Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 10 – Chapitre 1 – Partie 6

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Chapitre 1 : Le royaume démoniaque de Xenoahs

Partie 6

Attends. Quoi ?! Attends ! Pas possible, elle a la permission ?! Quand est-ce que c’est arrivé ?! Pourquoi ont-elles frappé sans que je le sache ?! Fiana regarda avec un visage heureux le maître suprême s’effondrer sur ses genoux. Il reniflait un peu, lui aussi.

« Je te dérange… ? Moche… ? F-Farnese a dit que je la dérangeais… »

Ça t’a vraiment frappé si fort ? Bon sang… J’avais ignoré le maître renifleur et je m’étais tourné vers Sirius.

« Au fait, votre fille est une membre de mon ordre de chevalier. »

Spica s’était tournée vers son père après que je lui aie parlé.

« Père. Je vais rester à Brunhild et protéger Lady Farnese de ma vie. Je jure sur le nom et l’honneur de notre famille. »

« Je comprends, ma chérie. Après tout, tu traces ton propre chemin dans la vie. Je prie pour que tu continues à être heureuse. Ta mère et moi sommes fiers. »

« Père… Merci. »

Ils s’étaient tenus dans les bras de l’autre. Je pouvais voir des larmes se former autour de leurs yeux. Franchement, leur apparence physique m’avait déstabilisé. Sans aucun contexte extérieur, on pourrait penser qu’ils étaient amants.

Sirius semblait être cependant un père très compréhensif. Un contraste saisissant avec un certain maître suprême… J’avais tourné mon regard vers Zelgadi. Il marmonnait encore.

« Je ne suis pas une gêne… n’est-ce pas ? Pas du tout… Je suis un bon père, non ? C’est normal d’être inquiet… C’est normal ! Il n’y a rien de mal à mes sentiments. »

J’avais décidé de ne pas lui accorder trop d’attention, j’avais aussi doublement décidé de ne jamais devenir comme lui.

« Alors… avez-vous pu déterminer exactement qui a orchestré le complot pour tuer Sakura… Euh, Farne ? »

« Aussi troublant que cela soit de l’admettre, nous n’avons rien trouvé. Mais si je le trouvais, je lui arracherais la chair de ses os. »

Sakura s’était accrochée à mon bras pendant que son père répondait à ma question. Je pouvais voir la soif de sang dans ses yeux alors qu’il pensait au coupable.

« Si je peux me permettre, je pense que c’était probablement planifié par quelqu’un qui serait troublé par l’ascension de Farne en tant que maître suprême. »

« Je réalise ce que vous essayez de dire, Grand-Duc. Vous pensez qu’un de mes fils est derrière tout ça, mais je vous assure que ce n’est pas le cas. »

« Comment pouvez-vous en être si sûr ? »

Le maître suprême s’était affaissé dans le fauteuil et plia les bras. Il me regardait le plus souvent, mais son regard se tournait de temps en temps vers Sakura.

« Prenons le premier prince Faron, pour commencer. Si je devais le décrire de manière positive, je dirais qu’il a un esprit résolu et qu’il est très orienté vers son objectif. Si je le décrivais négativement, je dirais que c’est un idiot. C’est une personne juste et équitable, et je ne peux pas imaginer qu’il puisse envisager un jour d’être un assassin. Si quelqu’un venait à lui avec une idée aussi sournoise, il serait plus enclin à tuer cette personne sur le champ. »

« Et le second prince ? »

« Le second prince Farese… C’est un lâche. Doux. Le genre de personne qui préfère ne pas devenir le maître suprême plutôt que de se donner la peine d’assassiner. Dans l’esprit de ce garçon, il n’y a que des livres, des livres, et encore des livres. Il déteste le danger, et évite les ennuis chaque fois. »

Il semblait certainement prompt à juger ses propres fils. C’était très différent de la façon dont il traitait Sakura. Si je devais deviner, je me suis dit qu’il était le genre de type qui voulait faire des gâteries à sa jolie fille, mais qui n’était pas trop intéressé à faire des éloges aux garçons.

Il voulait probablement l’annoncer comme le nouveau maître suprême au moment où ses cornes apparaissaient, mais Fiana avait probablement mis un terme à cela. Après tout, Sakura ne voulait pas régner. Cela me semblait raisonnable, car cela aurait entraîné tout un tas de problèmes.

Mais la situation semblait quand même assez compliquée.

« Alors, qui cela peut-il être ? »

« C’est peut-être la famille de ma première femme, aujourd’hui décédée. La famille Ribbuck… Ou bien la famille Arnos, qui est celle de ma seconde femme. Il est également possible que ce soit des nobles cupides. »

Ce serait avantageux pour la famille liée au prince qui finira par devenir le maître. Cela avait certainement rendu les Ribbuck et les Arnos méfiants.

« De toute façon, lequel des deux princes est actuellement en lice pour la succession ? »

« Je ne suis pas sûr. Les deux ont un peu de pouvoir magique, mais cela fluctue de jour en jour et ils sont assez bien assortis. »

Cela devient de plus en plus ennuyeux…

« Est-ce que l’un d’entre eux s’est fait des amis à Yulong ? »

« Pas que je sache. Le domaine de Ribbuck est cependant situé à la frontière entre Yulong et Xenoahs. Il ne leur serait pas impossible de nouer de tels liens. Mais les Arno sont une famille de commerçants. Bien que nous ne nous mêlions pas officiellement du commerce international, nous ne pouvons pas les radier. Ils auraient pu facilement établir des liens commerciaux avec l’extérieur. »

Les deux m’avaient paru assez suspects. Cependant, je commençais à en avoir assez à ce stade. Cela aurait été assez facile si j’avais pu faire venir Sa Sainteté le Pape de Ramissh et utiliser son œil mystique pour interroger tout le monde sur leur collaboration ou non avec Yulong. Cela me semblait être une bonne idée, mais je ne pouvais pas non plus faire venir le pape pour une telle chose. Amener tous les suspects à Ramissh n’allait pas non plus suffire.

Peut-être que l’entrepôt a un détecteur de mensonges ou quelque chose comme ça… Même s’il y en a un, je ne peux pas vraiment le présenter comme preuve.

Les souvenirs de Sakura avaient définitivement confirmé qu’il s’agissait d’assassins de Yulong, mais Yulong avait été tellement saccagé qu’il n’était plus possible de les retracer.

Je me demandais s’ils se tairaient si l’on annonçait officiellement que Sakura ne monterait pas sur le trône, mais j’en doutais un peu. Ils auraient probablement pris pour cible l’autre prince, et peut-être qu’une sorte de faction pro-farnese se serait levée. Dans ce cas, les choses deviendraient dangereuses pour Sakura.

Je voulais m’occuper de la situation avec soin avant de la ramener à Brunhild, mais je ne savais pas trop par où commencer…

◇ ◇ ◇

Un homme s’était glissé dans une ruelle sombre, se dirigeant vers son point de rencontre désigné. Il se trouvait dans le coin d’une rue d’entrepôt à l’aspect crasseux, quelque part dans la périphérie de la capitale du démon, Xenoskull.

Cet entrepôt appartenait autrefois à une puissante famille de commerçants, mais il était abandonné depuis longtemps. Il n’avait jamais été vendu en raison de dommages matériels occasionnés ici et là, car les coûts étaient tout simplement trop élevés pour que cela en vaille la peine.

L’homme, vêtu d’une cape noire à capuchon, ouvrit une lourde porte métallique et entra dans le bâtiment abandonné.

Le clair de lune illuminait la pièce, en jaillissant d’un trou dans le plafond. L’endroit était vide. Pourtant, la lumière de la lune guida l’homme vers son contact. Il s’agissait d’un homme vêtu de noir de la tête aux pieds, portant un masque orné.

« Qu’est-ce qui se passe ? Nous avons convenu de ne pas nous rencontrer après que vous vous soyez occupé de l’affaire, non ? Ou bien vous cherchez du travail après ce qui s’est passé à Yulong ? »

« … N’y a-t-il pas une autre cible sur le chemin ? »

L’homme dodu et encapuchonné s’était dandiné vers l’homme vêtu de noir. Il avait souri à la question étouffée et baissa sa capuche, exposant son gros visage. C’était un démon, ou plus précisément, une créature connue sous le nom de mephisto. La façon la plus simple de le reconnaître était ses cheveux bleu-blanc qui scintillaient dans l’obscurité.

« Eh bien, maintenant… J’aimerais certainement que vous éliminiez le premier prince, mais que demanderiez-vous à votre tour ? Vous voulez qu’on fasse à nouveau passer des armes au marché noir ? »

Après que l’homme ait parlé, une autre voix s’était élevée derrière lui.

« … C’est ça, hein ? C’était votre marché ? Vous avez donné les armes de Xenoahs à ces Yulongese, et avez engagé leurs assassins en échange ? »

Le gros petit homme se retourna pour chercher la voix. Ses yeux s’étaient gonflés d’horreur quand il avait réalisé de qui elle venait.

« Seigneur Zelgadi ?! »

L’homme qui le regardait n’était autre que le seigneur suprême de Xenoahs. Zelgadi Xenoahs. C’était à ce moment que j’avais annulé [Mirage], révélant ainsi ma véritable forme.

« Qu’est-ce que… Vous… ?! »

« Regardez moi bien, petit diable. J’ai arrangé ça. Maintenant, voyons voir… Severus Arnos, c’est ça ? On dirait que votre père n’est pas du tout au courant de ce que vous faites. Quand il a trouvé la lettre et le masque, il n’avait aucune idée de ce qu’ils signifiaient. »

Le plan était simple. J’avais laissé deux choses près des suspects potentiels, dans leurs chambres. Une lettre avec cette adresse et une note disant : « Nous devons parler du dernier travail », ainsi qu’un masque noir de Yulong. Ensuite, j’avais convoqué plusieurs souris pour surveiller les réactions.

Tout le monde, sauf cet homme, avait soit jeté le matériel, soit n’en avait pas compris le sens, soit avait crié après leurs gens pour avoir fait des farces stupides. Severus Arnos, par contre, avait pleinement mordu à l’hameçon.

Il avait immédiatement caché le masque dans un tiroir et froissa la lettre dans sa poche après l’avoir lue.

Il était l’héritier de la famille Arnos. La maison de commerce dont le deuxième prince Farese était le descendant. En d’autres termes, il était l’oncle de Farese. Ainsi, il allait finalement succéder à la Corporation des marchands Arnos.

« Vermine… Je ne peux pas croire que tu sois responsable. Ton père a honte de toi ! Ta société, ton héritage ! Disgracié ! Pour qui te prends-tu ? »

« Votre vilenie ! Vous vous trompez sûrement ! Je n’ai rien à voir avec la mort de la princesse, je vous le promets ! »

« Et qui exactement a parlé de la mort, je me le demande ? Qui a parlé de la princesse ? »

Severus s’était complètement figé. Il avait dérapé. Seules quelques personnes étaient au courant de la situation de Sakura, et encore moins de l’assassinat.

Severus avait beaucoup à gagner en la tuant et en assurant l’ascension du second prince. Il serait après tout l’oncle du maître suprême. Ce serait une position enviable, dans laquelle peu de marchands se seraient retrouvés. Il aurait la possibilité de s’immiscer dans les affaires politiques. C’était probablement ce qu’il voulait, mais il n’y avait plus d’espoir.

Sirius et ses gardes d’élite avaient fait irruption dans l’entrepôt. Le jour du jugement était arrivé.

« Arrêtez-le. J’ai le droit de lui arracher les yeux du crâne et de l’écorcher vif… mais nous garderons la torture au moment où je l’interrogerai. »

« Oui, votre vilenie ! Sécurisez le criminel ! »

Severus n’avait offert aucune résistance, car il était entouré de corde et entravé. Enfin, les soldats l’avaient traîné.

« Alors, c’est réglé maintenant ? »

« Ne soyez pas stupide, Grand-Duc. Maintenant, le travail commence vraiment. Tout d’abord, nous devons faire en sorte que l’existence de Farnèse soit officiellement reconnue par le public, de peur que les accusations que nous portons contre Severus ne signifient rien. Cependant, Fiana et Farnese refusent d’avoir quoi que ce soit à voir avec la royauté de Xenoahs, c’est pourquoi nous devons immédiatement annoncer également leurs séparations vis-à-vis de ma famille. »

« Euh… Alors, vous voulez dire… »

« Naturellement, Grand-Duc, nous allons annoncer officiellement vos fiançailles. »

Sirius était allé droit au but.

Eh bien… Merde. Je veux dire, c’est logique mais… Je n’avais aucun moyen de me sortir de cette situation.

Touya a utilisé la corde d’évasion !

Professeur Zelgadi : Il y a un temps pour tout, mais pas maintenant.

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre.
    La référence à Pokémon était vraiment dans l’œuvre original ?

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