Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 10 – Chapitre 1 – Partie 3

Bannière de Dans un autre monde avec un Smartphone ***

Chapitre 1 : Le royaume démoniaque de Xenoahs

Partie 3

Quelqu’un me poursuit.

Il y a un homme… ou peut-être une femme ? Des vêtements noirs… Une épée courbée… elle m’a tranché le dos.

Je suis tombée, et j’essaie de me relever, mais… ma jambe ! Tranchée sous le genou, je ne peux pas me relever. Je lève mon bras, mais il la balança à nouveau. Elle mordit dans mon poignet, et du sang cramoisi s’écoula du moignon. Je ne vois que du rouge, ça fait mal.

Je vais mourir. Je ne veux pas mourir. Ne me tuez pas. J’ai besoin de m’enfuir. Loin d’eux. Loin de cet endroit. Si je ne m’échappe pas, je vais mourir…

Sakura avait soudainement murmuré un mot qui lui était venu de nulle part.

« [Télé… portation] ! »

En un instant, Sakura avait été submergée dans l’eau froide. Elle ne savait pas ce qui s’était passé. Ses membres étaient sans force. Elle n’avait pas pu résister au courant, perdit son souffle, puis tomba inconsciente.

Je tenais les mains de Sakura dans les miennes, le front appuyé contre le sien. Je venais d’être témoin de ses souvenirs par le [Rappel].

« Je vois… C’est comme ça que ça s’est passé, hein ? »

« … je me souviens. Mon nom… Farnese… Farnese Forneus… J’ai été attaquée en même temps que Spica, et je… »

Sakura marmonnait doucement comme pour se confirmer la vérité.

J’avais une vague idée de la façon dont Sakura s’était retrouvée à Eashen. La peur de la mort l’avait probablement forcée à reconnaître la magie du Néant en elle, ce qui signifiait que [Téléportation] était son sort, et qu’il la déplaça d’un endroit à l’autre. Elle se téléporta à Eashen et y tomba dans la rivière. Ses cornes avaient probablement disparu pendant un certain temps en raison du pouvoir magique qu’elle avait dû utiliser pour se téléporter.

« Est-ce que vos… vos souvenirs sont-ils revenus ? »

Spica se tourna doucement vers Sakura.

« Ils sont vagues, je l’admets. Mais je te connais, Spica. Et je me souviens aussi de ma mère. Je me souviens… de beaucoup de choses, maintenant. »

« Lady Farne… »

Spica se mit à pleurer. Sakura vit ça et lui sourit doucement. Cependant, je sentais ses mains trembler.

« Sakura… As-tu peur de quelque chose ? »

« Un… Un peu… Je ne savais pas à quel point mes souvenirs… étaient effrayants. »

Son visage était pâle. Elle fit alors un petit sourire forcé. Ce n’était pas vraiment surprenant. Ma magie lui avait donné le souvenir très vif d’avoir été traquée et presque tuée. Elle avait retrouvé ses souvenirs maintenant, mais c’était des souvenirs que tout le monde voudrait oublier.

« C’est bon, ne t’inquiète pas. Je battrai tous ceux qui essaieront de te faire du mal, Sakura, alors n’aie pas peur. »

J’avais essayé de la réconforter en ébouriffant doucement ses cheveux. Le traumatisme qu’elle avait subi était très dur, mais je voulais l’alléger de toutes les façons possibles.

« Si… Si c’est vous, Grand-Duc, alors… Je me sens en sécurité. »

Sakura sourit, renifla, et s’accrocha à moi.

A-Ah… Sakura ? Tu ne devrais pas faire ce genre de choses… Spica me regardait très mal en ce moment… Peut-être… A-Attends, qu — E-Eek ! Qui me regarde ?! J’avais lentement tourné la tête vers la porte. Je l’avais entendue s’ouvrir, légèrement. J’avais pu ainsi voir les visages de huit filles alignées en rang. Elles regardaient fixement en ligne verticale. C’est quoi, une sorte de totem effrayant ?!

 

 

« La neuvième… hein ? », murmuraient mes fiancées à l’unisson.

S’il vous plaît, arrêtez… N’agissez pas comme ça ! Ne me regardez pas comme ça ! Allez !

« Pour le dire franchement, la [Téléportation] est une magie de mouvement instable. Ta [Porte] est beaucoup plus précise. »

Leen me proposa des explications tout en sirotant du thé.

« Qu’entends-tu par instable ? »

« Tout d’abord, quand tu utilises [Porte], tu te déplaces vers un endroit dont tu te souviens, non ? Mais avec la [Téléportation], tu dois connaître sa longitude et sa latitude exactes. Tu ne peux pas aller à un endroit déjà occupé par quelque chose de tangible, et tu ne peux te déplacer que toi-même. Tu peux déplacer deux personnes si tu lui tiens la main, mais ce serait la limite absolue. »

« Donc, quand elle est allée à Eashen… »

« C’était entièrement aléatoire, en termes de direction. Et la distance qu’elle a parcourue était aussi grande que son pouvoir magique le lui permettait. Si elle avait pris une autre direction, elle aurait pu finir dans la mer ou dans le désert. »

Eh bien… Ça aurait été mauvais. Elle aurait pu finir au fond de la mer, ou dans un volcan, ou un marécage. On dirait que si vous ne saviez pas exactement comment ça marche, vous pourriez vous retrouver dans un endroit dangereux.

« Cela dit, [Téléportation] possède de bonnes qualités pour une utilisation à courte distance. Tu n’as pas à te déplacer physiquement à travers quelque chose comme ta [Porte], tu pourrais donc l’utiliser pour te téléporter derrière un ennemi en tant qu’attaque surprise ? »

C’est logique. « Rien de personnel, gamin », et tout ça, hein… ? Cependant, je suppose que ça dépend de la façon dont on l’utilise.

J’avais décidé d’essayer.

« [Téléportation]. »

Je m’étais immédiatement téléporté de ma chaise au coin de la pièce.

Wôw, c’est horrible. La soudaine dissonance du changement visuel m’avait donné la nausée. Je ne pouvais pas m’imaginer l’utiliser au combat, à moins de m’y habituer vraiment. Au moins, ça ne causait pas vraiment de tension physique. De plus, il y avait toujours la possibilité d’enchaîner l’attaque.

« Quel fiancé absurdement puissant nous avons… Bonté divine… »

Leen m’avait simplement regardé et secoua la tête. Je m’étais habitué à ce genre de réaction depuis un bon moment déjà.

« Alors, Saku… Euh, Farne. Farne peut-elle utiliser ce sort ? »

« Sakura me convient, Linze. Je ne peux pas vraiment l’utiliser maintenant, car je ne sais pas exactement comment ça marche… »

Sakura sourit à Linze.

Hm… Donc elle ne peut pas comprendre elle-même le sort  ? Est-ce qu’elle a réussi à l’utiliser uniquement à cause du stress ? Il a quand même réussi à lui sauver la vie, donc tout va bien. Je veux dire, elle va s’y habituer avec de l’entraînement, non ?

« Si elle a seulement réveillé sa magie Néant, cela signifie qu’elle ne la ressent pas bien. Ça ne marchera que si tu arrives à l’utiliser d’une certaine manière. Mais cette manière dépend de la personne, donc ça lui prendra un peu de temps. »

Elze s’était immiscée alors qu’elle croquait un biscuit. Apparemment, il lui avait aussi fallu un certain temps pour s’habituer à utiliser [Renforcement].

« Alors, qu’est-ce qu’on va faire… Sakura va-t-elle retourner à Xenoahs ? »

Lu était allée droit au but. C’était vraiment quelque chose que nous devions aborder. Les sentiments de Sakura étaient importants, mais elle était toujours la princesse de Xenoahs. Illégitime ou pas. Elle était la successeur au trône, mais pas officiellement… Je m’étais dit que si elle restait à Brunhild et que nous restions discrets à ce sujet, personne n’aurait forcément à le savoir.

Quel que soit son choix, je m’étais dit qu’elle voudrait voir sa mère.

« … je souhaite rester ici au lieu de Xenoahs. J’aimerais vivre à Brunhild, avec Spica et ma mère. »

« Je… Je ressens la même chose, Dame Farne. Je souhaite servir Brunhild comme je l’ai fait jusqu’à présent. Mon frère aîné va succéder à la maison Frennel, il n’y a donc pas de problème. »

Spica fit part de ses intentions très clairement.

Mais nous ne pouvions pas nous contenter de les héberger. Nous devions au moins parler à la famille Frennel. Et probablement aussi au chef suprême… Peut-être. S’il n’était pas marié à la mère de Sakura, je n’aurais pas pensé avoir besoin de permission. Même en mettant cela de côté, l’histoire des assassins de Yulong m’avait vraiment mis sur la mauvaise voie.

Je n’avais pas de preuve solide, mais… Je me demandais si quelqu’un au sein de Xenoahs avait passé un accord avec eux. Un accord pour faire tuer Sakura. Cependant, il y avait quelques failles dans cette théorie, comme l’implication réelle de Yulong. Je ne savais pas s’ils avaient été payés ou s’ils avaient reçu des informations sensibles… Je ne comprenais pas vraiment le rôle de Yulong dans le tableau. Xenoahs était connu pour être fermé aux transactions avec les autres nations, il était donc probable que ce soit une attaque extérieure.

Mais en tenant compte de tout cela, il était très probable que quelqu’un à Xenoahs voulait la mort de Sakura. Il fallait aussi que ce soit quelqu’un en position de pouvoir.

Selon la logique, ce serait quelqu’un qui voulait l’éloigner de la ligne de succession… Le premier ou le second prince, peut-être…

« Sakura, tu ne veux pas être le chef suprême ? »

« Absolument pas. Même si cela empêchait les cieux et la terre de changer de place. Même si cela empêchait l’enfer de geler. »

C’est assez intense… Je suppose que cela pourrait aider si elle disait ça en public ? Attends, non, ça pourrait simplement empirer les choses. Ce serait mieux si le monde pense encore qu’elle est morte. Il se peut que des gens agissent dans l’intérêt des princes sans qu’ils le sachent. Même s’ils n’étaient pas forcément responsables de tout cela.

« Eh bien, quoi qu’il en soit, nous devons aller à Xenoahs… Nous devrions voir au moins la mère de Sakura. En d’autres termes, nous devons aller chez les Frennel. »

« C’est vrai. Nous devons parler avec Lady Fiana de la manière de procéder. »

Spica hocha la tête. J’avais décidé que nous devions y aller le plus rapidement possible.

J’avais décidé d’emmener Sakura, Spica et Kohaku dans ce voyage.

J’avais utilisé [Rappel] sur Spica pour obtenir les souvenirs pertinents et j’avais ensuite ouvert une [Porte] pour atteindre sa résidence familiale.

Spica était passée la première, nous l’avions suivie consciencieusement par la suite.

Le portail nous avait conduits à l’entrée du manoir de sa famille. Spica hocha la tête comme pour confirmer que c’était bien la maison de la famille Frennel. Nous ne voulions pas que Sakura soit vue de l’extérieur, nous avions donc fini par faire en sorte que le portail soit positionné directement dans le bâtiment.

Un luxueux tapis rouge ornait le sol, et une belle peinture attira mon attention. C’était l’image d’un homme, d’une femme, de trois jeunes garçons et d’une petite fille assis sur une chaise. Il semblait s’agir d’un portrait de famille, ce qui signifiait que la fille était Spica. Son visage était assez semblable, du moins.

« C’est certainement nostalgique… En effet, c’est vrai… Je suis déjà venue ici. », murmura Sakura. C’était vraiment bon signe. Ses souvenirs revenaient clairement plus forts.

Sakura jeta un coup d’œil autour d’elle un moment, puis se mit à courir dans un des couloirs.

« Lady Farne ?! »

Spica la suivit à la hâte. Kohaku et moi ne comprenions pas vraiment, mais nous avions aussi couru.

Une jeune femme de chambre, à l’air jeune, se tenait les yeux écarquillés. Elle nous regarda passer en courant, luttant pour ne pas faire tomber son panier à linge.

« Dame Farne ?! Et Mademoiselle Spica ?! Qu-Quoi ?! »

Sakura avait complètement ignoré la bonne, et s’était précipitée dans une pièce spécifique.

Nous l’avions finalement rattrapée et avions regardé à l’intérieur. Il y avait un grand lit entouré d’un doux voile blanc. Il y avait une femme assise dans le lit. Elle semblait avoir une trentaine d’années. Son visage était pâle et ses cheveux étaient d’un blanc pur. Cependant, elle ressemblait de façon frappante à une certaine personne, ce qui signifiait qu’elle était…

« Farne… ? »

« M-Mère ?! Mère ! »

Sakura se dirigea vers le lit et se jeta dans les bras de sa mère. Elle tira la femme dans une étreinte serrée et s’était mise à sangloter.

« T-Toi... C’est vraiment toi, ma chérie ? Tu es vivante… Tu es vivante ! »

« Waaah… »

« Lady Fiana… C’est vrai, Lady Farne est vivante. Elle a été sauvée d’une mort certaine, par cet homme. Le grand-duc de Brunhild. »

Les mots de Spica semblaient s’inscrire dans l’esprit de la femme, alors qu’elle mettait ses bras autour du corps de Sakura et se mettait à sangloter elle aussi.

La fille qu’elle croyait morte était enfin rentrée à la maison. Le soulagement et le bonheur qu’elle avait dû ressentir étaient probablement indescriptibles, alors j’avais décidé de ne pas m’en mêler.

Nous avions juste décidé de les regarder se serrer l’une contre l’autre pendant un moment.

« Euh… Qui êtes-vous ? »

La bonne s’était tournée vers moi avec des yeux suspicieux. C’était une question assez raisonnable.

***

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, informez-nous en sélectionnant le texte en question et en appuyant sur Ctrl + Entrée s’il vous plaît. Il est conseillé de se connecter sur un compte avant de le faire.

4 commentaires :

Laisser un commentaire