Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 1 – Chapitre 2 – Partie 1

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Chapitre 2 : Plus on est de fous, plus on rit ! Doublement de joie, moitié moins de chagrin

Partie 1

Diverses quêtes avaient été affichées sur le tableau de la guilde. Certaines impliquaient la chasse aux monstres, tandis que d’autres impliquaient la cueillette d’herbes ou même l’exploration d’endroits inconnus. Il y en avait aussi quelques-unes plutôt simples, comme faire de la garde d’enfants ou faire des corvées.

Puisque nous avions déjà accompli plusieurs quêtes, notre rang avait augmenté la veille. Et ainsi, nos cartes étaient devenues pourpres, ce qui signifiait que nous n’étions plus de simples débutants.

Fondamentalement, cela signifiait que nous pouvions accepter des demandes de niveau supérieur. Nous n’étions plus limités aux quêtes noires, puisque nous pouvions aussi faire des quêtes pourpres.

Pourtant, nous ne pouvions pas relâcher notre vigilance. Nous pourrions échouer dans nos quêtes et, selon la mission, cela pourrait aussi entraîner la mort. Nous avions vraiment besoin de tenir le coup.

« Du nord... ruines... quête de chasse... méga... slimes ? » J’ai essayé de lire l’une des listes de quête pourpre. Avec l’aide de Linze, j’avais finalement atteint un point où je pouvais lire de simples mots. La récompense pour la quête était... huit pièces d’argent. Eh bien, cela ne semblait pas trop mal du tout.

« Hey, alors pourquoi pas celui-ci... »

« Absolument pas. » Les filles refusèrent à l’unisson.

Eh bien, d’accord alors. Elles avaient tous deux des expressions complètement dégoûtées sur leurs visages. Vraiment ? Était-ce si mauvais ? Il s’est avéré que les filles ne supportaient pas d’être dans les alentours de créatures collantes et visqueuses.

« Ces choses dissolvent les vêtements, vous savez ? Nous n’allons en aucun cas nous approcher d’eux ! » Elze avait crié sur moi.

« Ce serait... si bon... »

« Et à propos de ça ? Une demande de livrer une lettre à la capitale. Les frais de voyage sont couverts... La récompense est de sept pièces d’argent... Qu’en penses-tu ? »

« Sept pièces d’argent... nous ne pouvons pas partager cela de manière égale entre nous. »

« Eh bien, nous pouvons juste dépenser le reste pour quelque chose pour nous trois, » répondis-je. Cela avait du sens pour moi.

J’étais allé confirmer les détails de la mission qu’Elze avait signalée. Celui qui avait posté la demande s’appelait Zanac Zenfield... Attendez, est-ce le même Zanac ? J’avais vérifié l’adresse, et en effet elle indiquait « ZANAC LE ROI DE LA MODE ». Eh bien, il n’y avait aucun doute sur ce sujet.

« Combien de temps faut-il pour arriver à la capitale d’ici ? »

« Hm... environ cinq jours de charrette, je suppose ? »

C’était assez loin... La mission allait être mon premier long voyage depuis mon arrivée dans ce monde. Mais bon, j’avais toujours eu la possibilité de faire une [Porte] pour le voyage de retour, ce qui n’était pas si mal. De plus, si je visitais la capitale une seule fois, je serais en mesure d’y retourner quand je le souhaiterais grâce à ce petit sort pratique. J’avais le sentiment que ce serait un atout à l’avenir.

« D’accord, alors, allons-y pour celle-ci. Je connais le gars qui a fait la demande. »

« Vraiment ? Alors, nous allons le prendre. » Elze déchira l’avis de la mission du tableau et le porta à la réceptionniste. Quand elle était revenue, elle nous avait dit que nous allions entendre les détails de la requête lorsque nous irions rencontrer la personne qui l’avait affichée.

Après tout, on dirait que je le reverrai.

« Ah, rebonjour ! Cela fait longtemps. Comment vas-tu ? »

« Très bien, merci pour votre aide cette fois. »

Dès que nous sommes entrés dans le magasin, Zanac m’avait repéré et m’avait appelé. Quand j’avais mentionné que nous étions là en réponse à sa demande de quête, il nous avait conduits dans une pièce à l’arrière du magasin.

« Pour ce travail, je voudrais que vous livriez une lettre au Vicomte Swordrick se trouvant dans la capitale. Si vous mentionnez mon nom, il devrait savoir de quoi il s’agit. Je voudrais aussi que vous reveniez avec une réponse du vicomte. »

« Est-ce une affaire urgente ? »

« Je n’appellerais pas vraiment ça une urgence, mais ce serait problématique si vous laissez traîner ça trop longtemps », dit Zanac. Puis il avait pris la lettre d’un petit tube et l’avait placé sur la table. Celui-ci était scellé avec une substance identique à de la cire et portait d’étranges cachets.

« Du reste, voici vos frais de voyage. J’aurais pu en inclure un peu plus que prévu, mais vous n’avez pas à me retourner ce qu’il reste. Vous pouvez utiliser cet argent pour faire du tourisme dans la capitale, si vous le souhaitez ! »

« Merci beaucoup. »

Après avoir reçu la lettre et l’argent pour nos frais de voyage, nous nous étions mis en route afin d’aller préparer le voyage. Je m’étais procuré un chariot, Linze était allée acheter de la nourriture pour le voyage, et Elze était retournée à l’auberge pour récupérer tous les articles dont nous pourrions avoir besoin le long du chemin.

Une heure plus tard, nos préparatifs étaient terminés, alors nous étions partis en direction de la capitale.

Nous roulions dans une calèche de location, mais cela ressemblait plus à une charrette qu’autre chose, car elle n’avait même pas de toit. Pourtant, c’était bien mieux que de marcher sur toute cette distance.

Je ne pouvais pas contrôler les chevaux, mais heureusement, les jumelles étaient des expertes. Elles m’avaient dit qu’elles avaient côtoyé des chevaux dès leur plus jeune âge parce qu’un de leurs parents possédait une ferme. En conséquence, les deux filles s’étaient relayées sur le siège du conducteur et j’étais simplement resté dans la charrette, m’autorisant à être bercé pendant tout ce temps. Je me sentais mal de ne pas pouvoir aider.

Nord, nord, nous nous sommes dirigés en direction du Nord. Le voyage s’était bien déroulé le long de la route principale, et nous avions parfois échangé des plaisanteries avec d’autres chariots qui passaient.

Nous avions laissé Reflet derrière nous et avions traversé la prochaine ville, un endroit appelé Nolan. Après cela, il ne fallut pas longtemps avant d’arriver juste avant le coucher du soleil à la ville d’Amanesque. Je pensais qu’on devrait passer une nuit à l’auberge, mais... attendez une seconde, j’ai complètement oublié...

Ne pouvais-je pas simplement utiliser [Porte] pour retourner à Reflet et passer la nuit à l’auberge de la lune d’argent ? Ne pouvais-je pas juste le refaire demain pour revenir ici, donc ce n’est pas grave, non ? Malheureusement, quand j’avais proposé l’idée aux filles, elles l’avaient carrément rejetée. Pourquoi... ?

Selon eux, ça aurait été un voyage pour rien.

« Tu ne comprends pas. Les bonnes choses à propos d’un voyage sont la visite de magasins inconnus dans des villes non visitées avant de passer la nuit dans une auberge que l’on ne connaît pas. C’est l’essence même du voyage ! » Elze fut choquée d’avoir même dû me suggérer l’idée.

Même si nous n’avions pas d’argent, il y avait les frais de voyage qui nous avaient été donnés. Elle semblait croire fermement que nous pourrions aussi bien utiliser l’argent par considération envers celui qui nous l’avait donné en premier lieu. Était-ce comme ça que ça fonctionnait... ?

Eh bien, maintenant que c’était réglé, nous étions allés chercher une auberge avant que le soleil ne soit complètement tombé. Nous en avions profité pour rester dans un endroit un peu plus haut de gamme que la lune d’argent. Les filles avaient pris une chambre pour deux personnes pour elles-mêmes, pendant que je louais une chambre individuelle plus petite.

Après avoir réglé notre hébergement, nous avions attaché notre charrette et nous étions allés dîner. L’homme à l’auberge nous avait dit qu’ils faisaient de super nouilles dans les environs. Je me demandais si quelque part, ils servaient des ramens...

Alors que nous cherchions un bon endroit pour manger, nous avions remarqué une bagarre à proximité. Un groupe de spectateurs s’était rassemblé à cet endroit, alors on avait l’impression qu’il y avait du grabuge.

« Qu’est-ce qui se passe ? » Cela avait attiré notre attention, nous avions donc décidé d’aller y jeter un coup d’œil. Nous nous étions frayé un chemin à travers la foule pour trouver la cause de cette agitation. Ce que nous avions trouvé était une fille à l’air étranger entourée de plusieurs hommes.

« ... Cette fille... elle porte des vêtements assez étranges. »

« ... C’est une samouraï ! » Je ne pouvais que donner cette brève explication à Linze.

La jeune fille portait un kimono rose vif avec un hakama bleu foncé, des chaussettes blanches à bout échancré et une paire de sandales avec des bretelles geta noires. Une paire d’épées de type Daisho pendait autour de sa taille. Ses longs cheveux noirs flottants étaient attachés en une queue de cheval et étaient coupés avec une frange droite qui nivelait juste au-dessus de ses sourcils. Sa queue de cheval avait également été coupée directement à son extrémité, se terminant juste au-dessus de ses épaules. La simple petite épingle à cheveux qu’elle portait lui allait bien.

J’avais dit qu’elle était une samouraï, mais elle ressemblait un peu plus au personnage principal de Haikara-san, ce manga shoujo du Japon dans les années 1920. Pourtant, elle ressemblait définitivement à une samouraï à la base.

Une dizaine d’hommes entouraient la samouraï, chacun avec un regard dangereux. Certains d’entre eux avaient déjà tiré leurs épées et leurs couteaux.

« Nous sommes ici pour exprimer nos remerciements pour ce petit incident produit plus tôt, fillette ! »

« ... Qu’‘est ce que cela signifie ? Je n’ai pas souvenir d’avoir fait une telle chose. » Quelle est donc cette manière de parler ? Elle ressemblait à un personnage de film !

« Ne joue pas l’idiote ! Ne crois pas que tu puisses t’en tirer après avoir joué un sale tour à nos copains comme ça ! »

« ... Aah, vous devez être les compagnons de ces bandits que j’ai remis à la garde de la ville plus tôt dans la journée. En vérité, cet incident était entièrement leur faute. Ils n’auraient pas dû se promener en état d’ébriété en plein milieu de la journée. »

« Ferme-la ! Attrapez-la ! » Les hommes chargèrent tout d’un coup, comme si ses paroles étaient le signal qu’ils attendaient.

La samouraï esquiva prestement chacune de ses attaques avant de saisir un homme par le bras, de le faire pivoter et de le lancer. L’homme s’évanouit de douleur alors que son dos percutait directement le sol.

Elle avait bougé dans le même rythme que son adversaire, avait cassé sa posture, puis l’avait jeté... Était-ce... de l’Aïkido ? Du Jujitsu, peut-être ? La fille jeta un deuxième homme, puis un troisième, puis tituba un peu. Ses mouvements étaient devenus un peu lents.

En repérant une occasion, un homme l’avait approchée par-derrière pour l’attaquer avec son épée. Fais attention !

« Venez, Sable ! Tempête de sable obscure : [Sable Aveuglant] ! »

J’avais sorti par réflexe une incantation et canalisé mon sortilège.

« Ah, mes yeux...! » L’homme hurla. 

C’était un simple sort que j’avais appris récemment. Tout ce qu’il avait vraiment fait était de jeter du sable dans les yeux de l’adversaire. Ce n’était pas beaucoup, mais c’était suffisant pour se tirer d’un mauvais pas.

Alors que l’homme avec l’épée était aveugle, je l’avais frappé avec un saut chassé. La samouraï fut surprise par ce soudain nouveau challenger qui s’était lancé dans la bagarre, mais elle semblait avoir jugé que je n’étais pas un ennemi, alors elle reporta son attention sur ceux devant elle.

« Aah, bon sang, pourquoi est-ce que tu dois toujours mettre ton nez là où tu ne le devrais pas ? » Elze laissa échapper un commentaire perplexe alors qu’elle se joignait à la mêlée avec un coup de poing rapide mais lourd. Mais malgré toutes ses plaintes, elle souriait beaucoup.

Il ne fallut pas longtemps avant que tous les hommes soient à plat sur le sol... la moitié d’entre eux avait mordu la poussière en raison de ma bonne amie Elze. Elle m’avait terrifiée alors qu’elle faisait ça.

Les gardes de la ville étaient finalement arrivés, alors nous leur avions laissé le reste et nous avions quitté cette zone.

« Vraiment, je vous suis redevable. Je m’appelle Kokonoe Yae. Ah oui, Yae est mon prénom et Kokonoe est mon nom de famille. »

La samouraï, Kokonoe Yae, se présenta et inclina profondément la tête. Sa présentation de soi m’avait donné un sentiment de déjà-vu.

« Oh, vous venez d’Eashen ? »

« J’en viens, en effet. Je suis venu ici d’Oedo. »

Oedo ? L’ancien nom de Tokyo ? Eashen est-il sérieusement semblable au Japon ?

« Je suis Mochizuki Touya. Touya est mon prénom, et Mochizuki est mon nom de famille. »

« Ooh! Touya — dono, vous êtes aussi d’Eashen, n’est-ce pas ?! »

« Ah, nah. C’est un endroit similaire, mais je viens vraiment d’ailleurs. »

« Huh ?! » Les sœurs jumelles derrière moi avaient été surprises par ma réponse. Oh, c’est vrai... Expliquer d’où je venais était une douleur, alors je leur laissais croire que j’étais d’Eashen.

« Laisse tomber... Tu semblais avoir des pertes d’équilibre dans ce combat là-bas. Tu n’es blessée nulle part, n’est-ce pas ? »

« Non, je suis indemne, j’en suis certaine. Cependant... j’avoue à ma grande honte que j’ai abandonné mon argent de voyage. Par conséquent... » *Grrrrooowwwwllll*

Comme si c’était fait exprès, l’estomac d’Yae laissa échapper un énorme grondement. Son visage devint tout rouge presque immédiatement et elle hissa curieusement ses épaules vers l’intérieur.

Et ainsi, la samouraï affamée avait rejoint notre groupe.

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2 commentaires

  1. merci pour le chapitre

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