Dans un autre monde avec un Smartphone – Tome 1 – Chapitre 1

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Chapitre 1 : Un nouveau monde

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Chapitre 1 : Un nouveau monde

Partie 1

J’avais repris connaissance, allongé et regardant le ciel. Les nuages flottaient doucement, et j’entendais des oiseaux qui gazouillaient au loin.

Je me levai, remarquant que mon corps ne me faisait pas mal du tout. En observant mon environnement, j’avais remarqué des montagnes et des plaines herbeuses tout autour de moi. Je pouvais voir un grand arbre au loin. De plus, j’avais pensé qu’une route pourrait être proche de celui-ci.

Il n’y avait pas de doute, j’étais dans un autre monde.

 

 

« Je suppose que je vais juste marcher sur la route et voir si je rencontre quelqu’un. » Avec mon point de repère immédiat en vue, je m’étais dirigé vers le grand arbre. En l’atteignant, j’avais ainsi pu mieux voir les choses. J’avais raison ! Il y avait une route à proximité.

« Maintenant... à gauche ou à droite, telle est la question. » J’avais réfléchi à mes options sous l’ombre de l’arbre géant.

Le point de repère le plus proche à ma droite semblait être à une heure de marche. À gauche, je pouvais distinguer une ville. C’était probablement à huit heures à pied... Alors que je me perdais dans mes pensées, mon smartphone se mit à sonner. L’identification de l’appelant était répertoriée comme ‘Dieu’.

« Bonjour ? » (Touya)

« Ooh! C’est passé ! Je vois que vous êtes arrivé sain et sauf. » Je pouvais entendre la voix de Dieu alors que je tenais le téléphone près de mon oreille. Nous venions de nous séparer, mais c’était comme si nous parlions pour la première fois depuis longtemps.

« J’ai oublié de mentionner une chose. Les cartes et compas et autres sur votre téléphone devraient être maintenant compatibles avec ce monde. J’espère qu’ils vous aideront ! » (Dieu)

« Oh vraiment ? C’est pile au bon moment, en fait. J’étais un peu perdu et je me demandais où je devais aller. » (Touya)

« Je l’avais supposé ainsi. J’aurais pu tout aussi bien vous laisser tomber au milieu d’une ville, mais penser à la panique qui s’ensuivrait. Je pensais que vous préféreriez éviter cela, alors je vous ai laissé tomber à la place là où personne ne vous verrait. Bien sûr, cela nous amène au fait que tu es perdu en pleine campagne. » (Dieu)

« Hé, oui, » répondis-je avec un sourire un peu ironique. C’était naturel que je sois perdu. Je n’avais pas de destination, de ville natale ou même de connaissances.

« Si vous suivez votre carte, vous devriez pouvoir rejoindre la ville la plus proche sans incident. Faites de votre mieux là-bas. Au revoir. » (Dieu)

« Ça ira. À plus tard. » À la fin de l’appel, j’étais retourné à l’écran d’accueil, j’avais trouvé l’application cartographique et l’avais ouverte. Mon emplacement était affiché au centre même de la carte. Une route s’étirait juste à côté de ce point. Cela devait être la route que je regardais en ce moment. En zoomant plus loin, j’ai pris note de la ville à l’ouest. C’était... Reflet ? La ville de Reflet.

« Eh bien, je suppose que c’est là que je me dirige. » Allumant une simple application boussole, j’en avais tenu compte et je m’étais dirigé vers l’ouest.

Après avoir marché un peu, je commençais finalement à comprendre la réalité de la situation. Pour commencer, je n’avais pas de nourriture. Sans parler du fait que je n’avais pas d’eau. Et une fois en ville, que se passerait-il ensuite ? Je n’avais pas d’argent. J’avais toujours mon portefeuille, mais à quoi cela servirait ? Y avait-il un taux de change pour l’argent de mon pays ? D’un point de vue logique, tout cela ne valait plus rien maintenant. Que faire...

Alors que je me perdais dans mes pensées, un son s’approchait de derrière. Je m’étais retourné pour vérifier et j’avais vu quelque chose au loin. Il se dirigeait par ici, et il semblait être... une calèche tirée par des chevaux. Je n’avais jamais vu de calèche auparavant, mais c’était sûrement quelque chose qu’une personne pouvait conduire.

Ce serait mon premier contact avec un être vivant dans ce nouveau monde. Réfléchis, que dois-je faire? Tentez de l’arrêter ? J’aurais pu demander de m’emmener en ville, mais j’avais rejeté cette idée. Pourquoi ? Pour une raison assez simple.

Comme la voiture se rapprochait, je pouvais dire d’un coup d’œil que c’était une calèche haut de gamme. Par son aspect extérieur magnifiquement orné et construit avec le plus grand savoir-faire technologique. Même moi, je pouvais dire d’un coup d’œil qu’il était le type de véhicule conduit par un noble, ou tout au moins par une personne riche de haut rang.

Si je devais arrêter une voiture comme celle-là, on me répondrait par une phrase comme : « Insolent ! Je te ferai pendre pour ça ! », ce qui n’est pas drôle. J’avais décidé que c’était dans mon meilleur intérêt que de céder la place, alors je m’étais simplement déplacé sur le bord de la route.

La calèche passa devant moi, soulevant un nuage de poussière dans son sillage. Bien. J’étais content d’avoir réussi à éviter tout problème. Cependant, alors que je me retournais pour reprendre la route, j’avais remarqué qu’elle s’était arrêtée un peu plus loin.

« Toi ! Oui toi, là-bas ! » Un homme avait fait claquer la porte de la calèche et en était sorti. C’était un homme assez âgé avec des cheveux gris et une magnifique moustache. Il portait une écharpe et un manteau élégant, et une broche rose sur sa poitrine.

« Hum, oui ? Qu’est-ce que c’est... ? » Clairement excité à propos de quelque chose, le monsieur plus âgé avait rebroussé chemin. Quelque part dans le fond de mon esprit, j’étais surtout soulagé que nous ayons l’air de parler la même langue. L’homme avait fermement saisi mes épaules et m’avait maintenu en place. Ses yeux parcourraient tout mon corps comme s’ils savouraient lentement quelque chose. Euh, attends... quoi ? Cela pourrait être mauvais...

« Dans quel magasin as-tu-eu ces vêtements ?! »

« Pardon ? » J’avais été surpris, tout à fait déconcerté par sa question. Le monsieur était tellement immergé dans la lecture de mon uniforme scolaire sous tous les angles qu’il ne prêtait même pas attention à ma confusion.

« Je n’ai jamais vu un design comme celui-ci. Et la façon dont ça a été cousu... Comment cela a-t-il pu être fait... ? Hrmm... »

Et puis tout avait commencé à avoir un sens. Pour le dire simplement, mon uniforme était rare. Peut-être que rien d’autre n’existait dans ce monde. Dans ce cas...

« Vous pouvez l’avoir, si vous le souhaitez. » (Touya)

« En êtes-vous sûr ?! » Le vieil homme moustachu avait mordu à l’hameçon.

« J’ai acquis ces vêtements auprès d’un marchand ambulant. Si vous préférez les avoir, cela ne me dérange pas de vous les remettre. Cependant, cela me sera une perte, car je n’aurais rien à porter. Si vous pouviez bien m’amener en ville et m’aider à trouver de nouveaux vêtements, je vous en serais très reconnaissant. » (Touya)

Je n’aurais pas pu lui dire que mes vêtements venaient d’un autre monde, alors j’avais été obligé de trouver une excuse. Si je réussissais à vendre mes vêtements et à en tirer un peu d’argent, cela serait un problème de résolu. De plus, ça m’aiderait à avoir des vêtements qui ne se démarqueraient pas tellement. Cela ferait d’une pierre deux coups, pour ainsi dire.

« Très bien ! Montez à bord et accompagnez-moi en ville ! Je vous ferais préparer de nouveaux vêtements aussi vite que possible. Vous pouvez vendre vos vêtements actuels une fois que cela sera pris en charge. »

« Marché conclu » répondis-je sévèrement. Le gentilhomme moustachu avait fermement serré ma main en réponse.

Après cela, il n’avait fallu que trois heures pour rejoindre la ville de Reflet en calèche. Pendant le voyage, le vieil homme, qui s’était présenté comme étant Zanac, avait pris ma veste et avait passé ses mains au-dessus de lui plusieurs fois, l’examinant jusqu’à la dernière couture. Il semblait extrêmement intéressé par la confection des vêtements. Une fois que j’avais appris son travail, tout avait un sens. Apparemment, Zanac travaillait dans l’industrie de la mode. Cela explique sa réaction initiale et tout son comportement curieux. Aujourd’hui, il semblait qu’il revienne d’une réunion quelconque.

Pour moi, j’avais passé le temps à regarder par la fenêtre de la voiture. Le décor d’un tout nouveau monde. Un monde qui était ma nouvelle maison.

◇ ◇ ◇

Cela faisait trois heures que j’avais rencontré Zanac pour la première fois. Après avoir été secouée dans tous les sens, la voiture était arrivée en toute sécurité à Reflet.

Un soldat, peut-être une sorte de portier, nous avait rencontrés à l’entrée et nous avait interrogés avant de rapidement nous permettre de passer. En raison de sa réaction, il semblerait que Zanac était assez célèbre.

La calèche, alors que nous avancions dans les rues de la ville, résonnait bruyamment. Comme les routes étaient de vieux pavés, cela avait beaucoup bougé. Tout en avançant, nous avions fini par aboutir dans ce qui semblait être un quartier commerçant prospère avec de nombreux magasins alignés. La voiture s’arrêta devant un de ces magasins.

Nous étions arrivés, maintenant, nous allions avoir de nouveaux vêtements. J’avais fait ce que Zanac avait demandé et nous étions sortis dans la rue. Le panneau du magasin affichait le dessin d’aiguille et de fil, mais c’était l’écriture ci-dessous qui m’avait alerté d’une réalité effrayante.

« Je ne peux pas le lire... » Je ne pouvais pas lire ce qui était écrit sur le panneau. Ce n’était sûrement pas une bonne nouvelle.

Je pensais que ça irait bien puisque j’étais capable de parler correctement, mais cela ne semblait pas être le cas. Cela aurait pu être pire, supposai-je, car au moins pouvoir réussir à avoir une conversation signifiait que je pouvais encore apprendre à lire et à écrire. C’est mon premier jour dans ce nouveau monde et j’avais déjà quelque chose à étudier...

Zanac m’avait conduit dans la boutique, et plusieurs membres du personnel étaient venus nous saluer.

« Bienvenue, gérant ! » J’avais été surpris par ce qu’ils avaient dit.

« Gérant... ? » (Touya)

« Ah, je dirige ce magasin. Mais ça n’a aucune importance, on va vous changer ! Que quelqu’un choisisse de nouveaux vêtements pour ce garçon ! » Zanac m’avait emmené dans une cabine d’essayage, qui était une petite pièce avec une porte, et pas seulement une boîte avec un rideau qui la séparait.

Après cela, il s’était précipité avec un tas de vêtements. J’avais enlevé mon blazer, ma cravate et ma chemise pour que je puisse commencer à me changer. Je portais un simple T-shirt noir en dessous, qui semblait avoir aussi attiré l’attention de Zanac.

« Est-ce que je peux vous suggérer de me vendre aussi ces sous-vêtements... ?! » La canaille.

En fin de compte, j’avais été obligé de vendre tout ce que je portais sur moi. Tout y comprit mes chaussettes et chaussures. Au moment où mes sous-vêtements avaient été ajoutés à sa liste de demandes, cette épreuve m’avait laissé à moitié fatigué. J’avais compris ce qu’il ressentait, j’aurais juste aimé qu’il comprenne ce que je ressentais...

Les vêtements et les chaussures qu’il m’avait préparés en retour étaient confortables et faciles à porter. Je n’avais aucune plainte à leur sujet. Pantalon noir et chemise blanche, avec une veste noire par dessus. Une tenue chic qui n’était pas trop voyante. Je l’aimais. Ça me permettait de ne pas me démarquer.

« Maintenant, à combien me vendez-vous vos vêtements ? Je ne regarderais pas le prix, bien sûr, mais avez-vous un montant particulier en tête ? »

« Eh bien... j’ai peur de ne pas avoir une bonne estimation en tête. Ce n’est pas mon domaine d’expertise, voyez-vous. Je peux seulement supposer qu’ils seraient chers, mais... Pour être complètement honnête, je suis sans le sou maintenant. »

« Je vois... C’est plutôt triste à entendre. Eh bien ! Dix pièces d’or, est-ce convenable ? » Sans aucune connaissance de la monnaie dans ce monde, je n’avais aucun moyen de juger la valeur de dix pièces d’or. En tant que tel, j’avais accepté.

« Ça m’a l’air bien. »

« Formidable ! Eh bien, voici, » répondit Zanac, clairement satisfait de ma réponse.

Dix pièces d’or sonnèrent dans la paume de ma main. Chacune était de la taille d’une pièce de 500 yens et avait des gravures d’une chose ressemblant à un lion. C’était mes économies de toute une vie. Quelque chose que je devais dépenser sagement.

« Au fait, vous ne savez pas où je pourrais trouver un endroit pour dormir, comme une auberge ? J’aimerais trouver un endroit pour me reposer avant que le soleil ne se couche. »

« Une auberge, bien sûr ? Tournez à droite en sortant dans la rue, puis longez la route. Vous devriez voir le panneau de l’auberge de la lune d’argent, ce ne sera pas difficile à trouver. » Même si je l’avais repéré, je ne le saurais pas puisque je ne pouvais pas lire... Eh bien, ce ne serait pas un problème puisque je pouvais continuer à demander aux gens mon chemin. Même si je ne pouvais pas lire, je pouvais encore parler.

« C’est noté, merci. Je vais alors poursuivre ma route. »

« Très bien. Si vous rencontrez d’autres vêtements inhabituels, s’il vous plaît amenez-les-moi. »

J’avais fait mes adieux à Zanac et avais quitté son magasin. Le soleil était encore haut dans le ciel. J’avais sorti mon smartphone et l’avais allumé. Il devait être aux environs de 14 h.

« Je me demandais ça dans la calèche, mais... l’heure devrait être exacte aussi, n’est-ce pas ? » Guidé par le soleil, ça n’aurait pas pu être trop loin de la vérité.

Juste alors, quelque chose m’était soudainement venu à l’esprit. J’avais rouvert l’application cartographique. Il montrait mon emplacement actuel sur la carte de la ville, et bien sûr, les noms des rues et des magasins étaient également affichés. Je ne serais certainement pas perdu maintenant. J’avais trouvé l’auberge de la lune d’argent sur l’application assez rapidement. Oh, attends une minute...

Je m’étais retourné et j’avais regardé le magasin de Zanac. "..." MOI ZANAC ROI DE LA MODE « C’est sérieusement ce qu’indiquait l’enseigne... ? » J’étais parti pour l’auberge, tout en me sentant mal pour le pauvre Zanac et son terrible sens de la dénomination.

◇ ◇ ◇

Après un peu de marche, j’avais trouvé l’enseigne de la lune d’argent. Le logo était une forme de Croissant de lune. Assez standard, tout compte fait. Le bâtiment, qui était fait de brique et de bois, avait l’air d’avoir trois étages. Cela semblait en tout cas certainement assez robuste.

J’avais traversé les portes à deux vantaux. La pièce à l’intérieur ressemblait à un bar ou à une salle à manger avec un grand comptoir sur la droite. À gauche, il y avait des escaliers menant vers les chambres.

« Bienvenue. Êtes-vous ici pour un repas, ou une chambre ? » La dame derrière le comptoir m’avait appelé. Ses cheveux roux étaient attachés en queue de cheval et elle avait l’air assez vive. Une femme d’une vingtaine d’années, du moins je l’avais supposée.

« Ah, j’aimerais louer une chambre s’il vous plaît. Combien pour la nuit ? »

« Deux pièces de cuivre ! Les repas sont inclus dans le prix. Oh, tu devras aussi payer d’avance. »

Deux pièces de monnaie en cuivre... ? Je ne pouvais pas dire si c’était cher ou pas cher. Logiquement, c’était moins cher qu’une pièce d’or, mais je ne pouvais pas deviner à combien de pièces de cuivre correspondait une pièce en or.

Sans autre option, j’avais pris une pièce d’or de mon portefeuille et l’avais placée sur le comptoir.

« Cela me donne droit à combien de nuits ? »

« Whaddya veut dire, combien ? Cinquante, n’est-ce pas ? »Elle avait répondu, clairement exaspérée.

« Cinquante ?! »

Je m’étais senti irrité par le soudain regard qu’elle m’avait lancé, j’avais l’impression qu’elle me disait en gros : « Hé, tu ne peux pas compter ? », ou un truc de ce genre. Alors... une pièce en or équivaut à cent pièces en cuivres. Je pourrais avoir cinq cents nuits avec mes dix pièces d’or. Je pourrais ainsi vivre confortablement pendant environ un an et demi sans lever le petit doigt. Eh bien, cela signifiait que j’avais beaucoup d’argent, n’est-ce pas ?

« Bien ? Que désirez-vous ? »

« Euh... un mois de logement, s’il vous plaît. »

« Très bien ! Un mois de logement. Je n’ai pas eu beaucoup de clients ces derniers temps, donc vous êtes actuellement en train de nous sauver la vie. Haha merci. Je n’ai plus de pièces d’argent, alors je vais vous rendre la différence en pièces de cuivre. »

La dame avait pris ma pièce d’or et m’en avait rendu quarante en cuivre. Si elle prenait soixante pièces en cuivre, cela signifiait aussi qu’un mois compte trente jours dans ce monde aussi. Assez proche alors de mon monde d’origine.

Maintenant que tout était réglé, la dame avait sorti ce qui semblait être un registre d’hôtel de derrière le comptoir. Elle l’avait ouvert devant moi, puis m’avait tendu un stylo plume.

« D’accord, alors. Si vous pouviez simplement signer ici, s’il vous plaît. »

« Oh, excusez-moi... le fait est que je ne peux pas écrire. Pourriez-vous le remplir pour moi, s’il vous plaît ? »

« Vraiment ? Eh bien, c’est bon. Quel est votre nom ? »

« C’est Mochizuki. Mochizuki Touya »

« Mochizuki ? C’est un nom assez inhabituel. »

« Ah, attends, non. Mon prénom est Touya. Mochizuki est mon nom de famille... mon nom de famille. »

« Ooh, d’accord! Votre prénom et votre nom de famille sont inversés. Êtes-vous d’Eashen ? »

« Euh... quelque part dans les environs, » bien sûr. Je n’avais pas la moindre idée de l’endroit où Eashen se trouvait dans ce monde, mais je ne pouvais rien trouver de mieux, alors j’en suis resté là. Je résolus de parcourir ma carte plus tard pour voir si je pouvais trouver dessus ce fameux Eashen.

« D’accord. Votre chambre est au troisième étage, au fond à droite. Elle a le meilleur ensoleillement de toutes nos chambres ! Voici votre clef, assurez-vous de ne pas la perdre. Les toilettes et la baignoire sont toutes les deux au premier étage, et cette salle est la salle à manger. En parlant de ça, allez-vous déjeuner aujourd’hui ? »

« Oh s’il vous plaît. Je n’ai pas mangé depuis ce matin... »

« Je vais alors préparer quelque chose de très rapide. Vous pouvez utiliser ce temps pour aller voir votre chambre, peut-être vous reposer un peu. »

« J’ai compris », dis-je. J’avais ensuite pris la clef de ma chambre, j’étais monté au troisième étage et j’en avais ouvert la porte. C’était à peu près la taille d’une pièce de six tatami avec un lit, un bureau, une chaise et un placard. J’avais ouvert la fenêtre et regardé dans la rue. La vue était vraiment belle. De plus, cela faisait chaud au cœur de voir des enfants courir et jouer en dessous.

Revigoré, et d’une humeur étonnamment bonne, je quittai ma chambre et la fermai à clef. Alors que j’étais retourné en bas, j’avais été accueilli par une odeur agréable.

« Voilà ! Je suis désolé pour l’attente ». Je m’assis dans la salle à manger et la dame me porta mon repas. Il y avait de la soupe, quelque chose qui ressemblait à un sandwich et une salade. Le pain était un peu dur, mais très bon en tant que premier pain que j’avais mangé dans ce nouveau monde. Délicieux, même. Je l’avais entièrement dévoré.

Après cela, j’avais réfléchi à mon prochain plan d’action. J’allais rester à l’auberge pendant un moment, donc je m’étais dit que je devrais aller voir comment les choses se passaient en ville.

« Je pars me promener »

« Très bien ! Alors, à plus tard. » Après ça, l’aubergiste m’avait dit que son nom était Micah. Elle m’avait vu sortir alors que j’étais parti pour aller explorer le reste de la ville.

Étant une ville dans un autre monde, tout était inhabituel et fascinant. Mon regard errant faisait que certaines personnes me regardaient avec suspicion, et chaque fois que j’en prenais conscience, mon regard vagabondait encore plus. Poursuivre comme cela me mettrait dans une boucle sans fin... Ce n’était pas bon.

Une chose que j’avais remarquée chez les habitants de cette ville, c’était le nombre d’hommes portant des armes. Certains avaient des épées ou des haches, d’autres avaient des couteaux, et quelques-uns portaient même des fouets. Cela m’avait semblé quelque peu dangereux, mais je m’étais dit que c’était comme cela que fonctionnait ce monde. J’avais pris note d’aller acheter une arme personnelle.

« Une chose après l’autre. Je dois commencer à gagner de l’argent. Je ne peux pas très bien vivre dans ce monde sans une source de revenus... »

Je n’aurais jamais pensé que je chercherais un emploi si tôt. Honnêtement, ça aurait été bien si j’avais une spécialité quelconque... Hélas, ma meilleure discipline à l’école était l’histoire, et l’histoire d’un autre monde n’était pas vraiment d’une grande aide.

La seule autre chose qui me vint à l’esprit était la musique. Ce monde avait-il des pianos ? Eh bien, même s’il y en avait dans la zone, ce n’était pas comme si j’étais particulièrement talentueux.

« Hmm ? » Quelque chose avait soudainement attiré mon attention. Des bruits... Des voix, mêmes. De fortes voix venant d’une des ruelles de la route principale. Cela ressemblait à une dispute.

« ... Je suppose que je peux vérifier ça. » Avec cette pensée, j’étais allé dans la ruelle.

***

Partie 2

Quand j’étais arrivé au bout de l’étroite ruelle, j’avais trouvé quatre personnes. Il semblerait que deux hommes se disputaient avec deux filles. Les deux hommes semblaient méchants, très grossiers, mais les filles étaient exceptionnellement belles.

Les filles semblaient avoir mon âge, peut-être plus jeune. Les deux étaient si semblables que je pensais presque que j’avais vu double. Je me demandais si peut-être elles étaient jumelles. Mais en y regardant de plus près, elles avaient des différences. Elles en avaient au niveau des yeux, de plus l’une avait de longs cheveux tandis que l’autre les avait courts. Mais même là, elles avaient les mêmes cheveux argentés.

Toutes deux portaient la même veste noire et la même blouse blanche, mais la fille aux cheveux longs portait un short culotte avec des chaussettes noires, tandis que la fille aux cheveux courts portait une jupe évasée avec des collants noirs. Il était facile de dire que la fille aux cheveux longs était pleine d’énergie, tandis que la fille aux cheveux courts était plus soignée et calme.

« Ce n’est pas ce dont nous avons convenu ! Vous avez dit que vous l’achèteriez pour une pièce d’or ! » La jeune fille aux cheveux longs avait hurlé sur les hommes, qui tous les deux étaient restés debout en souriant avec arrogance comme s’ils voulaient se moquer d’elles. Un des hommes tenait quelque chose comme un bois de cerf en verre.

« Hmm ? Qu’est ce que cela signifie ? J’ai dit que nous achèterions le bois de votre cerf de cristal pour une pièce en or s’il était en parfait état. Mais regarde ici, c’est rayé ! Un bois endommagé ne vaut qu’une pièce en argent, c’est ce que nous vous payons. Vas-y, prends-la ! » Une seule pièce d’argent roula sur le sol aux pieds des filles.

« Cela ne compte même pas comme une égratignure ! Vous n’aviez jamais prévu de nous donner un accord équitable, n’est-ce pas... ! » La jeune fille aux cheveux longs lança un regard menaçant aux hommes, tandis que la jeune fille aux cheveux courts se mordit la lèvre de frustration.

«  ... Bien. Je ne veux pas de ton argent. Redonne-nous juste le bois ». La fille aux cheveux longs avait dit cela et avait fait un pas en avant. Des gantelets disproportionnés apparurent sur ses bras alors qu’elle s’avançait vers eux.

« Oh, j’ai bien peur qu’on ne veuille pas ça. C’était un accord équitable, tu sais ? Je n’ai jamais accepté de le rendre... »

« Ah, excusez-moi. Avez-vous un moment ? » J’avais pris la parole, et les yeux de tout le monde s’étaient tombés sur moi. Les filles semblaient confuses, mais les hommes semblaient presque prêts à me sauter dessus.

« Hein ? Qu’est ce que tu veux, gamin ? » déclara l’un des hommes avec un grognement.

« Ah, non pas toi. Je parlais à la fille là-bas », lui répondis-je calmement.

« Quoi ? Moi ? » Fut la seule réponse que je reçus d’elle tandis que j’ignorais l’homme grimaçant et appelais la fille derrière lui.

« Je me demandais juste si vous pourriez me vendre ce bois pour une pièce d’or. » Pendant un moment, elle resta bouche bée. Puis mes mots avaient finalement semblé porter ses fruits, et elle m’avait répondu avec un sourire.

« Marché conclu ! »

« Par tous les diables ! Ne va pas vendre des choses qui appartiennent à d’autres personnes »... Soudain, le bois de cristal se brisa en mille morceaux dans les mains de l’homme. La pierre que j’avais jetée avait atteint sa cible.

« Quo... ?! Que diable penses-tu faire ?! »

« Que veux-tu dire ? Je suis libre de traiter mes affaires comme je le voudrais. Oh, bien que je suppose que je n’ai pas encore payé. Je vais le faire maintenant. »

« Je vais te tuer ! » L’un des hommes hurla alors qu’il tirait un couteau et chargea sur moi. J’avais réussi à l’esquiver facilement en faisant attention à ses mouvements. Pour une raison quelconque, je savais juste que je serais capable d’esquiver son attaque. Je pouvais tout voir, des mouvements de l’homme à la trajectoire du couteau.

Cela devait être le résultat d’un de ces dons que Dieu m’avait donné pour renforcer mon corps et mes sens. Je m’étais penché et lui avais balayé les jambes de l’homme à son insu. Il s’était effondré sur le sol le visage vers le haut, puis je lui avais enfoncé mon poing dans son corps en un mouvement rapide.

« Gah ...! » Il s’était évanoui à l’endroit où je l’avais assommé avec ce dernier grognement. Il semblait que le geste que j’avais appris de mon grand-père m’était utile.

Quand je m’étais retourné, j’avais remarqué que l’autre combattait la fille aux cheveux longs. Il luttait à l’aide d’une hachette, mais il n’arrivait pas à placer un bon coup et ceux-ci continuaient à rebondir sur ses gantelets. Quand elle vit une ouverture, la fille s’avança, rapide comme l’éclair, et balança un énorme crochet du droit directement dans le visage de l’homme.

Il s’effondra sur le sol avec ses yeux qui se sont retournés dans leurs orbites. Incroyable.

Eh bien... si j’avais su que ce serait aussi facile, je n’aurais peut-être pas brisé ce bois en cristal... Je regrettais vraiment de l’avoir fait. Mais il ne sert à rien de regretter les décisions passées. J’avais pensé à calmer la situation pacifiquement en supprimant la source de la dispute, mais il semblerait que c’était un mauvais plan. J’avais pris une pièce d’or de mon portefeuille et je l’avais remise à la fille aux cheveux longs.

« Voici, une pièce d’or. »

« ... En êtes-vous sûr ? Je veux dire, ça nous aiderait vraiment, mais... »

« C’est bon. Je suis celui qui a brisé le bois en morceaux. Ce ne serait pas juste de revenir sur ma parole maintenant. »

« Dans ce cas... merci. » Avec cela, elle accepta la pièce avec sa main gantelée.

« Oh, et merci de nous avoir aidés ici. Je suis Elze Silhoueska, et voici ma sœur jumelle cadette, Linze Silhoueska. »

« ... Merci beaucoup ! » La fille aux cheveux courts lâcha ces mots, s’inclina et me fit un petit sourire.

Elles semblaient être des jumelles, comme je le pensais. La fille aux cheveux longs se nommait Elze, et celle aux cheveux courts Linze. C’était assez facile à retenir, bien que je ne pouvais toujours pas les distinguer, sauf par la coiffure et les vêtements.

« Je m’appelle Mochizuki Touya. Oh, euh, Touya est mon prénom. »

« Hmm... Ton prénom et ton nom de famille sont à l’envers ? Es-tu d’Eashen ? »

« Ah... euh, ouais. Quelque part dans les environs. » Alors que je rencontrais la même réaction que Micah de l’auberge, je l’avais simplement laissée ainsi. Cependant, toutes ces réactions avaient placé les pensées à propos d’Eashen au premier plan de mon esprit. Je voulais savoir quel genre de pays c’était.

« Oh je vois. Donc tu es aussi juste arrivé en ville, hein, Touya. » J’avais discuté avec Elze au sujet du jus de fruits. Dans mon cas, cependant, c’était moins le fait d’être arrivé dans cette ville, mais plutôt d’être arrivé dans ce monde.

Après les événements dans la ruelle, nous étions retournés à l’auberge de la lune d’argent. Les filles m’avaient dit qu’elles cherchaient une auberge, alors je les ai ramenées avec moi. Micah était ravie quand elle m’avait vu revenir avec plus de clients. Tellement que ça se voyait clairement sur son visage.

Puisque nous étions tous ensemble de toute façon, nous avons décidé de partager un repas. Nous avions beaucoup parlé en mangeant le dîner que Micah avait préparé, et après le dîner, nous avions tous du thé à boire.

« Tu vois, nous sommes venues ici pour livrer un bois de Cerf après que ces gars en aient fait la demande, mais ça ne s’est pas bien passé comme tu as pu le voir. Je veux dire, leur demande était très suspecte, alors j’ai compris que quelque chose se tramait, mais quand même... »

« ... C’est pourquoi j’ai dit que nous ne devrions pas accepter leur demande... Mais frangine, tu ne m’écoutais pas... » Linze prit la parole pour réprimander sa sœur aînée. Elle semblait être celle qui avait la tête sur les épaules. Pendant ce temps, Elze semblait avoir une personnalité plus imprévisible. Elze la sœur aînée intrépide et Linze la petite sœur timide. Au moins, c’était comme ça qu’ils me semblaient.

« Alors pourquoi accepteriez-vous leur demande si vous saviez que cela semblait suspect ? » J’avais exprimé mes doutes pour que les filles l'entendent. Je ne pouvais pas m’empêcher de me demander pourquoi elles prendraient la peine d’essayer de conclure n’importe quel accord avec des personnages douteux comme ces gars-là.

« Histoire drôle, en fait... Voyez-vous, nous venions juste de battre un Cerf de Cristal et d’attraper un de ses bois quand nous avons entendu dire qu’il y avait quelqu’un qui cherchait à en acheter un. Cela semblait presque trop beau pour être vrai. Eh bien, je suppose que c’était le cas, étant donné que nous avons été dupés et tout... Supposons que nous accepterions seulement des demandes comme celle-là par le biais de la guilde à partir de maintenant. Avec un peu de chance, nous aurions beaucoup moins de problèmes. » Elze baissa les yeux et laissa échapper un gros soupir.

« Veux-tu saisir cette opportunité pour t’inscrire à la guilde, Linze ? »

« ... Ça a l’air d’être une bonne idée. Mieux vaut prévenir que guérir, après tout. Allons-y dès demain. »

La guilde... De ce que je me rappelais dans les jeux, c’était quelque chose comme une sorte de pôle emploi qui servirait de médiateur pour les aventuriers potentiels. Ils auraient beaucoup de quêtes affichées et les compléter vous rapporterait de l’argent. Hmm...

« Si cela vous va, pourrions-nous y aller ensemble ? Je dois aussi m’inscrire auprès de la guilde. »

« Bien sûr ! Je ne vois pas de problème. »

« Ouais... On peut tous y aller ensemble..., » toutes les deux acceptèrent gentiment.

Bien. Je serais enregistré avec cette guilde et je verrais si je pouvais gagner de l’argent en travaillant avec eux. Cela aurait pu être mon billet pour gagner un revenu stable qui me permettrait de vivre confortablement.

Maintenant que tout était décidé, nous nous étions séparés tous les trois, alors j'étais retourné dans ma chambre. Ma longue première journée dans ce monde avait enfin pris fin. Ça avait été aussi une journée bien remplie...

J’avais été transporté dans un nouveau monde, j’avais été obligé de vendre mes vêtements, j’avais cherché une auberge, j’avais aidé deux filles et je m'étais bagarré. Que va-t-il se passer avec tout ça ?

Pour le moment, j’avais décidé de noter tout ce qui s’était passé ce jour-là dans mon smartphone et non dans un journal intime. Après cela, j’avais ouvert quelques sites d’informations et vérifié comment les choses se passaient dans mon ancien monde.

Oh, les Giants sont en train de gagner. Oh, ce groupe va se briser... Quelle honte.

J’avais éteint mon téléphone une fois que j’avais trouvé le bon moment pour arrêter de lire, puis j’avais rampé jusqu’au lit. Je m’inscrirais à la guilde le lendemain, alors je me demandais à quoi ça ressemblerait... Des pensées comme ça me traversèrent l’esprit jusqu’à ce que le sommeil finisse par me rattraper.

« Zzz... »

◇ ◇ ◇

La sonnerie du réveil de mon smartphone m’avait fait sortir lentement de mon futon. Je m'étais ensuite lavé le visage, je m’étais habillé et j’étais descendu dans la salle à manger. Elze et Linze étaient déjà réveillées et prenaient leur petit-déjeuner. Je m'étais assis tandis que Micah m’apportait de la nourriture. Le menu du matin était du pain avec du jambon et des œufs, une soupe de légumes et une salade. Quelle manière agréable de commencer la journée !

Nous nous étions dirigés tous les trois vers la guilde dès que nous avions fini de manger. C’était assez bondé, car c’était assez proche du centre-ville.

Le premier étage du bâtiment de la guilde était aménagé comme un restaurant. C’était beaucoup plus gai que je ne le pensais. J’avais en tête l’image d’un bar fréquenté par des bandits, mais j’avais l’impression que mes craintes étaient sans fondement. La réceptionniste nous avait accueillies avec un sourire charmant au fur et à mesure que nous nous approchions du comptoir.

« Uhm, nous aimerions nous inscrire auprès de la guilde, s’il vous plaît. »

« Très bien alors. Ce n’est pas un problème du tout. Serait-ce alors trois personnes pour l’enregistrement  ? »

« Oui, pour tous les trois », répondit Linze.

« Est-ce que ce sera votre première inscription à la guilde ? Si oui, je peux fournir une explication de base de ce que cela représente de s’inscrire chez nous. »

« Faites-le s’il vous plaît ». L’idée générale était que la guilde acceptait les demandes des individus ou des groupes, les publiait, puis prenait une petite somme à la fin de l’opération.

Les demandes avaient été divisées en rangs en fonction de la difficulté qu’elles étaient censées avoir, de sorte qu’une personne ayant un faible rang personnel ne pouvait pas accepter les demandes visant ceux d’un rang supérieur. Toutefois, tant que la moitié de son groupe était d’un rang suffisamment élevé, ils seraient en mesure d’accepter de telles demandes même si les autres membres du groupe ne respectaient pas les exigences de grade.

À la fin d’une quête, un paiement serait reçu. Si une personne échouait dans une quête, elle serait accusée de rupture de contrat. Hum... Je dois choisir mon travail prudemment.

De plus, si un aventurier continuait d’échouer à plusieurs reprises, il serait considéré comme un aventurier de qualité médiocre, et son enregistrement au sein de la guilde serait révoqué à titre de sanction. Si cela arrivait, on ne pourrait plus jamais se réinscrire auprès d’une branche de la guilde d’une ville quelconque.

D’autres stipulations incluaient :

  • Si l’on n’acceptait aucune requête pendant cinq ans, alors l’enregistrement de la guilde expirait

  • On ne pouvait pas accepter plusieurs demandes en même temps

  • En ce qui concerne les demandes d’assujettissement, il faut chasser les monstres dans la zone désignée, sinon le travail serait considéré comme invalide

  • En règle générale, la guilde ne s’impliquerait pas directement dans les oppositions entre aventuriers, à moins que cette distension ne soit jugée nuisible à la guilde elle-même... De toute façon, nous avons reçu une explication assez détaillée du règlement.

« Avec cela s’achève l’explication de base. Si vous avez d’autres questions, veuillez vous diriger vers les personnes compétentes. »

« D’accord, j’ai compris, » répondis-je.

« Très bien. Veuillez remplir et renvoyer ces formulaires avec tous les détails requis ». La réceptionniste nous avait remis trois formulaires vierges, mais je ne pouvais pas en lire un seul mot. Quand j’avais informé Linze que je ne savais ni lire ni écrire, elle avait accepté de m’aider à remplir mon formulaire. Hmm... Je savais qu’être analphabète allait me causer des problèmes tôt ou tard.

La réceptionniste avait alors pris les formulaires d’inscription et avait tenu une carte de couleur noir ébène sur chacun d’eux à tour de rôle, semblant jeter une sorte de sortilège. Ensuite, elle avait sorti une petite épingle et avait dit à chacun de nous de répandre un peu de notre sang sur les cartes.

J’avais fait ce qu’on m’avait demandé, j’avais pris la petite épingle à la main et je m’étais piqué le doigt, puis j’avais frotté une petite quantité de sang sur la surface de la carte. Quelques lettres blanches flottaient dessus... mais je ne comprenais pas grand-chose à ce qu’elle disait.

« Chacune de vos cartes de guilde personnelles a un petit sort qui la rendra grise si elle est manipulée par une autre personne que son vrai propriétaire pendant plus de quelques secondes. C’est un simple mécanisme antifraude. De plus, si vous perdez votre carte, veuillez en informer la guilde le plus rapidement possible. Pour une somme dérisoire, nous serons en mesure de vous en délivrer une autre. »

La réceptionniste avait saisi ma carte et s’était tenue là pendant quelques secondes. Juste comme elle l’avait dit, elle était finalement passée d’un noir profond à un gris terne. Au moment même où elle avait remis la carte dans mes mains, elle était redevenue noire. C’était un truc vraiment cool. Je me demandais comment cela fonctionnait.

« Avec cela, votre inscription de guilde est terminée. Toutes les demandes de travail disponibles sont affichées sur le tableau là-bas. Si vous en voyez une que vous aimeriez prendre, veuillez confirmer tous les détails et postuler par l’intermédiaire de notre greffier. »

On se tenait tous les trois devant le tableau où les quêtes étaient affichées. Nos cartes de guilde étaient toutes noires, ce qui signifie que nous étions au niveau débutant. Nos cartes changeraient apparemment de couleur au fur et à mesure que nos rangs augmenteraient, mais pour l’instant nous ne pouvions accepter que des quêtes destinées aux débutants.

Elze et Linze avaient parcouru chaque avis de quête un par un, mais moi, d’un autre côté...

« ... Ce n’est pas bon. J’ai sérieusement besoin d’apprendre à lire et à écrire, et vite... » Si je ne pouvais pas comprendre les détails d’une quête, je n’irais jamais nulle part. J’avais pris note mentalement de mettre de côté les soirées pour apprendre à lire et à écrire.

« Hé, hé, Linze, regarde un peu celle-là. La récompense est assez décente, et cela semble être un bon point de départ. Et à propos de ça ? »

« ... Ouais. Celle-là ne semble pas si mauvaise. Qu’en penses-tu, Touya ? »

« ... Pardon. Je n’y comprends rien ». Elze pointait avec joie la requête en question, mais son doigt tomba légèrement quand je dis cela. Ngh...

« ... Hum, voyons. C’est une demande pour sortir et vaincre des bêtes-monstres dans la forêt à l’est. Ils veulent que nous chassions cinq Loups à cornes solitaires. Ils ne sont pas très forts, donc je pense que nous pouvons gérer. Ah oui, la récompense est de dix-huit pièces de cuivre. » Linze était assez polie pour me lire les détails de la quête.

Dix-huit pièces de cuivres, hein... répartis équitablement entre nous, ça ferait six pièces chacun. Cela pourrait nous payer trois nuits à l’auberge. Pas mal du tout.

« Très bien, faisons comme ça, » décidai-je.

« Oki Doki! Je vais apporter ça au greffier. » Elze déchira l’avis de demande et se dirigea vers celui-ci.

Loups à cornes solitaires... Apparemment, c’étaient des loups avec une seule corne sur la tête, c’était plutôt évident étant donné leur nom. Mais j’étais un peu inquiet quant à savoir si je pouvais les vaincre ou pas...

... Hein ? « Oh, c’est vrai... j’ai complètement oublié... »

« Qu’est-ce qui ne va pas ? » Linze demanda curieusement pourquoi j’étais ainsi, visiblement abasourdi.

« Je, euh... je n’ai pas encore d’arme. » Cela m’avait totalement échappé.

Essayer d’accomplir une quête d’assujettissement sans arme aurait été le comble de la bêtise. Par conséquent, nous avions décidé d’aller tout droit chez l’armurier une fois que nous aurions quitté la guilde.

Nous avions pris une rue du nord et finalement un logo plus qu’évident sur un panneau était apparu dans notre champ de vision. Comme on pouvait s’y attendre, ce panneau était décoré d’une épée et d’un bouclier. De plus, comme on pouvait s’y attendre également, je ne pouvais pas déchiffrer le nom du magasin imprimé en dessous du logo.

L’ouverture de la porte de la boutique fit tinter une petite cloche, annonçant notre arrivée. Le bruit provoqua l’apparition d’un vieil homme barbu et massif depuis les entrailles du magasin. Il était énorme. En fait, je l’avais presque confondu avec un ours.

« Bienv’nue. Tu cherches quelque chose ? »

L’homme-ours semblait être le propriétaire du magasin. Bon sang, il est énorme. Il devait mesurer au moins deux mètres de haut. Était-il une sorte de lutteur professionnel ou quelque chose du genre ?

« Nous cherchons une arme pour ce gars. Ça te dérange si nous regardons autour de nous ? » Demanda Elze dans une tentative évidente de m’assister.

« Allez-y. Sentez-vous libre de prendre quoi que ce soit qui attire votre attention. » M. Ours lui avait répondu avec un doux sourire.

Quel gentil ours... je veux dire personne. Quelle belle personne ! Je me demandais s’il apprécierait le miel...

La boutique était bondée du sol au plafond avec des armes. Il y avait aussi toutes sortes d’objets exposés. Tout, des épées aux lances, des arcs, des haches, même des fouets. Tant d’armes...

« Y a-t-il des armes avec lesquelles tu es bon, Touya ? »

« Hum... Rien de particulier ne vient à l’esprit, mais... eh bien, j’ai été entraîné avec des épées. Mais un tout petit peu. » Des pensées négatives se formèrent dans mon esprit lorsque je répondis à la question d’Elze. J’avais dit des épées, mais je n’en avais jamais tenu qu’une dans des cours de kendo. Je n’avais jamais reçu de formation adéquate. Je connaissais probablement certaines des bases de l’épée, au mieux. J’avais sûrement le niveau d’un amateur.

« ... Dans ce cas, je pense qu’une épée serait la meilleure solution. Touya semble être plus un combattant agile que celui qui utilise la force brute, donc, je pense, peut-être une épée à une main... » Linze avait indiqué une allée du magasin où les épées à une main étaient exposées.

Je pris l’une des épées, toujours dans son fourreau, et la tenais par la poignée d’une main. C’était trop léger. J’avais senti que peut-être une épée un peu plus lourde me conviendrait mieux.

Juste à ce moment, une épée en particulier avait attiré mon attention. En fait, ce n’était pas une simple épée... C’était un katana. Une lame mince et incurvée avec un garde-main circulaire magistralement conçu. Une gaine noire avec un cordon en forme de ceinture. En y regardant de plus près, il y avait des parties qui différaient des katanas japonais que je connaissais, mais elles étaient remarquablement similaires.

« ... Qu’est-ce qui se passe ? »

« Oh, tu regardes cette épée d’Eashen ? Je suppose que c’est logique que tu sois attirée par une arme de ton pays ». Remarquant mon intérêt sur ce katana, Linze et Elze m’appelèrent.

Ah, donc cette épée provient d’Eashen, apparemment. Pas sûr que ce soit en fait mon pays... Mais, eh bien, il semblait qu’Eashen et le Japon aient beaucoup de points communs. Plus j’en ai entendu parler, plus je me suis intéressé à ce pays.

J’avais pris le katana et l’avais délicatement retiré de son fourreau. Le motif sur la lame brillait magnifiquement dans la lumière, me captivant un instant. La lame était un peu plus épaisse que ce que j’avais supposé, donc le katana lui-même était assez lourd. Néanmoins, pas au point où je ne serais pas capable de le balancer correctement.

« Combien coûte celui-ci ? » La tête de M. Ours apparut soudainement depuis le fond du magasin dès que ces mots sortirent de ma bouche.

« Euh, celle-là, hein ? Ce sera exactement deux pièces d’or. Cependant, ce n’est pas exactement l’arme la plus facile à utiliser. Ce n’est certainement pas quelque chose que je suggérerais pour un novice. »

« D-Deux, pièces d’or ?! N’est-ce pas un peu cher ? » Elze avait plaidé en mon nom.

« Eh bien, ce n’est pas comme si je les avais souvent en stock, et même quand je le fais, il n’y a presque personne qui puisse utiliser ce truc. Il est évident que ce n’est pas donné ! » Elze bouda les mots de M. Ours, mais il resta ferme.

En y réfléchissant, c’était sûrement un prix raisonnable. Même moi, je pouvais dire qu’une arme comme celle-là avait une valeur intrinsèque.

« Je vais la prendre. Vous avez dit que ça coûtait deux pièces d’or ? »Je remis le katana dans son fourreau et tirai deux pièces d’or de mon portefeuille, les plaçant sur le comptoir du magasin.

« Un plaisir de faire des affaires avec vous. Pendant que vous y êtes, êtes-vous intéressé par tout équipement de protection ? »

« Non, ça devrait suffire pour le moment. Je reviendrai quand j’aurai un peu plus d’argent sur moi. »

« Entendu. Eh bien, ici, j’espère que l’épée vous aidera à en gagner une tonne. » L’ours se mit à rire en parlant.

Maintenant, j’avais trouvé ce que je recherchais, mais Elze et Linze avaient fini par choisir des choses pendant que nous étions là. Elze était allée chercher une armure de jambe appelée « Jambières », une protection qui couvrait la jambe d’un pied à l’autre, et Linze avait acheté une baguette d’argent. Il semblerait qu’Elze combattait en avant-poste, tandis que Linze soutenait de l’arrière avec de la magie.

Une fois correctement armés, nous avions décidé que le magasin d’articles général serait notre prochain point d’arrêt. En cours de route, j’avais été désireux de connaître une chose, j’avais lancé mon application cartographique pour vérifier le nom du magasin que nous venions de quitter.

« Armurerie aux huit ours »... Est-ce que tout le monde dans la ville a partagé cette étrange convention de nommage ?

Au magasin d’articles, j’avais acheté une petite pochette, une cantinière, un panier-repas, un hameçon et une canne à pêche, une paire de ciseaux, un couteau, une boîte à outils avec beaucoup de petites choses pratique comme des allumettes, des herbes médicinales, des antidotes et d’autres petites choses dans ce sens. Elze et Linze en avaient déjà sur elles, alors j’étais le seul à y avoir acheté quelque chose.

Et ainsi, nos préparatifs étaient enfin terminés. Méfiez-vous, Loups à cornes solitaires, nous venons dans la forêt pour vous éliminer !

***

Partie 3

La forêt orientale était à environ deux heures de marche de Reflet. J’avais espéré que nous serions en mesure de faire de l’auto-stop si nous en voyons-une, mais aucun chariot n’était passé. Exactement deux heures plus tard, nous étions arrivés dans la forêt.

Nous progressions dans cette forêt dense, tout en prenant conscience de l’environnement qui nous entourait. Au début, j’étais effrayé par chaque petit bruit, des oiseaux qui pleuraient aux petits animaux qui se déplaçaient parmi les arbres. Mais peu à peu, cependant, je m’étais rendu compte de quelque chose.

Légèrement, mais sûrement... je pouvais détecter la présence de choses autour de moi. Je ne pourrais pas dire ce que c’était ou si cela nous avait vus... Toutes sortes de trucs comme ça. Je me demandais ce que cela pouvait être... Une sorte de sixième sens, peut-être ? Cela aurait pu être tout simplement un autre de ces petits cadeaux de Dieu.

Tout en méditant là-dessus, j’avais remarqué une présence hostile envers nous un peu en avant et vers la gauche. Je pouvais sentir son agressivité.

« Attendez, il y a quelque chose. » Les filles s’étaient arrêtées dans leurs élans quand j’avais parlé.

J’avais continué à regarder dans cette direction alors que mon groupe se mettait en formation de combat. Comme s’il s’y attendait, une ombre noire jaillit et nous attaqua.

« Hup ! » Je paniquais et pivotais mon corps pour esquiver, me rassurant intérieurement qu’après tout, tout allait bien.

Je pouvais prédire ses mouvements. Il faisait à peu près la taille d’un gros chien, avec de la fourrure grise et une seule corne noire sur la tête. Cependant, la bête devant moi était bien trop féroce pour être un simple chien... Voilà donc à quoi ressemble un loup solitaire.

Alors que je me retournais pour faire face, un second avait sauté de l’autre côté et avait attaqué Elze. Elle se tenait devant la créature et enfonçait son poing droit dans le museau de celui-ci. Prenant un coup foudroyant de son poing vêtu d’un gantelet, le loup solitaire fut jeté à terre et toute la vie en lui fut retirée. Tué en un seul coup.

Pensant que j’étais distrait alors que je regardai le combat d’Elze, le loup devant moi découvrit ses crocs et bondit à nouveau pour attaquer. J’étais resté calme, simplement en train de bouger dans le même tempo que son attaque, puis j’avais dégainé le katana de ma hanche. Mon attaque s’était engagée alors que nos corps se croisaient. À cet instant, la tête du loup avait été tranchée de son corps et envoyée voler dans les airs. La pièce décapitée avait rebondi au sol comme un ballon de basket.

J’avais ressenti de la culpabilité et d’autres émotions désagréables après avoir tué un animal pour la première fois de ma vie, mais quatre autres loups étaient apparus avant que j’aie eu le temps de laisser pénétrer ces émotions. Deux d’entre eux s’étaient précipités sur ma position.

« Sors, Feu ! Grêle des pierres rouges : [Ignis Fire] ! »

Au moment même où j’avais entendu ces mots, l’un des loups qui m’attaquaient avait soudainement pris feu. Il semblait que Linze m’avait soutenu par-derrière avec sa magie. Merde ! J’ai raté ma première chance de voir la magie en action ! Zut...

L’autre loup avait chargé sur moi, mais j’avais encore une fois esquivé son attaque et l’avais trucidé avec mon katana. Il était tombé au sol et son corps était devenu inerte.

Je me retournai pour voir l’un des autres loups bondir sur Elze, qui riposta avec un coup de pied circulaire envoyé dans son estomac et l’envoya voler. À proximité, le dernier loup restant avait été brûlé comme une chips. Merde, j’ai encore une fois manqué une autre chance de voir la magie...

« Je suppose que nous en avons fini ici. La demande était de vaincre cinq loups, mais nous avons fini par en prendre un de plus, hein, » déclara Elze en claquant ses gantelets ensemble.

Nous en avions battu six au total, chacun d’entre nous en ayant tué deux. Pour notre premier combat, c’était plutôt bien. Bien qu’en vérité, c’était mon tout premier combat.

Donc, pour prouver que nous avions terminé la quête, nous devions ramener avec nous les cornes de loup. Nous avions coupé les six cornes et les avions placées dans nos sacs. Notre seul travail restant était de les livrer à la guilde pour compléter la mission.

En quittant la forêt, j’avais physiquement senti mon corps se détendre. C’était comme si quelque chose d’étouffant avait disparu de l’air. C’était probablement simplement un autre sentiment auquel je devais m’habituer.

Heureusement cette fois nous avions rattrapé une charrette sur le chemin qui allait vers la ville, et alors nous avions pu faire de l’auto-stop.

Grâce à cela, nous étions revenus à la ville beaucoup plus rapidement. Après notre arrivée en ville, nous nous étions rendus à pied à la guilde, où nous avions signalé la fin de la demande de chasser cinq loups solitaires. J’avais fini par garder la corne restante en commémoration des événements de la journée.

« C’est bon, toutes les cornes semblent être là. Maintenant, présentez vos cartes de guilde. » Quand nous avions présenté nos cartes à la réceptionniste, elle avait pressé quelque chose comme un timbre sur chacune d’elles. Pendant ce temps, un cercle magique était apparu brièvement sur les cartes avant de s’effacer.

Lorsque j’avais posé la question plus tard, j’avais découvert que le timbre différait selon la difficulté de la demande. Les cartes avaient sauvegardé l’information sur ce que nous avions fait, de sorte que nous avions accumulé des timbres, finalement notre rang augmenterait et la couleur de notre carte changerait.

Nous étions seulement au rang noir, celui des débutants. Apparemment, l’ordre ascendant était Noir, Violet, Vert, Bleu, Rouge, Argent et enfin Or.

« Voici votre récompense, dix-huit pièces de cuivre. Eh bien, la demande a été satisfaite. Bon travail là-bas ! » La réceptionniste nous avait remis notre récompense, que nous avions rapidement divisée en six pièces chacune. Avec cela, nous avions gagné trois jours de nourriture et d’hébergement. Et j’avais finalement senti que je serais capable de me débrouiller dans ce nouveau monde.

« Hey, hé, tu veux aller manger un morceau pour fêter notre première quête ? » Elze proposa ce plan d’action en quittant la guilde.

C’était un peu tôt pour le dîner, mais il m’était venu à l’esprit que nous avions manqué le déjeuner, alors j’avais supposé que ce n’était peut-être pas une si mauvaise idée. De plus, j’avais une faveur à demander, donc cela semblait être une bonne occasion.

Nous avions décidé d’aller dans une petite maison de thé en ville. J’avais commandé un sandwich chaud et du lait, Elze avait commandé ce qui semblait être une tarte à la viande et un jus d’orange, et Linze avait commandé une crêpe et un thé noir. Après avoir passé notre commande, j’avais commencé à parler.

« Hey, puis-je vous demander une faveur ? »

« Une faveur ? » Répondit Elze.

« Ouais. Pensez-vous que vous pourriez m’apprendre à lire et à écrire ? Ça m’aiderait vraiment. J’ai déjà des problèmes ici et là, donc je me dis que plus tôt j’apprendrai, mieux ce sera. »

« Hmm... c’est un bon point ! Si vous ne pouvez pas lire les informations sur les quêtes, alors je suppose... » Elze et Linze acquiescèrent à l’unisson. C’était dans des moments comme celui-là que l’on pouvait vraiment dire qu’elles étaient jumelles.

« Dans ce cas, demande à Linze de t’apprendre. Elle est intelligente, alors je suis sûre qu’elle sera une bonne enseignante. »

« Ce... Ce n’est pas... je veux dire... Si tu es d’accord avec moi... »

« Merci beaucoup. Tu vas vraiment m’aider. »

Bien. Donc, je serais capable d’œuvrer en vue d’atteindre mon but : pouvoir lire et écrire. Je devais juste faire face à mes études sérieusement. J’étais content d’avoir trouvé un professeur si gentil. En parlant de...

« Oh ouais, Linze. Pendant que nous y sommes, penses-tu que tu pourrais m’apprendre de la magie ? J’aimerais pouvoir lancer des sorts et toutes sortes de choses. »

« Quoi ?! » Ces fichues jumelles parlaient même à l’unisson... Quoi ? Est-ce que ce que j’ai dit était vraiment bizarre ?

◇ ◇ ◇

« T’enseigner de la magie... ? Eh bien... Touya, quelle est ton aptitude ? »

« Aptitude ? »

« La magie est fortement influencée par... l’aptitude avec laquelle tu es né ! Les gens sans le don... ne pourront pas du tout utiliser la magie... »

Hmm... Donc, la magie n’était pas quelque chose que n’importe qui pouvait utiliser. Eh bien, c’était logique. Après tout, si tout le monde pouvait utiliser la magie, alors la civilisation aurait été beaucoup plus basée autour de cela.

« Le don pour ça, hein... Tu sais, je pense que ça ira sur ce point. Quelqu’un, euh, a garanti que je serais capable d’utiliser la magie si je le voulais. »

« Qui t’a dit ça ? »

« Oh euh... juste une personne très, très importante. » C’était Dieu, en fait.

Hah. Oui en effet. Elles penseront que je suis fou si je leur dis cela. Je pensais que ce serait mieux de garder cette partie pour moi.

« Je veux dire, y a-t-il un moyen de tester si quelqu’un a des aptitudes pour la magie ? »

À réponse à ma question, Linze avait sorti des pierres translucides de la poche autour de sa taille. Rouge, bleu, jaune et parfaitement translucide ; ils brillaient presque comme si elles étaient en verre. Chacune avait environ un centimètre de diamètre. En les regardant, je me souvins qu’il y en avait une semblable sur la baguette d’argent de Linze. Cependant, celle sur sa baguette était plus grande que les pierres qu’elle plaçait devant moi.

« OK, alors qu’est-ce que c’est ? » Demandai-je, clairement confus par ses actions.

« Ce sont, euh, des pierres magistrales. Elles peuvent être utilisées pour amplifier, stocker et libérer de l’énergie magique. Nous pouvons les utiliser pour tester si tu as ou non une aptitude à la magie. Mais ça ne peut fournir qu’une estimation approximative, d’une manière ou d’une autre... » Linze murmura quelque chose comme : « Je me demande si l’eau serait la magie la plus facile à mettre en évidence... » avant de ramasser la pierre bleue. Elle le tint au-dessus de la tasse dont elle avait fini de boire son thé.

« Sors, Eau ! »

À l’ordre de Linze, une petite quantité d’eau avait coulé depuis la pierre d’attraction dans la tasse de thé.

« Ouah. »

« C’est comme ça que tu lances un sort. Tout à l’heure, la pierre magique a répondu à mon énergie magique et a créé de l’eau. »

« Au fait... » Elze intervint, puis prit la pierre magique de sa sœur. Après cela, elle a essayé de lancer le même sort.

« Sors, Eau ! »

La pierre magique a refusé de s’activer. Pas même une goutte d’eau avait coulé.

« C’est ce qui arrive quand tu n’as aucune aptitude pour un élément. Tu vois, cela signifie que je ne peux pas utiliser la magie de l’eau. »

« Tu ne peux pas l’utiliser même si ta sœur jumelle le peut ? »

« Mec, tu ne réfléchis vraiment pas avant de parler, hein ? Je veux dire, n’y vois aucune offense, mais quand même... »

Oups. C’était un assez mauvais lapsus. Il ne semblait pas qu’elle soit sérieusement en colère contre moi, mais cela ressemblait plus à une bouderie. J’étais juste content que mon commentaire irréfléchi ne l’ait pas blessée.

« Elle n’est peut-être pas capable d’utiliser la Magie de l’Eau, mais en échange, ma sœur peut utiliser la magie de Fortification... personnellement, je ne peux pas utiliser ce type... Tu as aussi besoin de l’aptitude appropriée pour utiliser la magie de Fortification. »

Les choses étaient soudainement devenues beaucoup plus logiques. Je me demandais d’où, avec son corps mince, sortait toute cette force, mais le mystère avait été résolu.

« Chacun a de l’énergie magique à l’intérieur d’eux, mais à moins qu’ils aient l’aptitude de l’utiliser, ils ne seront pas capables de le canaliser en sorts. » On aurait dit que tout dépendait de si vous aviez ou non le don. Ceux qui n’avaient pas de talent n’avaient pas de chance. Il semblait que ce monde était aussi injuste que mon ancien.

« Donc, nous serons en mesure de tester mon aptitude si je fais la même chose ? »

« Oui. Prends simplement la pierre dans ta main et concentre-toi dessus. Après ça scande : Sors, Eau ! Alors, si tu as l’aptitude... l’eau devrait sortir. » Elze me tendit la pierre magique bleue en disant cela. J’avais mis une assiette sous ma main pour empêcher la table d’être trempée, puis j’avais maintenu la pierre au-dessus et j’avais commencé à me concentrer. Je jetais le sort que l’on venait de m’apprendre.

« Sors, Eau ! »

Avant que je puisse même cligner des yeux, l’eau avait commencé à jaillir de la pierre d’attraction comme un robinet cassé.

« Euh-oh-huh-wha — ?! »

Je lâchai précipitamment la pierre magique et la cascade cessa immédiatement. Malheureusement, il était trop tard. La table avait l’air d’avoir été aspergée à l’aide d’un tuyau d’incendie et la nappe était trempée.

« ... Que diable cela signifie-t-il ? » J’avais regardé les deux sœurs devant moi, cherchant une explication pour cette scène bizarre. Cependant, aucune des deux ne m’avait répondu. Elles restaient assises là, regardant avec étonnement le spectacle devant eux. Il semblait honnêtement que les expressions sur leurs visages avaient été copiées-collées. En fait, tout était tellement absurde que je m’étais presque trouvé en train de rire.

« ... Touya, tu as tellement d’énergie magique que c’est presque comme une source bouillonnante... c’est ce que je pense. Pour provoquer une réaction si forte avec une si petite pierre et seulement le fragment d’une incantation... et aussi à ton premier essai... C’est juste que... ton énergie magique semble être d’une puissance phénoménale... Je n’en crois pas mes yeux, même si je viens de le voir. »

« ... Je crois que tu es vraiment plus apte à être un mage. Sérieusement, je n’ai jamais rien vu de tel dans ma vie. »

Après tout, il semblerait que j’avais le potentiel, tout comme Dieu m’avait dit que je l’aurais. Mon talent sur le terrain était sûrement aussi l’œuvre de Dieu. Ça aurait dû l’être. Je n’étais pas sur le point de me plaindre, j’étais juste content de savoir que je pouvais vraiment utiliser la magie.

Faisant des excuses pour avoir inondé la table, nous nous étions précipités hors du café. Le soleil s’était déjà couché au moment où nous étions revenus à l’auberge, donc mes leçons de magie devaient être laissées pour le jour suivant et au-delà.

Une fois mon dîner terminé, Linze commença à m’apprendre à lire et à écrire. J’avais eu la permission de Micah d’utiliser la salle à manger pour la leçon. Pour commencer, j’avais demandé à Linze d’écrire une phrase simple pour moi. À côté de cela, j’avais écrit la même chose en japonais.

« ... Je n’ai jamais vu une écriture comme celle-là avant. Où l’as-tu appris ? »

« Hm... C’est une écriture originaire de ma ville natale et de la région environnante. Je suis probablement le seul dans ces régions à pouvoir la lire. » Peu importe ces éléments, j’étais probablement la seule personne au monde capable de comprendre cette écriture. C’était presque si ce langage n’avait uniquement de sens que pour mes yeux.

Linze avait l’air un peu perplexe, mais il semblait qu’elle croyait mon histoire pour le moment. En continuant, elle m’avait enseigné quelques phrases plus simples, que j’avais régulièrement jumelées avec leurs homologues japonais. Linze avait dû être une enseignante talentueuse, parce que les mots venaient de se mettre en place dans mon cerveau.

Attends, ma mémoire a-t-elle toujours été aussi bonne ? Est-ce une autre action de Dieu... ? Si c’est vraiment grâce à Lui, alors ça aurait été bien mieux qu’il me le fasse savoir dès le début. De telles pensées me traversaient l’esprit, mais j’étais sûr que Dieu avait ses raisons. De toute façon, je n’étais pas vraiment en mesure de demander plus que ce que j’avais déjà obtenu de Lui.

Nous avions passé un bon moment, puis Linze et moi étions retournés dans nos chambres respectives pour la nuit.

J’avais sorti mon smartphone et noté les événements de la journée dans mon journal de fortune. J’avais alors décidé de jeter un coup d’œil à ce qui se passait dans l’autre monde. Oh, cette personne a gagné un prix d’honneur du public. Ah, je voulais voir ce film...

Finalement, j’étais soudainement revenu à moi et je m’étais souvenu que je devais ouvrir ma carte et vérifier pour Eashen. J’avais découvert sur la carte que c’était un pays insulaire très à l’est d’ici, tout au bord du continent. Je n’avais jamais pensé que cela ressemblerait au Japon jusque dans ces moindres détails, mais c’était presque identique. J’avais décidé d’y aller si j’en avais l’occasion.

Entre chasser ces monstres et toute cette marche, j’étais mort. Je sentis bientôt que la somnolence s’emparait de moi, alors je me glissai dans le lit et laissai le marchand de sable faire son travail. Bonne nuit.

« Zzz... »

***

Partie 4

« Euh... eh bien, commençons. » Linze semblait un peu nerveuse, s’efforçant presque d’annoncer le début de nos leçons. Elle m’a paru plus que timide, presque docile même. Peut-être qu’elle aurait pu apprendre de sa sœur... avec raison, de toute façon. Elle s’était un peu ouverte car nous avions appris à nous connaître, mais je ne pouvais pas m’empêcher de penser qu’elle était encore distante.

Aujourd’hui, nous faisions une pause dans les quêtes de la guilde pour nous consacrer à un cours intensif d’entraînement à la magie. Nous nous étions installés à une petite table usée à l’arrière de l’auberge, car il semblait qu’elle n’était plus utilisée par les clients. Oh, et comme Elze n’avait rien à faire, elle était allée à la guilde et avait prit un simple travail de cueillette de plantes, qu’elle pouvait gérer seule.

« Alors, Madame Silhoueska, je serai entre vos mains aujourd’hui. »

« M-Mme. Silhoueska est un peu trop... A-Ah...! » Mon adorable professeur baissa la tête et rougit jusqu’aux oreilles. Merde, elle est mignonne.

« D’accord, que va-t-il se passer en premier ? »

« Oh, c’est vrai. Eh bien, nous devrions partir des bases, alors... Tu sais qu’il y a différents éléments de magie, n’est-ce pas ? »

« Éléments ? » Je l’avais questionnée, pas entièrement au courant des distinctions.

« Tu sais, comme le feu et l’eau. Eh bien, euh... les sept éléments de base sont le Feu, l’Eau, la Terre, le Vent, la Lumière, l’Ombre et le Néant. Nous savons déjà que tu maîtrises la magie de l’eau, comme nous l’avons appris hier. » Elle se référait clairement à l’incident de la pierre magique de la veille. Je devais manifestement être compétent avec la magie de l’eau, vu que j’avais été en mesure de faire ressortir autant d’eau.

« Nous avons appris immédiatement que tu peux utiliser la magie de l’eau, ce qui est bien. Si tu ne pouvais pas utiliser la Magie de l’Eau, le plan était de vous tester en utilisant une pierre magique d’un élément différent. »

« Donc même si quelqu’un peut utiliser la magie, ils sont limités à certains éléments...? »

« C’est vrai. En passant, les éléments que je maîtrise sont le Feu, l’Eau et la Lumière. Quant aux quatre autres, je ne peux même pas lancer les sorts les plus basiques. Même parmi les trois que je peux utiliser, je suis douée avec les sorts de Feu, mais la magie de la Lumière est un peu complexe. »

Donc, même dans ce monde, il y avait les riches et les pauvres. Vous ne pouviez pas choisir de talents pour vous-même. Dieu a dû décider de ces choses à leur place. Je me sentais désolé pour ce pauvre Dieu âgé.

« Bon, alors j’ai obtenu des informations sur le Feu ou l’Eau, mais qu’en est-il de Lumière, l’Ombre ou le Néant ? Que font ces éléments ? »

« La lumière est également connue sous le nom de magie sacrée, qui utilise la lumière comme support. La magie de guérison tombe dans cette catégorie. L'Ombre est avant tout une magie d’invocation... Tu peux l’utiliser pour former des contrats avec des bêtes magiques ou des monstres et les faire se battre pour toi. Quant à Néant... c’est un peu différent des autres éléments. Il est principalement composé de sorts uniques au magicien. Ma sœur peut utiliser la magie de la fortification, ce qui est un bon exemple. »

Cela avait du sens. Quelque chose comme ça me semblait assez utile dans l’ensemble.

« En dehors de Néant, chaque élément dépend de ton énergie magique et de ton aptitude à l’utiliser, et ne sortira que lorsque le sort approprié sera lancé. Tu ne peux rien faire si tu ne connais pas les éléments avec lesquels tu es compatible, alors nous allons faire un test pour ça. » Alors qu’elle parlait, Linze sortit les pierres magiques de sa poche et les aligna sur la table. Sept au total, de couleur rouge, bleu, brun, vert, jaune, violet et translucide.

« Les éléments de ces pierres sont, dans l’ordre : Feu, Eau, Terre, Vent, Lumière, Ombre et Néant. Nous allons les tester tous dans cet ordre. »

Tout d’abord était la pierre magique rouge. Je l’ai saisi dans ma main et me suis concentré, récitant le sort que Linze m’avait appris.

« Sors, Feu ! »

La pierre cracha des flammes comme un four à mes mots. J’avais paniqué et laissé tomber la pierre, ce qui a fait disparaître le feu en un instant. C’était dangereux !

« C’est bon, le feu magique ne fera pas de mal à celui qui le lance. Eh bien, seulement si tes vêtements ne prennent pas feu, bien sûr. Assure-toi que cela n’arrive pas... »

« Huh, est-ce ainsi ? » Je pris la pierre magique dans la main et jetai le sort une fois de plus.

Une flamme avait éclaté à nouveau, mais elle avait raison. Ce n’était pas chaud au toucher. Donc, si une flamme magique se propageait sur une autre chose, alors même le lanceur de sorts serait blessé, hein ? Peut-être que ça voulait dire que quand quelque chose prenait feu à cause de la magie, ça ne comptait plus comme des flammes magiques... Mais la flamme n’était-elle pas un peu trop grande ?

« On dirait que tu as beaucoup trop d’énergie magique... Je suis sûre que tu pourras mieux contrôler ça avec la pratique, mais pour l’instant, il serait peut-être plus prudent de ne pas trop te concentrer et de laisser ton esprit se détendre un peu... »

Donc, fondamentalement, si j’y allais un peu plus détendu, l’effet de la magie serait beaucoup moins extrême ? Son conseil me paraissait étrange, mais ça valait le coup d’essayer. Quoi qu’il en soit, la pierre bleue avait été la suivante, mais nous avions déjà confirmé pour celle-ci, alors nous étions passés à la pierre brune. Cette fois, j’avais pris la pierre dans la main sans trop me concentrer, et jetai le sort d’une manière plus fade et sans inspiration.

« Sors, Terre. »

Le sable avait commencé à se répandre hors de la pierre magique. Eh bien, il y a du sable partout sur la table. Je savais que nous devions nettoyer tout ça plus tard...

Ensuite, il y avait la pierre verte.

« Sors, vent. »

Une petite rafale avait éclaté et avait soufflé tout le sable de la table dès que j’avais parlé. Sympa, vu que je n’aurais plus à nettoyer, mais ça avait aussi renversé les pierres magiques partout. Bon sang.

« Sors, Lumière. »

La pierre d’enchantement s'était transformée en une lumière stroboscopique. Aie, mes yeux !

« Sors, Ombre. »

Maintenant, je n'avais plus rien compris. Une sorte de brume noire s'était mise à jaillir de la pierre d’enchantement et s’accrocha à son environnement. C’était super effrayant.

Après avoir parcouru les six éléments, j’avais finalement remarqué un petit changement dans l’expression de Linze. Elle avait célébré avec moi après chaque élément pendant un moment, mais avait progressivement commencé à parler de moins en moins, et il y avait actuellement une expression grave sur son visage.

« ... Que se passe-t-il ? » Demandai-je, avec une inquiétude évidente dans ma voix.

« Eh ? Non, ce n’est rien. Je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui maîtrise jusqu’à six éléments... Je veux dire, je peux en utiliser trois, et même cela est considéré comme rare... Mais toi... tu es tout à fait autre chose. »

Donc, c’était ça. Hum... Je veux dire, c’était un cadeau de Dieu après tout, mais j’avais l’impression de tricher un peu. Il y avait probablement des gens qui ne pouvaient pas utiliser la magie même s’ils le voulaient vraiment, alors j’avais l’impression de complètement piétiner leurs sentiments.

Pourtant, s’inquiéter comme ça ne changerait rien. Passant au test final, j’avais attrapé la pierre d’attraction claire.

« ... Huh? Attends, comment est-ce que j’utilise celui-ci ? »Je venais de chanter « Viens, quelque chose ! » jusqu’à maintenant, mais est-ce que ça aurait vraiment du sens ? « Venez, Néant ! » n’est-ce pas clairement une contradiction ? Cela semblerait néanmoins étrange, tout au moins.

« L’élément Néant est un peu spécial. Il n’a pas d’incantation particulière. Au lieu de cela, il s’active en fonction de ton énergie magique et du nom de ton sort. » Hm... c’était comme ça que ça fonctionnait.

Cela semblait assez puissant, cet élément Néant...

« Par exemple, la magie Fortifiante que sœurette utilise est activée en criant [Renforcement] et c’est tout. Il y en a d’autres comme [Augmentation de puissance] qui augmentent la force musculaire brute, et des sorts plus rares comme [Porte] qui permettent de se déplacer sur de grandes distances, mais frangine ne peut pas les utiliser. »

Donc, en gros, tous les petits sorts pratiques qui ne rentraient sous aucun élément étaient listés sous l’élément Néant.

« ... Eh bien, comment puis-je comprendre quels sorts de type Néant je peux lancer, alors ? »

« Selon ma sœur, pour une raison quelconque elle connaît le nom du sort. La magie de type Néant est aussi appelée magie personnalisée, donc très peu de gens peuvent utiliser les mêmes sorts que les autres. Il y a des gens avec plusieurs sorts de type Néant, mais ils sont extrêmement rares. »

Décidément, il semblait assez puissant, cet élément Néant...

« Donc, il n’y a pas de moyen rapide d’apprendre quels sorts de type Néant je peux lancer, alors...? »

« Non, nous devrions toujours pouvoir tester cela. Si tu saisis la pierre magique et essayes de lancer n’importe quel sort de type Néant, même s’il échoue, la pierre devrait briller légèrement ou vaciller un peu. Il devrait y avoir au moins une sorte de petite variation. »

« Et si rien ne se passe ? »

« ... Alors j’ai bien peur que tu n’aies aucune aptitude pour cet élément. » Eh bien, je suppose qu’il n’y a rien de mieux à faire que d’essayer. Un sort qui te permettrait de traverser de grandes distances semblait très pratique. Si j’avais cela, nous n’aurions pas à marcher jusqu’à la forêt comme nous l’avions fait la veille.

D’accord. Je pris la pierre magique translucide en main, puis nommai le nom d’un sortilège.

« [Porte] ! »

Soudainement, la pierre magique avait brillé et avait formé un mur de lumière translucide à côté de moi. Le mur avait à peu près la taille d’une porte. En réalité, je pensais que c’était un mur au début, mais en y regardant de plus près, j’avais remarqué qu’il n’avait même pas un centimètre d’épaisseur. C’était plus comme une feuille, pour être honnête.

« ... Ça a marché. »

« ... C’est ce que je vois, » répondit Linze, complètement abasourdie.

J’avais effleuré timidement la surface de la feuille de lumière. Les ondulations avaient coulé de la zone contre laquelle mes doigts avaient été au contact. C’était presque comme une mince membrane d’eau. J’avais passé mon bras à travers la membrane et l’avais retiré. Après avoir confirmé que c’était sûr, la prochaine chose que j’avais faite a été de passer ma tête à travers. Après l'avoir fait, mon champ de vision avait été rempli par une vaste forêt, et Elze assise sur ses fesses, les yeux en état de choc.

« ... Quoi de neuf Elze. »

« Qu-Qu-Qu’est-ce que... Touya ?! Qu’est-ce qui se passe ?! » Je reculai la tête pendant un moment, pris Linze par la main et nous entrâmes ensemble dans la forêt.

« Linze, toi aussi ?! Eh ? Eeehh ?! Qu’est-ce qui se passe, d’où es-tu sorti ?! »

Linze expliqua calmement la situation à Elze qui paniquait. Il semblait que nous étions dans la même forêt de l’Est que celle où nous étions la veille. Apparemment, Elze avait voyagé dans la région pour cueillir des plantes médicinales pour accomplir la requête de la guilde, mais un mur de lumière était soudainement apparu devant elle. Après cela, un bras en était sorti, puis il était ensuite parti, cette simple vision l'avait fait tomber à plat sur ses fesses. Honnêtement, j’aurais probablement réagi de la même façon.

« Le sortilège [Porte] est supposé être capable de transporter le lanceur de sorts dans n’importe quel endroit qu’il a déjà visité... Selon toute vraisemblance, Touya a probablement pensé à cette forêt quand il l’a lancé. »

Elle avait mis en plein dans le mille. À ce moment précis, je pensais au bien que cela serait si nous n’avions pas à marcher jusqu’ici.

« Haaah ... Donc, fondamentalement, tu peux utiliser l’intégralité des sept éléments ? C’est un peu bizarre... »Elze parla comme si elle venait de s’habituer à toutes mes excentricités à ce moment-là. J’avais en quelque sorte partagé le même sentiment là-bas.

« Je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un qui maîtrisait tous les éléments auparavant. Touya, tu es vraiment génial ! » Linze, à l’opposé de sa sœur, réagit par pure admiration. Je pouvais seulement la voir avec un sourire désabusé.

Elze semblait en avoir fini avec sa cueillette, et comme si j’étais un passeur escortant des passagers, je les avais toutes ramenées par la porte jusqu'au jardin derrière l’auberge.

« Il m’a fallu deux heures entières pour arriver là, mais maintenant nous sommes tous de retour en un instant. C’est un sort pratique que tu as là. » Là-dessus, Elze est partie pour rapporter sa quête complétée à la guilde.

Nous avons décidé que mon cours intensif de magie se terminerait là pour aujourd’hui, puis qu’on retournerait à l’intérieur de l’auberge. De toute façon, c’était presque l’heure du déjeuner. Je me demandais ce qui serait sur le menu. J’avais vraiment faim...

◇ ◇ ◇

Quand nous étions retournés à l'auberge, Micah était là avec une femme inconnue qui semblait avoir à peu près le même âge qu’elle. Elle avait des cheveux noirs ondulés, et à en juger par le tablier blanc qu’elle portait, j’en ai déduit qu’elle travaillait très probablement avec de la nourriture.

Assises toutes les deux en face de divers plats. Elles les goûtaient à l’aide d’un couteau et d’une fourchette, ayant continuellement des airs désapprobateurs sur leurs visages. Micah leva la tête, puis nous remarqua et appela.

« Oh, hé, juste au bon moment. »

« Quoi de neuf ? » Demandai-je, tandis que Micah nous amenait l’autre dame.

« Le nom de cette fille est Aer, elle tient un petit café en ville, c’est une parente. »

« Ah, nous y étions hier. C’était un endroit vraiment sympa. » Je décidai de garder le silence sur le fait d’avoir presque inondé la salle. Je n’avais vu Aer nulle part à ce moment-là, donc je suppose qu’elle était probablement en cuisine. Les choses auraient été un peu gênantes si elle nous avait vus à ce moment.

« Nous essayons de trouver de nouveaux plats pour son menu, alors nous avons pensé que nous demanderions votre avis sur le sujet. J’espérais qu’une personne d’un autre pays pourrait connaître des plats que nous n’avons pas dans les environs, vous voyez ? »

« Je serais très reconnaissant si vous pouviez penser à quoi que ce soit. » Aer inclina la tête en parlant. J’avais regardé Linze, et nous avions tous les deux hoché la tête.

« Ça ne me dérange pas. »

« ... Je vais aider du mieux que je peux. » Pour être honnête, je n’étais pas sûr que nous étions en mesure de l’aider.

« Quel genre de plat penses-tu mettre au menu ? »

« Voyons voir... D’accord, je suppose quelque chose de simple, de préférence. En quelque sorte, un dessert, quelque chose qui serait un succès auprès des jeunes femmes... »

« Hmm... quelque chose que les jeunes femmes aimeraient, hein... Je ne peux pas vraiment penser à quelque chose de mieux que des crêpes ou des crèmes glacées, pour être honnête... » Wôw, c’était une suggestion simple, même selon mes critères. Mais ce n’était pas comme si j’en savais beaucoup sur la cuisine en premier lieu.

« Jr... crée ? » Répondit Aer, apparemment confuse.

« Non non. Crème glacée. Tu sais, le genre que tu manges ? »

« Crème glacée ? »

Huh? Pourquoi tout le monde fait-il des visages si étranges ? Est-il possible que la crème glacée n’existe pas dans ce monde ?

« Quel genre de dessert est-ce ? »

« Hum, c’est comme du sucré et du froid, blanc... tu sais, de la crème glacée à la vanille ? »

« Pas vraiment... Je n’ai jamais entendu parler de ça auparavant. » Il semblait que mes soupçons avaient été confirmés.

En fait, c’était tout simplement logique, car après tout, ce monde n’avait même pas de réfrigérateurs. En réalité, ils avaient de simples boîtes semblables à des réfrigérateurs qui stockaient de la glace faite avec de la magie et les utilisaient pour garder les choses au frais. Mais ce n’étaient pas vraiment des réfrigérateurs, cela ressemblait plus à des glacières.

« Seriez-vous capable de savoir comment le faire ? »

« Non, j’ai peur de ne pas en savoir autant... Si je me souviens bien, le lait était l’un des ingrédients... » J’hésitai un peu à la question d’Aer. Comment étais-je censé savoir de quels ingrédients la crème glacée était composée ?

... Non attends. Je n’ai peut-être pas su comment le faire, mais j’avais un moyen de le savoir !

« S’il vous plaît, attendez juste une minute. Je pense que je pourrais arriver à quelque chose. Uhm, Linze. Pourriez-vous m’aider pendant ce temps ? »

« Hein ? E-Eh bien, ça ne me dérange pas, mais... »

J’avais attrapé Linze et l’avais traînée dans ma chambre, puis j’avais sorti mon smartphone et j’avais fait une recherche rapide « comment faire de la crème glacée » sur internet. D’accord, bien. Je l’ai.

« ... Euh, quel est cet objet ? » Linze avait semblé assez perplexe quand elle m’avait vu pianoter sur mon smartphone.

« Euh... c’est un petit objet magique pratique ! Cependant, je suis le seul à pouvoir l’utiliser. Je serais vraiment reconnaissant si tu prenais la peine de ne pas y prêter beaucoup d’attention. »

Elle semblait un peu méfiante à mon égard, mais elle ne chercha pas plus loin. On dirait qu’elle avait été rapide à la détente.

« Ok, peux-tu écrire tout ce que je vais te dire ? »

« Aucun problème. »

« Trois œufs, deux cents millilitres de crème fraîche, soixante à quatre-vingts grammes de sucre... Est-ce que cela te semble peu familier ? » J’avais posé cette question à Linze en énumérant les ingrédients.

« Désolé... que sont les millilitres et les grammes ? »... J’étais sûr que cela arriverait.

« Les millilitres sont une unité de mesure que nous utilisons dans mon pays lorsque nous mesurons la quantité d’un liquide. Les grammes sont une unité de poids. Je suppose que je vais devoir aller avec mon instinct sur cela à partir de maintenant... Oh, c’est vrai. Linze, peux-tu utiliser la magie de la glace ? »

« Oui, je le peux. Les sorts de glace sont considérés comme de la magie de l’eau, tu vois. »

Alors, il n’y avait pas de problèmes. Après avoir énuméré les ingrédients, j’avais demandé à Linze de transcrire les instructions pour faire de la glace à la vanille.

En suivant les instructions, Aer avait commencé à fabriquer la crème glacée. C’était un pari beaucoup plus sûr que d’avoir un amateur complet comme moi essayant de le faire. Bien que j’avais quand même aidé à mixer, ce qui m’avait demandé beaucoup plus d’efforts que je ne le pensais au départ.

Pour la dernière étape, le mélange avait été placé dans un récipient et scellé avec un couvercle. Linze y jeta sa magie et congela le récipient dans un bloc de glace. Nous l’avons laissé pendant un moment jusqu’à ce que la glace prenne, puis nous avions ouvert le bloc de glace et récupéré le conteneur. La crème semblait avoir correctement prise.

J’avais pris une cuillère et l’avais goûtée. La saveur était légèrement moins prononcée, mais j’avais pensé que cela pourrait convenir pour de la crème glacée à la vanille.

J’en avais mis dans une assiette et l’avais offert à Aer. Après une seule cuillerée, ses yeux s’ouvrirent en grand. Soudainement, son visage s’était illuminé d’un grand sourire.

« C’est délicieux... ! » La dame semblait satisfaite de mon offre, ce qui me rendait heureux.

« Quelle est cette sensation ?! C’est frais, mais... c’est incroyable ?! »

« C’est vraiment bon... » Micah et Linze semblaient y avoir également pris goût. Honnêtement, je pensais que ça aurait pu être beaucoup mieux. Bien que je suppose qu’il aurait été impossible de recréer le type de crème glacée vendu dans les magasins célèbres avec notre premier essai.

Un seul problème était resté. Y avait-il quelqu’un dans le magasin d’Aer qui pouvait utiliser la magie de la glace ? Après l’avoir demandé, elle m’avait expliqué que sa plus jeune sœur le pouvait. Il n’y aura donc aucun problème de ce côté-là.

« Je suis sûre que ce dessert sera populaire auprès des jeunes femmes, et j’espère qu’il répondra aux exigences de la carte de notre restaurant. »

« Bien sûr ! Merci beaucoup ! Je vais tout de suite ajouter la crème glacée à la vanille au menu  ! »

Puisque nous n’avions pas utilisé d’extrait de vanille, l’appeler crème glacée à la vanille était techniquement incorrect... Mais, bien, pourquoi nous inquiéter pour des détails ?

Aer avait fait un rapide au revoir, puis se précipita à son magasin. Il semblerait qu’elle voulait essayer de le faire elle-même.

Quand Elze était revenue de la guilde et avait entendu toute l’histoire, elle avait failli exploser, se plaignant qu’elle était la seule à ne pas en avoir goûté. Micah intervint et dit que nous allions en faire plus, et avec ça, je devais tout de suite refaire la recette. Je m’étais retrouvé à regarder au loin, souhaitant sincèrement avoir ce petit ustensile de mon monde connu sous le nom de mixeur manuel... Mon pauvre bras...

D’après ce que j’avais vu jusque là, ce monde dégageait l’impression étrange d’être en décalage par endroits. Ils avaient beaucoup progressé dans certains domaines, mais étaient encore bloqués au Moyen Âge dans d’autres.

Prenez, par exemple, l’oreiller dans ma chambre. C’était un oreiller incroyablement doux et indéniablement de haute qualité. Et, d’après ce que j’avais entendu, c’était l’un des oreillers les moins chers. Les matières premières utilisées pour le fabriquer avaient été produites en traitant la peau de bêtes magiques que vous pourriez trouver n’importe où. Fabriqué à partir de matériaux communs, il était à peu près aussi ordinaire qu’un oreiller pourrait être. Mais si c’était ce qui passait pour de l’ordinaire, alors je ne pouvais même pas commencer à imaginer la sensation ou la texture qu’un oreiller de haute qualité aurait pu avoir.

Les mondes n’ont pas les mêmes perceptions des valeurs. Je dois essayer de m’habituer sur ce point. Ce monde est ma maison maintenant, donc je dois faire de mon mieux.

***

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4 commentaires

  1. Merci pour le chapitre. Il est plus détaillée que l'animé 😉

  2. Merci pour ce chapitre, cela fait plaisir de pouvoir lire l'histoire sans les coupures faites pour l'adaptation en animé.

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