Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 10 – Chapitre 2 – Partie 3

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Chapitre 2 : L’unification de Babylone

Partie 3

Oh oui, cette chose était dans l’entrepôt… J’ai essayé de l’utiliser, mais je n’en ai pas tiré grand-chose. Il me permettait seulement de voir quelqu’un avec la même longueur d’onde que moi, et il n’y avait apparemment personne dans le futur avec tous les attributs élémentaires…

Cela signifiait en gros que pendant les cinq mille ans qui suivirent, j’étais le dernier à avoir toutes les affinités élémentaires. À moins que l’histoire n’ait changé, ou quelque chose comme ça.

Ce n’était pas comme si ça comptait beaucoup, Parshe l’ayant réduit en miettes.

« Combien de pièces de Babylone avez-vous acquises jusqu’à présent, Touya ? »

« En fait, c’est la dernière. Toutes les autres sont amarrées ensemble. »

« Mmh… Je… je vois. Ah, alors c’est plus qu’assez pour être qualifié. Le laboratoire de recherche est tout à vous. Tout comme moi. »

Tica sortit de sa poche ce qui semblait être un coton-tige légèrement gros et me le passa.

« Mmh… Mettez ça dans votre bouche, s’il vous plaît. »

J’avais tenu le coton-tige dans ma bouche pendant un petit moment, comme on me l’avait demandé.

Après l’avoir retiré, elle l’avait mis dans sa propre bouche.

« Mmh… Enregistrement terminé. Vos gènes ont été enregistrés, maître. La propriété de moi, cellule numéro 22 de Babylon, Atlantica… et du laboratoire de recherche, vous ont été transférés. »

« Est-ce tout ? »

« Ah… Quelque chose ne va pas ? »

« Non, c’est juste… Oublie ça. »

Pas de baiser… ? Je veux dire, attends ! Ce n’est pas comme si je voulais un baiser ! N’est-ce pas ? Pourquoi suis-je déçu !?

La fille semblait être un peu plus mature que les autres. J’étais content d’en avoir une plus raisonnable dans les parages.

« Bon, alors, par ici. Avant que je vous explique l’installation, vous avez une mission. »

« Une… Une mission ? »

Tica m’avait montré l’intérieur du bâtiment.

Le complexe était divisé en plusieurs bâtiments et installations, chacun ayant un but différent.

Nous étions entrés dans le laboratoire primaire, c’était apparemment là que Cesca et ses sœurs étaient nées.

Il y avait beaucoup d’objets alignés sur les murs, un peu comme ceux du laboratoire d’alchimie. Des capsules et des cabines de sommeil tapissaient également les murs. Les tubes semblaient tous vides, à l’exception des mystérieux liquides que je ne pouvais même pas commencer à identifier. Certains des tubes contenaient des choses étranges, ressemblant à de la chair, flottant dans ce qui était très probablement du formaldéhyde. C’était la définition d’un laboratoire suspect et effrayant.

L’endroit me donnait en quelque sorte l’impression d’être un complexe d’expérimentation humaine… Cela correspondait parfaitement à l’esthétique. Je m’étais dit qu’ils avaient probablement la capacité de changer le corps humain… Bien que dans un sens, ils l’avaient déjà fait. Les gynoïdes n’étaient pas vraiment des humains. Mais elles auraient tout aussi bien pu l’être.

Tica m’avait montré une capsule cylindrique au centre de la pièce. Elle m’avait montré une petite fenêtre sur une cabine qui ressemblait vaguement à un cercueil.

Une faible lumière verte brillait à travers la vitre, et je pouvais distinguer le visage d’une fille. Elle flottait dans le tube, les yeux fermés. Elle avait de longs et beaux cheveux. Elle était blonde. Mais je ne pouvais pas voir tout son visage. Dans un sens, elle ressemblait vaguement à Tica, mais il y avait quelque chose en elle qui me rappelait tous les gynoïdes de Babylone.

« C’est… »

« Le dernier numéro de Babylone, oui. La vingt-neuf. Notre plus petite sœur. »

Dix au total, alors… ? Je me demande si elle a été abandonnée en plein développement ou si elle dort pour une raison. Et pendant que je réfléchissais, Tica lâcha la bombe sur moi.

« Mmh… C’est notre mère, le docteur Regina Babylon. J’aimerais que vous la réveilliez, aah… »

Tu te moques de moi.

◇ ◇ ◇

« Que veux-tu dire... Docteur Babylone ? »

« Mmh… Pour faire simple, c’est un corps relativement frais dans lequel le cerveau original du Docteur a été transplanté. Le corps et le cerveau ont ensuite été synchronisés, et ont eu leur potentiel magique correctement réglé. Le processus a pris beaucoup de temps, mais elle est toujours le Docteur. Ahh… »

Dégoûtant. Ce n’est donc pas un clone, mais un nouveau corps… Avec un cerveau coincé dedans !?

« Mais on dirait qu’elle a dix ans… Pourquoi ? »

Elle devait avoir au moins la vingtaine. La femme que j’ai vue dans le message vidéo de Cesca avait cet âge. À moins qu’elle ait pu réaliser le rêve de toutes les femmes… La jeunesse éternelle. Mais n’est-elle pas un peu trop jeune ?

« Si elle avait été plus âgée, il y aurait eu… Mmh… une chance de rejet magique, et le processus de réglage auraient pu échouer. Ses souvenirs auraient aussi été en danger, aahh… »

« … Tu as enfoncé un cerveau adulte dans la tête d’un enfant ? »

« Effectivement. Entièrement. Mmh… Écrasé avec de la magie. »

Tica serra sa main comme si elle tâtonnait quelque chose de mou. Je n’aurais pas dû le demander. Honnêtement, ça me fait flipper. Le bon sens scientifique ne s’appliquait pas du tout à la magie. J’aurais dû arrêter pendant qu’il était encore temps. Appliquer la logique est inutile ici.

J’avais écouté toute l’histoire, et apparemment le Docteur n’était pas morte de vieillesse, son cerveau avait été transféré dans le nouveau corps alors qu’elle était encore dans la fleur de l’âge.

Après tout, le corps d’un gynoïde de Babylone était bien plus durable qu’un corps humain. Fam fonctionnait après tout sans problème depuis cinq mille ans. C’était presque comme l’immortalité. Je me demandais si elle avait cultivé des cellules d’elfes ou autre.

« Alors que suis-je censé faire ? »

« Mmh… Juste la remplir d’énergie magique pour la réveiller. Vous avez le même biorythme qu’elle, maître… Vous allez sûrement pouvoir la réveiller. Aahh... »

Guh… Quelle plaie ! Ce ne serait pas mieux si je la laissais dormir ? Cette femme va être très pénible et je le sais.

D’après ce que j’avais entendu, génie ou pas, c’était une peste de rang A. Je n’avais aucune idée de ce qu’il fallait faire. Si je la réveillais, elle risquait de me causer des tas d’ennuis. Ce ne serait sûrement pas un problème si je la laissais flotter là-dedans.

« Mmh… Désolé de vous déranger, mais il ne reste pas beaucoup de temps, aah… »

« Hein ? »

J’étais plongé dans mes pensées, mais Tica m’avait rapidement ramené à la réalité.

« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? »

« Mmh… Maître, quand vous êtes arrivé ici, un compte à rebours a commencé… Le système de survie de sa capsule a commencé à s’arrêter. Je dirais qu’il lui reste environ 5 minutes avant qu’elle ne finisse, euh, qu’elle ait fini… »

« Qu-Qu’est-ce que c’est que ce bordel !? Pourquoi quelque chose comme ça serait-il installé !? »

« A-Aah… C’était son choix. Elle, mmh, a dit qu’il serait inutile de continuer à vivre si vous ne vouliez pas la réveiller. »

Oh cette vieille sorcière ! Elle savait que je serais réticent alors elle a mis ça en place ! Gaaaah ! Je ne peux pas la laisser mourir ! Elle me connaît bien trop bien, ce n’est pas juste. Ce genre de merde te donne envie de crier « Elle s’est jouée de moi comme d’un foutu violon ! » Mais je vais m’abstenir.

« … Où mettre ma magie ? »

« Placez votre main sur la pierre à sorts de la capsule, et glissez votre énergie magique à l’intérieur. Mmh… »

J’avais posé ma main sur la pierre cristalline et j’avais commencé à y verser de la magie.

Au bout d’un moment, la machine s’était mise à clignoter et à tourbillonner. La capsule avait commencé à s’ouvrir comme une coquille, mais elle n’était pas encore tout à fait exposée à l’air.

Un liquide étrange commença à couler à travers la capsule. Il scintillait et brillait, mais il avait fini par être évacué.

« Biorythme, correct. Aucun problème de synchro magique. Fonctions corporelles, également correctes… »

Tica manipulait un panneau de contrôle, tirait des leviers et poussait des boutons. Elle appuya sur un énorme bouton. La capsule s’était alors finalement ouverte, le haut de la capsule s’éloignant proprement.

Une petite fille nue, âgée d’une dizaine d’années, était sortie de la capsule. Ses longs cheveux dorés descendaient jusqu’à sa taille. Je n’avais pas senti le moindre signe d’excitation. Mais c’était normal, c’était littéralement un enfant. Tica, par contre…

« … Pourquoi respires-tu si fort ? »

« M-Mhh… Ohhh… Hhah… Aucune raison, mh… N-Ne vous inquiétez pas pour ça ! »

Le gynoïde à côté de moi avait le visage rouge vif. Sa respiration était déréglée, et du sang coulait de son nez.

Ne t’en fais pas!? Bien sûr, je vais m’en inquiéter! Toi aussi tu n’es pas normale!

La petite fille ouvrit ses yeux vert clair. Elle les avait ensuite frottés et commença à regarder autour d’elle. Finalement, elle me remarqua, sourit largement et sauta de la capsule égouttée.

« Ravi de te rencontrer, Mochizuki Touya, Touya étant ton prénom. J’ai utilisé ma clairvoyance pour te voir très loin dans l’avenir, donc je n’ai pas vraiment l’impression de te rencontrer pour la toute première fois… Quoi qu’il en soit, salut. »

« Tu es… vraiment le Docteur Babylone ? »

La jeune fille sourit malicieusement en parlant à nouveau.

« Dans cette jeune et nubile chair. Docteur Regina Babylon. Le plus grand magicien du royaume du Parthénon, l’érudit suprême, et ton amante destinée… »

« Non, sans façon. Mets des vêtements. »

« Bon sang ! Pas besoin d’être grossier ! »

Je savais déjà que si je réagissais exactement comme elle le voulait, je ferais son jeu et je mourrais probablement.

Le docteur s’était approché d’un mur voisin, retira une blouse blanche du mur et la porta sans la serrer autour de sa minuscule silhouette. Il n’y avait pas de boutons sur le devant, son ventre nu et… d’autres extrémités étaient donc en évidence. Elle n’avait manifestement aucune honte.

J’ai entendu parler du tablier nu, mais c’est si ridicule… J’avais soupiré et j’avais secoué la tête. Même des sous-vêtements seraient mieux que ça.

« Le port de cette blouse est inutile… »

« Ahh… N-Non, je ne suis pas d’accord ! »

Tica leva le pouce alors que le sang jaillissait de son nez. Qu’est-ce que c’est que ce bordel !? Pourquoi agit-elle comme ça !?

« Doc, qu’est-ce qui ne va pas avec Tica ? »

« Ah, Atlantica a juste un faible pour les petites filles. »

« … Ne dis pas quelque chose d’aussi horrible avec autant de désinvolture. »

Ça explique probablement pourquoi elle ne m’avait pas embrassé comme les autres l’avaient fait.

« Je les aime bien aussi. »

« Tu donnes trop d’infos, sorcière ! »

Je faisais vraiment face à la racine de tout le mal. La base de tous les gynoïdes impures de Babylone que j’avais affronté jusque-là.

« C’est problématique… Je n’avais pas de vêtements préparés pour un corps de cette taille. Ce n’est pas mon genre de manquer de prévoyance… »

J’avais envisagé de retourner au château pour en emprunter à Renne ou à Sue. Mais je ne voulais pas être méprisé en leur demandant leurs vêtements. Il n’était pas question de leur demander leurs sous-vêtements. Je devais probablement leur dire la vérité sur ce qui se passait.

« Ne me dis pas que ce manteau a aussi cinq mille ans… »

« Bien sûr qu’il a cinq mille ans. Un problème ? Je l’ai enchanté avec un sort de protection, donc il est toujours propre. »

Pas étonnant qu’il ait l’air si neuf… Mon manteau est aussi enchanté par un sort de [Protection], donc il n’a jamais besoin d’être nettoyé.

Mais le problème, c’était qu’elle était encore complètement nue sur le devant. J’avais enlevé ma ceinture et je l’avais enroulée autour d’elle, forçant la chose surdimensionnée à couvrir son corps comme un yukata de fortune.

J’avais décidé de confier la direction du laboratoire de recherche à Brunhild.

Tica activa le monolithe et mit le cap. Je voulais qu’elle essuie son stupide visage qui saigne.

« Ce corps n’est pas mal, honnêtement… Étonnamment agile. C’est regrettable que je ne grandisse plus, mais je suppose que c’est un échange équitable contre la longévité. »

« Hm ? Tu ne vas plus grandir ? »

« Ce corps est composé de tissus provenant de divers… Des donneurs volontaires. Il ne grandit que tant que je reste dans la capsule, et une fois que je suis libéré, il ne grandit plus. Sais-tu qu’Atlantica possède ce corps depuis longtemps ? »

C’était logique. Tica et les autres gynoïdes gardaient leur apparence jusqu’à leur mort, si un jour elles mouraient… Ce trait les rendait semblables aux elfes et aux nains. Elles ne pouvaient pas non plus avoir d’enfants, car leur corps ne pouvait pas assurer la fonction de reproduction.

« En fait, chaque fois que je regardais le futur, tes mouvements étaient assez erratiques. Je n’ai pas pu voir une grande partie de ta vie de façon constante. Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est l’artefact que tu portes. »

« Uhh, un artefact ? Qu’est-ce que tu veux dire ? »

« C’est un petit appareil noir. Un appareil de communication, mais aussi un affichage multimédia. Un… tu l’as appelé Smoffo ? »

« Oh, tu veux dire mon smartphone. »

J’avais sorti mon smartphone et je l’avais montré au Docteur Babylon.

« Oui, c’est celui-là ! J’ai essayé d’en faire un moi-même, mais je n’ai pas compris son fonctionnement. Ça te dérange-t-il si je l’emprunte un moment ? »

« Je suppose que c’est bon. Mais ne le casse pas. »

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