identiques à celui que j’avais déjà vaincu. Ils détenaient de nombreuses armes différentes. Certains avaient des lances, d’autres des haches, d’autres encore des épées. Certains tenaient même ce qui semblait être des arbalètes.

« Merde. C’est vrai, il y en avait un millier dans le sous-sol… J’ai oublié. »

« Oho ? Vous en saviez déjà autant ? Laissez-moi vous dire un petit secret. Il n’y en a beaucoup plus ici. Nous avons déjà déployé plus de 90 % d’entre eux vers la frontière de Felsen. Nous les avons également améliorés régulièrement. Nous en avons déjà assez pour affronter ces imbéciles de Felsen. »

Tu parles d’une préparation… Je suppose que nous aurions dû agir plus tôt. S’il y en a une cinquantaine ici, cela signifie qu’il devrait y en avoir environ neuf cent cinquante de l’autre côté de la frontière… C’est mauvais. Mais je suppose que je devrais les détruire avant de m’en inquiéter.

Mais je n’étais pas du tout inquiet. J’avais une bonne raison d’être calme.

« … Hey, Galzeld. Vous n’entendez pas ce bruit ? »

« … Pardon ? »

Je lui fis un sourire, il était alors soudainement devenu un peu plus mal à l’aise. Il dressa les oreilles pour tenter désespérément de comprendre ce que j’insinuais.

Le bruit de l’acier sur l’acier se faisait entendre au loin. Le bruit de la terre qui grondait se rapprochait de plus en plus. Le bruit des explosions, des secousses. Il avait couru dehors pour voir ce qu’il avait entendu.

« Non… ! »

Ce dont il avait été témoin à l’extérieur était simple. Son bataillon d’acier était en train d’être démantelé. Les auteurs ? Un Frame Gear samouraï violet clair, et un Frame Gear Chevalier orangé.

C’était Yae dans son Schwertleite et Hilde dans son Siegrune.

« Impossible ! Pourquoi les Frame Gears de Brunhild sont-ils ici… !? »

Le Frame Gear de Yae dansait sur le champ de bataille. Il utilisait son épée courte pour frapper le Bataillon d’acier sous tous les angles, séparant les membres des corps en un clin d’œil.

Le Frame Gear de Hilde piétinait vaillamment, bloquant les lances avec son puissant bouclier. Il avait ensuite violemment mis ses ennemis en pièces par des frappes héroïques.

J’avais envisagé la possibilité qu’ils déploient le bataillon d’acier, j’avais donc mis en place un portail que seuls les Frame Gears pouvaient traverser avant le début de la mission. J’avais contacté par télépathie Luli et Kougyoku pour que Yae et Hilde se préparent au combat. La barrière magique n’avait après tout pas affecté le lien télépathique.

Le bataillon d’acier s’était attaqué à Schwertleite et à Siegrune, l’un après l’autre. Il en restait plus d’une vingtaine. Il ne leur serait pas impossible de gagner s’ils étaient nombreux, et c’était probablement ce que les pilotes espéraient obtenir.

Mais les épéistes de ma maison n’étaient pas du genre à perdre contre de simples faussaires, et ce qu’importe leur nombre. Après tout, les nouveaux Frame Gears n’étaient pas faits pour faire de la figuration.

Les membres détruits du bataillon d’acier s’étaient empilés les uns après les autres.

« Ghh… ! »

« Je ne sais pas ce que vous aviez prévu, mais vous devriez céder ici. Et si je vous emmenais directement chez le roi de Felsen ? »

« Hah... Hahahah… Vous êtes donc un chien de Felsen… Mais Felsen n’a pas d’avenir, je vous le promets ! Ils céderont face à l’Ordre Doré, ils céderont face à moi ! »

Galzeld cria en tenant son bâton vers le ciel.

À ce moment, son bâton avait émis un énorme éclat de lumière, j’avais levé le bras pour me protéger les yeux.

Lorsque la lumière s’était atténuée, Galzeld n’était plus là. J’avais entendu le bruit de petites ailes qui battaient. J’avais regardé vers elle. Il y avait une chauve-souris qui volait vers l’est.

Attendez, c’est lui ? ! A-t-il utilisé un sort de transformation ou autre chose ? C’est sa magie Néant ! Peu importe comment il avait fait, je ne pouvais pas le laisser s’échapper. J’avais invoqué le [Vol] afin de le prendre en chasse, mais j’avais volé environ deux mètres avant de m’écraser au sol. Cette maudite barrière était toujours active !

« Kohaku ! »

« Compris ! » Kohaku s’accroupit, tandis que je sautais sur son dos. Elle avait sprinté vers les murs massifs et sauté par-dessus. Je m’étais envolé avec [Vol] une fois hors des murs, mais je n’avais pas pu retrouver la chauve souris.

« Rechercher. Chauves-souris à proximité. »

« … Recherche terminée. Pas de chauves-souris dans un rayon de cinq kilomètres. »

Bon sang ! Une chauve-souris ne peut pas voler aussi vite. S’est-il transformé en autre chose ? Ou a-t-il simplement utilisé une autre barrière pour faire en sorte que mon sort recherche ne fonctionne pas ?

Je suppose qu’il s’est échappé… Non, attendez. Je peux encore l’avoir !

***

Partie 8

J’avais utilisé mon smartphone et je m’étais accroché à tous les arbres dans un rayon de cinq kilomètres avec [Multiple]. Il avait fallu un certain temps pour calculer, la ville comptait un bon nombre d’arbres.

Mais ensuite, j’avais utilisé mon sort… [Absorber]. Les arbres, sur commande, avaient commencé à aspirer toute la magie de leur voisinage. Toute la magie autour d’eux avait été prise, sauf la mienne bien sûr.

« Rechercher. Galzeld. »

« Recherche terminée. Trois kilomètres, sud-est. »

La magie avait été aspirée, défaisant efficacement son déguisement. Je devais me dépêcher de l’attraper. Il serait capable de régénérer sa magie s’il s’éloignait des arbres.

J’avais traversé la ville en courant et j’avais amené Kohaku à travers [Téléportation] pour atteindre rapidement sa position.

Nous étions arrivés dans les forêts à la périphérie de la ville. Je m’étais retourné pour voir un oiseau se transformer soudainement en homme et tomber au sol. Le processus s’était répété plusieurs fois. C’était Galzeld, qui essayait constamment de se transformer pour pouvoir s’échapper. Au bout d’un moment, il nous avait remarqués, Kohaku et moi.

« Vous avez fait ça !? »

« Eh bien, eh bien. Nous nous rencontrons à nouveau. Il est temps de vous montrer le sort que je vous ai promis. [Glissade]. »

« Quoi !? »

J’avais annulé [Absorber] et je l’avais fait trébucher. Il était tombé et avait perdu son bâton. Il s’était rapidement cogné l’arrière de la tête.

J’avais chargé une balle spéciale dans Brunhild et l’avais ensuite pointée au pied de Galzeld. C’était mon ultime balle de glissement infinie Omega Bonanza.

Elle allait constamment invoquer un sort de glissement, encore et encore. Je puisais dans ma magie pour réappliquer constamment le sort, enfermant quelqu’un dans un enfer glissant qui ne finissait jamais. Même si je n’étais pas à proximité, une seule balle contenait assez de puissance pour faire tomber quelqu’un pendant trois jours. Alors je suppose que l’appeler « balle de glissement infinie Omega Bonanza » n’était pas tout à fait juste… Peut-être que la balle de glissement de trois jours Omega Bonanza serait certainement plus vraie.

« Gwuh ! Ughuh ! Fhguh !! »

Vous ne pouvez pas canaliser la magie pendant que vous tombez tout le temps, n’est-ce pas ? La beauté de ma magie de glissement était qu’elle répondait au mouvement. Ainsi, une personne qui tombe dedans glisse à nouveau, puis glisse à nouveau pour toujours. Dès la première chute, votre destin était complètement scellé.

Je sifflais gaiement, ignorant les supplications de Galzeld, et je sortis un certain objet de mon [Stockage].

L’objet était un grand cube de trois mètres sur trois avec une surface vitrée. Dans ce cube se trouvait le cadavre malodorant d’une espèce particulière de slime. C’est exact. Cela faisait longtemps, mais la redoutable boîte puante était de retour. J’avais également ajouté quelques améliorations depuis la dernière fois.

Je ne voulais pas que les personnes scellées utilisent la magie à l’intérieur, alors j’avais enchanté l’intérieur avec [Absorbe]. Cela empêcherait toute forme de magie. Non pas que ce soit vraiment un endroit qui permette d’utiliser la magie.

« C’est l’heure de la punition… »

J’avais utilisé [Porte] pour piéger Galzeld dans la boîte.

« Qu — BRUGHGAUUUH ! ÇA PUE ! »

Il se tenait le nez et utilisa sa main libre pour frapper contre les murs de son enceinte. Son visage était passé d’une nuance de rouge, à du violet, à du blanc. Il y avait un enchantement qui vous permettait aussi d’entendre sa voix de l’extérieur.

« Urgh... Blurgh… Ça pue ! S’il vous plaît ! »

« Dommage. Ce n’est pas encore fini, vous savez ? Essayez ceci pour voir. »

J’avais appuyé sur un bouton à l’extérieur du boîtier, ce qui avait déclenché les haut-parleurs internes. L’homme qui se tortillait à l’intérieur était soudain agressé par le bruit combiné des clous sur un tableau noir et des fourchettes qui grattaient les assiettes.

« HNNNNNNNGH !! »

« Oof! »

Aïe, bon sang… J’ai oublié d’insonoriser la boîte. J’avais appuyé sur un autre bouton, et les cris de l’homme se turent. Heureusement, sa souffrance continua, que je l’entende ou non.

« &*^%!! »

Il essaya de se couvrir les oreilles pour que le son ne l’atteigne pas, mais cela ne lui avait fait qu’inhaler la vile puanteur. Lorsqu’il s’était bouché le nez, le son l’avait de nouveau rendu fou. Il n’avait cessé de répéter cette séquence dans une recherche désespérée de soulagement.

Son visage était couvert de morve, de bave et de larmes. C’était dégoûtant.

« Mon seigneur… Ne pensez-vous pas... »

« Regarde, Kohaku. Ce type m’a vraiment énervé. Sais-tu que ces barrières étaient pénibles ? C’est juste un peu d’amusement, rien de grave. »

« Je pense toujours que c’est un peu trop… »

J’avais jeté un petit regard à Kohaku, elle avait alors reculé. Le mettre dans la boîte, c’était bien pour lui faire perdre l’ouïe et l’odorat, mais… Je parie que je peux aggraver la situation !

J’avais lancé [Mirage] pour générer la sensation de créatures viles sur tout son corps. De son point de vue, il y avait des cafards, des vers et des larves qui rampaient sur et sous sa peau.

« ^%*$ %!! »

Ha ! Il a finalement recommencé à frapper le mur. Il est fait de phrasium, idiot. Il ne se cassera pas à moins que tu n’aies une arme en cristal là-dedans, crétin. J’espère que tu passes un bon moment, crétin !

Galzeld se mit à transpirer abondamment, et ses genoux tremblèrent au point de se déformer. Il ressemblait à un nouveau-né qui se tortillait et se tordait. J’avais pris une joie sadique en le regardant pleurer.

Finalement, il tomba par terre comme une marionnette dont toutes les cordes avaient été coupées. Tout son corps s’était violemment tordu et de l’écume jaillissait de sa bouche. Il était clairement inconscient, mais ses yeux étaient grands ouverts. Soudain, j’avais eu une idée géniale.

« Je viens de le réaliser. Mais si j’utilise [Rafraichissement] pour le maintenir au sommet de sa forme, je pourrais le maintenir dans un état de souffrance perpétuelle. Ce serait hilarant. »

« Mon seigneur… Si vous allez plus loin, j’ai peur de ne plus pouvoir vous considérer comme un être humain. »

Hélas, les supplications de Kohaku m’avaient empêché d’exécuter mon plan. C’était un peu ennuyeux.

◇ ◇ ◇

J’avais laissé Galzeld avec Kohaku et j’étais retourné au château.

Je ne pouvais malheureusement pas mettre des humains dans [Stockage]. Il sentait absolument mauvais quand je l’avais sorti de la boîte, mais je devais le laisser avec Kohaku au cas où il aurait des alliés dans les parages.

La bataille était presque terminée quand j’étais revenu. Il y avait des morceaux du Bataillon d’acier partout.

Bon sang… Je voulais en ramener un intact à la maison… Mais cela pourrait ne pas être possible. Peut-être que le Docteur Babylon peut en réparer un.

Les soldats et les serviteurs affluaient en masse du château. C’était un incident majeur, ce n’était donc pas trop surprenant.

J’étais retourné dans la salle du trône et j’avais trouvé Tsubaki en train d’attacher Sol et Bowman. Je m’étais dit que je devrais donner Galzeld et Sol à Felsen, et Bowman à Roadmare.

« Votre Altesse. Où est Galzeld ? »

« Je l’ai attrapé. Kohaku le détient. »

Plus important encore… Où peut donc bien être Jesty ? Je ne peux pas utiliser ma magie de recherche à cause de la barrière… Je suppose que je devrais aller à l’endroit où le faussaire s’est enfui.

Finalement, j’avais trouvé Jesty et les deux autres. Ils regardaient le cadavre ensanglanté du faux empereur. Il semblerait qu’ils aient atteint leur objectif.

Jesty avait des entailles sur tout le corps, et il tenait une épée dans sa main qui dégoulinait de cramoisi. Il était évident que ni Sonia ni Rengetsu ne l’avaient aidé. S’ils avaient participé au combat, il était impossible que Jesty puisse subi de telles blessures.

« On dirait que vous avez terminé. »

« Oui… Merci, j’ai une dette envers vous. Le tueur est mort maintenant… Je pense que mon père va pouvoir maintenant reposer en paix. »

Est-ce qu’il pleure… ? Ses yeux sont un peu rouges. Mais vu qu’il vient de supprimer l’homme qui a tué son père bien-aimé, il n’y a rien qui mérite d’être remis en question ici.

« Partons, alors. Tu peux venir à Brunhild si tu n’as plus d’autre endroit où aller. »

« Merci, » répondit Rengetsu.

Jesty semblait encore un peu hors de lui. Je les ai amenés tous les trois à Tsubaki. J’avais constaté que Yae et Hilde étaient sorties de leurs Frame Gears.

« Hm… ? Ce sont les individus de la forêt. »

« Oh ? C’est vrai… C’était les adversaires d’Elze et Lucia, non ? »

« Ah, je me souviens de toi… »

« Alors c’était vous qui étiez dans les Frame Gears ? »

Le quatuor s’était vaguement reconnu, mais ils ne s’étaient jamais rencontrés directement auparavant. Tout ce qu’il connaissait les un des autres était leur apparence générale.

J’avais correctement présenté Yae, Hilde et le groupe de Sonia. Sonia avait été surprise d’apprendre qu’elles étaient toutes les deux mes fiancées, mais ils avaient été encore plus surpris d’apprendre que j’avais sept autres fiancés, dont Elze et Lu.

Les révélations sur le mariage mises à part, je m’étais demandé ce qu’il fallait faire des machines détruites.

Cela aurait été beaucoup plus facile si j’avais pu les transférer en masse avec [Porte].

Je m’étais demandé où se trouvait l’artefact qui maintenait la barrière. En général, ils étaient cachés dans un coin quelque part, ou au centre de la barrière. Mais il n’y avait rien de particulier dans les coins de la salle du trône, et seul le trône saccagé se trouvait au milieu.

J’avais soudainement remarqué deux objets scintillants au-dessus de moi. Deux têtes de dragons dorés à chaque coin du toit. Ils se faisaient face et brillaient dans la lumière. Ils me rappelaient en quelque sorte les décorations traditionnelles japonaises à base de poisson utilisées dans certains châteaux.

Attendez une seconde… J’avais sorti mon Brunhild et je les avais réduits en miettes. Je pensais que c’était eux qui maintenaient la barrière, et qu’ils seraient donc inutiles à quiconque n’étant pas Galzeld.

Juste après les avoir brisées, j’avais essayé d’utiliser [Vol]. Le sort marcha sans problème. J’avais clairement brisé les bonnes choses. Si seulement j’avais remarqué plus tôt.

J’avais ouvert une énorme [Porte] et j’avais déplacé tous les restes du Bataillon d’acier vers le hangar.

J’espère vraiment que toute cette histoire sera terminée maintenant que le bâtard d’empereur céleste est mort… Mais ce ne sera probablement pas le cas. Un autre se lèvera juste à sa place. Ce pays est vraiment pathétique. Il est pris au piège dans un cercle vicieux.

Cela dit, j’avais appris plus tard que Xiaofah avait déjà tué tous les autres prétendants au trône. Il était probable que la vie de Yulong en tant que nation était terminée.

J’avais pensé qu’il serait sage de s’allier aux autres cités-États de cet Yulong brisé et de choisir un chef parmi eux, mais il était probable que, quel que soit le choix, ils finiraient par être escroqués.

Non, voyons… C’est un préjugé, Touya. On ne peut pas se contenter d’ignorer un peuple entier. Il doit y avoir au moins une bonne personne à Yulong… Même si tu n’as rencontré personne répondant à ce critère…

Je m’étais impliqué dans la situation cette fois-ci à cause du Bataillon d’acier, mais j’aurais vraiment préféré qu’ils s’occupent de leurs propres affaires eux-mêmes.

D’après ce que j’avais entendu, il y avait des villes proches de Hannock sur le territoire de Yulong qui voulaient faire défection à Hannock. Il était possible que les nations voisines dévorent tout naturellement le territoire autrefois connu sous le nom de Yulong.

La famille impériale commença à se battre après l’invasion de la Phase… Tous ces faux successeurs avaient commencé à apparaître… Il était honnêtement possible qu’il n’y ait plus personne qui puisse prétendre au leadership.

J’avais vérifié le sous-sol du château et, bien sûr, il y avait une installation conçue pour créer les machines. Il avait cependant été évacué, ce qui signifiait qu’il n’était plus fonctionnel. Je ne voulais pas de problèmes à l’avenir, alors j’avais tout saccagé avant de quitter l’endroit pour de bon.

Le lendemain, je m’étais rendu à Roadmare avec Bowman. Il n’allait pas avoir la chance d’être envoyé dans les mines cette fois-ci. Ils s’étaient prononcés à l’unanimité sur la peine de mort. Beaucoup de gens de Yulong étaient morts dans sa folle poursuite de contrefaçons de Frame Gear. Il devait expier ses crimes. Le Doge Audrey pensait qu’elle devait en faire un exemple.

Après cela, j’avais amené les deux autres à Felsen. Ils étaient plus qu’heureux de mettre Sol en détention. Galzeld, par contre… Il sentait vraiment mauvais. Genre, vraiment mauvais. J’avais un peu merdé à cet égard.

La situation empira lorsqu’il s’était avéré que Sol ne savait pas grand-chose et que Galzeld était si traumatisé mentalement par le traitement de la boîte qu’il ne pouvait même pas former une phrase cohérente sous la contrainte.

Ses yeux étaient vitreux, et il bavait comme un idiot. Il ne faisait que marmonner et glousser. Je… J’en ai vraiment trop fait.

« Grand-Duc… Qué… Que lui avez-vous fait ? »

« … Je lui ai fait sentir des trucs, et entendre des trucs. Vous savez ? Comme une petite vengeance. Ce n’était pas une grosse affaire. »

***

Partie 9

Le roi de Felsen regarda d’en haut l’enveloppe de ce qui était autrefois Galzeld Goldie. Il s’était pincé le nez et regardé ensuite dans ma direction.

Il y avait une barrière dans la prison souterraine qui annulait la magie, mais elle n’annulait pas l’odeur infecte qui émanait de l’homme.

Nous n’avons pas pu tenir plus longtemps, alors nous étions allés dans la cour. J’avais pris autant d’air pur et doux que possible une fois sur place.

« Bon sang, cette odeur est vraiment persistante… »

J’avais reniflé mes vêtements et j’avais eu l’impression que la puanteur me collait vraiment. Je me souvenais avoir lu un article sur un déodorant dans la bibliothèque. J’avais décidé qu’il fallait absolument que je mémorise celui-là.

Le roi de Felsen sortit un parfum à l’odeur forte et commença à se l’appliquer généreusement. Je l’avais emprunté et j’en avais aussi mis sur moi. Maintenant, nous sentions tous les deux les agrumes et la menthe, ce qui était vraiment une amélioration.

Je ne m’attendais pas à ce que ce type se balade avec quelque chose comme ça… Il l’avait probablement sur lui pour pouvoir sentir bon pour sa fiancée.

« Ah oui, Grand-Duc. Vous souvenez-vous du chef de guilde de notre Chambre de commerce et d’industrie magique ? »

« Hm ? Ce type avec les lunettes de soleil ? »

Ne s’appelait-il pas Easeus ? Il est à la tête de l’énorme organisation Felsen qui gère tout l’artisanat, les mages et le commerce dans ce pays.

« Il a trois sous-maîtres qui travaillent en dessous de lui, mais l’un de ces trois a disparu ce matin. Nous avons fouillé son domicile et avons trouvé un certain objet. »

Le roi de Felsen brandit un pendentif circulaire avec un heptagone au milieu. C’était clairement la marque de l’Ordre Doré.

« Je suppose qu’il a pris peur quand il a appris que Galzeld s’était fait prendre. »

« C’est probable, oui. Il faisait partie d’un plan élaboré visant à me tuer. »

Le raid sur la maison du sous-maître avait révélé plus de détails sur le vaste plan en cours. Galzeld attaquerait Felsen de l’extérieur, tandis que cet homme subvertirait Felsen de l’intérieur.

« Dommage que je n’aie pas pu utiliser mon Brave Roi… »

« … Quel genre de nom est-ce… ? »

Le roi de Felsen fit un geste vers l’épée fantaisiste qui se tenait à sa taille.

Brave roi, hein… ? Quel nom pour une épée ! Ce type a un sens du nommage vraiment terrible. Mais je pense qu’il s’entendrait probablement avec le roi de la mode Zanac.

« De toute façon, il y a toujours la question de ce sort interdit qu’ils essayaient de jeter… »

« Oh, vous voulez dire [Sanctuaire]. Pour être franc, c’est un sort de domination. »

« Un quoi ? »

« Ludo m’a tout raconté. C’est un sort maudit qui tord l’esprit. Le pire dans ce sort particulier est qu’il peut toucher de nombreuses personnes en même temps, et les personnes touchées ne se rendront même pas compte que leur libre arbitre a été dépouillé. »

C’est donc un lavage de cerveau ? C’est certainement bien plus que de simples messages subliminaux…

« Si les gens étaient sous l’effet du sort, alors ils accepteraient volontiers tout ce que le lanceur voudrait voir considérer comme normal. Galzeld avait probablement prévu d’utiliser cela pour créer une nation où la suprématie magique serait non seulement acceptée, mais célébrée. »

Nous ne savions pas vraiment comment l’invoquer. Sol était rien d’autre qu’un guerrier. Il avait des aptitudes magiques, mais il ne savait rien des détails les plus subtils. Galzeld n’était pas non plus en mesure de répondre aux questions.

« Eh bien, c’est ennuyeux… Je suppose que je vais devoir demander à mon expert résident. »

« Pardon ? »

Ces sorts tabous et interdits avaient été créés par l’ancienne civilisation. Pour ce genre de questions, il était simplement plus pratique de demander à quelqu’un qui y habitait.

J’avais sorti mon smartphone et j’avais commencé à passer un appel à un certain contact. Le téléphone sonna plusieurs fois. Elle finit par décrocher.

« Sup, Doc. »

« Ah, heyo. Allez, ne m’appelle pas comme ça… Sais-tu que c’est tellement impersonnel ? Et si tu m’appelais Regina ? Nous sommes après tout des amants. »

Le docteur Babylon répondit à l’appel et elle s’était mise à jacasser.

Depuis quand sommes-nous amants ? Je ne me souviens pas d’avoir accepté ton amour.

« De toute façon, j’ai une question. As-tu du temps libre pour répondre, docteur ? »

« Hmmph. Est-ce que tu vas vraiment être comme ça… ? Bien, qu’est-ce que c’est ? »

« As-tu entendu parler d’un sort appelé [Sanctuaire] ? »

« Oh, celui-là ? Euh… oui, c’est un sort de contrôle de l’esprit assez puissant. Et alors ? »

« Sais-tu comment l’invoquer ? »

« Bien sûr. Il faut beaucoup de sacrifices. Plus précisément, les personnes puissantes en magie doivent être sacrifiées. Ils doivent aussi être de la même race que le lanceur. Plus la portée est grande, plus il faut faire de sacrifices. Bien que si le lanceur possède une énorme quantité de magie, cela peut compenser le nombre de personnes qui doivent mourir. »

Des sacrifices. Cela semble vraiment sanglant. Mais je suppose que ces sorts ne sont pas tabou sans raison.

« Cependant l’effet s’estompe dès que vous quittez la portée du sort. Ce n’était pas considéré comme un sort populaire ou utile, d’autant plus que toute personne ayant un pouvoir magique décent y résiste. »

« Attends, sérieusement ? »

« À peu près. Il était utilisé tout au plus dans les prisons de sécurité maximale, et même à l’époque, il n’était pas si génial que ça. Tous les pays ne l’avaient pas non plus utilisé. Partheno ne l’a certainement pas utilisé. »

Huh… Je suppose qu’il serait utile pour prévenir les émeutes en prison. Mais je me demande qui ils ont sacrifié pour cela… Peut-être que les condamnés à mort ont été sacrifiés pour maintenir le sort ? Qui sait ?

« Que faudrait-il donc pour le diffuser dans tout un pays ? »

« Ne me fais pas rire. Sais-tu combien de personnes devraient mourir pour que cela soit rentable ? Il faudrait essentiellement tuer la population d’un autre pays pour maintenir ce genre d’effet. De plus, les personnes qui meurent doivent venir en flux continu. Il faudrait que l’humanité s’éteigne pour que cela fonctionne. »

Eh bien, cela correspondait certainement à ce qui avait été dit. Je m’étais demandé si c’était pour cela qu’ils avaient déclaré la guerre à Felsen. Ils auraient pu utiliser les victimes comme carburant pour le sort. Les soldats d’élite de Felsen étaient après tout réputés pour leur pouvoir magique.

Malgré cela, il semblerait que l’Ordre Doré ait fondamentalement mal compris le sort. Si une personne quittait le champ du sort, celui-ci serait alors détruit. Il serait super peu pratique d’essayer de régner en l’utilisant. En outre, d’autres sacrifices seraient nécessaires. Prévoyaient-ils de mener une guerre éternelle ? Il était possible qu’ils aient appris l’existence du sort dans de vieux écrits ou autre, mais qu’ils aient mal interprété ou simplement manqué d’informations qui leur auraient permis de clarifier les détails importants.

« Très bien. Merci pour ton aide. »

« C’est bon, pas de problème. J’ai une demande. J’aimerais que tu me montres d’autres Annie Mays que nous avons regardées l’autre jour. »

« Mm… Oui, d’accord. Mais ne les regarde pas toute la nuit, d’accord ? »

« Bien, bien. J’ai compris. Je le promets ! »

Je lui avais montré l’anime qui m’avait inspiré à l’origine la création du Fragarach, mais cela avait probablement fini par être une erreur. Je lui avais montré un seul épisode, mais elle en voulait beaucoup plus… Elle semblait avoir beaucoup d’idées en regardant les émissions. Je m’étais demandé si elle se mettrait à fabriquer des Frame Gears sans jambes à un moment donné. Cependant, ces robots étaient plus adaptés aux batailles spatiales qu’à toute autre chose.

J’avais raconté au roi de Felsen ce que le docteur m’avait dit. Il était un peu surpris que je puisse disposer d’une source aussi complète, mais il avait commencé à hocher la tête peu à peu.

« Je vois… Ils ont donc simplement manqué l’information sur les limites et ont transmis la connaissance du fait que c’était un sort plus puissant qu’il ne l’était. »

« Peut-être, mais je n’en suis pas si sûr. Après tout, ils pourraient conditionner mentalement les gens avec un ordre comme “quitter le sanctuaire est dangereux”. Cela ne change rien au fait que le contrôle de l’esprit est mal assuré. »

Malgré les limites du sort, ils auraient quand même pu le faire. La méthode d’emprisonnement utilisée dans le passé était honnêtement un peu effrayante. Mettre de côté les questions de droits de l’homme, sacrifier les condamnés pour apaiser les prisonniers… C’était super mal barré. Il méritait vraiment son statut de sort tabou.

« Pourtant, à long terme, le sort n’aurait pas aidé les membres de Gordian à créer ce qu’ils désiraient… »

« C’est exact. »

C’était vraiment un groupe pathétique… Ce sont des croyants qui rêvent en espérant quelque chose de mieux, et qui s’accrochent à des choses qu’ils ne peuvent pas réaliser.

« Il est tout de même troublant qu’il y en ait tant qui suit leurs idéaux. Selon le témoignage de Sol, les membres de Gordian sont plus nombreux que prévu. Il y a aussi les autres membres de ce bataillon d’acier. Leur chef a été capturé, et ils n’ont que très peu de chance de faire marcher leur sort interdit. Je pense qu’ils ne leur restent plus d’autres alternatives… »

« Votre Altesse ! Des Golems de bois et plusieurs machines étranges sont près de notre frontière avec Yulong ! Le rapport des espions en compte environ trois mille au total ! Ils marchent en direction de la capitale ! »

Un soldat épuisé fonça vers nous et s’était mis à nous crier dessus.

Je le savais, bon sang.

Mais attendez, Des Golems en Bois aussi ? Bowman, fils de pute !

« Trois mille… !? »

Le roi de Felsen s’était mis à suer à grosses gouttes, je m’étais alors tourné vers lui avec un sourire.

« Besoin d’un coup de main ? »

« Hein ? »

« Oui, pas de soucis. Notre matériel volé a fini par créer la base du Bataillon d’acier. Ils m’ont aussi un peu énervé, alors j’aimerais les arrêter. »

J’avais déjà assez de soucis avec la Phase et tout le reste. Je n’avais pas besoin que ces gars s’ajoutent aux problèmes.

J’avais décidé de mettre fin au problème sur le champ, une fois pour toutes.

***

Partie 10

« Oooh... Il y a en beaucoup… »

Ils étaient assez loin, mais le Bataillon d’acier et les Golems blindés avançaient dans notre direction.

Ils étaient environ trois mille au total. Environ neuf cent cinquante d’entre eux formaient le bataillon d’acier, et le reste était des Golems.

Certains d’entre eux étaient pilotés par des mages, mais pas tous. Environ deux tiers d’entre eux étaient automatisés par des noyaux de Golem, et beaucoup de pilotes étaient des non-mages.

L’Ordre doré voyait comme allié quiconque pouvait utiliser même un peu de magie. Sol était capable d’en utiliser une petite quantité, et donc c’était la raison pour laquelle il avait été accepté par eux. Mais ceux qui ne pouvaient pas utiliser la magie étaient considérés comme des êtres inférieurs et traités comme des barbares.

On avait promis à Sol un poste militaire de haut rang dans le nouvel Imperium Magia qu’ils voulaient créer, mais ce rêve ne se réalisera pas maintenant.

Faire fonctionner un des bataillons d’acier n’était pas difficile. Un amateur pourrait s’en occuper après quelques jours de pratique. Bien sûr, les capacités individuelles variaient.

Donc oui. Neuf cent cinquante unités du Bataillon d’acier, deux mille cinquante Golems blindés… Et une soixantaine de Frame Gears qui attendaient de les combattre. Nous étions environ cinquante fois moins nombreux.

Ils avaient effectivement un avantage numérique écrasant. Mais je n’avais pas peur. J’avais combattu celui que Bowman pilotait, et j’avais compris quelques trucs. Il était clairement différent du Frame Gear. Ils ne pouvaient tout simplement pas se comparer à nos nouveaux modèles. Bien que je doive absolument soutenir l’armée. Je ne pouvais pas m’attendre à ce que tout le monde puisse éliminer cinquante ennemis à lui seul.

« Grand-Duc… Ce nombre sera-t-il vraiment suffisant pour gagner ? »

« Nous allons nous en sortir, ne vous inquiétez pas. Faites-moi confiance sur ce point. Franchement, je ne pense pas que vos bataillons aient besoin de s’inquiéter. »

Le roi de Felsen soupira doucement, je l’avais donc rassuré.

Il y avait environ deux mille mages derrière les Frames Gears, juste au cas où. Je lui avais dit que nous n’avions pas besoin d’eux, mais que cela ne me dérangeait pas qu’ils soient sur place si cela lui permettait de se sentir mieux.

Un chevalier à oreilles de lapin s’était avancé vers nous.

« Seigneur. Tous les combattants sont montés à bord de leurs Frame Gears. Nous sommes prêts à bouger n’importe quand. »

« Compris. Faisons attention à ne pas vous surmener. »

« Bien sûr. »

Le chevalier commandant Lain m’avait salué et était monté à bord de son Conte Souriant. J’étais vraiment fier du chemin qu’elle avait parcouru. Elle avait en elle l’étoffe d’un véritable leader.

Il y avait un écusson avec un motif de lapin gravé sur les épaulettes du Frame Gear de Lain. Étant donné qu’elle était elle-même une femme lapin, cela me semblait logique. Apparemment, Linze avait conçu l’emblème, ce qui m’avait pris par surprise.

De même, il y avait un emblème de renard sur le Frame Gear du vice-commandant Nikola, et un loup sur celui du vice-commandant Norn.

Chacun d’entre eux dirigeait un sous-groupe de vingt Chevaliers. De plus, Elze, Yae et Hilde participaient avec Gerhilde, Schwertleite et Siegrune. Moroha traînait également dans le coin comme puissance de feu supplémentaire. Avec tout ce matériel qui nous soutient, je n’avais vraiment rien à craindre.

« Très bien. Pouvons-nous commencer ? »

Au moment où j’avais parlé, des dizaines de portails s’étaient ouverts dans les airs au-dessus de l’ennemi. J’avais connecté mon [Stockage] et j’avais laissé plusieurs petites boules de phrasium tomber sur l’ennemi. Naturellement, j’avais aussi augmenté leur poids avec [Gravité].

« [Pluie de météores] ! »

Ils étaient tous tombés en même temps. L’altitude était trop élevée pour une attaque précise, mais ce n’était pas comme s’ils étaient faciles à esquiver.

Le Bataillon d’Acier et les Golems avaient tous deux été réduits à néant par le barrage de cristal. La terre elle-même tremblait lorsque les balles pénétraient dans le sol.

Leur nombre avait fini par être réduit d’environ un tiers rien que par ma frappe initiale. J’avais utilisé mon smartphone pour diffuser des messages à tous les participants sur le champ de bataille.

« À toutes les unités, engagez-vous ! Détruisons-les tous ! »

« HOO-AH !! »

Tous les Frames Gears commencèrent à suivre leurs commandants respectifs. Les Chevaliers gris avaient commencé à échanger des coups avec le Bataillon d’acier. Après seulement deux ou trois coups, un Chevalier avait pu couper en deux un des soldats du Bataillon d’acier.

En hauteur, le Bataillon d’acier n’arrivait qu’au niveau de la poitrine d’un Frame Gear. Ils avaient toujours l’air solides grâce à leur conception robuste, mais il semblerait que cette robustesse n’était que là que pour faire joli. En toute honnêteté, ils étaient plus fragiles que ce à quoi on pouvait s’attendre. C’était un peu comme des contrefaçons étrangères bon marché, avec beaucoup d’économies dans le processus de fabrication.

Je m’étais demandé à quel point les matières premières qu’ils utilisaient étaient de mauvaise qualité. Ils se froissaient honnêtement comme des marchandises de magasin discount.

Quand ils touchaient les Frame Gears, des petits morceaux se cassaient à l’impact. C’était pitoyable à regarder.

« Je suppose que je vais y aller. »

« Ne deviens pas folle, d’accord ? Pas besoin de déchirer la terre ou le ciel. Offre-leur simplement ton soutien. »

« Entendu, entendu… »

Moroha s’était joyeusement lancé sur le champ de bataille, brandissant une lame de phrasium de deux mètres dans une main.

Tu vas les choquer rien que par ton apparition… Aucun d’entre eux ne s’attendra à ce qu’une épéiste les charge !

« Mourrez, mourrez, mourrez ! Faites-vous écraser, losers ! »

Le Gerhilde d’Elze tirait ses pieux partout, écrasant les noyaux du Golem à gauche et à droite. Elle faisait rage sur le champ de bataille comme une divinité de la destruction.

Le Schwertleite de Yae dansait gracieusement sur le champ de bataille, coupant en deux tout ennemi qu’il croisait. Elle ne faisait aucun geste inutile.

Le Siegrune de Hilde soutenait les Chevaliers en bloquant les attaques avec son bouclier, et en écrasant l’ennemi par des contre-attaques. Elle faisait un excellent travail de défense de ses alliés dans les parties les plus encombrées du champ de bataille.

« Touya, Touya ! Allez ! N’ai-je pas assez attendu !? »

J’avais soudainement entendu la voix d’un mécha que je n’avais pas déployé sur le champ de bataille. C’était Sue, dans son Frame Gear personnel. Ortlinde.

C’était un Frame Gear spécialisé dans la fonctionnalité défensive. Il était recouvert d’une couche de phrasium au-dessus de sa base d’orichalque, ce qui lui donnait le blindage le plus solide de tous les Frame Gears produits jusqu’à présent. Elle était dorée et ornée de noir ici et là, ce qui lui donnait aussi un aspect des plus voyants. Ce n’était pas tout à fait à mon goût, mais Sue l’avait exigé… Je ne pouvais pas gagner contre ses pleurnicheries.

Le fait que le nom corresponde aussi à son nom de famille était une pure coïncidence… Il se trouve que cela allait de pair avec le système de dénomination. Je suis sérieux. C’est pourquoi je l’avais dit deux fois.

Bien qu’il se soit spécialisé dans la défense, ce n’était pas son vrai pouvoir.

« Très bien, commençons alors. C’est la première fois, alors nous allons essayer le contrôle manuel. Cesca, Rosetta, Monica. Vous êtes prêtes ? »

Je mis mon smartphone à l’oreille pour obtenir la confirmation finale.

« Gungnir prêt, Maître. »

« Laevateinn prêt, monsieur ! »

« Mjolnir est, genre, totalement prêt ! »

J’avais confirmé qu’elles étaient toutes prêtes. Il était temps de le tester.

« Très bien. Sue, commence la séquence de combo ! L’amarrage est approuvé ! »

« Entendu ! L’arrimage des Frames Gears ! »

Alors que Sue criait, un objet ressemblant à une lance s’était envolé du ciel. C’était Gungnir, le bateau volant.

Puis le train blindé, Laevateinn, souleva de la poussière en l’air en s’élançant de l’arrière.

Au même moment, le tank souterrain polyvalent, Mjolnir, éclata du sol avec sa puissante foreuse.

Laevateinn n’était pas techniquement un train, puisqu’il flottait un peu au-dessus du sol et n’utilisait pas de rails. Je suppose que cela ressemblait un peu à un train à moteur linéaire… Non, pas vraiment… Ils ne se ressemblent pas du tout.

Mjolnir n’avait pas non plus foré la terre devant lui. Il avait juste utilisé la magie pour déplacer la terre dans une autre région. L’exercice n’était guère plus qu’une décoration tape-à-l’œil.

En gros, Mjolnir utilisait [Stockage] pour déplacer la terre devant lui, puis la remettre dans l’espace derrière lui. Il pouvait donc se déplacer dans la terre sans avoir à creuser de tunnels. Il était capable d’utiliser la foreuse, mais cela ne s’était vraiment produit que lorsqu’il était entré dans la terre et en était sorti. Sa conception était basée sur un dessin animé plus ancien que je leur avais montré.

Lorsque les trois véhicules de soutien se réunissaient et se mettaient à portée d’Ortlinde, le Frame Gear s’élevait en l’air et se préparait à passer en mode combinaison. Le système d’amarrage spécialisé d’Ortlinde lui avait permis de se combiner avec les trois unités de soutien et d’accroître sa puissance. Mjolnir s’était coupé en deux et avait fusionné avec Ortlinde pour devenir ses jambes.

Puis Laevateinn se scinda en deux et se colla au bout des bras d’Ortlinde, créant des membres plus longs.

Enfin, Gungnir se rabattait et se pliait en forme de V avant de s’amarrer sur le dos d’Ortlinde. Ensuite, un masque sortait de la poitrine du Frame Gear et se plaçait sur son visage. Ses cornes commençaient à émettre de la lumière. Je m’étais interrogé sur la nécessité d’un tel gadget, mais peu importe.

« Voici notre véritable pouvoir ! Maître Suprême Ortlinde ! »

Sérieusement… ? Maître Suprême Ortlinde ? Ces types sont en train de devenir incontrôlables. Quel genre de convention de nommage de mauvais goût est-ce là !? La terre tremblait comme le euh… cette Ortlinde… le Maître Suprême s’écrasa au sol. Le puissant héros avait enfin fait ses débuts.

Le dieu doré était descendu sur scène. Il était deux fois plus grand qu’un Frame Gear ordinaire. C’était effectivement un symbole de pouvoir pur.

« Qu’est-ce que… »

« C’est énorme… Cette chose peut-elle être vaincue !? »

L’armée de Felsen regardait avec incrédulité. Honnêtement, c’était même suffisant pour m’époustoufler, je pouvais facilement comprendre ce qu’ils ressentaient.

« C’est parti ! Bras Canon ! » Le bras droit du Maître Suprême Ortlinde se détacha et bascula vers l’un des Golems blindés. C’était un épais morceau d’orichalque et de phrasium qui s’était propagé dans l’air à une vitesse impossible, brisant le Golem en morceaux.

Le bras droit, qui fonctionnait de manière similaire au système de Fragarach, se balançait en arc de cercle avant de se rétracter et de se placer sur le coude d’Ortlinde.

Vous avez même fait ça… ? C’est comme si on s’était laissé emporter ! Installer un Fragarach, c’est vraiment bien, mais vous l’avez remodelé en un putain de poing fusée ? J’imagine que c’est l’œuvre du Docteur Babylone. Elle a probablement dit quelque chose comme « ça a besoin de plus de punch ! »

Le Maître Suprême Ortlinde s’était soudainement lancé dans le feu de la bataille. Son corps était massif, mais il se déplaçait toujours avec une vitesse étonnante. C’était parce qu’il avait été enchanté par [Gravité] à plusieurs endroits clés.

Le Maître Suprême Ortlinde s’était écrasé contre un Golem. C’est alors que j’avais réalisé que je n’avais pas vraiment conçu d’armes pour cela. J’avais fait une note mentale pour en créer une plus tard.

Le Golem qu’elle avait frappé était tombé à terre et mourut immédiatement. La zone touchée avait été complètement détruite. Ortlinde avait une puissance déraisonnable… Je m’étais demandé s’il était judicieux de le donner à Sue.

« Sue. Fais un peu plus attention à tes mouvements. Pense à l’endroit où tes coups vont frapper. »

« Entendu ! De toute façon, c’est Rosetta qui s’occupe de ce genre de choses, ne t’inquiète pas ! » répondit-elle tout en faisant en sorte qu’Ortlinde fracasse la tête d’un Golem avec désinvolture.

Hmm… Nous avions initialement prévu que les véhicules seraient en mode pilotage automatique. Il serait peut-être préférable qu’ils soient toujours réglés sur le contrôle manuel des gynoïdes…

« Bras Canon !! »

… Oui, le mode manuel est le meilleur. Elles peuvent l’arrêter si elle devient trop zélée. Bon sang, elle vient d’en détruire une tonne !

L’ennemi avait déjà été mis en déroute dans la zone où le Maître Suprême Ortlinde se déchaînait. Cela avait pourtant du sens, la présence même de cette chose avait complètement démoralisé la partie adverse.

Moroha, cependant, n’allait laisser personne s’échapper. Elle coupa les bras et les jambes des robots du Bataillon d’acier, puis scella leurs cockpits, emprisonnant ainsi les pilotes dans des tombes de métal.

Une heure à peine après le début de la bataille, celle-ci était terminée.

« Seigneur. Nous avons accompli notre mission. »

« Excellent travail. Gardez l’œil ouvert au cas où des ennemis tenteraient de s’enfuir. Sue et les autres, surveillez les possibles signaux magiques étranges. Nous ne voulons pas nous faire voler à nouveau. »

« Entendu ! »

J’avais regardé le roi de Felsen. Celui-ci regardait simplement avec incrédulité.

« Je vous laisse l’arrestation des pilotes du bataillon d’acier, d’accord ? »

« Huh …? O-Oh, oui… C’est vrai. Laissez-nous faire. Nous les mettrons en prison, nous les interrogerons, et ainsi de suite. Je suis sûr qu’ils se rendront paisiblement après avoir vu cette victoire à sens unique. »

Avec cela, le rêve de l’Ordre doré avait été anéanti.

***

Partie 11

L’armée de Felsen ayant été témoin de l’événement, la nouvelle se répandra probablement rapidement. Même si l’Ordre Doré avait des membres restants dans tout le pays, ils se tairaient probablement après avoir entendu ce qui s’est passé ici.

Naturellement, nous continuerions à interroger les membres capturés ici afin de trouver plus d’informations sur les membres, les cachettes et autres détails.

Tout ce que j’avais fait dans cette bataille avait été d’invoquer une [pluie de météorites], j’avais donc été impressionné. Ce n’était pas une bataille contre la Phase, ils se seraient donc probablement très bien débrouillés sans moi.

J’avais regardé le Frame Gear de Sue avec un sourire sur mon visage. Le soleil levant brillait contre sa surface dorée scintillante.

◇ ◇ ◇

Tous les membres de l’Ordre Doré avaient été rassemblés avec succès, y compris le sous-chef. Avec cela, l’organisation était détruite.

Après avoir été pris, tous les membres avaient été informés de la vérité sur le sort [Sanctuaire]. Après avoir appris cela, la plupart s’étaient rendus tranquillement, apparemment écrasés par la nouvelle. Même s’il était beaucoup trop tard pour eux, ils avaient réalisé la futilité de leurs plans.

Ils avaient l’air misérables, mais ils récoltaient juste ce qu’ils avaient semé. Leurs efforts avaient entraîné la mort de nombreuses personnes, et leurs ambitions en auraient tué encore plus. Je n’avais aucune sympathie pour eux.

Ceux qui avaient commis des délits graves étaient immédiatement mis à mort, ceux qui avaient commis des délits moins graves étaient condamnés à cinquante ans de travaux forcés dans les mines.

En ce qui concerne le bataillon d’acier, il semblerait que le Bataillon Magique de Galzeld ait opéré séparément des Magie-techniciens de Bowman, de sorte que tout le savoir sur la façon de les créer était confiné à Bowman et, dans une moindre mesure, à son équipe.

Pourtant, ce n’était pas comme si les deux étaient capables de faire quelque chose de « correct » par rapport à un Frame Gear, même s’ils travaillaient parfaitement ensemble.

Bowman avait déjà été exécuté publiquement dans Roadmare, et l’exécution de Galzeld était déjà prévue. Il y avait certainement des magiciens et des ingénieurs qui avaient quelques idées vagues sur la façon dont le bataillon d’acier était constitué, mais ils étaient tous en détention. J’avais le sentiment que je ne verrais plus jamais de ces machines dans les environs. Après tout, il n’y avait plus personne possédant ce genre de connaissances.

Mais comme ils avaient été construits, il était possible que quelqu’un fasse de la rétro-ingénierie à partir de ce qui avait déjà été fait. Il était tout à fait possible que des imitations de ces imitations apparaissent, ou peut-être même que des imitations de ces imitations de ces imitations puissent voir le jour à l’avenir.

« Au final des déchets resteront toujours des déchets, mais je suis honnêtement impressionnée qu’il ait réussi à créer une bâtardise aussi efficace que mes Frames Gears. »

« C’est exact, madame ! C’est aussi grossier que possible, mais cela reste tout de même impressionnant ! Je suis tellement étonnée que je ne sais même pas comment il a fait, oui monsieur ! » Les deux andouilles de Babylone se moquèrent et secouèrent la tête en regardant le méchoui naufragé.

Vous savez, si vous continuez à vous plaindre du Bataillon d’acier, le fantôme vengeur de Bowman risque de flotter ici et de pleurnicher. Mais j’utiliserais juste [Bannissement] sur lui. Ce n’est pas grave.

Nous avions pris la mesure préventive de démolir tous les membres du bataillon d’acier que nous avions pu trouver. Je ne voulais vraiment pas découvrir que quelqu’un en avait volé un et en avait fait une version encore plus bâclée.

Felsen m’avait remercié d’avoir retiré la poussière sous le tapis. Ma réputation à Yulong, en revanche, était allée encore plus loin…

J’y étais allé déguiser, mais le Schwertleite de Yae et le Siegrune de Hilde étaient sortis de nulle part. Tous ceux qui virent l’incident croyaient maintenant que l’Oni d’argent était un agent de Brunhild.

Les gens de la capitale étaient heureux que l’empereur céleste soit mort, mais ils n’étaient pas reconnaissants que ce soit moi qui l’aie fait. Ils n’avaient probablement pas apprécié que j’aie fait irruption sans déclaration officielle et que je me sois contenté de faire ce que je voulais.

Ce n’était pas comme si je l’avais fait pour le bien des gens de Yulong ou autre, mais quand même… C’était un peu décevant de ne pas être apprécié. Ce n’était pas comme si j’avais besoin de leurs remerciements, mais ça aurait quand même été bien de les avoir.

Yulong n’allait absolument pas se rétablir en tant que nation à ce stade, et cela me convenait parfaitement. Ils devaient compter sur l’aide étrangère pour se relever, et aucune nation du continent ne voulait leur offrir une telle chose.

Il n’y avait déjà pas assez de nourriture dans les provinces centrales, alors la plupart des citoyens de Yulong se déplaçaient vers les villes situées aux frontières des autres pays.

Ces villes dépendaient en fait de ces pays extérieurs pour survivre, et ce n’était donc qu’une question de temps avant que les territoires ne soient absorbés par Roadmare, Felsen, Horn, Hannock ou Nokia.

Xenoahs avait maintenu sa politique typique de non-ingérence, mais ce n’était pas nouveau. Le climat était plus rude et il fallait s’habituer à la nourriture que les gens mangeaient.

De plus, il n’y avait de toute façon pas de grandes villes près de la frontière de Xenoahs.

Quoi qu’il en soit, beaucoup de choses s’étaient passées, mais j’avais senti que je pouvais enfin me détendre un peu.

Je voulais prendre un peu de temps libre, mais il restait encore trop à faire pour que je ne puisse pas me reposer totalement…

« Alors, qu’allez-vous faire maintenant ? »

Sonia, Rengetsu, et Jesty séjournaient dans la Lune d’argent pour le moment, j’avais décidé de leur rendre visite. Après tout, leur quête de vengeance était terminée. J’avais donc le sentiment qu’ils allaient passer à autre chose.

« Eh bien, nous sommes des aventuriers… Et il se trouve que nous avons entendu parler d’un certain ensemble de ruines accessibles depuis Brunhild. Nous avons donc pensé à nous installer ici pendant un certain temps et à nous lancer dans des quêtes afin de gagner un peu plus d’argent. Ça sonne bien ? »

Sonia et Jesty acquiesçaient de la tête à ce que Rengetsu m’avait dit. J’étais tout à fait d’accord. La présence d’aventuriers talentueux comme eux serait certainement une aubaine.

Je leur avais demandé de se taire sur ce qui s’était passé à Yulong. Mais je ne pensais pas vraiment qu’ils étaient du genre à se vanter d’avoir tué l’un des futurs empereurs célestes d’une nation étrangère.

En toute honnêteté, je voulais qu’ils rejoignent mon ordre de chevaliers. Ils étaient absolument assez forts… Mais j’avais retardé l’invitation parce que je ne voulais pas les attacher.

J’avais salué le trio et j’avais commencé à m’éloigner.

« Oh, seigneur. Vous vous promenez seul, aujourd’hui ? »

« Ah, seigneur ! J’ai des pommes savoureuses à vendre ! »

« Milord ! Vous voulez jouer aux toupies avec nous !? »

Un groupe de citadins de tous les horizons m’avait salué pendant que je me promenais. Il n’était pas vraiment possible pour moi de me déplacer sans attirer l’attention, mais cela ne me dérangeait pas trop.

Mais tout le monde avait pris l’habitude de m’appeler « seigneur ». On aurait dit un surnom bizarre. Mais comme ils n’essayaient pas de se moquer de moi, c’était bien. Ils commençaient tout juste à s’habituer à mon approche pratique.

Le duché de Brunhild n’avait qu’une seule ville. Donc, dans un sens, cette ville était Brunhild. Si la ville devenait plus grande, elle deviendrait la capitale de Brunhild.

J’avais décidé de partir vers l’Est. Il y avait un tas de rizières là-bas, parce que c’était le site de notre exploitation agricole. D’un point de vue environnemental, cette région du pays était semblable à la région rurale d’Eashen. Honnêtement, tout l’endroit ressemblait à un village agricole japonais. La roue à eau que j’avais installée à cet endroit ajoutait également à cette esthétique.

« Les choses se présentent bien ici. »

« Ah, seigneur. Rendez-vous visite à ma pauvre vieille personne ? »

Lakshy l’alraune faisait une petite pause sous un arbre. Elle était ostensiblement membre de notre ordre de chevaliers, mais la plupart de ses tâches étaient aujourd’hui d’ordre agricole.

C’était une espèce de démon enracinée dans la vie végétale, après tout. Elle était la personne idéale pour ce poste. C’est pour cette raison qu’elle avait été autorisée à se soustraire à la plupart des tâches chevaleresques habituelles.

Notre ordre de chevaliers comptait une centaine de membres, mais une quarantaine d’entre eux n’étaient pas vraiment des combattants. Ils avaient été affectés à d’autres domaines. Certains s’occupaient de la terre comme Lakshy, d’autres occupaient des postes de bureau, d’autres encore travaillaient dans les services secrets, d’autres encore dans la construction, etc.

Cela ne voulait pas dire pour autant qu’ils sont faibles. C’était quand même des gens qui avaient réussi mon processus d’examen. Ils s’entraînent encore seuls pendant leur temps libre. Ce n’était pas comme s’ils pouvaient cultiver la terre ou s’occuper de la paperasserie pour éviter un conflit si cela devait arriver.

« Nous nous attendons à une grosse récolte de riz à l’automne. »

« J’attends cela avec impatience. Au fait, y a-t-il quelque chose de gênant qui se passe ici ? »

« Uhm… Laisse-moi réfléchir. Oh, je suppose que j’étais un peu inquiet parce qu’il n’a pas beaucoup plu ces deux derniers jours. Mais ce n’est pas comme si vous pouviez arranger ça, seigneur… »

« Descends, ô eau. Bénédiction des cieux : [Pluie céleste] ! »

Des gouttes d’eau tombèrent sur le sol lorsque le ciel s’était ouvert. Il n’y avait pas un nuage dans le ciel, mais la pluie tombait tout de même, entièrement localisée sur la ferme. Dans le passé, j’avais fait une erreur en ce qui concernait sa puissance, mais je l’avais depuis affinée au point de sélectionner la zone.

Les agriculteurs dans les champs semblaient un peu désorientés par la pluie soudaine, et encore plus désorientés par les sorts [bouclier] que j’avais manifestés au-dessus de leurs têtes. Mais une fois qu’ils me virent, ils haussèrent les épaules comme s’ils avaient compris que c’était l’un de mes tours, et s’assirent un peu pour se détendre.

Lakshy regarda cela avec émerveillement avant de tourner à nouveau son attention vers moi.

« Bonté divine… N’y a-t-il rien que vous ne puissiez faire, seigneur ? »

« Il y a beaucoup de choses que je ne peux pas faire, Lakshy. C’est pourquoi je compte sur toi et sur tous les autres. »

Tout faire soi-même n’est pas une façon de vivre. Je suis heureux de pouvoir compter sur les autres pour construire ma nation avec moi. La construire seul n’est pas juste. Le vieux Naito, Kousaka… Lakshy, et tous les autres. Vous êtes ceux qui dirigent vraiment ce pays. La meilleure chose que je puisse faire est de vous garder tous en sécurité pendant que vous continuez à avancer. Je ne pardonnerai jamais à un individu qui s’en prendra à cette nation ou à son peuple. Si quelqu’un veut se mettre à chier sans raison valable, comme Yulong, je lui tomberai dessus comme une tonne de briques.

La pluie avait finalement cessé, je m’étais alors éloigné des terres agricoles.

J’avais décidé de visiter l’école récemment construite. Il n’y avait pas encore d’élèves présents, mais Fiana et les deux autres enseignants récemment embauchés étaient en train de nettoyer leurs salles de classe respectives.

Les deux nouveaux enseignants étaient une femme humaine d’une vingtaine d’années et un homme elfe. Il avait l’air jeune, mais c’était un elfe… J’avais appris plus tard qu’il avait apparemment plus de deux cents ans. Cependant, cela le rendait tout de même plus jeune que Doc Babylon et Leen… ce qui était un peu bizarre.

La femme s’appelait Miette, et l’elfe s’appelait Leisail. Miette avait reçu une éducation formelle dans l’empire Regulus, puis s’était rendue à Brunhild. Leisail était un mage, et apparemment un aventurier chevronné. Il avait été engagé sur la recommandation de Relisha.

Yumina avait utilisé son œil mystique pour déterminer s’il s’agissait ou non de bonnes personnes, au cas où. Ils étaient tous deux considérés comme ayant le cœur pur.

Je me dirigeais vers eux pour les saluer, quand j’avais soudain remarqué une meute de chats dans un des coins de la cour d’école.

« Qu’est-ce que… »

Les chats entouraient une boîte en carton. Debout sur la boîte, sur ses pattes arrière, la personne qui parlait au groupe dans une langue étrangère, n’était autre que M. Mittens…

« Miaou miaou miaou. Yeow meow. Miaou ! Meeeeow ! »

le langage des chats ? Que diable dit-il ?

« Qu’est-ce qui se passe ici, M. Mittens ? »

« C’est D’Artagnan ! J’acquiers en ce moment des infurmations pawsitives de mes informiaouteurs ici. »

Vos informateurs… ? Vous êtes devenu le roi des vagabonds, maintenant ? Eh bien, Kohaku vous surclasse toujours.

« Et comment vas-tu utiliser ces informations, hein ? »

« Afin d’assurer la sécurité, bien sûr ! L’école est mon territoire, alors je vais protéger mon vénérable bienfaiteur du mal ! »

Depuis quand cet endroit est-il ton territoire ? Bon, peu importe. Utiliser des chats pour obtenir des informations sur des événements suspects est en fait très intelligent. Si quelque chose se passe dans le coin, un chat errant a de bonnes chances de le voir. Bon travail, M. Mittens.

« Bon, très bien alors. Si quelque chose de bizarre se produit, fais-le savoir à Sakura. »

« Entendu, miaou. »

Je ne l’avais pas convoqué, donc il n’avait pas de lien télépathique avec moi. Il avait cependant toujours un lien avec Sakura, donc s’il l’informait, elle pourrait me téléphoner immédiatement.

Alors que je réfléchissais à l’efficacité d’un réseau d’espionnage félin, mon téléphone s’était mis à sonner. Huh. Un appel ? J’avais sorti mon téléphone de ma poche et j’avais vu que l’interlocuteur n’était autre que le docteur Babylon. J’ai un mauvais pressentiment…

« Sup... »

« Touya, Touya ! Je pense que le prochain devrait avoir une fonction transformatrice qui lui permette de passer d’une forme humanoïde à une forme plus orientée vers le combat… »

« Maître, maître, monsieur ! Le prochain devrait être un cuirassé porte-avions capable de transporter tous les Frames Gears en même temps ! »

« Il devrait y avoir des parties A qui s’emboîtent dans des parties B... ! »

« Si le Frame Gear de Madame Sakura utilise le chant pour créer des attaques oscillatoires, alors… ! »

Taisez-vous ! Dès que j’avais pris l’appel, j’avais reçu un flot de cris de Rosetta et de Regina. J’avais instinctivement éloigné le téléphone de mon oreille. Je n’aurais vraiment pas dû vous montrer un dessin animé… Vous faites tout ce que vous voulez ! Bon sang.

Eh bien, je suis un mec, donc je peux comprendre leur excitation… Honnêtement, c’est un peu déroutant quand je vois des filles s’enthousiasmer pour des robots géants. Peut-être ai-je pensé à tout cela sous le mauvais angle pendant tout ce temps. Les deux femmes avaient commencé à discuter et à demander des détails sur les animes de méchas qu’elles avaient vus.

Je ne voulais pas trop entrer dans les détails, car certains des robots géants dont elles avaient parlé fonctionnaient grâce à la fission nucléaire, et je ne voulais absolument pas que ce genre de technologie soit introduite dans ce monde. Je savais que Babylone allait inventer quelque chose comme ça si je détaillais trop.

J’avais finalement soupiré, défait, tout en éloignant le téléphone de mon oreille, je pouvais toutefois encore entendre leurs voix bavardes…

***

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