Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 5

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Chapitre 2 : Plus on est de fous, plus on rit ! Doublement de joie, moitié moins de chagrin

Partie 5

« Ooh, nous sommes presque arrivés ! C’est la capitale ! » Sue poussa un cri alors qu’elle passait la tête par la fenêtre. Je regardais dehors et au loin je distinguais un château blanc entouré de hauts murs, bordés par une grande cascade à l’arrière.

La capitale royale, Alephis. Située sur la rive du lac Palette, un grand plan d’eau qui s’est formé à la base de la chute d’eau, était également connue comme « La capitale au lac ».

Situé sur la partie occidentale du continent, le royaume de Belfast possédait un climat agréable. Cela plus les lois justes du roi régnant en avait fait un pays relativement paisible. Les produits en soie fabriqués dans la région de Killua à Belfast étaient réputés comme étant de la plus haute qualité au monde. Ils étaient légers et doux, robustes et beaux. Ces marchandises étaient populaires parmi les nobles et même des familles royales étrangères, ainsi ce commerce était la fierté du royaume, et soi-disant une source indispensable de revenu.

En y repensant, Zanac n’avait-il pas des vêtements de soie à vendre dans sa boutique ?

Alors que nous nous rapprochions de plus en plus de la capitale, j’avais été une fois de plus choqué par la hauteur des murs du château. Jusqu’où pouvait-elle aller ? Elle avait l’apparence d’une forteresse de fer conçue pour repousser tous les assaillants. Je ne voulais pas dire qu’elle était faite de fer ou de quoi que ce soit.

Plusieurs soldats effectuaient des inspections aux portes de la ville avant de permettre aux gens d’entrer dans la capitale. Cependant, nous avions été autorisés à passer dès que le garde avait aperçu les visages de Sue et Leim. On dirait qu’ils étaient assez bien connus dans ce quartier. Sans doute que les armoiries de la famille du duc sur le flanc de la calèche jouaient aussi un rôle.

La voiture continua tout droit en direction du château, traversant un pont de pierre qui enjambait une grande rivière en bas du chemin. Il y avait un autre point de contrôle au milieu du pont, mais nous étions encore une fois passés à travers.

« Au-delà de ce point est le quartier résidentiel des nobles. » J’avais donné un petit « je vois » à l’explication de Leim. Ainsi, la capitale avait été divisée en deux zones : le quartier des roturiers, et le quartier des nobles. Ce qui signifiait que l’endroit que nous venions de quitter devait être le quartier le plus fréquenté.

Nous avions voyagé à travers une rue remplie de rangées de beaux bâtiments et nous étions arrivés en face d’un imposant manoir. Les murs aux alentours étaient aussi énormes. Quand nous nous étions finalement arrêtés devant l’entrée, cinq, puis six soldats avaient lentement ouvert les très grandes portes, vraisemblablement lourdes. Ce n’était que maintenant que nous étions en face d’elle, que je constatai que le blason sur la porte était exactement le même que celui présent sur le flanc de la calèche.

Donc c’était la propriété du duc. C’était imposant. Tout du jardin à la maison était inutilement immense. Pourquoi tout était-il si vaste ?

La calèche s’arrêta devant l’entrée, et Sue ouvrit la porte avec grand enthousiasme.

« Bienvenue, jeune mademoiselle ! »

« Pourquoi cet accueil ! » Un mur de servantes apparut et inclina la tête à l’unisson. Je m’étais simplement assis dans la voiture, complètement ébahi jusqu’à ce que Leim me pousse à sortir. Je me sentais... complètement et totalement pas à ma place. Quand nous étions entrés dans le hall, un homme était descendu de l’escalier rouge devant nous.

« Sue ! »

« Père ! » Sue s’était dirigée droit vers l’homme et avait bondi pour l’embrasser.

« Dieu merci... Dieu merci, tu es saine et sauve ! »

« Je vais bien, père. Ne te l’ai-je pas écrit dans ma lettre ? »

« Quand cette lettre est arrivée, j’avais l’impression que mon cœur s’était arrêté dans ma poitrine... » Il semblerait que l’homme était le père de Sue, le duc Alfred Ortlinde, le frère du roi. Il avait des cheveux blonds, un corps fort qui m’informa d’un coup d’œil de sa bonne santé, mais malgré sa robustesse, il avait un visage doux qui lui donnait un air charmant.

Finalement, le duc se sépara de son étreinte avec Sue et se dirigea vers nous.

« ... Vous devez être les aventuriers qui ont sauvé ma fille. Vous avez ma plus sincère gratitude. Vraiment, merci beaucoup pour votre aide. » J’étais surpris. Le duc nous avait approchés seulement pour incliner la tête. Le frère du roi s’inclinait devant nous.

« S’il vous plaît, il n’y a pas besoin de baisser la tête. Nous avons seulement fait ce que n’importe qui ferait dans cette situation ! »

« Je vois. Vous êtes assez modeste, n’est-ce pas ? Néanmoins, vous avez toute ma gratitude. » Après qu’il eut fini de parler, le duc prit ma main dans la sienne et la secoua fermement.

« Vous le savez sans doute déjà, mais permettez-moi de me présenter officiellement. Je m’appelle Alfred Urnes Ortlinde. »

« Je suis Mochizuki Touya. Oh, Touya est mon prénom et Mochizuki est mon nom de famille. »

« Oh, seriez-vous d’Eashen ? »

... S’il vous plaît. Pas encore ça.

« Je vois... Alors vous êtes venus dans la capitale pour livrer une lettre à la suite d’une demande de la guilde ? » Nous nous étions assis sur la terrasse du deuxième étage donnant sur le jardin, en dégustant une tasse de thé.

Bien que les seuls qui appréciaient réellement leur thé étaient le duc et moi, car les trois autres étaient tendues et s’assirent comme des planches de bois. Sue avait quitté son siège et n’était plus là. Je me demandais où elle s’était enfuie.

« Si vous n’aviez pas accepté cette requête, Sue aurait très bien pu être kidnappée ou assassinée... Je suis reconnaissant à la personne qui vous a demandé de venir ici. »

« Avez-vous une idée de qui aurait pu être derrière l’attaque ? »

« Je souhaiterais presque pouvoir dire que je ne le sais pas... mais compte tenu de ma position, je suis sûr qu’il n’y a pas pas mal de politiciens véreux qui me voient comme une gêne. Il pourrait même y en avoir parmi les nobles qui chercheraient à kidnapper ma fille et à l’utiliser comme levier contre moi pour me faire agir selon tous leurs caprices. » Le duc fit une grimace amère et sirota son thé en disant cela. On aurait dit qu’il y avait toutes sortes d’individus, même parmi la noblesse.

« Je suis de retour, Père. Désolé pour l’attente. » Sue était sorti sur la terrasse. Elle portait une robe à volants rose pâle et, dans ses cheveux, un bandeau orné d’une rose très pâle assortie. Cela lui allait très bien.

« As-tu parlé avec Ellen ? »

« Oui, je l’ai fait. Cependant, je me suis bien gardée de lui dire que j’avais été attaqué. Je ne voulais pas l’inquiéter. » Sue sortit et s’assit à côté du duc. Leim arriva un instant plus tard en portant plus de thé avec lui.

« Ellen ? »

« Je suis désolé qu’elle ne puisse pas venir à votre rencontre, même si vous êtes venu au secours de notre fille... Elle est devenue totalement aveugle, vous voyez ».

« Votre femme est aveugle, est-elle ? » Yae prit la parole, on sentait clairement le cœur lourd derrière ses mots.

« Elle est tombée malade il y a cinq ans... Ils ont réussi à lui sauver la vie, mais pas sa vue. » Le duc laissa tomber son regard en parlant de son histoire triste. Sue le remarqua, et posa sa main sur la sienne. Elle devait être inquiète pour son père. Elle était vraiment une charmante petite fille.

« ... A-Avez-vous essayé de le traiter avec de la magie ? »

« J’ai appelé les pratiquants de la magie de guérison à travers tout le pays, mais... c’était inutile. Ils ont dit que si cela avait été causé par une blessure physique, alors la magie aurait peut-être aidé dans une certaine mesure, mais cela n’aurait eu aucun effet sur les séquelles d’une maladie. » Le duc répondait implacablement à la question de Linze.

Donc, même la magie de guérison ne pouvait pas l’aider... Je pensais que nous pourrions être en mesure de guérir avec [Soin Réparateur] ou quelque chose de ce genre, mais... Ce sont dans des moments comme ceux-là où je ressentais plus que jamais ma propre incompétence.

« Si seulement mon grand-père était encore en vie... » murmura Sue d’une petite voix regrettable. Elle avait dû remarquer ma curieuse expression, parce que le duc s’était levé pour expliquer.

« Le père de ma femme... Le grand-père de Sue, c’est-à-dire mon beau-père, pourrait utiliser une sorte de magie très spéciale. Il était capable de guérir toute anomalie dans le corps. La raison pour laquelle Sue est partie en voyage était d’en savoir plus sur sa magie et de trouver un moyen de la recréer. »

« Si nous avions la magie de grand-père, nous serions capables de guérir les yeux de maman. Même si nous ne pouvions pas utiliser cette magie, il y avait la possibilité que le fait d’en savoir plus à ce sujet nous ait permis de le remplacer par un sortilège d’une autre école de magie. C’est ce que j’ai entendu de la magicienne de la cour, tout au moins. Sinon nous pourrions essayer de trouver quelqu’un qui pourrait utiliser la même magie que grand-père... » Sue serra le poing de frustration.

« Elle a dit que cette possibilité était malheureusement assez faible, Sue. La magie non élémentaire est principalement de la magie personnalisée. Il n’y a presque pas deux personnes qui peuvent utiliser exactement le même sort. Mais je suis sûr qu’il doit y avoir quelqu’un qui peut utiliser un sort similaire. Je vais certainement trouver cette personne, d’une manière ou d’une autre... »

« “‘AAAAH !!!’” » Les trois filles assises à côté de moi avaient soudainement sauté de leurs sièges et avaient laissé échapper des bruits très forts. Whoa, ça m’a fait peur ! Mais que diable se passe-t-il ici ?!

« C’est Touya ! »

« Touya, c’est toi ! »

« Touya-dono, ça doit être toi, sûrement ! »

« De quoi parlez-vous ? » Les filles me pointèrent du doigt à toute vitesse, et je m’éloignai par réflexe.

Vous m’effrayez sérieusement... Est-ce que toute cette tension vous a rendue folle ? Regardez, le duc et sa fille s’éloignent aussi. Vous faites peur à tout le monde ici !

« Vous pourriez être en mesure d’utiliser ce sort ! » S’exclama Elze.

« La magie non élémentaire est principalement de la magie personnalisée... ce qui signifie que deux personnes ne peuvent pas utiliser le même sort. À part... ! »

« Touya-dono, tu peux utiliser n’importe quel sort de type Néant, n’est-ce pas ?! »

« Hmm... ? Oh ! Alors c’est donc la signification de tout ce raffut ! » J’avais finalement compris ! Oui, si le sort n’était pas élémentaire, alors...

« De quoi... parlez-vous ...? Voulez-vous dire que vous pouvez...? »

« Touya ! Pouvez-vous vraiment guérir ma mère ? » S’exclama Sue. Le duc me regarda avec une expression de stupéfaction sur son visage. Pendant ce temps, Sue s’accrochait à mon bras comme si elle n’allait jamais le lâcher.

« Honnêtement, je ne serai pas capable de vous dire si je peux la soigner ou non sans avoir essayé d’abord. Mais s’il y a un espoir... Du moment que je connais le nom du sort et les détails de ce qu’il fait. »

« Oh, mon dieu, avons-nous des invités ? » La dame assise sur le lit dans la chambre où nous étions entrés ressemblait beaucoup à Sue. La regarder m’avait presque fait entrevoir à quoi ressemblerait Sue à l’avenir. La seule différence était qu’elle avait les cheveux châtain clair contrairement à sa fille qui était blonde.

Sa blouse blanche et sa jupe bleu pastel lui donnaient un air éphémère. Pour la comparer à une fleur, elle ressemblait moins à une rose ou à un lys, et ressemblait plus à une gypsophile. Elle était encore jeune. Probablement pas encore trente ans. Mais j’avais l’impression que sa jeunesse focalisait davantage l’attention sur ses yeux aveugles. Ses yeux étaient toujours ouverts, mais son regard donnait l’impression de ne jamais se poser sur rien. Cela m’avait presque poussé à demander ce que ces yeux pouvaient contempler.

« Je m’appelle Mochizuki Touya. C’est un plaisir de vous rencontrer, Duchesse Ellen. »

« Tout le plaisir est pour moi. Chéri, ce jeune homme est-il un de tes amis ? »

« Effectivement, c’est quelqu’un qui s’est occupé de Sue pendant son voyage... et en entendant parler de vos yeux, il a dit qu’il aimerait voir ce qu’il pouvait faire. »

« Mes yeux...? »

« Mère, s’il te plaît, détends-toi un moment. » Dit Sue. Je levai tranquillement ma main et la portai devant les yeux de la duchesse Ellen. Mon esprit se concentrait entièrement sur eux alors que je jetais le sort que j’avais appris il y a un instant. Allez, s’il te plaît, marche...

« [Restauration]. »

Une douce lumière sortait de la paume de ma main pour aller dans les yeux de la Duchesse Ellen. Quand la lumière s’était évanouie, j’avais retiré ma main.

Son regard erra un moment avant de s’installer progressivement. Après avoir cligné des paupières plusieurs fois, elle se tourna doucement vers son mari et sa fille.

« ... Je-je peux... voir ? Chéri...! Je peux voir ! » Les larmes avaient commencé à couler des yeux de la Duchesse Ellen.

« Ellen...! »

« Mère ! » Ils se serrèrent tous les trois et se mirent à pleurer. En voyant enfin son mari et sa fille pour la première fois en une demi-décennie, la duchesse Ellen sourit brillamment à travers ses larmes. Elle avait simplement continué à regarder leurs visages à travers ses yeux embués de larmes. Les visages de sa famille bien-aimée.

Leim, qui observait tranquillement la scène de près, tourna son visage vers le haut et commença à renifler aussi.

« Uwah... Je suis tellement heureuse ! » Elze s’étrangla.

« Je suis tellement content pour eux aussi... »

« Je suis vraiment content pour eux... ! »

Attends, pourquoi êtes-vous en train de pleurer ? Huh? Attends, est-ce que le fait d’être le seul à ne pas pleurer peut faire de moi une horrible personne ? Je me sens très ému par toute cette scène aussi, vous savez ! C’est juste que je mettais mis tellement de pression pour m’assurer d’obtenir un résultat que je suis plus soulagé qu’heureux maintenant... Ah, oublie ça.

Pour le moment, nous avions juste regardé chaudement la famille se réjouir.

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3 commentaires

  1. Merci pour le chapitre !

  2. Merci pour le chapitre.

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